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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 00:58

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Combien de temps encore Tanja Nijmeijer, la "Holandesa", trompera-t-elle la grande faucheuse ?

 

Loic RAMIREZ

« Hans m’a demandé quel titre je pensais donner au livre que j’écrivais sur Tanja.
- Provisoirement je l’ai baptisé “Les sept vies de Tanja Nijmeijer “- lui ai-je répondu.
- J’aime ce titre - a-t-il dit - Depuis toute petite elle a su sortir indemne de situations dangereuses » (1)


Voilà ce que le journaliste colombien Jorge Enrique Botero a répondu au père de Tanja alias Alexandra, la jeune combattante des FARC de nationalité hollandaise. Depuis mai 2011 on peut trouver en librairie le résultat d’un travail d’investigation du journaliste autour de cette femme devenu malgré elle une icône de la lutte révolutionnaire en Colombie.



Son ouvrage, intitulé “La vida no es facil papi, la holandesa de las FARC”, retrace le parcours de Tanja Nijmeijer, de son arrivée dans le pays andin comme simple enseignante jusqu’à son adhésion complète au combat du groupe insurgé le plus vieux du continent. Le livre est avant tout la retranscription par l’écrit d’un travail qui a débouché sur un reportage vidéo autour d’Alexandra pour la télévision colombienne. Il aura fallu trois années d’attente et de demandes répétées pour que le commandant Jorge Briceño, alias Mono Jojoy, accepte la demande de l’auteur et que celui-ci puisse se rendre dans la jungle et s’entretenir avec la jeune femme. Un but atteint quelques semaines avant que l’aviation colombienne bombarde le campement et tue le chef guérillero en septembre 2010.


Qui donc est Tanja Nijmeijer ? Animée par une envie de savoir « comment était le monde au delà de l’Europe » (2) la jeune étudiante décide de partir en Colombie en 2001 afin de réaliser un stage comme enseignante d’anglais dans une école de la ville de Pereira. Là, elle se heurte à la réalité d’un pays en guerre contre une guérilla dont les motivations lui paraissent encore obscures. Elle se lie alors d’amitié avec un professeur de mathématique avec lequel elle s’initie à l’histoire latino-américaine et aux réalités socio-économiques de la Colombie, sa pauvreté et ses écarts. Elle entame alors une thèse sur les FARC qu’elle continuera lors de son retour en Hollande et commence alors à militer pour informer ses compatriotes sur la réalité politique colombienne et sur l’ingérence impérialiste nord-américaine dans le pays. C’est lors de son retour en Colombie en 2002 que Tanja franchit alors le Rubicon.


« Pourquoi êtes vous revenu ? - Je veux voir le processus révolutionnaire dans ce pays et comment les choses vont changer - Maintenant nous pouvons parler, si tu veux travailler je vais te mettre en contact avec un guérillero » (3). C’est ainsi que l’a accueilli celui qui s’avérait être bien plus qu’un enseignant de mathématique, mais également un milicien des FARC. La jeune femme intègre alors le réseau urbain de la guérilla et entame une double vie, semi-clandestine. Tanja Nijmeijer devient alors “Alexandra”. Elle s’initie aux premières actions en posant des explosifs en guise de représailles dans les entreprises qui refusent de payer l’impôt révolutionnaire de la guérilla. Son dévouement franchit les barrières de la capitale et son nom commence à circuler au sein des campements guérilleros situés dans les régions et collines alentours. Au début de l’année 2003, une infiltration des services d’intelligence colombiens porte un coup mortel au réseau urbain où se trouve Alexandra ; la plupart de ses camarades sont arrêtés peu avant l’exécution d’une opération dans la capitale. Isolée, la jeune hollandaise n’a d’autre solution que d’être évacuée par l’organisation et quitte Bogota pour San Vicente del Caguan (dans le Sud du pays). Là, elle amorce son entrainement physique et sa formation idéologique qui vont faire d’elle l’une des « meilleures incorporations » qu’a faite la guérilla ces dernières années. « Disciplinée comme peu, elle n’aime pas les médisances, elle est studieuse et solidaire » (4) dit un des ses chefs.


Jorge Enrique Botero rencontre pour la première fois la jeune combattante lors d’une visite au campement insurgé dans lequel elle se trouve. Lorsqu’elle le salue, l’accent trahit une provenance étrangère, « elle est Hollandaise, d’Hollande » l’informe l’un des guérilleros. Depuis, le journaliste n’a eu de cesse de la rechercher et de tenter de découvrir qui était cette jeune femme « au teint très blanc et aux cheveux châtains clairs » (5). A cela s’ajoute une notoriété involontaire lors de la découverte et la publication de son journal intime par l’armée colombienne. L’utilisation de sa propre famille afin de tenter de lui faire abandonner les rangs du groupe armé a complété une mise en avant médiatique et fait de Tanja cette “Holandesa de las FARC” connue du grand public (6).


Outre sa propre expérience, l’ouvrage nous révèle le quotidien de la guérilla. Il en ressort une organisation armée disciplinée, aux motivations politiques encore bien intactes malgré les qualificatifs voulant la réduire à un groupe “narco-terroriste” ou quasiment à une bande de criminels. « Lorsque vous arrivez dans le monde de la guérilla, ce qui vous frappe, c’est cette idéologisation qui habite ces territoires (...) la chose atteint un tel extrême qu’une fois, j’arrive et je demande l’heure à un groupe de garçons qui se trouvait là. Et l’un d’eux, très sérieusement, sans se moquer de moi, me dit “c’est l’heure de la révolution, du triomphe, c’est l’heure des peuples” (...) les guérilleros reçoivent quotidiennement de grandes doses d’éducation politique » témoigne Botero (7).


