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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:39
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Par Giorgio Trucchi Rel-UITA
César Silva, journaliste hondurien récemment enlevé et torturé, nous livre son témoignage.

 

Le 29 décembre dernier, César Silva, journaliste engagé dans la lutte du peuple hondurien contre le coup d’Etat, a été victime d’un enlèvement et sauvagement torturé par des inconnus qui, selon lui, étaient des militaires ou des policiers en civil. Selon plusieurs organisations des droits de l’Homme présentes au Honduras, ce fait relève d’une stratégie répressive mise en place par le gouvernement de facto en connivence avec les forces répressives du pays, pour semer la terreur parmi la population et les media qui ne se sont pas soumis aux forces responsables du coup d’Etat.

César Silva et Edwin Renán Fajardo, le jeune homme de 22 ans assassiné le 22 décembre dernier, sont les auteurs d’un grand nombre de documents audiovisuels qui on été indispensables pour raconter au monde la tragédie que vit le peuple hondurien depuis le 28 juin, et pour organiser des activités de formation et de prise de conscience pour la résistance dans différents quartiers et bidonvilles de la capitale et dans le reste du pays.

Au cours de son enlèvement, il a été emmené dans la banlieue de Tegucigalpa, la tête recouverte d’un sac, et a subi un interrogatoire pendant toute une journée pour qu’il livre des informations sur de supposés dépôts d’armes de la Résistance dans le pays. Il a été sauvagement roué de coups, torturé, dévêtu, et presque asphyxié. Mais il a finalement été libéré, ce qui n’a pas été le cas de Walter Tróchez, le défenseur des droits de l’Homme assassiné quelques jours après sa séquestration.

Sirel a pu rencontrer César Silva quelque part en Amérique Centrale, dans un lieu dont nous ne mentionnerons pas le nom, à la demande de l’interviewé, pour des raisons de sécurité. Tout de suite après son enlèvement et sa libération, celui-ci a décidé de suivre les conseils des ses amis et d’abandonner le pays pour préserver sa vie.

Comment s’est déroulé l’enlèvement ?

Je revenais du sud du pays où nous avions distribué du matériel audiovisuel à des réseaux de paysans. En arrivant à la capitale, j’ai arrêté un taxi pour rentrer chez moi. Je ne m’imaginais pas que mon téléphone portable avait été mis sur écoute et que toutes mes conversations étaient enregistrées, de sorte que l’on pouvait connaître tous mes déplacements.

Alors que l’on arrivait au périphérique, une camionnette s’est approchée du taxi et les personnes qui s’y trouvaient ont sorti des pistolets et nous ont arrêtés. Pensant qu’il s’agissait d’un braquage, je leur ai dit d’emporter mon équipement, mais ils ont répondu sans détours : « ces merdes ne nous intéressent pas, connard, c’est toi qu’on est venus chercher. »

Ils m’ont fait monter dans la camionnette, ont menacé le taxi en lui disant d’oublier ce qu’il venait de voir, et ils ont démarré. D’abord ils m’ont obligé à me baisser et à garder ma tête entre mes genoux, et quand je ne pouvais plus supporter la position, ils m’ont frappé au visage et l’ont recouvert d’un sac. Une heure plus tard nous nous sommes arrêtés à la campagne et on m’a enfermé dans une pièce plongée dans une obscurité totale. C’est alors que l’interrogatoire a commencé.

Que s’est-il ensuite passé ?

Ceux qui m’interrogeaient étaient de plus en plus agressifs à mesure que le temps passait, même si l’un d’entre eux tentait d’être plus aimable avec moi. Je savais qu’il s’agissait bien évidemment d’une stratégie. Ils m’ont demandé où étaient les armes, par où on faisait entrer les troupes dans le pays, combien de cellules étaient à ma charge et quels étaient mes contacts internationaux.

Je ne comprenais pas ce qu’ils voulaient et je leur répétais que j’étais journaliste et que je ne savais rien aux sujets de ces armes. Ensuite ils ont commencé à s’énerver et à me frapper violemment au visage, dans le ventre, dans le dos et dans les testicules. Ils m’ont enlevé mes habits et m’ont jeté à terre, m’ont mis de l’eau dans le nez et ont appuyé une chaise sur ma trachée pour me faire suffoquer.

