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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 08:14

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Elsa Claro granma

• « CETTE Maison-Blanche n’a peut-être pas un programme d’immigration, mais elle a un plan : toujours plus de coups de filets, de déportations et de souffrance pour notre communauté. Voilà pourquoi nous sommes ici. »

Cette opinion est celle de Luis Gutierrez, législateur pour l’Illinois. Il l’a formulée à l’occasion de la marche qui a eu lieu le 14 mars à Washington. Les manifestants réclamaient la « légalisation » et « des droits égaux pour tous ». Ces slogans sont vieux de plusieurs années et ont été à nouveau brandis dans la capitale étasunienne. La signature, au même moment, de la loi sur la réforme sanitaire n’a pas fait d’ombre à la manifestation. Le 27 mars, les mêmes consignes ont été scandées à Los Angeles, lorsqu’une manifestante a déclaré : « Nous appelons les dirigeants de ce pays à prendre au sérieux la situation de milliers de travailleurs des Etats-Unis qui payent leurs impôts et sont privés de toute espèce de droit. »

Le problème a été maintes fois posé, mais les réactions officielles ne consistent qu’à multiplier les restrictions. Partagés entre l’espoir et la frustration, les manifestants d’aujourd’hui attendent qu’Obama tienne ses promesses et fasse des propositions plus respectueuses du droit, mais les antécédents ne portent pas à l’optimisme. Au dernier jour de 2008, Bush avait situé 181 300 nouveaux agents de la police frontalière le long du fameux mur du Mexique, qu’il a prolongé sur une distance de 600 kilomètres s’ajoutant aux 500 autres formés par des barrières mobiles et tout un échafaudage de surveillance, 105 tours dotées de caméras et de radars, trois avions sans équipage, dans le genre de ceux qui sont utilisés à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan.

Le président vient par ailleurs de donner le feu vert au plan du sénateur démocrate Charles Schumer et du républicain Lindsay Graham, qui consiste à renforcer la frontière, à introduire des documents biométriques, à veiller à ce que les « sans-papiers » n’obtiennent pas de travail tout en ouvrant la voie à la venue de travailleurs saisonniers. En gros, le même schéma que celui de Bush, sauf que cette initiative ajoute de sérieuses restrictions à la légalisation de onze à douze millions de « sans papiers » qui devront s’accuser eux-mêmes d’avoir enfreint la loi et payer des impôts rétroactifs, ce qui relève purement et simplement de la fiction.

Les candidats sont invités à apprendre l’anglais à la perfection, à faire du travail communautaire et à prendre leur place dans la file de gens qui souhaitent obtenir la résidence. Le nouveau procédé multiplie les obstacles, ouvre une brèche pour des besoins passagers mais n’élimine ni la chasse à l’homme, ni les expulsions ni la séparation des familles déportées. De telle sorte que les immigrants sont de plus en plus nombreux à mourir dans leur tentative d’entrer aux Etats-Unis Quant à l’Europe, elle imite au plus près les Etats-Unis dans le sens des restrictions, de la surveillance des frontières et des expulsions, même si plusieurs personnalités scientifiques ont averti que sans les migrations, le système des retraites du vieux continent menace de s’effondrer.

Il n’y a rien d’étrange à cette ressemblance entre l’Europe et les Etats-Unis. Au départ, ils partageaient déjà l’enlèvement de millions d’Africains de leur terre natale pour les soumettre à l’esclavage. Les politiques compensatoires qui suivirent n’eurent pas pour effet d’éliminer le racisme, même pas à l’égard de ceux qui étaient nés hors d’Afrique, méprisés parce qu’ils étaient les descendants de ceux à qui la liberté avait été arrachée par d’autres qui l’acclament tant et la respectent si peu. Le sort des immigrants rappelle fortement celui des esclaves et de leurs descendants.

Les colonialistes et leurs successeurs n’ont demandé à personne la permission de s’installer dans plusieurs continents pour les piller, mais ils dressent des barrières devant les ressortissants de ces pays dépouillés de toutes leurs richesses, celles qui ont alimenté le développement du premier monde et qui continuent d’être exploitées par ses entreprises.

