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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 00:59

Le socialisme est le nom politique de l'amour

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La Havane, le 14 Novembre - Dans le cadre des IV° Rencontres Nationales des éducateurs et éducatrices populaires qui ont eu lieu dans la capitale cubaine le 10 de ce mois, le Brésilien Frei Betto s'est adressé aux participants :

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Le frère dominicain Carlos Alberto Libânio Christo, plus connu sous le nom de Frei Betto


 

"En 2011, trente ans se seront écoulés depuis ma première visite à Cuba. Déjà je travaillais au Brésil avec la méthode de Paulo Freire. Convaincu de l'importance politique de l'éducation populaire, j'aurais aimé apporter à Cuba cette contribution. Quand je suis arrivé, il y avait des préjugés non seulement envers cette méthode, mais aussi envers ce que représentait Freire. Son premier livre avait engendré une certaine méfiance entre les camarades du Parti Communiste deCuba. Un marxiste chrétien, ça sonnait alors contradictoire: le marxisme était considéré comme une foi et on ne peut pas en avoir deux.

 

J'ai proposé alors à La Havane une Rencontre Latino-américaine d'Education Populaire. Les Cubains ont tout préparé, mais à la rencontre, il n'y avait pas un seul Cubain. Deux ans plus tard, je suis arrivé à ce que "Casa de las Américas" organise une seconde rencontre. Plusieurs Cubains étaient là comme simples participants et ils dirent qu'à Cuba tout était éducation populaire et qu'il n'y avait pas besoin d'un dispositif particulier pour cela. Lors de la troisième rencontre, la participation Cubaine a été active. Ainsi est née l'équipe du Centre Martin Luther King.

 

Mais Paulo Freire n'est pas le premier Latino-américain à parler de cette méthode. Pour rendre justice à l'histoire, le premier qui a pratiqué l'éducation populaire a été José Marti qui disait qu'il fallait emmener les maîtres dans les champs. Et avec eux, la tendresse qui faisait défaut aux hommes. Le Che avait sûrement lu cette phrase, lui qui disait qu'il fallait s'endurcir, mais sans perdre la tendresse. Pour Marti, "populaire" ne s'entendait pas au sens de "pauvre", mais de "habitant un village" [ le mot "pueblo" signifie à la fois peuple et village). La distinction rigide qui s'appliquait en Europe entre classe bourgeoise et classe ouvrière, ne s'appliquait pas en Amérique Latine. La lutte, ici, a lieu entre ceux qui luttent pour la justice et ceux qui tentent de maintenir l'injustice. Tout ne s'explique pas par l'origine de classe. Si tous les pauvres avaient été révolutionnaires, il n'y aurait pas de capitalisme en Amérique Latine.

 

Peut-être que vous ne savez pas que les aigles peuvent vivre jusqu'à 70 ans; c'est un fait biologique Mais, quand ils arrivent à 30 ou 40 ans, ils sont promis à la mort parce que leurs serres et leur bec ne sont déjà plus assez forts pour déchiqueter la viande dont ils se nourrissent. Aussi, quand ils sentent qu'ils peuvent mourir, ils volent jusqu'au sommet d'une montagne et s'arrachent les serres et le bec. Ils attendent ainsi des mois, jusqu'à ce qu'ils repoussent. Ainsi vivent-ils 30 ou 40 années de plus. Maintenant, l'aigle, c'est Cuba. Je le dis parce que j'achève de lire les "Lineamientos" pour le VI° Congrès du Parti Communiste: la Révolution Cubaine a la capacité d'aller de l'avant en étant critique sur elle-même. Ses réseaux d'éducation populaire ont une grande importance en cela.

 

J'ai assisté de très près à la chute du Mur (de Berlin) et aujourd'hui beaucoup se demandent: comment est-il possible qu'après 70 ans de socialisme, la Russie soit un pays connu pour son extrême corruption? Queque-chose n'a pas fonctionné: le socialisme a commis l'erreur de construire une maison neuve, mais il n'a pas su faire des habitants neufs. Les hommes et les femmes neufs ne se font pas automatiquement. Ceux qui naissent dans une nation socialiste, ne naissent pas nécessairement socialistes. Tout bébé est un capitaliste exemplaire: il ne pense qu'à lui!

 

Le socialisme est le nom politique de l'amour. Et l'amour est une production culturelle. Son objectif final est de créer une communauté d'amour, entre ses membres et à l'égard du monde. Il arrive que nous oubliions un principe marxiste. Moi, un Frère, j'ai été professeur de marxisme et ce n'est pas la seule contradiction de ma vie. L'être humain n'est pas une machine. Il y a deux choses qu'on ne peut pas prévoir mathématiquement: le mouvement des atomes et le comportement humain. La réflexion politique doit aller vers chaque humain en particulier. C'est pour cela que la Révolution Cubaine résiste, parce qu'elle n'est pas comme une perruque qui va de haut en bas, mais comme un cheveu qui pousse vers le haut. Ici, il y a eu une révolution d'un caractère éminemment populaire. "La victoria estratégica", de Fidel, ne parle pas d'éducation populaire, mais c'en est.

 

Je termine avec une parabole: il était une fois un homme très instruit idéologiquement, puissant dans son système, mais qui n'était pas heureux. Il est sorti dans la monde à la recherche du bonheur. Il est arrivé dans un pays arabe - comme on les décrit dans les légendes - et a voulu l'acheter sur ses marchés. On lui a dit que cette marchandise n'existait pas, mais par un jeune il a eu connaissance d'une boutique dans le désert où il pourrait le trouver. Il est parti avec sa caravane de chameaux, il a traversé le désert et il a vu la boutique, avec une enseigne qui disait "Ici, on trouve le bonheur". Il dit à la vendeuse: "Donnes le moi, combien ça coûte?" Et elle répondit :" Non, Monsieur, ici nous ne vendons pas le bonheur, nous le donnons gratuitement". Et elle lui apporta une petite boîte avec trois petites graines: la graine de la solidarité, celle de la générosité et celle de la camaraderie." Cultivez-les - dit-elle - et vous serez heureux".

 

Merci beaucoup.

 

Source: Cubadebate

 

Traduction : Alma CBL

 

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Published by cuba si lorraine - dans Cuba
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