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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 19:57

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   LAURENCE MAZURE, BOGOTA    

COLOMBIE - Le candidat vert à la présidence pourrait créer la surprise le 30 mai? Portrait d'un «non-conformiste» bien peu novateur.
Refus catégorique de négocier avec la guérilla le moindre accord humanitaire pour libérer les otages, rejet de toute possibilité d'alliance avec le principal parti de gauche au second tour, soutien à une politique économique néolibérale, aucune remise en question des privatisations qui ont démantelé ces dernières années les secteurs de la santé et de l'éducation, ni de programme d'action précis contre les écoutes illégales des services de renseignement, les déplacements forcés ou les exactions des forces armées... Parle-t-on de Juan Manuel Santos, candidat du parti du président, «La U»? Non. Il s'agit du candidat du Parti vert, Antanas Mockus, que les sondages donnent au coude à coude avec le dauphin d'Alvaro Uribe pour le premier tour des élections présidentielles du 30 mai prochain, ce qui laisse prévoir un inévitable second tour le 20 juin pour départager les deux candidats. L'ascension spectaculaire de Mockus, ancien maire de Bogota de 1994 à 1997 puis de 2001 à fin 2004, dans les sondages les plus récents, tient autant au personnage à la fois honnête et excentrique qu'il a toujours incarné, qu'à un programme peu différentiable de l'«uribisme» – mis à part l'honnêteté, justement.


Parcours sinueux

Qualifié de «non conformiste» par le New York Times, le professeur de philosophie et mathématique Antanas Mockus a mis son excentricité au service de ses ambitions politiques. Le label d'«indépendant» lui a permis de justifier des alliances hétéroclites, voire contradictoires, et des déclarations qui le sont tout autant.

Son début de carrière est marqué par des gestes méprisants et agressifs peu en accord avec la culture citoyenne et le respect d'autrui qu'il prétend désormais inculquer aux Colombiens – comme de baisser son pantalon et montrer son postérieur à des étudiants contestataires de l'Université nationale en 1993, ou de lancer un verre d'eau en pleine figure au candidat présidentiel du Parti libéral Horacio Serpa en 1997.
C'est en investissant fin septembre 2009 le Parti vert-Option centre avec deux autres ex-maires de Bogota, Enrique Peñalosa, de droite, et Lucho Garzon, dissident du parti de gauche Pôle démocratique alternatif (PDA), qu'Antanas Mockus réapparait sur la scène politique.


Un encombrant allié

De ce trio, Mockus émergera en tète des primaires le 14 mars. Puis, début avril, l'uribiste «light» et ex-maire de Medellin Sergio Fajardo devient officiellement son partenaire électoral au poste de vice-président.

Pour Antanas Mockus qui ne cesse de dire qu'il ne tolèrera pas la corruption, ce choix est délicat. Une enquête pour détournement de fonds publics est en effet ouverte contre Sergio Fajardo. Durant son passage à la mairie de Medellin, il avait débouté la plainte déposée par le groupe Entreprises publiques de Medellin (EPM) contre l'hydroélectrique ISAGEN pour un montant équivalent à 310 millions de dollars, alors qu'il n'avait aucune faculté juridique pour le faire.
La manoeuvre aurait été effectuée sur ordre d'Alvaro Uribe, qui, en contre partie, a fait passer 70% de la dette du métro de Medellin au niveau national afin de soulager d'autant la municipalité dont Fajardo était maire, selon l'enquête de l'Unité nationale de lutte contre les délits contre l'administration publique. Pour des raisons inconnues, cette enquête n'a pourtant pas encore abouti à un procès.


Négociations exclues

Mais c'est sur le plan du projet qu'Antanas Mockus peine le plus à apparaître comme un novateur. A l'exception du bombardement mené en 2008 en Equateur, il soutient l'option militaire défendue par Alvaro Uribe et rejette une sortie négociée voire un accord humanitaire: «Face aux FARC, déclare-t-il à El Espectador, ma position est similaire et par certains aspects plus dure que celle du président Uribe... Si les FARC cherchaient maintenant à discuter avec le président Uribe, cela leur serait plus facile que si elles voulaient le faire avec moi...»

Dans une interview accordée au quotidien argentin Pagina 12, le candidat vert approuve l'usage de plusieurs bases colombiennes par l'armée américaine au nom de la lutte contre la drogue, mais refuse d'en évoquer les risques géopolitiques pour la région: «Sans les bases, le pays serait probablement la proie des FARC ou de l'alliance guérilla-narcotrafic», se contente-t-il d'affirmer.
Enfin, les tables rondes ayant réuni les six candidats présidentiels ont montré une claire filiation sur le plan économique, le candidat «vert» se montrant par exemple favorable à l'exploitation de la Colombie par les transnationales minières, ainsi qu'à la privatisation de l'éducation, de la santé et du système de retraite...

Source : Le Courrier

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 07:21

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 par Primitivi

Au Honduras les assassinats n’ont pas arrêtés, ciblés, barbares, les escadrons de la mort honduriens n’en sont pas encore au niveau des massacres des paramilitaires colombiens, mais ils suivent de près à la fois la politique de terreur colombienne et les leçons apprises des dictatures chilienne et argentine.

L’oligarchie hondurienne savoure sa reconquête, mais cette victoire pourrait être de courte durée, en effet comme l’écrit Oscar Amaya Armijo, pour le moment la résistance du peuple hondurien reste pacifique et pleure ses morts sans porter de coups. Mais il se pourrait fort bien que cela ne dure pas, et à ce moment là les oligarques risquent fort de moins rire et le Honduras d’être ensanglanté par une guerre civile que les dirigeants du pays peuvent encore éviter s’ils arrêtent de ne cultiver que leurs intérêts aux dépends de ceux de leur pays.


L’oligarchie, les morts et la résistance

par Oscar Amaya Armijo

En ce qui concerne les personnes amoureuses de la vie, toute mort leur fait mal, qu’importe qui est le défunt.

Jusqu’à présent, c’est la Résistance qui pleure ses morts, les recueille et les enterre avec un stoïcisme messianique, et elle ne répond pas à tant d’agressions graves avec vengeance.

Ou comme le dit Luis Morel, vieux dirigeant du mouvement ouvrier hondurien, “la résistance est, jusqu’à présent, comme les chiens, qui reçoivent des blessures et courent uniquement pour se lécher”, avec une apparente résignation.

En réalité, c’est une proposition terrible ébauchée par ceux qui créent le pacifisme, appelez-cela christianisme, bouddhisme ou "gandhisme", les mouvements qui ne répondent pas (ou qui n’ont pas répondu) avec violence à la violence.

Existe-t-il réellement une culture qui croit que celui qui reçoit des coups sur la joue gauche offre la droite pour recevoir plus de coups ? Combien de temps dure une telle attitude dans une société marquée par la violence économique, sociale et politique ? Comment les personnes violentes conçoivent-elles ceux qui ne répondent pas aux agressions ?

