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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 07:22
raul-y-felipe-calderon-en-cancun-580x424.jpgRaúl Castro Ruz et Felipe Calderón (cubadebate)
Le général d’armée Raul Castro a assisté aux séances de travail du
22 février
Il a eu des entretiens avec quelques-uns de ses homologues

Lazaro Barredo Medina Granma

• RIVIERA Maya, Mexique. - Cuba apporte sa contribution à l’effort du Sommet de l’Unité Amérique latine - Caraïbes, qui a débuté le 22 février par un discours unitaire et intégrationniste du président mexicain, Felipe Calderon, dans lequel il a signalé que l’engagement contracté en décembre 2008 à Sauipe, au Brésil, a été tenu: il s’agissait d’organiser cette deuxième réunion de chefs d’Etat et de gouvernement de la région, pour qu’ils se mettent d’accord sur l’essentiel et progressent dans la voie de l’intégration, dans le cadre du respect des différences. Autrement dit, l’objectif est de renforcer le dialogue politique et d’avancer vers le consensus.

Le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, a partagé une intense journée de travail entre des entretiens avec d’autres présidents et des réunions de consultations et d’échanges sur les principaux points de l’ordre du jour.

Après le discours d’inauguration de Felipe Calderon, de nombreux présidents ont pris la parole pour se prononcer sur les aspects les plus cruciaux de l’agenda de travail. A quelques nuances près, ils ont été unanimes à souligner qu’il s’imposait de créer une organisation régionale, en marge des Etats-Unis, dont la vocation serait d’identifier les intérêts communs aux pays membres, au-delà des différences politiques et idéologiques.

Plusieurs présidents se sont exprimés avec véhémence contre la politique néocoloniale d’hégémonie qui est celle de la Grande-Bretagne sur la question des îles Malouines, dénonçant le fait que les résolutions de l’ONU sur ce conflit n’ont pas été respectées. De la même manière ils se sont élevés contre l’hostilité des Etats-Unis envers Cuba et ont exigé la levée du criminel blocus économique et financier imposé à l’île.

Le président équatorien Rafael Correa a dénoncé en termes éloquents les politiques de discrimination et de représailles appliquées à l’encontre de gouvernements qui, en prenant des mesures sociales et populaires, s’écartent de la voie tracée par les grandes puissances. Ces mêmes idées ont été défendues énergiquement par le président bolivien Evo Morales et par son homologue vénézuélien Hugo Chavez, qui a exigé davantage de transparence au-delà des différends et la fin des campagnes de dénigrement contre un pays ou un chef d’Etat, comme celle dont le Venezuela est aujourd’hui la cible.

Hommage a été rendu aux présidents du Chili, Michelle Bachelet, et de l’Uruguay, Tabaré Vazquez, dont le mandat expire prochainement. Les participants ont souhaité la bienvenue à la nouvelle présidente du Costa Rica, Laura Chinchilla. Pour sa part, le président du Guatemala, Alvaro Colom, a remercié les pays du Groupe de Rio pour leur confiance et le soutien qu’ils ont apporté à son gouvernement l’an dernier lorsque lui-même a été vilement calomnié et accusé d’assassinat, dans le cadre d’une manœuvre de déstabilisation.

Le Sommet a exprimé sa solidarité avec le peuple haïtien et remercié le président René Préval de sa présence. Le déjeuner des chefs d’Etat et de gouvernement d’Amérique latine et des Caraïbes s’est transformé en une séance de travail sur la situation haïtienne et l’aide matérielle et financière à apporter à ce pays pour l’aider à se relever de la catastrophe et à entreprendre des tâches contribuant à son développement.

Après une longue attente à l’aéroport international José Marti, dont la piste était noyée par les pluies bienfaisantes mais torrentielles qui se sont abattues sur La Havane et la région occidentale de Cuba dans la nuit du 21 au 22 février, Raul est arrivé à la Riviera Maya au moment précis où débutait le Sommet de l’Unité Amérique latine - Caraïbes.

Après avoir parcouru les 50 kilomètres qui séparent l’aéroport de l’hôtel Grand Velas, siège de la rencontre, dans la commune Solidaridad de l’Etat de Quintana Roo, le président cubain a participé à la cérémonie de bienvenue offerte par son homologue mexicain Felipe Calderon et engagé un dialogue chaleureux avec plusieurs présidents et Premiers ministres.

La Riviera Maya, sur la côte Caraïbe, s’étend sur 130 km de littoral et est devenue, avec Cancun, le principal pôle touristique du pays aztèque. •
 

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 07:21
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RHC : L’Etat mexicain de Quintana Roo accueille depuis ce lundi un sommet de pays latino-américains et caribéens qui peut marquer un avant et un après dans l’histoire de notre région qui est la recherche de langages et de mécanismes propres pour discuter et résoudre ses problèmes communs sur la base de la force que donnent l’unité et la diversité.

Pour y parvenir, les membres de deux importants mécanismes de concertation : le Groupe de Rio, en pleine maturité, qui tient son 21e Sommet et le Sommet de l’Amérique Latine et des Caraïbes sur l’Intégration, qui, en est à sa deuxième édition, se réuniront pendant deux jours

Comme prévu, 32 des 33 pays de la région –le Honduras n’a pas été invité car de nombreux pays ne reconnaissent pas son gouvernement issu de la rupture de l’Etat de droit- jetteront les bases d’une nouvelle organisation sans présence extrarégionale. Cette organisation engloberait les pays situés dans la zone s’étendant depuis le Rio Bravo, qui marque la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique jusqu’à la Patagonie et elle inclurait bien sûr, les Caraïbes.

