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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 13:59

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Confédération syndicale internationale

 

 

La CSI a exprimé sa profonde inquiétude à l’annonce de la découverte d’une fosse commune à La Macarena, en Colombie, et a condamné l’assassinat de Johnny Hurtado, militant des droits humains qui avait dénoncé l’existence de la fosse. D’après les informations communiquées à la CSI, Hurtado, un ancien militant syndical, avait auparavant fait l’objet de menaces de mort qui l’avaient contraint au déplacement forcé.

 

D’après le bureau du procureur général de la république, la fosse contiendrait environ 2.000 dépouilles non identifiées. Ces estimations sont d’autant plus préoccupantes que le nombre de syndicalistes colombiens portés disparus au cours des dernières années dépasse de loin la centaine.

 

D’après des révélations récentes, y compris celles du Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme et de son rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, l’armée colombienne a été impliquée dans ce que l’ONU décrit comme des assassinats « systématiques » de civils colombiens. La fosse commune se situe à proximité de la plus grande base militaire de la région.

 

Dans une lettre adressée aux autorités colombiennes , la CSI exhorte Bogota à ordonner l’ouverture d’une enquête immédiate, rigoureuse et transparente sur les faits survenus à La Macarena ; à prendre les dispositions qui s’imposent pour faire toute la lumière sur les circonstances du meurtre de Johnny Hurtado et traduire les responsables en justice ; à ordonner aux autorités civiles d’interdire l’accès au site jusqu’à ce qu’une investigation approfondie puisse être menée à terme, et ce pour empêcher toute altération de preuves matérielles ; à permettre à des observateurs internationaux de suivre l’enquête menée sur le site à La Macarena et à autoriser le plus promptement possible une visite au site par une mission de vérification interinstitutionnelle. La mission devra inclure des représentants des instances pertinentes de l’État colombien, d’organisations des droits humains et syndicaux, des communautés locales voisines de la Macarena, ainsi que des délégués de la communauté internationale et du corps diplomatique.

 

« La situation en Colombie est extrêmement préoccupante », a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CSI. « Il faut impérativement mettre un terme à l’impunité afin que les syndicalistes et les défenseurs des droits humains puissent exercer leurs droits sans mettre en danger leur vie et de façon à ce que les coupables de tous ces crimes soient jugés en conséquence.l

 

 

http://www.hns-info.net/spip.php?article23265

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 13:36

LA PAZ - Le gouvernement bolivien a constitué un premier fonds de 50 millions de dollars pour indemniser trois compagnies d'électricité détenues par des groupes français, britannique et bolivien, qui ont été nationalisées samedi, a annoncé mercredi la ministre de la Planification.

Les entreprises concernées sont Corani, contrôlée par Inversiones Econergy Bolivia SA, filiale de la française GDF Suez, Guaracachi (filiale de la britannique Rurelec PLC) et Valle Hermoso, du consortium bolivien Bolivian Generating Group.

Mardi, le quai d'Orsay a indiqué que l'Etat français, qui détient 35,7% de la compagnie GDF-Suez, elle-même actionnaire à 50% de la centrale hydroélectrique de Corani, attendait "une indemnisation prompte et adéquate".

De son côté, l'ambassadeur de Grande-Bretagne à La Paz a exprimé sa "déception" mercredi.

Selon la ministre Viviana Caro, le gouvernement de gauche radicale d'Evo Morales prévoit de rembourser aux groupes étrangers le montant de leurs actions dans les compagnies concernées, mais effectuera aussi un audit complet des sociétés pour éventuellement retenir des arriérés d'impôts.

"Nous disposions d'une information comptable d'environ 50 millions de dollars (39 millions d'euros), qui est sujette à révision, en fonction des informations présentées par les entreprises", a précisant Mme Caro, selon qui il s'agit d'un montant de base car "l'information est encore préliminaire".

Le groupe Rurelec, à lui seul, affirme que ses investissements en Bolivie s'élèvent à 110 millions de dollars (84 millions d'euros).

Il affirme en outre avoir été pris par "surprise", car "des garanties avaient été données la semaine passée aux ambassadeurs de France et de Grande-Bretagne sur le désir du gouvernement Morales de maintenir les investissements européens dans le secteur énergétique".

Avec cette mesure s'inscrivant dans le cadre de la politique de réappropriation des ressources naturelles de M. Morales, l'Etat bolivien contrôle désormais près de 80% de la production électrique du pays, soit environ 1.000 mégawatts.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le président bolivien a procédé à la nationalisation de plusieurs entreprises dans les hydrocarbures, l'électricité, les mines ou encore les télécommunications.

La Bolivie ne compte pas consacrer plus d'un milliard de dollars (780 millions d'euros) aux indemnisations des entreprises britanniques, françaises, espagnoles ou italiennes nationalisées depuis cette date, a indiqué mercredi le vice-président Alvaro Garcia.

"Dans le pire des cas et j'exagère, cela se montera à 1 milliard de dollars", a-t-il dit.

Des sociétés pétrolières comme Repsol-YPF (Espagne-Argentine), Shell et British Petroleum (Grande-Bretagne), Petrobras (Brésil), Grana-Montero (Pérou-Allemagne), des entreprises de télécommunications comme Telecom (Italie) ou des compagnies minières comme Glencore (Suisse) ont étaient nationalisées.

Le gouvernement bolivien est parvenu à des accords avec certaines d'entre elles, tandis que d'autres sont toujours en litige avec La Paz.

 

 

http://www.romandie.com/infos/news2/100506003433.y04s6ole.asp

 

(©AFP / 06 mai 2010

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 13:18

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Hugo Chávez veut reloger les habitants des quartiers les plus vétustes de Caracas "dans des logements civilisés" et, plus globalement, moderniser la capitale vénézuélienne et les grandes villes du pays, rapporte le quotidien en ligne russe Vzgliad. Pour cela, il a fait appel au maire de Moscou, Iouri Loujkov, qui se targue de "[s']être attelé pendant de nombreuses années à une tâche similaire dans [sa] ville" et qui vient de faire passer aux forceps un plan général de développement de la ville de Moscou jusqu'en 2025. Les 6 et 7 mai, au palais présidentiel de Miraflores, ils ont jeté les bases d'un "plan général de développement de la ville de Caracas". Un protocole de coopération entre les ministères du Logement et des Travaux publics vénézuéliens et la mairie de Moscou a été signé. Le président vénézuélien a annoncé un programme de développement de Caracas sur dix ans et débloqué 500 millions de dollars (390 millions d'euros) pour la réalisation de sa première étape, qui durera deux ans.

 

http://www.courrierinternational.com/breve/2010/05/07/un-plan-russe-pour-les-desherites-de-caracas

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 13:20

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Menace de boycott du sommet Union européenne - Amérique latine et Caraïbes
MADRID, jeudi 6 mai 2010 (LatinReporters.com) -

 

 

Reflétant la position d'au moins une douzaine de pays d'Amérique latine, le Brésil, le Venezuela, la Bolivie et l'Equateur ont explicitement menacé de boycotter le VIe sommet Union européenne - Amérique latine et Caraïbes (UE-ALC), prévu du 17 au 19 mai à Madrid. La menace vise à empêcher la présence au sommet du président "illégitime" du Honduras, Porfirio Lobo. Il a été invité par l'Espagne, présidente en exercice de l'UE.

   
   
   
 

Programmée avant le coup d'Etat du 28 juin 2009, l'élection présidentielle remportée le 29 novembre au Honduras par Porfirio Lobo demeure contestée pour avoir été organisée sous le régime de transition issu du coup d'Etat. Soutenue par le Parlement et la justice, l'armée hondurienne avait expulsé du pays le 28 juin le président Manuel Zelaya, ancien libéral devenu l'allié des pays de la gauche radicale menée par le Venezuela d'Hugo Chavez.

