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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 07:42

Indigena_de_Venezuela.jpg

Par George Monbiot.
The Guardian, le 11 janvier 2010

En 1492, la population native des Amériques était de 100 millions. A la fin du 19ème siècle, la plupart avaient été exterminés. De nombreux décès étaient dus à des maladies, mais cette extinction de masse a aussi été organisée. La boucherie a commencé avec Christophe Colomb. Il a massacré la population autochtone d’Hispaniola (aujourd’hui Haïti et Dominique) avec une férocité inimaginable. En 1535 la population native de 8 millions de personnes avait été réduite à zéro, en raison des maladies, des assassinats, ou épuisées par le travail forcé et la famine.


Avatar raconte à demi-mots une histoire que nous préférerions tous oublier

Avatar, le film en 3D de James Cameron, est à la fois profondément bête et profond. Il est profond parce que, comme la plupart des films sur les aliens, c’est une métaphore sur la confrontation entre différentes cultures humaines. Mais dans ce cas la métaphore est délibérée et précise : c’est l’histoire de la confrontation entre les européens et les peuples indigènes des Amériques. Il est profondément stupide parce que mettre en scène une fin heureuse demande une intrigue si stupide et prévisible que cela ôte son sens au film. Le destin des natifs Américains est beaucoup plus proche de l’histoire racontée dans un autre nouveau film, The Road, dans laquelle ses survivants s’éparpillent de terreur alors qu’on cherche à les exterminer.

Mais c’est une histoire que personne ne veut entendre, à cause du défi qu’elle impose à la façon dont nous voulons nous voir. L’Europe a été massivement enrichie par les génocides des Amériques ; les nations américaines ont été fondées sur eux. Cela est une histoire que nous ne pouvons accepter.

Dans son livre American Holocaust, le savant américain David Stannard détaille les plus grands actes de génocide que le monde n’ait jamais connu [1]. En 1492, quelque cent millions d’indigènes vivaient aux Amériques. Vers la fin du 19ème siècle presque tous avaient été exterminés. Beaucoup sont morts à cause des maladies. Mais l’extinction de masse a aussi été organisée.

Quand les Espagnols sont arrivés en Amérique, ils ont décrit un monde qui ne pouvait guère être plus différent du leur. L’Europe avait été ravagée par la guerre, l’oppression, l’esclavage, le fanatisme, la maladie et la famine. Les populations qu’ils ont rencontrées étaient en bonne santé, bien nourries et principalement paisibles (à l’exception des Aztèques et Incas) démocratiques et égalitaires. Partout dans les Amériques les premiers explorateurs, Colomb inclus, ont remarqué l’hospitalité extraordinaire des indigènes.

Les conquistadores se sont étonnés des routes stupéfiantes, des canaux, des bâtiments et de l’art qu’ils ont trouvé, qui dépassaient dans certains cas tout ce qu’ils avaient vu chez eux. Rien de ceci ne les a empêchés de détruire tout et tous ceux qu’ils ont rencontrés.

La boucherie a commencé par Colomb. Il a massacré les indigènes de Hispaniola (maintenant Haïti et la République Dominicaine) par des moyens incroyablement brutaux. Ses soldats ont arraché des bébés de leurs mères et ont fracassé leurs têtes contre les rochers. Ils ont nourri leurs chiens d’enfants vivants. Pour une célébration, ils ont pendu 13 Indiens en l’honneur du Christ et des 12 disciples, sur un gibet juste assez bas pour que leurs orteils touchent terre, les ont éviscérés ensuite et les ont brûlés vivants. Colomb a ordonné à tous les indigènes de livrer une certaine quantité d’or tous les trois mois ; celui qui n’y parvenait pas avait les mains coupées. En 1535, la population indigène de Hispaniola était tombée de 8 millions à zéro : pour partie à cause des maladies, pour partie à cause d’assassinats, d’épuisement et de famine.

Les conquistadores étendent cette mission civilisatrice à travers l’Amérique du Sud et centrale. Quand ils ne voulaient pas révéler où leurs trésors mythiques étaient cachés, les autochtones étaient flagellés, pendus, noyés, démembrés, déchiquetés par les chiens, enterrés vivants ou brûlés. Les soldats coupaient des seins des femmes, renvoyeaient les gens dans leurs villages avec les mains et le nez coupés accrochés autour de leur cou et chassaient les Indiens avec leurs chiens comme sport. Mais la plupart d’entre eux a été tuée par l’asservissement et la maladie. Les Espagnols ont découvert qu’il était moins cher de faire travailler des Indiens à mort et de les remplacer que les maintenir en vie : l’espérance de vie dans leurs mines et plantations était de trois à quatre mois. Un siècle après leur arrivée, environ 95 % de la population de l’Amérique Sud et Centrale avaient été détruits.

