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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 19:33

365j-02-191-2f036.jpgÎlot dans la réserve d’eau artificielle de Guri (photo : Yann Arthus-Bertrand)

 

Une sécheresse exceptionnelle frappe le nord de l’Amérique latine. Le phénomène du Niño a provoqué un important déficit de précipitations durant la saison des pluies (moins 40 à 70 % en octobre et novembre). Résultat : les réservoirs hydroélectriques sont largement en-dessous de leur seuil normal à cette époque de l’année.

Le problème se complique lorsque l’on sait qu’au Venezuela, 90 % de l’électricité produite est d’origine hydroélectrique et que le barrage du Guri, le troisième plus grand du monde, produit à lui seul 73 % de l’électricité du pays. Or, le niveau d’eau du réservoir est arrivé au début de cette année à son niveau critique et, faute de pluies, il continue à baisser de 8 à 10 centimètres par jour. La situation n’est guère meilleure dans les Andes, comme le montrent les photos suivantes, prises au réservoir La Honda sur l’Uribante (où le clocher de l’église du village submergé de Potosí sert de mesure) :


   
Guerre déclarée

Dans un pays « normal », le gouvernement appellerait la population à faire des économies d’énergie et prendrait les mesures de contingence nécessaires pour faire face à la situation. Ainsi, dans la Colombie voisine, qui souffre de la même sécheresse, c’est ce que le gouvernement a fait, sans provoquer, que l’on sache, de réactions particulières.

Au Venezuela, par contre, c’est la bataille de l’eau. Et pour cause : ici, tout est politisé à outrance. Le gouvernement tente-t-il de gérer la situation et annonce-t-il des mesures de rationnement ? Ce sont aussitôt les hauts cris de l’opposition que l’on entend, rapidement relayés par la presse internationale : le pays courrait au désastre.

Une guerre –une de plus– est ainsi déclarée. En effet, l’opposition voit dans cette crise énergétique un possible talon d’Achille pour Hugo Chávez. C’est qu’une crise profonde tomberait à point nommé en cette année électorale qui sera un test politique important pour le président, après plus de onze ans de pouvoir.

Dans ce contexte sibyllin, l’opposition ne craint pas de jouer au désastre. Adeptes du pire, nombreux sont ceux qui, au lieu de réduire leur consommation d’électricité, sont capables de l’augmenter, dans l’espoir de précipiter l’échéance d’une crise énergétique plus générale. Dans les couloirs, les rumeurs les plus folles et les plus absurdes circulent : certains vont jusqu’à affirmer avec sérieux que l’eau du Guri est envoyée à… Cuba par un aqueduc sous-marin ! Bref, on fait tout pour maintenir un degré élevé de pression sur le gouvernement et pour créer le doute parmi la population. Un outil de plus dans un processus permanent de déstabilisation rampante.

Imprévision

Que depuis dix ans, le gouvernement ait fait preuve d’imprévision en matière énergétique n’est un secret pour personne. Qu’il y ait de graves problèmes de gestion des entreprises publiques, pour ne pas dire diverses formes de corruption, personne ne le nie. Hugo Chávez lui-même l’a reconnu dans son récent discours devant l’Assemblée nationale.

Mais la cause principale de la situation critique dans laquelle se trouve le pays se trouve ailleurs : le gouvernement a été littéralement piégé par ses propres politiques sociales en faveur des couches les plus défavorisées. Sur ce point, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

De 1999 à 2008, la consommation d’énergie a augmenté au Venezuela à un taux de 4,5 % par an. Si l’on analyse d’où provient cette croissance de consommation, on constate que ce n’est pas du le secteur industriel, dont la consommation d’énergie a augmenté seulement de 1,5 % par an sur cette période. Par contre, au cours des cinq dernières années, le secteur résidentiel a vu sa consommation d’électricité augmenter à un taux de 7,1 % par an et le secteur commercial à un taux de 7,8 %.


Augmentation de la demande


Si l’on va un peu plus loin dans l’analyse, on s’aperçoit que c’est dans les secteurs les plus défavorisés de la population que le taux de croissance de la consommation est le plus élevé. Ceci s’explique parfaitement par la hausse du pouvoir d’achat de cette partie de la population, grâce aux politiques sociales du gouvernement. Cette hausse du pouvoir d’achat s’est manifestée notamment par l’achat et l’utilisation d’appareils électriques auxquels cette partie de la population n’avait pas accès auparavant : appareils d’air conditionné, lessiveuses, sécheuses, sèche-cheveux, grille-pain, cuisinières électriques (en raison de la difficulté d’acheminer les bombonnes de gaz dans les bidonvilles), etc.

Lorsque 50 % de la population consomme plus d’électricité, cela a évidemment un impact important sur la croissance des besoins en énergie du pays. C’est cette augmentation de la demande qui n’a tout simplement pas été prise en compte par le gouvernement, lequel se trouve maintenant pris de court. Le déficit de précipitations induite par le Niño n’a fait qu’aggraver la situation, jusqu’à provoquer la crise que l’on connaît.

La leçon à tirer de tout cela, c’est qu’on n’augmente pas impunément le pouvoir d’achat et la qualité de vie de grandes franges de la populations sans conséquences sur l’économie générale du pays et en particulier sur la consommation énergétique. Un peu de planification n’aurait pas fait de tort, mais reconnaissons que ce n’est pas le fort dans ce pays.


Le grand gaspillage


Cela dit, le Vénézuélien reste un grand gaspilleur, et en particulier un grand gaspilleur d’énergie. Le Venezuela est le pays d’Amérique latine où on enregistre le plus grand volume de consommation électrique per capita. L’inconscience et l’ignorance règnent en ce domaine, et ce dans toutes les classes sociales, sans distinction. Réduire cette folle consommation de 20 %, comme le demande le gouvernement, devrait ne pas être trop difficile s’il existait un minimum de prise de conscience : il suffirait de quelques gestes simples comme utiliser l’air conditionné à bon escient, éteindre les lumières inutiles, limiter au nécessaire le repassage des vêtements, etc.

Hugo Chávez veut créer un Vénézuélien nouveau. Et si on commençait par ce changement-là, histoire de montrer que le fameux discours de Copenhague n’est pas qu’un vœu pieux ?
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 19:23
terremoto-haiti-earthquake-16.jpgDès le 12 décembre, les coopérants cubains ont porté secours aux Haïtiens victimes du séisme. 
Le dispositif élargi comprend des volontaires venus de La Havane 
et deux hôpitaux de campagne.

Port-au-Prince, envoyée spéciale.