Militairement le groupe insurgé évolue et apprend au contact de son ennemi. La traque acharnée du gouvernement de Bogota à l’encontre d’Alfonso Cano n’a pour le moment pas réussi à aboutir sur la capture ou la mort du premier dirigeant. Celui-ci s’est exprimé publiquement lors d’une vidéo émise lors de la rencontre nationale pour la paix organisé par les masses paysannes à Barrancabermeja (Magdalena Medio) le dimanche 14 août 2011 (8). Cano y aborde la disposition des FARC à entamer une série de négociations afin de déboucher sur une solution politique du conflit. « Un acte de désespoir » de la guérilla ont déclaré certains, convaincus que celle-ci tente de se rapprocher du président Santos afin d’obtenir une trêve (9). Il est indéniable que le groupe insurgé a subi, depuis la présidence d’Alvaro Uribe, d’importants revers et que celui-ci a su les repousser hors des grands centres urbains. Mais les FARC sont loin d’être anéanties. Incapables, dans l’état actuel des choses, de prendre le pouvoir par les armes, tout comme quasiment impossible d’être vaincues militairement par Bogota à court terme, les insurgés savent que le conflit ne peut être résolu qu’autour d’une table de négociation (10). Selon Leon Valencia, membre de la Corporation Nuevo Arco Iris (observatoire du conflit) les cercles militaristes et le président Santos sont arrivés aux mêmes conclusions (11) ; encore faut-il que ces derniers acceptent de discuter avec les dirigeants de la guérilla sans pour autant exiger pour condition première que ceux-ci reconnaissent leur défaite militaire. Ce qu’ils ne feront pas.


En attendant les FARC restent actifs, et possèdent suffisamment de moyens et de ressources pour survivre encore longtemps.


Quant à Tanja, « elle est vivante » affirme le journaliste Jorge Enrique Botero, « des sources sûres me l’ont confirmé » (12). Elle se trouve donc certainement là bas, quelque part dans les montagnes colombiennes, ayant échappé une nouvelle fois à une mort certaine. Combien de temps encore saura-t-elle faire un pied de nez à la grande faucheuse ?

« Pourrait-on dire que ce qui résume Tanja c’est vaincre ou mourir ?
- Définitivement, je mourrai ici dans cette jungle ou on me verra a Bogota en première ligne » (13).

Loïc Ramirez

(1) “La vida no es facil, papi” la holandesa de las FARC, J.E.Botero, Ediciones B, mayo 2011, p.172

(2) Ibid, p.43

(3) Ibid, p.47

(4) Ibid, p.83

(5) Ibid

(6) Voir les articles à ce sujet sur http://www.legrandsoir.info/Colombie-le-defi-des-FARC.html

(7) http://www.youtube.com/watch?v=CXR0Lf59B6o

(8) http://www.youtube.com/watch?v=Lf8QBk160XQ

(9) http://www.vanguardia.com/actualidad/colombia/117322-alfonso...

(10) Voir l’interview de Mono Jojoy par J.E.Botero sur http://www.youtube.com/watch?v=32k6XzNw71w&feature=relat...

(11) http://www.elnuevoherald.com/2011/08/24/1010002/activistas-c...

(12) http://www.youtube.com/watch?v=CXR0Lf59B6o

(13) “La vida no es facil, papi” la holandesa de las FARC, J.E.Botero, Ediciones B, mayo 2011, p.128

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 00:41

El-caos-capitalista-no-se-tapa-con-un-Pinera.jpgAu Chili il n'y a pas de grève générale ni de protestations, tout va bien, les étudiants sont heureux, la privatisation est bonne, le capitalisme est ce qu'il y a de meilleur.

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Des centaines de milliers de personnes dans les rues des grandes villes du pays (1), et ce depuis plusieurs mois ; le maire de Santiago qui suggère de faire appel à l’armée pour éviter que la commémoration du 11 septembre 1973 (date du coup d’Etat contre le président Salvador Allende) ne fasse l’objet de débordements : le Chili vit une période inédite.


Jamais, depuis la fin de la dictature en 1990, le pays n’avait connu d’aussi importantes mobilisations. Jamais, depuis 1956, un gouvernement démocratique n’avait fait face à une telle contestation populaire. A l’origine de ce mouvement, les étudiants ont placé le gouvernement de M. Sebastián Piñera (droite) dans une position délicate : sa cote de popularité – 26 % – fait d’ores et déjà de lui le président le moins populaire depuis le retour à la démocratie.


Cette longue bande de terre qui longe l’océan Pacifique était pourtant le dernier pays de la région où l’on attendait une telle effervescence. Le « jaguar » latino-américain, « modèle typiquement libéral » (2), ne faisait-il pas l’admiration des éditorialistes en vue ? La stabilité politique y était assurée, expliquaient-ils, puisque « la réalité y avait fini par éroder les mythes et les utopies de la gauche, la plaçant (…) sur le terrain de la réalité, douchant ses fureurs passées et la rendant raisonnable et végétarienne [sic] (3) ». Le 28 avril 2011, pourtant, les étudiants chiliens montraient les dents. Et pas les molaires.


Ce jour-là, les étudiants des établissements publics et privés dénoncent le niveau d’endettement qu’implique l’accès à l’éducation supérieure. Dans un pays où le salaire minimum s’établit à 182 000 pesos (moins de 300 euros) et le salaire moyen à 512 000 pesos (moins de 800 euros), les jeunes déboursent entre 170 000 et 400 000 pesos (entre 250 et 600 euros) par mois pour suivre un cursus universitaire. En conséquence, 70 % des étudiants s’endettent, et 65 % des plus pauvres interrompent leurs études pour des raisons financières (4).


Réunissant huit mille personnes, cette première manifestation ne semble pas, a priori, promise à un quelconque avenir. Elle vient néanmoins gonfler un peu plus le fleuve de la protestation sociale, déjà nourri par diverses mobilisations à travers le pays : en faveur d’une meilleure redistribution des profits liés à l’extraction du cuivre à Calama, du maintien du prix du gaz à Magallanes, de l’indemnisation des victimes du tremblement de terre de janvier 2010 sur la côte, du respect des Indiens Mapuches dans le sud (5), ou encore de la diversité sexuelle à Santiago. Au mois de mai, le projet HidroAysén avait lui aussi participé à unir un peu plus les Chiliens – contre lui.