Ils savaient parfaitement qui j’étais, et qu’à un moment donné je me mettrais à parler du matériel audiovisuel que je produisais avec Renán Fajardo. Ils en ont même fait mention explicite. Au petit matin, ils ont à nouveau essayé de me faire peur et se sont mis à planifier mon assassinat à voix haute. Mais ils ont finalement décidé de me libérer. Ils m’ont fait monter dans un véhicule et quand ils se sont arrêtés la personne qui étaient à côté de moi m’a donné un coup de pied dans le dos et m’a jeté dans la rue.

Je me suis relevé et j’ai décidé de dénoncer ce qui venait de se passer au COFADEH (Comité des familles des Détenus Disparus au Honduras) pour que l’on conserve une trace écrite de ce qui est en train de se passer dans le pays.

T’es-tu demandé quelles étaient les raisons pour lesquelles tu as été séquestré ?

Quand la répression n’a plus lieu au quotidien à l’occasion des mobilisations, ce sont les enlèvements sélectifs qui commencent à se mettre en place. En ce qui me concerne, je crois que le travail que j’ai accompli avec Renán pendant la fermeture de Radio Globo y Cholusat Sur-Canal 36 a été assez néfaste aux responsables du coup d’Etat. C’est un travail qui était diffusé partout et qui d’une certaine manière permettait de briser l’isolement et la désinformation, objectifs du gouvernement de fait.

Le matériel audiovisuel que nous produisions se penchait sur tout ce qui se passait dans le pays. Il racontait la répression, les assassinats, la violence, et nous le distribuions pour qu’il soit utilisé par la Résistance, afin d’informer les gens qui ne pouvaient avoir accès aux informations dans les milieux fermés.

Nous avons finalement décidé d’arrêter ce travail quand ont commencé les violations de domicile et la répression au cours des activités organisées dans les quartiers et les bidonvilles par les chefs de la résistance. Plusieurs assassinats ont eu lieu parmi ceux-ci.

D’après toi, pourquoi a-t-on décidé de ne pas t’assassiner ?

Je crois qu’ils n’avaient jamais reçu l’ordre de le faire, et surtout parce qu’ils voulaient utiliser mon cas pour semer la terreur parmi mes collègues nationaux dont le travail est véritablement préjudiciable aux responsables du coup d’Etat. Le message se dirige aux autres : s’ils ont pu faire cela avec moi, ils peuvent le faire à n’importe quel moment et avec n’importe quel autre journaliste. Ce qu’ils veulent, c’est que nous nous taisions.

Par contre, ce qui me préoccupe vraiment, c’est qu’il y a déjà un grand nombre de collègues qui se sont pliés aux ordres du pouvoir de facto, qui se sont vendus pour quelques billets et qui vendent le sang du peuple pour un boulot.

Pourquoi as-tu décidé de quitter le pays ?

Après mon enlèvement je savais qu’ils pouvaient débarquer chez moi à tout moment pour m’assassiner. De plus, les organisations de droits de l’Homme et plusieurs amis m’ont dit qu’ils ne voulaient plus voir de nouvelles photos de victimes et m’ont conseillé de quitter le pays. J’espère que ce ne sera que temporaire, car mon désir est de revenir et de pouvoir continuer à faire mon travail.

Je n’ai pas peur, mais je dois être plus prudent pour ne pas livrer ainsi ma vie aussi facilement. Ils n’ont qu’à lutter un peu plus s’ils veulent me tuer.

Source : http://www.rel-uita.org/internacion...

Article publié par Rebelión (http://www.rebelion.org/noticia.php...).

linkLa Revolution Vive
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 12:02

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Lobo devient président élu mais illégitime. Zelaya part à la Dominique.


mercredi 27 janvier 2010, par Primitivi


Aujourd’hui mercredi 27 janvier, aura lieu à Tegucigalpa l’investiture de Porfirio ("Pepe") Lobo, le vainqueur des élections présidentielles de novembre dernier. Depuis le Coup d’État de juin 2009 le Honduras subit une dictature menée par Roberto Michelleti (ex-président du Parlement) et soutenue par l’oligarchie, les grands entrepreneurs et les multinationales implantées dans le pays.

Le même jour, Manuel Zelaya, le président légitime qui avait été chassé du pouvoir par le putsch et brièvement expulsé au Costa Rica partira en exil. Les putschistes s’étaient servis de bases militaires US pour le convoyage de Zelaya. Ce dernier avait tenté durant tout l’été de revenir au pays, soutenu par une proportion de plus en plus grande la population. Il avait finalement réussi à revenir clandestinement en septembre, menacé, il s’était réfugié dans l’ambassade brésilienne qu’il quittera aujourd’hui pour être à nouveau exilé, vers la Dominique cette fois.