Assis sur les marches du centre ophtalmologique cubano-haïtien, tête bandée et visage tuméfié, Eris soutient son bras déjà tenu en écharpe. Il fouillait dans les décombres de sa maison, raconte-t-il, lorsqu’il a fait une chute. À l’hôpital de la Renaissance de Port-au-Prince, au pied de la cathédrale éventrée, on continue de panser les plaies, plus de quinze jours après le tremblement de terre qui a secoué Haïti. Trente médecins cubains y sont à l’œuvre, sur les quatre cents coopérants présents sur tout le territoire. Depuis les événements, la brigade de volontaires a été renforcée, notamment par près de deux cents médecins haïtiens formés gratuitement à l’École latino-américaine de médecine (Élam). « Dès le 12 janvier, comme nous étions sur place, nous avons commencé à porter assistance, rappelle la doctoresse Adriana Pomeda, responsable de la brigade de coopération. Depuis, nous ne comptons plus les heures où nous travaillons. » Opérer, sauver des vies, aller chercher les blessés, et prévenir, depuis le séisme, le corps médical n’a pas chômé. Sous l’auvent, la salle d’opération est aujourd’hui en stand-by après avoir tourné à plein régime. Tous les lits de l’hôpital de campagne, face au bâtiment officiel pourtant intact, sont complets « parce que les patients en état de choc ne supportent plus d’être enfermés », précise Adriana Pomeda. L’affluence des premiers jours s’est quelque peu ralentie. On commence à dresser les premiers bilans et les conséquences, à moyen et long terme, du désastre matériel mais surtout humain. « Le pays est détruit, les hôpitaux sont affaissés, et la tâche s’annonce difficile », prévient Olga Maria Delgado, aujourd’hui chef de l’assistance médicale du centre des urgences de La Croix-des-bouquets (périphérie de Port-au-Prince) où a été installé le quatrième hôpital de campagne cubain de la capitale.


l’avenir est incertain avec leur quotidien déjà précaire


Présente sur le terrain depuis vingt-six mois, la coopérante était en poste lorsque les quatre cyclones ont frappé le pays en 2008. Pour nombre d’Haïtiens, reconnaît-elle, l’avenir est incertain quand leur quotidien était déjà précaire. Des équipes de psychothérapeutes sont à l’œuvre mais le « nombre de traumatisés est tellement important que cela ne sera pas suffisant », explique-t-elle, la voix recouverte par les cris d’une femme amputée à qui l’on prodigue des soins. La collaboration médicale entre Cuba et Haïti a vu le jour en 1998, après le passage de l’ouragan George. « Dans les centres de diagnostics intégraux, les soins sont gratuits, explique Olga Maria Delgado. Ailleurs nous contribuons à faire pression sur les prix mais de manière générale le système de santé est payant et, comme la population est très pauvre, peu de personnes ont les moyens d’y accéder. » La pénurie des hôpitaux publics, le manque de personnel et de médicaments, les tarifs pratiqués étaient la règle, avant le séisme, et constituaient un handicap majeur pour la majorité des Haïtiens, qui ne se déplaçaient même plus jusqu’aux centres de santé. Pourtant, insiste Olga Maria Delgado, dans ce marasme, « il est très important de faire de la prévention et de l’éducation sanitaire en matière d’hygiène pour prévenir les infections et les maladies ». Il est donc indispensable, poursuit-elle, que « l’aide soit importante et sur le long terme ».


de lourdes pathologies au lendemain du séisme


Tous les professionnels de santé attirent l’attention sur le fait que la post-urgence ne s’arrête pas aux lendemains de la catastrophe. D’autant que les blessés du séisme affichent de lourdes pathologies. À l’hôpital de la Renaissance, comme dans le reste des établissements hospitaliers de la capitale, les amputations ont représenté près 90 % des chirurgies pratiquées. « Avant, la majorité de la population n’avait pas de travail mais après toutes ces amputations, les personnes diminuées n’auront plus aucune chance d’avoir une activité », craint le docteur haïtien François Frantz, diplômé de l’Élam. La prise en charge de ces personnes handicapées s’annonce déjà comme l’un des plus grands défis à relever. On veut croire, ici, que « les événements » du 12 janvier donneront lieu à une refonte du système sanitaire. « On doit recommencer de zéro pour faire naître une nouvelle Haïti », plaide François Frantz. Pour l’heure, ce qui permet de tenir, « c’est la solidarité et le partage, assure Adriana Pomeda  ; de la douleur initiale, nous voyons aujourd’hui repartir des parents et des enfants chez eux ou du moins se retrouver ».


Cathy Ceïbe
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 19:16

ong1.pngInterview de Jean Lavalasse, photographe et documentariste haïtien résidant à Bruxelles depuis le début des années 70. 


 

Comment qualifieriez-vous la situation avant le séisme qui a touché Haïti ce 12 janvier 2010 ?


La situation était simple, nous étions sous occupation… et ce, depuis que Jean Bernard Aristide fut expulsé vers l’Afrique du Sud. Le gouvernement de René Préval était censé être mis en place pour effectuer une transition démocratique après Aristide. Mais nous avons connu trois impérialismes, ce que certains appelle l’IFAC : Impérialisme Français Américain Canadien.

Le Canada est arrivé dans les années 80 grâce à la francophonie et à ce qu’on nomme l’intégration horizontale : faire venir, dans un premier temps, les femmes et les enfants dans le pays pour pouvoir s’y installer plus tard. La France, elle, est très présente au travers des ONG. D’ailleurs, sous le gouvernement de l’ex 1er ministre Michèle Pierre Louis, Haïti était gouverné par les ONG ! Mme Pierre Louis collaborait grandement avec George Soros, que nous connaissons maintenant comme étant le grand magnat des finances et des ONG. Préval a voulu contrôler le pays en faisant des accords tacites avec la République Dominicaine, accords dont personne ne connait vraiment le fond.

Le 22 février 2006, Gérard Latortue, ancien 1er ministre d’Haïti, a signé un accord qui énonce clairement la mise sous tutelle onusienne du pays. Cet accord stipule que chaque accord pris antérieurement et qui serait en contradiction avec le fonctionnement de la MINUSTAH sera « corrigé » parce que caduc.[1]

Le 9 mai 2007, après une rencontre entre George W. Bush et René Préval, le désir sous-jacent d’autonomie a été presque totalement entériné. Durant cette rencontre, Bush a dit que les rapprochements entre Haïti et l’ALBA[2] devaient être avortés et que les Etats-Unis sont « les seuls amis d’Haïti ». Préval, en bon domestique, a pratiquement cessé d’apparaitre aux réunions de l’ALBA. Lors d’une entrevue avec Hugo Chavez, Jose Maria Aznar a même confié qu’il fallait « oublier Haïti ».

Quant au Brésil, il a un rôle capital, déjà tracé par Reagan en 1980 dans son Plan. En effet, il prévoyait que l’Allemagne s’occuperait de l’Europe, le Japon de l’Asie, l’Afrique du Sud de l’Afrique et le Brésil de l’Amérique Latine. Lula n’est que très peu progressiste donc il entretient de bonnes relations avec les Etats-Unis. Il n’a jamais été là pour aider Haïti, il n’a fait que poser les jalons pour préparer l’occupation par les trois Roches.[3]


Maintenant, le pays est contrôlé par Barack Obama, lui-même secondé par Bill Clinton et George W. Bush…


(Rire) On a cru, surtout chez les « Noiristes », que parce que Barack Obama était noir, il allait changer les choses. Mais il ne faut pas oublier que c’est Colin Powell, un autre Noir, qui a fait arrêter Aristide. De plus, depuis des années, de nombreuses personnes se demandaient si Haïti pouvait devenir le Porto Rico ou le Taiwan des Caraïbes. La question est : dans quel sens ? Puisque Porto Rico lutte pour son indépendance et pour retirer son étoile du drapeau américain. François Duvalier a toujours dit qu’il fallait lutter comme pour la Martinique et la Guadeloupe. D’ailleurs, en ce qui concerne la Guadeloupe, les Etatsuniens ont compris que la France avait gagné une petite bataille. Pour faire face il faut donc qu’ils ternissent un peu l’image d’Haïti et démantelent le désir de libération. Obama, lui, est un produit, l’homme du système, il est formaté, il est la continuité de Kennedy dans le sens où lui aussi a envenimé une guerre en y envoyant des soldats.