Le président Lobo est reconnu notamment par les Etats-Unis et l'Union européenne. En Amérique latine, la légitimité de Porfirio Lobo est encore déniée par au moins une douzaine de pays, à savoir le Brésil, le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay, le Surinam. la Guyana, le Nicaragua, Cuba et le Mexique.

La seule absence éventuelle du Brésil et du Mexique, deux poids lourds qui totalisent plus de la moitié des habitants et plus de 60% du produit intérieur brut des 33 pays de l'ALC, menacerait d'insignifiance le sommet UE-ALC, considéré par l'Espagne comme le plus important de sa présidence communautaire.

Il s'agirait d'un nouveau coup dur porté à l'image du chef du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, après l'annulation en février, à la fois par désintérêt de Barack Obama et par surcharge de son agenda, du sommet UE / Etats-Unis programmé pour les 24 et 25 mai à Madrid.

La menace d'un boycott latino-américain était exprimée publiquement pour la première le 4 mai dans la province de Buenos Aires par Rafael Correa, président de l'Equateur et président en exercice de l'Union des nations sud-américaines, à l'issue du sommet lors duquel cette UNASUR porta à son secrétariat général l'ex-président argentin Nestor Kirchner. (Voir article "Rafael Correa, roquet des Andes, menace de nous faire plaisir"). En écho, dès le lendemain, le Venezuela, la Bolivie et le Brésil confirmaient.

Reçu en République dominicaine, le président vénézuélien Hugo Chavez y admettait faire partie de ceux qui bouderaient le sommet de Madrid "si l'Europe persiste à inviter Monsieur Lobo". A la Paz, le président bolivien Evo Morales souhaitait devant la presse l'exclusion de Porfirio Lobo et espérait à ce propos recevoir de l'Espagnol José Luis Rodriguez Zapatero "de bonnes nouvelles qui nous permettent de participer tous au sommet". Et au Brésil, l'influent conseiller aux Affaires internationales de la présidence, Marco Aurelio Garcia, chiffrait à "au moins dix présidents latino-américains", dont le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, les absents à Madrid si Porfirio Lobo participait au sommet.

Marco Aurelio Garcia affirmait toutefois ensuite être en condition "d'assurer que le Honduras n'ira pas" à Madrid, sans révéler le fondement de cette certitude. Paradoxalement, c'est Porfirio Lobo en personne qui a peut-être déjà confirmé le diagnostic du conseiller présidentiel brésilien.

Porfirio Lobo s'effacerait si Madrid le lui demandait


Nuançant fortement la position de son ministère des Affaires étrangères, qui refusait la remise en question de "l'invitation formelle du gouvernement espagnol", le président du Honduras a remis l'affaire "à la considération de l'Espagne". "Nous ne voulons pas être un élément de conflit ... Nous sommes disposés à faire ce qu'on nous indiquera ... S'il y a un problème, nous n'irons pas [à Madrid]" a déclaré Porfirio Lobo au Guatemala, s'exprimant aux journalistes à l'issue d'un entretien avec son homologue guatémaltèque Alvaro Colom.

Porfirio Lobo a ajouté que l'ex-président Manuel Zelaya, exilé actuellement en République dominicaine, ne serait pas emprisonné s'il revenait au Honduras, où la justice l'accuse toujours de divers délits communs et politiques. Les inquiétudes planant sur le sommet de Madrid ont incité la diplomatie espagnole à travailler activement à ce retour en douceur de Manuel Zelaya. Ses partisans n'espèrent plus qu'il récupère la présidence, fût-ce brièvement et symboliquement. L'essentiel serait qu'il jouisse pleinement de ses droits civils et politiques pour préparer "l'alternative progressiste" au Honduras.

Optimiste, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a affirmé le 6 mai que le sommet de Madrid sera "historique". Néanmoins, selon lui, "il faut dire la vérité : les choses ne vont pas bien entre l'Amérique latine et l'UE. Elles ne sont pas à la hauteur de l'ambition, des expectatives et du potentiel existant entre les deux [blocs partenaires]"

 

 

 

 

http://www.latinreporters.com/amlatpol06052010b.html

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 12:57

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Cinq pays latinoaméricains ont demandé mercredi à l'Espagne, dans le cadre de la procédure d'Examen periodique universel (EPU) que mène le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, d'enquêter sur les disparus de la Guerre civile et de la répression franquistes.

AFP

Cinq pays latinoméricains ont demandé mercredi à l'Espagne, dans le cadre de la procédure d'Examen periodique universel (EPU) que mène le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, d'enquêter sur les disparus de la Guerre civile et de la répression franquistes.

"Nous tenons à souligner la nécessité de renforcer les mesures juridiques visant à lutter contre l'impunité", a relevé un représentant de la délégation argentine, faisant indirectement allusion à la polémique actuelle entourant le juge espagnol Baltasar Garzon et à son enquête avortée sur les crimes amnistiés du franquisme.

Le juge Garzon est poursuivi pour avoir voulu, pour la première fois en Espagne, enquêter sur les disparus de la Guerre civile et de la répression franquiste, en enfreignant, "sciemment" selon l'accusation, la loi d'amnistie générale votée en 1977, deux ans après la mort de Franco.

Cuba, le Pérou, la Colombie et le Mexique ont également recommandé à l'Espagne d'enquêter sur les crimes commis durant la période franquiste. Le Mexique a recommandé à l'Espagne "d'enquêter, de sanctionner et de réparer les délits de disparition forcée de personnes, sans se soucier de la période" durant laquelle ces disparitions ont eu lieu.

Pour sa part, Cuba a demandé à l'Espagne de "mettre fin à l'impunité dont jouissent les responsables des crimes de lèse-humanité et d'autres crimes durant la période franquiste, qui, en vertu du droit international applicable, sont imprescriptibles".

"Les pays latinoaméricains, qui avec l'aide de la justice espagnole ont fait tant d'efforts pour faire face à leur passé douloureux, ne comprennent pas pourquoi l'Espagne n'est pas capable de le faire", a commenté auprès de l'AFP Reed Brody de l'Organisation non gouvernementale Human Right Watch, qui a assisté à l'EPU de l'Espagne.

En 2008, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a lancé sa procédure d'Examen périodique universel (EPU), un mécanisme d'examen de la situation des droits fondamentaux dans les 192 Etats membres des Nations unies auquel peuvent assister les ONG.

 

 

http://www.lematin.ch/flash-info/suisse/latinoamericains-veulent-madrid-enquete-periode-franquiste

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 22:38

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Reprise d’article.


La théologie de la libération est une véritable théologie, c’est-à-dire un discours sur Dieu. Elle s’affirme cependant contextuelle, à l’encontre d’une théologie a-historique qui se prétend hors du temps. Ce que l’on pourrait appeler une théologie sur la Lune… Toute théologie est toujours contextuelle. Parce qu’elle est théologie, elle est composée de nombreux chapitres : une ecclésiologie, une christologie, une théologie sacramentaire et liturgique, une théologie morale et une doctrine sociale. Pour la théologie dela libération, le contexte est explicité : c’est celui de la réalité des pauvres et des opprimés, de leurs luttes et de leur vie de foi au sein de ces réalités. C’est là que l’on trouve Dieu, selon l’option spécifique de Jésus-Christ dans l’Evangile. Quelqu’un a pu dire : ” La théologie de la libération ne se demande pas tellement si Dieu existe, mais où il se trouve ”.

La théologie de la libération s’est développée en Amérique latine, à partir des années 1960, après le Concile Vatican II, et elle a inspiré de nombreuses démarches spirituelles et des engagements sociaux. Nous allons nous limiter à la morale sociale qu’elle développe, car c’est elle qui a sans doute eu la répercussion la plus importante, et qui nous permettra de poser la question de son opportunité dans la situation contemporaine.