Les États-Unis qui après quelques tergiversations avaient finalement soutenu ouvertement la dictature en n’exigeant pas la réintégration de Zelaya et avaient reconnu les élections du 29 novembre légitimant par là même le Coup d’État. Il est à noter que M. Obama avait changé de politique à cause d’un poste d’ambassadeur au Brésil et d’un poste de sous-secrétaire d’État. Postes dont l’attribution à ses partisans était bloquée par un certain nombre de Républicains ultra-conservateurs siégeant au Congrès, dont le sinistre Jim DeMint.

La Résistance hondurienne se mobilisera lors de l’expulsion de Zelaya

Le leader du Front National de Résistance Contre le Coup d’État au Honduras, Rafael Alegría, a indiqué que le peuple manifestera ce mercredi pour l’expulsion du président constitutionnel Manuel Zelaya Rosales.

Ce mercredi 27 janvier Zelaya sortira de l’ambassade du Brésil au Honduras et se dirigera vers la République Dominicaine.

Cela a été possible après que le vainqueur des élections présidentielles controversées, Porfirio Lobo, lui ai octroyé un sauf-conduit. De cette façon, le président légitime sortira du pays en qualité de citoyen illustre et pourra rencontrer le président dominicain Leonel Fernández.

Alegría a indiqué que la manifestation de la résistance a pour objectif de "lancer une proclamation nationale de la résistance et d’accompagner les adieux du président Zelaya".

Lobo a annoncé que la sortie de Zelaya, se fera le même jour que son investiture en tant que président du Honduras, malgré les critiques d’un grand nombre de pays et de la résistance hondurienne. Le dirigeant du Front a reconnu que la résistance n’a pas pu remplir son premier objectif qui était de restituer Zelaya à son siège de président. Mais il considère que le coup d’État a produit un réveil dans la conscience de la population qui cherchera maintenant à "refonder" l’État.

Zelaya aurait dû terminer son mandat comme président ce mercredi 27 janvier mais un putsch civile/militaire l’a expulsé du pouvoir le 28 juin 2009. Les élections présidentielles de novembre dernier, prévues de longue date, se sont finalement déroulées sous un régime putschiste. Considérant cela comme un tentative de légitimer le coup d’État de juin de nombreux pays n’ont pas reconnu ces élections, seuls les proches alliés/vassaux des États-Unis, Israël, le Panama, le Costa Rica, la Colombie et le Pérou ont reconnu ces dernières.

Front de Résistance au Golpe : "Pepe Lobo a été et reste un putschiste"

Le Front de Résistance contre le Coup d’État au Honduras considère que le président élu Pepe Lobo représente une continuité du putschisme. Comme l’a indiqué Lorena Zelaya, la représentante du Front au Forum Social de Porto Alegre.

La militante a également déclaré que Lobo "ne va pas pouvoir gouverner, il va juste administrer le désordre qui existe au Honduras". Elle a précisé que "économiquement le pays est détruit et mis en désordre, à tel point qu’administrativement c’est une folie". L’activiste fait remarquer que "pour le Front il est capital de continuer à diffuser des communiqués pour comprendre tout ce processus de ce Coup d’État au Honduras".

Lorena Zelaya a assuré que "il y a au Honduras une population qui après 190 jours de lutte et de protestation dans la rue continue d’espérer pouvoir changer les choses". "C’est une obligation pour le Front d’encore plus communiquer sur ce qui se passe [...] il y a peu d’informations sur la situation au Honduras qui circulent dans le monde", a-t-elle déclaré.

Voir également nos précédents articles à propos du Honduras


Source : Agencia Pulsar
"La Resistencia hondureña despedirá a Zelaya con movilizaciones"
"Frente de Resistencia al Golpe : “Pepe Lobo fue y es golpista”"
Traduction : Primitivi

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 12:10

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25.01.10. Caracas. La reunión des chanceliers des pays membres de l’ALBA a abouti à huit décisions de coopération concrète avec le peuple haïtien, avec pour axe central la santé.

L’efficacité de cette coopération reposera sur une action à court, moyen et long terme, supervisée par une commission nommée à cette fin.

Le plan a pour premier point le secteur de la santé, divisé en trois phases fondamentales.

a) l’urgence, pour soigner les traumatismos et les pathologies diectement produites par le tremblement de terre ;

b) l’épidémiologie, pour traiter les conséquences dérivées de l’insalubrité, avec des services de base ;

c) la réhabilitation.

