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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 10:11
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envoyé spécial à La Havane à Cuba dans La Tribune D'Alger
Kamel Amghar


Ces dernières années ont été témoins de graduelles mutations dans le système socio-économique cubain. Un changement profond qui se fait doucement mais sûrement. Entamée en 1990, cette «réforme douce» a donné des résultats positifs qui se traduisent par l’amélioration du niveau de vie des 11 millions d’îliens recensés en 1996. Entre 1995 et 1998, l’économie cubaine a réalisé une croissance moyenne de 3,5% par an.
En 1999, ce taux a atteint un pic de 6,2%. Au cours des années 2000, la relance s’est établie autour de 5,6%. Il y a en ce moment, plus de 400 associations de divers types avec des capitaux étrangers. 40% du total des capitaux investis -près de 6 milliards de dollars- sont justement apportés par ces IDE.
Le taux d’inflation a considérablement décru. Le déficit budgétaire est passé de presque 1/3 du produit intérieur brut (BIP) durant les premières années de la décennie 1990 à 2,5% au cours des années 2000. Le peso cubain a conséquemment connu une revalorisation considérable. Si, au cours des années 1990, le dollar était coté à 150 pesos, son cours oscille actuellement entre 20 et 21 pesos. D’importantes branches de l’économie ont été ouvertes à la participation étrangère. Le commerce extérieur a entrepris sa relance à un rythme lent mais ferme.
Le volume des échanges commerciaux atteint un niveau annuel oscillant entre 5,5 et 6 milliards de dollars. Cuba fait du commerce avec 146 pays. L’Espagne et le Canada sont ses principaux partenaires suivis du Venezuela, de la République populaire de Chine et de la Fédération de Russie.
Le tourisme est le secteur le plus dynamique avec une croissance annuelle moyenne de 21%. L’agriculture a également connu un saut qualitatif en adoptant le choix «forcé» de la culture biologique. Les produits agricoles cubains (fruits, légumes, primeurs, tabac) sont aujourd’hui très prisés pour leur qualité. D’autres secteurs comme la santé, les biotechnologies, la pharmacologie, la pêche, les mines et le textile réalisent aussi des plus-values substantielles. Sur le plan social, tous les petits Cubains profitent d’un système éducatif gratuit et de grande qualité. L’université cubaine réalise également des performances excellentes. La couverture médicale est assurée pour tous les citoyens. Le niveau de vie est en amélioration constante.
Cela se voit dans la rue : on s’habille bien, on fait la fête le soir, les petites cylindrées asiatiques se mêlent en nombre aux vieilles voitures américaines dans les rues spacieuses de La Havane. Manifestement, Cuba est en train de changer… 