Cette idée a vue le jour cela fait plusieurs années et les désirs de la transformer en réalité prenne force à cause de l’inefficacité criante de l’OEA, l’Organisation des États Américains qui ne peut absolument pas servir de forum de concertation et d’intégration.

Depuis sa fondation en 1948, l’OEA fonctionne comme un ministère des colonies des Etats-Unis qui accepte ou ne reconnaît pas des gouvernements suivant les diktats de Washington ; qui a donné son aval à des agressions comme celles perpétrées contre le Guatemala en 1954 ; contre Cuba en 1961 ; contre la République Dominicaine en 1965 ; contre le Grenade en 1983 et contre Panama en 1989, entre autres.

Lors de la Guerre des Malouines, en 1982, l’OEA a observé un silence complice et elle s’est abstenue de condamner les Etats-Unis qui ont violé tous les principes et qui n’ont tenu aucun des engagements qu’implique le fait d’être membre de l’OEA et ont appuyé la Grande Bretagne.

L’OEA ne s’est pas non plus prononcée énergiquement contre le coup d’État qui a évincé temporairement le Président vénézuélien Hugo Chavez et elle n’a pas non plus condamné l’installation de bases militaires étasuniennes en Colombie, à Panama, au Costa Rica et ailleurs bien que ces bases menacent la sécurité de la région.

L’OEA s’est en fin montrée incapable d’éviter et de faire faire marche arrière au putsch militaire contre le Président légitime du Honduras Manuel Zelaya. Cet événement a représenté pratiquement l’acte de décès de cette organisation rongée par le temps, par la servilité vis-à-vis des États-Unis et par l’inefficacité la plus absolue.

La liste de trahisons et de dettes politiques contractés par l’OEA envers nos pays est donc longue et il est bon temps déjà de la remplacer par un autre type d’organisation qui ne soit pas pieds et poings liés par les intérêts économiques ou politiques d’aucune puissance, mais qui fonctionne comme une communauté, comme l’ont fait dans la pratique ces derniers temps le Groupe de Rio et avec plus de dynamisme, l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique.

C’est pourquoi, l’ordre du jour du Sommet de la Rivère Maya inclut, outre le point central, c’est-à-dire, la création d’une nouvelle organisation, des thèmes vitaux pour la vie de la région comme la reconstruction d’Haïti ; la revendication par l’Argentine de sa souveraineté sur les Malouines et la fin du blocus de Cuba par les Etats-Unis.

L’on essaiera aussi d’éviter le « tournons la page » classique au sujet du coup d’état Honduras que certains prétendent considérer comme un fait accompli et blanchi après les élections et l’investiture d’un nouveau gouvernement.

On cherche, donc à conjuguer dans un même espace les idéaux de José Marti, Simon Bolivar, Benito Juarez, Augusto Sandino, Farabundo Martí, du Comandant Ernesto Che Guevara et de tant d’autres qui ont donné leurs vies pour une Amérique Latine et Caribéenne libre, nôtre et souveraine.
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 07:16
Les chefs d'Etat et de gouvernement d'Amérique latine et des Caraïbes ont décidé, mardi 23 février à Cancun (Mexique), la création d'un nouveau bloc régional dont les Etats-Unis et le Canada ne feront pas partie, a annoncé le président mexicain, Felipe Calderon.

La nouvelle organisation devrait constituer une alternative à l'Organisation des Etats américains (OEA), longtemps dominée par Washington et siégeant encore dans la capitale des Etats-Unis, explique le quotidien espagnol El Pais.


Elle "devra stimuler en priorité l'intégration régionale en considérant la mise en valeur de notre développement durable, faire valoir les projets de la région dans les rendez-vous internationaux", a déclaré M. Calderon, lisant la déclaration finale de ce sommet qui réunissait trente-deux pays, dont vingt-quatre représentés au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement.


Cette nouvelle initiative "est d'importance historique", a déclaré au sommet le président cubain, Raul Castro. "Cuba considère que les conditions sont remplies pour avancer rapidement vers la constitution d'une organisation régionale purement latino-américaine et caribéenne", a-t-il ajouté.


Le président vénézuélien, Hugo Chavez, chef de file de la gauche radicale latino-américaine, a renchéri en affirmant qu'il s'agissait de "se défaire définitivement de la domination des Etats-Unis sur le continent".

Le Monde.fr

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 07:25

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El Correo

Un rapport de l’International Human Rights Law Clinic de Berkeley conclut que le Département de Justice des Etats-Unis a gêné le procès des 25 chefs « paras » extradés.

Par action et inaction, le gouvernement étasunien a aidé à ce que les crimes des paramilitaires en Colombie restent impunis. L’accusation ne vient pas d’une organisation des droits de l’homme ni d’ un dirigeant de gauche de Bogotá, mais d’ une équipe d’avocats de l’Université de Berkeley [Californie], une des institutions les plus prestigieuses des États-Unis. Cette semaine l’International Human Rights Law Clinic de Berkeley a publié « La Vérité derrière les barreaux » [ « Truth Behind Bars » : extradition should not shield paramilitary leaders. ], un rapport qui décrit comment le Département de Justice des Etats-Unis a géré les procès au pénal pour trafic de stupéfiants contre les 25 des principaux chefs paramilitaires colombiens extradés. « Comme représentants des familles des victimes des crimes des paramilitaires, nous envoyons des lettres au Département de Justice en demandant qu’ils reconnaissent l’existence de victimes en Colombie. La réponse par écrit fut toujours que pour eux, les victimes colombiennes du trafic de stupéfiants n’existent pas, délit pour lequel ils sont jugés ici », a expliqué à ce quotidien Roxanna Altholz, l’une des avocates de l’équipe.