1. Une lecture de la société.


Une éthique sociale se construit à partir d’une lecture, explicite ou implicite, de la réalité. C’est, en effet, en fonction de cette approche que se définit le jugement moral. Nous allons le montrer en comparant l’éthique sociale de la doctrine traditionnelle de l’Eglise catholique avec celle de la théologie de la libération. Dans le premier cas, l’enseignement récent, celui de Jean Paul II, affirme que la doctrine sociale possède un statut au-delà de toutes les disciplines. Ce qui veut dire qu’elle est une partie intégrante de la Révélation, et que seule l’autorité ecclésiastique est en mesure d’en garantir l’authenticité.

En revanche, la théologie de la libération affirme le caractère fondamental de la médiation de l’analyse sociale pour arriver au raisonnement éthique en tant qu’élément d’orientation du jugement. En d’autres termes, son choix de l’analyse est explicite. En l’occurrence, il s’agit de celle qui rend le mieux compte de la situation des plus pauvres, de celle qui permet de regarder le monde avec les yeux des exclus. Pour elle, c’est une exigence de l’Evangile, critère pré-scientifique pourrait-on dire, et véritablement contraignant. Donc d’ordre éthique.

Il en résulte deux démarches très différentes. La doctrine sociale de l’Eglise adopte, de fait, une lecture implicite de la réalité sociale. Cette dernière, dans cette perspective, est composée de strates (parfois appelées classes) superposées ou juxtaposées : il y a des ouvriers, des employés, des paysans, des classes moyennes, des patrons. La théologie de la libération, quant à elle, perçoit la société contemporaine en termes de structures de classes, c’est-à-dire de groupes sociaux reliés entre eux structurellement, en fonction de leurs positions respectives dans un système économique, politique et culturel déterminé. Aujourd’hui, la structure sociale est définie par la logique des rapports sociaux du capitalisme. Il n’en a pas toujours été ainsi : dans l’histoire, il y a eu des sociétés de classe précapitalistes et des organisations sociales construites sur les rapports de parenté, par exemple. Les conséquences pratiques sont très importantes.

Dans le premier cas, le bien social consistera à faire collaborer les diverses strates sociales pour réaliser le « bien commun », chacun jouant son rôle à sa place, mais sans remettre en question la logique des rapports sociaux. Au plan politique, très logiquement, cela débouche sur la Démocratie chrétienne. Dans le second cas, c’est la structure de classes qui crée les injustices. Il s’agit donc de la transformer et de remonter à l’origine du problème, c’est-à-dire de lutter contre ce qui permet à une minorité de s’approprier les richesses.

Dans le premier cas, on pourra à la fois condamner durement le capitalisme “sauvage” et voir dans l’« économie sociale de marché » ou le capitalisme “civilisé”, la solution à l’harmonie sociale. Dans le second, au contraire, c’est la logique même du capitalisme qui doit être contestée et remplacée par une autre conception de l’économie.

Et c’est ici qu’intervient l’analyse marxiste, comme démarche explicite, estimée la plus adaptée à rendre compte de la réalité sociale à partir de la vision des pauvres. Il ne s’agit pas pour autant d’un dogme, mais d’une méthode d’interrogation du réel. Elle a donc été adoptée par la plupart des théologiens de la libération pour des raisons très claires.

Contrairement à ce qu’ont affirmé ses détracteurs, et notamment la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’utilisation de ce type d’analyse ne mène pas automatiquement à l’athéisme. Il est cependant exact que cette démarche introduit explicitement une nouvelle instance de jugement pour formuler une éthique sociale : celle de la médiation de l’analyse. Elle relativise donc toute doctrine sociale, dans la mesure où cette dernière se formule nécessairement à partir d’une analyse, et peut donc être critiquée par une démarche relevant des sciences sociales. Cela remet en question le monopole de l’autorité religieuse en tant qu’unique instance de jugement.


2. Crise de civilisation


Nous assistons actuellement à une crise profonde du système économique.

Elle va bien au-delà de la crise financière dont tout le monde parle, et qui, selon certains, pourrait être seulement conjoncturelle et donc susceptible d’être résolue par des régulations. Or, en fait, le volet financier n’est que l’un des aspects du problème. L’ensemble des crises auxquelles nous assistons possède une origine commune : la logique du capitalisme. Cette logique fait du taux de profit l’axe de l’économie et de l’accumulation du capital son moteur, le tout dans l’ignorance des externalités, c’est-à-dire des dommages écologiques et sociaux qui n’entrent pas dans le calcul du capital.

La crise alimentaire a été provoquée non par une faille de la production, mais essentiellement par la spéculation. La crise énergétique est due à un modèle de développement énergivore favorable à l’accumulation. La crise climatique, liée à la manière d’utiliser les ressources naturelles en les exploitant et les détruisant quand elle ne constituent que des externalités, s’est accélérée avec la phase néolibérale du capitalisme. C’est à ce moment-là que les émissions de gaz à effet de serre et la température de l’univers ont pris une courbe ascendante accélérée.

Enfin la crise sociale, qui réduit plus de 800 millions de personnes à la faim et la misère, tandis qu’une minorité de riches concentre les revenus de la planète, est le résultat de la recherche de la maximisation des profits. Il est plus intéressant, pour l’accumulation du capital, de produire des biens et des services sophistiqués pour 20 % de la population disposant d’un pouvoir d’achat, que de le faire pour le reste du genre humain n’ayant que peu ou pas de possibilités de consommation.

C’est donc bien une logique qui est à l’oeuvre, portée par des classes sociales dont les intérêts sont liés au modèle de croissance. C’est cette logique qu’il faut changer, en créant un nouveau rapport de forces. Voilà le grand défi de l’humanité contemporaine, aussi bien sur le plan de la répartition des ressources que sur celui de la manière de les produire.


3. Des tâches nouvelles


Face à ces situations, la théologie de la libération est confrontée à des tâches nouvelles, et d’abord à une extension de ses perspectives. Les politiques néolibérales menées pendant plus de trente ans ont en effet élargi considérablement le champ d’application de la logique capitaliste. Tous les groupes sociaux subalternes ou moyens sont aujourd’hui affectés par la loi du marché, et plus seulement la classe ouvrière. Cette dernière a été le premier groupe social à se situer de façon antagonique au capital, du fait d’un rapport direct capital/travail. C’est ce que l’on pourrait appeler une soumission réelle du second au premier : le travailleur ne peut plus produire sans le capital, qui devient hégémonique et domine la production et la distribution des produits et des services.

Mais, avec la libéralisation des échanges au plan mondial et la domination progressive du capital financier, la soumission formelle - c’est-à-dire par d’autres moyens que le salariat - s’est étendue à tous les milieux sociaux. La fixation des prix agricoles par des Bourses internationales affecte tout le monde paysan. Les paysans sans terre sont les victimes de la re-concentration de la propriété ; les peuples indigènes perdent leurs territoires sous les coups de boutoir des compagnies pétrolières ou minières, et de l’agro-négoce ; les femmes sont les premières victimes de la privatisation de l’eau, de l’électricité, des soins de santé, de l’éducation. Il faut ajouter à tout cela la destruction accélérée de la nature et la détérioration de l’environnement, surtout de celui des plus pauvres.

On peut donc affirmer que le sujet historique que fut la classe ouvrière au cours des siècles précédents n’est plus aujourd’hui que l’une des composantes - importante sans aucun doute - d’un sujet plus vaste, pluriel, mais populaire. D’où l’ensemble des luttes qui se sont développées au cours des dernières décennies, et l’importance de leur convergence dans des initiatives telles que les Forum sociaux mondiaux.