Pour ce qui est de Clinton et Bush…


Aristide disait à propos des Américains : « Que je fasse, que je ne fasse pas, ils agiront quand même. » Dès 1993 et la réunion de Governors Island, Aristide avait compris qu’il devait se conformer aux exigences des Etats-Unis s’il souhaitait rester à la tête de l’Etat. L’ancien ambassadeur Américain en Haïti, Janet Anderson, a révélé que peu importe le gouvernement, que ce soit celui de Préval ou d’Aristide, Haïti a connu l’occupation doublure, c’est-à-dire que dans le dos de chaque ministre haïtien, il y avait un représentant américain et chaque parti politique était et est toujours financé par un des trois impérialistes au travers de différents organismes comme l’IRI (Institut Républicain International). Durant ce qu’on appelle, l’occupation d’octobre 94, Aristide devait, non seulement entretenir d’excellents rapports avec les Américains, mais également se plier aux quatre volontés du FMI. Pour cela, Haïti devait couper certaines aides destinées à la population et mettre au chômage les Haïtiens pas assez rentables et surtout « moderniser », autrement dit privatiser. Sa « désobéissance » provoquera sa chute quand il a réclamé le remboursement de la dette de l’indépendance à la France, soit 21 milliards de dollars, et a voulu augmenter les salaires des Haïtiens.


Dans ce cas, pourquoi Bill Clinton a tant tenu à restaurer Aristide ?


Aristide était devenu docile et surtout il était soutenu par le peuple. C’était par ailleurs son atout et sa faiblesse parce qu’à part le peuple, il n’avait ni parti politique, ni cadre et la rue ne peut pas vous aider à diriger un pays et à prendre des décisions. C’est aussi la première fois, que les Etats-Unis ramènent et contrôlent un président démocratiquement élu. Aristide était populaire, d’ailleurs une grande majorité de Haïtiens demeure « aristidienne », même s’il n’avait pas de véritable idéologie. Il avait de belles paroles et de bonnes intentions, mais qu’il n’arrivait pas à mettre en place. Pourtant, il avait les fonds pour. Peu après son élection, il a créé le groupe VOAM (Voyez Haïti Monter) qui a récolté en 4 jours près de 4 millions de dollars.


Pour l’heure, Haïti est investi par les GI Américains ressentez-vous ceci comme une invasion ?


C’est une invasion voulue et préparée par les hommes du gouvernement haïtien. Il ne faut pas dire que le président ait été pris de cours. L’impérialisme est bel et bien là et les conseillers de Préval préparaient cette invasion.


Quels sont les intérêts des Etats-Unis ?


Les intérêts des Américains de faire main basse sur Haïti sont nombreux. D’une part, la main d’œuvre est très bon marché en Haïti et l’île n’est située qu’à 30 minutes de la Floride, y faire transiter des cargaisons serait rapide depuis ce nouveau Taïwan.

Ensuite, il y a Cité Soleil, cette zone est convoitée par les Etats-Unis en accord avec la grande bourgeoisie commerçante d’Haïti, pour la convertir en un grand port : un port franc et une zone industrielle.

Puis, c’est le moment idéal pour se servir du territoire comme base arrière pour contrôler et contrecarrer Cuba puisqu’Obama a promis de libérer Guantanamo. Depuis Cité Soleil et au dessus de Gonave, il y a une vue appréciable sur Cuba.

Et enfin, le sous-sol haïtien est bourré de pétrole. Apparemment les gisements vénézuéliens prendraient leur source sous l’île. Port-au-Prince est assis sur un gigantesque puits de pétrole qui ne pouvait être jusque là exploité. En effet, depuis les années 50, Jean Dumarsais Estimé, le président de l’époque, avait déplacé la capitale anciennement située à Marchand-Dessalines vers l’actuel Port-au-Prince. Cette transition ne permettait pas d’exploiter le pétrole mais Mère Nature aidant, aujourd’hui tout est possible. De plus, le séisme a provoqué un exode rural volontaire des habitants de Port-au-Prince, laissant le champ libre à la destruction des ruines de la capitale et pourquoi pas le forage des sols… Dans d’autres circonstances, s’ils avaient demandé aux habitants de partir vers les campagnes cela aurait été considéré comme un génocide. La catastrophe apparait comme une aubaine pour les impérialistes car elle permet de déplacer à nouveau la capitale. Tout n’est qu’enjeux géopolitiques et économiques.


A votre avis, pourquoi les Américains sont arrivés en Haïti avec autant d’armes et de soldats ?


Les Américains sont arrivés en Haïti en position de vainqueurs. Ils voulaient démontrer leur force et leur suprématie pour impressionner à la fois la communauté internationale mais aussi, et peut-être surtout, les Haïtiens eux-mêmes. Ils ont senti qu’il y avait en Haïti des sentiments de « ras le bol » concernant l’occupation -aidé par les événements en Guadeloupe contre le gouvernement français. Il y a quelques années, les Français avaient confié aux Américains qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient d’Haïti dans leur arrière-cour mais qu’ils ne devaient pas toucher à la langue française ; les Français tenant à garder la francophonie intacte (bien qu’aujourd’hui trois quarts des Haïtiens parlent anglais) . Aujourd’hui, les Américains investissent leur arrière-cour et programment le quadrillage de l’île, pour ce faire, armes et soldats sont nécessaires.


Dans un article spécialement rédigé pour Newsweek, B. Obama a annoncé qu’il pensait faire un travail de reconstruction à long terme pour remettre le pays à flot, comme les Etats-Unis l’ont fait en Europe au lendemain de la 2nde Guerre Mondiale, et dans les Balkans pour la guerre au Kosovo, vous l’en remerciez ?


(Rire) Quoique pensent faire les Etats-Unis, Cuba, le Venezuela et l’ALBA (Alliance Bolivarienne) seront toujours à nos côtés. Pour l’heure c’est aux Haïtiens de prendre leurs dispositions et de lutter contre les ingérences. Bien entendu, les Américains vont profiter du chaos qui règne mais ce chaos ne veut pas forcément dire qu’il n’y a pas d’organisations. C’est à nous de trouver un terrain d’entente, un fond commun pour reprendre les choses en main. Les difficultés seront présentes mais sur place le travail doit se faire. C’est à nous de mener la lutte contre l’impérialisme. Nous devons faire ce travail idéologique en poussant les envahisseurs hors de nos frontières. De 1994 à nos jours, Cuba a apporté plus d’aide à Haïti que n’importe quel pays soi disant « ami » et le peuple haïtien en est conscient.


La Conférence de Montréal du 25 janvier a regroupé les « amis » d’Haïti pour évoquer comment organiser l’aide…


Les amis d’Haïti ne font pas partie de ce groupe des 3 Roches, des IFAC. Le Canada a un rôle fondamental au sein de cette trilogie dans laquelle Haïti est au milieu. En effet, il entretient des relations à la fois avec Haïti et la France pour la francophonie, mais aussi avec les Etats-Unis au travers de l’ALENA[4].

Le Canada est un grand manipulateur puisqu’il joue sur tous les tableaux et fait le travail de l’impérialisme. Si les Etats-Unis n’étaient pas venus eux-mêmes pour « gérer » l’après-séisme, ils auraient envoyé le Canada. En ce qui concerne le Brésil, Lula n’a pas encore acquis toute la confiance des Américains, qui ne lui auraient pas laissé l’opportunité de prendre les commandes en Haïti. Par ailleurs, notre « ami » canadien est en pleine appropriation de l’intelligentsia haïtienne puisqu’il lui ouvre grand ses portes. Pour exemple, il y a 5 ans, une seule des trois jeunes filles qui sont allées faire leurs études (payées par le gouvernement haïtien) en Belgique, est effectivement rentrée en Haïti. Donc nous ne sommes pas dupes, les pays présents à cette conférence, ne sont pas nos amis !


Et les relations avec Cuba, quelles sont-elles ?