Piloté par la multinationale italienne Endesa-Enel, associée au groupe chilien Colbún, et soutenu par le gouvernement, les partis de droite et certains dirigeants de la Concertación (6) (centre-gauche), ce projet de construction de cinq immenses barrages en Patagonie avait été approuvé sans la moindre consultation citoyenne. Devant l’ampleur de la mobilisation (plus de trente mille personnes à travers le pays), le gouvernement se trouve dans une situation compliquée.


En juin, la mobilisation étudiante atteint sa vitesse de croisière : le 16 se produit la première manifestation de deux cent mille personnes – la plus grande depuis la période de la dictature. Organisant des grèves massives et bloquant des lycées, les manifestants dénoncent la « marchandisation de l’éducation » et exigent « un enseignement gratuit et de qualité » : une revendication qui remet en cause les fondations mêmes du « modèle chilien », hérité de la dictature (lire dans cette page « Un héritage encombrant »). Dans les rues, les étudiants ne s’y trompent pas, qui scandent « Elle va tomber, elle va tomber, l’éducation de Pinochet ! », en référence aux slogans entendus lors des manifestations contre la dictature, il y a plus de vingt ans (« Elle va tomber, elle va tomber la dictature de Pinochet ! »).


Car si le Chili de Pinochet a constitué un « laboratoire » pour les politiques néolibérales, c’est aussi dans le domaine de l’éducation. Le rêve que l’économiste monétariste Milton Friedman formulait en 1984, les généraux y avaient travaillé dès leur prise du pouvoir.


Rares en 1973, les écoles privées accueillent désormais 60 % des élèves dans le primaire et le secondaire. Moins de 25 % du système éducatif est financé par l’Etat, les budgets des établissements dépendent, en moyenne, à 75 % des frais d’inscriptions. D’ailleurs, l’Etat chilien ne consacre que 4,4 % du produit intérieur brut (PIB) à l’enseignement, bien moins que les 7 % recommandés par l’Unesco. Dans le domaine de l’université – cas unique en Amérique latine –, il n’existe dans le pays aucun établissement public gratuit. Selon le sociologue Mario Garcés, les réformes Pinochet – maintenues et approfondies par les différents gouvernements depuis la chute de la dictature – ont perverti la mission du système éducatif : il visait à l’origine à favoriser la mobilité sociale ; il assure désormais la reproduction des inégalités (7).


Mais – interrogent les étudiants, auxquels n’ont pas échappé les discours satisfaits sur le « développement » de l’économie chilienne (qui lui a ouvert les portes de l’OCDE en décembre 2009) – si l’éducation était gratuite il y a quarante ans, alors que le pays était pauvre, pourquoi devrait-elle être payante aujourd’hui, alors qu’il est devenu (plus) riche ? Une question qui suffit à faire basculer tout une logique cul par-dessus tête, et dont la portée dépasse évidemment le domaine de l’éducation. Comme les revendications étudiantes : tenue d’une Assemblée constituante pour promouvoir une véritable démocratie, la renationalisation du cuivre (8) ou encore la réforme fiscale ; il s’agit, au bout du compte, « d’en finir avec l’ère Pinochet ». Suspicieux face à des dirigeants politiques qui ne leur inspirent plus confiance, les manifestants exigent que l’avenir du système éducatif soit soumis à un référendum (pourtant interdit par la Constitution).


Dénoncer les partis politiques ne signifie pas nécessairement promouvoir une forme d’apolitisme béat. Les étudiants ont occupé les sièges de la chaîne de télévision (Chilevisión), de l’Union démocrate indépendante (UDI – le parti issu du pinochétisme) ainsi que celui du Parti socialiste, identifiés comme trois symboles du pouvoir. Les discours apologétiques d’une gauche institutionnelle qui se dit volontiers coupable d’avoir « trop demandé » – déclenchant ainsi la colère, inévitable, des possédants en 1973 – ou ceux visant à promouvoir le retrait de l’Etat, ne semblent pas avoir prise sur une génération qui n’a pas connu le putsch. Les manifestants n’hésitent pas, d’ailleurs, à réhabiliter la figure de l’ancien président, Salvador Allende : ses discours sur l’éducation, prononcés il y a plus de quarante ans, ont récemment battu des records de consultation sur Internet ; son effigie apparaît de nouveau dans les manifestations, où des pancartes proclament que « les rêves d’Allende sont à portée de main ».


Cette clarté politique n’a pas affaibli le mouvement étudiant – bien au contraire. Ils ont reçu le soutien des universitaires, des enseignants du secondaire, des associations de parents d’élèves, de différentes organisations non gouvernementales (ONG), réunies autour de l’Association chilienne des ONG, Accion (9), et de syndicats importants (professeurs, fonctionnaires, personnels de santé, etc). Bien souvent, la solidarité s’organise pour soutenir les manifestants occupant un établissement, sous la forme de paniers de nourriture que l’on apporte aux « bloqueurs », par exemple. Selon les sondages, pourtant commandités par des médias tous proches du pouvoir, les étudiants jouissent du soutien de 70 % à 80 % de la population.


Alors, pourquoi maintenant ? Certes, le Chili a déjà connu des mobilisations étudiantes, notamment la « révolution des pingouins » (10), en 2006, sous la présidence de Mme Michelle Bachelet (centre-gauche). Toutefois, jamais les manifestations n’attirèrent autant de monde : pendant deux décennies, les gouvernements de centre-gauche de la Concertación parvinrent à administrer l’héritage de la dictature tout en réduisant la pauvreté. Mais en accentuant les inégalités : à l’heure actuelle, le Chili figure au nombre des quinze pays les plus inégaux de la planète (11). Peu à peu, les espoirs de transformation liés à la chute de la dictature ont été douchés, cependant que s’accumulaient les dettes des étudiants.