Le 13 mai 2008, les Colombiens et le monde ont appris que les principaux responsables de plus de 30 000 assassinats, d’innombrables séances de tortures, de menaces de mort et de déplacements forcés avaient été extradés aux États-Unis, sans prévenir personne, ni les victimes ni les juges qui les jugeaient. Ce jour, pour apaiser l’avalanche de critiques, l’ambassadeur des Etats-Unis à Bogotá, William Brownfield, a promis que les victimes, leurs avocats et les juges colombiens auraient l’accès, l’information et la collaboration nécessaires pour avancer sur les procès pour violations des Droits de l’Homme dans le pays andin. Un an et huit mois après, cela n’a pas été le cas.

Du début jusqu’à aujourd’hui, le Département d’État a restreint toute l’information en référence aux procès. Les preuves à charge ne sont pas connues, ni ce que les accusés ont déclaré, ni les arguments pour chaque condamnation. « Les extraditions ont substantiellement réduit la coopération des accusés dans des procès sur les Droits de l’Homme et de corruption, ils ont gêné à l’accès des victimes colombiennes et ils ont affaibli les efforts étasuniens contre le trafic de stupéfiants, et renforcent la Cour Suprême colombienne à bloquer les futures extraditions de paramilitaires pour des charges de trafic de drogues », conclut le rapport.

Hier, le plus haut tribunal de Bogotá a à nouveau rejeté l’extradition d’un leader paramilitaire (Lire plus bas). L’année dernière, après quelques visites à Washington et tentatives frustrées, pour négocier une collaboration réelle, les juges de la Cour avaient décidé de contre-attaquer. « L’expérience récente démontre que les extraditions ont permis que dans les procès du programme Justice et Paix la connaissance de la vérité soit paralysée, étant donné que les extradés n’ont pas pu continuer à avouer leurs crimes et, ainsi, les victimes restent sans connaître la vérité, et la société, sans garanties qui ne se répèteront pas », a analysé le tribunal.

Le gouvernement des Etats-Unis avait permis à ce momement là quelques vidéoconférences entre la Cour Suprême colombienne et certains paramilitaires. Les accusés devaient témoigner sur les liens qu’ils ont tissés avec une grande partie de la direction politique de leur pays, spécialement avec les alliés du président Alvaro Uribe. Quand le président a donné l’ordre de les extrader, plus de 60 parlementaires, plusieurs de ses ministres et jusqu’à son cousin même étaient sous enquête judiciaire.

Quand les chefs paramilitaires sont arrivés sur la terre étasunienne, tous ont promis de continuer à avouer et de commencer à remettre les biens qu’ils avaient gagnés par la force du sang et de la terreur. Mais les mois passant et l’apparition des premières sentences (entre quatre jusqu’à trente-et-un ans de prison), les paramilitaires ont perdu l’envie de collaborer avec la Justice colombienne. Jusqu’à présent il y a huit condamnations, et la majorité s’est déclarée déjà coupable et attend sa sentence dans les prochains mois.

« Le Département de Justice a beaucoup d’outils pour faire en sorte que les paramilitaires coopèrent avec les victimes, mais il les n’utilise pas », a reproché Altholz. En proposant deux choses : réduire les peines et offrir des visas aux parents des paramilitaires, dont certains ont été visés par des attentats en Colombie.

La troisième option est un peu plus osée. « Si le gouvernement voulait, il pourrait les accuser de tortures, comme il l’a fait avec Chukie Taylor, le fils du dictateur du Liberia », a suggéré l’avocate. Le mois passé, la juge fédéral Cecilia Altonaga a condamné le jeune homme de 31 ans à 97 ans de prison pour exercice de tortures et exécutions sommaires. Depuis 1994 , les États-Unis ont une loi fédérale, qui établit que toute personne qui a torturé, à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, peut être jugé si elle est arrêtée sur le territoire des Etats-Unis.

Les paramilitaires colombiens remplissent ces conditions et avec la décision de la juge Altonaga : « Nous agissons parce qu’il est difficile de s’imaginer des offenses aussi graves contre la dignité et la vie des êtres humains ».

Ils n’extradent pas « Diego Vecino »

La Cour Suprême de Justice de la Colombie a refusé hier la demande d’extradition des États-Unis du chef paramilitaire Edgar Cobo Téllez, alias « Diego Vecino ». Le chef paramilitaire démobilisé est en train d’être jugé pour des crimes de Droit de l’Homme dans son pays et, comme l’a établi le tribunal, il a encore beaucoup à raconter. Aux États-Unis en revanche ils le réclament pour l’envoi de quelques tonnes de cocaïne à ce pays. « Doit prévaloir le devoir de veiller pour la protection et l’assistance des victimes », a décidé la Cour dans son délibéré. Comme l’a informé le Ministère public colombien cette semaine, les paramilitaires qui sont passés par les tribunaux locaux ont déjà avoué plus de 30 000 assassinats et beaucoup plus de cas de tortures, de menaces et de déplacements forcés. La majorité des chefs de ce groupe armé a été extradée aux États-Unis, mais ceux qui sont restés continuent à donner des noms. Hier, Daniel Rendón Herrera, alias « Don Diego », a accusé l’ex-chef de l’Armée et actuel ambassadeur à la République Dominicaine, le général Mario Montoya, d’avoir reçu 750 000 dollars en 2004 de la part des paramilitaires.