Il est difficile de répondre à ces questions, puisque l’histoire n’est qu’une chronologie de la violence ou plutôt de l’infamie : Qui est-ce qui peut affirmer que l’on est pas encore à l’aube de la Communauté Primitive ? Est-ce que ce n’est pas est-ce qu’un échantillon de que nous vivons dans l’époque du troupeau après avoir été témoin de l’assassinat de l’adversaire comme quand ils se disputaient un fémur de Mammouth ? N’est-ce pas un modèle du fait que nous vivons à l’époque de la meute témoin de l’assassinat de l’adversaire comme quand on se disputait un fémur de mammouth ?

L’absurdité est immensément douloureuse, comme par exemple au Honduras on a assassiné le jeune Gilberto Alexander Núñez Ochoa, chargé au FNRP d’éviter que des infiltrés ou d’autres ne provoqueront des affrontements contre les forces policières et militaires durant les marches contre la dictature. Cet agent du pacifisme a été abattu de manière vile avec violence, celle là même qu’a intronisé le régime conjuré. Son délit, même si on ne le croit pas, était d’éviter les agressions contre ceux-là mêmes qui l’ont tué.

Qui au sein de l’oligarchie, parient sur la violence contre le pacifisme de la Résistance, apparemment, ils pensent que l’angoisse et l’incertitude ne les balayera pas, et que leurs victimes tendront toujours la joue droite.

Cette vision étroite est extrêmement dangereuse et conduira irrémédiablement à l’entassement des morts, qu’importe sa provenance sociale. Alors, l’odeur pestilentielle de la mort emportera toute la structure de la société hondurienne.

Ce sera l’époque où l’oligarchie et la résistance se retrouveront dans les mêmes cimetières enterrant leurs parents ou dans les hôpitaux comptabilisant les mutilés. L’hécatombe sera irréversible, les pleurs rempliront tout à ras bord et il n’y aura plus la capacité pour pardonner.

A ce moment il n’y aura plus d’occasion pour le dialogue, poru que l’on s’apprécie, pour des accords civilisés, donc quand on tient le pouvoir par les armes la pensée s’avilit, elle se trouble, et l’on croit que ce pouvoir est universel et éternel. La seule issue pour la perversité devenue pouvoir c’est la mort.

L’oligarchie ne doit pas chanter victoire parce que les morts sont du côté de la résistance, puisque la violence engendrée, plus tôt que tard, fonctionnera comme un boomerang, retournant à l’endroit d’où elle est partie. Cela peut arriver même si on ne le veut pas, ainsi fonctionne la dynamique de la violence sociale, quand il n’existe pas de réponse pour résoudre la crise politique par la voie de la coexistence pacifique.

Qu’est-ce que les oligarques préfèrent, partager le pouvoir économique, politique et le bien-être social avec tous les honduriens ou “colombianiser” ce processus ? N’existe-il pas parmi les magnats une volonté politique pour préparer le destin du Honduras avec le FNRP ? Les intérêts mesquins du gain oligarchique pèsent-ils plus que la vie ou la santé physique et mentale de milliers de honduriens ? N’y a-t-il pas d’arrangement possible ?

Sans réponse positive à ces questions, bientôt tous les coins du Honduras et son histoire future se rempliront de cadavres, ce ne sera rien de plus qu’une page écrite avec du sang.


Source
 : Vos El Soberano "La oligarquía, los muertos y la resistencia"
Traduction : Primitivi


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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 19:01
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L’ALBA, un exemple pour l’Europe de Bruxelles ?

  Voici une petite vidéo qui explique le fonctionnement de l’ ALBA (alliance Bolivarienne pour les Amériques), système de coopérations entre 9 pays d’Amérique du sud.   Sur le plan économique, L’ALBA vise à favoriser la logique coopérative, plutôt que la création d’une zone de libre-échange avec les Etats-Unis qui passe par un abaissement des droits de douanes, voir la suppression. Elle s’oppose ainsi directement au "consensus de Washington" qui prônait dans les années 1990 la déréglementation et la mise en place de mesures néolibérales. L’ALBA favorise le secteur public à la privatisation.   En ce qui concerne le "sucre", je citerais juste Chavez : «  En Septembre prochain, nous devrons être prêt pour initier des projets pilotes d’échange avec cette nouvelle monnaie virtuelle, qui ensuite sera compensée avec des équivalences . Nous n’allons pas attendre les bras croisés que le FMI (Fond Monétaire International) et la Banque Mondiale viennent régler nos problèmes et encore moins ceux liés à la crise financière, alimentaire et écologique ».

 

http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/l-alba-un-exemple-pour-l-europe-de-26320

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 11:50

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Photo: INAH

 

Une tombe datant de 2700 ans a été découverte par des archéologues américains et mexicains dans une pyramide de Chiapa de Corzo, situé dans l'État mexicain du Chiapas.

Selon ces scientifiques, elle pourrait être la plus ancienne trouvée à ce jour en Méso-Amérique, une zone géographique qui s'étend du Mexique au Nicaragua et qui était dominée par la culture aztèque, avant l'arrivée des Espagnols en 1519.

La tombe contenait les restes d'un homme d'une cinquantaine d'années. L'individu avait été enterré avec plus d'un millier de perles de jade, un cache-sexe avec des perles incrustées, des boucles d'oreilles et de nombreux bracelets. En outre, ses dents portaient des ornements en jade et des écailles.

Les chercheurs pensent qu'il pourrait s'agir d'un prêtre ou d'un homme influent.

Les restes d'un enfant d'un an et d'un jeune adulte, qui auraient pu être sacrifiés, ont été découverts à ses côtés.

Le squelette d'une femme, également dans la cinquantaine, a aussi été mis au jour dans une sépulture voisine, mais plus petite.

À la lumière de cette découverte, les chercheurs pensent que la tradition méso-américaine d'utiliser les pyramides comme lieu funéraire serait beaucoup plus ancienne que ce qu'ils croyaient jusqu'à maintenant.

 

Radio-Canada.ca avec Associated Press

 

 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/science/2010/05/18/002-Mexique-tombe-azteques.shtml

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 11:47


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Premiers succès face à la malnutrition aigüe au Nicaragua

 Une évaluation nutritionnelle, réalisée auprès d’environ 800 enfants de 6 communes de 3 départements du « Couloir de la Sécheresse » a montré que le taux de malnutrition aigüe atteignait à peine les 0,5%. De plus, aucun cas de malnutrition aigüe sévère n’a été recensé.
 Les programmes mis en place par Action contre la Faim dans le nord du Nicaragua portent leurs fruits et à l’heure actuelle, la situation nutritionnelle est sous contrôle.

 

Suite à la situation alimentaire et nutritionnelle détectée par ACF-Espagne dans le Couloir de la Sécheresse au Nicaragua, due à la sécheresse provoquée par le phénomène « El Niño », l’organisation a réussi à maintenir le taux de malnutrition à un niveau assez bas grâce à des programmes mis en place dans la zone. Il est toutefois nécessaire de maintenir le niveau d’alerte car le problème alimentaire se poursuit.

 

Face à l’urgence que constitue le manque de nourriture, l’organisation a mis en place un programme d’urgence de distribution de semences et de matériel, et une surveillance nutritionnelle, financés par l’Office d’Aide Humanitaire de la Commission Européenne (ECHO), qui a apporté son soutien afin de faire face à la sécheresse en facilitant l’accès à la production agricole pour plus de 2600 familles de 150 communautés. « Avec la distribution de kits de matériel agricole qui contiennent notamment des graines de maïs améliorées et des fertilisants, 1400 hectares de céréales ont pu être plantés lors de la première période de production de la saison agricole, soit le triple de l’objectif initial », indique José Luis Vivero, coordinateur régional pour l’Amérique Centrale d’ACF-Espagne.

