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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 17:36

Chavez Fidel Tarek

Chavez, Fidel et Tarek (vidéos à la suite de l'article)

Par Yinett Polanco / redaccion@ahora.cu / Jeudi, 12 Août 2010
Il y a six ans que Tarek William Saab est le gouverneur de la province d´Anzoátegui, un des états vénézuéliens dans lesquels a commencé la Mission « Cultura Corazón Adentro », qui aspire à mettre la culture des arts et des traditions à la portée de tous, fondamentalement des plus humbles. Mais Tarek est un poète, en plus de politicien et avocat, une condition qui paraît avoir défini toute sa vie : il possède (a écrit) 11 livres publiés dans son pays natal, au Mexique, en Argentine, à Cuba, en Colombie, en Syrie et en Chine, parmi lesquels se trouvent Los ríos de la ira (1987), Al Fatah (1994), Los niños del infortunio (2006), Memorias de Gulan Rubani (2007) ou Un paisaje boreal (2008). Pour lui, son « être politique idéologique ne pourra jamais être séparé de cette partie spirituelle, poétique ».

Dernièrement, il semble qu´il se multiplie et qu’il est partout : dans l´activation des patrouilles du Parti Socialiste Uni de Venezuela pour les prochaines élections de septembre, dans les réunions avec les collaborateurs cubains de la Mission « Cultura… » ou intervenant dans un programme de télévision de grande audition « La Hojilla ». Même ainsi, il trouve un espace pour cette entrevue et bien qu´il soit pressé, ses réflexions et son discours ne le dénotent pas.

La Mission « Cultura Corazón Adentro » fondée par le Président Chávez il y a deux ans a commencé à Anzoátegui. Quels sont ses buts spécifiques ?


Le plus important pour nous, dans cette étape, est de consolider un travail que je qualifierais de précurseur ou de constitutif de ce type d´expérience à Anzoátegui. Depuis 2005 nous avons l’école de promoteurs culturels « Alfredo Almeida », qui est née comme une unité d’enseignement des Cubains et des Vénézuéliens pour convertir les diplômés ayant le titre universitaire de Technicien supérieur en développement culturel en Multiplicateurs des arts dans tous les quartiers populaires des principales villes de notre état.

L´expérience a été très gratifiante car on a vu des endroits et des espaces publics, tels que des parcs, des places, des jardins de maisons très humbles, occupés par des multiplicateurs diplômés. Je sens que, d´une certaine façon, l´entrée de la Mission « Cultura… » à Anzoátegui a été relativement facile – ainsi le reflétait le coordinateur cubain avec qui j’ai eu une réunion – car c´est un état possédant une infrastructure culturelle impressionnante, très avancée dans de nombreuses matières.

Nos expectatives après la réunion que j’ai eu avec les collaborateurs, en les connaissants, en voyant leur jeunesse, leurs désirs de faire, est que le travail réalisé en ce temps atteint un niveau supérieur et deux expériences se fondent : celle de l´école des promoteurs culturels et celle de cette Mission. Pour moi c´est le même processus, nous sommes sur le même chemin. L’école de promoteurs culturels « Alfredo Almeida » est née grâce à l’appui extraordinaire du Commandant Fidel Castro. Je l´ai rencontré en 2005 et je lui ai dit que nous aimerions faire quelque chose au niveau culturel à Anzoátegui, au-delà des missions éducatives et de santé. Alors il m’a dit de parler de mon inquiétude avec Abel Prieto, le ministre cubain de la Culture, qu’il concevra sûrement quelque chose, et il en a été ainsi. Je rappelle que nous nous sommes réunis et, à partir de là, on a conçu la transformation de l´expérience cubaine des instructeurs d´art en quelque chose adaptée à une région d´un pays, c’est ainsi qu’est apparue la maquette de ce qu’est un promoteur culturel.

Je sens que ceci ne nous est pas étranger, au contraire, nous avons donné l´appui inconditionnel du gouvernement et j’ai beaucoup d´espoirs. Jusqu´à présent il y a 106 collaborateurs et cent de plus vont arriver, c’est un groupe important, présent dans les quatre villes principales : Barcelona, Puerto la Cruz, El Tigre et Anaco. J’augure des choses historiques pour cette Mission.

Anzoátegui est un des états pilotes où s´initient des collaborateurs de littérature, une expérience qui n´existait pas. Comment croyez-vous que l´expérience des autres vienne compléter ces ateliers de littérature ?

Je crois que la littérature est la mère de tous les arts, car la narrative, la poésie (qui est la beauté du mot à travers les vers), l´essai (qui est la pensée critique) et tout cela est l´esprit humain créant et s’exprimant à travers son instrument primaire : le mot. Je crois que l´impact sera important. Nous avons besoin des jeunes penseurs qui ont le même niveau de réflexion orale et écrite. Il y a des gens qui sont très expressifs au niveau oral, mais au moment d´écrire non seulement ils font des fautes d’orthographes, mais ils n’ont pas, non plus, un système pour traduire leurs pensées en lettres. Je donne une valeur unique à la littérature car elle ouvre la pensée, elle permet d´élever le niveau éthique, spirituel. À travers la littérature tu connais l´histoire, la géographie, tout le monde, par conséquent, le sujet de l´entrée de la littérature dans la Mission « Cultura » va être très important.

À votre avis, quel est le rôle que joue la culture dans les processus de transformation révolutionnaire ?

Une révolution sans un bagage culturel d’un vaste spectre fracasse, est tronqué et se transforme en autre chose, il dévie. Toutes les vraies révolutions ont un caractère spirituel, humain et culturel. Nous avons l´exemple de la Révolution Cubaine qui a survécu le blocus, à l´isolement imposé par l´empire étasunien, avec une tâche parallèle à la diplomatie formelle que j’appellerais une diplomatie culturelle de longue haleine, laquelle a servi pour que des artistes de tout le monde connaissent l´autre réalité du pays, et durant des décennies on a senti Cuba comme une référence d´émancipation, au-delà de toute polémique.

Ce que vous avez obtenu avec beaucoup de sagesse et temps, nous devons, à partir de la réalité vénézuélienne et de nos particularités, le voir comme un grand exemple de la façon dont le thème culturel parvient à avoir un impact sur un peuple pour élever sa conscience politique, sa sensibilité, sa solidarité, des valeurs étrangères au capitalisme, au néo-libéralisme, à la conception esclavagiste et mercantiliste du monde.

Les puissantes sociétés converties en empires – et actuellement l´empereur n´est pas Obama, mais les grandes corporations : militaires, médiatiques, textiles – qui cherchent que nos peuples soient, littéralement parlant, des analphabètes, ou qu’ils puissent lire et écrire mais qu’ils soient des illettrés fonctionnels, des ignorants, pour qu´ils deviennent des proies plus facile de l´oppression, de la transculturation, d´un bombardement permanent d´antivaleurs avec lequel l´identité nationale et l´être vénézuélien disparaît.

La culture, par conséquent, dans un schéma où existe la dichotomie de oppresseur/opprimé, doit rompre avec cette politique déguisée aujourd´hui dans le cinéma, la littérature, où on présente la drogue, l’alcoolisme, tout ce qui implique une destruction, comme quelque chose de normal dans une société. La tâche culturelle doit aller au-delà des beaux arts et se convertir en un processus de transformation sentimentale et spirituelle de l´être humain pour le métamorphoser en quelqu´un de différent. Si cela existe dans un pays, c’est parce qu´il y a une révolution en marche, et évidemment au Venezuela ces choses adviennent.

