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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 01:22

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Rosa Miriam Elizarde

NOUS attendons dans le petit théâtre du Mémorial José Marti. Nous savons qu’il est à l’extérieur, déposant dans la plus grande intimité possible une gerbe de fleurs au pied de la statue du Héros national, près du monument de la Place. «C’est le 26 juillet, ce n’est pas un hommage quelconque», fait remarquer quelqu’un dans un murmure pour ne pas briser le silence qui règne dans la salle où l’attendent plusieurs dizaines de personnes qui devinent sa présence proche. Une minute plus tard on entend sa voix derrière la porte. Voilà Fidel.

«Combien de visages connus!» dit-il en avançant dans le couloir, saluant ceux qui se trouvent sur son passage. «Voilà Rosa Miriam», dit-il à Marina Menendez, sous-directrice du journal Juventud Rebelde, qui s’assoit à mes côtés. «Sais-tu qu’elle m’a demandé un jour si nous allions survivre à la Période spéciale». Il rit et me serre vigoureusement la main. Incroyable. Il se souvient d’une après-midi de la fin des années 90 dont je n’ai presque plus de souvenir. Je venais d’obtenir mon diplôme et par hasard, je devais faire un reportage sur une cérémonie au Centre d'ingénierie et biotechnologie, en présence de Fidel. Comme s’il nous entraînait dans une machine à lire l’avenir, il nous a pratiquement raconté ce jour-là le film de ce que les Cubains allaient vivre dans les prochaines années de la Période spéciale, après la disparition de l’Union soviétique. Je fus à ce point bouleversée que lorsqu’il arriva devant moi, la seule question qui me vint à l’esprit fut: «Vous croyez vraiment que nous allons survivre?»

Fidel avance. Il salut la famille du commandant de la Révolution Juan Almeida, le révérend Lucius Walker. Et aussi Silvio Rodriguez, Amaury Perez, Sara Gonzalez, Frank Fernandez, Vicente Feliu, les peintres Nelson Dominguez, Kcho, Zaida del Rio, Rancaño, Flora Fong… Il plaisante avec les uns, remercie les autres. Il porte sa chemise vert olive. Il est maintenant assis devant l’auditoire, près d’une petite table sur laquelle sont posés des dossiers. Randy Alonso, le directeur de Table ronde, l’émission de la Télévision cubaine, est le modérateur de l’échange de questions et de commentaires qui commence par une intervention d’Alexis Leyva Machado (Kcho).

Il apporte deux drapeaux: l’un, du 26 Juillet, remis à l’artiste par le commandant de la Révolution Juan Almeida et qui a accompagné la Brigade «Marta Machado», organisée par Kcho et composée d’un groupes d’artistes cubains célèbres qui sont allés apporter de l’aide aux sinistrés des terribles ouragans qui ont dévasté Cuba en 2008, et aussi aux victimes du tremblement de terre du 12 janvier dernier en Haïti. Immédiatement, une hampe apparaît et le drapeau est placé près de l’emblème national, dans l’aile gauche du Théâtre.

Fidel s’anime et commente les événements de l’attaque de la caserne Moncada, il y a exactement 56 ans. «Je l’ai dit et je le répète, si je devais le refaire, je ferais tout de la même façon, excepté de m’occuper du poste de garde cosaque. J’aurais dû continuer… Si j’avais continué, ils n’auraient pas ouvert le feu sur ceux qui étaient au poste de garde, et je n’aurais pas cédé à la tentation de m’emparer de ces deux mitrailleuses, même si elle s’explique, parce que nous manquions d’armes».

«Nous étions suffisamment nombreux», réaffirme-t-il. « Je dirais que nous n’avions pas besoin d’hommes supplémentaires. Nous étions presque trois fois plus nombreux que ce qu’il fallait pour prendre cet objectif. J’en suis convaincu.»