Depuis la chute de François Duvalier elles étaient très attendues. En 1994, des relations diplomatiques s’engagent enfin sous Aristide. Dès le début, Cuba a déployé l’Aide Sud-Sud en envoyant des médecins, des agronomes… sur l’île pour aider et former les Haïtiens. Un jour, un paysan m’a dit : « les ONG nous donnent à manger et les Cubains nous apprennent à pêcher… » Au contraire des autres pays et ONG présents en Haïti, les Cubains et les Vénézuéliens nous parlent d’égal à égal et surtout, ils ne se sont jamais mêlés des affaires internes du pays. Il n’y a jamais eu d’ingérence de leur part.


Maintenant que les Etats-Unis ont fait main basse sur le pays, comment pensez vous que les relations avec Cuba vont évoluer ?


En 2004, quand Aristide fut chassé, les Français ont tenté de déloger les Cubains mais l’ambassadeur de Cuba est sorti de ses gonds et par crainte de chaos, les Français ont préféré se retirer. Obama va certainement tout faire pour minimiser l’aide cubaine et pousser les coopérants cubains hors du pays. Ce sera impossible puisque les Cubains et les Vénézuéliens ne sont pas nos amis ; ce sont comme nos frères. Cuba reste un élément fondamental, il est notre exemple. S’il le faut il y aura lutte au sein même de l’île pour dénoncer sérieusement l’ingérence des Américains.


Dernièrement, cette ingérence des Etats-Unis a valu aux avions de Médecins Sans Frontières d’être détournés vers la République Dominicaine…


Le détournement des avions de MSF, n’est qu’un faux problème. Les Américains comptaient sur MSF pour agir et faire le travail à Cité Soleil,… ils ont donné pignon sur rue aux ONG étrangères tandis qu’ils gèrent l’aéroport international. MSF réagit simplement pour faire bonne figure mais ces deux impérialismes sont alliés.


Pourtant nous avons pu voir des images télévisées montrer la population haïtienne remerciant les Américains de leur aide et brandissant le drapeau des Etats-Unis…


A Cité Soleil, il y a beaucoup d’ouvriers et beaucoup de journaliers ; ceux ci ont été payés par les Américains pour faire leur éloge et se pavaner avec leur drapeau.


De nombreuses ONG étaient déjà sur place avant le séisme, ce qui a permis de donner les premiers soins aux victimes, vous devez être reconnaissant envers cet élan de solidarité ?


Les ONG font souvent du bon travail sur place, mais profitent généralement de la situation. Il y a en Haïti pratiquement autant d’ONG qu’en Inde, sachant qu’Haïti est un territoire d’environ 27 750 km2 et l’Inde 3 290 000 km2 ! Haïti est une plateforme d’ONG.

Les premières ONG ayant porté secours sont les cubaines et les vénézuéliennes, les autres ont simplement appelé au secours pour faire venir l’aide. Ensuite, ce sont les aides chinoises qui sont arrivées les premières de l’extérieur. De plus, les ONG ont choisi leurs cibles. Quand une ONG vient en Haïti, elle s’installe dans les endroits stratégiques… et chauds, les ONG ne sont donc pas présentes sur toute l’étendue du territoire contrairement aux Cubains. Par ailleurs cette omniprésence entraine des rivalités entre ONG.


Vous semblez critique concernant les ONG…


Les ONG ont toujours été très présentes en Haïti au point qu’elles ont empêché
la lutte, l’élan même de transformation mentale du peuple haïtien. Pour exemple, le père Lannoo a expliqué, lors d’une interview à la télévision suisse en 1986, que la population haïtienne devait être calmée et recentrée pour éviter tous désirs de changement et tendances révolutionnaires. Les ONG ont un rôle politique, voire tampon. Kissinger, le grand stratège de la guerre du Vietnam affirme que « si les ONG avaient existé dans les années 60, il n’y aurait pas eu de guerre au Vietnam ».

Au début, au sein des ONG, il y avait des mouvements de lutte de libération, comme au Nicaragua. En Europe, dans les années 70, les progressistes luttaient contre le pouvoir mais lorsque François Mitterrand arrive au pouvoir, la donne change. Auparavant, une partie de l’argent donnée aux ONG servaient à financer les mouvements de libération. Aujourd’hui, avec les socialistes au gouvernement, ces mouvements ne sont plus aussi viables, notamment parce que ce système de partage des dons est bien connu. Maintenant, il y a des réseaux pour contrôler les ONG. Ce sont des organisations créées par des progressistes, mais le système capitaliste a réussi à détourner le problème. De fait, les ONG sont devenues une plaque tournante des informations ; elles ont d’ailleurs donné de nombreuses informations sur les installations en Irak.


Le président René Préval a lui aussi émis des critiques sur les ONG en soulignant qu’il y avait un véritable manque d’organisation de l’aide internationale.


On peut considérer que le président est pris entre deux feux, mais soyons honnêtes, il est assis sur des ONG bien structurées. En Haïti, il n’y a jamais eu de canalisation des ONG, avec le séisme et le chaos ambiant cela devient plus visible alors Préval fait de belles phrases. Mais chez nous, ce sont les ONG qui choisissent, donc ce sont des faux problèmes, les ONG sont très bien organisées, elles sont structurées en réseaux, ce sont « des balles enrobées de sucre »[5] . Elles se battent entre elles, non pas à couteaux tirés mais à coup d’articles. Les gens se rendront compte au fur et à mesure de ce que cachent les ONG. Lorsqu’elles gouvernaient le pays grâce à Pierre Louis et Soros, Préval était satisfait puisque l’argent rentrait dans les caisses de l’Etat. Ce genre de discours n’a donc aucune valeur quand on connait la réelle situation d’Haïti. Préval ne peut rien faire d’autre.


Vous sous-entendez qu’il est dépassé ?


Il savait parfaitement où il allait mais pas à cette vitesse, pas si vite… Pour l’heure il est à découvert. Remettre les clés de l’aéroport international revient à remettre les clés du pays.


Comment Haïti peut reprendre sa vie en main ?


Les impérialistes peuvent rester longtemps, mais jamais définitivement. Ils peuvent faire des dégâts comme ils l’ont fait en 1915 et en 1934 lorsqu’ils nous ont laissé l’armée d’Haïti et ce, jusqu’à ce qu’Aristide la chasse. Si le palais national est tombé comme un château de cartes c’est parce qu’il y a des souterrains menant de la police au palais en dessous. Dans ces souterrains de nombreux hommes sont morts torturés par les milices de Duvalier.

Pourquoi Aristide ne revient-il pas ?


Aristide ne peut pas revenir maintenant, il y a trop d’enjeux et il n’a plus d’hommes de main, ni de cadre et il n’est plus soutenu par les impérialistes. Il existe des groupes, clandestins ou non, qui ont de l’argent, qui rassemblent du monde et qui avancent lentement. Il s’agit de distinguer qui sont nos vrais amis et nos vrais ennemis. En Haïti, il y a aussi une lutte des classes et une différence de perception entre homme blanc et homme noir. C’est donc tout un travail de reconstruction aussi bien physique qu’idéologique qu’il faut établir en Haïti. Quoiqu’il en soit, le Canada, la France et les Etats-Unis ne sont pas nos amis et ils l’ont prouvé.


Haïti deviendra t-il la 51ème étoile du drapeau américain ?


Haïti ne sera jamais un Etat américain !


Comment voyez-vous l’avenir ?