On a vu aussi se développer de nouvelles perspectives dans la théologie de la libération : une théologie de l’écologie, avec Leonardo Boff, par exemple ; une théologie de la libération dans une perspective féministe, avec Yvone Guebara ; une théologie des peuples indigènes ; également une attention particulière accordée au sujet (Franz Hinkelamert). Certains auteurs ont été influencés par les courants postmodernes qui ont fleuri en philosophie et en sciences sociales, suite à l’échec des dogmatismes idéologiques. Cela n’alla pas sans risques pour la perte du caractère global de l’analyse fournie par l’approche marxiste. Or c’est précisément cette dimension qui est aujourd’hui essentielle, à un moment où la pensée dominante fragmente les divers aspects d’une crise de système.

La prise de conscience du fait qu’il s’agit d’une question de civilisation, et donc de survie aussi bien de l’univers que du genre humain, met en lumière l’importance d’une éthique dont le fondement est la possibilité de la continuité de la vie de la planète et de l’humanité. C’est peut-être la tâche la plus urgente de la théologie de la libération aujourd’hui.

Enfin, il ne suffit pas de s’attacher à l’analyse critique de la logique structurant actuellement le fonctionnement de la société. Il faut se tourner vers l’avenir. Quelles sont les grandes orientations qui permettront de vivre les valeurs du « règne de Dieu » ? Il s’agit du respect de la nature ; d’une économie répondant aux besoins des personnes et des peuples, et pas seulement à l’accroissement des taux de profit ; de l’établissement de la démocratie au sein de tous les rapports sociaux, y compris de genre, et remettant en valeur le sujet ; de la multiculturalité donnant à toutes les cultures, les philosophies, les religions, la possibilité de construire l’éthique nécessaire à la transition vers une société postcapitaliste.

De tels enjeux appellent une nouvelle étape d’analyse afin de développer une démarche théorique donnant une cohérence à l’ensemble des initiatives déjà en cours dans ces divers domaines. Ils exigent aussi des convergences dans l’action, tant au niveau des mouvements sociaux que de l’agir politique. La théologie de la libération a aussi sa place dans cette construction nouvelle : celle de contribuer à préciser l’éthique collective et individuelle, comme base de l’engagement et de la spiritualité de nombreux acteurs sociaux, et cela au-delà des frontières religieuses.



François Houtart est Fondateur et président du Centre Tricontinental, et professeur émérite de sociologie à l’Université Catholique de Louvain, co-lauréat 2009 du prix Madansheet Singh remis à l’UNESCO le 16 novembre 2009.

http://www.medelu.org/spip.php?arti...

(Exposé présenté lors du débat organisé à Paris par l’association France-Amérique latine.)

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/De-nouveaux-defis-pour-la-theologie-de-la-liberation.html

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 21:09

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Ce texte de José Luis Rocha décrit la vie des ship-out nicaraguayens, ces jeunes femmes et jeunes hommes qui embarquent sur les navires de croisière avec des contrats de neuf mois. Les salaires offerts, beaucoup plus attractifs que ceux qu’ils peuvent espérer recevoir dans leur région d’origine, les poussent au départ. Cet article a été publié par le numéro 333 de la revue Envío (décembre 2009). La première partie du texte est publiée dans le numéro d’avril.



« Si on te donne un poor, tu reçois un warning »

Les navires de croisières n’ont pas été les inventeurs de l’externalisation des coûts, mais ils l’appliquent avec une avarice pointilleuse. Les compagnies maintiennent avec leurs employés une relation employé-employeur de basse intensité : contrats qui n’atteignent pas un an, absence de prestations sociales et la proposition que la majeure partie des gains proviendra directement des pourboires des clients, fluctuants, capricieux et frisant souvent la radinerie – on suppose la générosité proportionnelle à la satisfaction pour les services rendus. Les compagnies poussent aussi leurs employés à se transformer en microentreprises responsables de la sous-traitance pour beaucoup de services que réclame le navire. Les ship-out sont responsables devant la compagnie et celle-ci réduit au minimum les obligations patronales et les conflits du travail. La compagnie se transforme en catalyseur de fragiles liens entre travailleurs, à peine perceptibles.

Dans ce contexte, continue Advisor, « tu dois faire très attention à ton poste, parce que ton chef immédiat peut vouloir te déloger pour mettre à ta place quelqu’un avec qui il a eu des relations sexuelles. L’échange relations sexuelles contre postes est assez habituel. Et même si ton chef ne te renvoie pas, le système maintient la pression. Tous les services sont soumis à l’évaluation du client moyennant une enquête où ton travail est classé en plusieurs catégories selon sa qualité : excellent, very good, good, poor [excellent, très bon, bon, médiocre]. Si on te donne un poor, tu reçois un warning et tu as une convocation chez le capitaine. Après deux ou trois warnings, tu peux être renvoyé. Dans ce système de coercition, le Big Brother, c’est l’œil du client. Le client évalue, rétribue par ses pourboires et renvoie. Le tout avec une conscience propre qui ignore son pouvoir discrétionnaire. Dans la ville flottante les syndicats, manifestations et révoltes font défaut. C’est un monde heureux à la Huxley, où les injections de plaisir calment les ship-out turbulents. Les petites fêtes hebdomadaires étouffent le mécontentement dans des gallons d’alcool.

La loi de l’offre et des demandes

Aucun système de domination et d’exploitation n’est parfait. Même le plus méticuleux Harpagon ne peut éviter les fissures et l’éventuel drainage de sa fortune. Les ouvriers de la ville flottante ont opté pour des formes de rébellion silencieusement individuelles et parfois opportunistes. Contre les tactiques de la lumpenbourgeoisie [sous-bourgeoisie], les ruses du lumpenprolétariat [sous-prolétariat]. Les procès pour accidents sont à l’ordre du jour. Berthel Bobb explique comment fonctionnent des actions en justice picaresques : « Seule la Norvegian Cruise Lineship-out n’arrêtent pas d’intenter des poursuites. Et s’ils continuent encore et encore à aller en justice, ils vont ruiner la Compagnie. À chaque fois, ils obtiennent plus de cent mille dollars. Ils intentent une poursuite pour des accidents ou des choses semblables. Certains se coupent le doigt et pour cela en appellent à la justice. Certains font cela par goût. Ils ne veulent pas travailler. Ils veulent seulement être à la maison et boire. L’indemnisation dépend du cas. Quelques- uns obtiennent quelque cent vingt mille dollars, d’autres deux cent mille. Et ils sont nombreux à faire des procès. Ce sont des hommes en majorité. Mais il y a aussi des filles malhonnêtes ». recrute en ce moment. Parce que la majorité des

Il y a des incitations évidentes à demander en justice. La loi de l’offre et des demandes fonctionne. L’offre des services juridiques pour conseiller les procès légaux contre les compagnies stimule et multiplie les requêtes. Les avocats engloutissent un pourcentage élevé des indemnisations et pour cette raison se sentent stimulés à donner le meilleur – et le pire – d’eux-mêmes et à arracher dans la bataille des indemnisations atteignant des centaines de milliers de dollars.