INSPIRATION

Le révérend Raul Suarez, qui dirige le Centre Martin Luther King, demande au commandant en chef de lui donner son avis. «Pour nous, cela n’a pas été facile de vivre notre foi et de pratiquer notre vocation dans un processus révolutionnaire de type socialiste. On nous avait bourré le crâne avec l’idéologie nord-américaine anti-communiste… Ce qui nous a vraiment acquis à la Révolution et nous a donné envie de partager ce processus avec notre peuple, ce sont les motifs pour lesquels vous avez lancé l’attaque de la caserne Moncada. Je souhaiterais quelques paroles… Dans ces moments que vit notre pays, le soutien éthique, moral, spirituel est très important pour tout ce que nous devons faire…, termine Raul Suarez.

Après l’avoir écouté avec attention, Fidel répond: «Vraiment, la seule chose que nous ayons eu à ce moment-là, c’était cela: l’inspiration. Personne ne peut comprendre ce qui est arrivé à Silvio et à tous ceux qui sont ici, sans… cette inspiration. Chacun devrait se proposer, presque comme une règle, d’être chaque jour un peu meilleur, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Et de ne pas y renoncer…»

«On peut trouver des explications à tout le reste et chacune d’elles est légitime, signale le commandant en chef, reconnaissant qu’il n’y a pas de contradictions entre les croyants et la Révolution, comme il le commentait au prêtre brésilien Frei Betto dans cette conversation qui fut ensuite publiée sous le titre «Fidel et la religion». Il reconnaît que «la science ne cesse de progresser jusqu’à atteindre des limites incroyables. Nous sommes moins que de la poussière, et cela, c’est la science qui nous l’enseigne».

«Que savait l’homme, il y a 200 ans? » et il rappelle « La prière à Dieu», du poète Gabriel de la Conception Valdés « Placido » (1809-1844), où il parle de «l’étoile héliaque» et du fait que «Marie -la mère du Christ- ait supporté la douleur». « Cela m’a toujours surpris qu’il sache déjà qu’il y avait de l’hélium dans les étoiles. Mais rien de plus que cela, pas beaucoup plus. «Que s’est-il passé avec les connaissances? Elles ont explosé. Il y a 50 ans, au moment de Moncada, nous ne savions rien… depuis lors, en quelques années, combien la science a avancé! Tous ces petits appareils, toutes ces caméras, les téléphones blackberry… dont n’importe qui peut disposer aujourd’hui…» Il sourit.

«Je ne suis ni devin, ni prophète, poursuit-il, mais je vois les choses avec logique, et nous devons les voir avec un peu plus de sérénité et nous y préparer. Aujourd’hui, notre peuple est prêt. Prêt à voir les dangers. Le plus terrible serait que nous ayons à faire face à des problèmes que nous n’aurions pas prévus», conclut-il.

IRAN, COREE DU NORD ET BRITISH PETROLEUM

Ces préoccupations, ajoute Fidel, l’ont amené à écrire les plus récentes Réflexions sur la terrible situation en gestation au Moyen Orient. Elles ont commencé avec l’article appelé «L’Empire et la guerre», publié le 1er juin, après l’attaque perpétrée par Israël contre la flottille humanitaire qui se dirigeait à Gaza, et dans laquelle il se demandait: Obama pourra-t-il jouir des émotions d’une seconde élection présidentielle sans que le Pentagone ou l’État d’Israël, qui se moque dans son comportement des décisions des États-Unis, utilise ses armes nucléaires en Iran? Comment sera la vie sur notre planète après ça?

Il laisse les pages de ses Réflexions sur la table et poursuit: «Et là-dessus apparaît la Corée et je pense que le conflit va démarrer là-bas. Ils ont fait croire que la Corée du Nord avait coulé le bateau (le Chénoan). Avec un vieux sous-marin soviétique, qui fait un bruit terrible et s’entend presque sans équipements… qui lance une torpille. Et ils ont fait croire cela à la moitié du monde: que c’était les Coréens du Nord qui avaient coulé le bateau…»

Il n’a pas inventé cette information. Fidel cite un article de Global Research qui donne «les détails vraiment surprenants de ce qui s’est passé». Quand la situation commence à s’aggraver, le leader de la Révolution partage systématiquement ses impressions, nées de l’afflux des nouvelles quotidiennes d’Asie et du Moyen Orient, et des préoccupations d’importants spécialistes, jusqu’ au moment où il entrevoit « le conflit inévitable », titre de la Réflexion du 16 juin.

