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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 07:56

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On associe en général le français Bernard Cassen aux initiatives les plus diverses des mouvements sociaux. Celui qui s’est converti en un des intellectuels les plus connus pour ce qui est de l’analyse du phénomène de la globalisation, fut aussi un des promoteurs des premiers forums sociaux mondiaux. Jusqu’il y a peu, il dirigeait avec son collègue Ignacio Ramonet le journal Le Monde Diplomatique. Pas étonnant donc que Cassen réponde aux invitations de Cuba à participer à des événements théoriques comme celui qu’a promu cette année le Festival du Nouveau Cinéma Latinoaméricain sur le thème “Les intellectuels et la planète”.

 

Lors de l’édition précédente de l’événement cinématographique, celui qui est aussi président d’honneur de l’Association pour une Taxe sur les Transactions Spéculatives pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC), a lancé une phrase par laquelle il appelait à regarder le monde sous le prisme de la survie de la planète :“Je ne crois pas au capitalisme vert”. Sa thèse sur les changements nécessaires à la préservation de l’existence de la Terre se construit sur l’idée selon laquelle chacun de ses habitants doit jouir de la même empreinte écologique. Mais la crise climatique, insiste-t-il, “plus qu’un caractère environnemental, est la crise de la domination sur toute la vie sociale et politique”.

Pour Cassen, la crise globale contemporaine ne doit pas être associée uniquement au changement climatique ; elle est multifacétique et révèle une profonde crise écologique où les organisations sont conçues indépendamment des écosystèmes et où la domination de la concurrence suppose une dynamique déprédatrice.

Se référant à ce panorama sans précédent dans l’Histoire de l’humanité, le théoricien français cite le président équatorien Rafael Correa : “nous assistons à un changement d’époque”. Preuve en est la remise en cause à grande échelle de la forme de développement capitaliste, bien que la volonté légitime de certains pays de sortir de la pauvreté soit identifiée confusément avec la copie aveugle du modèle traditionnel de consommation qui conçoit la croissance économique sur la base du pillage des ressources naturelles.

“L’Amérique Latine : là où ça bouge”

Au sommet des efforts pour établir la justice sociale, récupérer les biens publics et améliorer les relations Nord-Sud, se trouvent les processus politiques d’Amérique Latine, estime Bernard Cassen. “C’est la seule région du monde où se produisent des événements positifs desquels on peut tirer des leçons. Nous devons profiter au maximum de ces thématiques dans l’environnement politique français à travers des colloques et des conversations avec les dirigeants, y compris socialistes”.

L’Amérique Latine, lieu des plus grandes mobilisations sociales actuelles, a permis le succès des Forums Sociaux Mondiaux, qui, comme le souligne Cassen, ont permis que “quelqu’un de l’Inde ou de n’importe quel autre pays, un paysan, un écologiste équatorien, un ouvrier nord-américain, se rendent compte qu’ils ont plus de points en commun que de différences, parce que les politiques discriminatoires et oppressives sont les mêmes pour tous. Dans ces espaces se créent des alliances, des articulations pour former un front commun qui va s’élargissant”.

Le mouvement altermondialiste subit cependant plusieurs fractures : “il se compose d’une gamme très vaste, réunit toute sorte de personnes : syndicats, ONGs, églises, organisations de solidarité, etc. Chacune de ces organisations dispose de sa propre cellule, le rôle d’un syndicat n’est pas le même que celui d’un réseau de solidarité. Ils participent mais individuellement représentent des activités ou des processus différents.

“La charte de principes des Forums Sociaux Mondiaux établit que le forum n’est pas une entité, que nul ne peut parler au nom du forum, qu’il n’émet pas de communiqué final ; mais qu’il est à la fois un espace et un processus. Cette charte fut rédigée à une époque durant laquelle se dressait une très haute muraille sans fissures autor de la quasi-totalité des gouvernements du monde. Dernièrement des gouvernements de gauche au Venezuela, en Bolivie et en Équateur ont lancé des politiques de transformation très importantes. En particulier, des transformations que nous demandions à nos gouvernants dans les forums. Mais les activistes ne s’engagent pas parce que persiste la sacrosainte idée de ce que le mouvement social doit rester en dehors de la politique”.

