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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 15:29
 

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Avec son élection, le président Obama a offert au monde un excellent remake de «Devine qui vient dîner ce soir» de Stanley Kramer (1967); sauf que cette fois-ci ce n’est pas la mignonne fiancée blanche qui est en jeu mais bel et bien le siège du plus puissant exécutif de la planète. Sur le moment, la prise de possession de ce saint des saints fut historiquement palpitante. Une grande nouveauté historique venait d’être inscrite en lettres d’or dans le panthéon des Etats-Unis. On y a vu des explosions de joie sincères et des larmes authentiques.
L’événement était si saisissant qu’il est arrivé à éclipser la performance de son collègue Sarkozy qui avait fait parvenir, selon ses propres dires, le fils d’un immigré à la tête de la démocratie française. Même au Maroc, cette élection d’Obama nous est parue grandiose. Pourtant, les populations ici ont une certaine habitude de ce genre de changement de commandement. Elles sont multiethniques bien avant Juba II.
Aussi, ce qui nous intéresse ici au-delà du côté people de l’évènement, c’est ce qui va advenir après et ce qui va rester de l’autonomie et de la dignité des peuples et des droits de l’homme. Car, de ce point de vue, nous savons que le peu que nous avons pu conquérir et préserver a été peu à peu grignoté et pour l’essentiel effacé et détruit par le Patriot act ou loi dite anti-terroriste, dictée par les fanatiques de l’équipe Bush.
Ce qui nous intéresse après cette historique élection, c’est ce qui va advenir et demeurer de nos indépendances et de nos souverainetés en tant que Nations du tiers-monde, arabes et africaines, eu égard au processus de domination de l’Empire américain. La question est: est-ce que cette nouvelle présidence va au moins rétablir la situation dans le monde telle qu’elle était avant le passage de Bush et ceci particulièrement en évacuant et en reconnaissant les torts et les crimes américains en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, en Somalie, etc. Et surtout, en accompagnant la société civile et les mouvements de défense des droits de l’homme et de la démocratie au lieu de soutenir dans ces pays et ailleurs les dictatures et les autocraties, leur fournissant même des prétextes pour réprimer à volonté leurs opposants sous le fallacieux prétexte du terrorisme. On y utilise trop souvent cet épouvantail pour réprimer alors qu’il ne s’agit souvent pour ces opposants que d’exercice ordinaire de la liberté d’expression telle d’ailleurs que les Etats-Unis la reconnaissent eux-mêmes volontiers chez eux.
La question est: est-ce que Obama incarne le changement qu’il a annoncé et qui suppose respect des peuples et liberté pour les personnes ou n’est-ce que la continuité de la politique impérialiste américaine sous couvert d’un discours de circonstance. Est-ce, en un mot, rien d’autre que la continuité du yankisme autrement? (sur le yankisme historique, voir encadré).

Que va changer le président Obama?


Actualisons. La vérité depuis 1945 est que les Etats-Unis fondent leur politique étrangère sur la volonté d’étendre le modèle économique américain et par le fait même de dominer le monde. Cela est évident avec la propagation de l’économie libérale et la guerre idéologique vues à travers le prisme de la guerre froide. L’Empire américain a toujours prétendu qu’il avançait sans idéologie. En fait, son expression yankiste en est une en soi. Il est l’héritier des empires historiques, il défend ses intérêts sous forme de croisade mais sous couvert de liberté commerciale, de démocratie républicaine et de triomphe de l’American Way of Life. Depuis cette date, il a agressé tous azimuts et a attaqué la Corée, Cuba, le Vietnam, le Nicaragua, le Chili, l’Angola, l’Afghanistan. Pour contrecarrer la présence des Soviétiques, il allait jusqu’à créer des oppositions parfois artificielles, fomenter le chaos et l’anarchie ou soutenir des despotes pourvu qu’ils deviennent avocats et défenseurs des intérêts de l’Empire (J. Laferrère: L’Amérique est-elle une menace pour le monde? JC Lattès).
Dans tous ces engagements, l’Empire ne fut pas toujours vainqueur bien qu’il remporta une grande victoire à la fin de la guerre froide. Mais, cette victoire et l’accalmie qui devait s’en suivre furent de courte durée. C’est que la machine de guerre américaine a besoin d’un démon à combattre pour se perpétuer. Elle porta alors son dévolu sur la dictature de Saddam Hussein. C’était un parfait candidat. Il était un dictateur sanguinaire qui plus est à la tête d’un pays aux richesses immenses et où les hommes d’affaires américains pouvaient faire de grosses affaires. Lui déclarer la guerre permettrait à la machine industrialo-militaire américaine de se déployer à volonté: en l’attaquant d’abord en 1991 pour avoir envahi le Koweït, en le bombardant ensuite durant une décennie et en plongeant enfin son pays dans le chaos avec l’invasion de 2003. L’Amérique avait trouvé son démon idéal. D’autant plus qu’il lui permettait d’affaiblir et d’effrayer d’un coup et en totalité le camp arabe face à Israël. En fait, c’est Israël qui fut le gagnant principal de cette invasion puisque en fin de compte l’Empire américain a fini par perdre la guerre en Irak.
Abusant de mensonges éhontés et ne recherchant que la domination des richesses sur toute la planète, l’impérialisme crée, en effet, ses propres prétextes pour occuper et détruire. L’Irak ne pouvait échapper à cette logique. Avant son invasion, il était le seul pays dont les richesses pétrolières étaient encore nationalisées et ne relevaient que des autorités irakiennes. Pour l’occuper et accaparer ses richesses, il était facile de le dénoncer à la fois comme régime dictatorial et possédant des armes de destruction massive. Régime dictatorial, il l’était à l’évidence mais il n’était pas le seul dans la région. Mais des armes de destruction massive, il n’en avait pas.
Peu importait le mensonge, l’invasion de l’Irak se conclura par la destruction, la mort, le chaos et le saccage de toute une civilisation. En fait, l’invasion de l’Irak entraîna la dévastation de la seule entité de la région capable, par ailleurs, de contrecarrer Israël. Or, cet Etat est l’allié le plus rapproché des Etats-Unis. Il l’est à un point tel que cela ne s’est jamais vu durant l’Histoire.
Cela s’explique. Israël ne se considère pas uniquement comme une parmi des autres composantes qui forment les Etats-Unis, mais comme celle parmi ces entités qui a le plus d’influences sur sa politique intérieure. Aucun dirigeant américain ne peut, en effet, prétendre gagner une élection s’il n’a pas l’aval du lobby sioniste et de l’électorat juif. La conséquence en est que les dirigeants des Etats-Unis ne peuvent envisager la politique étrangère de leur pays si elle n’est pas à son service comme bouclier et financier d’Israël. Face à cela, peu importe aux Américains ses exactions, ses crimes de guerre et ses destructions en Palestine. A ce titre, ils apparaissent bien comme de véritables complices actifs des crimes sionistes.
Pour obtenir son ticket à la candidature, Obama n’avait d’ailleurs de cesse de répéter son appui inconditionnel à l’Etat hébreu. Il a même persévéré au plus fort du carnage qui a marqué l’attaque contre Gaza. Et c’est pour cela que personne aujourd’hui ne réfute que la somme de tous ces agissements américains à travers le monde ne sont pas étrangers à la montée de ce que les victimes de ces exactions et violences appellent résistance, et les autres en face terrorisme.
De la même façon, l’invasion de l’Afghanistan n’échappe pas à cette logique fondée sur le mensonge, la destruction et l’occupation. Les prétextes cette fois-ci sont uniquement l’obscurantisme et le terrorisme, l’Afghanistan étant trop rural pour fabriquer les armes de destruction massive (R. Trembley, Le nouvel empire américain: causes et conséquences pour les Etats-Unis et le monde, L’Harmattan).