Exubérance antillaise et flamboyance hispanique
Cuba est une destination de rêve pour des millions de touristes occidentaux et asiatiques. Il faut dire que de nombreux paramètres prédisposent ce petit pays à être un havre de paix et de repos : ses sites naturels luxuriants, son climat semi-tropical et tempéré, la richesse fabuleuse de son patrimoine culturel et historique, la qualité irréprochable de ses infrastructures d’accueil et les traditions d’hospitalité qui caractérisent depuis toujours le peuple cubain. En effet, «la clef des Caraïbes» a tellement de splendeurs à faire valoir. Elle est l’un des rares pays au monde où la flore est essentiellement autochtone. Elle possède plus de 8 000 espèces de plantes qui vont du cactus des régions arides jusqu’aux orchidées des zones humides avec une riche variété d’arbres à bois précieux.
La végétation couvre à longueur d’année les vallées et les plaines, le littoral et les montagnes. On y trouve également des milliers d’espèces d’insectes, de mollusques, de poissons, d’oiseaux et de reptiles. Un vrai paradis pour les amoureux de la nature.
Toutes les villes cubaines arborent également des siècles d’histoires où le savoir-faire autochtone cohabite harmonieusement avec les cultures hispanique et anglo-saxonne.
La Havane, Santa Clara, Trinidad, Bayamo, Camagüey, Pinard el Rio, Holguín, Guantanamo, Cienfuegos et Santiago de Cuba, sont, en effet, des musées à ciel ouvert avec des milliers de places célèbres, des centaines d’institutions culturelles, d’innombrables lieux cultes de la musique, de la danse et du théâtre, une infinité de curiosités architecturales et artistiques. L’art est présent à chaque coin de rue.
Statues monumentales, fontaines richement décorées, jardins multiformes et arts modernes ornent ces métropoles qui accueillent chaque année des millions de touristes. Rien que dans la capitale «Habana», plusieurs manifestations culturelles sont périodiquement organisées, telles que le Festival de ballet, le Festival del Nuevo Cine latino-americano, Plaza Jazz Festival et le Festival international de guitare Leo Brouwer.  
En dehors des cités, les parcours sont aussi variés qu’attrayants. Promenades au bord de la mer, équipées marines pour découvrir des centaines d’îlots environnants, visite des champs de canne à sucre, excursion dans les fermes de production de tabac et les fabriques de cigares, coup d’œil sur la palette colorée de l’artisanat local, «pèlerinages» sur les lieux exubérants où vécurent des personnages de légende comme José Marti, Che Guevara, Salvador Allende, Pablo Neruda, Ernest Hemingway, Graham Greene, Alejo Carpentier, Nicolas Guillen, Nat King Cole, Errol Flynn, Perez Prado, Benny Moré, Martine Carole et tant d’autres encore. Cuba est devenue un musée pour les idéaux communistes, mais c’est encore plus que cela : La Havane est le centre culturel des jeunes ; l’endroit où l’on trouve les plus beaux hôtels et les discothèques les plus vivantes, où la révolution semble avoir créé son propre marché.
La fête est partout : sonorités créoles, musique afro-cubaine, jazz, salsa… Dans la rue, les boîtes de nuit, les brasseries et les luxueux hôtels, l’ambiance est rythmée.
Les Cubains ont parfaitement valorisé tout cela pour faire de leur pays une destination touristique de premier choix. L’infrastructure hôtelière a largement tiré profit de cette dynamique pour se mettre au diapason de ce qui se fait de mieux dans les grandes capitales occidentales. Chambres impeccables, service irréprochable, large éventail de choix en matière de gastronomie et structures annexes de qualité.
Le fer de lance de cette industrie touristique, constitué de 15 compagnies et de 23 entreprises mixtes rivalisant avec les grandes enseignes du domaine, brasse directement un chiffre d’affaires annuel de plus d’un milliard de dollars. Les revenus indirects générés sont  10 fois supérieurs.
On vient aussi à Cuba pour des séminaires culturistes. Le pays dispose d’une infrastructure sportive de haut standing permettant à La Havane de postuler (sans succès, hélas !) pour accueillir le JO de 2012. On y vient aussi pour se soigner et pour rajeunir…              

