Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • : Cuba Si Lorraine
  •  Cuba Si Lorraine
  • : blog des amis de Cuba en Lorraine
  • Contact

19610419-CubaVictoryPlayaGiron-crop.jpg
-
cooltext517277295.png
MILCIA---copie-1.jpg
cooltext517276476.png
cooltext517276264.pngcooltext517275991.png
cooltext517276810.png
             -
colonne-gauche-copie-1.jpg
.

logo-gauche.jpg
-
Capture-freeforfive.JPG
cuba-debate.jpg 1er-mai-cuba
Pour en savoir plus
Cliquez sur l'image !

Recherche

nos amis + liens utiles

  .

titre_891504.jpg
.
.
.
RHC-1.JPG
Cubavision-TV.jpg
.
.
cuba_linda.jpg
. 

Archives

cooltext518801341.png
cooltext518803453.gif

Catégories

 

Sans-titre-1-copie-3.jpg

neruda-fidel.jpg

  logo-bas-ok.jpg

 

5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 00:35

3-el-general-dwight-eisenhower-habla-a-las-tropas-antes-del.jpg

El General Dwight Eisenhower habla a las tropas antes del desembarco de Normandía

Plus d’une année avant le 16 avril 1961, le président Dwight  Eisenhower avait décidé, après des analyses et des consultations rigoureuses, de détruire la Révolution cubaine.

L’instrument clef de ce plan ténébreux était le blocus économique de Cuba, ce que la littérature politique de l’Empire taxe du terme anodin et presque pieux d’ « embargo ».


Le secrétaire d’État adjoint, Lester Mallory, avait défini dans un mémorandum secret les objectifs concrets de ce plan sinistre : « La majorité des Cubains appuie Castro. […] Il n’existe aucune opposition politique réelle. […] Le seul moyen prévisible de lui faire perdre son assise interne est par le désenchantement et la désaffection basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques. […] …il faut mettre en pratique au plus vite tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique de Cuba […] en refusant à Cuba de l’argent et des livraisons afin de réduire les salaires nominaux et réels, de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement[1]. »


Le train de mesures à prendre s’appelait : “Programme d’action secrète contre le régime Castro[2] ».


N’importe quel observateur, qu’il soit d’accord ou non avec des méthodes si répugnantes parce que dénuées de l’éthique la plus élémentaire, admettra que l’idée était d’amener un peuple à la reddition. C’était bel et bien la confrontation entre la nation la plus puissante et la plus riche et un petit pays différent d’elle par ses origines, sa culture et son histoire.

Eisenhower n’était pas un criminel-né. Il paraissait – et peut-être l’était-il vraiment – quelqu’un  bien éduqué et décent selon les normes de la société où il vivait. Il était né dans une modeste famille d’agriculteurs à Denison (Texas) en 1890. Ayant reçu une éducation religieuse et menant une vie disciplinée, il entra à l’École militaire de West Point en 1911 et en ressortit en 1915. Il ne participa pas à la Première Guerre mondiale au cours de laquelle il n’eut que des fonctions administratives.


Il prit le commandement de troupes pour la première fois en 1941, alors que les États-Unis n’étaient pas encore entrés dans la Deuxième Guerre mondiale. Général à cinq étoiles, il n’avait aucune expérience au combat quand George Marshall lui confia le commandement des troupes qui débarquaient dans le Nord de l’Afrique.


Roosevelt, en tant que président du pays possédant le plus de richesses et de moyens militaires, se chargea de nommer le chef militaire des forces alliées qui débarqueraient en Europe en juin 1944, quatorze mois avant la fin de la guerre : ce fut le général Eisenhower, car Marshall, son plus haut gradé, était le chef de l’état-major de l’armée.


 

Ce n’était pas un militaire brillant ; il commit de lourdes erreurs dans le Nord de l’Afrique et durant le débarquement de Normandie, deux endroits où il avait de sérieux rivaux parmi ses alliés, tel Montgomery, et ses adversaires, tel Rommel, mais c’était un professionnel sérieux et méthodique.


Je referme cette parenthèse obligée au sujet de Dwight D. Eisenhower, général à cinq étoiles et président des États-Unis de janvier 1953 à janvier 1961, et je pose la question suivante : comment quelqu’un de sérieux, qui osa dénoncer le rôle néfaste du complexe militaro-industriel, a-t-il pu adopter une attitude aussi criminelle et aussi hypocrite que celle qui conduisit le gouvernement étasunien à attaquer l’indépendance et la justice que notre peuple avait recherchées pendant presque un siècle ?