L’injustice du système est peut-être apparue sous un jour plus cru avec l’arrivée au pouvoir de M. Piñera, lequel s’est vite donné pour mission de renforcer – encore – les logiques de marché au sein du système éducatif. Les conflits d’intérêts au sein du cabinet ont par ailleurs mis en évidence certaines dérives : le ministre de l’éducation de M. Piñera, M. Joaquín Lavín, était également fondateur et actionnaire de l’Université du développement, un établissement privé (12).


La réponse du gouvernement, pour l’heure, consiste à tenter de criminaliser les manifestants. La presse ne manque pas de souligner les exactions de fractions violentes, parfois infiltrées par des policiers en civil (comme l’ont démontré de nombreuses vidéos et photographies (13)). Le 4 août, estimant qu’il y a « une limite à tout », M. Piñera faisait interdire une manifestation sur l’avenue Alameda (choisie par les étudiants parce qu’évoquée par Allende dans son ultime discours) : la répression y fut systématique, avec plus de 870 interpellations. Mais la violence policière n’a fait qu’accroître le soutien populaire aux manifestants. Le soir même, les cacerolazos (manifestations au cours desquelles chacun maltraite une casserole) retentissaient à travers le pays : l’intransigeance gouvernementale avait transformé le défilé en « protestation nationale », terme utilisé pour décrire… les rassemblements en faveur de la démocratie à l’époque de la dictature.


Les étudiants demeurent mobilisés. Avec l’ensemble de leurs soutiens – qui ne ne se cantonnent plus aux classes moyennes –, ils se joindront à une grève générale les 24 et 25 août, dans l’espoir d’élargir la brèche ouverte.

 

Un héritage encombrant

Constitution
La Constitution en vigueur date de 1980 : elle fut approuvée (grâce à la fraude) sous la dictature. Antidémocratique, elle assure presque mécaniquement la moitié des sièges du Sénat et de la Chambre des députés à la droite chilienne, pourtant minoritaire.

Education
En 1981, Augusto Pinochet réforme le système universitaire et élimine l’éducation supérieure gratuite. Le 10 mars 1990, la veille de son départ, il promulgue la Loi organique constitutionnelle de l’enseignement (LOCE), qui réduit encore le rôle de l’Etat dans l’éducation et délègue de nouvelles prérogatives au secteur privé.

Protection sociale
En 1980, la dictature privatise le système de retraites (Décrets 3.500 et 3.501 proposés par le frère de M. Piñera, José). En 1981 sont créés les Isapres, systèmes de santé privés. Ils ne seront pas renationalisés lors du retour à la démocratie.

Médias
Le jour du coup d’Etat, la junte publie le bando 15 (arrêt n° 15) qui interdit tous les journaux sauf El Mercurio et La Tercera, à l’origine des deux groupes de presse qui contrôlent le secteur des médias chiliens aujourd’hui.

Victor de La Fuente

Directeur de l’édition chilienne du Monde diplomatique.

(1) Plus de deux cents mille personnes les 16 et 30 juin, le 14 juillet puis, à nouveau les 9 et 18 août).

(2) El regreso del idiota, Alvaro Vargas Llosa, Plinio Apuleyo Mendoza, Carlos Albero Montaner, préface de Mario Vargas Llosa, Random House S.A., Mexico, 2007.

(3) Ibid. Lire également Franck Gaudichaud, « Au Chili, les vieilles lunes de la nouvelle droite », Le Monde diplomatique, mai 2011.

(4) « Estudio sobre las causas de la deserción universitaria », Centro de Microdatos, Département d’Economie, Université du Chili.

(5) Lire Alain Devalpo, « Mapuches, les Chiliens dont on ne parle pas », La valise diplomatique, 15 septembre 2010.

(6) La Concertation pour la démocratie est une alliance de centre gauche, aujourd’hui composée de quatre partis (Parti socialiste [PS], Parti pour la démocratie [PPD], Parti démocrate-chrétien [PDC] et Parti radical social-démocrate [PRSD]) qui a gouverné pendant vingt ans, à la chute de la dictature.

(7) Mario Garcés Durán, directeur de l’organisation non gouvernementale (ONG) Education et communication (ECO). Entretien avec la BBC Monde.

(8) L’entreprise d’Etat d’extraction du cuivre Codelco n’a jamais été privatisée, mais la dictature a ouvert de nouvelles concessions au profit de multinationales. La Concertación a suivi la même politique. A l’heure actuelle, 70 % du cuivre chilien est exploité par des entreprises étrangères. Voir le site du Comité de défense et de réappropriation du cuivre.

(10) Image due à la couleur des uniformes blancs et noirs des élèves des collèges publics.

(11) Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ; « Rapport régional sur le développement humain pour l’Amérique latine et les Caraïbes » (pdf).

(12) Le ministre de l’éducation Joaquín Lavín a été remercié en plein conflit, le 18 juillet. M. Piñera l’a maintenu au sein de son cabinet. Le nouveau ministre de l’éducation se nome Felipe Bulnes.

(13) Voir par exemple « Carabineros infiltrados en protestas » sur le site de la chaîne Chilevision.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 13:38

 

 

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Et dans une intervention hier, relayée par radiomundial, il informe de l'attaque de l'ambassade du Vénézuela en Libye par des groupes procoloniaux et a exigé que l'on respecte la vie et l'intégrité du personnel vénézuélien ainsi que le respect du territoire Vénézuelien

 

Hugo Chavez a ajouté que l'acte des groupes armés à Tripoli est assimilé à ce que la droite extrême vénézuélienne a fait - durant le coup d'État de 2002-avec l'ambassade de  Cuba au Venezuela .