Une destination d’espoir pour des milliers de patients
Cuba est aujourd’hui reconnue mondialement pour son système de santé. La qualité des soins dispensés dans ses services hospitaliers, l’efficacité des programmes de prévention développés et la fiabilité de la couverture médicale qui touche l’ensemble des citoyens placent l’île parmi les meilleurs à l’échelle mondiale.
Les chiffres sont éloquents : le taux de mortalité infantile y est l’un des plus bas du monde. Il est de l’ordre de 7 pour 1 000 naissances contre 8 dans de nombreux pays développés comme les Etats-Unis. L’espérance de vie des Cubains (supérieure à 75 ans), contrairement aux clichés les plus répandus, est également meilleure que celle de nombreuses nations dites civilisées, et le ratio de médecins par nombre d’habitants (un thérapeute pour 168 habitants) y est très élevé. Un grand nombre d’épidémies et de maladies endémiques comme la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos du nouveau-né et de l’enfant, la rougeole, le syndrome de la rubéole congénitale, la méningite ou la coqueluche ont été complètement éradiquées.
Plusieurs hôpitaux à Cuba ont la reconnaissance ISO 14001 et ISO 9001 qui sont des normes internationales d’excellence relatives à l’hygiène, à la sécurité et au contrôle global de la qualité. Un tel standing impeccable est plutôt rare même dans les pays occidentaux les plus avancés. Les laboratoires cubains sont également à la pointe de la technologie. Les études dans les domaines de la génétique, de la microbiologie et bien d’autres disciplines placent ce petit pays parmi les mieux structurés dans la recherche médicale. Cette recherche innovante, étant complètement affranchie de l’influence des lobbys pharmaceutiques, offre des programmes médicaux nouveaux, et certains d’entre eux se distinguent par des techniques et des procédés exclusivement cubains.
Les équipes de recherche composées de professeurs et de spécialistes de haut niveau scientifique sont aujourd’hui à l’avant-garde dans de nombreuses filières comme la réhabilitation et la restauration neurologiques, le traitement de certaines tumeurs cancéreuses, l’ophtalmologie ou encore la dermatologie. Un prestige international largement mérité qui fait de Cuba une destination d’espoir pour des milliers de patients qui lui viennent des quatre continents.
Le pays de Fidel Castro excelle, par ailleurs, dans la chirurgie esthétique. Les opérations sont moins dispendieuses. Les implants dentaires, les liposuccions, les greffes de cheveux sont au quart du prix pratiqué en Europe et en Amérique du Nord. On y trouve aussi des institutions qui s’illustrent dans les soins de la peau, et qui disposent de traitements uniques introuvables par ailleurs. Des techniques révolutionnaires qui offrent, entre autres, une alternative très efficace pour la guérison de vitiligo et du psoriasis. Il y a aussi des centres de thalassothérapie de grande réputation qui se chargent des traitements d’anti-stress, de régulation de poids, d’anti-vieillissement, ainsi que des services d’esthétique dans de magnifiques installations balnéaires. Au cours des toutes dernières années, plus de 40 000 patients provenant de 33 pays ont profité des services médicaux de haut calibre à Cuba. La rigueur, la crédibilité et le professionnalisme des médecins cubains sont, à ce titre, amplement établis.
«Chaque personne et chaque peuple a le droit à une vie saine et doit profiter du privilège d’une existence prolongée et utile», voilà leur devise. 
Partant du principe que chaque être humain a le droit absolu à une assistance médicale de qualité, Cuba ne rate aucune occasion de prêter ses services et son expérience en la matière à des pays tiers.

Soigner, soulager, guérir, une carte de visite cubaine
La politique volontariste des autorités cubaines à l’égard des peuples d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique et d’Asie dans ce domaine précis de la santé leur vaut de profondes sympathies aux quatre coins du monde. A chaque catastrophe naturelle, les équipes médicales de l’île volent au secours des sinistrés, notamment dans cette partie cyclonique de l’Amérique centrale. Au Venezuela, au Pérou, à Haïti, en République dominicaine, au Honduras, au Guatemala, au Nicaragua, au Salvador comme à Belize, cette solidarité cubaine, active et engagée, a été déterminante pour panser les blessures de grands désastres climatologiques. Sur le continent africain, nombre de pays, dont l’Angola et la Gambie, bénéficient de l’expertise cubaine en la matière, notamment en ce qui concerne la lutte contre le virus du sida. Plus de quatre-vingt mille coopérants cubains, dont des milliers de médecins, dispensent leur savoir à une centaine de pays tiers-mondistes dans le cadre de conventions bilatérales très avantageuses.
Dans le but d’aider à la solution des problèmes de santé à plus longue échéance, Cuba offre annuellement 500 bourses aux étudiants centre-américains et africains souhaitant se former dans cette filière. Ils sont aujourd’hui plus de 4 500 universitaires, originaires de 20 pays différents, à faire leur médecine dans les facultés cubaines.
Des étudiants issus de secteurs dits «discriminés» aux Etats-Unis y sont également admis. Afro-américains et Indiens essentiellement.
L’Algérie entretient dans ce domaine précis des relations étroites avec Cuba.
Les autorités hospitalières des deux pays travaillent en collaboration sur de nombreux projets communs.
Un partenariat de qualité portant sur l’ouverture de sept cliniques orthopédiques dans différentes régions d’Algérie est en voie de réception.
Cette coopération étroite porte aussi sur d’autres spécialités comme la chirurgie, la neurologie, la pédiatrie, la radiothérapie et la production pharmaceutique.