Le 24 juin, il publie la Réflexion:«J’aimerais tellement me tromper». «C’est curieux -il fait une pause et regarde l’auditoire-: je me suis trompé, mais d’une autre façon», et il insiste sur la nécessité d’être préparés à une tragédie qui peut être de très grande envergure, si l’immense arsenal nucléaire qui est aujourd’hui entre les mains des superpuissances est utilisé contre l’Iran et contre la Corée.

Pour prouver que cela est possible, il rappelle que les Etats-Unis ont déjà menacé à l’époque de Nixon d’utiliser les armes nucléaires tactiques contre le Vietnam et la Corée, il y a des années. Et voilà que, «survient le problème de la marée noire… BP cherche du pétrole à de grandes profondeurs, avec une technologie moderne, à 8 000 mètres, où s’est produit la fuite», et il ajoute: « Et Obama le sait, mais il ne veut pas reconnaître publiquement l’ampleur du danger.»

Le commandant assure que cette situation n’est pas sans remèdes:« Quel hasard que cette entreprise soit en train de chercher du pétrole ! dit-il, rappelant le rôle de BP dans le coup d’Etat contre Mossadegh en Iran. «Qui aurait pu y penser?» Ce n’est pas la première fois que cela se passe. D’autres désastres maritimes se sont produits, avec des bateaux qui venaient d’Alaska… «Mais Bush lui-même n’avait pas osé autoriser ces perforations, alors qu’Obama a autorisé la British à creuser, car il croit aveuglément dans la technologie.»

«Et si cet accident de la British Petroleum n’était pas arrivé? Ils continueraient à perforer… ils ont 27 000 puits non productifs, et la préoccupation du gouvernement – c’est authentique-, c’est que du gaz commence à s’échapper des puits non-productifs et que ce désastre n’ait pas de solutions. Voilà pourquoi ils n’ont pas reparlé du problème, après avoir dit qu’ils l’avaient résolu».

Fidel traitera de ce sujet dans la Réflexion du 3 août prochain: «J’ai toutes les données, mais j’attends de savoir ce qu’ils vont dire aujourd’hui, ou demain… mais vous la verrez, ne vous impatientez pas. Je vous demande seulement de me faire confiance.»

Il annonce également qu’il demandera une séance extraordinaire de l’Assemblée nationale pour parler de ces sujets si importants.

Irma Shelton, journaliste de la Télévision cubaine, demande à Fidel de commenter la situation non moins critique en Amérique latine, avec le déploiement militaire nord-américain au Costa Rica, autorisé par le Parlement et la présidence de ce pays, auquel s’ajoutent des manœuvres militaires au Pérou, et la rupture des relations entre le Venezuela et la Colombie. «Tout cela, affirme-t-il, démontre le niveau d’irresponsabilité de l’Empire. Ils ne contrôlent pas, ils ne peuvent pas contrôler leurs instincts. Je vous le dis sérieusement: ils appartiennent à la préhistoire». Et d’ironiser: «Tout cela inspiré par de très "nobles" motivations: combattre les drogues.»

Ensuite, le chanteur Amaury Pérez demande: «Certains sympathisants du président Obama pensent qu’il a été mal conseillé en autorisant British Petroleum à creuser le puits le plus profond, afin que ce désastre, prévu par ces forces de droite qui sont contre Obama, entraînent sa non-réélection pour un nouveau mandat. Pensez-vous que cela soit possible?»