 

Lire en complément :

 

Table ronde d’information sur les graves événements survenus au Venezuela, tenue dans les studios de la télévision cubaine le 12 avril 2002.

 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 16:37

 

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Piedad Cordoba dit qu’initialement son séjour hors du pays,

recommandé par des amis et des proches ne doit être que de quelques jours.

 

Oriana Flores

 

Vendredi 19 Aout

 

L'ex sénatrice Piedad Cordoba a quitté la Colombie ces dernières heures  en raison de menaces de mort, ont confirmé ce jeudi des sources liées à la pacifiste et militante pour les droits de l'homme.

 

Le représentant à la Chambre du parti d'opposition Pôle Démocratique Alternatif, Iván Cepeda, a assuré que Cordoba l'avais mis au courant par téléphone cette nuit qu'elle quittait le pays, parce-que les menaces s'étaient intensifiées et qu'un attentat contre sa vie était imminent. Cepeda, lui aussi menacé de mort, a fait remarquer que l'ex parlementaire quittait le pays au milieu de la contoverse affrontée par le président Uribe, en examen pour sa possible responsabilité dans le scandale de l'espionnage illégal.

 

De son côté, l'avocat de Cordoba, Luis Guillermo Pérez, a soutenu dans les médias locaux que bien que les intimidations à l'égard de sa cliente aient été constantes, il y a des informations selon lesquelles il se préparait un attentat pour la tuer.

 

A ce sujet, il confirme que ce sont des sources officielles qui ont averti la leader du groupe de la société civile "Colombiens et Colombiennes pour la Paix" du plan pour l'assassiner ourdi par des groupes d'extrême droite.

 

(...) Cependant, l'avocat de Cordoba assure que cet exil forcé sera temporaire et qu'elle continuera à travailler à la recherche d'alternatives de négociation qui puissent mettre fin au conflit [interne à la Colombie].

 

(...) Cordoba a assuré qu'elle poursuivrait ce qui est en suspens, à savoir une réponse des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et de l'Armée de Libération Nationale (ELN) à ses propositions de paix.

 

http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?499148

 

http://www.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&task=view&id=316200&Itemid=2

 

 

Traduction : Alma

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 09:05

En résidence au Fourneau, la compagnie chilienne de théâtre de rue y prépare La Victoria de Victor.

Trois questions à...

Pourquoi avoir appelé votre compagnie La Patriótico Interesante ?


Le concept « patriotique », au Chili et en Amérique latine, n'a rien à voir avec le nationalisme. Il représente plutôt l'identité de la population. En plus d'être légèrement ironique, « Interesante », c'est un clin d'oeil à cette tradition que nous avons au théâtre de présenter notre travail avec force qualificatifs élogieux. Enfin, créée en 2002 à Santiago du Chili, où elle continue de vivre dans la rue, la compagnie La Patriótico Interesante est, avant tout, une compagnie engagée, dotée d'une conscience sociale aiguë.


Votre dernière création, La Victoria de Victor, est inspirée de la vie et de l'oeuvre de Victor Jara, chanteur, compositeur et homme de théâtre chilien, assassiné avec une brutalité inouïe, en 1973, au début de la dictature de Pinochet. Pourquoi ce choix ?


Épris de justice sociale, partisan d'une révolution pacifique, Victor Jara, immense artiste populaire, est un symbole, une figure, notre « Che Guevara » chilien. Sa vie est un exemple, radical, de cette détermination à vivre libre. Il est devenu l'un de nos meilleurs ambassadeurs culturels. En 2009, des milliers de Chiliens ont accompagné au cimetière de Santiago du Chili sa dépouille mortelle, tous reprenant ses plus célèbres chansons.


Décrivez-nous le spectacle, que Joan Jara, artiste britannique et veuve de Victor Jara, cautionne...


De la résistance à la barbarie, du désespoir à l'amour, une succession de scènes alliant la force du geste à des émotions visuelles. Parcourant les méandres de l'âme, des images poétiques et surréalistes mettant à l'épreuve notre humanité.

 

Recueilli par Frédérique GUIZIOU

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-La-Patri%C3%B3tico-Interesante-compagnie-engagee-_-1906174------29019-aud_actu.Htm


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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 01:02

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UNASUR : Argentina, Brasil, Bolivia, Colombia, Chile, Ecuador, Guyana, Paraguay, Perú, Surinam, Uruguay y Venezuela

Les ministres de l’économie et des finances des pays membres de l’Unasur ont établi vendredi dernier à Lima un agenda des mesures à adopter dans la zone afin de protéger les économies de la région face à la crise mondiale financière. Prochaine réunion le 11 et le 12 Août à Buenos Aires.


Au menu, de la rencontre à Lima vendredi dernier des membres de l’Unasur, il s’agissait de débattre des mesures alternatives pour pouvoir affronter la crise générée par les Etats-Unis et protéger les économies du bloc de façon parallèle, et notamment de la répercussion d’une baisse du dollar par rapport aux coûts de production. Et aussi de préparer la réunion des présidents de Banques Centrales de la zone qui aura lieu le 11 et 12 août prochain en Argentine.


Il s’agira d’activer la Création du Conseil Sud-Américain de l’Economie et des Finances, avec des propositions qui vont plus loin que des déclarations d’intention. Le ministre argentin Amado Boudou a insisté rappelant qu’une stratégie partagée face à une crise financière mondiale était nécessaire. L’idée étant de bâtir “une architecture financière régionale moins dépendante du dollar et des centres de pouvoir”.


En premier lieu, le chapitre monétaire, les thèmes liés à la mobilisation des réserves, l’utilisation de monnaie locale en remplacement du dollar, l’institutionnalisation par toute la région d’une chambre de compensation sur les soldes commerciaux entre banques centrales, la mise en oeuvre de la Banco del Sur et les relations avec les grands intervenants et les agences de notation.