Les biotechnologies, un autre domaine de prédilection
Cuba fait aujourd’hui figure de leader des biotechnologies dans la zone d’Amérique du Sud. Malgré le manque de ressources budgétaires et le poids de l’embargo américain imposé à l’île depuis un demi-siècle, les experts et les chercheurs cubains ont réussi des prouesses scientifiques dignes des nations les plus industrialisées. D’importantes découvertes et apports cubains à la science sont actuellement brevetés dans le monde, notamment dans les domaines de la médecine, de l’ingénierie génétique et de la pharmacologie. Dans les années 90, un pôle scientifique d’excellence, situé dans l’ouest de La Havane, a été justement créé dans le but d’accélérer le développement de la biotechnologie et de la production pharmaceutique.
Les produits présentement développés par le Cuba sont la proctokinase (qui favorise la dissolution des thrombus, formation de caillots dans les vaisseaux sanguins), les vaccins contre le virus de l’hépatite C et le cancer de la prostate, etc. Depuis 2007, l’industrie pharmaceutique et biotechnologique cubaine est le deuxième secteur exportateur national. Elle réalise un chiffre d’affaires annuel qui frôle les 400 millions de dollars.
Dans ce domaine aussi, l’Algérie fait appel à l’expertise cubaine.
Plus de 200 médicaments génériques et un large éventail de vaccins seront prochainement produits en Algérie sous le label cubain. Il convient de souligner
à ce propos que Cuba exploite aussi avec beaucoup de doigté son extraordinaire biodiversité naturelle. Un vaste programme de développement de la culture des plantes médicinales a été lancé depuis 1992. Aujourd’hui, 13 fermes provinciales et 136 fermes municipales produisent 1 000 tonnes de plantes et herbes par an. Une médecine douce qui a évidemment ses adeptes et qui viennent parfois de très loin.

Agriculture, le challenge force du «bio» donne satisfaction
1990 a été une année charnière pour tous les secteurs de l’économie cubaine.
La chute de l’empire soviétique et la cessation conséquente de l’aide octroyée à l’île ont poussé les dirigeants cubains à revoir profondément leurs modes de production, notamment dans le domaine agraire. La production agricole à Cuba était organisée sur le modèle de l’agriculture productiviste, avec une culture intensive dans de grandes fermes d’Etat, basée sur un pétrole russe bon marché et un usage massif d’insecticides et d’engrais chimiques également importés à tarif préférentiel. Le choix était, alors, exclusivement porté sur l’exportation de quelques produits (sucre, tabac, fruits). Pour les besoins des populations locales, l’essentiel des denrées de large consommation était importé.
La chute du bloc de l’Est a mis l’île dans une situation extrêmement difficile. Il fallait trouver à manger et vite. Par nécessité, Cuba s’est automatiquement tournée vers les bonnes vieilles méthodes : agriculture biologique, cultures vivrières, amélioration naturelle des sols, horticulture de proximité.
Les fermes collectivistes ont été immédiatement transformées en coopératives produisant pour fournir en aliments les institutions publiques (écoles, hôpitaux, etc.) mais dont le reliquat de production pouvait être vendu librement. En 1994 étaient créés les marchés paysans où les agriculteurs viennent proposer directement leurs récoltes aux consommateurs. L’agriculture de proximité était développée par la distribution de centaines de terres publiques vacantes à qui voulait les cultiver. Des coopératives horticoles urbaines s’étaient créées partout pour exploiter le moindre lopin de terre, de même qu’un réseau des boutiques de graines et d’outillage où des consultants donnaient des conseils aux utilisateurs. Dans la même foulée, un institut de recherche avait vu le jour pour accompagner cette dynamique en travaillant sur les bio-formulations et la protection biologique des sols. 280 centres de production de pesticides et produits biologiques s’étaient ensuite créés. Maintenant, une bonne partie de la surface cultivée à Cuba est protégée par les méthodes biologiques.
La majorité des cultures de fruits et d’agrumes est gérée en agriculture biologique, et celle-ci est testée pour la canne à sucre, le café, le cacao, la mangue, l’ananas et la banane. Ce choix qui avait été fait sous la contrainte s’est révélé bon pour l’avenir et pour le développement durable : la décision a été prise de généraliser l’agriculture biologique pour l’alimentation de la population. Le bilan de cette politique est étonnant : diversification des productions, sécurité alimentaire, recyclage des déchets, réduction au minimum des coûts de transport, réduction de la contamination des sols, de l’air et de l’eau par les pesticides et les engrais chimiques.
La production de sucre, qui a connu un déclin dramatique au début des années 1990, dépasse aujourd’hui 4 millions de tonnes. Les augmentations de la production ont élargi l’éventail des produits proposés sur les marchés à des prix dans lesquels joue la loi de l’offre et de la demande. Cette stratégie qui mise beaucoup sur la proximité a été également adoptée avec succès dans l’élevage (poulet, lapin, poules pondeuses). Les spécialistes saluent aujourd’hui cette expérience pionnière de Cuba dans la mesure où elle aura permis de transformer une agriculture intensive et productiviste en agriculture extensive et biologique, avec à la clé une relocalisation de l’économie, largement permise par la propriété publique de la plupart des terres. Un exemple qui commence à faire des émules en Amérique du Sud où les règles du libre-échange ont laissé, comme en Afrique, de profondes séquelles.

