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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 07:33

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Traduction de l'article "Pawns Matter / Why Washington "Cares" About Honduras and Haiti" par MARK WEISBROT
Publié à l'origine par le Guardian .
Et dans Counter Punch.

La mainmise des Etats-Unis sur les pays d'Amérique Latine, en particulier des pays pauvres qui veulent d'émanciper.

Pourquoi Washington "s'intéresse" au Honduras et à Haïti

Les pions sont importants

Quand j'écris sur la politique étrangère US dans des endroits comme Haïti ou du Honduras, j'ai toujours des réactions de personnes qui ont du mal à croire que le gouvernement US s'intéresserait suffisamment à ces pays pour chercher à avoir la mainmise sur leurs gouvernements ou à les renverser. Ce sont des petits pays pauvres avec peu de choses en matière de ressources ou de marchés. Pourquoi les décideurs de Washington devraient-ils s'intéresser à qui les dirige?
Hélas, ils s'y intéressent vraiment. Beaucoup. Ils s'intéressent suffisamment à Haïti pour avoir renversé le président Jean-Bertrand Aristide non pas une, mais deux fois. La première, en 1991, où cela a été fait subrepticement. On ne l'a su que quand il s'est avéré que ceux qui avaient dirigé le coup d'état avaient été payés par la Central Intelligence Agency. Et puis, Emmanuel Constant, le chef de l'escadron de la mort le plus notoire là-bas – qui a éliminé des milliers de partisans d'Aristide après le coup d'état – a raconté à CBS News que lui aussi avait été payé par la CIA.
En 2004, l'implication des Etats-Unis dans le coup d'état avait été bien plus ostensible. Washington avait imposé la suppression de pratiquement toutes les aides internationales pendant quatre ans, rendant inévitable la chute du gouvernement. Selon le New York Times, d'un côté, le Département d'état américain demandait à Aristide de parvenir à un accord avec l'opposition (ce qui représentait des millions de dollars payés par les contribuables US), mais de l'autre, l'International Republican Institute (IRI), incitait l'opposition à ne pas le faire.
Au Honduras, au cours de l'été et de l'automne derniers, le gouvernement US a tout fait pour empêcher le reste du continent américain de former une opposition politique efficace contre les putschistes au Honduras. Par exemple, ils ont empêché l'Organisation des États américains de prendre la position de ne pas reconnaître les élections qui ont eu lieu pendant la dictature. En même temps, l'administration Obama proclamait publiquement son opposition au coup d'état.
Cela n'a réussi que partiellement, du point de vue des relations publiques. La majorité de la population américaine pense que l'administration Obama était opposée au coup d'état au Honduras; alors même qu'au mois de novembre, de nombreux articles de presse, voire d'éditoriaux, indiquaient qu'Obama avait cédé à la pression des républicains et n'en avait pas fait assez. Mais c'était méconnaître ce qui s'était passé en réalité: si la pression des républicains pour soutenir le coup d'état au Honduras avait fait changer la stratégie de relations publiques du gouvernement, cela n'avait pas été le cas pour sa stratégie politique. Ceux qui ont suivi les événements de près depuis le début ont bien vu que la stratégie était de retarder et d'émousser toute tentative de rétablir le président élu au pouvoir, tout en prétendant que l'objectif réel était le retour à la démocratie.
Parmi ceux qui avaient compris cela, il y a les gouvernements d'Amérique Latine, dont des poids lourds comme le Brésil. C'est important parce que cela montre que le département d'état était prêt à payer un prix politique élevé pour aider la droite au Honduras. La grande majorité des gouvernements des pays d'Amérique Latine a constaté que le gouvernement Obama avait les mêmes objectifs pour le continent américain que celui de Bush, ce qui n'est pas un constat agréable du point de vue diplomatique.