Par Marie Laura Carpineta
Página 12 . Buenos Aires, le 18 Février 2010.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

http://www.elcorreo.eu.org/?Les-Etats-Unis-
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 07:24

zzzz

par Azalea Robles

dimanche 21 février 2010, par Primitivi

Récemment en Colombie on a découvert la plus grande fosse commune de l’histoire contemporaine du continent américain [1], cette découverte terrible a presque été totalement occultée par les mass-médias en Colombie et dans le monde. La fosse commune contenant les restes d’au moins 2.000 personnes est située à côté du village de La Macarena, département de Meta. Dès 2005 l’Armée, déployée dans la zone, a enterré là des milliers de personnes, ensevelis comme NN. [2]

La population de la région, alertée par les infiltrations dans l’eau potable d’eau polluée par les cadavres et touchée par des disparitions de proches, avait déjà dénoncé l’existence de la fosse à plusieurs occasions durant 2009 : en vain, le ministère public ne procédant à aucune recherche. C’est grâce à la persévérance des parents des disparus et à la visite d’une délégation de parlementaires et syndicalistes britanniques qui enquêtaient sur la situation du respect des droits de l’homme en Colombie, en décembre 2009, que l’on a réussi à découvrir ce crime horrible exécuté par des militaires dont l’État garantit l’impunité.

Il s’agit de la plus grande fosse commune du continent. Deux mille corps dans une fosse commune, c’est un sujet grave pour l’État Colombien, mais les médias colombiens, et les médias internationaux, complices du génocide, passent quasiment totalement sous silence cette affaire, alors que pour retrouver pareil atrocité il faut remonter aux fosses communes nazis... Ce silence médiatique est sans doute lié aux immenses ressources naturelles dont dispose la Colombie, et les méga-business qui sont entrain de se monter là, à coups de massacres.

La délégation sur la situation des droits de l’homme en Colombie, qui a visité la Colombie en janvier 2010, (moins d’un mois après la mise à jour de la fosse) a posé des questions aux autorités sur cette affaire... les réponses ont été inquiétantes : le ministère public, le procureur de la république, le ministère de l’Intérieur, l’ONU... tous prétendent éviter le sujet... Et pendant ce temps l’État essaie de "manipuler" la fosse pour la minimiser. Mais la délégation britannique a pu la voir, et les autorités ont dû reconnaitre au moins 2000 cadavres. En décembre “le maire, du parti au pouvoir, avait lui-même dénoncé la présence de ces corps enterrés”, mais ensuite les pressions officielles lui ont fait "diminuer ses appréciations sur le nombre de corps NN...”

La délégation britannique a dénoncé une volonté non dissimulée de ne pas empêcher la dégradation de la scène du crime : “personne ne protège le lieu. Personne n’empêche que l’on puisse modifier les preuves. Un engin agricole peut très bien rentrer et manipuler ces cadavres anonymes, à les sortir et à les emporter dans un autre lieu” [3] “, nous demandons aux institutions responsables, du gouvernement et de l’État colombien qu’ils mettent en application les mesures de précaution nécessaires pour garantir les informations déjà enregistrées dans les documents officiels, qu’ils prennent toutes les mesures de précaution nécessaires pour mettre en place un périmètre sécurisé afin d’empêcher toute modification des preuves de ce massacre, l’exhumation illégale des cadavres et la destruction des preuves matérielles présentes sur les lieux (...) la création d’un Centre d’Identification Légiste au village de La Macarena est fondamentale pour obtenir l’individualisation et la pleine identification des cadavres NN ensevelis là.” [4]

La délégation a transmis aux autorités une autre plainte à propos de la municipalité d’Argelia dans le Cauca : "Un" abattoir". Les autorités ont fait part de leur ignorance, et ont déclaré leur incapacité à agir "il y a tant de fosses communes dans notre pays que...". Argelia où les familles n’ont pas pu aller chercher les corps de leurs disparus, les paramilitaires les empêchant de revenir vers les villages : ils ont déplacé les survivants. Les survivants ont raconté : “il y avait des gens attachés usr lesquels ils lâchaient des chiens affamés pour les tuer lentement.”

En Colombie, la Stratégie Paramilitaire de l’État Colombien, combinée avec les actions policières et militaires a été l’instrument de l’expansion des grandes propriétés terriennes. L’État colombien a fait disparaître plus de 50 000 personnes grâce à ses services armés (policiers, militaires), et de son service caché : sa Stratégie Paramilitaire [5]. L’État colombien est l’instrument de l’oligarchie et des multinationales pour sa guerre élitiste contre la population : il est le garant du pillage, la Stratégie Paramilitaire s’inscrit dans cette logique économique. [6]

La dissimulation d’une fosse commune aux dimensions de la fosse du village de La Macarena obéit au fait que les affaires des multinationales et de l’oligarchie sont basées sur cette horreur, et que cette fosse est le fruit des assassinats perpétrés par l’armée nationale colombienne, ce qui prouve encore plus le caractère génocidaire de l’État colombien dans son ensemble (au-delà de son président Uribe, dont les affaires et liens avec le trafic de stupéfiants et le paramilitarismo sont plus que vérifiés [7]. La complicité des mass-médias est criminelle, tant au niveau national qu’international.

Les populations doivent rompre le silence avec lequel on cherche à cacher ce génocide. Un élan de solidarité internationale est urgent : La Colombie est, sans doute, l’un des lieux sur la planète où l’horreur du capitalisme se concrétise de la manière la plus évidente, dans son paroxysme le plus absolu.


Source : Rebelion "Los Medios ocultan la mayor fosa común de América, mientras el Estado colombiano busca alterarla"
Traduction : Primitivi

Notes

[1] Voir : les morts commencent à reparaître, il y en a ... des milliers !

[2] NN (nigun nombre), "sans nom" c’est la dénomination générique pour les cadavres non identifiés. Cette appellation était utilisée à la base par l’armée colombienne pour les soldats (ou guérilleros) inconnus morts au combat.

[1] Voir : les morts commencent à reparaître, il y en a ... des milliers !

[2] NN (nigun nombre), "sans nom" c’est la dénomination générique pour les cadavres non identifiés. Cette appellation était utilisée à la base par l’armée colombienne pour les soldats (ou guérilleros) inconnus morts au combat.