C’est le système capitaliste, la volonté des riches, dans le pays et hors du pays, de faire primer leurs privilèges au détriment des droits les plus élémentaires des peuples. La grande puissance se souciait comme d’une guigne de la faim, de l’ignorance, du chômage, du manque de terres, d’éducation, de santé, des droits les plus élémentaires des pauvres de notre nation


Tentant brutalement de soumettre notre peuple, le gouvernement étasunien était capable d’entraîner ses soldats à une lutte qu’il n’aurait pas pu gagner.


Dans les questions historiques, les impondérables sont nombreux et le hasard joue fréquemment. Je pars de l’information que je possède et de l’expérience que j’ai vécue durant ces journées d’où découla la phrase : « Playa Girón, première défaite de l’impérialisme en Amérique ». J’ai tiré de nombreuses conclusions de cette expérience-là. Peut-être intéressent-elles d’autres personnes…


Notre pays ne disposait pas d’une armée nationale. À la fin de ce que les historiens appellent la Troisième Guerre d’indépendance cubaine[3], l’armée coloniale espagnole vaincue et épuisée avait énormément de mal à protéger les grandes villes, tandis que la métropole ruinée était incapable de conserver – à des milliers de kilomètres de distance – une force quasiment égale à celle que les États-Unis maintinrent au Vietnam à la fin de la guerre génocidaire qu’ils menèrent contre cette ancienne colonie française.


C’est alors que les États-Unis décidèrent d’intervenir dans notre pays. Leur Congrès berna la population, le peuple cubain et le reste du monde en émettant une Résolution conjointe qui reconnaissait : « Le peuple de l’île de Cuba est libre et indépendant, et il doit l’être de droit[4]. » Une fois vaincue cette Espagne toujours coloniale et vindicative, les États-Unis signèrent à Paris un traité avec elle[5], et désarmèrent l’Armée de libération en recourant à la corruption et à la tromperie[6]. Puis ils imposèrent à notre pays l’Amendement Platt[7], qui impliquait la remise de ports à sa marine, et ils lui octroyèrent censément l’indépendance[8], bien que l’amendement annexé à la Constitution cubaine octroyât au gouvernement étasunien le droit d’intervenir dans notre pays.


Notre vaillant peuple se battit seul, sans avoir rien à envier à aucun autre de ce continent, pour son indépendance face à la nation qui, comme l’avait dit Simón Bolívar, était appelé à cribler les peuples d’Amérique de misère au nom de la liberté.


À Cuba, l’armée était entraînée, armée et conseillée par les États-Unis. Je n’irai pas jusqu’à dire que notre génération possède plus de mérites que celles qui nous précédèrent et dont les dirigeants et les combattants firent preuve d’un héroïsme insurpassable. Il n’empêche que notre génération a eu le privilège – plus par hasard que par mérites – de prouver la vérité de l’idée de Martí : « Un principe juste du fond d’une caverne peut plus qu’une armée[9]. »


C’est parce que nous avions des idées justes que nous  n’avons pas hésité, après avoir passé d’amères épreuves – dont la dispersion de notre détachement de quatre-vingt-deux hommes, attaqué par surprise, faute d’expérience et pour d’autres facteurs défavorables, avant d’avoir pu gagner les contreforts des montagnes – à poursuivre la lutte alors que nous n’avions plus de sept fusils[10]. Or, en vingt-cinq mois à peine, notre peuple héroïque vainquit cette armée-là, qui possédait l’armement, l’expérience au combat, les communications, les centres d’instruction et les conseils, tous facteurs grâce auxquels les États-Unis maintinrent pendant plus d’un demi-siècle leur domination totale sur notre pays et sur Notre Amérique.


Forts de nos méthodes de lutte correctes, des principes de politique que nous avons suivis sans une seule exception durant toute la guerre – respecter la population, soigner les blessés de l’adversaire et préserver la vie des prisonniers – nous avons infligé une défaite écrasante à l’appareil militaire créé par les Yankees, nous emparant des cent mille armes et équipements de guerre qu’il possédait et qu’il avait employés contre notre peuple.


Mais il nous fallut aussi vaincre sur le terrain idéologique l’immense arsenal dont disposaient les USA et leur monopole quasi-total des médias grâce auxquels ils inondaient notre pays de mensonges mielleux.


Les travailleurs au chômage, les paysans sans terre, les ouvriers exploités, les citoyens analphabètes, les malades sans hôpitaux, les enfants sans cahiers ni écoles, les innombrables citoyens blessés dans leur dignité et leurs droits, constituaient ensemble une quantité infiniment supérieure à la minorité riche, privilégiée et alliée de l’Empire.

