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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 00:36

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Stéphane Bussard

Michael Parmly a été chef de la Section des intérêts américains à La Havane et a été cité dans des documents diplomatiques publiés par Julian Assange. Il dit en quoi la publication de milliers de câbles par WikiLeaks risque de compromettre le travail des diplomates sur l’île des Caraïbes

Michael Parmly ne pouvait pas rester insensible à la publication de milliers de documents du Département d’Etat américain par le site WikiLeaks. Il a dirigé la Section des intérêts américains à La Havane de septembre 2005 à juillet 2008 et a signé de nombreux câbles envoyés de Cuba à Washington que le quotidien El País a publiés en le citant nommément. Dans un café de Nyon, quelques jours après ces révélations, Michael Parmly nous reçoit. Il vient de prendre sa retraite après avoir travaillé pour la Mission américaine à Genève. «Les documents prouvent que nous avons des principes, une éthique, relève ce diplomate dont l’une des grands-mères, Cubaine, avait quitté l’île en 1920 pour épouser un général américain. Mais Julian Assange a violé la loi en publiant des télégrammes confidentiels. Toute entreprise a ses règles et a droit à ses secrets. Sans quoi c’est l’anarchie. Ou du voyeurisme.»
 
Un câble du 16 mars 2007, paraphé par Michael Parmly, raconte comment Fidel Castro tombe gravement malade à bord d’un avion qui le mène de Holguin, à l’est de Cuba, à La Havane en juillet 2006, peu avant de céder le pouvoir à son frère Raul. Souffrant de diverticulite et d’une perforation du grand intestin, il doit atterrir d’urgence. Selon le document, Fidel refuse de subir une colostomie. Une intervention d’une autre nature est effectuée par son médecin attitré, mais elle échoue. Le côlon s’infecte et Fidel doit subir une nouvelle opération au cours de laquelle est localisée une fistule qui lui fera perdre 18 kilos.
 
L’ancien chef de la Section des intérêts américains, implantée le long du Malecon, à La Havane, avait pour pratique d’impliquer la cinquantaine d’Américains présents à Cuba dans le travail d’information à destination du Département d’Etat. Il craint donc que certains soient identifiés: «Contrairement à ce que laissent croire les publications, je n’ai rédigé que 1 à 2% des câbles. C’était important pour moi de faire écrire les collaborateurs. C’était une forme d’apprentissage. Je n’ai personnellement pas rédigé le câble concernant l’état de santé de Fidel. Je ne l’ai que validé. C’est l’œuvre d’une personne qui avait des contacts avec des hôpitaux et des médecins. Je souhaite qu’elle ne soit jamais identifiée.»
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La Havane, 10 décembre 2007 : au siège de la Section d'intérêts US,  Michael Parmly fait un discours à l'occasion de la Journée international des Droits humains. Personne n'écoute.
WikiLeaks menace, de l’avis de Michael Parmly, la qualité du travail que les diplomates effectuent sur l’île. «Pour nous, l’avis des 11,2 millions de Cubains compte. Je crois au pointillisme.» Les diplomates de la Section des intérêts américains ont ainsi noué de multiples contacts avec la population, dissidents ou pas. A sa résidence, Michael Parmly, que le pouvoir cubain avait tenté en vain de qualifier de «paria» afin de le couper de la population, recevra plus de 800 personnes, des Cubains ordinaires, des dissidents, mais aussi des représentants du gouvernement, même si c’était beaucoup plus rare. A la Section des intérêts américains, une salle équipée d’une quarantaine d’ordinateurs était accessible aux Cubains sur inscription. Une dizaine de visiteurs n’ayant pas respecté les conditions d’utilisation de cette «bibliothèque» électronique furent un jour interdits d’accès. Un fait qui provoqua l’ire de quelques dissidents, dont Vladimiro Roca et Elizardo Sanchez. Les deux vinrent s’entretenir avec Michael Parmly.

Ces discussions ont été publiées dans les documents WikiLeaks. «Ce sont deux personnalités de notoriété internationale. Les dégâts sont limités. Si c’est en revanche un père de famille, peu connu, qui apparaît dans une note, il pourrait en subir les conséquences toute sa vie. Je serais aussi très mécontent si les nombreuses conversations que j’ai eues avec la blogueuse Yoani Sanchez de­vaient être publiées», fait remarquer l’ex-responsable américain. Un diplomate a même été invité par un Comité de défense de la Révolution (CDR). «Il m’avait demandé s’il pouvait s’y rendre. Je n’y voyais pas d’objection. Nous devions être à l’écoute du peuple cubain», insiste Michael Parmly qui avait le soutien de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et a suscité l’intérêt du président George W. Bush lors d’une réunion au Bureau ovale. «La publication des documents WikiLeaks risque de dissuader les Cubains de nous parler. Les capitales pourraient être moins informées. Intimidés, les diplomates pourraient s’autocensurer. Si j’avais prévu WikiLeaks, j’aurais réduit la production de documents de moitié. Un effort d’abaissement du niveau de classification avait été entrepris. Maintenant, le secret va à nouveau être renforcé.»
 
Les Cubains ont lu pour la première fois les câbles américains et en ont publié plusieurs sur le site Cubadebate . La Havane estime que ces documents prouvent la politique «impérialiste» de Washington. Mais le pouvoir cubain censure les câbles sur la santé de Fidel, et la demande de Raul Castro à la Maison-Blanche de créer un canal spécial de communication. Quant à Michael Parmly, il se pose désormais une question: «Julian Assange va-t-il publier les documents diplomatiques de l’Iran et de la Corée du Nord ou a-t-il un agenda caché?»
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Michael Parmly avec ses protégées, les "Dames en blanc"

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Published by cuba si lorraine - dans L'Empire
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