 


 

Ce projet sera renforcé par l’installation de plus de 80 silos communautaires, afin que les producteurs disposent d’un lieu où entreposer une partie de leur récolte pour constituer une « banque de semences ». Cela leur permettra ainsi de disposer de réserves pour pouvoir semer une deuxième fois pendant la saison agricole, non seulement en 2010 mais aussi durant les prochaines années.

 

De même, des « sites sentinelles » de surveillance et d’alerte précoce ont été établis dans 25 communautés, en coordination avec le Ministère de l’Agriculture et des Forêts du Nicaragua (MAGFOR) et avec l’appui de la FAO et de Plan International. Les communautés s’engagent à participer en tant que références à la surveillance des facteurs qui déterminent la sécurité alimentaire des habitants de leur région.

 

D’autre part, la première récolte de la saison n’aura pas lieu avant le mois d’août et il existe actuellement très peu d’opportunités d’emplois permanents. C’est pourquoi Action contre la Faim a mis en place un programme intensif de recrutement de main d’œuvre qui a bénéficié à 2400 familles et leur a permis de supporter la sécheresse tout en maintenant les niveaux de malnutrition sous contrôle.

 

L’urgence continue

« Nous avons remarqué que les familles diminuaient de plus de 70% la quantité de céréales de base qu’elles préparaient pour leur repas, ainsi que les rations et les temps de repas, jusqu’à consommer un quart de la portion de maïs par personne et par jour. Dans le même temps, les prix sur le marché augmentent chaque semaine, ce qui limite l’accès aux aliments pour la population », remarque José Luis Vivero. « Dans la majorité des communes du Couloir de la Sécheresse nicaraguayen, les producteurs n’ont plus de semences pour la première période de la saison agricole, c’est pourquoi plus de 80% des familles achètent actuellement leurs aliments et exercent un travail temporaire sporadique », ajoute José Luis. Pendant ce temps, à cause de la sécheresse, l’eau continue à être rationnée dans les puits communaux. Des horaires ont été déterminés pour la distribution, et la quantité est limitée à un seau par famille et par jour.

 

Les situations de « risque de malnutrition » et de « malnutrition modérée » risquent de s’aggraver si le manque d’aliments et de travail temporaire persiste. L’augmentation des prix des produits de base (maïs et haricots) sur les marchés locaux en affecte l’accès, et dans certains villages, la population la plus vulnérable a déjà commencé à vendre ses biens, comme des poules et des porcs. « Bien que le Couloir de la Sécheresse soit plutôt vert à l’heure actuelle et que le manque d’aliments dans les foyers n’ait pas engendré une crise nutritionnelle pour les enfants, le problème alimentaire continue », note José Luis Vivero.

 

Action contre la Faim souhaite, entre autres :

 

 nourrir les enfants à l’école durant les mois critiques (de mai à juillet)
 établir des programmes intensifs de recrutement de main d’œuvre (emplois temporaires non qualifiés) pour pouvoir venir en aide à la population vulnérable afin d’éviter une migration forcée et fournir des ressources aux familles les plus pauvres
 renforcer les « Sites sentinelles » au niveau communautaire
 renforcer le programme de Bons Alimentaires et en faire un élément important du « Réseau de Protection Sociale contre la Faim »
 développer l’offre en quantité et en qualité des biens fournis

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 09:58

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CARACAS — Contrairement aux graffeurs qui opèrent dans l'obscurité, Wildemar Liendo travaille en pleine lumière. Cet employé du ministère vénézuélien de la Culture trace à l'aérosol sur un mur de Caracas le visage géant d'Hugo Chavez, et en admire les couleurs.

Une simple promenade dans la capitale du Venezuela permet de découvrir des centaines de fresques murales célébrant la révolution socialiste bolivarienne et son mentor, le président.

Mais contrairement à d'autres cieux, ici, les graffitis sont parfois directement sollicités par le gouvernement. "Beaucoup de ministères les commandent parce qu'on est en train de vivre le bicentenaire" de l'indépendance du Venezuela vis-à-vis de l'Espagne, explique Liendo.

Vingt graffitis géants ont déjà été commandés, selon cet illustrateur de 23 ans.

Sa fresque, Chavez le bras gauche levé, est un hommage à "la victoire", et à "la révolution en mouvement". Son élaboration coûtera 5.000 bolivares (870 euros) à l'Etat.

Les racines indigènes du Venezuela, le socialisme du XXIe siècle, mais aussi le guérillero Che Guevara, le héros de l'indépendance vénézuélienne Simon Bolivar, le président socialiste bolivien Evo Morales, le leader de la révolution cubaine Fidel Castro, sont autant de personnages dessinés sur les murs de Caracas, où la figure récurrente est tout de même le visage de Chavez.

En revanche, rares sont les messages de l'opposition vénézuélienne.

"Ce gouvernement encourage réellement le graffiti, tandis que l'opposition fait quelque chose de plus commercial", estime Ronald Diaz, du groupe d'artistes urbains Sud-Ouest-Uni, en allusion à de récents concours de graffitis organisés par des communes d'opposition.

Le quartier populaire du "23 janvier" à Caracas, ancien refuge de guérilleros vénézuéliens et fief historique de Chavez, est sûrement le coin de Caracas où la concentration de fresques révolutionnaires par mètre carré est la plus forte.

Sur un mur, le Christ armé d'un fusil AK-47 regarde la Vierge Marie qui porte un enfant Jésus avec une arme à feu. "Le Christ et sa mère défendent la révolution", expliquent des lettres géantes.

"En tant qu'artiste, je la vois comme quelqu'un qui défend la révolution (...) Et je suis convaincu que le Christ était quelqu'un qui voulait transformer les choses, un type révolutionnaire", dit l'auteur du dessin, Nelson Santana.

"Cette Vierge va à la guerre", commente une passante.

Les cibles des critiques de Chavez ont aussi leur place dans la galerie.

Ici, une image de David, la figure biblique, soutenant la tête de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton. Là, vert et avec des cornes, Juan Manuel Santos, le dauphin autoproclamé du président colombien Alvaro Uribe (droite).

L'auteur, Carlos Zerpa, fait partie d'une groupe de "guérilleros de la communication", des artistes et professionnels de la communication qui se disent "anticapitalistes et anti-impérialistes".

Leur but: contrecarrer les "mensonges" des grands médias traditionnels. Mais aussi remettre en question la société de consommation, affirme Yaneth Rivas, une de ses membres.

Sur un mur, deux policiers de deux communes gouvernées par des partis politiques opposés se mettent en joue. Ils montrent une autre image de la réalité du Venezuela révolutionnaire: les tensions récurrentes entre les partisans du gouvernement et l'opposition.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 09:41

 

 

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La crise globale du capitalisme a entraîné certains résultats inattendus dont le retour des dures politiques néo-libérales, mais pas , cette fois-ci, dans les économies émergentes latino-américaines ou asiatiques, comme cela été le cas vers la fin des années 80 et 90 du siècle dernier, mais en Europe qui était montrée jusqu’à il y a peu comme un modèle de prospérité et de stabilité monétaire, financière et politique.