Cela ne signifie pas que nous nous déconnections de la réalité universelle, il y a des choses aux Etats-Unis que nous célébrons, par exemple : sa musique ; ses grands écrivains ; son art, non pas fait depuis la domination, mais depuis la libération, comme devrait être l´art. Les Etats-Unis ont donné des gens comme Oliver Stone, dont ses films ont ouvert les yeux de nombreuses personnes quant à la réalité cubaine et vénézuélienne. Des acteurs comme Sean Penn, lauréat d´Oscar, que nous voyons à Haïti, au Venezuela, à Cuba, affrontant la guerre en Iraq. On doit avoir un sens critique, mais ample à la fois pour ne pas tomber dans les dogmes. Le plus important pour un artiste et pour ceux qui croient et qui pratiquent la culture, est de ne pas tomber dans les dogmes. Le plus antirévolutionnaire est un être dogmatique. Le plus révolutionnaire est de convertir une philosophie, une idéologie, un fait culturel en un instrument ou en une voie pour l´émancipation, pour la rébellion, contre tout type de chaînes.

Je pense que ces semences que la Mission « Cultura » crée et tout ce que nous pouvons faire au niveau politique, comme dirigeants, comme révolutionnaires, vont rendre ses fruits, et ils les rendent déjà. Le Venezuela n´est plus le même, culturellement parlant, dans l´identité nationale et dans le sentiment anti-impérialiste, qu’en 1998. Nous avons changé et ce changement dans la conscience du Vénézuélien est aussi un changement culturel. Ces icônes d’hier qui soutenaient le modèle politique d´oppression de la IVème République s’écroulent, implosent. Nous sommes dans l´étape la plus difficile : celle de restituer la peau et la chair de notre société et cela sera un processus de nombreuses années. Qu´est-ce que nous allons sauver ? Une véritable révolution culturelle depuis l´intérieur. Je crois que le président Chávez l’a compris, c’est pour cela qu’il applaudit et qu’il soutient tant cette Mission et c´est pourquoi nous, comme dirigeants, nous sommes obligés qu’elle ait tout le succès qu´elle mérite.

Il y a deux choses que Tarek paraît avoir été depuis toujours : un lutteur, car dès l’âge de 14 ans il s’est uni à un ex commandant guérillero, et un écrivain, car à 15 ans il publiait déjà ses premiers poèmes. Vous concevez-vous d´une autre manière ?


Non, je ne me conçois pas autrement, j’ai toujours le thème culturel présent dans ma formation politique. Je suis un spécialiste, á ma façon, de la littérature, du cinéma, des arts plastiques, de tout ce qui implique un sentiment émotionnellement sain qui te permet d´ouvrir ton esprit et de voyager en étant éveillé depuis un point fixe. C’est la poésie qui m’a donné cela, assumer l´écriture comme un moyen d´expression artistique, m´a ouvert d´autres chemins vers la musique, par exemple.

Nous avons construit un parc, l´Andres Eloy Blanco, où il y a 14 bustes de poètes, de musiciens, c’est quelque chose d’unique dans un territoire de 400 mille mètres carrés avec des places, là se trouvent García Lorca, Roque Dalton, l´immense monument à Simon Bolivar, des chanteurs nord-américains comme Bob Dylan ; c’est quelque chose au milieu de cette nature naissante qui nous réconcilie avec le monde. Je pense que la poésie, la littérature, les arts, la création culturelle de l´être humain, sont inséparables de l´être politique.

Je ne crois pas que cette faculté me soit exclusive. Un être politique pensant doit avoir une éthique, comme exemple de base il y a José Martí, un grand philosophe, un grand penseur, un poète qui est regrettablement mort lors d’une bataille. Un autre exemple est celui de Roque Dalton, un révolutionnaire, un politicien, un poète, mort lui aussi en combat. Il y a Javier Heraud, au Pérou, quelqu´un provenant de l´oligarchie de Lima, assassiné à l’âge de 21 ans après avoir surpris le Pérou avec un livre écrit à l’âge de 18 ou aux 19 an, El río. Il s´est formé dans la lutte armée à Cuba et il est mort près d’un fleuve appelé Madre de Dios.

Nous nous rappelons de García Lorca, fusillé pour être ce qu’il a été. Ce sont des exemples lumineux dans ce fin tragique, chacun dans leur temps. Je sens que mon être révolutionnaire, mon être politique idéologique ne pourra jamais être séparé de cette partie spirituelle, poétique, qui m´accompagnera jusqu´à la mort.

Vous avez mentionné la réunion avec Fidel en 2005, vous l’avez aussi rencontré en 2006, lors de la présentation de Los niños del infortunio, et ensuite vous êtes revenu à La Havane, pour la Foire du Livre 2009 avec En un paisaje boreal. Pour vous, que signifient Cuba et Fidel ?


Je les ai eus comme références presque toute ma vie. J´ai grandi en ayant Cuba et Fidel, dans un premier temps, comme quelque chose de difficile à toucher ; le triomphe de la Révolution Bolivarienne nous a ensuite approchées énormément, car nous sommes deux pays frères, pour toute cette admiration de Martí pour Bolivar, pour tant de choses communes jusque dans notre façon d´être. L’empire nous avait éloignées énormément à travers tant de manipulation contre Cuba, Fidel, Révolution.

Évidemment ceux qui avaient une formation de gauche depuis l´adolescence, ne tombaient pas dans ce piège, mais ces années nous ont permis de la connaître au-delà de ce que j’écoutais à Radio Habana Cuba, des livres que je lisais, de la biographie de Fidel, de ses exploits, ceux du Che Guevara. J’ai séjourné des centaines de fois à Cuba et j´ai eu de nombreuses entrevues avec Fidel. J´ai eu la chance d´être avec lui durant plusieurs heures, il m´a même honoré lors de sa visite à Anzoátegui, quand a été fondé Petrocaribe, avec sa présence chez moi. Ensuite je l’ai vu durant sa convalescence, j´ai eu le privilège, peut-être immérité, de pouvoir être avec lui pendant ces années, quand il a recouvré la santé, j´ai pu voir son évolution.

L´année dernière, pendant la Foire du Livre, je lui ai rendu visite et il m´a donné l’impressionnante nouvelle que pour la première fois, depuis qu’il commençait à se rétablir, il avait marché jusqu´à la maison où il vivait, parce qu´il était dans un autre lieu, proche de chez lui, et nous avons beaucoup parlé.

Cette année j´ai eu l´occasion de le visiter deux fois, pour la Foire du Livre et pour le Festival International de Poésie de La Havane. Je le vois chaque fois plus sage, plus profond, plus humain, c’est tout un chevalier. Fidel est un homme qui a déjà échappé au XXème siècle, parce qu´il s’est projeté sur ce XXIème siècle. Je l´ai vu récemment dans sa réunion avec les artistes, avec les intellectuels, avec sa tenue vert olive, saluant Silvio, Kcho et tout cela nous inspire pour continuer la lutte. C’est impossible d’être comme lui, mais au moins voir en lui, dans son exemple, une inspiration permanente de vivre. En observant sa convalescence et la façon dont il l’a surpassé, comment il s´est présenté face aux gens ces dernières semaines ; je qualifie cela comme un exploit semblable à tous ceux qu´il a réalisé, comme être emprisonné après l´assaut de la caserne Moncada, s’exiler, revenir à Cuba dans un bateau, combattre deux ans, prendre le pouvoir et construire le socialisme dans une île assiégée par l´empire. Cela est un exploit dans une dimension personnelle et humaine, il est parvenu à se rétablir et il a pensé, il a réfléchi, il a écrit et il a alerté l´humanité.

Quand je l´ai vu au mois de mai, il m’a commenté un livre qu’il écrivait sur sa campagne de guérilla dans la Sierra Maestra, où il comptait même les cartouches qui étaient tirées et celles qui ne devaient pas être tirées. C’est incroyable à son âge de reconstruire quelque chose tellement précis. Personnellement, c´est plus grand homme que j’ai connu, je doute que celui qui a connu Fidel parvienne ensuite à connaître quelqu´un de cette dimension. Je me sens très revendiqué car dans le cas vénézuélien, s´il a un vrai disciple, dans les termes les plus justes et éthiques du mot, c’est le président Hugo Chavez. Il a suivi ses pas. Chacun a ses réalités différentes, mais les vicissitudes sont communes, comme les grandes limitations, les mêmes ennemis, la même cruauté et la même férocité de la part de ceux qui veulent nous détruire et malgré tout, la persistance de continuer de l’avant et de vaincre toutes ces difficultés. Je crois que la Révolution vénézuélienne sans l´exemple de Cuba et de Fidel n´existerait pas.