5-entrada-de-fidel-a-la-habana-580x278.jpg

Entrada de Fidel a La Habana el 8 de enero de 1959

Entrée de Fidel à La Havane le 8 janvier 1959.

L’éducation, la science, la culture et l’art, le sport, les professions impliquant le développement humain ne recevaient aucun appui dans notre pays, consacré à la monoculture de la canne à sucre et à d’autres activités économiques subordonnées aux banques et aux sociétés transnationales yankees par lesquelles le puissant voisin du Nord impose sa « démocratie » et ses « droits humains ».


Je tiens à dire qu’un spectacle comme celui que La Colmenita a présenté voilà quelques jours au théâtre Karl Marx – une création du fils de l’une des personnes assassinées par les terroristes du gouvernement étasunien dans le sabotage de l’avion parti de la Barbade le 6 octobre 1976 – est sans rival au monde[11]. Par ailleurs, le spectacle culturel impressionnant présenté par les Pionniers aussi bien que leur Congrès clos ce jour-là seraient impossibles sans l’éducation que la Révolution a prodiguée aux enfants, aux adolescents et aux jeunes de notre patrie.


Quand, le 16 avril 1961, la Révolution s’est dite ouvertement socialiste, deux ans et trois mois s’étaient écoulés depuis la victoire du 1er janvier 1959. Notre petite Armée rebelle, victorieuse dans sa lutte de libération, n’avait longtemps possédé que les armes qu’elle avait confisquées à la tyrannie et dont l’immense majorité provenait des États-Unis. Il était donc indispensable d’armer le peuple.


Pour ne pas offrir aux États-Unis un prétexte qui leur servirait à nous attaquer –  comme cela s’était passé au Guatemala – nous nous efforcions d’acheter, en payant rubis sur l’ongle, des fusils et d’autres armes à des pays européens qui les exportaient traditionnellement à bien d’autres.


Nous achetâmes plusieurs dizaines de milliers de fusils semi-automatiques FAL calibre 7,62 avec leurs chargeurs de vingt balles et leurs munitions correspondantes, dont des grenades antipersonnel et antichar, qui étaient transportés sur des cargos, comme le fait habituellement n’importe quel pays.


Or, qu’est-il advenu à ces achats d’armes « non communistes » et, nous semblait-il, d’une excellente qualité ?


La première cargaison de dizaines de milliers de FAL arriva à Cuba sans encombre.

Tout était parfaitement légal et n’offrait aucun prétexte à des campagnes contre Cuba.

Mais tout ceci dura peu. Quand le second cargo accosta un quai important du port de la capitale, des dockers et des combattants de l’Armée rebelle entreprirent de le décharger. Les conteneurs n’existaient pas encore. Je me trouvais au quatrième ou au cinquième étage de l’Institut de la réforme agraire, siège aujourd’hui du ministère des Forces armées révolutionnaires, à proximité de la place de la Révolution. C’est là que j’avais mon bureau quand je ne me déplaçais pas en ville ou dans le pays. Le vieux palais du gouvernement avait été converti en musée, et le nouveau n’était pas encore terminé. C’était le 4 mars 1960. Une forte explosion fit trembler le bâtiment. Je regardai instinctivement en direction du port où je savais qu’on déchargeait le cargo français La Coubre : une grande colonne de fumée s’en élevait, pas trop loin à vol d’oiseau. Je compris aussitôt ce qu’il s’était passé.


Pensant aux victimes, je descendis à toute vitesse, montai en voiture avec ma petite escorte et roulai vers le port dans des rues étroites et encombrées. J’étais presque arrivé quand j’entendis une seconde explosion au même endroit. On n’a pas de mal à imager mon inquiétude à l’idée des dommages causés aux ouvriers et aux soldats qui devaient aider les victimes de la première explosion. J’eus beaucoup de mal à faire approcher la voiture du quai où je pus constater le comportement héroïque de ces hommes dans une situation si dramatique.


Une centaine de personnes moururent. Les nombreux blessés exigeaient des soins urgents.

37la-coubre-580x435.jpg

Sabotage du cargo La Coubre 


Le lendemain, les morts furent transportés, par la large 23e rue, de l’Université au cimetière où, un an, un mois et onze jours après, nous donnerions une sépulture révolutionnaire aux victimes des bombardements des avions yankees peints aux couleurs cubaines.


C’est ce 5 mars 1960 que je me suis exclamé pour la première fois, d’une manière absolument spontanée, à l’enterrement des ouvriers et combattants lâchement assassinés : La Patrie ou la Mort ! Ce n’était pas une phrase : c’était une conviction profonde.


Même s’il y avait à faire de nombreuses investigations, je n’avais pas le moindre doute que ce massacre avait été intentionnel : le cargo avait été saboté dès son appareillage du port européen et le sabotage était l’œuvre d’experts.