L’avenir sera dur, vire même très dur. Les Etats-Unis ont essayé d’hisser leur drapeau sur l’aéroport de Port-au-Prince, mais Préval y a mis un terme. L’étoile américaine ne sera pas pour Haïti. Si un jour Haïti a une étoile, elle sera rouge comme celle de Cuba. Haïti luttera pour retrouver sa souveraineté, le pays est indépendant depuis le 1er janvier 1804 et il le restera. Comme le disait Henri Christophe, nous pouvons mettre le feu dans tout Haïti ; l’impérialisme américain pourra reconstruire, mais cela pourra être détruit. Sur les cendres d’Haïti nous rebâtirons notre Haïti…

 


Propos recueillis par Maud Bellon, pour Investig’Action

 


Sur le même sujet, lire également l’article de Julien Teil Les liaisons incestueuses des ONG avec les Etats et les transnationales

Notes :

[1] Accord du 22 février 2006, article 2.3 : « le gouvernement communiquera à la MINUSTAH copie de tous les accords qu’il aurait pu souscrire avant l’entrée en vigueur de l’accord du 22 février 2006, et qui seraient encore valides. Si la MINUSTAH considère qu’un de ces accords pourrait être incompatible avec son mandat ou avec la bonne exécution du plan de réforme de la Police Nationale Haïtienne, le gouvernement apportera à cet accord les aménagements que la MINUSTAH lui demandera pour éviter cette incompatibilité » et ajoute que le document accorde « à la MINUSTAH l’extension de sa toute puissance au-delà de l’actuel gouvernement de transition »

[2] Alliance Bolivarienne pour les Amériques

[3] Métaphore haïtienne pour caractériser les 3 pays impérialistes : des roches sur lesquelles on fait cuire à manger.

[4] Accord de Libre Echange Nord Américain conclu entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada

[5] Image employée par Mao
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 19:10
dominique-strauss-kahn-dsk_459.jpgMondialisation.ca
CADTM


Le 27 janvier dernier, le FMI se félicitait de sa réactivité face au désastre humanitaire en Haïti en décidant « une aide d’urgence » de 102 millions de dollars [1]. Pour le CADTM, une telle annonce est scandaleuse : ce que le FMI ose qualifier d’ « aide », en raison d’un délai de grâce de 5 ans et demi et de l’absence d’intérêts, constitue rien de moins qu’un prêt dont le capital devra être remboursé. Loin d’aider Haïti à se reconstruire, ce prêt va au contraire paupériser davantage le peuple haïtien en augmentant son endettement. Et comme si le peuple haïtien n’avait pas assez souffert, le FMI impose en contrepartie de ce prêt, inclus dans un programme d’ajustement structurel, l’application d’une série de mesures anti-sociales telles que l’augmentation du prix de l’électricité ou encore le gel des salaires dans le fonction publique ! Dans le même temps, son directeur général Dominique Strauss-Kahn appelle, sans aucune gêne, à la mise en place d’un plan Marshall pour Haïti, qui comprendrait l’annulation de sa dette.

Le CADTM dénonce cette nouvelle manœuvre du FMI visant à relégitimer son action en Haïti. Il est temps que le FMI rende des comptes aux Haïtiens en annulant immédiatement la dette, en leur restituant toutes les sommes remboursées et en versant des réparations pour tous les dommages subis.

En effet, le FMI et les autres bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale portent une responsabilité écrasante dans la violation des droits humains fondamentaux des Haïtiens. Depuis plusieurs décennies, ils ont imposé des politiques néolibérales qui ont notamment supprimé l’autosuffisance alimentaire du peuple haïtien et l’ont rendu vulnérable aux chocs externes comme l’augmentation brutale des prix agricoles sur les marchés internationaux. Ces créanciers n’ont, par ailleurs, pas hésité à soutenir la dictature des Duvalier, alliés stratégiques des puissances occidentales comme la France, qui offre même aujourd’hui sa protection à Jean-Claude Duvalier sous couvert du statut de réfugié politique. Le peuple haïtien continue, quant à lui, à payer la dette illégitime contractée par cette dictature qui a servi à sa répression !

Ce sont également les considérations géostratégiques (à la base d’une large part de l’endettement illégitime des pays du Sud) qui ont poussé le FMI et la Banque mondiale, contrôlés par les pays occidentaux, à ne plus prêter à Haïti entre 2001 et 2004. En effet, cette suppression de l’ « aide » faisait partie des plans du gouvernement américain, qui cherchait délibérément à déstabiliser, puis à renverser, le gouvernement élu d’Haïti. Comme l’a souligné Jeffrey Sachs, économiste et ancien conseiller auprès du FMI et de la Banque mondiale, « les dirigeants américains avaient parfaitement conscience du fait que l’embargo sur l’aide entraînerait une crise de la balance des paiements, une poussée de l’inflation et l’effondrement du niveau de vie, qui à leur tour viendraient alimenter la rébellion [contre le président Aristide] ».

Tous ces dommages subis par le peuple haïtien doivent aujourd’hui être réparés. Ces réparations se fondent sur la justice et non sur une quelconque générosité des pays riches. C’est pourquoi le CADTM exige un plan pour Haïti radicalement différent de celui proposé par Strauss Kahn et le FMI. Ce plan ne doit pas comprendre les annulations de dettes mais seulement des dons sans contrepartie octroyés au titre des réparations pour tous les dommages subis.

Le CADTM soutient également l’idée d’une action en justice contre le FMI, qui selon ses statuts ne peut effectuer de dons, afin de le contraindre à réparer les préjudices causés en Haïti et dans l’ensemble des pays du Sud.

A côté de ces réparations, il est indispensable : - d’annuler totalement et sans conditions la dette haïtienne, comme l’a fait le Venezuela - de rétrocéder toutes les sommes perçues au titre du remboursement de la dette car la dette initiale, dite dette de l’indépendance, n’a aucune valeur légale, et est donc nulle en droit - de restituer à la population tous les avoirs détournés par les dirigeants haïtiens et leur entourage, sur base de la Convention de l’ONU contre la corruption.

[1] Communiqué du FMI du 27 janvier 2010, « Le Conseil d'administration du FMI approuve une aide d'urgence de 102 millions de dollars EU en faveur d’Haïti »,
 www.imf.org/external/french/np/sec/pr/2010/pr1017f.htm  

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 14:21


143123-president-porfirio-lobo-felicite-nouvelLe président Porfirio Lobo félicite son nouvel ambassadeur du pays à Washington, Hugo Llorens.

Photo Reuters

Agence France-Presse
Tegucigalpa

 


Les relations «se normalisent» entre le Honduras et les États-Unis qui lui avaient retiré une grande part de leur aide économique après le coup d'État du 28 juin, a déclaré vendredi le nouveau président Portifio Lobo, élu le 29 novembre.

«Aujourd'hui, avec la visite de Monsieur l'ambassadeur, je normalise pratiquement la relation avec les États-Unis», a déclaré M. Lobo à Tegucigalpa au cours d'une conférence de presse en compagnie de l'ambassadeur des États-Unis au Honduras, Hugo Llorens.

M. Llorens a confirmé que le Honduras pouvait désormais nommer un ambassadeur à Washington, après le retrait du précédent titulaire du poste, Carlos Sosa Coello, qui avait manifesté sa fidélité au président déchu Manuel Zelaya et refusé de représenter le gouvernement de Roberto Micheletti, porté au pouvoir par le coup d'État.

L'aide économique est vitale pour le Honduras, l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine. Washington, qui maintient une base militaire près de la capitale, avait suspendu la plus grande partie de son aide après le coup d'État.

Après avoir condamné le régime de M. Micheletti, les États-Unis avaient reconnu et encouragé le processus électoral qui a abouti à l'avènement de M. Lobo.