Une des façons dont se sont matérialisés un grand nombre des rêves conjoints de Chávez et de Fidel est à travers les projets de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques), comment imaginez-vous toute une Amérique Latine dans une alliance de ce type ?


C’est comme le rêve de Bolivar devenu une réalité 200 années plus tard. Les premiers pas sont faits, il y a même un ALBA culturel en marche, nous avons Petrocaribe, une alliance de caractère diplomatique, l’ALBA a eu un impact sur l’UNASUR.

Ce qui paraissait impossible dans les années 60, quand ont eu lieu ces grandes rébellions en Amérique Latine et que la seule triomphante a été la Révolution Cubaine, devient une réalité. Le chemin se dégage, il y a deux projets qui s’affrontent : celui de la révolution, de l´émancipation, de nous voir nous mêmes comme un peuple proche, comme un continent, et le projet d´exploitation, de guerre, de catastrophe naturelle, d´en finir avec l´être humain que représente l´empire étasunien et toutes les superpuissances européennes qui l´accompagnent. C’est notre heure de faire ce chemin.

C´est pour cette raison qu’ils attaquent tant Chávez à l´heure actuelle, l´encre qui coule est impressionnante, sur Internet, dans les journaux, car en vérité c´est une expérience atypique à cette époque. Nous devons nous unir de plus en plus pour survivre à cette conjoncture si difficile et donner la sécurité d´un monde meilleur pour nos enfants et nos petits-enfants.

Tiré de Cubarte

 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 09:05

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Le gouvernement de l’Equateur a signé avec le Programme des Nations Unies pour le Développement, PNUD, l’Initiative Yasuni –ITT, par laquelle le pays andin renonce à l’exploitation de 846 millions de barils de pétrole pour ne pas affecter une partie importante de l’Amazonie, considérée comme l’une des plus grandes réserves de biodiversité sur la planète.

Le brut restera sous terre, pour que la vie fleurisse à la surface, grâce à une décision considérée comme historique, qui de plus, permettra aux ethnies indiennes tagaeri et taromenane, les deux dernières à se maintenir en isolement volontaire, de conserver leur mode de vie dans leur environnement d’origine.

Les spécialistes s’accordent à dire que le Parc National Yasuni, où se trouve le bloc Ishpingo-Tambococha- Tiputini, abrite 2274 espèces d’arbres et arbustes, 593 d’oiseaux, 150 d’amphibies et beaucoup d’autres formes de vie qui seraient affectées irrémédiablement au cas où l’hydrocarbure serait exploité.

L’extraction du pétrole signifierait le déversement dans l’atmosphère de 407 millions de tonnes de carbone. En renonçant à cette activité le gouvernement du président Rafael Correa est donc en train de faire un apport significatif à la santé globale de notre planète.

En échange, un apport international de 3 milliards 600 millions de dollars est attendu, environ la moitié de la somme qui serait obtenue si le pétrole était vendu. Cet argent sera géré par le PNUD et il sera destiné à la mise au point de projets de développement de cette zone et d’utilisation des sources d’énergie renouvelable.

Le plan avait été proposé par Rafael Correa devant l’Assemblée Générale de l’ONU en 2007, cependant les négociations compliquées, surtout au sujet de l’origine des fonds, ont retardé presque de trois ans sa matérialisation.

Après la signature des documents, le ministre équatorien des Affaires Etrangères, Ricardo Patiño, a assuré : « c’est une proposition politique et révolutionnaire, car en plus de conserver la biodiversité il s’agit là d’une option contre le changement climatique, qui aspire en outre à combattre la pauvreté et les inégalités du pays ».

Quito avait fait récemment un autre pas transcendantal dans sa politique pétrolière, en signant la nouvelle Loi d’Hydrocarbures, qui établit la propriété par l’état de toute la production du pays.

Dans un délai de 120 jours l’actuel modèle « de contrats de participation » dans les revenus du pétrole sera changé par celui de « prestation de services » au moyen d’un tarif fixe. Ce nouveau schéma permettra, entre autres bénéfices, que ce soit le pays et non pas les transnationales qui reçoivent les recettes extraordinaires pour les éventuelles hausses du prix du brut sur le marché mondial.

La législation stipule que 12% des bénéfices des entreprises étrangères, qui extraient 40% du total national, soit investit dans des plans de développement économique et social dans les zones d’opérations.

Aussi bien la Loi des Hydrocarbures, que l’initiative Yasuni-ITT, impliquent un changement brusque dans la conception de l’activité pétrolière où la priorité cessera d’être le gain sans frein, au profit de la biodiversité, la souveraineté nationale et le bien être de la population.

L’Equateur est en train de donner une réponse positive et inédite à la planète. Il faudra voir maintenant s’il y a une attitude conséquente dans le reste du monde, ou si va prévaloir la culture de l’égoïsme et de la mort qui nous amène à faire de notre maison un cimetière huileux et pestilentiel.

RHC

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 08:41

 NIDIA DIAZ

• UN vieux diction bien connu recommande: «mardi 13, ne te maries ni ne t’embarques», mais il semble qu’un groupe conséquent de sénateurs chiliens ne croient pas en cette « sagesse populaire » car ce 13 juillet, ils ont approuvé deux motions qui témoignent de la position insolite du Chili d’aujourd’hui et qui devraient faire école en matière de démocratie et de droits de l’Homme.



Dans la première, ils ont demandé au président Sebastian mapuche-6agosto.jpgPiñera, en sa qualité de chef de l’exécutif, d’exiger des organismes internationaux une «attitude plus vigilante» pour les prochaines élections qui se tiendront le 26 septembre au Venezuela, ainsi que le soutien à ce qu’ils qualifient avec un cynisme avéré «le processus de consolidation démocratique au Honduras». Bref, de reconnaître le régime de Porfirio Lobo, issu de la dictature de facto de Roberto Micheletti et, évidemment de rallier les rangs de la droite régionale et impériale dans ses sales campagnes contre le Venezuela bolivarien.

Ces législateurs inquiets et enthousiastes n’ont pas dit un mot des deux sérieux problèmes qui se posent en ce moment sur la scène politique chilienne et qui témoignent de l’hypocrisie qui prévaut aujourd’hui au sein de la classe gouvernementale du pays austral: la grève de la faim commencée le 12 juillet dernier par plus d’une vingtaine de prisonniers politiques mapuches, incarcérés à Conception et à Temuco, qui somment ainsi le gouvernement du président Piñera d’aborder leur situation avec la «passion» avec laquelle il s’engage dans les actions d’extrême-droite pro-yankee ailleurs dans le monde.

L’autre problème concerne les élèves du secondaire qui ont occupé de nouveau le lycée Amunategui pendant quelques heures, le 31 juillet, et qui ont annoncé que cette action constituait le prélude à de nouvelles mobilisations pour la défense et la rénovation de l’éducation publique, pour la gratuité du transport scolaire et le gel des prix des transports publics.

Cette action qui s’est déroulée en plein centre de la capitale a été conduite par quelque 70 dirigeants de plus de 30 collèges de la région métropolitaine. Ils ont été arrêtés par les forces spéciales des carabiniers avec la brutalité qu’on leur connaît, et transférés au troisième commissariat. Le mouvement étudiant, qui des mois plus tôt avait tenu en échec le gouvernement de Michelle Bachelet, se mobilise de nouveau contre un système d’enseignement profondément élitiste qui privilégie le profit plutôt que le droit à l’éducation.

Les nouvelles manifestations étudiantes et la grève de la faim des prisonniers politiques mapuches se produisent à un moment où des sources officielles ont reconnu que la pauvreté de la population au Chili est passée ces dernières années de 13,7% à 15,1 %, soit aujourd’hui plus de 2,5 millions d’habitants. L’Enquête de caractérisation socio-économique 2009 (CASEN) a relevé en outre que l’extrême pauvreté qui affectait 516 000 personnes, selon des sources officielles, en touche aujourd’hui 634 000.