En Californie pendant le 18ème siècle les Espagnols ont systématisé cette extermination. Un missionnaire Franciscain du nom de Junipero Serra a monté une série "de missions" : en réalité des camps de concentration utilisant le travail des esclaves. Les indigènes ont été rassemblés par la force des armes et ont travaillé dans les champs avec un cinquième des calories nourrissant les esclaves afro-américains au 19ème siècle. Ils sont morts d’épuisement, de famine et de maladie dans des proportions énormes et étaient continuellement remplacés, anéantissant ainsi les populations indigènes. Junipero Serra, l’Eichmann de Californie, a été béatifié par le Vatican en 1988. Il lui faudrait encore accomplir un miracle pour être canonisé [http://www.latimes.com/news/local/la-me-miracle28-2009aug28,0,2804203.story].

Alors que les Espagnols étaient surtout poussés par la convoitise de l’or, les Britanniques qui ont colonisé l’Amérique du Nord voulaient la terre. En Nouvelle Angleterre, ils ont encerclé les villages des Natifs Américains et les ont assassinés quand ils dormaient. Alors que le génocide s’est étendu vers l’ouest, il a été appuyé au plus haut niveau. George Washington a ordonné la destruction totale des maisons et de la terre des Iroquois. Thomas Jefferson a déclaré que les guerres de sa nation avec les Indiens devraient être poursuivies jusqu’à ce que chaque tribu “ soit exterminée ou conduite au-delà du Mississippi”. Pendant le Massacre de Sand Creek de 1864, les troupes du Colorado ont massacré des gens désarmés réunis sous un drapeau blanc, tuant des enfants et des bébés, mutilant tous les cadavres et gardant les organes génitaux de leurs victimes pour les utiliser comme sac à tabac ou mettre sur leurs chapeaux.
Theodore Roosevelt a dit de cet événement qu’il constituait “l’ action la plus légitime et positive qui soit jamais survenue sur la frontière.”

La boucherie n’est toujours pas terminée : le mois dernier The Guardian a signalé que les propriétaires de ranch brésiliens dans l’Amazonie de l’Ouest, ayant abattu tout le reste, ont essayé de tuer le dernier membre survivant d’une tribu de la forêt [http://www.guardian.co.uk/world/2009/dec/09/amazon-man-in-hole-attacked]. Pourtant les plus grands actes de génocide de l’histoire troublent à peine notre conscience collective. Peut-être c’est ce qui serait arrivé si les nazis avaient gagné la deuxième guerre mondiale : l’Holocauste aurait été nié, excusé ou minimisé de la même façon, même s’il continuait. Les gens des nations responsables – l’Espagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et d’autres – ne toléreront aucune comparaison, mais les solutions finales poursuivies aux Amériques étaient bien plus efficaces. Ceux qui les ont commandées ou ont approuvées restent des héros nationaux ou religieux. Ceux qui cherchent à provoquer nos souvenirs sont ignorés ou condamnés.

C’est pourquoi la droite déteste Avatar. Dans l’hedomadaire neocon ( néoconservateur) Weekly Standard, John Podhoretz se plaint que le film ressemble à un "western révisioniste ” dans lequel “les Indiens sont devenus les bons gars et les Américains les mauvais gars.” [http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/017/350fozta.asp]. Il dit qu’il demande au public “d’encourager la défaite des soldats américains aux mains d’une insurrection.” L’insurrection est un mot intéressant pour désigner une tentative de s’opposer à l’invasion : l’insurgé, comme le sauvage, est ce que vous appelez quelqu’un qui a quelque chose que vous voulez. L’Osservatore Romano, le journal officiel du Vatican, a condamné le film comme “juste … une parabole antiimpérialiste, antimilitariste” [http://www.thesun.co.uk/sol/homepage/news/2802155/Vatican-hits-out-at-3D-Avatar.html].

Mais au moins la droite sait ce qu’elle attaque. Dans le New York Times le critique libéral Adam Cohen loue Avatar de soutenir la nécessité de voir clairement [2]. Le film montre , dit il, “un principe bien connu du totalitarisme et du génocide selon lequel il est plus facile d’opprimer ceux que nous ne pouvons voir”. Mais dans une merveilleuse ironie inconsciante, il évite la fracassante métaphore évidente et parle plutôt du coup de projecteur sur les atrocités nazies et soviétiques. Nous sommes tous devenus habiles dans l’art de ne pas voir.

J’approuve ses critiques droitisantes disant qu’Avatar est grossier, mièvre et plein de clichés. Mais il parle d’une vérité plus importante - et plus dangereuse - que celle contenue dans des milliers de films d’art et d’essais.

El Correo

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Published by cuba si lorraine - dans Europe
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