Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • : Cuba Si Lorraine
  •  Cuba Si Lorraine
  • : blog des amis de Cuba en Lorraine
  • Contact

19610419-CubaVictoryPlayaGiron-crop.jpg
-
cooltext517277295.png
MILCIA---copie-1.jpg
cooltext517276476.png
cooltext517276264.pngcooltext517275991.png
cooltext517276810.png
             -
colonne-gauche-copie-1.jpg
.

logo-gauche.jpg
-
Capture-freeforfive.JPG
cuba-debate.jpg 1er-mai-cuba
Pour en savoir plus
Cliquez sur l'image !

Recherche

nos amis + liens utiles

  .

titre_891504.jpg
.
.
.
RHC-1.JPG
Cubavision-TV.jpg
.
.
cuba_linda.jpg
. 

Archives

cooltext518801341.png
cooltext518803453.gif

Catégories

 

Sans-titre-1-copie-3.jpg

neruda-fidel.jpg

  logo-bas-ok.jpg

 

18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 07:29

Deuda-argentina2-np.jpg

Avec la création du "Fonds Bicentenaire pour le Désendettement et la Stabilité", le Gouvernement national fait le choix, à nouveau, d’agir en faveur des créanciers internationaux et au détriment des millions de pauvres de notre pays qui ont besoin de politiques distributives immédiates.

Bien que l’on tente de l’écarter du débat public, la dette externe revient systématiquement sur le devant de la scène et nous montre son vrai visage. Il s’agit d’un instrument financier dont le capital transnational tire profit pour s’accaparer les ressources économiques générées par le travail du peuple.

La dette resurgit maintes et maintes fois dans la vie du pays. Malgré les paiements effectués et les innombrables renégociations que les gouvernements constitutionnels successifs ont mené avec les créanciers internationaux, la dette continue de croitre et de conditionner le développement de l’économie nationale. Plus nous payons, plus nous devons, et plus nous devons, plus l’on exige de nous l’application de politiques d’ajustement structurel afin de poursuivre les paiements et de perpétuer le cercle vicieux de l’endettement.

Ignorant la voix de la Justice argentine qui a déterminé le caractère frauduleux de la dette externe contractée durant la Dictature militaire |1| , les gouvernements constitutionnels, de Alfonsín à Kirchner, ne se sont pas saisis des fondements juridiques et politiques à leur disposition pour annuler la dette externe, ou tout du moins pour négocier avec les créanciers sur un pied d’égalité afin de permettre un changement substantiel des conditions de paiements.

Paradoxalement, la dette, qui conditionne le développement national, resurgit alors que le pays s’apprête à célébrer le Bicentenaire de la Révolution de Mai.

Le "Fonds Bicentenaire pour le Désendettement et la Stabilité” dont le Gouvernement National vient d’annoncer la création comprend un apport de 6 600 millions de dollars issu des réserves internationales du pays. Ce Fonds a pour objectif de garantir aux créanciers le paiement des dettes externes qui arrivent à échéance en 2010 (près de 13 milliards de dollars).

Par ce biais, le Gouvernement entend réinsérer le pays au système financier du capitalisme mondial et accéder ainsi à des prêts aux taux d’intérêt inférieurs à ceux que l’Etat et le secteur privé paient à l’heure actuelle. Mais le pouvoir économique mondial exige pour cela que le Gouvernement s’accorde au préalable avec le FMI, revitalisé par le G20 depuis l’éclatement de la crise internationale. Signalons qu’en tant que membre du G20, l’Argentine est à nouveau soumise aux recettes d’ajustement et de contrôles du FMI |2| .

Qu’est ce que le FMI exige comme étape préalable à l’accord ? Que l’Argentine accepte les audits correspondants et confirme sa volonté de payer le Club de Paris (6,5 milliards de dollars) et les détenteurs de bons qui n’ont pas participé à l’échange de dette de 2005 environ 30 milliards de dollars).

A l’annonce de la création du Fonds du Bicentenaire, la Présidente Cristina Kirchner a affirmé que la mesure "renforce une politique effective depuis 2003 : celle du désendettement par le biais de l’excédent fiscal et de l’accumulation des réserves". En d’autres termes, l’excédent fiscal, obtenu par le biais de l’ajournement des revendications populaires, permet de payer la dette. Le Ministre de l’Economie Boudou a quant à lui souligné que "nous disposons aujourd’hui de plus de 47 milliards de dollars, dont 18 milliards sont des réserves de libre disponibilité, c’est à dire au dessus de la Base Monétaire, et desquelles nous ne prenons que 37%". Comme la base monétaire est constituée de 30 milliards de dollars de réserves internationales, le Gouvernement considère que les 17 milliards restants constituent un "excédent". Seul 1/3 de cet excédent est destiné au Fond Bicentenaire, précise-t-il, ce qui constitue un usage "raisonnable".

Plusieurs questions inévitables se posent à l’analyse des arguments du Ministre Boudou : Les réserves "excédentaires" ne peuvent-elles pas être utilisées pour garantir des projets populaires productifs, de construction de logements, d’hôpitaux, d’écoles ? Ou destinées à la création d’un fond de chômage universel qui garantisse aux millions de chômeurs un revenu décent ? Nous pourrions multiplier les questions, mais chacune d’elles se heurtera à la réalité actuelle : il n’y a pas de moyens, étant donné qu’une grande partie des ressources générées par notre pays sont destinées prioritairement au paiement de la dette externe. C’est une évidence : payer la dette externe implique de continuer à condamner des millions d’Argentins à vivre dans la pauvreté, sans emploi, sans accès à des soins de santé et à l’éducation.

