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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 15:30

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A cuba, un grand débat est initié sur l'avenir économique de l'île. Parmi les cubains a pris corps la conviction que l'ordre économique actuel, inspiré du modèle soviétique de planification, ultra-centralisé, se trouve à bout de souffle. Comme en ont prévenu Fidel et Raul, le maintenir met en péril  la survie même de la révolution. Si on veut la sauver, il faudra précisément abandonner un schéma de gestion macroéconomique qui, à l'examen, est déjà passé à une vie meilleure.

 

L' Histoire a enseigné que l'irrationalité et la débauche des marchés peuvent réapparaître dans une économie totalement contrôlée par les planificateurs de l'état, lesquels ne sont pas à l'abri de commettre de grossières erreurs, produisant irrationalité et débauche qui affectent le bien-être de la population.

Exemples: dans un pays qui connaît une pénurie de logements aussi grave que Cuba, l'organisme d'état chargé de la construction enregistre 8 000 maçons et 12 000 personnes affectées à la sécurité et à la garde des dépôts des entreprises d'état qui construisent.

Ou que les informations officielles font état dune superficie agricole de 50% non cultivée dans un pays qui doit importer entre 70 et 80 % des aliments qu'il consomme.

Ou que quasiment un tiers de la récolte est perdue à cause de problèmes de coordination entre les producteurs (que ce soient des entreprises d'état, des coopératives agricoles ou des entreprises d'un autre type), les entreprises de magasinage et d'assemblage, et les services de transport de l'état qui doivent apporter la récolte jusque dans les grands centres de consommation.

Ou que des activités comme la coiffure ou les salons de beauté soient des entreprises d'état - à quelle page du Capital Marx recommande-t-il une telle chose? - dans lesquelles les travailleurs reçoivent toutes les fournitures et matériaux pour accomplir leur travail et touchent un salaire, en dépit duquel ils encaissent de la part de leurs clients dix fois plus que le prix officiellement établi, fixé il y a des dizaines d'années, et sans payer un centime d'impôts.

 

Ce sont seulement quelques exemples qui, au cours de la conversation avec les amis cubains, sont multipliés à l'infini. Mais ils ont posé une question d' importance pratique mais aussi théorique: le projet socialiste, est-ce qu'il se réalise quand on atteint l'étatisation totale de l'économie ? La réponse est un NON formel. Si, en Union Soviétique (qui n'avait comme précurseur que l'héroïque Commune de Paris), les conditions spécifiques de l'époque ne leur ont pas laissé d'autre alternative que de favoriser l'étatisation intégrale de l'économie, rien n'indique qu'on doive oeuvrer de la même manière dans les conditions actuelles. Comme le faisait remarquer avec perspicacité Rosa Luxembourg, à propos justement du cas soviétique, il n'y a aucune raison pour faire d'une nécessité une vertu. Et si l'étatisation totale et la planification ultra-centralisées ont pu être nécessaires - et même excellentes - à un moment, pour rendre possible en quarante ans à la Russie, pays le plus arriéré d'Europe, la mise en déroute de l'armée nazie ainsi que le leadership dans la conquête spatiale, il n'en est plus de même à présent.

 

Dit en termes de marxisme classique, le développement des forces productives a entraîné l'obsolescence des règles, et les interventions de l'état qui furent efficaces dans le passé n'ont aucune possibilité de contrôler la dynamique des processus productifs contemporains, modelés de façon décisive par la troisième révoution industrielle.

 

Cuba approfondit un processus de changement et d'actualisation du socialisme. Les premiers brouillons du projet, un document d'une vingtaine de pages publié comme supplément spécial à Granma et à Juventud Rebelde, a été distribué massivement à la population. Il en a été tiré 500 000 exemplaires immédiatement acquis par la population qui était invitée avec insistance à le lire, à en discuter et à faire parvenir ses propositions. Le document sera examiné de façon critique par toutes les organisations sociales sans distinction aucune: du Parti Communiste aux syndicats en passant par les associations de toute nature qui existent dans l'île. C'est en cela qu'ils se trompent ceux qui se bercent de l'illusion que les réformes donnent le départ à un indécent - et suicidaire! - retour au capitalisme. Rien de tout cela : ce qui sera tenté ni plus ni moins que de porter en avant des réformes socialistes qui renforcent le contrôle social, c'est à dire au contrôle par le peuple des processus de production et de distribution de la richesse. Le socialisme bien compris, c'est la socialisation de l'économie et du pouvoir, pas leur étatisation. mais pour socialiser, il faut d'abord produire, car dans le cas contraire il n'y aura rien à socialiser. Il s'agit bien sûr de réformes qui approfondiront le socialisme et qui n'ont absolument rien à voir avec celles qui ont couvert de plaies l'Amérique Latine depuis les années 80.

 

Il va de soi que le chemin à parcourir par la Révolution Cubaine n'aura rien de facile et qu'il se trouve hérissé de dangers. Aux difficultés propres à toute transition s'ajoutent celles qui viennent de l'infâme blocus imposé par les Etats-Unis (et maintenu par le Prix Nobel de la Paix Barack Obama), le bombardement médiatique continu et les pressions auxquelles l'île est soumise tentent par tous les moyens de faire en sorte que les réformes socialistes dégénèrent en une réforme économique capitaliste. Le noeud de la question est dans la boussole politique, l'orientation qu'auront ces processus de changement. Et le peuple, et le gouvernement de Cuba, ont une très bonne boussole, qui a fait ses preuves pendant plus d'un demi siècle, et ils savent très bien ce qu'ils doivent faire pour sauver le socialisme des menaces mortelles que constitue l'épuisement de son modèle économique actuel. Et ils savent aussi que si les conquêtes historiques de la Révolution étaient liquidées, barrées d'un trait de plume, ce serait à nouveau la marchandisation de leurs droits et leur conversion en marchandises. C'est-à-dire la réintroduction du capitalisme. Et personne ne veut qu'une telle chose arrive.

 

Atilio A. Boron

 

Traduction : Alma CSL

 

Source : Cubadebate

 

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Published by cuba si lorraine - dans Cuba
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