Je consacrai toute l’attention requise aux investigations en cours. Il fallait savoir si ces grenades qui avaient explosé dans leurs caisses pouvaient le faire par accident – une chute ou quelque chose de semblable. C’est pour écarter cette possibilité –les spécialistes l’avaient déjà fait après avoir étudié le mécanisme de sécurité des grenades – que je demandai qu’on larguât depuis une altitude de mille mètres des caisses de grenade et assistai à la preuve : aucune grenade n’éclata. L’analyse de tous les déplacements du cargo mit en évidence que seuls des experts avaient pu réaliser ce sabotage dans le cadre du plan approuvé par l’administration étasunienne.


Ayant reçu une leçon de ce que nous pouvions attendre de l’impérialisme, nous n’hésitâmes pas à nous adresser aux Soviétiques avec lesquels nous n’avions pas de contradictions de principes.


Ils nous allouèrent les crédits correspondants pour acheter des armes. Dès le jour où l’URSS et d’autres pays socialistes comme la République socialiste de Tchécoslovaquie, la République populaire de Chine et la République populaire et démocratique de Corée entreprirent de nous livrer des armes et des munitions, plus de mille cargos ont voyagé à Cuba sans qu’une seule explosion se soit produite.


Nos propres navires ont transporté pendant des dizaines d’années une grande partie de l’armement employé par les forces internationalistes cubaines, et aucun n’a fait explosion.

castro-ruz-fidel-2-la-coubre-5-3-1960-580x687.jpg

Fidel, aux côtés du président Osvaldo Dorticós, du Che et d’autres dirigeants de la Révolution, aux funérailles des victimes de La Coubre. 


Le discours que je prononçai le 16 avril 1961 aux funérailles desvictimes du bombardement réalisé par traîtrise, la veille au petit matin, s’adressait aux compagnons de l’Armée rebelle, aux Milices nationales révolutionnaires et au peuple cubain tout entier. J’en reproduis des paragraphes et des idées sans lesquels il serait impossible de saisir l’importance de cette bataille et l’ardeur avec laquelle elle s’est livrée :

« C’est la seconde fois que nous nous réunissons à ce carrefour. La première, ça a été lors de l’explosion du La Coubre qui a coûté la vie à presque une centaine d’ouvriers et de soldats.

« Dès le début du Gouvernement révolutionnaire, les ennemis de la Révolution se sont efforcés tout d’abord d’empêcher notre peuple de s’armer.

« …devant l’échec des premières mesures diplomatiques, ils ont recouru au sabotage […] pour empêcher ces armes de nous parvenir…

« Ce coup de griffe brutal a coûté la vie de nombreux ouvriers et soldats […] nous étions en droit de penser que les coupables du sabotage étaient ceux qui voulaient que nous ne recevions pas d’armes…

« …chacun de nous, notre peuple, a été profondément convaincu que les mains qui avaient préparé ce méfait barbare et criminel étaient celles des agents secrets du gouvernement étasunien.

« …beaucoup de gens dans ce pays, voire à l’étranger, avaient du mal à croire que le gouvernement étasunien serait capable d’en arriver là, que les dirigeants d’un pays seraient capables de recourir à des procédés pareils. […] nous n’avions pas encore acquis la dure expérience que nous avons acquise durant ces deux années et demie,  nous ne connaissions pas bien encore nos ennemis ; […] nous ne savions pas encore ce qu’était l’Agence centrale de renseignement du gouvernement étasunien, nous n’avions pas encore eu l’occasion de constater, jour après jour, ses activités criminelles contre notre peuple et contre notre Révolution.

« …notre pays était victime d’une série d’incursions d’avions pirates qui, un jour, lançaient des tracts, un autre jour incendiaient nos plantations de canne à sucre, un troisième jour larguaient une bombe sur une de nos sucreries.

« …l’éclatement de la bombe qu’il transportait a fait exploser l’avion pirate et ses pilotes […] à cette occasion-là, le gouvernement étasunien n’a pu continuer de nier que ces avions partaient bel et bien de ses côtes : […] devant la documentation récupérée intacte… il n’a pas pu nier la réalité […] il a décidé de présenter ses excuses et de nous donner des explications…

« Mais les vols n’ont pas cessé. […] une de ces incursions a causé un grand nombre de victimes. Toutefois, aucun de ces faits ne revêtait le caractère d’une attaque militaire…

« Aucune opération n’avait revêtu à ce jour toutes ces caractéristiques nettement militaires.