Plusieurs bulles et rêves ont été réduits en miettes sur la planète à partir de 2007 dans l’immobilier, le commerce et les finances. Ajoutons y maintenant l’échec du rêve de l’Union Européenne de devenir un pôle très puissant face aux Etats-Unis, avec une monnaie unique solide et une apparente spirale de développement exclusive et raciste.

Le rêve a cédé la place au malaise du réveil. Le mécontentement s’est emparé des rues d’Athènes qui a été le théâtre, cette fin de semaine, de manifestations d’une ampleur sans précédents contre les mesures de rajustement contenues dans le paquet de sauvetage et imposées aux travailleurs pour sauver les banques , les entreprises et le propre système.

Les travailleurs ne voient dans les coupes sombres sur les dépenses publiques et dans la hausse des impôts, que le prélude de nouvelles mesures comme cela est le cas d’une réforme en matière d’emploi qui balaiera les droits des travailleurs et entraînera une augmentation du chômage et de la pauvreté.

L’offensive néo-libérale en Grèce a été suivie de celle qui s’est abattue sur l’Espagne où la situation était difficile et où l’on n’a pas attendu l’éclatement de la bulle pour avoir recours aux mesures de sauvetage. Le gouvernement a décrété la réduction des salaires dans la fonction publique, le gel des pensions et la suppression de plusieurs prestations sociales comme le dit « chèque bébé », une espèce d’allocation pour encourager les jeunes couples à avoir des enfants.

La lutte contre cette réforme a fait s’unir la Centrale Syndicales des Commissions Ouvrières et l’Union Générale des Travailleurs qui organiseront des manifestations permanentes à partir du 8 juin. Ce sera une véritable partie de bras de fer entre la société et les autorités.

Tout semble indiquer qu’après ce sera le tour de la Grande Bretagne, dont le gouvernement, qui vient de s’installer, à l’issue d’une alliance paradoxale entre libéraux démocrates et conservateurs, a annoncé un programme énergique pour freiner le gros déficit budgétaire.


Comme chacun sait cela peut se faire de deux manières : en augmentant les impôts ou en réduisant les dépenses publiques, ou, ce qui revient au même, en pénalisant la consommation (pas la production et la vente de biens, pas les bénéfices et la richesse) en augmentant la TVA ou en réduisant la qualité des services publics.


Chose curieuse : il n’est absolument pas question de toucher aux dépenses militaires. L’Espagne et la Grande Bretagne rendraient un grand service à leurs budgets respectifs en élimant la sangsue que constitue leur participation à la guerre en Afghanistan. C’est un conflit que ne els concerne pas du tout, mais qui leur coûte très cher au point de vue humain et matériel.

En tout cas, le chute retentissante du gouvernement de Gordon Brown devrait faire réfléchir certains dont son homologue allemande , Angela Merkel, qui a essuyé un dur revers électoral en Rhénanie-du-Nord-Westphalie qui lui a fait perdre la majorité à la Chambre Haute.

L’avenir de Nicolás Zarkozy n’est pas moins compliqué. 69% des Français désapprouvent sa façon de gouverner à deux ans des élections.

C’est dans ce contexte que se déroule le Sommet Europe-Amérique Latine-Caraïbes qu’a ouvert le Président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero qui a consacré, dans son discours, plus de temps à ses pairs du Vieux Continent pour les appeler à l’unité, qu’à ses invités d’outre Atlantique.

Affaibli au milieu de l’orage, comment pouvait-il en faire autrement ? Quels mirages et promesses, pouvait-il proposer à un moment pareil en échange de nouveaux marchés ?

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 09:31

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Madrid, 18 mai, (RHC)--. Le président bolivien, Evo Morales, a dénoncé à Madrid l’appui que le Parti Populaire espagnol, force politique de droite, a apporté à ceux qui ont tenté le coup d’Etat contre lui, en septembre 2008.

Evo Morales qui participe à Madrid au Sommet de l’Europe, l’Amérique Latine et les Caraïbes a cité comme preuve des articles de presse.

Il a ajouté que ces faits font toujours l’objet d’investigations et que plusieurs des instigateurs dont il n’a pas révélé le nom ont fui le pays.

Après avoir dénoncé Philip Goldberg, alors ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie, comme le premier conspirateur dans cette tentative de coup d’Etat, Evo Morales a souligné que la droite bolivienne est pratiquement enterrée même si elle a réussi à s’infiltrer dans quelques mouvements sociaux.

Il a ainsi fait allusion à la participation d’agitateurs de la droite derrière les manifestations syndicales de ces dernières semaines. Ces manifestations exigeaient davantage d’augmentations de salaire.

Dimanche, le président bolivien, Evo Morales avait condamné à Rome la loi criminalisant les sans papiers dans l’Arizona et les expulsions prévues par la loi en Europe.

Peu après un entretien au Vatican avec le Pape Benoît XVI, le président bolivien a annoncé qu’il oeuvrerait à une alliance entre l’Europe et l’Amérique pour aborder les besoins des immigrants.

Evo Morales et le Souverain pontife se sont prononcés sur la création d’une plus grande sensibilisation sociale au sujet des droits de la Mère Terre, une question largement défendue au sommet des peuples sur le changement climatique, à Cochabamba, en Bolivie.

Le président Morales a demandé l’appui du Saint Siège pour la lutte pour le respect de la nature et pour les immigrants.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 12:01

p 12 05 2010

Archibald EMOREJ

 

Elle a échappé de peu à des tueurs aux ordres des paramilitaires Elle dit que la mort est une possibilité, acceptée comme prix à payer pour la liberté et l’émancipation du peuple.

Loin de tout, deux bureaux de vote, des lieux fantômes depuis plus de dix ans d’où sortent malgré tout à chaque élection des bulletins qui ravissent le président Uribe.

Des centaines de kilomètres de jungle pour aller à la réunion des campesinos. Sur la route, des, os blanchis des victimes sans sépulture du paramilitarisme.

Le témoignage que vous allez lire raconte une Colombie dont nos médias nous parlent peu.

LGS.

 

CAMPAGNE INTERNATIONALE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES DU CATATUMBO ET L’ARRÊT DES MONTAGES JUDICAIRES.

La plus vieille démocratie d’Amérique Latine continue, en toute impunité et dans le silence effrayant de la communauté internationale, sur le chemin des plus sombres dictatures. Nous ne sommes plus beaucoup à être dupe de la farce démocratique des républiques électoralistes, et pourtant nous déplorons que ces seuls attributs, la démocratie écrite dans la constitution d’une part et un semblant d’élection d’autre part, suffisent à absoudre tous les crimes commis en leurs noms.