Fidel se frotte le front avec la main gauche une seconde, puis répond: «il me semble difficile que quelqu’un ait imaginé un tel plan pour donner ce conseil, dans le but de nuire à l’adversaire. Ce qu’ils peuvent faire, c’est profiter du moindre détail pour l’attaquer…. Mais je ne pense pas qu’ils aient fait en sorte que l’homme commette une erreur de ce type pour l’attaquer. Non.»

Et d’ajouter: «Le problème d’Obama, son obsession, c’est de rendre les Etats-Unis indépendants de l’importation de pétrole. Ce sont les premiers consommateurs dans le monde de pétrole et de gaz per capita. Et ils cherchent à ne pas dépendre du pétrole du Venezuela, de l’Iran ou du Moyen Orient. Ils ont installé cette entreprise en Arabie saoudite qui produit 10 millions de barils par jour, et qui a la capacité d’en produire 20 millions. Tu te rends compte des effets sur l’environnement?»

Il évoque ensuite les dramatiques prévisions du documentaire «Home», de Yann Arthus Bertrand, et il se demande : «L’énergie renouvelable n’est-elle qu’un rêve? Des essais ont déjà été menés avec un petit avion de 60 kg… la première fois, il a volé pendant plus de dix heures avec de l’énergie solaire. Lors d’un nouvel essai, il a pu voler 33 jours. Nul ne sait ce que l’on peut faire en utilisant l’énergie de la mer, des cours d’eau, des méthodes pour faire pleuvoir en cas de sécheresse… La science peut aider de multiples manières.

LA VICTOIRE STRATEGIQUE

Il évoque certaines idées qu’il exposera ce mardi, 27 juillet, dans une Réflexion, consacrée à la «victoire stratégique », qui reprend la conception militaire de l’Armée rebelle pendant les derniers moments de l’offensive contre Batista, où on ne répéta pas les erreurs qui empêchèrent la prise de la caserne Moncada en 1953: les révolutionnaires parvinrent à résister à 10 000 hommes appuyés par la Marine, les forces aériennes, sous des bombardements constants. Il a annoncé un livre en préparation, auquel il a travaillé avec la chercheuse Katiuska Blanco.

Le révérend Lucius Walker, dirigeant des «Pasteurs pour la Paix», l’interroge sur l’avenir d’Haïti. Fidel réagit sans hésiter: dans le monde actuel, ce pays n’a pas de solutions. Dans l’avenir dont je parle, oui. Il aura la possibilité de construire des maisons qui résistent aux tremblements de terre. Le problème, c’est la façon dont sont distribuées les ressources…. Il faut replanter les forêts de ce pays. Mais il n’y a pas de solutions dans l’ordre actuel de ce monde.»

Il a rappelé l’égoïsme et l’insensibilité des Etats-Unis face aux millions d’affamés et de personnes ayant besoin de soins médicaux, notamment des enfants. Il a évoqué le blocus dont souffre Cuba, et l’injuste incarcération dans les prisons nord-américaines des cinq Cubains antiterroristes, condamnés à de lourdes peines. «Ils n’ont pas eu le moindre geste pour leur rendre la liberté. Cinq êtres humains séparés de leur famille… Ils vont devoir les libérer.»

Il a rappelé avec émotion sa rencontre à Artemisa. Il a vu à l’émission Table ronde les histoires liées à l’attaque de la caserne Moncada. «J’ai découvert la valeur de la musique (en accompagnement). Magnifique. Fabuleuse. La musique de José Maria Vitier. Je ne pourrai jamais l’oublier. Personne ne sait combien c’est important. C’est une satisfaction infinie. Je me devais de rendre hommage aux hommes qui font de la musique pour l’humanité.»

Applaudissements. Fidel reprend le couloir pour sortir du théâtre du Mémorial José Marti. De nouveau les accolades, les salutations, un petit commentaire, par-ci par-là. Quand il passe près de ma chaise, il s’arrête un instant: «Tu as vu, ma petite : on a pu résister.»

Granma

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Published by cuba si lorraine - dans Fidel
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