Le nouveau président devrait également retrouver les faveurs de l'Union européenne qui avait suspendu elle aussi l'essentiel de son aide et a jugé l'élection présidentielle illégitime. L'Europe et les principaux pays qui la constituent ont été représentés à l'investiture de M. Lobo.

Il lui restera ensuite à se faire reconnaître par les pays latino-américains, les plus véhéments à avoir condamné le coup d'État.

Le directeur de l'immigration destitué

Par ailleurs, le président Porfirio Lobo, a destitué vendredi le directeur du service national de l'Immigration, dont les fonctionnaires venaient d'interdire à la consule du Brésil d'entrer dans le pays, a annoncé le ministre de l'Intérieur.

«La consule du Brésil accréditée au Honduras arrivait aujourd'hui des États-Unis et, à l'aéroport international Toncontin (de Tegucigalpa), des fonctionnaires de l'Immigration ne l'ont pas laissée entrer, elle a été pratiquement expulsée du pays», a précisé à la presse le ministre, Africo Madrid.

«Le gouvernement de la République a pris la décision, devant le traitement indigne (...) infligé à cette diplomate de la République du Brésil, de destituer le général Nelson Willy Mejia, directeur de l'Immigration», a-t-il ajouté.

La consule, Francisca Francinetti de Mello selon une porte-parole de l'Immigration contactée par l'AFP, représente le Brésil dont l'ambassade à Tegucigalpa a abrité Manuel Zelaya, le président chassé par un coup d'État le 28 juin dernier, depuis son retour clandestin en septembre et son départ pour la République Dominicaine mercredi.

M. Lobo, qui avait accordé «un sauf-conduit» à M. Zelaya, l'a accompagné lui-même à l'aéroport avec le président dominicain Leonel Fernandez, qui avait invité le chef d'État déchu dans son pays.
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 10:56
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Depuis 2005, l’armée colombienne a enterré des corps sans les identifier


Auteur : Antonio ALBIÑANA

C’est sur le territoire du petit village de La Macarena, dans la région du Meta, à 200 kilomètres au sud de Bogota, un des coins les plus chauds du conflit colombien, que vient d’être découverte la plus grande fosse commune de l’histoire récente de l’Amérique latine. Le nombre de cadavres« SN », enterrés sans être identifiés, pourrait s’élever à 2000, selon plusieurs sources d’information ainsi que celle du voisinage. Depuis 2005, l’Armée dont les forces d’élite sont déployées alentour, a entassé des centaines de cadavres, dans une fosse derrière le cimetière du village, avec l’ordre de les inhumer anonymement.

Il s’agit-là du plus grand enterrement de victimes d’un conflit qu’il nous soit donné de connaitre dans le  continent. Il faudrait remonter jusqu’à l’Holocauste nazi ou à la barbarie de Pol Pot au Cambodge, pour trouver une chose semblable.

Derrière le cimetière de la Macarena, à 200 km de Bogota, des milliers de corps anonymes ont été enterrés.

Le juriste Jairo Ramírez est le secrétaire du Comité Permanent pour la Défense des Droits Humains en Colombie, c’est lui qui a accompagné une délégation de parlementaires anglais sur place il y a quelques semaines, alors que l’on commençait à découvrir l’importance de la fosse de La Macarena. « Ce que nous avons vu était horrible », a-t-il déclaré à Público. « Une quantité incalculable de corps, et des centaines de planches en bois peintes en blanc réparties sur toute la superficie de la fosse avec inscrit dessus « SN » [Sans Nom] et des dates depuis  2005 jusqu’à aujourd’hui ».

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Photo: Fernando Ariza / EL TIEMPO
À partir de 2005, "Chucho", le fossoyeur du village, avait commencé à marquer les tombes avec des tablettes sur lesquelles il inscrivait les dates d’inhumation des cadavres et les alias des personnes mortes.

Disparus

Ramírez ajoute: « Le commandant de l’armée nous avait dit que tous étaient des guérilléros tués au combat, mais les gens de la région nous parlaient d’une multitude de leaders sociaux, de paysans et de défenseurs de communautés qui avaient disparu sans laisser de traces. »

Alors que le Procureur annonçait qu’une recherche serait lancée « à partir du mois de mars », après les élections législatives et présidentielles, une délégation parlementaire espagnole composée par Jordi Pedret (PSOE), Inés Sabanés (IU), Francesc Canet (ERC), Joan-Josep Nuet (IC-EU), Carles Campuzano (CiU), Mikel Basabe (Aralar) et Marian Suárez (Eivissa pel Canví) est arrivée hier en Colombie pour étudier le cas et en informer le Congrès et la Commission Européenne. Le travail de cette délégation se fera également en différents lieux du pays et sera aussi axé sur la situation de la femme en tant que première victime du conflit et sur celle des syndicalistes (41 d’entre eux ont été assassinés rien qu’en 2009).

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Une famille transporte en bus, les restes du corps d’un disparu
qui ont été retrouvés dans une fosse commune (AFP)

Dans le pays il y a plus de mille fosses

L’horreur de La Macarena a révélé au grand public l’existence de plus de mille fosses communes emplies de cadavres non identifiés en Colombie. À la fin de l’an passé, les médecins légistes avaient recensé quelques 2500 cadavres, dont 600 ont pu être identifiés et rendus à leur familles.

La localisation de ces cimetières clandestins a été possible grâce aux déclarations en version libre de certains sous-chefs, en principe démobilisés, du paramilitarisme, et protégés par la très controversée Loi de Justice et Paix qui leur garantit une peine symbolique en échange de l’aveu de leurs crimes.

La dernière de ces déclarations est celle de John Jairo Rentería, alias Betún, qui vient de révéler devant le procureur et les familles des victimes que lui-même et ses hommes de mains ont enterré « au moins 800 personnes » dans la propriété Villa Sandra, à Puerto Asís, dans la région de Putumayo. « Il fallait démembrer les gens. Tous ceux qui faisaient partie des Autodefensas devaient apprendre à le pratiquer et très souvent on le faisait avec les gens vivants », a avoué le chef paramilitaire au procureur de Justice et Paix.

Alfredo Molano. Sociologue et écrivain :
« Le gouvernement ne veut pas faire des recherches »

Alfredo Molano, un des éditorialistes les plus influents de Colombie, a parcouru le pays en rapportant la chronique de la violence, ce qui lui a valu l’exil forcé pour échapper aux menaces des militaires et des paramilitaires.

Quelle est la situation à propos des fosses en Colombie?

Le Procureur Général de la Nation, lui-même, parle de 25.000 « disparus », qui doivent certainement être quelque part. Il existe énormément de cimetières clandestins en Colombie. Des gens ont été rayés. C’est possible aussi qu’ils aient fait disparaître des restes, en recourant à des procédés utilisés par les nazis, comme les fours crématoires.

Est-ce que ces fosses ont un lien avec ce que l’on appelle les « faux positifs » ?

Oui, tout cela peut être lié aux “faux positifs” [des Colombiens civils assassinés et que le gouvernement présente comme « morts au combat »]. L’armée les enterrait dans la clandestinité. Une grande partie de ces personnes vont être retrouvées dans ces fosses communes.

Quelle peut être l’importance de ces fosses découvertes ?

Terrible. En Colombie, même durant les années cinquante il n’y avait pas eu autant de brutalité que celle dont font preuve ces actions des paramilitaires, mais le gouvernement ne souhaite pas d’enquête approfondie, tout au plus il laissera révéler l’existence de quelques tombes. De plus, cela demande du temps et les identifications, par tests chimiques et ADN, présentent des d’énormes difficultés techniques.