Les trésors de ces îles flottantes

Même s’il existe des témoignages qui parlent d’indemnisations atteignant le demi-million de dollars, ils ne proviennent jamais des bénéficiaires eux-mêmes. Le plus probable est que les témoignages gonflent les trésors de la piraterie des demandes en justice. Il n’y a aucun doute que les compagnies ont des avocats plus habitués à ces joutes. Wilbert Gordon connaît par ouï-dire des butins respectables : « Un garçon m’a raconté qu’il y a eu le cas d’une fille victime de discrimination, par racisme, car elle était noire. Je ne sais pas si c’était un gringo [États-unien] qui l’a offensée. La loi a pu être plus juste envers elle. Pour ce préjudice, elle a porté plainte et je crois qu’on lui a payé 500 000 dollars. La fille fut débarquée, renvoyée dans son pays et le bateau ne l’a plus engagée. »

Wilbert lui-même n’eut pas autant de chance dans son propre cas. « J’ai été victime d’un accident et je suis parti en 2003. Ensuite, j’ai eu trois contrats. Au cours du quatrième, j’ai eu un accident et j’ai porté plainte contre la compagnie. Mais les avocats me mettaient des bâtons dans les roues. Il semble qu’ils travaillaient pour la compagnie ou la compagnie leur a donné quelque dessous de table pour que se complique le cas. À la fin, j’ai obtenu seulement 43 000 dollars. J’ai été opéré de la colonne. Les comptes-rendus que l’on m’a donnés disent que peut-être à 40 ans je vais souffrir d’une déformation de la colonne. »

Les bateaux de croisières ne sont pas une île flottante au trésor. Withsel Hooker sait que les indemnisations ne sont pas si gonflées que le dit la légende : « Il y a des gens qui reviennent malades du dos. Moi, je suis serveuse de restaurant. Durant mes dix heures de travail je tiens douze assiettes en même temps dans la paume de ma main au prix d’un grand effort de l’épaule. Je cours le risque de me casser le poignet. J’ai une payse qui est encore ici à Bluefields parce qu’elle est tombée malade. La compagnie lui envoie de l’argent, mais pas le montant qu’elle gagnait. Si elle guérit, la compagnie va chercher à la renvoyer pour qu’elle ne lui coûte plus d’argent. Même si l’on t’indemnise, tu ne vas pas toucher une somme d’argent qui suffise à te faire vivre toute ta vie. Tu peux acheter un terrain ou une maison ou acheter une voiture et c’est tout. Ensuite, comment travailler avec une épaule handicapée, des mains qui ne peuvent plus rien soulever ? Mon amie est revenue ici. Elle gagnait 1000 dollars et avec les boissons qu’elle vendait, elle arrivait à 1200 dollars ou 1500, mais maintenant la compagnie lui en envoie seulement 600, voire 500. Elle a le bras cassé. Elle voudrait repartir, mais la compagnie cherche comment la renvoyer, pour qu’elle ne lui coûte pas davantage. »

Il existe une autre stratégie. Il s’agit d’une vengeance contre les véritables maîtres : les clients. Les ship-out, par la rumeur, font connaître quels sont les clients radins et leur appliquent des pénalisations. Des employés crachent dans leur verre d’alcool et rincent les pichets d’eau dans la cuvette des WC. Ce n’est pas une pratique fréquente. Mais c’est un risque que courent ceux qui décident de se balader comme des magnats et de donner des pourboires misérables. Il y a beaucoup de stratégies de vengeance et beaucoup d’histoires. Advisor est très conscient de cela après avoir navigué sur l’Enchantment of the Seas, Monarch of the Seas, Radiance of the Seas, Liberty of the Seas et Brilliance of the Seas, entre autres. « Il y a des gens qui ont vingt ans de travail sur les navires de croisières, explique-t-il. Les gens sont comme un livre. Ils ont beaucoup d’histoires. Des pages disent une chose et d’autres pages disent autre chose. Il faut toutes les lire ».

Transferts d’argent : un trésor envoyé au compte-gouttes

À la différence d’autres ship-out, Advisor ne cherche pas des aventures ni à connaître le monde. Il cherche la prospérité familiale, un moteur qui a apporté beaucoup d’argent à Bluefields et ses environs : « Je ne le fais pas pour visiter des lieux, mais pour l’argent. Je ne cherche pas des expériences, mais l’argent. J’ai une famille à faire vivre. J’aime la vie à la ferme. Si j’avais beaucoup de vaches, je pourrais avoir de quoi vivre et rester à la maison. Être loin de la famille est un problème que l’on supporte grâce à un effort mental. Tu es exilé de ta famille, mais tu te dis que tu le fais pour les tiens et pour être avec eux à l’avenir. C’est pour cela que j’envoie de l’argent ».

Il n’existe pas de registres fiables de la totalité de l’argent injecté par les ship-out dans l’économie de la Côte. Mais il n’y a aucun doute que leur contribution a connu une croissance vertigineuse. En 2001, les trois principales agences de transferts d’argent de toute la Région autonome de l’Atlantique Sud ont déclaré l’envoi de 7,3 millions de dollars. Depuis lors, quelques chercheurs sur le sujet étaient conscients que les ship-out profitaient des vacances de collègues de travail pour envoyer l’argent, évitant ainsi de payer la commission aux compagnies dédiées aux transferts. En tout cas, ce montant s’est élevé à 12 900 000 dollars en 2005 pour la seule ville de Bluefields : 4 800 000 transférés par Money Gram, 420 000 par Pelican Express, 5 400 000 par les deux succursales de Western Union, 780 000 par Bancocentro et 1 500 000 par Banpro. Quelques chercheurs estiment que le montant réel à Bluefields pourrait friser les 37 500 000, ce qui donnerait une moyenne de 750 dollars par habitant.

L’estimation la plus modeste (12 900 000) donne une moyenne de 258 dollars par habitant, chiffre bien supérieur aux 180 dollars par habitant qu’atteint la moyenne nationale. Voilà qui nous donne une idée de l’impact des transferts d’argent dans la petite économie de Bluefields, surtout dans les foyers créoles, dont proviennent 74% des migrants.

Fête, fête, fête !

L’impact des envois d’argent est palpable dans les rues de Bluefields. Dans chaque rue circulent en même temps trois taxis au moins. Leur prolifération est attribuée à l’investissement des remesas (envois d’argent) provenant des ship-out. La majorité des interviewés parle de revenus atteignant 2 500 dollars par mois. Cela signifie qu’on arrive à envoyer à la famille 200 à 300 dollars par mois et à revenir avec quelques économies. Ces dernières années, des voix se sont élevées pour critiquer le maniement et la volatilité de ces économies. Brother Rayfield explique comment sont dilapidées ces petites fortunes : « La mentalité d’aujourd’hui est fête, fête, fête. Tu vois un Noir revenir du bateau avec peut-être 3 ou 4 000 dollars en poche et que fait-il ? Il cherche de la musique à plein volume et il se balade avec dans les rues. Il cherche des vêtements chers et extravagants. Il cherche à boire chaque soir jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’autre moyen que mendier pour payer son billet de retour au travail. Il ira de maison en maison mendier un prêt et engagera sa parcelle ou sa maison ou quelqu’une de ses acquisitions pour retourner au bateau. C’est une société mal informée et nous sommes donc des gens sans orientation. C’est très triste ».

Orinoco : une petite bourgade mondialisée par les ship-out

Convertis en investissements raisonnables ou évaporés en dépenses futiles, les transferts d’argent envoyés par les ship-out transforment peu à peu le paysage urbain et rural. À Orinoco, petit village du peuple garifuna [1] dans la Caraïbe Sud, les envois font sentir leur poids. Les maisons en dur, spacieuses et avec une décoration moderne, se multiplient. Ce n’est pas du tout dédaignable, si l’on considère que chaque sac de ciment doit voyager en bateau et payer un fret coûteux. D’orgueilleux ship-out parcourent les rares chaussées d’Orinoco sur de gigantesques motocyclettes. Et lors du festival, le 19 novembre, qui célèbre l’arrivée des Garifunas au Nicaragua, abondent la nourriture, les bières, les ensembles musicaux venus de terres lointaines ainsi que les atours colorés de style africain. Orinoco se mondialise sous l’effet des ship-out mondialisés.

