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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 11:51

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Par Tania Hernández

Discours prononcé par le Ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez devant l’Assemblée Générale de l’ONU préalablement au vote contre le blocus

 

Monsieur le Président,

 

Cette Assemblée générale a décidé, le 13 novembre 1991, d’inscrire à l’ordre du jour de sa session suivante le point intitulé: « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique ».

 

C’était le moment où les États-Unis s’apprêtaient, faisant étalage d’un opportunisme cruel, à resserrer leur harcèlement contre l’île qui se battait seule, en promulguant la loi dite Torricelli qui interdisait aux filiales de sociétés étasuniennes installées dans des pays tiers de continuer de nous vendre des médicaments et des aliments.

 

Nul n’aurait pu penser alors que, vingt ans après, cette Assemblée continuerait d’examiner ce même point, si indissolublement lié au droit des peuples à l’autodétermination, au droit international, aux règles du commerce internationale, à la raison d’être même de cette Organisation.

 

C’est ce point, devenu d’ores et déjà traditionnel à l’Assemblée générale, qui déclenche les prises de position les plus réitérées, l’appui le plus catégorique et le plus écrasant et qui révèle avec le plus de clarté l’isolement du pays agresseur et la résistance héroïque d’un peuple qui refuse à transiger sur ses droits souverains.

 

La communauté internationale a, depuis maintenant deux décennies, réclamé d’une manière invariable et persistante la levée du blocus économique, commercial et financier des États-Unis contre Cuba. Elle l’a fait par le biais de la résolution qu’elle vote chaque année à la quasi-unanimité, de dizaines d’appels lancés par des chefs d’État et des délégations qui abordent ce point au débat général de haut niveau de cette Assemblée, et de prises de position de presque tous les organismes internationaux et organisations d’États, en particulier ceux d’Amérique latine et des Caraïbes.

 

En 1996, la loi Helms-Burton a élargi sans précédent la portée extraterritoriale du blocus et codifié intégralement la politique à suivre pour « changer le régime » à Cuba et y intervenir ensuite. Et que je sache le « Plan Bush contre Cuba, promulgué en 2004,  n’a pas été invalidé.

 

Le Rapport du Secrétaire Général consacré à ce point, qui recueille les prises de position de plus de cent soixante pays et institutions spécialisées de l’Organisation des Nations Unies, illustre avec force données le maintien de cette politique criminelle et ses retombées directes sur la population et l’économie cubaines.

 

Les préjudices économiques directs causés au peuple cubain par le blocus dépassent 975 milliards de dollars, calculés à la valeur dépréciée du dollar face à l’or.

 

La Conventionde Genève pour la prévention et la répression du crime de génocide, de 1948, classe comme génocidaire à son article II b) « l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe » et à son article II c) la « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ».

Le blocus vise, selon le mémorandum du gouvernement étasunien du 6 avril 1960, à provoquer « « le désenchantement et la désaffection basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques […] à affaiblir la vie économique en refusant à Cuba de l’argent et des livraisons afin de réduire les salaires nominaux et réels, à provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. »

 

Washington n’a jamais caché que son objectif était de renverser le Gouvernement révolutionnaire et de changer l’ordre constitutionnel  que le peuple cubain défend en toute souveraineté, ce que l’ancien président George W. Bush avait appelé « le changement de régime » et qui prend aujourd’hui de nouvelles dimensions.

 

Monsieur le Président,

 

L’administration étasunienne aurait-elle beau prétendre donner une image de souplesse, le blocus et les sanctions restent tels quels, sont pleinement appliqués et leur caractère extraterritorial s’est aggravé ces dernières années. Un des traits distinctifs de l’administration Obama, est qu’elle a renforcé sa traque des transactions financières cubaines dans le monde entier, faisant fi des lois des pays tiers et de l’opposition des gouvernements.

 

Cuba ne peut toujours pas exporter aux États-Unis ni  importer librement aucun produit ni aucun service. Elle ne peut utiliser le dollar dans ses transactions, même pas pour s’acquitter de ses quotes-parts à l’Organisation des Nations Unies et à d’autres organismes internationaux. Elle ne peut pas ouvrir de comptes dans cette monnaie dans des banques de pays tiers ou avoir accès à des crédits de banques aux États-Unis, de leurs filiales dans des pays tiers ni d’institutions internationales comme la Banque mondiale ou la Banque interaméricaine de développement.

 

La prohibition de commerce avec des filiales de sociétés étasuniennes dans des pays tiers persiste. Les hommes d’affaires d’autres nations désireux d’investir dans mon pays continuent d’être punis, menacés ou inscrits sur des listes noires.