Second point le bloc commercial, pour aller davantage vers ne intégration régionale productive. Enfin une dimension plus politique, à travers une déclaration d’intention des pays membres face à la crise.

El Correo d’après agences, 9 août 2011

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 00:36

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Joaquin Rivery Tur

UNE présence accrue de l’État dans l’économie, l’inclusion sociale et la lutte contre la corruption, constituent l’essence du message prononcé devant le Congrès du nouveau président péruvien, Ollanta Humala, lors de son investiture.


Humala (du parti Gana Peru), n’a pas prêté le serment sur la dernière constitution approuvée sous le gouvernement d’Alberto Fijimori, l’ancien président corrompu, mais sur la Constitution rédigée en 1979 par une Assemblée constituante.


Avant même de prendre ses premières mesures, les premières attaques de l’oligarchie pleuvent contre le président. Il suffit de lire le titre du journal El Correo : « Rejet », pour comprendre la bataille qui l’attend.


Humala a annoncé que le Pérou construirait sa « propre voie de développement qui prendra comme exemple ce qu’il y a de positif dans d’autres expériences », ajoutant qu’« il n’y aura ni calque ni copie, mais une création héroïque » pour paraphraser le patriote péruvien José Carlos Mariategui.


Il a demandé à ceux qui exigent des salaires et des droits « de ne pas renoncer à leurs revendications, mais ils doivent savoir que tout changement, pour être durable, doit être graduel et rationnel ». Puis il a confirmé son intention d’introduire des mesures sociales, mais échelonnées dans le temps.


Par contre, il a insisté sur le fait que « les bénéfices extraordinaires des entreprises minières doivent contribuer à l’effort national en faveur du combat contre la pauvreté », reprenant ses propositions de la campagne électorale.


Le nouveau président du Pérou a souligné qu’« il est urgent de réparer les injustices, de repartir dans la bonne direction et de rétablir le dialogue dans notre société ».


Respecter les promesses sociales ne sera pas tâche facile pour le nouveau gouvernement. Humala doit faire face à un système néolibéral avec des lois dictées ouvertement en faveur de l’oligarchie et au détriment de la qualité du niveau de vie de la population, surtout dans les zones rurales péruviennes que le grand José Carlos Mariategui appelait le « Pérou profond ».

Ollanta Humala n’ignore pas la force médiatique de la droite nationale et internationale et, même si sa représentation au Congrès est la plus importante, il ne possède pas la majorité pour imposer des lois, de sorte qu’il se verra obligé de passer des accords avec d’autres organisations politiques.


On sent déjà les pressions des entreprises du secteur minier privé pour empêcher Humala de tenir sa parole d’appliquer plus d’impôts aux entreprises qui ont tiré d’énormes profits de la hausse du prix des minerais sur le marché international.


Quant aux secteurs sociaux, ils espèrent que le président tiendra les promesses de son programme, qui inclut une réforme fiscale qui apporte des fonds au budget afin de financer les programmes sociaux.


« Humala veut faire quelque chose qu’ils (les autres gouvernements) n’ont pas fait depuis de nombreuses années : gouverner pour nous, pour le peuple. Cela me plaît l’idée qu’il augmente le salaire minimum... C’est bien, parce que nous travaillons beaucoup et comme des mules pour un salaire de misère », a dit Luis Ramirez,un chargeur de marchandise de 45 ans cité par l’agence AP.


On attend que le Président aille à pas mesurés, en manœuvrant en cédant du terrain et en reprenant l’initiative, en temporisant et en imposant, quand cela sera possible, dans le cadre législatif néolibéral péruvien. Le parti Gana Peru, une alliance de partis de gauche, représente, avec 47 députés, la plus grande force politique, mais moins de la moitié des 130 membres du Congrès.


Joaquin Rivery Tur

http://www.granma.cu/frances/notre-amerique/4agost-ollanta.h...

URL de cet article 14338
http://www.legrandsoir.info/perou-les-premieres-attaques-contre-ollanta-humala.html
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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 00:30

Félix Lopez, Granma

SIX ans après son lancement, qui ont marqué la différence face de tant de charogne médiatique, la chaîne pluriétatique TeleSur est devenue une référence éthique de la télévision latino-américaine. En exclusivité pour Granma, la journaliste Patricia Villegas, sa présidente, évoque les missions, les défis et l’avenir de ce projet, né à la chaleur de l’intégration bolivarienne.

 

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Patricia Villegas, présidente de TeleSur.

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La rédaction de la chaîne pluriétatique.

Le 24 juillet 2005, à l’occasion de l’inauguration de TeleSur, le président Hugo Chavez a déclaré : « Nous avons déjà mis le premier but. C’est une chaîne pour l’intégration. Je crois que le défi pour qu’elle soit en harmonie avec l’âme et l’esprit des peuples, c’est de s’accrocher à la vérité, seulement la vérité ». Comment avez-vous assumé cette responsabilité tout au long de ces six années ?


C’est non seulement un engagement journalistique, mais aussi un principe de vie. Et cela depuis le premier jour, pour nous qui travaillons à TeleSur. Ici nous disons aux journalistes « Va chercher la vérité. » C’est la mission que nous avons donnée au journaliste Jourdain Rodriguez quand il est parti pour la Libye, sans même avoir l’assurance qu’il entrerait dans ce pays. La vérité fait partie aujourd’hui du patrimoine de TeleSur.


Outre le fait d’être un projet authentique de diffusion culturelle, TeleSur a été conçu comme un contrepoids à l’empire médiatique des grandes chaînes internationales d’information : Jusqu’où avez-vous réussi à escalader ce Chimborazo (volcan) médiatique ?