« …voilà quelques semaines, un bateau pirate a pénétré dans le port de Santiago de Cuba, a mitraillé la raffinerie, et ses tirs ont aussi causé des victimes parmi les soldats et les marins détachés à l’entrée de la baie.

« …une opération de ce genre, avec des bateaux de cette nature, ne pouvait se faire qu’à partir de bateaux fournis par les Étasuniens et approvisionnés par les Étasuniens à un endroit donné des Caraïbes.

« …ce continent-ci, certes, savait ce qu’étaient les débarquements de troupes étrangères. Le Mexique le savait, le Nicaragua, Haïti, Saint-Domingue, tous ces peuples avaient eu l’occasion de savoir ce qu’étaient les interventions de l’infanterie de marine étasunienne. […]

« …ce qu’aucun peuple de ce continent n’avait eu l’occasion d’expérimenter, c’est cette action systématique des services secrets du gouvernement étasunien […] ce qu’aucun peuple de ce continent n’avait eu l’occasion d’expérimenter, c’est cette lutte contre l’Agence centrale de renseignement… acharnée à tout prix, répondant aux instructions de son gouvernement… à détruire systématiquement le fruit du travail d’un peuple, à détruire systématiquement les ressources économiques, les établissements commerciaux, les usines, et, ce qui est pire, des vies précieuses d’ouvriers, de paysans et d’honnêtes travailleurs de ce pays.

 « Mais, de toute façon, aucun des faits antérieurs n’avait été, comme hier, une agression typiquement militaire. Il ne s’est plus agi du vol d’un avion-pirate, il ne s’est plus agi de l’incursion d’un bateau-pirate, il s’est agi rien moins que d’une attaque simultanée, dans trois villes différentes, à la même heure, au petit matin, d’une opération dans toutes les règles de l’art militaire.

« Trois attaques simultanées au petit matin, à la même heure, à La Havane, à San Antonio de los Baños et à Santiago de Cuba… réalisées par des bombardiers B-26, qui ont lancé de bombes à grand pouvoir de destruction, qui ont lancé des roquettes et qui ont mitraillé trois points différents du territoire national. Il s’est agi d’une opération ayant toutes les caractéristiques militaires et répondant à toutes les règles militaires.

« Ç’a  été aussi une attaque surprise, une attaque similaire à celles par lesquelles les gouvernements vandales du nazisme et du fascisme avaient l’habitude d’attaquer les nations. […] Les attaques armées contre les peuples européens par les hordes hitlériennes ont toujours été de ce genre : sans préavis, sans déclaration de guerre, par traîtrise, par surprise. Et ils ont envahi par surprise la Pologne, la Belgique, la Norvège, la France, la Hollande, le Danemark, la Yougoslavie et d’autres pays européens.

hist_us_20_cold_war_pic_castro_mike_paradejpg-580x888.jpg

Fidel, durant son discours du 16 avril 1961.


Je rappelai ce que les militaristes japonais avaient fait contre la base étasunienne de Pearl Harbor, en décembre 1941 :


« Je ne prétends pas par là faire des comparaisons, parce que, quand les Japonais luttaient contre les Étasuniens, c’était un combat entre deux pays impérialistes, c’était un combat entre deux pays capitalistes, c’était un combat entre deux gouvernements exploiteurs, c’était un combat entre deux gouvernements colonialistes, c’était un combat entre deux gouvernements qui s’efforçaient de dominer les marchés, les matières premières et l’économie d’une partie considérable du monde.


 « Ce en quoi nous nous différencions des États-Unis, c’est qu’ils sont un pays qui exploite d’autres peuples, un pays qui s’est emparé d’une bonne partie des ressources naturelles du monde et qui fait travailler au bénéfice de sa caste de millionnaire des dizaines et des dizaines de millions de travailleurs dans le monde entier.


 « Grâce à notre Révolution, nous éliminons non seulement l’exploitation d’une nation par une autre, mais aussi l’exploitation des hommes par d’autres !


 « Les États-Unis constituent aujourd’hui, sur le plan politique, un système d’exploitation des nations par une nation, et un système d’exploitation de l’homme par d’autres hommes.


« Voilà pourquoi le combat entre le Japon et les États-Unis est une bagarre entre des systèmes similaires, tandis que la lutte entre les États-Unis et Cuba est une lutte entre des principes différents, une lutte entre ceux qui manquent de tout principe humain et ceux qui, comme nous, ont pris la défense des principes humains.


 « Pourtant, combien ces faits servent à comprendre, combien ces faits servent à nous apprendre les réalités du monde, combien ces faits servent à éduquer notre peuple ! Elles sont chères, ces leçons, certes ; elles sont douloureuses, ces leçons ; elles sont sanglantes, ces leçons, mais comme ils apprennent ainsi, les peuples ! Comme il apprend, notre peuple ! Comme il s’éduque, notre peuple, et comme il grandit !