Selon l’anthropologue jésuite José Idiáquez, le mot « garifuna » vient du vocable « caribe » qui a dérivé en karibena, galibi, caribana, galibina et galibuna, pour terminer en « garifuna ». La côte atlantique du Belize, du Honduras et du Nicaragua abritait environ 90 000 Garifunas en 2001. Au Nicaragua, les Garifunas n’étaient que 2500. Ils commencèrent à peine à arriver sur les côtes nicaraguayennes en 1832, comme migrants saisonniers, travaillant pour les compagnies bananières et celles qui extrayaient du bois. En 1860 quelques-uns s’installèrent à Greytown et en 1880 un petit groupe s’établit de manière permanente dans les environs immédiats de Laguna de Perlas, dans un village que son fondateur, Juan Sambola, baptisa San Vicente, en souvenir de la petite île des Petites Antilles où firent naufrage, au milieu du XVIIe siècle, deux navires négriers qui transportaient le groupe d’esclaves africains à l’origine du peuple garifuna.

Les Garifunas a la recherche de leurs racines

Les migrants garifunas, migrants temporaires – qui venaient de la côte atlantique hondurienne, surtout du port de Trujillo – commencèrent à s’implanter dans la zone nicaraguayenne quand quelques-uns moururent sur notre territoire. L’attachement aux défunts enterrés sur le sol nicaraguayen leur fit s’approprier la nouvelle patrie.

Selon Idiáquez, le culte des ancêtres est au cœur de la cosmovision garifuna. Les morts sont toujours présents et aimés. Les ancêtres sont bons et ne font que le bien. Cette cosmovision s’est aboutée – peut-être, en partie, de fait d’une rencontre – avec le catholicisme et sa cohorte de saints, miracles et prières pour les défunts. Les Garifunas substituèrent « en grande partie à la vénération pour “les saints officiels” du catholicisme, généralement lointains et inconnus des Garifunas, les visages chéris et connus de leurs ancêtres ».

À l’heure actuelle, beaucoup d’entre eux, en un mouvement revendicatif de leurs racines, se sont tournés vers la religion rastafari et le culte quotidien – et très gai – de ses deux icônes sonores : le Jamaïquain Bob Marley et le Sud-Africain Lucky Dube. Assassiné en 2007, à 43 ans et après 20 ans de carrière artistique, Dube a laissé une abondante production musicale de reggae pleine de thèmes sociaux. Dans l’un de ses 21 albums, on trouve « Back to my roots » (Retour à mes racines), dont les paroles expliquent sa déception dans une fête où « All we could hear there was their crackadoo » (« tout ce que nous pouvions y entendre était leur caquetage ») parce que « the music they played there / was not good for a rasta man yeah » (« La musique qu’ils jouaient là / n’était pas bonne pour un rasta »). Le chœur explique le programme : « I’m going back to my roots yeah yeah / Reggae music is all that I need » (« Je retourne à mes racines / La musique reggae est tout ce dont j’ai besoin »).

Ce retour aux racines rencontre un écho dans une population qui a été isolée et discriminée par les ethnies qui l’entourent et exhibent fièrement leur supériorité numérique et leurs proclamations d’être d’authentiques Nicaraguayens. « Ils nous appelaient de trujilliens (de Trujillo). Même Somoza a dit que nous n’étions pas nicas mais trujilliens. Il nous a humiliés et nous a appelés étrangers – m’a expliqué Frank López, artisan et leader d’Orinoco. Nous vivions entourés de peuples qui ne nous respectaient pas : métis, Miskitos et créoles. Nous, les Garifunas, n’existions que pour être l’objet de blagues. Ils nous appelaient avec mépris « mange-poissons-chats » parce que dans nos plats abonde le poisson-chat, un poisson délicieux, dont tout le monde mange aujourd’hui avec plaisir ».

Les Garifunas ont été discriminés aussi dans l’historiographie. Dans l’unique paragraphe – douze lignes au total – que Germán Romero Vargas consacre aux Garifunas dans son Histoire de la Côte atlantique, est à peine condensée l’information la plus générale sur les Garifunas dans les Caraïbes et il se termine en 1860 avec l’établissement des Garifunas au Nicaragua.

Les Garifunas en quête du monde

La discrimination et l’isolement ont renforcé la cohésion entre les Garifunas. Ces derniers temps, les liens avec les communautés garifunas du Honduras et du Belize ont été resserrés. Le quinzième anniversaire des festivités mises en place pour célébrer l’arrivée des Garifunas au Nicaragua a accueilli des visiteurs de presque toute la Côte Caraïbe centraméricaine, ainsi que la presque totalité des Garifunas d’Orinoco, La Fe et Marshall Point qui veulent récupérer et célébrer leur culture : plats, chansons, danses, médecine… La leader garifuna Kensy Sambola pense que « la réhabilitation des traditions garifunas est importante pour tous parce que les Garifunas ont besoin à la fois de s’unir et de se diversifier. Pour cette raison, les douze anciens qui parlent encore garifuna enseignent la langue aux autres. Pour cette raison, nous travaillons sur les croyances religieuses, les coutumes et l’interprétation des danses pour comprendre la signification de la culture garifuna. Pour cette raison, en 1997, les groupes garifunas se sont constitués en organisation. Pour cette raison encore, via Internet, nous favorisons la communication avec les Garifunas de New York et du Honduras ».

Maintenant, à Orinoco, seul le reggae résonne, la bonne musique pour un rasta man. Un an après leur arrivée, les Garifunas durent accepter l’hégémonie linguistique de l’anglais créole pour bénéficier des opportunités économiques et survivre. Non seulement ils ont maîtrisé la langue, mais la langue est aussi devenue leur maître ; c’est pourquoi les communautés garifunas du Nicaragua sont dans un processus de récupération de leur langue. Mais, par ces retournements qu’opère l’histoire, par ces tours culturels coperniciens, cette stratégie les a transformés en ship-out, leur a ouvert les portes des navires de croisières et les a insérés dans le monde globalisé, qui maintenant les connecte davantage avec le reggae, la religion rastafari, les habits et autres coutumes africaines.

Avec le monde dans les yeux

Le style rasta, ce n’est pas leurs racines. Mais c’est une des versions actuelles de leurs racines. C’est le fruit d’un mouvement centrifuge et centripète des traditions culturelles, qui s’ouvrent et se ferment comme les personnes, comme les peuples. « Spanish men are not allowed to be here. You are not legal here » [« Les hispaniques n’ont pas le droit d’être ici. Vous êtes hors la loi ici »], m’a dit un habitant d’Orinoco quand il m’a vu entrer dans le sancta sanctorum [le saint des saints] d’une petite fabrique et débit de guífity – peut-être une déformation du mot whisky –, l’eau-de-vie typique des Garifunas que certains –de manière injuste et inappropriée – appellent cususa. À l’extrême opposé, son pays Derwin Kingsman, ship-out en vacances, ne me repousse pas et veut me raconter sa vie d’une bière à l’autre. Et il a beaucoup à me raconter parce que son horizon et ses regards se sont dilatés jusqu’à l’indicible à bord d’un bateau, d’un navire de croisières.

Tandis que la barque s’éloigne du quai et que je prends congé d’Orinoco, je pense : de ce petit village des gens partent parcourir le monde, écouter du français et du chinois, travailler aux côtés de philippins et se promener dans les rues d’Amsterdam. Et Kingsman reste là, peut-être avec Barcelone encore gravée dans ses yeux.


 Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3104.
 Traduction de Sylvette Liens pour Dial.
 Source (espagnol) : Envío, n° 333, décembre 2009.

En cas de reproduction, mentionner au moins l’auteur, la traductrice, la source française ([Dial - http://enligne.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.