 

Les organismes internationaux, les programmes et les institutions de l’Organisation des Nations Unies n’échappent pas à cette politique, car l’administration étasunienne continue de faire obstacle à la coopération qu’ils prêtent à Cuba, y compris dans des domaines d’une sensibilité humaine extrême, comme le prouve la mise sous séquestre, en janvier 2011, de 4 207 000 dollars alloués par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria à des programmes de coopération avec Cuba concernant les deux premières maladies.

 

À la suite de la dénonciation de Cuba, le département du Trésor a fini par émettre, en juin dernier, une autorisation générale de libérer ces fonds jusqu’au 30 juin 2015. Le fait même que les ressources de cette institution spécialisée aient besoin, pour parvenir à Cuba, d’une autorisation de l’administration étasunienne constitue, indépendamment de la volonté de transformer des programmes si sensibles en otages d’une politique d’agression contre mon pays, un irrespect flagrant aux Nations Unies et à leurs institutions.

 

Plusieurs projets de coopération de l’Agence internationale de l’énergie atomique ont aussi été victimes du blocus.

 

Alors que Washington dit assouplir prétendument sa politique afin que des groupes d’Étasuniens puissent voyager à Cuba, le département du Trésor vient tout récemment de nier des permis de voyage à deux importantes organisations non gouvernementales étasuniennes qui ont coopéré depuis des années avec des institutions cubaines dans le domaine de la santé, si bien que des dons de médicaments que notre pays ne peut acheter à cause du blocus risquent de ne pas arriver à destination.

 

La réalité est que la liberté de déplacement des Étasuniens continue d’être soumise à des restrictions et que Cuba reste pour eux la seule destination interdite

 

Monsieur le Président,

 

Les représentants des États-Unis signalent presque chaque fois que le point discuté aujourd’hui est une question bilatérale qui n’a donc pas lieu d’être abordée ici. Il est probable qu’ils répéteront devant vous cette contre-vérité.

 

Or, les faits prouvent le contraire. Des citoyens et des sociétés de nombreux États membres représentés ici ont fait l’objet de sanctions pour avoir noué des relations commerciales avec Cuba.

 

Qu’est-ce donc, sinon une preuve de l’extraterritorialité de cette politique,  l’amende infligée le 18 août 2011 à la filiale de la compagnie de transport maritime françaiseCMA CGM pour avoir prêté des services de conteneurs à Cuba ? Comment peut-on qualifier autrement le fait que la succursale européenne de PayPal, société chargée de faciliter les transactions électroniques sur Internet, a exigé de la société allemande Rum Co qu’elle retire ses annonces de vente de rhum et de cigares cubains de sa page web ?

 

Les exemples d’extraterritorialité, comme on peut le constater dans la réponse de Cuba apparaissant dans le Rapport du Secrétaire général, sont innombrables.

 

Monsieur le Président,

 

Les déclarations les plus récentes du président Obama au sujet de Cuba, qui ont interloqué maints observateurs, ne nous étonnent pas. À l’offre du  gouvernement cubain d’amorcer un dialogue sur tous les points du contentieux bilatéral, le président Obama a répondu une fois de plus par une fin de non-recevoir larvée, à partir d’arguments absurdes, et par la présentation de conditions que Cuba ne saurait accepter et qui n’ont jamais fonctionné. C’est là une attitude démodée, réitérative, ancrée dans le passé, comme si ce n’était pas le président censé avoir été élu pour le changement qui s’exprimait, mais ses prédécesseurs, y compris républicains. Il est mal informé, il ignore absolument ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays, il ne sait rien de notre histoire et de notre culture.

 

Le grand changement, Cuba l’a fait en 1959. Au prix de vingt mille vies, elle a balayé la dictature de Batista, qui était alors l’homme fort des États-Unis. Ensuite, elle a continué de changer jour après jour, et c’est justement sa capacité de rénovation qui lui a permis de résister. D’autres n’ont pas résisté parce qu’ils n’ont pas changé et qu’ils se sont ankylosés, ou parce qu’ils se sont écartés de leur route. Cuba change aujourd’hui et continuera de changer résolument demain tout ce qu’il y a lieu de changer dans sa Révolution et dans son socialisme. Autrement dit, davantage de révolution et un meilleur socialisme.

 

Ce qui n’a pas changé en revanche durant ces cinquante ans, monsieur le Président, ce sont le blocus et la politique d’hostilité et d’agression des États-Unis, bien qu’ils n’aient jamais atteint leur fins ni aujourd’hui ni demain.

 

Car ce que l’administration étasunienne veut voir changer à Cuba ne changera pas. Le gouvernement cubain demeurera « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Nos élections ne seront pas des ventes à l’encan. Nous n’aurons pas de campagnes électorales à quatre milliards de dollars ni un parlement appuyé par seulement 13 p. 100 des électeurs. Nous n’aurons pas d’élites politiques corrompues et coupées de la population. Nous resterons une vraie démocratie, non une ploutocratie. Nous défendrons le droit à une information véridique et objective.