Il faut alors rappeler ceci : si on additionne les crimes, les exécutions, les assassinats, les disparitions, les cas de tortures et les déplacements forcés de population des dictatures des années 70-80 du cono sur (Cône Sud : Argentine, Chili, Paraguay et Uruguay), ce compte macabre reste en dessous de tous les crimes commis par la “démocratie” colombienne depuis le début des années 80. Combien de sang, d’horreurs et de tragédies pour que la Colombie soit en première page des journaux du monde entier, combien de temps encore pour que soient jugés les crimes d’une oligarchie si perverse ? Combien de morts, de fosses communes, d’exécutions extrajudiciaires, de “falsos positivos” et de montage judiciaires pour que les peuples se lèvent contre cette démocratie-là ? Parce que, ce laboratoire de la perversité ne préfigure pas seulement les futures “démocraties” d’Amérique Latine, mais bien le futur de toutes les démocraties du monde, où, drapées dans des mots et des concepts vidés de leur sens, la terrible loi des puissants et des riches, la terreur du capitalisme et de ses mercenaires, dirigeront l’avenir des hommes et des femmes dans le plus terrifiant des silences et la plus totale absence de justice.

Ce qu’il faut faire ? Suivre l’exemple de ceux et celles qui luttent avec courage et dignité : l’ASCAMCAT.

L’association paysanne du Catatumbo (La Asociación Campesina del Catatumbo - Ascamcat), est une organisation fondée à la fin de l’année 2005 par les habitants de la zone rurale formée par les municipalités de Convención, Teorama, El Tarra et El Carmen, lesquelles font partie de la région du Catatumbo, dans le département Norte de Santander. Cette région frontière avec le Venezuela est une région stratégique riche en ressource pétrolière et carbonifère, en ressource aquifère et minérale (gisement de coltan et d’or notamment). Notons également que le Catatumbo est le territoire ancestral de l’ethnie Barri, et par la même un lieu historique de résistance à toute les formes d’oppression de puis la conquête espagnole.

L’Ascamcat s’est créée comme une proposition associative de reconstruction du tissu social suite à la “démobilisation” des blocs paramilitaire en 2005. Elle se positionne comme une alternative qui permette de générer les conditions d’une vie digne et d’un développement juste pour les habitants du Catatumbo. Sa proposition s’appuie sur ces quelques points incontournables :

La défense du territoire et le refus de tout nouveau déplacement de population ; le respect des communautés indigènes, et plus avant de tous les hommes et femmes, ainsi que des enfants du Catatumbo ; l’interdiction de la fumigation des cultures à usage illicite et l’arrêt de l’éradication manuelle sans plan de substitution ; la résolution des facteurs socio-économiques qui ont donné naissance à l’expansion des cultures de coca ; la défense des ressources naturelles et la préservation des écosystèmes ; la participation dans les prises de décisions concernant l’aménagement du territoire ; le respect à la vie et la défense des droits de l’homme dans la région.

Vaste est ambitieux programme pour une région ensanglantée par le paramilitarisme de 2000 à 2005 et submergée par la militarisation des années de la sécurité démocratique des deux mandats du présidents Uribe. Selon les sources, entre 5 000 et 15 000 morts.

Le scandale des “faux positifs” est né par là-bas, avec la brigade XXX (la treinta), aujourd’hui dissoute, qui séquestrait des jeunes des quartiers populaires de Bogotá pour les abattre dans la région du Catatumbo, les déguisait en guérillero et ensuite les présentait comme morts au combat, profitant ainsi de cette absurde et macabre politique de résultat instituée par l’actuel candidat à la présidence, Juan Manuel Santos, alors en poste comme ministre de la défense.

Vaste est ambitieux programme, qui ne pouvait donc qu’attirer les foudres de l’oligarchie et la mobilisation de toute la force macabre de ceux d’en haut. La stratégie d’aujourd’hui, celle du moindre coût pour les puissants, est celle des montages judiciaires. Pourquoi se mettre à dos les investisseurs étrangers avec des paramilitaires sanguinaires et violeurs d’enfants, pourquoi se mettre à dos les organisme internationaux à cause de soldats de l’armée nationale prompt à tuer puis déguiser même les ânes en guérilleros, pourquoi tout cela lorsqu’on dispose de tout l’arsenal d’une justice de façade, d’une démocratie de papier, d’un état de droit fictif ?

Et ainsi vont les crimes perpétraient à l’encontre de la population catatumbera proche de l’ASCAMCAT depuis 2009 :

 Luz Marina Rodríguez Casadiego, assassinée le 14 juin 2009. Âgée de 46 ans, elle était responsable du poste de santé de Caño Escondido, municipalité de Convención. Deux tirs à bout portant dans la tête alors qu’elle transitait à dos de mule sur un chemin.   Raúl Navarro, assassiné le 7 août 2009. Il était vice-président de la junta de acción communal (mairie locale) de la vereda (petite agglomération paysanne) El Suspiro. Un tir dans la tête et des signes de torture à l’arme blanche à l’estomac et à la jambe droite.   Freddy González García, disparu le 17 septembre 2009 et retrouvé mort le 20 septembre 2009. Âgé de 33 ans, il était juge (fiscal) de quatre veredas. Torturé et mis à mort, son corps a été retrouvé prêt de la vereda Puerto Barranca.   Léider Antonio Hernández Velásquez et Ánderson Camargo Ramírez deux jeunes paysans morts le 5 octobre 2009 à la vereda de San Pablo, municipalité de Teorama. Morts suite à la fusillade organisée par un groupe paramilitaire qui fit irruption dans le village et tira au hasard.  Depuis la fin de l’année 2009, les actes d’intimidation à l’encontre de la communauté et des leaders de l’Ascamcat n’ont pas cessé. De l’emprisonnement pour quelques jours de dizaine de personnes à l’intrusion de plus de cinquante militaires dans le territoire de paix qu’est le refuge humanitaire situé à la vereda de Caño Tomas.

Le plus grave se déroule cependant depuis le début du mois de février 2010. Suite aux témoignages de supposés démobilisés de la guérilla, la Fiscalia (département de la justice colombienne) a promulgué pas moins de 68 ordres de capture à l’encontre d’affiliés de l’Ascamcat. La communauté a pourtant reconnu le supposé démobilisé de la guérilla et formellement identifié comme un délinquant de la région, impliqué notamment dans des vols à la portière et des extorsions minables. Il faut noter que le statut de démobilisé et de collaborateur de “la justice” offre à ce trouble personnage, outre une protection policière et un salaire, la permission de ne pas être contre-interrogé par les avocats de la défense comme de ne pas participer à un éventuel procès, pour “sa sécurité”. Il n’en faut pas plus pour définir parfaitement ce qu’est un montage judiciaire. Ceux de l’Ascamcat actuellement incarcérés, au nombre de 19, sont sous le coup d’une juridiction exceptionnelle pour les accusations de narcotrafic et de terrorisme, ce qui permet à “la justice” de les maintenir jusqu’à un an en prison, le temps de l’investigation.

Liberté pour la Catatumbo, plus de montages judiciaires !

Suite à cette vague d’arrestation et à la décapitation de fait de la direction de l’ASCAMCAT, les leaders campesinos ont organisé une rencontre nationale et internationale les 28 et 29 avril, à la vereda de Caño Tomas, municipalité de Teorama, dates qui correspondent également à l’anniversaire du refuge humanitaire monté en ce lieu en 2009 suite aux concentrations de l’armée nationale et des “bavures” en résultant (saccages et vols des cultures, extorsions et intimidations, bombardements et mitraillages au hasard, etc.).