[3] voir http://www.pachakuti.org/textos/hem... (es)

[4] voir http://www.rebelion.org/noticia.php..."europa-no-puede-firmar-un-tlc-con-un-estado-violador-de-los-derechos-humanos"- (es)

[5] Information du 16 février 2010 des paramilitaires confessent 30 470 assassinats : http://www.telesurtv.net/noticias/s... (es)

[6] en savoir plus à propos d’une fosse commune et de la Terreur d’État : http://www.rebelion.org/noticia.php... (es)

[7] Voir : http://www.kaosenl
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 08:06

auteur 1837

AUTEUR:  Jorge BRICEÑO SUÁREZ

Traduit par  Esteban G. Edition de Michèle Mialane

Lettre ouverte du commandant farien, Jorge Briceño au général Padilla León. Preuve que les FARC maîtrisent avec réalisme et sérieux, les subtilités du conflit social et armé qui se développent en Colombie. 

Lettre ouverte 

à Monsieur Freddy Padilla de León. 

Compatriote,  

J’ai écouté attentivement votre allocution radio du 21 janvier 2010 et votre invitation nous incitant à nous livrer et à rendre les armes m’a semblé être inspirée à des fins de propagande, de fanfaronnade et de guerre psychologique, plutôt qu’animée d’un esprit sincère de réconciliation et de grandeur. 

Vous n’êtes pas un pionnier dans ce type “d’invitations”. Notre célèbre Commandant Manuel Marulanda Vélez, avait l’habitude de nous raconter comment, au début de ce combat pour la libération de notre peuple, le général Álvaro Valencia Tovar usait lui aussi fréquemment de messages de cette teneur ; il les adressait au Commandant Ciro Trujillo, en lui offrant des pots-de-vin, pendant que les troupes se concentraient, que le cercle se refermait et que s’affinaient les mécanismes pour lancer l’assaut contre la population civile des régions de Marquetalia et Riochiquito, dans le cadre du Plan LASO et dans une situation politique au sein de laquelle les Forces Militaires s’initiaient au rôle d’instrument d’élite de la répression au service des propriétaires terriens afin de déposséder les paysans de la terre. 

Comme c’est mal nous connaître, Monsieur Padilla de León !  En toute sincérité, sans haine ni ressentiments et avec le respect que tout révolutionnaire accorde à ses adversaires, je vous réponds : Non, merci beaucoup, général.

Au sein  des  FARC il n’y a pas de traîtres, mais des patriotes et des révolutionnaires. 

Nous avons combattu et nous continuerons à le faire, avec courage, ardeur et esprit de sacrifice pour renverser ce régime putride des oligarchies et pour construire un autre ordre social, ou pour parvenir à des accords qui aident à la construire une patrie où chacun aura une place. 

Jamais nous n’avons préconisé le principe de la guerre pour la guerre, ni assumé ce combat comme une chose personnelle, puisque nos objectifs sont ceux de parvenir à de profonds changements dans la structure sociale de la Colombie, pour qu’enfin les intérêts des majorités nationales et des secteurs populaires soient pris en compte et que ces changements conduisent au démantèlement de l’actuel régime politique, criminel, oligarchique, corrompu, arbitraire et injuste, comme cela est stipulé dans notre Plateforme Bolivarienne pour la Nouvelle Colombie. 

Avec l’honnêteté de notre engagement pour le changement social et la loyauté que nous devons à notre peuple, nous vous assurons que nous n’allons pas abandonner après plus de 40 ans de combat, ni accepter une fausse paix. Nous ne trahirons pas les rêves de justice de cette Colombie qui clame la paix et la justice sociale, ni la mémoire des milliers de morts, ni les victimes des nombreuses tragédies occasionnées par cette guerre sanglante que l’oligarchie a déclarée au peuple voici plus de 50 ans. 

La Colombie à besoin de trouver les chemins qui conduisent à mettre un terme à cette guerre entre frères, des sentiers de réconciliation qui nous mènent à des accords de paix. Mais cela ne se fera pas à travers d’une fausse paix où une minorité oligarchique continue de s’accaparer toutes les richesses, alors que la plus grande majorité de la nation est écrasée par le poids de la pauvreté, de la terreur militaire, de la misère et de la déchéance morale d’une classe dirigeante corrompue jusqu’à la moelle. La Colombie mérite de trouver le chemin le plus sûr pour parvenir à la reconstruction de la patrie et à la réconciliation des Colombiens. 

Une paix interprétée comme une reddition ou un renoncement est un fantasme de l’oligarchie et ne serait qu’un crime , une trahison envers le peuple et ses désirs historiques d’obtenir, au final, la justice sociale pour tous. 

Des accords de paix oui, mais, le point fondamental est : Avec ou sans changements structurels en ce qui concerne le politique et le social ? 

Plus de démocratie ou plus d’autoritarisme et plus de répression et de  soumission à l’Empire ?

Nous vous invitons à réfléchir sur ces paroles sereines, pleines de bon sens et d’actualité, tirées du message que le Commandant Manuel Marulanda Vélez avait adressé aux membres des Forces Militaires : 

« L’avenir de la Colombie ne peut pas être celui d’une guerre sans fin, ni celui de la spoliation des richesses de la patrie, ni l’abandon honteux de notre souveraineté à la voracité des politiques impériales du gouvernement US. Nous sommes aptes à nous asseoir à la table des négociations et à tenter sérieusement de surmonter nos différences, par le biais d’un échange civilisé d’opinions, afin d’évoluer vers la suppression définitive des causes politiques, économiques et sociales qui génèrent le conflit interne, et pour le bien des futures générations de nos compatriotes ». 

