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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 01:02

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Sous couvert d’aide humanitaire, certaines ONG sont utilisées pour des actions de subversion directes contre Cuba.

Par Deisy Francis Mexidor, Marina Menéndez Quintero et Jean-Guy Allard / redaccion@ahora.cu / Mardi, 05 Avril 2011 11:17

Voici les révélations de José Manuel Collera Vento, l’agent « Gerardo » de la Sécurité de l’État, sur les tentatives d’infiltration au sein de la communauté religieuse.

Il savait depuis le début que derrière ce souci incessant d’avoir des renseignements sur de supposées besoins matériels, il y avait « anguille sous roche ». Son flair de vieil agent le lui indiquait d’une manière encore imprécise. Il fallait en savoir plus.

Tout commença vers la fin de l’année 2000 à une époque où José Manuel Collera Vento dirigeait une loge maçonnique, ce qui permit à des citoyens des Etats-Unis d’entrer en contact avec lui par l’intermédiaire de Gustavo Pardo Valdés. Apparemment, ils partageaient les liens de confraternité qui les rapprochaient de la franc-maçonnerie, et ils l’avaient contacté pour mettre en œuvre un projet humanitaire.

« Cependant, au fil de ces relations, il devint évident que tout cela cachait quelque chose. »

Il apparut aussitôt que ces individus « avaient une grande influence et une certaine importance dans les milieux sociaux, culturels et politiques de ce pays ». Mais quelque chose attira l’attention de José Manuel : la maçonnerie n’était pas vraiment le lien qui les unissait.

En outre, pourquoi la Section des Intérêts de des Etats-Unis à La Havane (SINA) et ses fonctionnaires s’intéressaient-ils aux conditions de la mise en œuvre de cette « aide » ?

D’une façon ou d’une autre, certains de ses fonctionnaires participaient régulièrement aux rencontres avec les représentants des ONG censés envoyer l’aide humanitaire.

Aux environs de 2002, Collera entretenaient des relations fluides avec la Fondation canadienne Donner, utilisée par l’ennemi pour déguiser le financement de projets subversifs contre l’île, et la Fondation panaméricaine pour le Développement (FUSAD), une créature de l’OEA, dont la plupart des fonds proviennent de l’USAID (sigle en anglais de l’Agence pour le développement international des Etats-Unis).

À plusieurs reprises José Manuel Collera rencontra des dirigeants de ces ONG au siège de la SINA à l’époque où Vicky Huddleston, James Cason et Michael Parmly en avaient été les responsables.

C’est ainsi qu’il fit la connaissance d’individus comme Curtin Winsor, un ancien ambassadeur des Etats-Unis au Costa Rica, qui dirigeait l’ONG Donner. Celui-ci, en présence d’Akram Elias, ancien Grand maître de la Grande loge de Washington, lui présenta Marc Wachtenheim, un collaborateur de la CIA, qui était en relation avec un de ses officiers, Rene Greenwald. Ces derniers réalisèrent une étude minutieuse sur les capacités technologiques des réseaux cubains d’infocommunication. Jusqu’en 2010, Wachtenheim, assura la direction du programme « Initiative pour le développement de Cuba » de la FUPAD, qui reçoit également de l’argent du Fonds national pour la démocratie (NED).

En fait, «ils ont commencé par parler d’informatique, ensuite de bibliothèques, de pharmacies indépendantes, en dehors du cadre de l’Etat »… et à la fin en 2005, Collera se retrouva assis à Washington devant Otto Reich, le « faucon », ancien sous-secrétaire d’Etat.

À cet entretien, Reich se borna « à écouter ses opinions sur la situation à Cuba. Il s’intéressa au contre-révolutionnaire Gustavo Pardo et à la possibilité d’un “changement”, autrement dit le renversement du gouvernement », même s’ils « redoutaient que cela se passe

de façon brutale car, à leur avis, une telle situation entraînerait un exode massif » vers les Etats-Unis, « ce qui n’était pas une bonne chose »...

Comme ils ignoraient tout de la véritable société civile cubaine, leurs plans prévoyaient d’en créer une autre, parallèle, en accord avec leurs intérêts subversifs. Dans ce contexte et selon ce qu’il en conclut, ils envisagèrent la franc-maçonnerie comme la confraternité appelée à assurer le leadership pendant ladite période de « transition ».