Convoqués au lancement de cette campagne intitulé : Libertad por el Catatumbo, no mas montajes judicales. Somos campesinos no terroristas !, de nombreuses associations de défense des droits de l’Homme, comme les collectifs d’avocats Humanidad Vigente et le collectif Luis Carlos Pérez, des organisations paysannes d’autres départements comme l’ACVC du Magdalena Medio ou ASTRACATOL de Tolima, des syndicats universitaires comme la FEU, des organisations de défense des droits des prisonniers politiques comme la fondation Lazos de dignidad, des journalistes indépendants ou d’organes nationaux comme Caracol Radio, et quelques organisations du Catatumbo vénézuelien voisin comme MOJUCAT – Movimineto de la Juventud del Catatumbo, des organisations internationales de défense des droits de l’Homme comme IPO ou PBI, et bien d’autres compagnons de route de la lutte, venant du pays et de bien au-delà.

Récit de la rencontre, 28 et 29 avril 2010, Refuge Humanitaire, Caño Tomas, Teorama.

Depuis Bogotá est parti un groupe d’étudiant pour rallier Cúcuta, la capitale de l’état de Norte de Santander. Après quatorze heures de voyage, c’est au terminal de bus que d’autres étudiants de Pamplona et de Cúcuta, les journalistes, d’autres organisations sociales et ceux de Barracabermeja et Buccaramengua se joignent à la troupe. Également, à partir de là, tous conterons avec l’accompagnement des internationaux de IPO, l’observatoire international de la paix : c’est qu’il faut maintenant rejoindre La Gabarra et donc passer de nombreux barrages de la police et de l’armée. Ces quelques six heures de camion-bus sur une route parfois défoncée, enjambant des rivières sur des ponts brinquebalant, voient défilés les plantations de palme africaine, la maldita palma, ce vaste méga-projet du gouvernement de substitution des cultures de coca et de développement pour la région, programme qui ne profitent qu’aux grands propriétaires, qui empêchent les cultures traditionnelles et la souveraineté alimentaire des paysans de la région, en un mot qui participe à l’anéantissent du monde paysan et ne vise qu’à en faire un vaste sous-prolétariat au service des propriétaires terriens, et qui par-dessus tout appauvrit irréversiblement les terres fertiles. Sur le bord des routes on voit aussi des blindés et des troupes de l’armée nationale armées jusqu’aux dents, surtout prêt des forages de pétrole de la zone de Tibú. La ville est dernière nous, les vaste étendues de forêt tropicale remplacent le béton et le bruit tenace de la circulation, la chaleur humide endormirait avec force si les embardées du camion le permettaient, voilà plus de vingt heures que nous sommes en route.

Arrivée à La Gabara, une ville forteresse dont les stigmates de la prise de la ville par les paramilitaires sont encore tenace, dix ans après. Là, avec le concours tacite des militaires de l’armée nationale, les mercenaires des AUC ont tué quelques deux cents personnes en une seule nuit, bombardant et mitraillant, volant et violant, jetant les cadavres dans le fleuve Catatumbo et inaugurant leur sinistre emprise sur la région, ces années de terreur et de sang que certains n’oublieront jamais. Les pirogues qui doivent emmenées les quelques cinquante participants ne sont pas là. On se repose un peu, on déjeune, mais on s’agite aussi. Il reste six heures de pirogues et une heure de marche, et si elles ne sont pas là, les embarcations, la piste qui mène au refuge humanitaire sera difficilement praticable en cette saison d’hiver. On apprend que les pirogues ont eu des difficultés, la veille, pour atteindre Caño Tomas avec un autre groupe. Elles ne sont pas là, il faut improviser. La majeure partie part donc entassée sur deux pick-up, le reste passe la nuit à la Gabara. Les volontaires ne se bousculent pas : qui veut passer la nuit dans une ville bastion du paramilitarisme ? Pas les leaders d’organisation paysanne ! Après quelques mesures de sécurité, le groupe restant s’organise et s’apprête à profiter d’une courte nuit. Le lendemain il faudra se lever vers les trois heures du matin et emprunter aussi la piste.

Que le Catatumbo est beau à l’aube ! Sa végétation luxuriante baigné par la transpiration de la terre qui s’éveille, les oiseaux colorés accompagnent de leur chant le ronronnement du moteur qui s’essouffle dans les marres de boue, un paradis meurtri que nous sillonnons avant que l’accablante chaleur de la matinée s’installe. En plein territoire de l’ethnie Barri nous avançons, parfois lentement, sautant du pick-up pour désembourber une roue, et chacun partage ses expériences, de luttes sociales, de luttes étudiantes, de résistance. Un paysan sexagénaire, alias « Clinton », assez robuste pour aider les voyageurs, nous raconte l’histoire triste des lieux que nous dépassons. Ici el cimetario, ici el mortero... des fosses communes et des bosquets où l’on peut encore voir, sans sépulture, les os blanchis des victimes du paramilitarisme. Le compagnon journaliste Manuel demandera plus tard, lors de la conférence de presse, si les autorités n’ont jamais enquêté sur ces lieux de malheur connus de toute la région. Jamais. C’est une plaie mortelle qui fait du Catatumbo un territoire sacré, une raison suffisante pour interdire n’importe quel bulldozer, n’importe quel forage, n’importe quel projet capitaliste. Clinton nous raconte comment la police et l’armée lui ont volé deux mois auparavant la récolte de coca... de ce dur et laborieux travail il n’a pas profité, mais le poste de police s’est enrichi depuis lors de ventilateurs et autres objets de confort. C’est ainsi, par ici, qu’ils s’engraissent sur le dos des paysans. Chemin faisant, la piste défoncée endolorie les corps et saigne les mains accrochées à la carlingue, pas un peso d’investi dans les infrastructures. Et pas seulement la route, depuis bien des heures il n’y a pas un poste de santé, pas une école, rien et personne, seulement la jungle. Enfin, après quelques quatre heures, nous arrivons au refuge humanitaire de Caño Tomas.

Malgré la difficulté du voyage, plus de cinq cents personnes participent finalement à la rencontre internationale. Il faut saluer la parfaite organisation de l’ASCAMCAT qui a surmonté toutes les épreuves pour accueillir dans les meilleures conditions tous les participants, et par ici rien n’est facile. Après l’enregistrement des nouveaux venus et un robuste petit déjeuner cuisiné sur les feux de bois, il est temps de rentrer dans le vif du sujet. Sous un vaste ranch au toit de palme et aux piquets de bois, l’estrade accueille le défilé des participants et des leaders campesinos. Les vivats fusent et la température augmente encore d’un cran. Les messages de soutien des participants venus de tout le pays finissent en applaudissements sous la harangue des étudiants qui concluent leurs mots par de vibrant Hasta la victoria siempre ! Les camarades du Venezuela sont copieusement applaudit. L’esprit bolivarien soutient l’assemblée. Les présentations laissent place aux mots des collectifs d’avocats, l’assemblée intervient, la logique de la résistance s’impose dans ces mots d’ordre de la rencontre : plus de montages judiciaires ; nous sommes défenseurs des droits de l’Homme, pas terroristes ; nous sommes campesinos pas terroristes !