Pourquoi s'intéressent-ils tant aux dirigeants de ces pays pauvres? Comme le sait tout bon joueur d'échecs, les pions sont importants. La perte d'un ou deux pions au début d'une partie peut souvent faire basculer le résultat. Ils s'intéressent à ces pays essentiellement en matière de pouvoir. Les gouvernements qui sont d'accord pour promouvoir la puissance des Etats-Unis dans le monde, ils aiment. Ceux qui ont d'autres projets, ils n'aiment pas.
Il n'est pas étonnant, donc, que les alliés les plus proches de l'administration Obama sur le continent américain soient les gouvernements de droite comme en Colombie ou au Panama, même si le président Obama n'est pas lui-même un homme politique de droite. Ceci montre bien la continuité de la politique de mainmise des Etats-Unis. La victoire de la droite au Chili la semaine dernière, première fois où elle gagnait des élections depuis un demi-siècle, était une victoire importante pour le gouvernement US. Si le Parti des travailleurs (Partido dos Trabalhadores, PT) de Lula da Silva devait perdre les élections présidentielles au Brésil à l'automne prochain, ce serait une victoire extraordinaire pour le département d'état.
Si les hauts responsables US à la fois sous Bush et sous Obama sont restés courtois vis-à-vis du Brésil, il est évident qu'ils sont profondément irrités par les changements dans la politique étrangère du Brésil, qui s'est allié à des gouvernements socio-démocrates du continent américain et a adopté des positions indépendantes en matière de politique étrangère vis-à-vis du Moyen-Orient, de l'Iran ou d'autres.
Les Etats-Unis se sont en fait immiscés dans la politique du Brésil pas plus tard qu'en 2005, où ils avaient organisé une conférence pour pousser à l'adoption d'une loi qui empêcherait les parlementaires de soutenir un parti ou un autre, selon le cas. Cette loi aurait renforcé l'opposition au parti du gouvernement de Lula dans la mesure où les membres du PT respectent la discipline de parti, ce que beaucoup de responsables politiques de l'opposition ne font pas.
Cette intervention du gouvernement US n'a été révélée que l'an dernier grâce à une demande d'information déposée à Washington dans le cadre de la loi Freedom of Information Act.
Il y a bien d'autres interventions encore qui ont lieu sur tout le continent américain et dont nous n'avons pas connaissance. Les Etats-Unis sont largement impliqués dans la politique au Chili depuis les années 60, bien avant qu'ils aient organisé le renversement du gouvernement démocratique en 1973.
En octobre 1970, le président Richard Nixon fulminait dans le Bureau Ovale contre le président socio-démocrate du Chili, Salvador Allende. "Ce fils de pute", avait dit Richard Nixon, le 15 octobre 1970, "ce fil de pute d'Allende, nous allons le fracasser".
Quelques semaines plus tard, il expliquait pourquoi:

"Le problème principal avec le Chili, c'est qu'Allende peut asseoir son pouvoir, et l'image qui sera projetée dans le monde entier, ce sera sa réussite … si nous permettons aux dirigeants éventuels en Amérique du sud de penser qu'ils peuvent faire comme le Chili et avoir le beurre et l'argent du beurre, nous allons avoir des problèmes… ".

Cela montre encore combien les pions sont importants, et le cauchemar de Nixon est en fait devenu réalité un quart de siècle plus tard quand un pays après l'autre élisait des gouvernements de gauche indépendants dont Washington ne voulait pas. Les Etats-Unis ont fini par "perdre" la plus grande partie de la région. Mais ils cherchent actuellement à la regagner un pays après l'autre.
Ce sont les petits pays pauvres situés géographiquement le plus près des Etats-Unis qui sont le plus en danger.
Le Honduras et Haïti n'auront sans doute droit à des élections démocratiques que quand l'influence que Washington exerce sur leur politique sera encore affaiblie.

Mark Weisbrot est économiste et codirige le "Center for Economic and Policy Research".

Par emcee Des bassines et du zèle le mardi 9 février 2010

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Published by cuba si lorraine - dans L'Empire
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