20 millions de dollars ont été engagés pour commencer ce travail.

Second point : un appui financier à travers le Fond Humanitaire de l’ALBA pour Haití, doté par les États membres dans le but de rassembler des Fonds des organisations politiques apportés de manière volontaire. Cela se développera via les collectes d’entreprises comme Pétroles du Venezuela (Pdvsa) et de l’entreprise CITGO. Pour cela le président Chávez a suggéré une première dotation de 100 millions de dollars.

Troisième point, la continuation de l’appui énergétique à travers Petrocaribe. Le président vénézuélien a souligné l’anulation de la dette de Haití envers Petrocaribe. Il a également anoncé la création d’un plan spécial pour l’approvisionement direct en combustible à travers les stations-service dans les endroits stratégiques.

Elles seront orientées sous la forme d’aides gratuites pour les véhicules utilisés par les véhicules des centres assistentiels humanitaires, hôpitaux et personnel de soutien, ainsi que l’aide directe à la population pour la génération d’électricité.

Quatrième point : des initaitaives agricoles seront développées pour la fourniture d’aliments et des plans de production seront réactivés tels qu’ils s’effectuaient auparavant dans le cadre de l’initiative ALBA-Aliments. Débutera une campagne de reforestation, pour laquelle seront construits de petites réserves d’eau, des citernes de captation, des puits artésiens avec des camions-perforeurs, des dons de semence et d’outils agricoles tels que des machettes seront effectués, ainsi que des microtracteurs, des pelles pour la construction, dans le but de construire une école de formation en agroécologie, initiative de la Brigade de la Vía Campesina du Brésil, présente en Haití.

L’éducation constitue le cinquième point : il s’agit de former les jeunes haïtiens à des carrières techniques de cycle court. Un plan proritaire sera développé pour la réhabilitation et les fournitures scolaires, la formation de maîtres et la réception prioritaire d’enfants dont les parents migreraient vers des pays de l’ALBA dans des écoles de systèmes publics nationaux.

Sixième point, le chef de l’État vénézuélien a souligné l’importance d’intensifier les plans de l’ALBA en décrétant l’amnistie migratoire aux fins de faciliter le mouvement dans les deux sens :

a) Réception des familles dans les pays de l’ALBA.

b) Création d’une brigade solidaire de coopération qui apportera une aide à travers les réseaux de haïtiens qui résident au Vennezuela, et qui compte environ 15000 personnes.

Point sept, une étude détaillée sera faite avec des recommandations pour concentrer l’effort et refonder le développement humanitaire en Haití. A cette fin seront créés trois campements avec une capacité de loger jusqu’à 8 mille victimes à Port-au-Prince, Jacmel et Leogane, avec la logistique de l’entreprise pétrolière CITGO aux États-Unis (filiale de Pdvsa) pour acquérir les outils, les matériels spécialisés nécessaires à remettre en état les ports haïtiens. En ce sens CITGO a acheminé sur les lieux de la catastrophe 2 mille 500 transmetteurs de radio et des milliers de tentes de campagne.

Le huitième point concerne la coopération en matière de sécurité, de transport et de logistique pour réunir les efforts et appuyer le peuple de manière efficace sur le plan humanitaire.

Les représentants de l’ALBA ont souligné l’importance de ce que "les efforts pour reconstruire Haití devrront veiller à ce que le peuple et le gouvernement de ce pays en soient les principaux protagonistes. Ils ont insisté sur le principe de souveraineté et d’intégrité territoriale".

Ils ont manifesté leur préoccupation au sujet de “la présence excessive de forces militaires étrangères en Haití, sans motifs qui le justifient et sans clarté sur leur autorité, leurs objectifs, leurs compételes et la durée de leur séjour”.

Les pays de l’ALBA rappellent que “l’instance la plus indiquée est le G-192, constitué par l’Organisation des Nations Unies (ONU), afin de garantir que nul ne profite de la terrible situation que vit Haïti pour entamer une nouvelle occupation qui viole la souveraineté de ce pays et pour que nulle entrave ou restriction d’aucune sorte ne soient mises aux pays qui souhaitent coopérer”.

(FIN/ Rodicely Cárdenas Barillas)

Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve/

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:57

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Le président socialiste vénézuélien Hugo Chavez a annoncé que le Venezuela allait annuler la dette d'Haïti contractée dans le cadre du programme de coopération énergétique Petrocaribe par le pays victime d'un très violent séisme le 12 janvier qui aurait fait 150.000 morts.