Aujourd’hui, nous voulons partager cette manière de voir avec vous et aussi, comme toujours, avec les sergents, les caporaux, les lieutenants, les capitaines et les colonels, et avec tous les hommes d’expérience qui sont en première ligne dans les combats et auxquels il est interdit d’accéder au grade d’officier à cause de leur origine sociale, leur couleur de peau ou de leur race. 

Je vous rappelle, général, que l’implication dans les milices de plusieurs d’entre vous pour défendre les intérêts étrangers et oligarchiques, même s’il dure, n’est qu’éphémère, et que vous serez très bientôt appelés à rendre compte de ces services, et il est certain que le peuple ou la justice internationale vous demandera compte de vos responsabilités en tant que commandant des Forces militaires dans les crimes contre l’humanité commis envers notre peuple, hypocritement nommés « faux positifs » ou, de  votre rôle en tant que chef, au temps de la néfaste « XX Brigade d’intelligence contre intelligence » (B.I.N.C.I), de bien triste mémoire pour les Colombiens, de même que de l’émergence et de l’extension des forces paramilitaires suite à votre passage par le commandement de la Seconde Division de l’armée, aux côtés d’un homme d’aujourd’hui en taule, le général Iván Ramírez. 

Nous avons réitéré nos appels à tous les patriotes et démocrates de Colombie pour discuter de tous ces sujets afin d’empêcher la perpétuation d’une dictature ou d’un gouvernement totalitaire et despotique dans notre patrie. 

Nous, les FARC, invitons aujourd’hui  tous les militaires et membres de la Force Publique à reprendre le chemin de la défense de la patrie souveraine, à travailler pour la formation d’une armée bolivarienne patriotique qui ne retourne pas ses armes contre ses concitoyens, qui soit intégrée dans les luttes populaires, et qui travaille à rétablir la paix et l’échange humanitaire et à poursuivre l’œuvre que le Libertador Simón Bolívar avait laissée inachevée, afin que la Colombie n’ait plus jamais à souffrir l’affront de voir les soldats que vous commandez soumis et dépossédés de leurs armes pour être contrôlés par les représentants de l’armée de la puissance étrangère à laquelle nous sommes assujettis, comme cela s’est produit lors de la dernière visite du président Bush.

Votre compatriote,

Jorge Suárez Briceño.

Membre du Secrétariat de l’État Major Central des FARC EP. 

Montañas de Colombia, janvier 2010

Source : http://anncol.eu/noticias-del-mundo/4/briceño-le-responde-a-padilla423?templateId=423

Sur l’auteur

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 08:46
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La Colombie est horrifiée par l’ampleur des massacres commis depuis les années 1980 par des miliciens d’extrême droite qui reconnaissent aujourd’hui leurs crimes

Plus de 30 000 assassinats, 2 500 disparus en moins de vingt ans. Ces chiffres parlent d’une violence effroyable, tout juste comparable, en Amérique latine, à la répression de la dictature argentine qui aurait fait disparaître 30 000 opposants. Pour la première fois, le parquet colombien a donné le 17 février les statistiques officielles d’une vague de meurtres longtemps niée par le pays.

Elles correspondent aux crimes avoués par les milices paramilitaires dans le cadre d’un processus dit de « justice et paix » mis en place depuis leur démantèlement en 2003. Une loi, polémique, avait alors été adoptée : moyennant des aveux complets, les paramilitaires qui rendaient les armes ne pourraient pas être condamnés à plus de huit ans de prison.

Ces remises de peine ont permis de commencer à lever le voile sur des années de violences. Dans les salles d’audience, bien des mères de victimes se sont effondrées en écoutant les bourreaux raconter d’un ton mécanique comment ils avaient découpé le corps de leur fils à la machette pour le jeter dans un fleuve.

Une ascension éclair avec la complaisance des autorités

Créées dans les années 1980 par des propriétaires terriens et des militaires pour lutter contre le racket de la guérilla marxiste, les « Autodéfenses » colombiennes ont contrôlé des régions entières, assassinant non seulement des guérilleros, mais aussi ceux qu’ils considéraient comme leurs complices.

Paysans, militants de gauche, étudiants ou simples villageois ont été supprimés, parfois pour avoir vendu une cigarette à l’ennemi. Leur ascension éclair, avec la complaisance des autorités et l’appui d’une partie de l’opinion colombienne qui les voyaient comme un mal nécessaire, en avait fait la faction armée la plus puissante du pays.

En 2002, alors qu’Ingrid Betancourt était enlevée par la guérilla des Farc, histoire qui faisait alors la une des journaux, les 30 000 combattants des groupes d’autodéfense expulsaient des milliers d’Indiens de la Sierra Nevada colombienne, brûlaient dans des fours certaines de leurs victimes, ou les jetaient aux caïmans dans les immenses haciendas de leurs chefs.

Un tiers des parlementaires soupçonnés de complicité

Le pays n’a pas fini d’entendre leurs confessions macabres. Luis Gonzalez Leon, chef de l’Unité de justice et paix qui reçoit les aveux de ces combattants, affirme qu’ils pourraient reconnaître 120 000 meurtres. Une règle mathématique : « Nous en sommes au quart du processus », explique-t-il.

Certains parlent de leurs liens incestueux avec la politique. Associés aux cartels de la drogue, qui ont parrainé leur naissance, les paramilitaires avaient fini par prendre directement le contrôle du négoce de la cocaïne. Leur puissance leur permettait de choisir leurs candidats dans les régions.