Par la suite, José Manuel Collera ressentit qu’on « lui donnait trop d’importance » car les « rencontres se multipliaient ». Il se souvient de s’être entretenu également « chez Windsor, avec le terroriste Frank Calzon, un ennemi viscéral de la Révolution cubaine », qui lui promit de lui envoyer « des médicaments et du matériel, notamment des postes radios à ondes courtes, mais les appareils ne sont jamais arrivés ».

Cependant, José Manuel avait bien remarqué que Calzon avait des rapports étroits avec plusieurs membres de la contre-révolution dans l’île, auxquels il fournissait du matériel. C’était aussi le cas de Pardo, un individu qui, très jeune, avait collaboré avec la CIA dans des actions de sabotage et des tentatives d’attentat contre le commandant en chef Fidel Castro, ce qui lui valut d’être condamné par les tribunaux cubains.

Son séjour aux Etats-Unis le mena de surprise en surprise. Il fut même reçu par le Conseil national de Sécurité, où ils se contentèrent de « m’écouter, sans rien dire », ce qui le mettait mal à l’aise.

Il en conclut qu’ils tentaient en effet de l’utiliser et qu’ils recherchaient des informations sur le sujet qui empêchaient de dormir ceux qui, à Washington, rêvaient de renverser la Révolution : ils voulaient ses impressions « sur la possibilité d’un changement à Cuba, et quelle devait être, à son avis, la situation objective pour y parvenir ».

Par ailleurs, au cours de ses rencontres, José Manuel Collera put constater que le gouvernement US était convaincu qu’«il n’y a pas de leaders au sein de ladite dissidence car, en premier lieu les têtes visibles n’étaient pas reconnues par la petite communauté des “opposants”, et ne représentaient d’ailleurs aucune réalité politique ».

LE CADRE RESTE IDENTIQUE

L’arrivée au pouvoir d’une administration démocrate n’apporta aucune modification aux relations dégradées entre les États-Unis et Cuba.

Malgré ses tentatives de véhiculer une image différente à cet égard, le président Barack Obama n’a fait que favoriser des réformes cosmétiques : supprimer certaines des mesures draconiennes imposées par Georges W. Bush, et tout en recourant à un ton plus bas dans ses discours, il a renforcé le blocus contre Cuba.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, on remarque une augmentation du nombre d’amendes contre ceux qui tentent de franchir les barrières imposées par le blocus économique, ce qui prouve que cette politique reste en vigueur et est appliquée dans toute sa rigueur. Aujourd’hui, la confirmation selon laquelle une nouvelle enveloppe de 20 millions de dollars sera destinée en 2011 à l’espionnage et la subversion dans l’île a rapproché un peu plus Obama des secteurs les plus réactionnaires de la droite de la Floride. Ses agissements sont conformes à l’héritage du Plan Bush dans ses versions 2004 et 2006.

Le rôle qu’assumeraient les ONG pour provoquer « un changement » à Cuba est bien détaillé dans le chapitre 2 de ce programme annexionniste : il prévoit de remettre aux organisations non gouvernementales et aux églises une grande partie des responsabilités qui reviennent à l’État socialiste dans le maintien des services de base », et il accuse la Révolution de ne pas répondre aux besoins sociaux les plus importants de la population. Pour les « idéologues » de la transition, cette situation ne serait surmontée que dans une ère « post-castriste ».

Quant à la FUPAD, ses activités contre Cuba se sont diversifiées et se sont étendues à d’autres secteurs comme les milieux intellectuel et religieux. Les fonds du contribuable étasunien servent à recruter des personnes pour exécuter leurs projets subversifs dans notre pays.

DE PLANS SINISTRES

José Manuel Collera prit peu à peu conscience que ces mêmes objectifs se dissimulaient derrière le travail des ONG qui entrèrent en contact avec lui. Et il s’est rendu compte que tous les moyens étaient bons pour ces gens qui cherchent à miner le projet social de l’intérieur.

Le 28 septembre 2006, il en eut la confirmation lorsque la Fondation Miami Medical Team, une organisation reliée à l’USAID, lui proposa « de chercher des personnes de toute confiance » pour un gros coup. Cette organisation s’évertue à saboter l’aide internationaliste de Cuba dans d’autres pays en encourageant les désertions de spécialistes du secteur de la santé.

On lui fit une proposition aberrante : il s’agissait de repérer des personnes de confiance qui devaient avoir une bonne connaissance de l’informatique et des compétences pour « provoquer, via les technologies d’infocommunication hors du contrôle gouvernemental, un dysfonctionnement dans le système des ordinateurs des aéroports de Miami et d’Atlanta ». On lui parla même de « la possibilité de saboter 13 autres terminaux d’aéroport ayant un trafic aérien important aux États-Unis ».