C’est une expédition permanente. Un travail constant. Nous avons des exemples d’histoires, de reportages, de documentaires qui ont présenté non pas « une vision différente » de l’information, mais l’information elle-même. Par exemple, le coup d’État au Honduras serait apparu comme une « succession » présidentielle si une caméra de TeleSur et une équipe de techniciens et de journalistes de TeleSur ne s’étaient pas trouvés sur place. Et plus près dans le temps : alors que le monde entier prétendait que Kadhafi bombardait son peuple à Tripoli, nous montrions des images d’enfants jouant au foot dans cette ville. C’est le contrepoids au discours dominant. C’est pour cela que nous dérangeons, que nous perturbons, et que nous sommes attaqués.


Sans doute, les couvertures réalisées pendant le coup d’État au Honduras et la guerre impérialiste contre la Libye ont signé la majorité de TeleSur : quelles expériences tirez-vous de cet exercice éthique et quel avenir entrevoyez-vous, après cette première étape ?


Ces expériences indiquent que TeleSur doit non seulement couvrir notre région, mais devenir une véritable référence éthique de journalisme dans le monde entier. Cela accroît notre mission et implique que nous fassions non seulement un journalisme de télévision, mais aussi que nous utilisions toutes les plates-formes de la communication pour développer notre travail et multiplier la distribution des contenus. En ce moment même, nous envoyons une équipe en Somalie pour couvrir la situation de famine, mais aussi pour enquêter sus ses causes. Nous faisons des reportages sur la marche des Indignés espagnols, et prochainement nous présenterons un projet de reportages courts sur la pauvreté aux États-Unis, avec pour titre Le cauchemar américain. Nous travaillons également avec l’agence Prensa latina pour augmenter notre présence à Pékin, à Moscou, au Caire, et à Brasilia … L’horizon est infini, et notre responsabilité immense.


Lancer une chaîne de télévision qui s’identifie aux processus sociaux latino-américains implique une équipe de professionnels et de techniciens en harmonie avec les peuples. Comment êtes-vous parvenus à monter l’équipe de TeleSur dans un contexte continental qui forme des professionnels au service du marché ?


Dans ce domaine, la lutte a été difficile. Comme disait Che Guevara : « Nous sommes tous des enfants de la communication ». Et pourtant TeleSur s’est installée et assure actuellement un projet d’école, de formation continue : diplômes, cours, professeurs dans la salle de rédaction et perfectionnement permanent de nos techniciens.


Nous avons formé des professionnels pour que notre télévision n’ait rien à envier aux grandes chaînes. Notre équipe peut rivaliser dans le fond et dans la forme et faire que notre chaîne soit attractive, mais aussi chargée de contenu. Nous sommes différents dans l’engagement et par l’esprit que nous mettons dans ce projet.


C’est un fait que la création de Telesur a entamé l’hégémonie de CNN en espagnol en Amérique latine : en quoi avez-vous tenté d’être différents ?


Nous avons décidé d’employer les ressources audiovisuelles utilisées dans le monde entier, en pariant sur le contenu. Nous essayons d’être différents dans ce que nous racontons, comment nous le racontons et quand nous le racontons. Nous ne négligeons aucun genre journalistique. Nous avons un défi : faire de plus grands efforts dans le domaine du journalisme d’investigation et traduire, chaque jour un peu plus, la complexité d’un citoyen latino-américain, qui aujourd’hui continue de se battre pour vivre mieux, pour avoir une patrie.


Pour finir : quelle est la stratégie de TeleSur dans la recherche d’une plus grande audience ? Jusqu’où vous proposez-vous d’arriver ?


Jusqu’au plus petit recoin du monde. TeleSur doit être un événement quotidien. Nous continuerons d’abattre les barrières pour que notre chaîne atteigne le plus grand nombre de pays. Nous avons devant nous le chemin fascinant vers la télévision HD (haute définition). Développer notre page Web (www.telesurtv.net) et les réseaux sociaux. Ce semestre, nous commençons à distribuer nos contenus en anglais et en portugais dans les réseaux et dans le service multimédia de la chaîne.


C’est déjà beaucoup, même s’il reste beaucoup à faire. Il y a six ans, le président Hugo Chavez disait de la naissance de TeleSur qu’elle était comme « le premier but médiatique de l’intégration ». Depuis lors, jour après jour, comme dans un match de foot, nous sortons sur le terrain pour gagner la partie.
 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 22:21

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Le XIVème Congrès du Parti communiste vénézuelien qui se tenait du 4 au 7 août à Caracas fut le point culminant de plusieurs mois de débats dans le parti autour du thème du renforcement de la révolution et de son orientation socialiste. Un congrès capital dans une période d'incertitudes autour de l'avenir de la révolution bolivarienne.


Parmi les questions posées au débat, l'avenir de l'alliance socialiste-communiste a occupé une place centrale. A court terme avec la campagne des présidentielles de 2012, à long terme avec la question de la direction collective du processus de révolution bolivarienne.

Certes, le PCV a réaffirmé sa fidélité au processus de révolution bolivarienne, et à son leader historique Hugo Chavez mais il a aussi défendu son indépendance idéologique et organisationnelle.


Un parti qui ne tait pas ses critiques sur une révolution qui ne tient pas toutes ses promesses...


Dans les dernières semaines, les médias privés se sont gargarisés sur les tensions entre les deux forces qui composent l'alliance au pouvoir, le PSUV de Chavez et les communistes, spéculant même sur une rupture proche.


Il faut dire que le soutien des communistes s'est révélé de plus en plus important pour le parti de Chavez avant tout car le PCV est le « seul allié qui nous reste », dixit Chavez avant les législatives de 2010 et après la rupture avec les dernières formations opportunistes parties prenantes de la coalition, comme le PPT (Patrie pour tous).


Mais aussi car le PCV est une force porteuse d'une ligne politique révolutionnaire claire et conséquente, qui n'abdique pas son esprit critique face aux limites du chavisme, tant sur le plan politique, économique qu'international.