Près du tiers des parlementaires colombiens élus en 2002 font l’objet d’une enquête pour complicité avec ces escadrons de la mort. La grande majorité portait l’étiquette de partis proches de l’actuel président Alvaro Uribe. Parmi eux figure même l’ancien sénateur Mario Uribe, son cousin. Selon l’éditorialiste Leon Valencia, les paramilitaires étaient alliés « à une partie de l’élite régionale qui a servi de support au projet politique du chef de l’État ».

De nouvelles bandes armées : les "néoparamilitaires"

Or, cette élite est toujours là. L’an dernier, la presse a révélé que les juges qui enquêtaient sur ces dossiers avaient été placés sur écoute par les services secrets colombiens. Le procureur de la Cour pénale internationale s’en est inquiété lors d’une visite en Colombie. « Les plus hauts responsables doivent être jugés », a-t-il martelé à Bogota.

D’ici là, d’autres pourraient bien avoir récupéré le négoce des Autodéfenses. On parle aujourd’hui dans le pays de « néoparamilitaires ». Ces bandes armées, héritières de leurs anciens chefs, ont fait remonter les indices de violence de Medellin, Cali et la côte pacifique colombienne à des niveaux préoccupants.

Dans ces régions, certaines familles ont eu à peine le temps de récupérer les restes d’un proche tué par les Autodéfenses, qu’il leur fallait déjà enterrer une victime de ces nouveaux groupes.
 
Christine RENAUDAT, à Bogota

http://www.la-croix.com/Les-paramilitaires-colombiens-avouent-30-000-meurtres/article/2415418/4077
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 08:25

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Par Katu Arkonada

Nous présentons l’exposé qu’a fait Katu Arkonada, enquêteur et annaliste du Centre d’Études Appliquées aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels (CEADESC) et collaborateur de la Coordination Andine des Organisations Indigènes (CAOI).

L’exposé donné lors du Forum Public "El Buen Vivir de los Pueblos Indígenas Andinos" (“Le Bon Vivre des Peuples Indigènes Andins”) qui s’est tenu le 28 janvier dernier au Congrès de la République du Pérou, un événement organisé par la CAOI.

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Katu Arkonada, crédits : Servindi

Crise de civilisation et "Vivre Bien"

Aujourd’hui personne ne doute que nous vivions quelque chose de (beaucoup) plus important qu’une crise financière. Nous vivons une crise financière, mais aussi épistémologique, sociale, politique, climatique, alimentaire ... en définitive, une crise de vie, de modèle structurel et de civilisation, occidental et moderne, bien sûr.

Rafael Correa, président de l’Équateur, dit que nous vivons une époque de changements, sinon un changement d’époque. Sans savoir si nous pensons au même paradigme, il est certain que la profondeur de cette crise structurelle nous fait regarder vers de nouveaux (bien qu’anciens) paradigmes de vie. Et là surgit avec force, l’idée que les peuples originaires de l’Abya Yala nous transmettent, celui de la culture de la vie, nourrir la vie, la vision communautaire ... ce nouveau paradigme que nous appelons Vivre Bien.

Deux matrices civilisatrices

Le Vivre Bien ne naît pas maintenant, c’est le produit de la conception millénaire du monde par les peuples indigènes du continent, de fait ce n’est pas un concept nouveau, même si précisément à l’époque actuelle il prend plus de force que jamais. Quand les ONGs ont commencé à se demander comment on pourrait traduire le terme développement en quechua, ils se sont rendus compte qu’il n’y avait pas de traduction, et la même chose est arrivée avec l’aymara, le guarani ... dans aucunes des langues des civilisations indigènes un mot n’existait pour désigner notre concept occidental de développement. Cette apparente contradiction reflète bien la division entre les deux matrices civilisatrices, entre orient et occident.

C’est pourquoi on a commencé à prendre les termes qui s’approchent du concept de Vivre Bien, Suma Qamaña en aymara, Sumaj Kausay en quechua, Ñande Reko (une vie harmonieuse) en guarani, Teko Kavi (la nouvelle vie) Ivi Maraei (une terre sans malheur) ou Qhapaj Ñan (un chemin ou une vie noble), les concepts que la nouvelle Constitution Politique de l’État Plurinational de la Bolivie (approuvée dans un référendum en janvier 2009) recueille déjà comme bases fondamentales quand il est question des Principes, des Valeurs et des Fins de l’État.

De la même manière le Vivre Bien est reconnu dans la Constitution Politique de l’Équateur, d’octobre 2008, qui a également fait un pas important avec la consécration des Droits de la Nature, parce que Vivre Bien c’est aussi sortir de la dichotomie entre être humain et nature, c’est de réveiller la conscience du fait que nous faisons parti de la Pachamama, de la Terre-Mère et avec elle nous nous complétons.

C’est bien intéressant, et il faut continuer d’approfondir dans leur développement, les formes hybrides qui existent entre les concepts des différentes matrices, dans notre cas avec le concept occidental et moderne, en tant que droits unis à un concept oriental et millénaire tel que la Pachamama, la Terre-Mère.

Une culture communautaire

Vivre Bien nous rapproche et apprend des concepts comme la complémentarité, la réciprocité, le comunitarisme (bien que l’on ne puisse pas comprendre la communauté comme un ensemble d’individus) qui heurtent frontalement nos schémas établis. La culture de la vie est communautaire, il ne peut en être autrement, face au capitalisme individualiste, un prédateur, ou même au socialisme qui bien qu’il soit préoccupé d’améliorer les conditions de vie de la société, il la comprennd seulement en tant que l’ensemble des personnes qui vivent, sans aucune considération pour laTerre-Mère en tant qu’être vivant, et qui peut devenir tellement industriel et prédateur comme l’est le capitalisme (bien que, et c’est un autre débat, peut-être que le socialisme communautaire est aujourd’hui la meilleure option pour l’Occident).