Pendant ce temps, le nouveau gouvernement dont le cabinet est formé dans son immense majorité de technocrates diplômés de l’Université nord-américaine de Harvard et proches du «pinochetisme», commence à bouger les pions pour faire reculer les quelques timides avancées obtenues pendant le mandat précédent en matière de justice sociale et privilégier les intérêts de l’oligarchie nationale et des multinationales étrangères.

Dans ce contexte où la lutte du peuple mapuche se renforce face à une réponse gouvernementale de plus en plus brutale, le gouvernement de Sebastian Piñera jette le masque et viole ouvertement les droits de l’Homme et les libertés individuelles.

La Loi antiterroriste 18.314, rédigée et approuvée par le régime fasciste de Pinochet s’applique aujourd’hui contre le peuple mapuche, pour réprimer des actions de protestations sociales: revendication de ses terres ancestrales, qui lui sont arrachées avec le consentement du pouvoir exécutif et législatif au profit d’intérêts du capital monopoliste national et transnational dans les zones agricoles et forestières.

Pour mieux comprendre les critiques de la politique du gouvernement chilien contre les justes revendications du peuple mapuche, il suffit de rappeler que l’application de la Loi anti-terroriste est contraire à l’article 16 de la Convention contre la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi qu’à l’article 2 de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, et aux articles 2, 14 et 27 du Pacte international des droits civils et politiques.

Ni dans l’esprit, ni dans la lettre, la Loi anti-terroriste ne garantit le droit à un procès équitable: elle autorise le maintien du secret de l’instruction pendant de longues périodes; le recours à des témoins protégés appelés «témoin sans visage»; elle permet également les écoutes téléphoniques du suspect, et l’application de mesures préventives plus dures.

D’autres critiques se sont élevées contre cette loi: la gravité des sanctions qu’elle prévoit, qui multiplient en général celles qu’établit la législation ordinaire; le fait que l’accusé peut être jugé à la fois par des juridictions civile et militaire, et une attente de procès qui peut durer des années.

mapuches-1-6agosto.jpgIl est contradictoire – comme commencent à l’affirmer certains commentaires de presse – que «les secteurs qui soutiennent les grèves de la faim pour libérer des prisonniers de droit commun dans d’autres pays, ignorent, tout comme le pouvoir médiatique qui les soutient, que dans la prison d’El Manzano, dans la région de Concepcon, dans le Sud du Chili, les prisonniers mapuches ont commencé une grève de la faim : ils n’ont pas d’autre moyen de répondre à une campagne, orchestrée, disent-ils, par la droite politique et vidant à les faire condamner d’avance par l’opinion publique».

Sur le site Internet Rebelion, la journaliste Lucia Sepulveda Ruiz révèle que «sept des prisonniers de la prison El Manzano sont jugés simultanément par les justices civile et militaire, en violation claire de leurs droits. L’action de ces prisonniers a pour but de révéler au grand jour les machinations dont ils ont été victimes et qui ont été montées de toutes pièces par les procureurs et la police, avec la complicité de la presse. Ils affirment qu’ils ont été condamnés d’avance par les médias, qu’ils sont accusés d’être des terroristes alors qu’aucun d’entre eux n’a été impliqué dans des crimes de sang. Tous les prévenus ont participé à des actions visant à la récupération de terres ancestrales».

Aujourd’hui, on sait qu’il existe au moins 57 prisonniers politiques mapuches dont 2 femmes et 2 mineurs qui demandent la fin de la loi anti-terroriste créée par Pinochet et de la justice militaire, deux législations utilisées aujourd’hui contre les Mapuche, la liberté de tous les prisonniers politiques mapuches incarcérés au Chili et le droit à un procès équitable, sans le recours au témoins sans visage, sans torture ni chantage». Ils se prononcent enfin pour la démilitarisation des communautés et des régions mapuches régulièrement saccagées, pour avoir revendiqué leurs droits politiques et territoriaux.

Le prestigieux analyste Atilio Boron écrivait dans un article sur la grève de la faim des prisonniers politiques mapuches: «L’état de droit au Chili, si vanté par des analystes et des journalistes d’opinion au service de l’empire, rend possible cette aberration juridique qui ne provoque pour autant aucun commentaire: les détenus puissent être jugés à la fois par la justice civile et la justice militaire, c’est-à-dire qu’ils encourent le risque d’être condamnés par deux instances pour les mêmes délits qu’ils auraient soi-disant commis».

Et tandis que la Loi antiterroriste mobilisait l’attention, on apprenait que dans l’Araucanie, des communautés entières ont été militarisées par les forces spéciales de carabiniers qui ont placé des caméras de surveillance, installé un cordon militaire avec interdiction aux habitants de sortir, et perpétré des violations de domiciles. Un cas qui n’est certainement pas une exception: celui d’un renfort militaire situé dans la ferme de René Urban, accusé d’avoir appartenu, dans les années 70, à l’organisation paramilitaire Patrie et Liberté, et qui a pour objectif de protéger les «biens et ferme» du vrai terroriste devenu propriétaire terrien.

Cela se passe au Chili, quand dans d’autres terres de la région les peuples originaires accèdent à l’exercice de leurs droits et deviennent les protagonistes des changements politiques.

C’est cette anomalie chilienne que l’empire et l’oligarchie corrompue voudraient imposer à tout le continent. •


Source : Granma 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 16:58

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Les présidents Hugo Chavez et Juan Manuel Santos se rencontrent aujourd’hui (mardi 10 aout), en Colombie, après vingt jours de crise diplomatique.

Le Venezuela et la 
Colombie, ou l’histoire de retrouvailles annoncées. Les présidents Hugo Chavez et Juan Manuel Santos ont décidé de clore le dernier chapitre de leur crise diplomatique, en se retrouvant aujourd’hui sur le sol colombien. Ces cinq dernières années, le rapport conflictuel entre ces deux nations sœurs n’a pas seulement eu des 
répercussions sur les plans politique et économique ; il a régulièrement ébranlé la région. Le sommet des ministres des Affaires étrangères de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), le 29 juillet, à Quito, n’était pas parvenu à calmer les ardeurs nées le 22 juillet. Pour mémoire, ce jour-là, Caracas avait officiellement rompu ses relations avec Bogota après que la Colombie l’eut accusé d’héberger environ 1 500 guérilleros des Farc sur son sol.

 

« Je suis prêt à tourner complètement la page »

«J’ai l’espoir que nous pourrons tirer de cette réunion des conclusions qui nous pousseront à normaliser les 
relations entre les deux pays », a annoncé, samedi, le Colombien Juan Manuel Santos, lors de son investiture, précisant que la «reconstruction des relations » avec le Venezuela mais également l’Équateur, avec lequel Bogota entretient des rapports conflictuels, impliquait de «rétablir la confiance et de privilégier la diplomatie et la prudence». Côté vénézuélien, ce revirement n’a pas manqué d’être relevé. «je suis prêt à tourner complètement la page et à regarder vers le futur», a répondu Hugo Chavez, lors de son allocution télévisée hebdomadaire Alo presidente.

Le secrétaire général de l’Unasur et ancien président argentin, Nestor Kirchner, qui participera à la rencontre d’aujourd’hui, a qualifié la décision «d’exemple de responsabilité» des deux gouvernements, et singulièrement de leurs ministres des Affaires étrangères, le Vénézuélien Nicolas Maduro et la nouvelle promue colombienne, Maria Angela Holguin. 

