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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 14:08

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C’est l’histoire d’un général d’origine chinoise qui a fait la révolution cubaine aux côtés du Che et celle d’un sculpteur québécois, nationaliste et excentrique à souhait. C’est l’histoire d’une rencontre surréelle entre deux hommes qui, chacun à leur façon, ont mené leur combat : l’un par les armes, l’autre par les arts.

 

La nuit tombe doucement sur la vieille maison de l’artiste. Ils sont là à l’attendre, un verre à la main. Ils doivent bien être une quarantaine. Un cracheur de feu fait son numéro, accompagné d’une jolie gitane qui chante d’une voix profonde sa douleur dans la langue de Cervantes.

Pour l’occasion, l’artiste a affiché une immense banderole exigeant la libération de cinq prisonniers politiques cubains détenus aux États-Unis. La même qu’on retrouve aux aéroports de Holguin et de Cayo Coco. Une autre, tout aussi immense, relève le nom de tous les pays ayant dénoncé l’embargo américain qui affame Cuba. Plusieurs convives arborent un macaron de Cu-bec Libre. Sur la rue donnant sur le parc Jeanne-Mance, les passants regardent la scène avec curiosité.

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Une immense banderole demandant la libération de prisonniers politiques cubains aux États-Unis ornait la devanture de la maison d’Armand Vaillancourt. Photos Rogerio Barbosa

L’artiste et le révolutionnaire


À l’intérieur, on se prépare pour le festin. Un peu partout, des matériaux épars trônent en maîtres chez eux, nous rappelant que nous sommes dans l’antre d’un créateur.

L’artiste, c’est Armand Vaillancourt.

Le révolutionnaire, c’est le général Armando Choy, véritable monument de la révolution cubaine.

Le sculpteur tient à préciser qu’il a fait le ménage pour l’occasion. Il est ravi de recevoir un révolutionnaire, un vrai. « Ça mérite bien de faire le ménage pour l’occasion, non ?»

Le général arrive. On ouvre le portail. Chacun s’approche en retenant son souffle.

Il débarque avec sa garde rapprochée : un garde du corps, un interprète et le consul général de la République de Cuba, Sergio Vélez Camhi.

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Armand Vaillancourt présente au général sa toute dernière œuvre
sur l’affaire Earl Jones.

 

Poignées de main, photos, sourires. On lui fait faire la tournée de la cour d’Armand Vaillancourt. Le vieil excentrique amène le vieux révolutionnaire dans son abri tempo défraîchi pour lui montrer une automobile datant d’une autre époque. Le général est tout sourire. J’apprendrai plus tard qu’il parlait boxe avec Armand Vaillancourt. Chacun dans sa langue respective. Au-delà des mots, ils s’étaient compris.

Puis, coups de tambour, Armand Vaillancourt dévoile sa toute dernière sculpture, celle faite avec les bâtons de golf d’Earl Jones qui garnissent, tels un bouquet de fleurs, une toilette en émail blanc sertie d’un siège vert. Certains murmurent que la toilette est encore trop blanche pour Earl Jones. On explique l’histoire du scandale financier au général. Il regarde la sculpture et en rigole un bon coup.


La culture et le processus révolutionnaire


C’est l’heure du souper. On a dressé une table d’honneur pour l’occasion. Le général siège au milieu. Il prend la parole, remercie Armand Vaillancourt de l’avoir invité chez lui, de lui présenter tous ces gens.

Il avait demandé à rencontrer la culture québécoise, il l’a trouvée. Pas celle qu’on voit dans les magazines, non. Armand Vaillancourt avait réuni autour de lui une quarantaine d’amis : artistes en arts visuels, musiciens, écrivains, éditeurs. « Des gens qui ne sont pas moulés dans le système », précise M. Vaillancourt.

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Le général Armando Choy était accompagné du consul général de la République de Cuba,
Sergio Vélez Camhi.