Traduction : Esteban

Révision : Michèle Maliane (Tlaxcala)

***************
Source : Público.es - Aparece en Colombia una fosa común con 2.000 cadáveres
Article original publié le 26/1/2010
Sur l’auteur
Article sur Tlaxcala
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 11:51

INVESTITURE - Sept mois après le renversement du président hondurien Manuel Zelaya, les putschistes s'amnistient et ouvrent leurs bras aux investisseurs.
La coupe jusqu'à la lie. Après quatre mois de réclusion dans l'ambassade du Brésil de Tegucigalpa, le président renversé Manuel Zelaya a quitté mercredi le Honduras pour la République dominicaine. Escorté par son successeur, l'ex-chef de l'Etat n'a même pas pu saluer ses milliers de supporters tenus à bonne distance du tarmac par la police. Quelques heures auparavant, le nouveau président hondurien, le conservateur Porfirio Lobo, avait décrété l'amnistie des putschistes et annoncé un virage à droite en matière économique. La première tâche de M. Lobo sera toutefois de normaliser les relations extérieures du Honduras, mises à mal par le coup d'Etat du 28 juin dernier. L'absence de garanties démocratiques et le boycott de la gauche avaient ensuite dissuadé l'ONU et la plupart des pays latino-américains de reconnaître les élections tenues sous régime «de facto» en novembre 2009. Marqué par l'abstention des deux tiers des électeurs, le scrutin avait toutefois reçu l'appui crucial des Etats-Unis. En signe d'allégeance, le nouveau président a promis mercredi que sa mesure économique serait d'édicter une «loi de protection et promotion des investissements étrangers». Gênés dans un premier temps, la plupart des Etats européens et centraméricains ont, eux aussi, fini par reconnaître le nouveau pouvoir. Une cinquantaine de pays – dont l'Espagne de José Luis Zapatero – ont envoyé des représentants à la cérémonie d'investiture. Pour les voisins guatémaltèques, dominicains et salvadoriens, gouvernés au centre-gauche, la seule condition posée à l'adoubement de M. Lobo aura été l'octroi d'un sauf-conduit à Manuel Zelaya.
Avec la probable reconnaissance à venir de l'Organisation des Etats américains, Porfirio Lobo n'affronte plus guère qu'un seul obstacle: un mouvement social très majoritairement hostile. Emule de Nicolas Sarkozy, il a d'ailleurs fait de l'ouverture au camp populaire une priorité stratégique. Pour l'heure, sa meilleures prise se nomme César Ham, ex-opposant au coup d'Etat et leader du petit parti Union démocratique, nommé à l'Institut agraire. A l'étranger, les gouvernements de l'Alternative bolivarienne et les ONG demeurent bien seuls dans la critique du régime hondurien. Dans un communiqué, Kerrie Howard a qualifié l'amnistie décrétée par le président Lobo d'«inacceptable». «Si les violations perpétrées durant le coup d'Etat au Honduras restent impunies, cela risque de donner le feu vert à d'autres agissements analogues», a résumé la vice-directrice continentale d'Amnesty International. L'ONG rappelle que le gouvernement issu du putsch a fait un «usage systématique et excessif de la force» contre ses opposants. Amnesty a relevé des «homicides illégaux», des tortures et mauvais traitements, «des centaines d'arrestations arbitraires» et d'«au moins dix tués». Un bilan malheureusement bien en dessous de la réalité, selon les deux principales ONG honduriennes de défense des droits humains.
BENITO PEREZ

Source Le Courrier

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 11:41

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20 janvier, Madrid. Le journal-phare de la droite espagnole ABC publie l’article « l’arme secrète pour provoquer les tremblements de terre », écrit par la « journaliste » Noelia Sastre qui déclare sans sourciller : «  le gouvernement anti-américain du Venezuela, dans sa paranoïa habituelle contre l’empire yankee, assure que « le séisme en Haïti est la conséquence d’un essai militaire de la marine américaine » et souligne que « c’est un tremblement de terre expérimental des États-Unis qui a dévasté Haïti ». Aussitôt repris, le même jour, Russia Today, victime d’une distorsion temporelle sévère, appose le même mensonge, en voix off sur des images de Chavez datant du 30 décembre dernier qui traitaient .... du bilan de la politique énergétique pour 2009.

 

Pas de doute possible : un nouveau virus de propagande se répand à grande vitesse dans tous les médias internationaux (1). En France, on le retrouve partout : Le Monde, le Journal du Dimanche, le Post, le bolchévisant Bellaciao (2) et mêmes les sites d’extrême droite qui s’en délectent : Chavez a enfin décidé de valider les thèses conspirationnistes de Meyssan (réseau Voltaire).

Sauf qu’après vérification attentive, Hugo Chavez n’a fait AUCUNE déclaration ou allusion sur une quelconque responsabilité américaine dans le déclenchement du séisme. En réalité, cette hypothèse fumeuse (diffusée en espagnol par un mystérieux "Patria Grande") s’est glissée dans le flot quotidien des milliers d’articles produits par des sites du monde entier, atterrissant aussi sur quelques sites de soutien au processus vénézuelien. C’est ici qu’entre en scène le Parti de la Presse et de l’Argent ( PPA, ainsi nommé par le journal le Plan B). La manipulation est particulièrement grossière : si un site qui appuie la révolution vénézuélienne donne à lire cet article, c’est forcément qu’il l’a rédigé ... ce qui « prouve » donc que c’est Chavez qui l’a dit ! C’est un peu comme si on attribuait à Sarkozy un article de Russia Today ou d’ABC dont le Figaro ou TF1 se seraient faits l’écho.

Les médias finissent par prendre pour vérité leurs mensonges répétés depuis dix ans.

Dès 2000, l ’on pouvait lire que "La liberté d’expression s’amoindrit, Chavez accapare les médias". En 2010, l’écart n’a jamais été aussi grand entre le Venezuela et son image dans le miroir déformant du PPA. Car dans le Venezuela réel, non seulement la vision de n’importe quel kiosque à journaux ou l’écoute des radios indiquent le contraire, à savoir une presse libre comme le prouve ce 27 janvier la grande majorité de manchettes et de programmes critiquant le gouvernement. Mais surtout, 80% de cette grande presse (journaux, radio, télé) reste aux mains du privé, et donc de l’opposition ! (3) Il y a deux semaines, l’on pouvait ainsi entendre dans un de ces médias soi-disant « fermé par Chavez » en 2007, un leader de l’opposition, président du patronat local, déclarer que « la solution au Venezuela est militaire » (voir : « El Pais » bâillonne Chavez »).

L’émergence de médias alternatifs.

Les médias internationaux ont volontairement occulté le fait que le gouvernement bolivarien est depuis 1998 le pionnier de la démocratisation des ondes radio et TV, qui commence tout juste à émerger ailleurs, en Uruguay, Bolivie, Équateur, Argentine, ... et dont ferait bien de s’inspirer la « gauche » européenne. Les médias alternatifs, jadis clandestins et réprimés disposent désormais d’un cadre légal et de la possibilité d’émettre. Existent aujourd’hui plus de 500 médias communautaires, qui loin d’être des « courroies de transmission du chavisme » se montrent au contraire critiques envers le processus et totalement libres d’expression, beaucoup plus que les médias privés où une structure médiévale perdure : la hiérarchie ordonne et le « journaliste » exécute. Il est évident qu’une vraie révolution n’est possible que par la critique interne, et l’analyse des erreurs commises. Le premier à demander la critique et l’autocritique est d’ailleurs ... Chavez lui-même. La liberté d’information doit dans une véritable démocratie signifier le droit pour toute la population d’informer, et non celui d’une oligarchie d’experts et de prétendus « journalistes ».