Révolution et marché feront-ils bon ménage ?
Depuis 1959, Cuba fait héroïquement face à un embargo inhumain et inacceptable des Etats-Unis. La révolution a, entre temps, éradiqué l’analphabétisme. Elle affiche aujourd’hui fièrement ses bilans : 60 000 médecins et 600 000 universitaires, une espérance de vie de plus de 75 ans, la santé et l’éducation gratuites pour tous. Cuba se dresse, éternelle, comme un défi aux avant-postes des Caraïbes, faisant un clin d’œil au tumultueux détroit de Floride.
L’île s’emploie ces dernières années à «domestiquer» le marché en ouvrant graduellement ses portes à l’investissement étranger.
Tout porte à croire que «la clef du Golfe» tournera encore, suivant la marche empruntée par le grand camarade chinois.
La révolution, hier comme aujourd’hui, inscrit l’avenir de Cuba dans la capacité de ses travailleurs à relever les défis et à conquérir davantage d’espaces démocratiques et sociaux. Manifestement, l’exercice réussi à Pékin guide et inspire les actions, présentes et futures, de La Havane. Comme quoi, la
révolution et le marché peuvent s’accommoder l’un de l’autre pour vivre en bonne entente.  

K. A.

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La "double monnaie"

Les touristes s'aquittent de leurs dépenses non pas en pesos cubains mais en CUC = dollars (commission plus importante que pour l'Euro) ou euros convertisdans cette monnaie cubaine qui vaut
beaucoup beaucoup plus que le pesos. Le change du CUC au peso cubano est fixe approximativement à 24 pesos pour 1 CUC.Les prix des hotels ou des repas, etc... en CUC sont équivalents aux prix
pratiqués en France, et inaccessibles pour un Cubain.

Pour nombre de cubains, cette "double monnaie" est un mal nécessaire car il permet à l'île de bénéficier d'argent de l'extérieur grâce au tourisme. MAIS, nombres de prestations ne sont accessibles
qu'en CUC, et impayables en pesos pour un Cubain. Exemple: les "boîtes de nuit" citées par l'articles (qui, parfois, ressemble à un dépliant touristique!). Autre exemple: lors d'un "carnaval" à La
Havane sont montés des gradins où l'on peut regarder assis passer le défilé de chars (très beaux) et le prix de la place est de 3 CUC. Résultat: les touristes sont assis sur les gradins, et le
peuple Cubain est debout dans la rue et tente de ses faufiler pour "voir" (Ce qui ne l'empêche pas de faire la fête, avec bière cubaine, rhum, musique, etc... payés en pesos cubains).

La vie d'un "touriste" qui sort de son circuit organisé est parfois difficile à Cuba: il peut à certains moments avoir l'impression d'être un porte-monnaie sur pattes. En ce qui concerne les
vêtements, il se différencie des Cubains parce-qu'il porte du COTON, plus rare à Cuba que le nylon, et est ainsi reconnaissable même sans parler, (surtout l'anglais). Il doit être attentif aux
risques d'escroqueries (taxis, etc...) venant d'infiniment plus pauvres que lui - mais aussi parfois infiniment plus ingénieux. ("jineterismo (arnaques de touristes) qui sévit à Cuba et qui est
sévèrement déploré par les Cubains et durement réprimé par l'Etat." "N'exposez pas vos CUC ni vos euros et rappelez-vous toujours qu'un billet de 20 euros équivaut à un mois de salaire pour un
médecin en fin de carrière. Une simple question de respect." : http://www.azureva.com/cuba/magazine/pesos-cubanos.php)

Risque: nombre de Cubains abandonnent leur travail dans l'éducation ou la santé pour des emplois dans le tourisme, où ils seront mieux rémunérés. Ainsi la compétence d'une institurice est-elle
perdue: elle fait le ménage, et peut ainsi offrir à sa famille un peu plus.