Les opinions exprimées dans les articles et les commentaires sont de la seule responsabilité de leurs auteur-e-s. Elles ne reflètent pas nécessairement celles des rédactions de Dial ou Alterinfos. Tout commentaire injurieux ou insultant sera supprimé sans préavis.

Notes

[1] Sur l’histoire de ce peuple, voir DIAL 3056 - « HONDURAS - Les Garifunas sont confrontés à leur propre déclin ».

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 21:07

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RSF, comme toujours, rend disponible son propre palmarès subjectif des libertés d’expression brimées dans le monde. Mais ce faisant, ladite «ONG» rend également disponible sa teinte idéologique, et donc, le fait qu’elle ferme les yeux sur d’autres privations de ces droits, dans des pays qui lui semblent démocratiquement modernes, mais qui n’agissent pourtant pas selon leurs prêcheries (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 ).

En exemples, RSF cite toujours ses mêmes ennemis idéologiques; «la dictature cubaine», les FARC en Colombie,  la Libye, quelques groupes africains armés, le président du Yémen, le Mollah Omar, le président tchétchène, etc..

 

Mais dans cette liste, comme vous le constatez, s’y trouvent des pays qui respectent la liberté de presse et d’expression. Par exemple, Cuba, souvent accusée injustement par le paravent qu’est RSF pour la CIA. Cuba n’a pas brimé la liberté de presse et d’ailleurs, laisse une cubaine du nom de Yoani Sánchez, pourtant financée, comme d’autres dissidents, illégalement par un ou des États étrangers pour renverser le gouvernement cubain, dire ce qu’elle veut sur le gouvernement, que cela soit fondé ou non. Or, rappelons également que, ce crime, aux États-Unis, est passible de la peine de mort, ou d’une peine à perpétuité. Il n’y a pas de liberté d’expression brimée à Cuba, qui ne soit pas brimée aux États-Unis, mais un socialisme, qui dérange les capitalistes et leurs valets, autant à Washington qu’en Europe. Et RSF, visiblement, est l’un de ces valets.

Quant au régime avec lequel n’est pas d’accord RSF à Cuba, il serait aisé aujourd’hui de dénoncer la position de l’«ONG», puisque si le tableau devait faire état de la qualité de vie des cubains, versus celle des pays avoisinants dont ne parle guère le paravent de la CIA, Cuba se hisserait facilement au sommet. À Cuba, la qualité de vie, malgré la pauvreté de l’État, demeure une priorité pour l’État. La longévité cubaine se compare à celle du Canada, et son taux de mortalité infantile est meilleur que ce lui des États-Unis d’Amérique. Dans ce pays dernièrement cité, les soins de santé sont inaccessibles à plusieurs millions de ses habitants (près d’un sixième!), ce qui n’est pas vrai à Cuba. Si Cuba exerce une économie alternative à celle des grands bourgeois de ce monde, elle ne tient pas pour autant, son peuple en otage, contre des capitaux. N’importe lequel des lecteurs ici, préféreraient de loin vivre à Cuba, qu’en République dominicaine, qu’à Haïti, etc.. Des pays dont ne parle pourtant pas RSF quant à leur liberté de presse, également malmenée et concertée pour soutenir toute aberration capitaliste.

Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie sont également de la partie, eux qui auraient, selon le paravent de la CIA qu’est RSF, tué ou enlevé des journalistes. Or, en Colombie, le gouvernement d’Alvaro Uribe est loin d’être transparent, et s’inscrit au nombre des tueurs de masse les plus importants; des journalistes, des syndicalistes et des militants pacifistes. En décembre 2009, la presse internationale faisait mention de la découverte d’un charnier important, regroupant plus de 2000 cadavres. Aux alentours, les habitants parlaient eux, du débarras du gouvernement en ce qui concerne les «militants syndicalistes». Le gouvernement parle pour sa part, de corps de militants des FARC. Mais l’un ou l’autre des scénarios supposent tout de même, une exécution sommaire et arbitraire. RSF demeure muette sur le dossier, et contradictoire donc, avec ses propres prétentions! C’est que cela ne va pas de pair avec l’agenda de la CIA qu’est également le sien. Ce charnier aurait été rempli par les forces paramilitaires d’extrême droite, payées elles, par le gouvernement d’Alvaro Uribe, ami de Washington.

Il serait aussi important de rappeler qu’RSF a supporté ouvertement la guerre illégale déclenchée par George Bush Jr en Irak, et qu’elle n’a jamais condamné les exactions commises par son armée là-bas. Elle n’a jamais condamné le meurtre délibéré des deux journalistes de Reuters sur le balcon d’un hôtel populaire de Bagdad, et n’a pas non plus condamné la prison d’Abu Graïb et ses tortures systématiques et quotidiennes. Elle n’a pas non plus condamné la prison illégale de Guantanamo, où sont également systématiquement torturés, des prisonniers dits d’exception, qui finalement, n’ont plus aucun droit, ni pour les États-Unis d’Amérique, ni pour RSF. RSF n’a jamais condamné l’emprisonnement de l’enfant-soldat Omar Khadr, qui était pourtant mineur lors de son arrestation dans un pays qu’occupait Washington, illégalement également.

RSF est similairement demeurée discrète, quant au Coup d’État mené par les États-Unis, l’an dernier, au Honduras. Des stations de radio s’opposant au Coup d’État y ont été systématiquement fermées, et les opposants de ce Coup d’État disparaissent peu à peu, laissant pourtant la prétendue «ONG» sans le moindre mot sur le cas. Pourtant, après que Caracas n’ait légalement pas renouvelée les licences de quelques stations putchistes (Globovision et RCTV entre autres) ayant participé à une tentative Coup d’État en 2002 – ayant appelé la population à assassiner le président et à prendre les armes contre le gouvernement- contre le gouvernement démocratiquement élu d’Hugo Chavez, ladite «ONG» s’insurgeait contre un soit disant «droit d’expression» brimé de ces stations putchistes. Incapable d’être une seule seconde cohérente, RSF n’a jamais pu expliquer son soutien aveugle à l’opposition vénézuélienne. Ce sont plutôt ses liens prouvés avec la CIA, qui ont tout expliquer…

En Bolivie également, les meurtres commis à l’endroit du gouvernement, et les milices d’extrême droite et sécessionnistes de Santa Cruz, organisées et financées elles aussi par Washington, n’ont jamais été dénoncées par le paravent de la CIA qu’est RSF. Mais là aussi, le gouvernement est à tendance socialiste, donc alternatif aux intérêts de la haute bourgeoisie que défend finalement, ladite «ONG».

L’Amérique latine toute entière s’est vue imposée de la doctrine états-unienne par les armes durant le dernier siècle, une habitude qui ne semble pas se désister à Washington pour ce siècle-ci. Washington a mobilisé une flotte toute entière aux abords du Venezuela, menaçant ainsi, un pays souverain «ayant pratiqué sa démocratie». Et en Colombie, que ne dénoncent pas les vautours de RSF, les forces terrestres états-uniennes s’y sont aussi massées, dans un accord entre la Colombie et les États-Unis d’Amérique, se préparant ainsi, à jouer un rôle d’extermination des FARC, et à faire pression sur le Venezuela d’Hugo Chavez voisin. C’est sans parler là, des basses tactiques qu’emploient les forces capitalistes pour exterminer leurs opposants. Raul Reyes avait été assassiné par les états-uniens et les français, qui lui avaient donné un téléphone satellite à des fins de négociations, sur lequel était en réalité braqué un missile guidé (Cette attaque a tué des civils au passage, et n’a pourtant pas choqué RSF ou les instances internationales «chargées de surveiller le terrorisme international».). Cela n’est pas sans rappeler la façon dont les russes se débarrassaient des leaders tchétchènes, ce que dénonçaient pourtant ses opposants de l’OTAN, qui aujourd’hui, pratiquent le même «sport».