 

Le général Armando Choy fait l’éloge de la culture, des hommes et des femmes qui l’inventent, la transmettent et la redécouvrent tous les jours. Il parle en espagnol. Son interprète traduit. Dans la salle à dîner, le silence est total. Chacun est suspendu à ses lèvres. Le général parle de culture et de révolution. « Sans la culture, on ne peut pas comprendre un vrai processus révolutionnaire. » Ce n’est pas de lui, il cite Fidel.

Il chante les louanges de la culture cubaine, de l’importance qu’on lui accorde au sein du parti, surtout depuis une dizaine d’années avec le mouvement de massification de la culture. C’est court, c’est simple, c’est efficace. En matière de discours, le général a appris avec les meilleurs.

« Même avec toutes les difficultés que nous avons connues dans le processus révolutionnaire, surtout les problèmes économiques avec le blocus des États-Unis, la culture a beaucoup avancé dans notre pays. Et nous sommes très heureux d’être avec vous aujourd’hui parce qu’à travers l’histoire de l’humanité, les femmes et les hommes de la culture ont défendu leur peuple et leur pays. »

Les applaudissements sont nourris. Mais ils redoublent bien vite d’ardeur sur la conclusion du général : « Je voudrais remercier M. Vaillancourt et sa femme pour cette rencontre ici parce que c’est une rencontre non pas avec moi, mais avec la révolution cubaine. »


Le général et Rue Frontenac


La musique reprend doucement. On fredonne le classique Commandante Che Guevara pendant que tout un chacun se sert. Le consul général de Cuba me cède aimablement sa place pour quelques minutes, le temps de faire une courte entrevue avec le général.

Je parle au général du média que je représente fièrement, Rue Frontenac, un journal fait par des travailleurs qui ont été mis en lock-out par leur employeur. Le général est intéressé, c’est lui qui pose les questions. Il écoute, réfléchit quelques instants, puis se lance :

« Je sens la difficulté de votre combat, ça me fait de la peine. La classe ouvrière est totalement protégée dans notre pays et sa voix est reconnue. Les travailleurs ont beaucoup d’avantages sociaux. Il faut chercher une solution à ça, donner raison à celui qui a raison. Et à voir le nombre de travailleurs qui sont sans travail, il me semble que ce sont les travailleurs qui ont raison. »


La révolution « plus forte que jamais »


Nous enchaînons sur sa vision de la révolution 50 ans plus tard. Son regard est incisif. Il impose le respect. Il parle avec détermination de la révolution, « sa » révolution.

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Qu’importe la langue, Armando Choy et Armand Vaillancourt se sont compris au-delà des mots.

 

« Elle est plus forte que jamais. On connaît bien les enjeux, les questions sur lesquelles nous devons travailler et les choses qu’il faut renforcer. […] Nous travaillons toujours à l’intérieur de la révolution pour faire des améliorations et renforcer le processus révolutionnaire dans le pays. »

Il parle aussi d’environnement. À 77 ans, après des décennies de service au sein des forces armées révolutionnaires, il préside aujourd’hui une commission sur la restauration et la préservation de la baie de La Havane, fortement contaminée. Il consacre d’ailleurs tout un chapitre à cette question dans son livre, Notre histoire s’écrit toujours, dont il est venu faire la promotion à Montréal.

J’avais des tonnes de questions. Mais à sa façon de tourner la tête, je comprends que l’entrevue est terminée. Son repas est froid. Le consul, lui, a dû se trouver un autre siège au bout de la table pour commencer à manger.

C’est l’histoire d’un révolutionnaire communiste et de travailleurs de l’information mis en lock-out depuis plus d’un an. C’est l’histoire d’une rencontre surréelle entre des combattants qui, chacun à leur façon, mènent leur lutte et refusent de se laisser écraser par leur opposant, aussi puissant soit-il.

« Vous faites un site Web d’information pour contrer le blocus du patron ? », demande le général. Oui, c’est cela. Nous nous sommes compris. Nous faisons la révolution, chacun à notre façon. Lui a pris les armes. Nous, nos mots, nos photos. Nous répondrons par la bouche de nos crayons.

 

http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/societe/20015-vaillancourt-armando-choy-cuba

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Published by cuba si lorraine - dans solidarités
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