Un petit groupe électrogène fournit l’électricité et permet de voir les messages enregistrés des compagnons qui vivent dans la clandestinité depuis la promulgation des ordres de capture. Des messages de soutien arrivent depuis l’Europe et même depuis les États-Unis. Les banderoles décorent le refuge, ce petit territoire de paix d’à peine un kilomètre carré, bordé par un cours d’eau clair et rafraîchissant, par une plantation de cacao abandonnée depuis que les fumigations ont irréversiblement condamnées toutes les récoltes futures, résonne pendant quelques heures de la détermination d’une communauté prête à surmonter toutes les oppressions. Qu’importe la fatigue, le manque de médicaments, de professeurs, d’infrastructures et de respect de la part de ceux de la ville, qu’importe le blocus sur la nourriture et le manque de débouchés de la culture traditionnelle, qu’importe même les morts et les prisonniers politiques, ici on reste debout, digne et fier, jusqu’aux ultimes conséquences de ses choix réfléchis.

Je ne peux que raconter ces deux moments forts où l’assemblée toute entière est parcourue d’un intense frisson d’émotion malgré la fournaise de l’après-midi. Viennent partager sur l’estrade les familles des camarades injustement emprisonnées. Une femme dans la force de l’âge, des sanglots dans la voix, surmontant le trac de parler devant une si grande foule, nous parle de son père, un vieux paysan déjà, qui se désespère et se meure entre les quatre murs d’une sordide prison d’état, et dont le seul crime est d’être un bon père de famille, humble et travailleur, qui a choisit de se joindre à l’organisation plutôt que de laisser à ses enfants le même monde que lui a du supporter. En prison il pleure souvent. Dans l’assemblée certains retiennent leurs larmes face à se témoignage poignant. Par ici, camarade ou simple lecteur, la vie dure endurcit la peau mais pas les cœurs.

Un peu plus tard, Olga, dirigeante de l’ASCAMCAT dont et le père et l’oncle sont incarcérés, rappel alors que dans le Catatumbo un ordre de capture ne se refuse à personne, et que tous et toutes sont sous cette vicieuse épée de Damoclès. Elle qui a déjà échappé de peu à la mort lors d’une poursuite avec des tueurs aux ordres des paramilitaires il y a quelques mois, rappelle aussi que d’autres camarades, comme ceux de ASTRACATOL de TOLIMA ont dans leurs rangs plus d’un mort. Et que la mort est une possibilité. Une possibilité acceptée comme prix à payer pour la liberté et l’émancipation du peuple. Je ne saurai expliquer avec quelques mots le nouveau frisson qui traversa certains d’entre nous lorsque Olga s’est dite confiante en la combativité de l’assemblée présente au cas ou la mort viendra la prendre. Ce fut le silence, et pourtant, il n’y a aucun doute, si la situation empire encore, plus d’un(e) ce lèvera et acceptera, comme elle, comme tous et toutes qui sommes investis de cet espoir pour des lendemains meilleurs et conscients de la nécessité du combat, et bien ensemble nous reprendrons la lutte jusqu’aux ultimes conséquences de nos actes réfléchis.

Lors de la conférence de presse, ceux qui sont étrangers au territoire et aux terribles banalités du quotidien des zones rurales en Colombie, restent médusés quand Pablo, l’actuel coordinateur du refuge humanitaire, répondant à une question d’un jeune journaliste barbu, nous expliquera que les deux bureaux de vote pour le secteur de Teorama, La cooperativa et La pista, sont des lieux fantômes depuis plus de dix ans, et que malgré tout à chaque élection sortent des bulletins de vote se répartissant également, 40% pour le parti du président Uribe (partido de la U), 40% pour le parti conservateur et 20% pour le parti libéral. Malgré les dénonciations auprès des autorités compétentes, rien ne change, et les élections pour le congrès du mois de mars dernier n’ont pas fait exception à la règle. Pas de bureau de vote mais des résultats quand même ! Comment donc sera élu le prochain président de la république pour l’élection de cette fin de mois de mai ? Devinez ! Certains disent encore que en Colombie il y a un état de droit, et démocratique en plus !

Il est impossible de raconter en détail tous les événements de cette imposante rencontre. Ceux de la tribune et ces quelques moments partagés avec la vie paysanne des camarades du Catatumbo. Simplement la campagne internationale pour la libération des prisonniers politiques et pour l’arrêt des violations des droits de la communauté est lancée. Elle doit vivre, chaque jour et chaque seconde enfler comme un fleuve turbulent qui cherche par tous les moyens à se frayer un chemin vers la mer, cette campagne doit aboutir à la vérité et à la libération inconditionnelle des camarades internés. Parce que chaque jour qui passe, chaque heure qui s’écoule, les camarades sont en prison sous le coup d’infâmes et ridicules montages judiciaires, et leurs familles sont dans l’angoisse de l’attente de chaque décision de « justice ». Il n’est pas besoin de rappeler que les prisons colombiennes sont loin d’être des endroits sécurisés pour les prisonniers politiques accusés d’être en relation avec la guérilla.

Alors il faut mobiliser toutes nos forces pour que cesse le silence, pour que les violeurs des idées de justice et de liberté ne soient pas les maîtres, et pour soutenir sans l’ombre d’une hésitation ceux et celles qui luttent depuis les magnifiques collines du Catatumbo. Rien de plus et rien de moins :

Libertad por el Catatumbo, no mas montajes judicales. Somos campesinos no terroristas !

Pour les compagnons emprisonnés et leurs familles : Soutien inconditionnel ! Les personnes actuellement injustement détenues sont : Diosmel Galvis Vergel Roimar Carrascal José de Dios Benítez Edilson Márquez Gabriel Quintero Aleida Angarita Jesus Antonio Quintero Salazar José Alberto Quintero Salazar Olinto Salazar Pabón Diorgen Acosta Héctor Saúl Carrascal Neyder Carrascal. Eneil Pérez Calderón Tous et toutes, reconnus dans la région pour leur travail auprès de la communauté, sont accusés de rébellion, terrorisme et association de malfaiteurs ; certains sont poursuivis en plus pour narcotrafic. Par ailleurs, la fiscalia a lancé deux ordres de capture contre José del Carmen Abril président et représentant légal de L’ASCAMCAT et contre Jhonny Feldred Abril Salcedo qui a été jusqu’alors le coordinateur du refuge humanitaire de Caño Tomas.

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 22:16

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BENITO PEREZ    

SOMMET - Le président hondurien doit renoncer à se rendre à Madrid pour la rencontre Europe-Amérique latine menacée de boycott.
Le bras de fer a tourné court. La menace proférée mardi d'un boycott sans précédent du Sommet Europe-Amérique latine a fait tout son effet: le lendemain, José Luis Zapatero, président en exercice de l'Union européenne (UE), prenait son téléphone pour informer personnellement son homologue de l'Unasur, Rafael Correa, de l'absence du président du Honduras Porfirio Lobo lors de la rencontre intercontinentale des 17-19 mai à Madrid. Un succès indéniable pour le bloc du Sud emmené par les présidents équatorien et brésilien. La fronde de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) avait bien sûr des motifs diplomatiques mais aussi politiques. Le bloc paraît en effet déterminé à élever le prix politique à payer pour le putsch de juin 2009, qui renversa le président élu du Honduras, Manuel Zelaya. «Nous ne pouvons faire comme si rien ne s'était passé», avertissait M. Correa, mardi, en clôture du Sommet de l'Unasur à Buenos Aires.
Pour les actuels gouvernants sud-américains, l'ombre des régimes Pinochet, Videla ou Strossner n'est pas dissipée. «Légitimer ces élections sous dictature» remportées par Porfirio Lobo en novembre dernier crée un «funeste précédent», a précisé le chef de l'Etat équatorien. Un message à usage interne mais aussi dirigé vers les Etats-Unis et l'Union européenne qui se sont empressés de reconnaître ce gouvernement favorable à leurs intérêts.