« […] voilà pourquoi nous sommes en cet instant un des peuples qui ont le plus appris, et en moins de temps, dans l’histoire du monde.


« Qu’il était difficile de savoir ce qu’il se passait dans le monde quand les seules nouvelles qui arrivaient dans notre pays étaient étasuniennes ! Combien de mensonges ne nous ont-ils pas inculqués, de combien de mensonges n’avons-nous pas été victimes ? Si quelqu’un avait encore des doutes, si quelqu’un de bonne foi dans notre pays – et je ne parle pas de la misérable vermine, je parle des hommes et des femmes capables de penser honnêtement, même s’ils ne pensent pas comme nous – si donc quelqu’un avait encore des doutes, si quelqu’un croyait encore qu’il restait un zeste de dignité dans la politique yankee, si quelqu’un croyait qu’il restait un zeste de morale dans la politique yankee, si quelqu’un croyait qu’il restait un atome de dignité ou d’honnêteté ou de justice  dans la politique yankee […] si quelqu’un dans ce pays-ci, qui a eu le privilège de voir tout un peuple se convertir en un peuple de héros, en un peuple d’hommes digne et courageux ; si quelqu’un dans ce pays-ci, dont l’accumulation de mérites, d’héroïsme et de sacrifice croît de jour en jour, avait encore le moindre doute ; si ceux qui ne pensent pas comme nous croient arborer ou défendre un drapeau honnête, croient arborer ou défendre un drapeau juste, et, parce qu’ils le croient, sont des proyankees et des défenseurs du gouvernement étasunien, s’il existait encore  quelqu’un de bonne foi parmi ceux-là, eh bien, que ces faits… servent à leur ôter le moindre doute.


« Hier, tout le monde le sait, des bombardiers divisés en trois groupes sont entrés, à six heures exactes du matin, dans le territoire national en provenance de l’étranger et ils ont attaqué trois points. À chacun de ces trois points, les hommes se sont défendus héroïquement ; à chacun de ces trois points, le précieux sang des défenseurs a coulé ; à chacun de ces trois points, des milliers, ou sinon des centaines et des centaines de gens ont été témoins des faits. C’était aussi un fait qu’on attendait ; c’était quelque chose qu’on attendait tous les jours ; c’était le couronnement logique des incendies des plantations de canne à sucre, des centaines de violations de notre espace aérien, des incursions pirates, des attaques pirates à nos raffineries par un bateau au petit matin, c’était la conséquence de ce que tout le monde savait, c’était la conséquence des plans d’agression que les États-Unis ourdissent avec la complicité de gouvernements laquais d’Amérique centrale, c’était la conséquence des bases aériennes qui y existent, comme tout notre peuple le sait et comme tout le monde le sait, parce que même les journaux et les agences de presse étasuniens en ont parlé, tout comme ils ont parlé des armées mercenaires qu’ils s’organisent, des terrains d’aviation qu’ils ont préparés, des avions que leur ont fournis le gouvernement étasunien, des instructeurs yankees, des bases aériennes établies au Guatemala.


 « Croyez-vous donc que le monde ne pouvait pas ne pas  apprendre l’attaque de Cuba, croyez-vous donc que le monde ne pouvait pas  ne pas apprendre ce qu’il s’est passé, croyez-vous donc qu’il est possible de faire taire dans le monde l’écho des bombes et des roquettes que les criminels ont lancés contre notre patrie ? Pensez-vous que quelqu’un dans le monde pouvait avoir cette idée-là ? Pensez-vous que quelqu’un a pu vouloir tromper le monde entier, occulter la vérité au monde entier, duper le monde entier ? Eh bien, oui ! Hier, non seulement on a attaqué notre terre criminellement, par traîtrise, avec préméditation, même si tout le monde le savait, avec des avions yankees, et avec des bombes yankees, et avec des armes yankees, et avec des mercenaires payés par l’Agence centrale de renseignement yankee ; non seulement on a détruit des biens nationaux ; non seulement on a détruit des vies de jeunes dont beaucoup n’avaient même pas encore vingt ans, non seulement on a fait ça, mais en plus, en plus, le gouvernement étasunien a tenté, hier, de duper le monde… de la manière la plus cynique et la plus impudente qu’on puisse concevoir !


 « …voilà ce qu’ils ont dit au monde, et ce qu’ils ont peut-être fait croire à des dizaines et des dizaines de millions d’êtres humains, voilà ce qu’ont publié hier des milliers et des milliers de journaux, voilà ce qu’ont annoncé hier des milliers et des milliers de stations de radio et de télévision au sujet de ce qu’il s’est passé à Cuba, et qu’une partie considérable du monde a appris à travers les agences yankees.