 

Nous continuerons de conquérir « toute la justice ». Nous protégerons l’égalité des chances de chaque enfant et nous n’abandonnerons personne. Nous ne renoncerons pas à nos politiques sociales. Nous continuerons d’offrir la santé et l’éducation gratuites à tous. Nous garantirons le droit au travail, à une retraite digne et à la sécurité sociale. Nous continuerons d’offrir une paie égale à travail égal. Nous protégerons la maternité et l’invalidité. Nous continuerons de situer l’être humain en premier lieu comme le bien le plus précieux. Nous défendrons notre culture. Nous garantirons l’exercice des droits humains à tous les Cubains.

 

L’économie devra, certes, être efficace, mais elle restera au service de l’homme. La vie des gens est et sera plus importante que les données macroéconomiques. Les politiques économiques continueront de s’implanter une fois le peuple consulté. Les conséquences de la crise économique mondiale seront partagées entre tous. Nous continuerons de redistribuer la richesse afin qu’il n’y ait ni riches ni pauvres. Nous n’admettrons pas la corruption, les spéculations ; nous n’ôterons pas l’argent aux travailleurs pour sauver les banques. Nous continuerons de chercher la participation de sociétés étrangères à notre économie sans aucune exclusion.

 

Monsieur le Président,

 

Il suffit de réviser ce que Wikileaks a divulgué récemment pour constater combien le département d’État et les ambassades étasuniennes dans tous les pays œuvrent pour entraver les relations politiques, diplomatiques, économiques, commerciales et de coopération de Cuba. Comment ne pas s’effarer de constater, si l’on tient compte de ces révélations, que les autorités étasuniennes s’intéressent au travail humanitaire que les brigades médicales cubaines réalisent d’une manière noble et désintéressée auprès  de millions de personnes dans des dizaines de peuples frères, qu’elles s’en inquiètent et qu’elles cherchent à l’entraver ?

 

Les relations familiales et les échanges culturels, universitaires, scientifiques – bien que limités – entre les États-Unis et Cuba prouvent combien leur élargissement serait favorable aux deux peuples si Washington n’y opposait pas tant d’obstacles et de conditions.  La proposition de Cuba de progresser vers une normalisation des relations et de renforcer la coopération bilatérale dans différents domaines reste en vigueur. La solution réciproque des questions humanitaires  serait de même de l’intérêt des deux pays.

 

Pourquoi l’administration Obama ne s’occupe-t-elle pas plutôt des problèmes des États-Unis  et ne laisse-t-elle pas les Cubains régler les leurs en paix et dans la tranquillité ?

 

L’un des cinq antiterroristes cubains vient de purger, jusqu’à la dernière minute, la peine de treize ans de privation de liberté qui lui a été infligée injustement, mais il n’a pas le droit de rentrer à Cuba dans sa famille, tandis que les quatre autres endurent toujours une incarcération politique cruelle et injuste. La corruption éhontée qui a marqué l’instruction et le procès et la conduite illégale du gouvernement étasunien en l’occurrence sont de notoriété publique et elles ont été éloquemment prouvées. Pourquoi ne les libère-t-on pas par simple justice ou, du moins, par geste humanitaire ?

 

Monsieur le Président,

 

Je tiens à transmettre la profonde gratitude du peuple cubain à tous les pays qui, durant vingt ans, ont demandé par leur voix et leur vote qu’il soit mis fin aux sanctions unilatérales les plus injustes, les plus prolongées et les plus globales de l’histoire, qui ont causé tant de préjudices à des millions de Cubains.

 

Au nom de Guillermo Domínguez Díaz (seize ans), d’Ivis Palacio Terry (dix-huit ans), de Randy Barroso Torres (dix-sept ans) et d’Adrián Izquierdo Cabrera (douze ans) qui ont subi une chirurgie et sont restés alités dans le plâtre pendant des mois faute de prothèses extensibles pédiatriques (endoprothèses extensibles pour tumeur) qui ne se fabriquent qu’aux États-Unis ou sous leur brevet ; au nom de María Amelia Alonso Valdés (deux ans), de Damián Hernández Valdés (quatre ans) et de Dayán Romayena Lorente (douze ans) qui souffrent de tumeurs du système nerveux central et ont besoin d’un traitement au témodal (temozolomide), fabriqué aux États-Unis et protégé par un brevet ;

 

Au nom de mon peuple altruiste,  généreux, optimiste et héroïque, pour le bien de la communauté des nations et pour « l’équilibre du monde », je vous demande de voter le projet de résolution L.4 intitulé : « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique ».

 

Je vous remercie. 

 

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Published by cuba si lorraine - dans Cuba
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