En 2010, l’Argentine devra faire face au paiement de 13 milliards de dollars de dettes qui arrivent à échéance. Ce à quoi s’ajoutent les 6,5 milliards que le Gouvernement paiera probablement au Club de Paris, et les 30 milliards qui seront reconnus et échangés avec les détenteurs de bons. Le Plan d’Allocation pour Enfants |3| , un des plans sociaux parmi les plus ambitieux crées par le Gouvernement national cette année, aura quant à lui un coût annuel d’à peine 2,6 milliards de dollars. Cette simple comparaison de chiffres met d’abord en évidence le fait que le pays dispose de ressources abondantes. Ensuite, elle démontre qu’il est faux d’affirmer qu’il n’est pas possible pour l’instant de réduire la pauvreté, la mortalité infantile, ou qu’il n’y pas de ressources pour investir dans l’éducation, entre autres exemples. Ce qui fait défaut, c’est la décision politique de mettre un frein à l’hémorragie constante des devises par le biais du mécanisme de la dette, et de les redistribuer parmi les secteurs populaires de notre pays.

La gravité de la crise sociale que nous vivons rend indispensable la suspension du paiement de la dette et la réalisation consécutive d’un Audit de celle-ci, qui, sur base de l’analyse des contrats de prêt et du processus de renégociation de l’endettement public, de la destination des fonds et de l’exécution des programmes et projets financés, détermine son caractère légal ou illégal, légitime ou illégitime.

Une grande partie de la dette actuelle trouve son origine dans le processus d’endettement délibéré et frauduleux mis en place au cours des années 70 par les créanciers externes, la Dictature Militaire et les groupes économiques locaux, au détriment du pays. ATTAC- CADTM Argentine considère que seules les dettes contractées par les représentants légitimes du pays et qui ont été utilisées dans l’intérêt du Peuple doivent être payées |4| . Les escroqueries ne sont pas des dettes, et les renégociations successives et échanges de dettes postérieurs à la Dictature ne "blanchissent" en aucun cas ce vice d’origine.

La création du Fonds du Bicentenaire porte préjudice à la souveraineté nationale et aux intérêts populaires, ce qui est contradictoire avec les principes qui ont guidé les révolutionnaires en 1810, quand, avec le peuple protagoniste, ils ont constitué un véritable mouvement démocratique, revendiquant l’héritage de l’esclave et de l’indien, défenseur des droits du peuple et promoteur d’une société dans laquelle règnent la liberté, l’égalité et la fraternité, dans le cadre d’une Amérique latine unie et libre des ingérences étrangères. Après 200 ans, ce même esprit doit renaitre aujourd’hui. Nous devons créer de nombreux Fonds Bicentenaire, mais qui, à l’inverse de celui créé par le Gouvernement national, utilisent les ressources financières dont dispose le pays afin de garantir la réalisation de projets populaires et solidaires, qui visent la construction d’un pays souverain, juste et équitable, dans le cadre d’une Amérique latine unie.


Notes

|1| La résolution "OLMOS, Alejandro s/ Denuncia" (dictée par le Tribunal Criminel et Correctionnel Nro 2, Dossier Nº 14.467) a déterminé l’existence d’au moins quatre cent soixante dix-sept délits liés à l’endettement externe au cours du gouvernement militaire. Martínez de Hoz, le seul à avoir été jugé dans cette affaire, a été relaxé du fait de la prescription de l’action pénale. En 2000, une copie du dossier a été remise au Congrès de la Nation afin qu’il évalue les conséquences de cette affaire et détermine l’éventuelle responsabilité politique qui pourrait reposer sur chacun des acteurs dans les évènements qui ont provoqué l’endettement externe phénoménal de l’Argentine. En contradiction avec les décisions de la Justice, le Congrès a archivé le dossier et l’affaire n’a jamais été traitée.

|2| Lors de la réunion du G20 en septembre dernier à Pittsburgh ( Etats-Unis), l’Argentine s’est engagée à ce que le FMI analyse régulièrement la marche de son économie afin d’ajuster celle-ci aux engagements et objectifs décidés dans le cadre de cette réunion.

|3| Le Plan d’Allocation pour Enfants consiste à octroyer 180 pesos (soit 47 dollars) par mois pour chaque enfant de moins de 18 huit ans et jusqu’à cinq enfants aux personnes qui sont au chômage, qui travaillent au noir ou qui gagnent moins du salaire minimum (1500 pesos (394 dollars) depuis janvier 2010) ) ou les contribuables sociaux mono-parentaux.

|4| La doctrine de la Dette Odieuse, reconnue en Droit International Public, énonce trois conditions cumulatives pour qualifier une dette d’odieuse dont on ne peut dés lors pas exiger le remboursement : 1) elle a été contractée par un régime despotique, dictatorial, en vue de consolider son pouvoir, ou par des représentants illégitimes du Peuple 2) elle a été contractée non dans l’intérêt du peuple, mais contre son intérêt et/ou dans l’intérêt personnel des dirigeants et des personnes proches du pouvoir 3) les créanciers connaissaient (ou étaient en mesure de connaître) la destination odieuse des fonds prêtés.

P.-S.

Traduction : Cécile Lamarque

Partager cet article

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans Amérique Latine
commenter cet article

commentaires