« [… ] "Miami, le 15 avril. UPI. Des pilotes cubains qui ont déserté les forces de l’air de Fidel Castro ont atterri aujourd’hui en Floride à bord de bombardiers de la Seconde guerre mondiale, après avoir bombardé des installations militaires cubaines pour se venger de la trahison d’un lâche parmi eux. L’un des bombardiers B-26 des forces de l’air cubaines a atterri sur l’aéroport international de Miami, criblé de balles de DCA et de mitrailleuses, avec un seul moteur en état de marche.  Un autre est descendu sur la station aérienne de la marine à Key West ; un troisième bombardier a atterri dans un autre pays étranger. […] Selon des versions non confirmées, un autre avion, un autre aéronef, s’est écrasé en mer près de l’île de la Tortue. La marine étasunienne enquête de toute façon sur ce cas. Les pilotes qui ont demandé à conserver l’anonymat sont descendus de leurs avions en uniforme de manœuvre et ont aussitôt demandé l’asile aux États-Unis."


« "Edward Ahrens, directeur des services d’immigration de Miami, a affirmé que ces requêtes étaient en cours d’examen. L’aviateur moustachu qui est descendu à Miami a affirmé aux fonctionnaires de l’immigration que lui-même et trois autres pilotes des forces de l’air cubaines avaient prévu depuis des mois de fuir la Cuba de Castro. Il a ajouté que, compte tenu de la trahison de Galo, lui et les deux autres ont décidé de donner une leçon en bombardant et en mitraillant les installations des bases aériennes pendant leur vol vers la liberté. Il a dit avoir opéré sur sa propre base, San Antonio de los Baños, tandis que les autres pilotes en attaquaient d’autres. Ce pilote s’est dit prêt à converser avec les journalistes, mais il a baissé la tête et a mis des lunettes de soleil quand les photographes ont voulu le prendre en photo."


« "Il a expliqué – écoutez bien ce mensonge, cette absurdité ! – que lui-même et les autres pilotes avaient laissé de la famille à Cuba et qu’ils redoutaient des représailles de Castro contre elles."


« Autrement dit, ils affirment être des pilotes de nos forces de l’air, avoir volé les avions, avoir déserté, mais ils refusent de donner leurs noms.

« Dépêches de l’AP :


« "Miami, 15 avril. AP. Trois pilotes cubains de bombardiers, redoutant de voir révéler leurs plans pour fuir le gouvernement Fidel Castro, ont fui aujourd’hui aux États-Unis après avoir mitraillé et bombardé les aéroports de Santiago et de La Havane."

« "Un des deux bombardiers bimoteurs, de l’époque de la Deuxième Guerre mondiale, a atterri sur l’aéroport international de Miami, un lieutenant aux manettes. Il a expliqué comment lui-même et trois autres des douze pilotes d’avions B-26, les seuls restants des forces de l’air cubaine, avaient projeté pendant des moins de fuir Cuba."

« "L’autre avion, avec deux hommes à bord, a atterri dans la station aéronavale de Key West. Les noms des pilotes n’ont pas été divulgués. Les autorités de l’immigration ont placé les Cubains sous bonne garde et confisqué les appareils." »

 « […] Voyez un peu à quel degré de cynisme ils en arrivent [...] voyez un peu le culot des fonctionnaires et des dirigeants de l’impérialisme ! […] ils en arrivent à peaufiner jusque dans ses détails une légende farfelue, une vraie histoire à dormir debout ! Voyez un peu l’histoire qu’il donne à la publicité, avec tous les détails possibles, pour que le  truc soit complet… Une histoire absolument inventée ! Écoutez donc :