En fait, on envisageait une éventuelle attaque cybernétique. Si ce plan sinistre qui lui glaça le sang s’était concrétisé, le monde aurait assisté à une « véritable catastrophe », qui aurait servi de prétexte à une invasion directe contre l’île. « Cuba aurait été accusée, et l’occasion leur serait offerte sur un plateau pour lancer,

« en réponse », une action armée contre notre pays ».

Deux jours plus tard, lors d’un contact avec Manuel Alzugaray, aujourd’hui président et l’un des principaux membres exécutifs de la Fondation Miami Medical Team, Collera se rendit compte qu’on jouait gros.

Alzugaray, un individu qui avait quitté Cuba au début de la Révolution et qui depuis possédait un longue feuille de route terroriste, lui commenta qu’« un groupe spécial avait été créé à la Maison-Blanche, dirigé par Condolezza Rice, responsable à l’époque de la diplomatie étasunienne, qui était soutenu par le Commando Sur et dont l’objectif était d’œuvrer à la chute du gouvernement cubain ».

Selon les indications reçues, José Manuel Collera devait continuer d’« organiser l’entrée de l’”aide humanitaire” sous le manteau de la franc-maçonnerie ». Ses interlocuteur lui proposèrent un nouvel élément pour précipiter ce processus : ne tenant aucun compte de sa condition de médecin, ils lui demandèrent de repérer « les installations scientifiques et les hôpitaux cubains qui utilisent des isotopes radioactifs », en lui suggérant que le Centre de génie génétique et de biotechnologie pourrait faire partie de ces institutions.

Ces indications répondaient à une préoccupation des autorités nord-américaines : en cas d’agression militaire contre Cuba, leurs troupes pourraient être affectées par lesdites bombes nucléaires sales.

Voilà qui dépassait ses forces, et il encaissa le coup : jusqu’où ces ONG à façade humanitaires étaient-elles capables d’aller ?

Mais ce jour-là, en septembre, il rencontra aussi des fonctionnaires qui jouissaient de la confiance de Condolezza Rice.

Bien entendu, les mêmes questions : Quelle était la situation à Cuba ? Que pouvait-il se passer dans un futur proche ? Comment « aider » son organisation dans le cadre d’une éventuelle situation politique reliée à la « transition » ?

Cet après-midi-là, pendant le trajet vers l’aéroport de Miami pour son retour à La Havane, Collera reçut la confirmation que le chef de la Section des Intérêts des Etats-Unis à Cuba le verrait dès son arrivée sur le territoire cubain pour lui remettre un visa permanent, qui avait été demandé à Robert Blau, alors conseiller politique de la SINA.

Les contacts montaient d’un cran et les conversations s’écartaient de plus en plus de la simple philanthropie.


L’ART DE MÉNAGER LA CHÈVRE ET LE CHOU

Pendant tout ce temps, José Manuel dut avoir les nerfs solides. Il ne lui était pas facile d’avoir un discours complaisant et d’entendre parfois, sans rien laisser paraître, les plans qui se manigançaient.

Une fois même, on lui proposa de participer à une cérémonie au Centre Kennedy, dans le New Jersey, où Lincoln Diaz-Balart lui remit un diplôme.

On le présenta comme « un Cubain qui aujourd’hui va dire ici ce qui ne peut pas dire là-bas ». Il sentit le piège dans ces paroles et il pensa aussitôt qu’il devait faire attention à ce qu’il allait dire.

Il prit alors le micro et, sans s’adresser à quelqu’un en particulier, « je leur déclarai que j’allais dire là-bas la même chose que je pouvais dire ici », pour ajouter ensuite une idée qui jeta le doute parmi les invités : « la liberté se trouve à l’intérieur de nous-même, la liberté ne dépend pas de l’environnement ». À quoi faisait-il référence ? se seront-il demandé.

Sans perdre de temps, il commença à « mettre en valeur » la personnalité de Diaz-Balart et pendant son discours il réfléchit à la manière de ne pas se trahir lui-même, « parce que cet individu est l’un des ennemis les plus acharnés de la Révolution cubaine ».

La solution qu’il trouva fut de le qualifier comme « un des pôles de référence dans un différend qui oppose une grande nation et une petite île », sans prendre parti pour l’un des deux.