Huit années de prétendue « sécurité démocratique »

Cet apaisement soudain est-il pour autant un épilogue à la crise ? Rien ne permet encore de l’affirmer. Certes, ce dégel était attendu. Le président brésilien Lula avait d’ailleurs explicitement misé sur le départ d’Alvaro Uribe du pouvoir pour régler le contentieux. Il faut dire que l’ancien président colombien ne s’est pas privé, au long de ses deux mandats, de souffler sur les braises, en développant une politique agressive à l’encontre de ses voisins. Vassal de Washington, Uribe a fait de son pays le pivot de la stratégie régionale des États-Unis. Les dernières accusations visant Caracas se comprennent à l’aune de cette politique. Elles avaient également pour but de miner le terrain d’un successeur pour lequel il nourrit un mépris affiché. Englué dans les affaires, Uribe a cherché, enfin, en attaquant Caracas, à faire diversion en prévision de la levée de son immunité présidentielle.

Avec Santos, la «page peut-elle être complètement tournée», selon l’expression de Chavez ? L’homme vient de tendre la main. Certes. Mais celui qui prône désormais «la prospérité démocratique» pour les Colombiens, après huit années de prétendue «sécurité démocratique» défendue par son prédécesseur, n’est pas un pacifiste dans l’âme. Dans la perspective de son élection présidentielle, cet oligarque avait repris à son compte la méthode forte chère à Uribe, prônant même son exportation dans les pays voisins, au prétexte de «la légitime défense» contre «les terroristes ». Les États-Unis restent un partenaire privilégié de la Colombie, tant sur le plan militaire qu’économique. Juan Manuel Santos entend d’ailleurs conclure le traité de libre-échange (TLC) avec Washington, longtemps bloqué en raison du veto de démocrates critiques des agissements d’Uribe. Mais le nouveau président a conscience des limites de l’isolement de la Colombie dans une Amérique latine profondément transformée par les alternances politiques de cette dernière décennie. Les ruptures et autres « gels » des relations ont eu des répercussions économiques préjudiciables à la 
Colombie. En un an, les exportations en direction du Venezuela ont chuté de 69%, détruisant près de 42 000 emplois.

Cathy Ceïbe

Source : l'Humanité

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 10:11

Bogota le 3 Aout 2010

 

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Mauricio González Cuervo, president

de la Cour Constitutionnelle de Colombie

 

 

La Cour Constitutionnelle Colombienne commencé ce mardi à analyser une demande d'inconstitutionnalité concernant laccord militaire controversé signé entre la Colombie et les Etats Unis, selon lequel des militaires US pourraient utiliser des bases dans le pays andin.

 

Le président de la Cour Constitutionnelle,le magistrat Mauricio González, dit que ce matin commenceront les délibérations et que le haut tribunal a jusqu'au 17 Août prochain pour émettre son jugement..

 

Le magistrat Iván Palacios, chargé d'étudier la demande, a signalé récemment dans un rapport que la signature de cet accord, en octobre 2009, n'avait pas été soumise aux exigences légales et que, comme il s'agissait d'une convention différente de celles qui l'avaient précédée, elle aurait dû passer par le Congrès pour son approbation.

 

L'accord, qui selon le gouvernement Colombien est dans la continuité d'un autre pacte bilatéral en vigueur depuis 1974, permet aux soldats et agents des Etats-Unis l'accès et l'utilisation d'au moins sept bases militaires dans le pays, pour la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic.

 

L'accord a été très critiqué dans plusieurs pays d'Amérique Latine, particulièrement au Vénézuéla où le président Chávez le considère comme une menace pour le Vénézuéla et pour la région.

 

http://www.aporrea.org/actualidad/n162675.html

Traduction : Alma

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 00:32

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Le Parti Communiste Colombien (PCC) a affirmé dans une déclaration que la situation provoquée "de manière planifiée" par le gouvernement de Uribe en accusant le Venezuela d’héberger des guerilleros colombiens, est le couronnement d’une politique hostile et guerrière menée contre les peuples d’Amérique Latine.

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Le texte intitulé " PCC ; Amitié, coexistence dans la paix et le respect de la souveraineté des peuples" indique que ce fait est de la plus grande gravité compte tenu de ses implications dans la stabilité politique et la paix dans la région, dit l’éditorial de Semanario VOZ de Colombie.

"Les dénonciations fallacieuses du gouvernement colombien sur la présence d’effectifs de la guerilla des FARC et de l’ELN en territoire vénézuelien ont lieu justement le jour où Monsieur Fernando Tabajes, ancien chef des renseignements de la DAS, a attribué directement au président Uribe Velez les ordres pour commencer l’abattage et autres actes délictueux commis à partir de cet organisme de renseignements de l’état, et quand de nombreux parlementaires et personnalités internationales dévoilaient la plus grande fosse commune de l’hémisphère, dans la région de La Macarena." met en relief la déclaration.

De la même façon, elle souligne que durant son gouvernement, Uribe a essayé d’étendre aux pays voisins le conflit interne à la Colombie pour engager les gouvernements dans la guerre préventive dictée par le Pentagone et justifier les incursions illégales en Equateur et, maintenant, au Venezuela.

L’offensive de la part du gouvernement sortant de Colombie a pour but d’approfondir la crise des relations colombo-venezuéliennes pour créer les conditions d’une attaque armée contre le Vénézuéla et son processus politique, signale le texte.

Le PCC déclare que la présence de militaires des Etats-Unis dans les sept bases situées en territoire colombien et le soutien technologique et militaire de l’"empire" aux actions agressives du gouvernement d’Uribe ont créé un grave état de fait sur le continent.

Source : http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?464594

Site du Parti Communiste Colombien : http://www.pacocol.org/

Traduction : Alma

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 00:10

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Caracas, 3 août, (RHC)--. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a appelé la communauté internationale à agir en commun afin de résoudre le conflit armé qui saigne la Colombie depuis presque 6 décennies déjà.

« Je lance un appel aux gouvernements et aux organisations pour qu’ils pensent à s’arrêter sur la question de la Colombie » a déclaré Hugo Chavez à la télévision publique de son pays.

Il a signalé que la paix en Colombie s’avère nécessaire non seulement pour le bien-être de son peuple mais encore de la société et du système politique vénézuélien qui se voient menacés par les desseins de l’administration Alvaro Uribe d’internationaliser le conflit.

En effet, le gouvernement colombien a accusé le Venezuela d’accueillir les guérilleros qui combattent son gouvernement.

« Ça suffit, la guerre. Plaise à Dieu que l’UNASUR et la nouvelle configuration politique du continent aident les Colombiens à trouver le chemin de la paix. Cela serait pour nous quelque chose de très profitable » a précisé le président vénézuélien.

Dans ses déclarations à la télévision vénézuélienne, Hugo Chavez a dénoncé les risques que court son pays si les Etats-Unis décident d’utiliser le conflit en Colombie pour attaquer le Venezuela.


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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 10:06

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Lire ou relire : Colombie : « Malheureusement, la paix n’est pas entre les mains des FARC »

COLOMBIE : INSURRECTION DU XXIe SIÈCLE - LES FARC-EP par Esteban Garcia

 

Attendre les conditions favorables…(?)

Comment, Hugo Chávez, Président du Venezuela a-t-il pu pour la seconde fois laisser échapper sur les chaînes satellites : « je crois que les conditions n’existent pas pour que les guérillas (en Colombie) puissent prendre le pouvoir dans un avenir prévisible ». Ses proches conseillers seraient-ils perméables à la stratégie de l’oligarchie colombo-vénézuélienne ? Et Chávez, qui de nature ne s’en laisse pas conter, se laisserait-il influencer par la propagande distillée par les yankees ?