Hallucination collective et rideau de fumée.

En ce qui concerne Chavez et Haïti, l’hallucination collective offre un double avantage. Elle permet de discréditer un peu plus le « dictateur fantasque » devenu « fou paranoïaque ». Mais elle jette surtout un épais rideau de fumée sur l’invasion d’Haïti par l’armée américaine, avec déploiement de 20 000 soldats et prise de contrôle des points stratégiques de l’île.

Tout cela dans le cadre d’une contre-offensive visant à reprendre le contrôle de l’Amérique Latine : bases militaires en Colombie et Panama, coup d’État au Honduras... Il faut également y ajouter quelques antécédents « fâcheux » pour Haïti : invasions de la France et des Etats Unis au XIXe siècle après « l’indépendance » du pays, soutien étasunien à la dictature des Duvalier, marquées par des massacres de population et pillage des richesses, mais restés aux bons offices de la France qui a accueilli le dictateur en exil. Sans oublier les deux putschs anti-Aristide soutenus par les Etats-Unis en 1991 et 2004, et depuis lors l’installation de forces militaires d’occupations sous l’égide de l’ONU, privatisant l’économie pour la remettre enfin aux multinationales. (4)

Cachez ces médecins vénézuéliens et cubains que le PPA ne saurait voir. Rideau également sur le fait que les premiers secours apportés à Haiti sont venus du Venezuela, avec une équipe d’urgence dès le lendemain du séisme, et l’arrivée de 1200 tonnes de nourriture le surlendemain. L’initiative majeure revient néanmoins à Cuba, qui aide le pays depuis des années en envoyant régulièrement des médecins volontaires sur place, dont l’action a été saluée par le gouvernement haïtien et Bill Clinton.

La pandémie est grave. Un vaccin expérimental dénommé « révolution bolivarienne » a provoqué une réaction très négative de la part du Parti de la Presse et de l’Argent. Encouragés, nos chercheurs travaillent désormais à la réalisation de traitements définitifs aux noms provisoires de : « démocratisation du latifundio radioélectrique » ou « appropriation populaire de l’information ». D’ici là, seules des injections répétées de « critique des médias » et les vitamines de « remise en cause du discours dominant » pourront permettre à l’information journalistique de survivre ... provisoirement. (5)

Pour le Comité Anastasie pour la Protection de l’Information Juste et Equilibrée (CAPIJE)

Grégoire Souchay pour le grand soir

http://escapades-bolivariennes.blog...

Notes :

1- Pour les contaminés hispaniques : « ¿Dijo realmente Hugo Chávez que Estados Unidos causó el terremoto de Haití ? Parece que no » et : "Chávez se suma a la teoría conspiranoica del HAARP" Et pour les anglophones, un remède vite ingéré : http://theantipress.blogspot.com/

2- Le Monde : haiti et ses amis venezuelien et cubain Le JDD : Les divagations de Chavez Le Post : Selon Hugo Chavez l’US Navy aurait provoqué le séisme en Haïti en testant une arme sismique Bellaciao : Hugo Chavez aurait dit que le tremblement de terre en Haïti aurait été provoqué par une nouvelle arme US

3- Pour savoir ce qu’écrira demain le Parti de la Presse et de l’Argent en France parcourez la liste - non exhaustive - des médias d’opposition au Venezuela.
 Globovision, ou la presse écrite : Tal Cual , El Nacional, , El Universal, et le circuit de radios privées : http://www.unionradio.net/Actualidad/ La liste complète des 171 médias de toute sorte existant au Venezuela est disponible sur : http://www.800guia.com/pagina_medio.... Il faut y ajouter 500 médias communautaires, journaux, radios et TV, qui ont une aire de diffusion locale. Sur - RCTV, soi-disant “fermée par Chavez en 2007” , et qui vient de réclamer, par la voix du président du MEDEF local, une "solution militaire", voir http://www.acrimed.org/article2639.html. Et aussi "Des médias qui rêvent d’un putsch"

4- Etant Dupain & Maxime Vivas : la dette extérieure d’Haïti, une hypocrisie française & Laurent Fabius a égaré son dictateur

5- On ne saurait que trop conseiller les traitements déjà disponibles sur la dévaluation et l’inflation : « Jean Pierre Langellier procède à une nouvelle dévaluation du journalisme » : ou sur les manifestations pour et contre le régime : « Ceci n’est pas un soutien populaire » Sans oublier les vitamines apportées par le journal Le Plan B et le collectif Action Critique médias (ACRIMED)

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 14:58

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Le 27 janvier s’est terminé officiellement le mandat de M. Manuel Zelaya à la présidence de la République du Honduras. Elu en novembre 2005, celui-ci a été renversé le 28 juin 2009 par un coup d’Etat, expulsé manu militari et, depuis le 21 septembre, il vivait reclus dans l’ambassade du Brésil, à Tegucigalpa, après être rentré clandestinement dans son pays.

Elu le 29 novembre, au cours d’un scrutin illégitime organisé par un gouvernement illégitime — celui du putschiste Roberto Micheletti —, le conservateur Porfirio Lobo a pris ses fonctions. Rarement, aussi peu de chefs d’Etat auront assisté à une cérémonie d’investiture présidentielle : le Panaméen Ricardo Martinelli et le Taïwanais Ma Ying-jeou. Le Pérou, le Japon et Malte ont envoyé une délégation. La Colombie et les Etats-Unis étaient néanmoins représentés à haut niveau par, respectivement, le vice-président Francisco Santos et l’adjoint pour l’Amérique latine de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, M. Arturo Valenzuela.

Egalement présent, le chef d’Etat dominicain Leonel Fernández l’était surtout pour ramener dans son avion M. Zelaya qui, bénéficiant d’un sauf-conduit accordé par M. Lobo, s’est envolé pour la République dominicaine.

Avant sa prise de possession, M. Lobo avait déjà reçu l’aval de Washington, qui ne devrait pas tarder à rétablir son aide économique — coupée après le golpe —, vitale pour l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine. Il pourra également compter sur l’appui du Mexique et de ses voisins centraméricains, à l’exception du Nicaragua, membre de l’Alliance bolivarienne pour les peuples des Amériques (ALBA), le bloc régional anti-impérialiste formé autour du Venezuela de M. Hugo Chávez.

Dès son entrée en fonction, M. Lobo a signé le décret approuvé le 25 janvier par le Congrès hondurien — largement dominé par la droite putschiste — et accordant l’amnistie à tous les acteurs politiques du coup d’Etat. Dans le même temps, déclarant qu’ils avaient agi pour « préserver la démocratie », le président de la Cour suprême, M. Jorge Rivera, prononçait un « non-lieu définitif » pour les six chefs de l’armée qui ont arrêté et envoyé en exil le président Zelaya, le 28 juin. Dès le 14 janvier, le président de facto Micheletti se voyait intronisé « député à vie » par le Congrès — un statut non prévu par la constitution du Honduras —, lui assurant ainsi une immunité à perpétuité. Deux jours auparavant, ce même Congrès avait entériné la sortie du pays de l’ALBA.

La boucle se trouve ainsi bouclée et le coup d’Etat « blanchi ». Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si…

Lors de son départ pour Santo Domingo, à l’aéroport Toncontín de Tegucigalpa, M. Zelaya a été ovationné par une manifestation populaire massive qu’avaient organisée ses sympathisants. Dans un communiqué, le Front national de résistance populaire (FNRP) a réitéré sa décision de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement, le considérant comme « la continuation de la dictature imposée par l’oligarchie ».

Maurice Lemoine

Source : le Monde diplomatique

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:59
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