Bref, en gros, Reporters Sans Frontières est incapable d’accuser ses amis, des mêmes accusations qu’elle laisse pourtant planer sur des États qui font exactement la même chose pourtant, même en moindre gravité. Par exemple, aux États-Unis d’Amérique, il est illégal de recevoir des matériaux subversifs, d’un État étranger, en vue de déstabiliser le gouvernement, ce que font pourtant les «dissidents cubains» que soutiennent les sbires d’RSF.  Aux États-Unis, il est condamnable de commettre des attentats terroristes, mais pourtant, Luis Posada Cariles jouit d’une liberté quasi-totale, et d’une protection mafieuse pratico légale. Ce dernier a pourtant fait exploser un avion bourré de civils, fait exploser des discothèques et des hôtels cubains, cela, avec le soutien inconditionnel de la CIA, donc des États-Unis d’Amérique. Pourquoi ici, RSF ne dénonce pas ce qui s’apparente à du «terrorisme», et à ce qui semble à tout de moins être, un «financement d’actes terroristes» de la part de Washington.

La réponse à ces questions est pourtant simple, et la provenance des fonds permettant à RSF d’opérer à travers le monde, renchérie cette réponse. RSF n’est pas une ONG et ne défend pas les libertés d’expression. Elle n’est qu’un paravent à l’organisation terroriste la mieux financée du monde, et la seule apte à opérer sans se faire accuser par quiconque. Elle est un portevoix pour les agents de la CIA et l’interprète de la cause bourgeoise internationale!

___________________________________
Politicoblogue.com
\ Parce que la politique est partout!

Palmarès des paravents de la C.I.A.

 

http://www.centpapiers.com/palmares-des-paravents-de-la-c-i-a/13059/

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 07:30

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TEGUCIGALPA - Le président hondurien Porfirio Lobo a renoncé à participer au sommet UE-Amérique latine à Madrid pour éviter de faire échouer la rencontre qu'une majorité de pays d'Amérique du Sud menaçait de boycotter, a annoncé jeudi son chef de la diplomatie Mario Canahuati.

Peu après, une source de la présidence brésilienne a assuré à l'AFP que Luiz Inacia Lula da Silva et les présidents d'autres pays sud-américains qui jugent l'élection de M. Lobo illégitime, se rendraient finalement au sommet.

Les pays d'Amérique du Sud, sauf la Colombie et le Pérou, contestent la légitimité du scrutin qui a porté M. Lobo au pouvoir et qui a été organisé en novembre par un gouvernement putschiste qui avait renversé le président de gauche Manuel Zelaya, le 28 juin 2009.

En conséquence, une majorité de pays de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) avait menacé mardi de boycotter le sommet de Madrid pour protester contre l'invitation du président hondurien.

M. Lobo avait indiqué mercredi qu'il ne se rendrait pas à Madrid si cela devait faire capoter le sommet. "S'il y a des problèmes, nous n'y allons pas", a-t-il déclaré à la presse.

M. Canahuati a précisé jeudi que M. Lobo se rendrait à Madrid à une rencontre parallèle UE-Amérique centrale, mais non au sommet UE-Amérique latine lui-même. Il a été décidé que le président hondurien soit présent "uniquement à la rencontre de l'Amérique centrale", a déclaré le ministre à la radio HRN.

Après cette annonce, une source de la présidence à Brasilia a affirmé à l'AFP que "le président Lula et les autres présidents d'Amérique du Sud participeront au sommet".

Mercredi dans la nuit, le président équatorien Rafael Correa a appelé son homologue Lula "pour lui dire qu'il avait parlé avec (le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez) Zapatero et a été informé que Porfirio Lobo ne participera qu'à la réunion de l'UE avec les pays d'Amérique centrale", a expliqué cette source.

M. Correa assume actuellement la présidence tournante de l'Unasur.

A Madrid, le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos, dont le pays assure la présidence de l'UE, s'était dit convaincu jeudi de la participation de "pratiquement tous les dirigeants" invités au sommet des 17 et 18 mai dans la capitale espagnole.

Décisifs pour l'économie hondurienne, les pays d'Amérique centrale --sauf le Nicaragua-- ont rétabli des relations avec le Honduras, tout comme l'UE et les Etats-Unis, partenaire économique essentiel de ce petit pays pauvre.

(©AFP / 06 mai 2010 18h28)

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 07:25

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CAMPANA (Argentine) - La majorité des pays sud-américains, dont le Brésil et l'Argentine, boycotteront le prochain sommet UE-Amérique latine à Madrid pour protester contre l'invitation du président hondurien Porfirio Lobo jugé illégitime, a annoncé mardi le président équatorien Rafael Correa.

"Il existe un malaise partagé par la majorité, qui empêchera beaucoup de pays de l'Unasur d'assister à ce sommet", a déclaré M. Correa qui exerce la présidence tournante de l'Union des nations sud-américaines (Unasur).

"Pourquoi? Parce que nous sentons qu'on nous ignore et qu'on agit comme si rien ne s'était passé au Honduras", a-t-il ajouté.

Les pays d'Amérique du Sud, sauf la Colombie et le Pérou, ont refusé de reconnaître l'élection de M. Lobo à la présidence du Honduras en novembre, car ils contestent la légitimité de ce scrutin organisé par le gouvernement putschiste qui a renversé le chef de l'Etat de gauche, Manuel Zelaya, le 28 juin 2009.

Le président brésilien "Lula a fait savoir (à ses homologues) que si l'Espagne confirmait l'invitation faite à Lobo, il n'assisterait pas", a dit à la presse, sous couvert d'anonymat, un ministre de son gouvernement.

"Nous ne voulons pas boycotter le sommet, nous voulons que l'Europe y réfléchisse à deux fois", a expliqué le président vénézuélien Hugo Chavez. "Si Lobo n'est pas invité, je suis sûr que la plupart ira", a-t-il ajouté.

Le gouvernement de Porfirio Lobo est "issu d'élections inconstitutionnelles, fruit d'un coup d'Etat", a déclaré le chef de la diplomatie vénézuélienne Nicolas Maduro pendant le sommet organisé près de Buenos Aires.

L'Union européenne (UE), qui avait condamné le coup d'Etat et refusé d'envoyer des observateurs électoraux en novembre, a fini par reconnaître M. Lobo en février.

Un mois plus tard, l'Espagne qui assure la présidence tournante de l'UE au premier semestre 2010, a invité le gouvernement du Honduras à assister au sommet UE-Amlat, qui aura lieu à la mi-mai à Madrid.

(©AFP / 04 mai 2010 23h29)


 

Hugo Chavez s’entretient à Saint-Domingue avec Manuel Zelaya


Saint-Domingue, 6 mai, (RHC)--. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, s’est entretenu à Saint-Domingue avec Manuel Zelaya, président déchu du Honduras.

Dans des déclarations à la presse, Hugo Chavez a souligné qu’au sommet de l’UNASUR qui vient d’avoir lieu à Buenos Aires, en Argentine, il y a eu consensus mais non unanimité au sujet de la situation au Honduras.

Il a signalé que les pays membres de l’UNASUR ont décidé de ne pas assister au prochain Sommet entre l’Union Européenne, l’Amérique Latine et les Caraïbes si l’Europe des 27 insiste sur la reconnaissance du gouvernement de Porfirio Lobo, issu comme chacun sait des élections organisées par le régime de facto.

Peu après son arrivée dans la capitale dominicaine, où il a signé d’importants accords de coopération avec son homologue Leonel Fernandez, le président vénézuélien a souscrit les déclarations faites par le chef de l’Etat uruguayen, José Mujica. « Nous ne demandons pas beaucoup, seulement la restitution de Zelaya »

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