Ce message adressé aux guérillas colombiennes est reçu comme une gifle par tous les révolutionnaires du monde : Attendre les conditions favorables ( ?) et pour une durée indéterminée pour engager ou poursuivre la lutte ! Inconcevable de la part d’un homme respecté pour son courage et son franc-parler comme le Président Hugo Chávez.
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« …Le monde d’aujourd’hui n’est pas le même que celui des années soixante » assène t-il dans son discours. Faut-il dresser une liste pour détailler et dater les luttes armées révolutionnaires qui se sont déroulées depuis des siècles dans les mondes de notre monde ? Cette phrase porte le message qu’aujourd’hui la seule voie à emprunter serait celle du « politiquement correct », comme si la correction serait une vertu de la politique. Que dire alors des Bolcheviks, des Maquisards et des Barbus, pour ne citer qu’eux, lorsqu’ils ont engagé leur combat ? Personne à ce moment n’aurait parié sur le dénouement victorieux de ces groupuscules révolutionnaires courageux qui à leur période ne se sont pas constitués par caprice mais en réponse à des agressions et conscients de cette nécessité sans penser aux conditions favorables. L’objectif du gouvernement colombien n’a pas changé depuis 1960, piloté aujourd’hui par les nord-américains il est devenu le bourreau de son peuple. La guérilla colombienne (qui a un programme politique socialiste de société) répond à cette situation à la manière qu’elle juge « adaptée », n’en déplaise à Chávez.
 
« …Ils sont devenus le principal prétexte de l'empire pour pénétrer complètement la Colombie et à partir de là, agresser le Venezuela, l'Equateur, le Nicaragua, et Cuba » poursuit-il. Une si grossière « erreur » de communication ne peut être issue de l’esprit d’un militaire comme Chávez qui sait fort bien que les USA n’ont pas besoin d’utiliser le prétexte d’une guérilla - qui lutte depuis plus de 45 ans- pour envahir et occuper une région dans le monde, il lui suffit de fabriquer un prétexte sans attendre ou d’y aller sans prétexte. La guerre (méthode ne datant pas des années soixante) engagée par les Forces Armées qui ont disloqué l’Irak, la Palestine ; le renversement du gouvernent au Honduras ; le pilonnage médiatique qui formate en ce moment les consciences internationales pour normaliser une agression contre l’Iran et la Corée du Nord, ont-ils eu ou ont-ils besoin du prétexte de guérillas « terroristes » ? Les exemples qui attestent la manière de fabriquer les prétextes sont malheureusement nombreux. Le président Hugo Chávez a déjà, par le passé, « conseillé » aux guérillas d’arrêter ce type de lutte « inadaptée », à cette période les USA n’étaient pas en possession des bases militaires colombiennes et les campements de guérillas supposés être implantés sur le territoire vénézuélien n’étaient pas encore le prétexte des yankees.
 
Certes, Chávez est soucieux de paix et de prospérité pour son pays mais l’argument des FARC comme prétexte déclencheur d’une invasion US du territoire vénézuélien ou un danger pour la sécurité des pays de l’ALBA est totalement erroné, l’autorisation aux yankees - donnée par le gouvernement d’Uribe - d’utiliser cinq bases militaires colombienne, leur remettant ainsi les clés de la nation et leur permettant d’occuper à volonté cette région stratégique de l’Amérique latine est l’intérêt principal des USA. Ce message démontre un recul dans ses discours offensifs contre l’Empire US dont il nous avait habitués. Lui, est arrivé au pouvoir à la façon qui a été la sienne et aucun révolutionnaire ne l’a contesté, d’autres qui y sont arrivés par une voie plus radicale travaillent à s’améliorer, leur idéal et la façon de se protéger seraient-elles donc devenues archaïques ?
 
Et enfin « Elles (les guérillas) doivent reconsidérer leur stratégie (de lutte) armée… ». Pour ne pas mettre en danger le Venezuela « qui ne s’est jamais immiscé et n’a jamais violé la souveraineté d’autres pays ». Chávez conseille avec respect aux guérillas en Colombie de rendre les armes et donc, oublier leur idéal et leurs morts, laisser croupir leurs camarades prisonniers dans les geôles colombiennes, rentrer dans les rangs « acceptables » pour de nouveau se laisser assassiner comme l’ont été les 5000 membres de l’UP à partir de 1985 et comme le sont les syndicalistes, aujourd’hui, qui défendent sans arme les travailleurs colombiens face à un gouvernement et une assemblée gangrénés par la corruption et le narcotrafic, utilisant les paramilitaires et les faux-positifs contre la contestation. « La Colombie et le Venezuela sont des nations sœurs » a dit Chávez, et elles font partie de « la Patria Grande » « comme le voulait le Libertador Simón Bolivar », oui mais pour l’instant si le peuple vénézuélien vit une expérience positive, les colombiens doivent encore se battre contre le démon qui les asservit.
 
Que voulait dire Hugo Chávez ?
 
Que si les FARC et l’ELN sont « sages », la Colombie ne sera plus occupée par les USA, et les pays de l’ALBA pourront dormir tranquilles ? La réalité de la politique extérieure des USA dément cette analyse.
 
Avec tout le respect et l’honneur qui vous reviennent, s’il vous plaît Président Chávez…
 
Esteban





Merci à Esteban G.
Date de parution de l'article original: 29/07/2010
URL de cet article: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=767

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 09:44

evo-29julio.jpgCOCHABAMBA, Bolivie, 28 juillet.— Après avoir rencontré ce jour le président bolivien, Evo Morales, à Cochabamba, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Nicolas Maduro, a annoncé que son pays proposera un plan de paix pour la Colombie et en faveur de la détente en Amérique du Sud, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union sud-américaine des Nations (UNASUR), prévue ce jeudi à Quito.

«La guerre, ça suffit. La guerre colombienne sert à accroître l’interventionnisme impérial sur notre continent, à augmenter la violence et les menaces contre les processus de transformation pacifique que vivent nos peuples, a-t-il dénoncé, selon l’agence ABI.

Le ministre a signalé que le Colombie «a monté un show politique pour couper court à toute voie de dialogue avec le prochain gouvernement pour la résolution des problèmes entre les deux pays».

«Nous espérons que la réunion de demain (aujourd’hui), à l’UNASUR, permettra de réunir l’ensemble des propositions et de garantir que l’Amérique du Sud devienne une zone de paix, selon la volonté politique de nos peuples», a soutenu Nicolas Maduro.

Pour sa part, Evo a dénoncé l’attitude divisionniste du président colombien, Alvaro Uribe, qui a tenté de boycotter chaque tentative d’intégration entre les pays de la région.

Dans ce sens, il a rappelé l’attitude d’Uribe au Sommet latino-américain de Cancun, en février dernier, qui se tenait sans la présence des Etats-Unis et où il avait offensé personnellement le chef de l’Etat vénézuélien, Hugo Chavez.

Le président bolivien a rappelé que l’organisation compétente pour traiter du conflit entre la Colombie et le Venezuela est l’UNASUR, et il a rejeté la médiation de l’Organisation des Etats américains (OEA), qu’il a qualifié d’instrument de l’impérialisme étasunien, a indiqué l’agence PL.

Maduro est arrivé en Bolivie, en provenance de Lima, où il a exposé à son collègue péruvien, José Garcia Belaunde, la position de son pays visant à dépasser la tension provoquée par ce qu’il a appelé une agression politique et économique perpétrée par le gouvernement sortant de Colombie.

Lors de son déplacement-éclair en Amérique du Sud pour traiter du contentieux avec le pays voisin, le chef de la diplomatie vénézuélienne s’est rendu également au Brésil, au Paraguay, en Uruguay, en Argentine et au Chili.