À la fin de son discours, les invités le félicitèrent : « Tu as vraiment bien parlé de Diaz-Balart ! ». Diaz-Balart quant à lui, ne laissa pas passer les subtilités de ses paroles et il commenta aux organisateurs de la cérémonie que « le “garçon” savait ménager la chèvre et le chou »...

BOUCLER LE CERCLE

Les voyages dans un sens et dans l’autre se multipliaient. Les contacts également. En peu de temps, Collera en est arrivé à réaliser six voyages aux États-Unis. Il participait même aux visites que réalisaient les émissaires et les fonctionnaires de la FUPAD dans l’île.

« Là-bas on parlait beaucoup de l’absence du commandant en chef du fait de sa maladie », ce qu’ils interprétaient comme « une situation favorable pour promouvoir les progrès vers la « démocratie ». En effet, ils considéraient que le pays se retrouvait sans leader ».

En octobre 2008, le Nord-Américain John Heard et le Colombien, Hector Cortes Castellanos, spécialiste en logistique, communications et informatique, deux représentants de la FUPAD, arrivent à La Havane pour une « exploration du terrain, afin de ne démarrer aucun projet avant d’avoir clairement défini toutes les questions liées à l’utilisation et à la gestion des ressources disponibles», avait indiqué Wachtenheim.

Une fois à Cuba, John Heard – diplômé en Relations internationales lié à l’USAID depuis 1983 – s’est consacré à connaître le « degré d’infiltration » de la Sécurité de l’État au sein des diverses couches de la société. Il manifesta également son intention de rencontrer le contre-révolutionnaire Dagoberto Valdés, à Pinar del Rio, et le conseil de rédaction du magazine Convivencia, de la même tendance. Par ailleurs, « nous avons rendu visite à un certain Raul Capote, écrivain», se souvient-il.

Au cours de ce voyage, « nous avons remis à Valdés un ordinateur portable et un colis de médicaments. De son côté, il nous a suggéré de rencontrer la contre-révolutionnaire Carmen Vallejo, qui a mis en place, depuis 1988, un projet soi-disant destiné aux enfants et aux adolescents atteints du cancer, grâce à l’aide matérielle et financière de la SINA et d’autres ambassades européennes ».

Cependant, le fait d’avoir impliqué Collera, sans l’autorisation préalable de la FUPAD, dans la prise de tous leurs contacts dans la capitale cubaine, a coûté cher aux émissaires, qui ont été mis «hors circulation ». Apparemment, ils « avaient violé une règle élémentaire de compartimentation, même s’ils avaient opéré dans la clandestinité pour obtenir les renseignements, en procédant à la manière des Services secrets. Ainsi, ils avaient photographié les notes écrites pendant les contacts, détruit les documents et caché la carte mémoire de leur appareil photo ».

Parmi les tâches qui lui étaient réservées, José Manuel « devait établir des contacts personnels avec des personnes en province afin de pouvoir activer, le moment venu, un réseau de collaborateurs depuis Guantanamo jusqu’à Pinar del Rio », lorsque l’« aide humanitaire » en question commencerait à arriver à Cuba. Cette aide n’était rien d’autre que la vitrine des ONG, un instrument du gouvernement des États-Unis pour atteindre leur véritable objectif. L’aide serait toujours, en apparence, destinée aux couches les plus vulnérables de la population cubaine.

Désormais, la porte était grande ouverte pour José Manuel Collera à Washington. En septembre 2009, il fut reçu au Bureau Cuba du Département d’État, alors qu’il faisait des démarches pour prolonger son visa. Il s’y était rendu en compagnie d’Humberto Alfonso Collado, un envoyé de la FUPAD, et de Wachtenheim.

Les fonctionnaires lui assurèrent alors « qu’il n’aurait plus aucune difficulté pour obtenir le visa, et que dorénavant il n’aurait pas de problème quand il souhaiterait se rendre aux États-Unis ».

LES BONS COMPTES…

Au cours d’une des nombreux entretiens entre Collera et Marc Wachtenheim, celui-ci lui demanda de lui brosser « un panorama de la situation socio-politique du pays, et d’essayer d’avoir accès à un téléphone portable et à Internet pour que la communication entre eux soit plus facile ».

Il lui suggéra également « d’investir dans une affaire illégale qui lui permette de gagner de l’argent, une sorte d’écran de fumée, de sorte à ce que les sommes qui lui seraient versées par la FUPAD passent inaperçues ».

