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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 10:11
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Depuis qu’Haïti a été terriblement secouée par un tremblement de terre, le syndicat des ex empires négriers s’est aussitôt empressé de lui porter secours.

Les Etats-Unis et la France ont été les premiers ex empires à ouvrir le bal des hypocrites, en dépêchant des secouristes à Port-au-Prince. L’aide humanitaire c’est très bien, mais pourquoi avoir attendu le pire pour réanimer un pays depuis longtemps à l’agonie. Ça fait des décennies qu’Haïti attend impatiemment son plan Marshall, certains de ses habitants se sont même nourris de galettes d’argile dans l’indifférence totale. Ni le P.N.U.D, ni la F.A.O n’ont envisagé de convoquer une conférence internationale pour délivrer ce pays d’une misère chronique. Combien de conférences internationales n’ont-elles pas été convoquées en faveur du Proche-Orient ? Comme tout peuple en quête de liberté et de dignité, le peuple haïtien a combattu les troupes napoléoniennes pour être libre et digne, alors pourquoi cette rancune tenace ? Ce qui est valable pour les autres est interdit aux Nègres, notamment la dignité et le devoir de mémoire. Nicolas Sarkozy (chantre de la non repentance) a même prévu de se rendre très prochainement en Haïti. Mais pour y faire quoi ? Un pays où tous les symboles de l’Etat sont à terre. Plus de palais présidentiel, de gouvernement, de trésor public, de Parlement, d’hôpitaux, de force publique et que sais-je d’autres. En 206 ans d’indépendance, cette ex colonie française, pourtant membre de l’O.I.F (Organisation Internationale de la Francophonie) n’a jamais reçu la moindre visite d’un chef d’Etat français. Il a fallu que des dizaines de milliers d’Haïtiens se retrouvent sous les décombres pour que chacun manifeste une compassion contrefaite. Non, Haïti n’a pas besoin de compassion, mais de compensation. Pendant plus de deux siècles, des générations d’Haïtiens ont été condamnées à payer le prix de leur audace, celui d’avoir vaincu l’esclavagiste au cours d’un combat loyal, car partout ce dernier avait triomphé sur le Nègre, sauf en Haïti et en Ethiopie (uniques symboles de fierté pour les Nègres), raison de leur condamnation.

En 1915, l’armée américaine a envahi Haïti, violant du coup sa souveraineté acquise apres d’âpres batailles. Il était insupportable pour l’Oncle Sam de voir des Nègres bomber le torse sur le continent américain. L’occupation militaire américaine en Haïti dura 19 ans. Celle-ci était intervenue 4 ans après le décès d’Anténor Firmin, précurseur de la littérature haïtienne et auteur de l’ouvrage « de légalité des races » en réponse à « l’essai sur l’inégalité des races » du Comte Arthur de Gobineau (suprématiste aryen). Hormis d’être tous les deux écrivains, Anténor Firmin et Arthur de Gobineau n’avaient en commun que leur premier prénom (Joseph). Il est aussi important de rappeler que l’honorable Anténor Firmin s’était opposé en tant que Ministre de Florvil Hippolyte à l’installation d’une base militaire américaine en Haïti 24 ans avant son incursion. En janvier 2010, le grand empire a récidivé en déployant un bataillon composé de 12000 soldats. Ce n’est pas avec le fusil qu’on soigne les blessés.

En 2004, les Etats-Unis et la France, pourtant « brouillés » au sujet de la seconde guerre du Golfe, se sont vite réconciliés sur le dos d’Haïti en y menant une opération commando conjointe nommée «Bonaparte», comme pour rappeler aux Haïtiens que le syndicat des ex empires tenait sa revanche sur Toussaint Louverture. Et qui était le chef de la diplomatie française à cette époque ? Un certain Dominique De Villepin, grand bonapartiste devant l’éternel. C’est au cours de cette opération que fut débarqué Jean-Bertrand Aristide, président légitime. Ce dernier avait eu le tort avant la célébration du bicentenaire de son pays, de réclamer des sous (21 milliards $) à la France qui avait rançonné Haïti 200 ans auparavant. En 1825, Haïti a dû s’endetter auprès des banques françaises pour payer 150 millions de francs or, afin de faire valider son indépendance par l’ex métropole qui la menaçait d’une invasion militaire. Ce n’est qu’à ce prix que la France sous le règne de Charles X « lâcha prise ».