Ils nous ont éduqué et appris à vivre mieux, mais non à Vivre Bien. Et pour nous rapprocher réellement de ce concept, nous avons à nous déconstruire dans un processus complexe. Ne pas mettre JE en premier (le premier pronom dans les langues occidentales) mais NOUS (le premier pronom en quechua ou en aymara par exemple), ne pas voir le temps linéairement comme quelque chose, dans lequel prime l’individu qui vient du passé, se situe dans le présent et va vers l’avenir, mais le temps comme quelque chose de circulaire, dans lequel le présent est continu et le passé et le futur sont une seule est même chose, le passé est devant et l’avenir est à venir et est derrière.

Une décolonisation

Mais sur le continent américain, après 517 ans de colonialisme, nous ne pouvons pas concevoir le Vivre Bien sans l’unir à un vrai processus de décolonisation, comme nous ne pouvons pas concevoir cette décolonisation sans changer le paradigme de l’éducation.

Une éducation individualiste et basée sur un système compétitif, dans lequel l’individu est mesuré, jugé, à l’aulne des qualifications obtenues. Même dans les formes d’éducation plus humanistes nous suivons un schéma occidental, imposé par les colonisateurs. Nous formons de bons étudiants, avec une bonne éthique et une bonne morale, en suivant des schémas occidentaux, chrétiens, et pas des personnes qui vivent en harmonie avec elles-même, avec leurs semblables et avec la Terre-Mère.

Vivre Bien,Décolonisation... de vastes concepts qui méritent des débats plus en profondeur, de nous regarder vers l’intérieur et depuis l’intérieur, utiliser la nature, mais sans l’abîmer, rationaliser et redistribuer la consommation, non pour surexploiter les ressources naturelles que la Terre-Mère nous donne, en garantissant un avenir à tout ce qui vient apres nous, vivre en harmonie parmi les peuples, en êtant complémentaires les uns des autres, en pratiquant des formes de démocratie communautaire.

De nouveaux paradigmes

Evo Morales Ayma, président de l’État Plurinational de Bolivie, disait l’autre jour qu’avant les intellectuels en Europe pensaient et théorisaient, et qu’après en Amérique Latine on essayait de mettre en pratique ces théories, et aujourd’hui en revanche ici en Bolivie, en Amérique Latine, se produisent des processus de changement pour lesquels les intellectuels vont venir essayer de théoriser ce qui se passe. C’est sûr et certain, aujourd’hui notre nord c’est le Sud, la pratique des Peuples dans la recherche de nouveaux paradigmes pour surpasser la crise de civilisation nous a portés vers de nouvelles manières de faire de la politique, de reconsidérer l’État et les relations entre les personnes ainsi qu’une conscience autour de l’hécatombe climatique que nous sommes entrain de provoquer.

Toutefois beaucoup d’interaction reste encore entre la théorie et la pratique, pour arriver à une pratique politique quotidienne ayant pour but de nouveaux paradigmes, dans lesquels le Vivre Bien est un élément d’approche, d’apprentissage, de tout ce que les peuples indigènes ont à nous apprendre.

Source : Servindi "Bolivia : Crisis de civilización y Vivir Bien. Exposición de Katu Arkonada"

Traduction : Primitivi

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 07:48
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Heu...non... excusez..
porfirio-lobo.jpg Lobo

Mexico, 18 février (RHC-PL).- Le vice ministre mexicain des Affaires étrangères, Salvador Beltran a annoncé que le Honduras sera exclu du sommet de Rio qui aura lieu cette fin de semaine dans la station balnéaire de Cancun.

Salvador Beltran a fait savoir qu’en sa qualité de pays hôte, le Mexique n’a pas envoyé d’invitation au Président hondurien Porfirio Lobo.

Il a confirmé que son pays respectera la décision de l’OEA, l’Organisation des États Américains concernant la reconnaissance du gouvernement issu des élections organisées au Honduras après le putsch contre le Président constitutionnel, Manuel Zelaya.

Il a ajouté que l’OEA devra adopter une décision à ce sujet lors d’une réunion extraordinaire en mars ou lors de son Assemblée Générale, prévue pour le mois de juin à Lima.
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 08:22
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Tegucigalpa, 17 Fevrier. 2010

Devant la prétention du congrès Hondurien illégitime, dominé par les mêmes congressistes que ceux qui ont fait le coup d'état l'été dernier, de donner le coup d'envoi à la privatisation de l'eau en vendant dans un premier temps la centrale hydroélectrique José Cecilio del Valle à une firme italienne, les 90 localités du Sud ont menacé de prendre possession des installations et d'en couper les chemins d'accès.

L'activitié principale du congrès hondurien depuis le coup d'état a été de suspendre les droits constitutionnels, de servir de chambre de torture, et  de vendre les infrastructures et les ressources publiques du Honduras au privé.

On commence maintenant à en voir les conséquences. Les propriétaires qui ont vu comment leurs terres improductives étaient travaillées par des paysans qu'ils n'avaient pas à payer, ont repris possession de celles-ci, appuyés par la police et l'armée. L'eau suit le même chemin.

La centrale hydro-électrique de José Cecilio del Valle ravitaille en eau 120 000 personnes. Jusqu'à présent publique, elle passera dans des mains privées. Le dernier jour que le dictateur Roberto Micheletti a dirigé le régime répressif, il a validé un décret approuvé par le congrès selon lequel était promulguée une loi concernant les travaux publics, parmi lesquels se trouvait la centrale hydroélectrique.

Le jour suivant, pour occulter le décret, le Journal Officiel a été falsifié. L'entreprise nationales des arts graphiques a imprimé deux séries différentes portant le même numero et seulement 20 exemplaires contenaient le décret..

Traduction Alma

http://www.aporrea.org/internacionales/n151243.html

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