Granma

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 09:30

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Pion inconditionnel de l’Empire, Alvaro Uribe fait ses adieux à la Présidence de la Colombie en se livrant à une nouvelle provocation : il accuse le Venezuela de permettre que les FARC organisent des camps sur son territoire. Jamais les deux pieds dans le même sabot, le Département d’État des USA soutient aussitôt et sans la moindre réserve cette accusation formulée par Bogota devant l’OEA, encouragé par le soi-disant caractère « irréfutable » des preuves avancées par Uribe qui accuse le gouvernement de Hugo Chávez de permettre l’installation de camps des FARC ainsi que la réalisation de divers programmes d’entraînement militaire qui concernerait des effectifs d’environ 1.500 hommes de la guérilla sur le territoire du Venezuela. Le porte-parole du Département d’État, Philip Crowley, a déclaré, avec une remarquable insolence, que « le Venezuela s’est comporté d’une façon particulièrement funeste et insolente avec son voisin » et il a menacé : si ce pays « ne coopère pas, les États-Unis et évidemment, les autres pays voisins, en tireront les conséquences ». Il ne faut pas oublier que, depuis 2006, les États-Unis incluent le Venezuela dans la liste des pays qui ne coopèrent pas dans la guerre contre le terrorisme. C’est dans cette même ligne que s’est exprimé le sous-secrétaire d’État pour l’Amérique Latine, Arturo Valenzuela, lequel a déclaré que l’accusation portée par Uribe était « très sérieuse ». Ces deux déclarations font grandement douter des capacités intellectuelles de ces deux fonctionnaires et, plus sérieusement, justifient l’idée que, étant donné leur propension au mensonge, les qualités morales de ces deux individus ne sont nullement différentes de celles d’Alvaro Uribe.

Il est évident que les gérants de l’Empire essayent de faire passer aux yeux de l’opinion publique tout ce qui arrange leurs intérêts pour du « sérieux et irréfutable ». Et ce sont ces intérêts-là qui ont conduit la Maison Blanche à demander un dernier gage d’amour au dirigeant colombien peu de jours avant son départ de la présidence. Comme il est de notoriété publique, le dossier établi par la DEA, la CIA et le FBI sur Alvaro Uribe et ses liens intimes et fort anciens avec les narcotrafiquants ne laisse pas d’autre choix au mandataire colombien que d’obéir aux moindres ordres venant de Washington sous peine de connaître le même sort que l’ex-président du Panama, Manuel A. Noriega, et de finir ses jours dans une prison de haute sécurité aux États-Unis. L’accusation farfelue d’Uribe, menteur invétéré, tombe à pic pour impulser la déstabilisation intérieure que Washington veut provoquer au Venezuela, à la veille des prochaines élections qui s’annoncent décisives et qui sont prévues pour le 26 septembre, et pour légitimer, par la même occasion, l’impressionnant programme de militarisation qu’ils sont en train d’imposer à l’Amérique Latine dont une des plus spectaculaires conséquences est la signature d’un traité Obama-Uribe. Ce traité stipule que la Colombie cède au moins sept bases militaires aux États-Unis. Et voilà pourquoi les représentants du gouvernement des États-Unis font semblant de considérer comme « sérieuses et irréfutables » les « preuves » qui étayent l’accusation d’Uribe, tout en sachant qu’elles ne tiennent pas debout et qu’elles ne sont que pures affabulations et montages photographiques. Mais les mensonges font partie du discours officiel des États-Unis ; ils sont indispensables pour entourer d’un halo de légitimité les desseins de l’impérialisme nord-américain et cela pour plusieurs raisons.

Des mensonges, premièrement parce que, s’il est vrai que les FARC contrôlent 30 % du territoire national (et ce fait est archiconnu en Colombie), on ne comprend absolument pas à quoi ça rimerait de détourner pas moins de 1.500 combattants du théâtre des opérations, d’envoyer leurs chefs en villégiature au Venezuela et d’organiser 85 camps de la guérilla dans le pays voisin. S’il existe, dans notre région, un politicien qui ment systématiquement — et il y en a beaucoup — c’est bien Uribe qui remporte le pompon : en effet, c’est en Colombie-même que la crise et la putréfaction de l’État oligarchique permettent que de vastes étendues du territoire national, spécialement des zones de jungle, soient contrôlées par la guérilla, par les narcotrafiquants et par les paramilitaires. Plusieurs hauts responsables de l’Équateur ont déclaré, après l’attaque menée par les forces de Colombie sur leur territoire, que l’Équateur ne se limite pas, au nord, avec la Colombie, mais avec un territoire qui n’est à personne parce qu’il est contrôlé par les organisations plus haut citées. Avec une bêtise sans bornes, Uribe accuse ses voisins de ne pas faire ce qu’il a prouvé être totalement incapable de faire chez lui : contrôler son propre territoire. En fermant les yeux sur cette réalité-là, les États-Unis se servent de cette hypocrite accusation pour agresser le gouvernement de Chávez et l’accuser de ne pas collaborer dans la lutte contre les narcotrafiquants tout en cachant à l’opinion publique — avec la complicité de la « presse libre », bien entendu — le fait dérangeant que le plus grand exportateur mondial de cocaïne et, aussi, de narcotrafiquants, c’est la Colombie, militarisée par Uribe et devenue, grâce à leur inestimable collaboration, un protectorat nord-américain. Devant un tel tableau de décomposition politique, accuser les FARC de s’installer au Venezuela — et, cerise sur le gâteau, avec l’aval et la complicité d’Hugo Chávez — ce n’est rien d’autre qu’une vulgaire embrouille pour rendre service à l’Empire. Une accusation qui manque totalement de fondement pour être prise au sérieux. C’est le genre de calomnie que lance un personnage absolument sans scrupule comme Uribe.

Deuxièmement, comment pourrait-on oublier qu’Uribe est cet homme qui a menti avec préméditation lorsque ses forces armées, appuyées par les États-Unis, ont pénétré illégalement sur le territoire de l’Équateur en prétextant qu’elles poursuivaient une colonne des FARC ? Il a été prouvé que les guérilleros que l’on était soi-disant en train de « poursuivre » après un affrontement armé survenu en territoire colombien, étaient en réalité en train de dormir — même en pyjama — au moment de l’attaque et que, par conséquent, ce qui s’est passé à Santa Rosa de Sucumbíos ce n’est pas un engagement militaire, mais tout simplement et exactement un massacre sans quartier. Cette opération réalisée peu après minuit, le premier mars 2008, a été réalisée avec l’appui logistique et matériel des militaires nord-américains stationnés sur la base de Manta, les seuls qui disposaient de la technologie nécessaire et des avions capables de réaliser un bombardement d’une incroyable précision, en pleine jungle et dans la plus totale obscurité. Une preuve supplémentaire du pathologique penchant d’Uribe au mensonge c’est l’histoire montée autour de la fameuse ordinateur portable de Raúl Reyes qui, prodige technologique sans précédent, a pu survivre à un bombardement qui a pourtant anéanti tout ce qui se trouvait en dessous, laptop dont le disque dur aurait livré des renseignements précieux sur les abondants contacts de Reyes et des FARC avec tous les ennemis d’Uribe et des États-Unis.

Troisièmement : comment peut-on croire un homme qui, en tant que Président de l’État de Colombie, a couvert l’action des paramilitaires et du terrorisme d’État ? Le 16 février dernier, le cabinet « Justice et Paix » du Parquet de Colombie a publié un rapport qui révèle que plus de 4.000 paramilitaires des groupes AUC, (les Autodéfenses Unies de Colombie), avouent avoir perpétré 30.470 assassinats durant la période comprise entre le milieu des années 80 et leur « démobilisation », en 2003-2006. En outre : le Parquet a recueilli des déclarations des paramilitaires qui rendent compte de 1.085 massacres, 1.437 enrôlements forcés de mineurs, 2.520 disparitions forcées, 2.326 déplacements forcés et 1.642 extorsions, sans compter 1.033 séquestrations. Malgré ce triste record, Uribe est considéré par ses donneurs d’ordres de Washington comme un champion de la lutte pour les Droits de l’Homme. À ce propos, si le tant attendu TLC entre la Colombie et les États-Unis n’a pas encore été ratifié par le Congrès des États-Unis, c’est parce que, comme l’écrit El Tiempo, quotidien conservateur colombien, rien que durant l’année 2009, les paramilitaires et les forces de sécurité ont assassiné 40 syndicalistes faisant ainsi de la Colombie le pays le plus dangereux au monde pour cette catégorie de travailleurs. Sur un total de 76 dirigeants syndicaux assassinés dans le monde, 52 % de ces crimes ont été perpétrés dans un pays que les États-Unis considèrent comme un modèle exemplaire de la lutte pour les droits de l’Homme et contre le terrorisme. La Centrale Unique des Travailleurs de Colombie a rendu public, il y a quelques mois, que depuis 1986, année de sa création, 2.721 militants et dirigeants de cette organisation ont été assassinés par les « forces de sécurité ». En dépit de tout cela, jamais les lettres de créance de la Colombie n’ont été suspectes aux yeux de Washington.