Par contre, tous ses comptes devaient être à jour, et le directeur du Programme Cuba de la Fondation lui avait même demandé, le 3 mars 2009, d’envoyer les factures des dépenses.

La dernière fois que José Manuel a vu Wachtenheim, en décembre 2009, celui-ci lui a laissé « cent euros pour ses frais personnels, un disque dur externe, un scanner et le

téléphone portable qu’il avait utilisé pendant son séjour dans l’île avec un crédit de cent dollars ».

Compte tenu de l’intérêt qu’il avait manifesté et de ses possibilités, Collera ne doutait plus qu’il était en présence d’un agent de la CIA,

et que « la soi-disant aide humanitaire était infiltrée, contrôlée, financée, dirigée et manipulée » par la Section des Intérêts des États-Unis à La Havane, de façon « totalement étrangère à notre réalité institutionnelle ».

À tel point qu’avant un accord avec le fonctionnaire de la SINA Joaquin Monserrate et avec Wachtenheim, les émissaires de la FUPAD s’étaient réunis le 4 décembre dans les locaux de la Section des Intérêts des États-Unis, pour analyser le déroulement de leurs projets subversifs.

Sur la feuille de route des tâches qui avaient été confiées à Collera au sein de la franc-maçonnerie, il devait « créer un réseau informatique avec accès à Internet qui permettrait la communication avec l’étranger et, détail significatif : il devait rester hors du contrôle des autorités cubaines ; promouvoir lesdites bibliothèques indépendantes, donner le feu vert à l’approvisionnement en médicaments par l’intermédiaire des dénommées minipharmacies,

et organiser des conférences sur des thèmes précis ».

« Ils financeraient les voyages dans l’île, mais aussi à l’étranger et aideraient à moderniser les imprimeries dont disposait la Grande loge de Cuba ».

Wachtenheim lui promit de revenir pour assister à des activités de la franc-maçonnerie au début de l’année 2010, mais il reçut un appel téléphonique surprenant au cours duquel il lui signifiait l’interruption momentanée de tous les projets. « Il ya peu, j’ai eu un nouveau contact avec lui où il m’indiquait qu’il n’appartenait plus à la FUPAD, mais qu’il réalisait le même travail et qu’il allait créer son propre groupe, ce qui lui donnerait davantage d’indépendance ».

FACE A FACE

José Manuel Collera Vento est médecin spécialisé en pédiatrie, diplômé en 1970. Il est originaire de Pinar del Rio et fils de paysan. Il a réalisé une mission internationaliste en Angola entre 1983 et 1985. Il a été membre de la direction de la Grande loge de Cuba, une institution au sein de laquelle il a assumé diverses responsabilités à partir de 1975, et il en est devenu président en 2000. En 1975, il a commencé à travailler pour la Sécurité de l’État.

Selon l’évaluation qui lui avait été faite, on pouvait espérer qu’il deviendrait un grand agent, pour ses qualités personnelles et le prestige dont il jouissait au sein de la franc-maçonnerie. Plus de trente plus tard, ce pronostic s’avère exact.

Il sourit en évoquant cette évaluation et rappelle en plaisantant : « nous avons fait sûrement du bon travail car aux États-Unis on m’a décerné la Médaille de la liberté qui est considérée, selon ce que l’on m’a dit, comme la plus haute distinction que les Républicains attribuent au Sénat ».

Pendant plus de 30 ans il a été « Duarte » pour la Sécurité cubaine. « Pour des raisons opérationnelles, j’ai changé de pseudonyme il y a six ans et on m’a donné à choisir mon nouveau « nom ». J’ai pensé à nos cinq frères, et notamment à l’un d’entre eux. Et à partir de ce moment-là je suis devenu Gerardo ».

Maintenant que le rideau de l’anonymat s’est levé, il affirme se sentir très calme, parce que « je crois que j’ai fait mon devoir, quelque chose que tous, pour une raison ou une autre, nous avons l’obligation morale de faire, pour notre si longue histoire de luttes, qui n’est qu’une seule histoire. Je suis complètement engagé en tant que Cubain et patriote. Je suis attaché aux idées de José Marti et de Carlos Manuel de Céspedes. Par ailleurs, en tant que franc-maçon, j’ai agi pour protéger tous ceux que j’aime et que je défends ».

Tiré de Granma International

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Published by cuba si lorraine - dans L'Empire
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