« "Je suis l’un des douze pilotes d’avion B-26 à être restés dans les forces de l’air de Castro après la désertion de Díaz Lanz, l’ancien chef, et les purges qui ont suivi. Trois de mes compagnons pilotes et moi, on avait projeté pendant des mois la façon de pouvoir échapper de la Cuba de Castro. J’ai appris avant-hier qu’un des trois, le lieutenant Alvaro Galo [ils ont même pris le nom d’un des aviateurs des FAR, quel cynisme, quel toupet !], qui est pilote de B-26, numéro FAR-915 [précisément ce pilote est à Santiago], avait conversé avec un agent de Ramiro Valdés, le chef du G-2. J’ai alerté les deux autres, et on a décidé alors, comme Alvaro Galo, qui s’était toujours conduit en lâche, nous avait probablement trahis, d’agir sans retard. Hier matin, on m’a assigné à une patrouille de routine depuis ma base de San Antonio de los Baños, au-dessus de Pinar del Río et autour de l’île des Pins. J’ai averti mes amis à Campo Libertad, et ils ont été d’accord qu’on agisse. L’un d’eux devait voler jusqu’à Santiago ; l’autre a présenté comme excuse qu’il souhaitait réviser son altimètre. Ils allaient décoller à six heures de Campo Libertad où il n’y avait aucun B­-26, seulement des avions en panne. À six heures cinq, j’étais en l’air. À cause de la trahison d’Alvaro Galo, on avait décidé de lui donner une leçon. J’ai donc volé à San Antonio où son avion était stationné et j’ai fait deux passages pour le mitrailler, et mitrailler trois autres stationnés tout près. En me retirant, j’ai été touché par des tirs d’armes courtes et j’ai fait une manœuvre d’esquive. Mes camarades étaient déjà partis attaquer des terrains d’aviation qu’on avait décidé d’attaquer. Ensuite, comme j’étais à court d’essence, j’ai dû aller à Miami, car je ne pouvais pas arriver jusqu’à la destination qu’on avait décidée. Il se peut qu’ils soient allés mitrailler d’autres terrains avant de se retirer, comme la plage de Baracoa où Fidel garde son hélicoptère."


« Voilà ce qu’on a raconté au monde. L’UPI et l’AP n’ont pas seulement raconté que c’étaient "des avions cubains qui avaient bombardé", elles ont aussi divulgué cette histoire dans le monde. Que pensez-vous que des dizaines de millions de personnes ont lu et écouté hier à ce sujet, publié dans des milliers et des milliers de journaux différents, de stations de radio et de télévision ? Que pensez-vous des tas de gens ont écouté en Europe, dans de nombreux endroits d’Amérique latine, dans de nombreuses parties du monde ?


« Elles n’ont pas affirmé tout ça, mais en plus elles en ont fait une histoire complète, avec des détails, des noms, de la façon dont ils ont tout tramé. Même à Hollywood, mon bon monsieur, on n’en fait pas tant !


 « "Mexico, 15 avril, AP. Le bombardement de bases cubaines par des pilotes cubains déserteurs a été accueilli ici avec satisfaction par la plupart des journaux qui ont fait leur l’idée des groupes de Cubains exilés que c’était le début d’un mouvement de libération contre le communisme. Le gouvernement a gardé le silence, tandis que des groupes d’étudiants de gauche et communistes ont soutenu la déclaration de l’ambassadeur cubain, José Antonio Portuondo, selon laquelle les attaques aériennes ont été des actions lâches et désespérées des impérialistes. On constatait une grande activité parmi les Cubains exilés. Une source cubaine a commenté que le nouveau gouvernement cubain en exil se rendra à Cuba peu après la première vague d’invasion contre le régime cubain de Fidel Castro, pour établir un gouvernement provisoire dont on espère qu’il sera reconnu rapidement par de nombreux pays latino-américains anticastristes."


« "Une déclaration remise par Me Miró Cardona[12]". Ça vient de l’AP et de l’UPI.

«  "Une frappe héroïque en faveur de la liberté cubaine a été portée ce matin par un certain nombre d’officiers des forces de l’air cubaines. Avant de s’envoler dans leurs avions vers la liberté, ces vrais révolutionnaires ont tâché de détruire le plus grand nombre possible d’avions militaires de Castro. Le Conseil révolutionnaire est fier d’annoncer que leurs plans ont été couronnés de succès, qu’il était entré en contact avec eux et qu’il avait encouragé ces vaillants pilotes. Leur action est un nouvel exemple du désespoir auquel les patriotes de toutes les couches sociales peuvent être entraînés sous la tyrannie implacable de Castro. Tandis que Castro et ses partisans tentent de convaincre le monde [écoutez bien !], tandis que Castro et ses partisans tentent de convaincre le monde que Cuba  est menacée d’une invasion depuis l’étranger, cette frappe en faveur de la liberté, tout comme les précédentes, a été portée par des Cubains vivant à Cuba qui ont décidé de lutter contre la tyrannie et l’oppression ou de mourir dans la tentative. Nous ne ferons pas connaître d’autres détails pour des raisons de sécurité." »


Miró Cardona était justement le chef du gouvernement provisoire que les Etats-Unis maintenaient, ses valises prêtes, à côté d’un avion, pour atterrir à Playa Girón dès que la tête de pont serait garantie.

  Lire la suite....là aussi en intégralité sur cubadebate

 

Partager cet article

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans Fidel
commenter cet article

commentaires