Presque tous les pays européens ont durci leurs lois migratoires, « au point d’imposer des mesures qui frisent la violation des droits constitutionnels et du bon sens. La pénalisation de l’immigration irrégulière et la menace de fermeture des entreprises recrutant des sans-papiers ne sont que deux échantillons de ces abus institutionnalisés, en vertu desquels certains gouvernements ont toutes facultés de déterminer qui entre ou non dans leur pays, sous quelles conditions et pour combien de temps ». C’est ce qu’affirme Gonzalo Fanjul Suarez, d’Intermon Oxfam, dans une étude où il indique : « Le système est non seulement immoral mais aussi insensé, parce qu’il ne répond aux intérêts d’aucune des deux parties concernées. »

Du point de vue des coûts et des profits, les données de la Banque mondiale lui donnent raison : en réduisant un peu les barrières au mouvement international des travailleurs, les pays donateurs percevraient des revenus supérieurs à ceux qu’ils reçoivent en vertu d’engagements non tenus tels que les misérables aides au développement, et les pays récepteurs verraient s’accroître leurs fonds de retraite.

D’un point de vue strictement humain, à en juger par ces gouvernants qui s’autoproclament les grands défenseurs des droits civiques et sociaux et qui imposent des lois dont l’effet est de les violer, on est en droit de supposer que les choses vont mal et que le pharisaïsme a franchi de nouvelles limites. Au point, par exemple, de ne plus établir de différence entre le demandeur d’asile et l’émigré économique. Tous sont réprimés sur leur sol natal pour éviter qu’ils ne le quittent, ce qui a pour effet de multiplier les réseaux de trafic de personnes, un chemin tortueux, jalonné de viols de femmes et d’enfants, de mauvais traitements et même d’assassinats. S’ils finissent tout de même par arriver à destination, ils n’ont pas accès aux soins médicaux d’urgence, bien qu’il s’agisse de travailleurs et non de délinquants.

L’Union européenne a porté à 18 mois la durée de l’incarcération des sans-papiers, dans des centres où la promiscuité est telle que l’expulsion immédiate fait figure de privilège. Un émigré expulsé ne peut plus franchir la frontière dans un délai de cinq ans. Les employeurs de personnel en situation illégale s’exposent aussi à des sanctions sévères, à moins que leur employé ne soit hautement qualifié. Depuis les années 90, les lois régissant l’immigration ont été modifiées à 92 reprises, dans le seul but de compliquer l’octroi de visas, de permis de séjour temporaires et la réunification des familles.

La montée des partis néonazis et l’appropriation de leur langage par la droite traditionnelle facilitent des pratiques antimigratoires et imposent à la société une vision déformée de la réalité dans le seul but de susciter les affrontements et les exclusions.

Selon Eurostat, environ 20 millions d’étrangers résident à l’intérieur des frontières européennes, soit environ 3,9% de la population totale.

Le Royaume-Uni, la France et l’Espagne seraient les destinations choisies par les habitants de leurs anciennes colonies, mais Londres a pris des mesures restrictives qui s’appliquent même aux Européens. La France procède à des expulsions massives depuis des années et a recouru à des alibis tels que le débat sur l’identité nationale qui a dégénéré en campagne contre l’Islam. Un peu partout, arabes, gitans et représentants d’ethnies diverses sont aujourd’hui harcelés.

Des 27 pays membres de l’Union européenne, l’Espagne est le seul à avoir tenté d’arrondir les angles du problème en régularisant une partie des sans-papiers. Le gouvernement de Zapatero corrige ainsi en partie les politiques despotiques de l’étape Aznar, lorsque des immigrants ont été drogués par milliers en vue d’assurer leur expulsion, ce qui constitue une franche agression contre les droits de l’Homme.

Ce n’est pas en discréditant des personnes venues d’ailleurs, leurs cultures et leur foi religieuse et en en faisant des citoyens inférieurs qu’on réglera ce que le New York Times a appelé récemment « une des plus graves crises des droits civiques ». Si sombre que puisse paraître ce constat, force est d’y ajouter foi. •
 

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Published by cuba si lorraine
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