Les amis Cubains mettent en garde contre ces risques et, souvent, aspirent à une plus grande richesse de l'île, à une plus grande autonomie de celle-ci, qui pourrait faire disparaître cette "double
monnaie". En effet, l'île se développe économiquement malgré le blocus. Les terres, dont il reste une grande surface en friche sont cultivées de plus en plus (et bio!), les techologies s'exportent
et se vendent, et peut-être cela sera-t-il possible demain? Cela fera-t-il partie du "vent nouveau"?


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A

Cet article met en exergue les réussites de la Révolution cubaine avec cependant des manquements importants

le premier tient à l'effet de la crise mondialisée du capitalisme et ses impacts sur l'économie socialiste de l'île dont 5 des 7 ports sont à l'arrêt en vue de la baisse de la consommation et donc
des besoins de navires pour acheminer.

le second est tout aussi essentiel si l'on veut comprendre la situation cubaine, cet article dresse un tableau idyllique de la société cubaine et de ses formidables avancées sociales et
démocratiques, cela ne saurait expliquer alors la mobilisation des communistes cubains qui affrontent à la fois, un embargo meurtrier, une crise systémique du capitalisme, un regain d'agressivité
de la part de l'Empire mais sans doute plus important la nécessité du socialisme cubain non seulement à résister mais à progresser par la voie de la rectification et de
la réflexion collective et populaire.

le troisième point important consiste à laisser penser que la Révolution cubaine cherche à copier voir à imiter la société chinoise et les formes de son développement.
Il suffit de comparer l'attitude bio de Cuba et les difficultés de la Chine socialiste en ce domaine pour s'apercevoir que chacun possède ses propres voies de développement, ses propres repères
nationaux y compris ses propres contradictions.

Cuba socialiste a toujours su préserver son indépendance et cela à un prix terrible, celui de l'embargo, Cuba socialiste ne copie pas car cela ne marche pas et les communistes cubains sont d'un
pragmatisme exemplaire et extrêmement courageux en ce domaine, oser créer et inventer dans les conditions qui sont celles de l'île relève d'un peuple confondant de par sa capacité à regarder , à la
fois, le quotidien et en même temps à se projeter dans un avenir lointain.

Cuba construit au quotidien le socialisme d'aujourd'hui et ose penser celui de demain et là il s'agit de ne pas prêter le flanc à l'ennemi de classe qui tente de transformer l'île en tout tourisme
qui engluerait le développement pour le mettre sous la coupe des groupes hôteliers et capitalistiques augurant ainsi une reprise en mains de l'économie cubaine pour rendre à Cuba le "statut" qui
fut le sien avant 1959, un gigantesque bordel américain couplé à une misère récurrente.

Les communistes cubains ne s'y trompent pas et si une frange du parti communiste milite pour une ouverture sur le marché, souvent porteurs des intérêts d'une petite couche intermédiaire vivant très
bien du tourisme, la garnde majorité des organisations révolutionnaires ne soutiennent en aucun cas un socialisme de marché, une sorte de troisième voie qui allierait socialisme et capital, la voie
de la social démocratie et de ses échecs répétés pour le monde du travail depuis des lustres, échecs pour les travailleurs, tout bénef pour les capitalistes et cela Cuba n'en veut pas.

Ce journaliste algérien met Cuba à la sauce algérienne, celle du compromis et des privatisations, de l'ouverture au capitalisme et de la fermeture à la classe des opprimés, il dresse dans le même
temps un paysage de Cuba qui omet les difficultés, les problématiques aussi nouvelles qu'anciennes tout comme certaines contradictions concernant une nation du tiers monde capable de soigner et de
vivre plus longtemps que chez le voisin américain.

Cuba est à la croisée des chemins entend on, mais Cuba a toujours été à la croisée des chemins et l'un d'eux se nomme l'Alba.

Le marché et le socialisme peuvent cohabiter mais l'un ne peut survivre à l'autre et les révolutionnaires cubains ont fait leur choix en triomphant en cette année 1959, ce n'est pas et ne sera pas
celui du reniement et de la destruction, ce ne sera pas celui du capitalisme meurtrier.

Le socialisme ou la mort

la Patrie ou la mort

tout est dit


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