C’est ainsi qu’en 2004, la célébration du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti (la plus grande victoire du peuple noir) fut torpillée. Thabo Mbeki, président de l’Afrique du sud à l‘époque et inconditionnel prosélyte de la renaissance africaine, supplia ses pairs africains de faire le déplacement jusqu’à Port-au-Prince, au nom de la dignité africaine. Malheureusement, son appel ne fut pas entendu. Les valets de l’impérialisme à la tête des Etats africains (surtout « francophones ») préférèrent éviter l’incident diplomatique avec Paris, car Jacques Chirac les surveillait de près. Haïti est l’incarnation de l’Afrique dans le nouveau-monde, il fallait y aller. Maintenant que la première république noire est à terre, la plupart des Chefs d’Etats africains manifestent leur solidarité en débloquant des millions de dollars. Il n’est jamais trop tard pour s’amender. En 2004, il leur suffisait d’acheter un billet aller-retour pour Port-au-Prince pour sauver l’honneur.

N’oublions pas qu’Haïti fut le seul Etat à protester à la Société des Nations en 1936 contre le largage de bombe à gaz par l’aviation militaire italienne sur le peuple éthiopien. En 1960, par solidarité panafricaine, Haïti dépêcha des enseignants, des médecins, des administrateurs et des instructeurs militaires au Congo-Léopoldville (actuellement Congo-Kinshasa) pour aider le Premier Ministre Patrice Lumumba en difficulté, lorsque la Belgique sabota l’indépendance de son ex colonie. Simon Bolivar s’est inspiré de la révolution haïtienne pour déclencher la sienne en Colombie avant que celle-ci ne s’étende dans toute l’Amérique du sud et aboutisse à l’indépendance de tous ses Etats. Ce n’est pas seulement l’Afrique qui est redevable à Haïti, c’est tout le monde noir.

En 2004, le président Jean-Bertrand Aristide a été kidnappé pendant son sommeil pour être embarqué de force jusqu’en Afrique du sud en pyjama via Bangui, comme au bon vieux temps de la traite transatlantique. Sauf que cette fois, le captif avait fait le parcours inverse, toujours avec la bénédiction du Vatican qui n’a jamais pardonné à cet ancien curé d’avoir troqué la soutane et la croix contre des talismans indigènes.

Je profite de la période de deuil pour laver le linge sale en public. Il n’y a aucune raison d’économiser la lessive, le moment est venu de sortir tous les dessous. Posons-nous d’abord la question suivante : « pourquoi Haïti a été haïe par les siens ?».

Partout dans le Nouveau monde, les Haïtiens sont devenus la risée de leurs propres frères, parce qu’ils ont osé s’affranchir de la servitude en mettant en déroute la plus puissante armée du monde de l’époque. La France, les Etats-Unis, l’Espagne, le Portugal, la Hollande, le Danemark et le Vatican se sont ligués contre ce petit pays devenu la cible de tous les embargos depuis son indépendance en 1804. Autrefois, Saint-Domingue (actuellement Haïti) était la colonie française la plus prospère des Antilles grâce à sa production sucrière. Une fois indépendante, Haïti est devenue un îlot de pauvreté. Chaque empire négrier redoutait la contagion et voulait préserver son cheptel, puisque le Nègre n’était qu’une bête (d’après Montesquieu in Esprit des lois). Il fallait à tout prix effrayer les Nègres pour prévenir toute forme d’insurrection. Résultat, dès qu’on évoque Haïti dans le Nouveau-monde, le Nègre (particulièrement francophone, hispanophone et lusophone) flippe. Combien de fois ne l’ai-je pas vu pointer du doigt Haïti (l’exemple à ne pas suivre).