Sur le plan politique, les communistes dénoncent un flou idéologique et politique dans la direction du processus révolutionnaire, avec un PSUV – parti fourre-tout et en plein collusion avec le pouvoir étatique – sans consistance idéologique et organisationnelle, et l'absence d'une direction collective, thème majeur de ce Congrès.


Sur le plan économique, le bilan de douze ans de chavisme dressé par les économistes du parti est plus que mitigé. Certes, grâce à la redistribution de la rente pétrolière, la pauvreté recule (de 49,4 à 27,6% entre 1999 et 2008), les inégalités les plus extrêmes se réduisent ; grâce aussi aux missions avec une aide cubaine décisive, l'alphabétisation et l'accès aux soins de santé se développent. Mais le pays n'a pas subi de transformation profonde de sa structure productive. Pire, le secteur privé sort renforcé de ses douze années. En 1999, 68% de l'économie était entre des mains privés, aujourd'hui, les capitaux privés contrôlent 71% de l'économie. Le PCV propose, lui, une série de réformes structurelles pour parvenir à cette transformation socialiste de l'économie reposant sur un fort secteur nationalisé et la planification démocratique.


Enfin, sur le plan international, le PCV a exprimé avec des mots durs sa réprobation du rapprochement récent du président Chavez avec la Colombie de Santos, livrant notamment les dirigeants des FARC Joaquin Becerra et Julian Conrado à l’État fascisant. En avril dernier, le PCV déclarait même que la « confiance était brisée » avec le président Chavez.


...mais qui reste le fidèle allié de Chavez et une force indispensable pour la transition au socialisme


En dépit de toutes ces critiques de fond, parfois dures, le PCV reste dans l'analyse concrète de la situation concrète.


Dans la situation actuelle, Chavez et le PSUV se trouvent naturellement toujours du côté de la révolution, et les partis de droite (mais aussi opportunistes de gauche) du côté de la réaction. Et il s'agit donc de défendre, d'approfondir et de ré-orienter le processus de révolution bolivarienne socialiste.


Le premier jour du Congrès fut marqué par l'intervention téléphonique d'Hugo Chavez, luttant de toutes ses forces contre un cancer, et réaffirmant le caractère central pour lui de l'alliance avec les communistes « non comme quelque chose de conjoncturel, mais comme une nécessité historique ».


Le Congrès du PCV a réaffirmé son soutien plein et entier au président Chavez en vue des présidentielles de 2012 décevant les espoirs des médias bourgeois :


« C'est important que nous ayons envoyé un message clair aux secteurs de la réaction, de la contre-révolution et de l'opposition permanente, qui ont voulu construire un mouvement d'opinion sur un état supposé de fracture et d'affrontement, et sur une décomposition du soutien du parti au processus politique vénézuelien.

Avec cette décision, nous leur disons : messieurs, redescendez sur terre. L'organe suprême du PCV a décidé de soutenir la candidature du Président », a déclaré le secrétaire-général du PCV Oscar Figuera, réélu à l'occasion.


La constitution du pôle patriotique ? oui, si c'est pour une direction collective de la révolution, non si c'est pour liquider le PC !


En octobre 2010, Hugo Chavez proposait à ses alliés, en premier lieu le Parti communiste, une forme de coordination plus structurée et durable : le Pôle patriotique. Le PCV avait réagi positivement à l'idée sans taire ses préoccupations.


Le Congrès du PCV devait fixer la ligne officielle du Parti vis-à-vis du Pôle patriotique. La réponse se place sur le contenu de cette alliance, son incidence sur la direction du processus révolutionnaire et sur l'avenir du parti.


Le PCV acceptera le Pôle patriotique à deux conditions : qu'il soit une direction collective du processus révolutionnaire et qu'il ne remette pas en cause l'existence du Parti.


Oscar Figuera clarifie en ce sens sa définition du Pôle tel qu'il le conçoit : « le Pôle doit être un large front national anti-impérialiste qui se dote d'une direction collective et intègre l'ensemble des forces non pour se battre pour les postes au Gouvernement, mais pour débattre en profondeur sur notre mode de gestion, les propositions que nous devons développer ensemble, à partir d'une perspective critique et auto-critique, signaler où nous considérons qu'il existe des lacunes pour pouvoir les corriger et avancer dans le processus. Nous sommes demandeurs d'un espace dans lequel nous pouvons apporter notre opinion. »


Mais pour le secrétaire-général, il n'est pas question de s'engager dans un processus flou, qui porterait atteinte à l'indépendance du parti : « Nous n'allons pas nous intégrer là-dedans aux niveaux régionaux et municipaux jusqu'à ce qu'il y ait une définition de ce qu'est le Pôle patriotique. Personne ne peut intégrer quelque chose que l'on a pas défini. C'est une résolution du congrès. »


Et si le Pôle ne répond pas à ces objectifs, ajoute Oscar Figuera, on privilégiera un autre espace de coordination plus limité mais plus sûr pour éviter la liquidation du point de vue et de l'organisation communiste.


En 2007, le président Chavez avait déjà tenté de passer en force pour dissoudre le Parti communiste dans le PSUV. Malgré les pressions et les invectives de Chavez, le PCV avait refusé de se saborder. Quatre ans après, le bien-fondé de cette décision anti-liquidatrice est manifeste.


Et le Congrès du PCV persiste sur cette voie puisqu'il a également insisté sur la nécessité de renforcer le PCV comme un élément indispensable pour approfondir la révolution vénézuelienne, et de « ré-organiser sa vie interne vers le développement d'un effort beaucoup plus soutenu vers les travailleurs et la classe ouvrière. »

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 07:54

Capture

1er Août 2011. Le Président Vénézuélien Hugo Chavez, à l'occasion de l'investiture de deux ministres, s'exprime sur de nombreux sujets parmi lesquels : sa maladie, les nuisances du capitalisme en termes de valeurs et de culture, la dette américaine et la lettre qu'il a reçu de Kadhafi.

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