Une autre manière de parler au monde


En fait, les véritables causes de l’invasion de cette nation de résistants sont à chercher ailleurs. Elles sont en fait économiques, politiques et idéologiques. En s’installant en territoire afghan, les Etats-Unis cherchent plusieurs avantages : intervenir rapidement en Iran et d’autres pays comme le Pakistan ou l’Inde, surveiller de près les activités de la Russie et de la Chine… La motivation économique, déterminante aussi, est que l’Afghanistan est un lieu stratégique pour l’acheminement du gaz et du pétrole de la région vers l’océan Indien et l’Asie centrale.
Le prétexte de la lutte contre le terrorisme et l’obscurantisme n’est donc qu’une façade. Qu’un prétexte. Les véritables motivations de l’occupation de l’Afghanistan sont politiques, économiques et hégémoniques comme le débarquement en Haïti après le séisme, n’est pas qu’humanitaire.
Les Américains ont débarqué en Haïti avec une rapidité dont ils se gardent bien de faire preuve dans d’autres situations. Car, c’est bien la même Administration qui traîne plutôt des pieds quand il s’agit du réchauffement climatique ou quand il s’agit de venir en aide suite à l’insupportable et à l’indicible misère que vivent les populations de Gaza meurtries par les agressions et les agissements d’Israël qui maintient toute une population affamée dans une prison à ciel ouvert. En Haïti ou en Afghanistan, le président Obama dégaine comme dans un western parce qu’il y a des intérêts yankees à défendre. Il regarde ailleurs si l’insupportable, l’insoutenable ou l’injustice ne les touchent pas.
C’est cela le yankisme ordinaire dans toute sa splendeur. D’aucuns osent en parler en termes de cynisme. Mener des guerres pour dominer et étendre son hégémonie en tuant et en détruisant. Avec Obama, les actes présidentiels fondateurs ont été d’un côté, des discours remarqués à Istanbul ou au Caire, et de l’autre envoyer plus de soldats en Afghanistan et une armada à Haïti. Avec cette double méthode, un yankisme nouvelle manière est en train de prendre forme. Sa différence est qu’il s’inscrit dans la même politique extérieure, mais avec en prime une certaine rhétorique. Le poète haïtien a toujours raison. Il faut «de l’or au yankisme pour être… ou ne pas être». Avec Obama, c’est le même yankisme, mais autrement enrobé.


«Il (lui) faut de l’or…»


Massillon Coicou, poète haïtien mort au tout début du XXe siècle est celui qui a le premier rendu célèbre le mot yankisme. C’est un personnage monumental de par son engagement politique et sa quête de la liberté et de la vérité. Bien que peu connu, il est, à l’image d’un Victor Hugo, une autre personnalisation de la littérature engagée. Ce poète a été marqué toute sa vie par l’esprit de résistance.
En tant que fils de l’île Hispaniola, unie au départ et scindée en deux Etats par la suite: Haïti et Saint Dominique, il put très vite mesurer les véritables visées américaines tendant à s’accaparer de la souveraineté et des immenses richesses dont regorge son pays. A propos du yankisme, le poète dit «Il (lui) faut de l’or. Pour être, ou ne pas être. Time is money. Le crime aussi… Ces fiers yankees proclament que la force prime le droit!... Les Washington et les Franklin dont vous hâtez le déclin, Vous, vous n’avez que dédain pour les peuples qui grouillent, Des géants près au larcin… fouillent la poche, un poignard assassin…». Cette triste et belliqueuse vision, ce comportement avide et insatiable ont-ils changé depuis le poète haïtien? Surtout changeront-ils avec Obama?

 

http://www.leconomiste.com/article.html?a=99410

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Published by cuba si lorraine - dans monde
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