Quatrièmement, le plaignant n’est autre que le responsable intellectuel et politique des massacres en série connus sous le nom de « faux positifs ». Comme le disent divers communiqués publiés en Colombie par l’Observatoire Latino-américain, Cronicón, durant ces trois dernières années du gouvernement d’Alvaro Uribe, le bilan est funeste. Il a été prouvé que pour répondre à la pression qu’exerçait sur elle le gouvernement exigeant des résultats concrets dans la lutte contre la guérilla, l’armée a mis au point et appliqué un plan criminel : se présenter dans les communautés et les villages les plus pauvres du pays en offrant du travail à l’énorme masse des chômeurs, en recrutant un nombre considérable d’indigents, de paysans sans défense et de jeunes marginalisés et, ensuite, assassiner de sang-froid tous ces innocents pour faire passer leurs cadavres pour ceux de guérilleros tués au combat et toucher ainsi la prime promise par le gouvernement ou obtenir diverses récompenses et promotions dans la carrière. Selon des estimations émanant de centres très conservateurs, ces crimes d’État perpétrés lorsque celui qui allait devenir l’actuel président de la Colombie, Juan M. Santos, était Ministre de la Défense, dépassent les 1.700 cas. Une autre facette de cette politique criminelle si improprement baptisée de « sécurité démocratique » nous est donnée par la découverte, révélée le 16 février de cette année 2010, de « la plus grande fosse commune d’Amérique Latine qui contient les restes d’au moins 2.000 personnes et qui est située à La Macarena, département del Meta… (découverte ) grâce à la persévérance des parents des disparus et à la visite d’une délégation de syndicalistes et de parlementaires britanniques qui enquêtaient sur le respect des Droits de l’Homme en Colombie, en décembre 2009 ». Il faut dire aussi que cette zone avait fait l’objet d’une attention toute particulière de la part des forces armées de Colombie depuis 2005, avec les néfastes résultats récemment révélés.

Comme cela s’est passé avec tous les terrorismes d’État qui ont ravagé notre zone géographique au cours des années soixante-dix du siècle passé, les crimes contre l’humanité ont aussi un arrière-fond économique. Dans le cas de la Colombie d’Uribe, avec pour comparses une bande de pantins monstrueux et sanguinaires, l’armée corrompue, les paramilitaires et les narcotrafiquants se sont partagé des millions d’hectares que les paysans ont été obligés d’abandonner derrière eux, poussés à un exode désespéré, déplacés par les bombardements et les massacres sans distinction. Comme l’a exposé Jomary Orteon Osorio du Collectif « Avocats de Colombie » lors de la Conférence du Comité des Droits Economiques, Sociaux et Culturels de l’ONU, réunie à Genève au début de mois de mai de cette année, le nombre de paysans déplacés s’élèverait à 4.500.000 et leurs terres ont été, par la suite, transférées pour le plus grand profit des responsables de leur exode aux grands propriétaires terriens et aux affairistes de l’industrie agroalimentaire, souteneurs et co-financiers du paramilitarisme. Au cours de cette conférence, il a été établi que malgré les « succès » du gouvernement d’Uribe, le nombre de déplacés continue de croître au rythme de 150.000 par an. Le Ministre de l’Aménagement de Colombie, Esteban Piedrahita Uribe, chef de la délégation colombienne à cette même conférence, n’a pas démenti les affirmations ci-dessus et s’est contenté de dire que « nous avons confisqué 2.000.000 d’hectares à des groupes criminels qui s’appropriaient illégalement ces terres et maintenant la Justice va décider de leur cession à leurs véritables propriétaires ». En tout cas, il faut souligner que l’évaluation du nombre d’hectares expropriés dans cette sauvage réédition du processus d’accumulation primitive décrit par Karl Marx dans son célèbre chapitre 24 du tome I du Capital est l’objet de vives controverses. Certains soutiennent que le nombre d’hectares transférés de la sorte s’élève à 6 millions, mais d’autres estiment qu’il atteint les 10 millions. En tout cas, quel que soit le nombre retenu comme indiscutable, ce qui est certain c’est que la politique de « sécurité démocratique », si elle a assuré quelque chose c’est bien l’expropriation de la masse des paysans et l’appropriation de leurs terres par le capitalisme agraire.

Voilà l’homme qui aujourd’hui pointe son doigt accusateur sur la révolution bolivarienne. Il est évident que c’est là une manœuvre de plus dictée par les stratèges de l’Empire pour agresser le gouvernement de Hugo Chávez et pour légitimer la politique du hard power (pouvoir dur) pour laquelle Obama semble avoir un penchant plus prononcé que son indigne prédécesseur, même s’il est vrai que dans les déclarations officielles et dans les écrits de certains analystes de la Maison blanche — tel Joseph Nye —, on insiste sur l’avantage du soft power, ou diplomatie traditionnelle, sur ou le smart power, le pouvoir intelligent de la nouvelle diplomatie, ainsi que sur la brutalité et le coût élevé du premier. Cependant, l’Empire utilise à fond le pouvoir dur de ses impressionnants moyens militaires : ce qui explique les bases en Colombie, à Aruba et à Curazao, à quelques kilomètres des côtes du Venezuela, les bases qui se trouvent au Salvador et au Honduras et, dorénavant, l’autorisation d’introduire pas moins de 7.000 marines et toutes sortes d’armements, sans compter des portes-avions, des hélicoptères, des navires amphibies, des avions de dernière génération, au Costa Rica voisin. Ce qui explique aussi le déploiement de la Quatrième Flotte. Le gouvernement d’Uribe rend donc un service extraordinairement important en apportant son concours aux plans déstabilisateurs de l’Empire. Incapable de protéger la frontière de 586 kilomètres qu’il partage avec l’Équateur et sur laquelle veillent à peine huit minuscules détachements militaires et bien plus incapable encore de mener à bien cette tâche sur les 2.216 kilomètres de sa frontière commune avec le Venezuela, dans toute une zone devenue libre pour les narcotrafiquants et les paramilitaires, il essaye par tous les moyens de créer les conditions qui justifieront l’intervention militaire des États-Unis en Amérique du Sud. Dans l’immédiat, il s’agit d’entretenir une vive tension entre la Colombie et le Venezuela après l’élection du nouveau président, d’éviter que ce dernier, Juan M. Santos, ne modifie en rien cette stratégie d’affrontement permanent avec la révolution bolivarienne voulue et appliquée par Uribe, compliquer la situation pour que Chávez affronte les élections, fin septembre, empêtré, usé, affaibli et stigmatisé dans l’arène internationale. Préoccupé par son avenir et hanté par le spectre de Noriega moisissant dans une prison yankee ou par une plainte devant le Tribunal International de La Haye, Uribe s’applique jusqu’à la dernière heure de son mandat à afficher sa fidélité sans faille aux diktats des impérialistes. C’est pourquoi il est si important de démasquer l’accusateur et d’exiger la rapide intervention de l’UNASUR pour ruiner les plans ourdis par Washington pour notre Amérique. Ça ne peut pas être l’affaire de l’OEA (qui, d’ailleurs, a été incapable de contrer la provocation d’Uribe), mais ça doit être celle de l’UNASUR qui sera testée avec cet incident. Il faut espérer que cette encore toute jeune organisation des pays d’Amérique du Sud agisse sans tarder, sans perdre une minute, car dans le cas contraire il se pourrait bien que ce soit trop tard pour empêcher les graves conséquences de tous ordres qu’entrainerait la réalisation du projet belliciste des États-Unis mis en œuvre par Washington et ses proxys latino-américains.

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Traduit par Manuel Colinas Balbona

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