«Sans consultation»

L'autre dimension du coup de sang sud-américain répond à l'attitude des Européens jugée méprisante à leur égard. Inviter Porfirio Lobo au Sommet de Madrid «sans consultation», alors même que le Honduras a été exclu de l'Organisation des Etats américains (OEA), est «une démarche bien légère», avait diplomatiquement relevé M. Correa.

Au sud de l'isthme, seuls la Colombie et le Pérou reconnaissent pour l'heure le gouvernement de M. Lobo. Et si certains prêtaient au Brésil l'intention de suivre les pays centraméricains, qui ont rétabli leurs relations avec le Honduras, en échange d'une pacification du pays (lire ci-dessous) et d'une amnistie pour M. Zelaya, ces deux conditions sont loin d'être remplies. Le président Lula a d'ailleurs pesé de tout son poids dans la menace de boycott.
Pour Porfirio Lobo, le lot de consolation prendra la forme d'une participation à un side event madrilène, réunissant l'UE et les Etats centraméricains. Une rencontre qui ne s'annonce toutefois pas sous les meilleurs auspices, puisque les deux blocs viennent de «suspendre» leurs négociations entamées en 2007 en vue d'un traité de libre-échange... I



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DE L'ÉLECTRICITÉ DANS L'AIR

   BPZ    

Autre sujet de tension entre le bloc latino et l'Europe: la nationalisation – contre indemnisation à définir – de quatre entreprises d'électricité annoncée le 1er mai par le président bolivien Evo Morales. Parmi les entreprises récupérées samedi par décret se trouvent le plus gros producteur d'électricité du pays, Electrica Guaracachi, propriété à plus de 50% de la société britannique Rurelec, ainsi que Corani, une filiale à 50% de GDF Suez. Les pouvoirs publics boliviens contrôlent désormais 80% de la production nationale d'électricité.
Mardi, Paris – qui détient plus d'un tiers de la multinationale électro-gazière – a averti La Paz que la nationalisation devait donner lieu à une compensation financière «prompte et adéquate». «Si la France respecte le droit souverain de l'Etat bolivien à assurer le contrôle direct de ses ressources naturelles, elle n'en attend pas moins que la nationalisation soit accompagnée d'une indemnisation calculée sur la valeur réelle de l'investissement à la date de l'expropriation», a souligné le Ministère des affaires étrangères.
Du côté de Rurelec, qui, sur son site, dit sa «déception», on a déjà fixé le prix de la paix commerciale: «Pas moins de 70 millions de dollars». La société annonce, le cas échéant, son intention de recourir, à l'instar de BP et BG, à l'un des tribunaux prévus dans l'accord de protection des investissements signé par Londres et La Paz en 1988. L'une de ces chambres arbitrales n'est autre que le fameux CIADI, un centre dépendant de la Banque mondiale auquel la Bolivie a explicitement renoncé en mai 2007. BPZ



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Les assassinats s'étendent à la presse

   BPZ    

La tentative européenne d'imposer une normalisation des relations diplomatiques avec le Honduras intervient dans un contexte très difficile pour les opposants de ce pays, qui subissent une «vague d'assassinats», selon l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). La semaine dernière, ces deux grandes ONG «réitéraient» leur «permanente préoccupation au sujet de la violence exercée» à leur égard et critiquaient l'absence de mesures de protection de la part de l'Etat. Paysans, syndicalistes, journalistes... les ONG signalent plus de vingt assassinats politiques depuis le début de l'année. La dernière agression dénoncée par l'OMCT et la FIDH, si elle n'a pas été fatale, n'en est pas moins symbolique, puisqu'elle visait Oscar Flores, du Comité pour la défense des droits humains (CODEH), la principale ONG qui investigue les persécutions politiques au Honduras. Figure des cortèges anti-putsch, M. Flores a été «capturé par la police à Tegucigalpa, retenu durant deux jours sans motifs connus et victime de mauvais traitements», rapportent l'OMCT et la FIDH.
Moins chanceux, Jorge Alberto Orellana, alias «Georgino», est devenu, au soir du 20 avril le septième journaliste hondurien assassiné en moins de deux mois. Ce réputé directeur de programme pour Televisión de Honduras sortait de sa rédaction quand un inconnu l'a tué d'une balle dans la tête. «Ces assassinats surviennent après une année d'attaques violentes et de menaces à l'encontre de la profession», relève Esther Major, chargée de recherches d'Amnesty International (AI) sur l'Amérique centrale. La Press Emblem Campaign (PEC), spécialisée dans le journalisme de guerre, calcule qu'un journaliste sur cinq tué cette année dans le monde l'a été dans ce petit pays de moins de 8 millions d'habitants. Même Reporters sans frontières (RSF), pourtant peu suspect de gauchisme, qualifie désormais le Honduras de pays le plus dangereux de la planète pour les professionnels des médias... sans pour autant inclure ses autorités dans sa liste des quarante prédateurs de la presse publiée la semaine dernière!
Reste que, selon Amnesty, les bénéficiaires du climat de terreur sont aisément identifiables. «Les journalistes les plus visés sont ceux qui enquêtent sur le crime organisé ou les atteintes aux droits humains et ceux qui dénoncent le coup d'Etat de juin 2009», rapporte ainsi Mme Major.
Du côté des journalistes, le message commence d'ailleurs à passer. «Nous avons parlé à plusieurs journalistes qui ont été contraints d'interrompre leurs enquêtes», relève la responsable d'AI. Reporters sans frontières signale, de son côté, qu'au moins trois journalistes menacés ont choisi l'exil.
Car les perspectives ne sont pas bonnes. Aux agressions physiques, poursuit RSF, s'ajoute en effet une impunité généralisée. Ainsi le 12 avril dernier, un tribunal relaxait les quatre fonctionnaires de la Commission nationale des télécommunications qui, l'an dernier, avaient ordonné la fermeture et la confiscation du matériel de Radio Globo et Canal 36, les deux principaux médias d'opposition au coup d'Etat. «En dépit des promesses du gouvernement, justice n'a été rendue dans aucune des affaires survenues après le coup d'Etat», écrit RSF.
Il faut dire que, pour les rares juges critiques avec le pouvoir, la tâche est ardue. Jeudi, cinq magistrats membres de l'Association des juges pour la démocratie, dont son président Guillermo López Lone, ont été licenciés par la Cour suprême, une institution qui l'an dernier, rappellons-le, avait justifié le renversement du président Zelaya. BPZ

Source : Le Courrier

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