La République Dominicaine, voisine d’Haïti, autrefois créée par les Oncles Tom (fayots) avait reçu toutes les bénédictions, celle du syndicat des empires et du Vatican. Pourquoi le Vatican? Parce qu’Haïti a jalousement gardé le Vaudou (culte authentique africain). Les négriers avaient pour ambition d’effacer toute trace d’africanité chez le Nègre du Nouveau-monde, mission presqu’accomplie, sauf en Haïti, à Cuba, à San Basilio de Palenque (Colombie), à Salvador de Bahia (Brésil), chez les Saramakas et Boni(Guyane), les Jukas (Surinam), les Garifunas (Honduras et Belize). Dans ces contrées d’Amérique, les Nègres ont dit niet à la Vierge Marie et tout le tralala religieux devant lequel le Nègre ne cesse de s’agenouiller pour être d’avantage soumis.

Certains illuminés W.A.S.P comme le pasteur Pat Robertson ont cru bon d’évoquer la malédiction divine pour justifier la tragédie haïtienne. Non, Haïti n’est pas maudite, sinon elle n’aurait pas fait face aux cyclones ravageurs qui ont balayé les bidonvilles des Gonaïves et noyé l’île de la Tortue (au moment où le pays était dirigé par le Premier Ministre du même nom). La résistance d’Haïti n’a jamais été entamée.

Combien de villes transalpines n’ont-elles pas été secouées par des calamités naturelles?
Le 6 avril 2009, l’Aquila n’a-t-elle pas été touchée par un séisme? Et que dirait-on de Pompéi définitivement ensevelie par le Vésuve il y a plusieurs siècles ? Dès qu’il s’agit d’un pays habités par des Nègres, les vieux préjugés refont surface. Il n’y a pas si longtemps, lorsque l’Argentine a connu une crise économique sans précédent, on a vu à la télé des Argentins attaquer des camions frigorifiés et s’emparer des kilos de viande. Les commentateurs se sont abstenus de parler de malédiction, parce qu’il s’agissait de leurs semblables.

On peut également relever quelques coïncidences, en faisant notamment un parallèle avec les cyclones Katrina et Rita qui ont dévasté la Louisiane, territoire vendue aux Etats-Unis par Napoléon Bonaparte en 1802, conséquence de la révolution haïtienne. C’est la Louisiane qui a doublé la superficie des Etats-Unis d’Amérique. L’Oncle Sam peut remercier les Haïtiens de posséder un si vaste empire. Ne dit-on pas aux Etats-Unis « New-Orleans is the Caribbean of the United States», parce que la Nouvelle-Orléans se tourne vers la Caraïbe et sa population demeure toujours accros aux Mojos (talismans). C’est peut-être pour cela qu’en 2005, George Bush ne s’y était pas précipité pour sauver les Nègres de la noyade.

Le 12 janvier 2010, moins de deux semaines après la célébration du 206e anniversaire de l’indépendance d’Haïti, dame nature a assené le coup de grâce au brave peuple haïtien. On estime à plusieurs milliers, le nombre de victimes, sans compter les habitations détruites, un véritable bilan de guerre. Ce n’est pas la fin des temps, mais probablement le début de la résurrection d’un peuple abandonné (aussi par les siens). Nous avons péché en oubliant l’axiome africain « Je suis nous» (l’individu est indissociable de sa communauté). Aujourd’hui la douleur et l’émotion nous accablent tous, de l’Afrique aux Amériques, parce qu’Haïti c’est nous.

Meno ba dia nseke di fua di sasa (Je suis le palmier sacré qui fane et se régénère à tout moment) chantent les Kongo.

Haïti ne mourra pas, c’est un palmier sacré qui se régénère au milieu de l’Océan.

Ngombulu Ya Sangui Ya Mina Bantu LASCONY
Ecrivain, documentariste, historiographe

Srce: www.visionafricaine.com

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Published by cuba si lorraine - dans monde
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