Le post-altermondialisme

Le changement des réalités latino-américaines a provoqué la reconceptualisation des alternatives à la domination hégémonique impérialiste : “Nous avons lancé le concept de post-altermondialisme – explique le journaliste français —, qui implique la poursuite de ce que fait le mouvement altermondialiste, car le processus d’agglutination est loin d’être infaillible, il souffre de divisions dans le monde entier et d’autres forces sociales de pays tels que la Chine, la Russie ou ceux du Moyen Orient n’en font pas partie.

“Mais simultanément on doit imaginer des formes d’articulation entre certains mouvements sociaux, partis politiques et gouvernements autour de thèmes particuliers. Il ne s’agit pas de subordination mais de construire un front commun sur certaines questions, dans lequel chacun conserve son autonomie.

“Les sommets et les forums sont des pas positifs ; les changements concrets se font dans chaque pays à partir de demandes différentes. Il n’existe pas deux situations identiques, même dans les pays développés. Je ne vois pas de solution aux grands problèmes sans alliance sélective entre mouvements sociaux, partis et gouvernements, en fonction de l’impact que peut générer la totalité de leurs actions. On peut partager certains critères sur des thèmes déterminés et divergir sur d’autres, l’important est de rester ensemble”.

Avertissement

Tandis que la droite asume une attitude pragmatique vis-à-vis des gouvernements progressistes du seul point de vue financier, c’est depuis la gauche light qu’on lance les plus dures ataques. Ce qui inquiète ces groupes, selon Cassen, c’est que “que des dirigeants politiques courageux puissent changer le cours de l’Histoire, puissent dire “NON” à la social-démocratie. Dès que les sociaux-démocrates voient qu’une autre partie de la gauche met en oeuvre de puissants changements structurels, ils éprouvent de la honte parce qu’ils ont renoncé totalement à tout changement profond”.

Par ailleurs, dans un contexte où les processus politiques se produisent à des rythmes de plus en plus rapides et sans précédents, le raccourcissement du temps historique est un autre obstacle à l’action des forces populaires dans la recherche de la survie de la planète : “Il n’y a pas d’autre option que celle de faire pression par tous les moyens. Former un grand mouvement d’idées, un grand consensus pas seulement de surface mais en profondeur, capable de créer la motivation à l’heure où la vie même des gens est en jeu. Seule une multitude d’actions peut changer la société, ou l’apparition d’un grand pays qui décide de changer radicalement, et de payer au prix fort la rupture avec son système comercial et financier”.

Le rôle des intellectuels

Pour Cassen il est clair que nous faisons face à une situation qui oblige au changement et que “pour sauver la planète il n’y a pas d’autre option que celle de sortir du capitalisme”. Pour aller où ? : “La question est ouverte et touche à la mobilisation des forces potentielles que sont les mouvements sociaux, les organisations politiques impliquées dans cette lutte. C’est dans ce trajet qu’apparaissent les outils qui se profilent plus comme des questions que comme des réponses.

“C’est ici qu’entre en scène l’intellectuel. Le cinéaste, le chercheur, le professeur, le scientifique, le journaliste ou le syndicaliste doivent se proposer d’aider à répondre à la question générale de comment changer la relation actuelle des forces. Dans le domaine des idées, parce que les idées sont le moteur des changements. La révolution française fut le produit des idées de l’Illustration jaillies d’esprits comme Voltaire ou Rousseau. Fidel Castro a subi le revers du Granma qui vit la perte de nombreux compagnons mais la progression de ses idées a finalement débouché sur la révolution. Tout passe d’abord par les esprits et ensuite dans la réalité. La lutte va se révéler feroce à coup sûr, c’est pourquoi nous devons former des personnes bien armées sur les plans théorique, politique et moral. C’est le rôle qui nous incombe en tant qu’intellectuels”.

Source : La Jiribilla Mabel Machado • La Habana Foto : Alexis Rodríguez

Traduction : Thierry Deronne

Source : La Révolution Vive

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Published by cuba si lorraine - dans monde
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