Le président socialiste vénézuélien Hugo Chavez a annoncé que le Venezuela allait annuler la dette d'Haïti contractée dans le cadre du programme de coopération énergétique Petrocaribe par le pays victime d'un très violent séisme le 12 janvier qui aurait fait 150.000 morts.

"Nous allons annuler (la dette). Elaborez les documents nécessaires et la dette est annulée", a déclaré Chavez à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance bolivarienne des Amériques (Alba) sur Haïti à Caracas, sans préciser le montant de cette dette.

Selon des données du Fond monétaire international (FMI), la dette d'Haïti avec le Venezuela, son principal créancier bilatéral, atteint 295 millions de dollars, sur une dette totale d'un milliard de dollars.

Petrocaribe a été lancé en 2005 par le Venezuela, premier pays exportateur de brut en Amérique latine, dans le but de fournir du pétrole à des tarifs préférentiels aux gouvernements amis de la région qui ont un délai de 25 ans pour payer une partie importante de la dette, à un taux d'intérêt de 1% annuel.

Via ce programme, Haïti a reçu ces derniers jours 225.000 barils de carburant.

"J'ai lu dans la presse internationale les déclarations de quelqu'un, je crois du Club de Paris qui priait le Venezuela d'annuler la dette d'Haïti avec nous", a dit Chavez ajoutant: "ils doivent faire référence à Petrocaribe".

"Certains manipulent cela pour présenter le Venezuela comme un pays insensible", a-t-il expliqué.

Le 19 créanciers membres du Club de Paris ont appelé la semaine dernière les autres pays, dont le Venezuela, à annuler "la totalité de la dette d'Haïti".

La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, avait dit qu'elle ferait une demande en ce sens aux autorités vénézuéliennes.

"Haïti n'a pas de dette avec le Venezuela, c'est plutôt le Venezuela qui a une dette historique envers Haïti", a ajouté M. Chavez.

Le président socialiste fait allusion au soutien apporté par le gouvernement haïtien au héros de l'indépendance vénézuélienne Simon Bolivar, qui a organisé une expédition militaire vers le Venezuela en 1815 et 1816 contre les Espagnols.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Alba, bloc antilibéral, ont approuvé lundi un plan "intégral" d'aide pour Haïti qui supposera une contribution initiale de 20 millions de dollars, et comprend l'envoi de médecins rejoignant ceux de nationalité cubaine déjà en Haïti.

Le texte exprime une "préoccupation pour la présence excessive des forces militaires étrangères en Haïti, sans motifs la justifiant et sans précision sur son autorité, ses objectifs, compétences et la durée de son séjour", en allusion aux Etats-Unis qui ont déployé 20.000 soldats.

Le plan inclut l'assouplissement des conditions d'accueil des Haïtiens dans les pays de l'Alba: Cuba, Venezuela, Nicaragua, Bolivie, Equateur, Honduras, la Dominique, Antigua-et-Barbuda, Saint-Vincent et les Grenad
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:29

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Le président Hugo Chávez a fait ce vendredi une intervention au cours de la seconde investiture du président bolivien Evo Morales. Il a réaffirmé l’union entre les peuples de l’Amérique Latine. Il a insisté sur la nécessité de changer les structures économiques et l’Etat bourgeois pour arriver à conquérir les changements sociaux dont le monde a besoin.

Dans son intervention à la Fête Plurinationale qui s’est déroulée au stade Hernando Siles de La Paz pour l’investiture d’Evo Morales, le président vénézuelien a précisé : "la transformation des structures économiques du capitalisme sauve est nécessaire. La transformation sociale ne pourra être obtenue sans effectuer les changements dans les structures économiques”,

De même, il a souligné la nécessité "d’en finir avec l’Etat bourgeois. L’Etat prolétaire, socialiste doit naître, ce n’est qu’ainsi que nous surpasseront les grands défis qui nous sont posés"

En ce vendredi qualifié de "journée historique", il a de nouveau appelé à ne pas échouer devant les obstacles pour offrir une vie meilleure aux générations futures.

"Nous ne pouvons aujourd’hui nous offrir le luxe de laisser à nos enfants et aux générations futures une nouvelle défaite. Non. Assez de défaites, nous sommes ici pour vaincre comme l’a fait la Bolivie, comme le fait Evo Morales".

Le président Chavez a réaffirmé "nous formons la même et unique patrie, Amérique Latine, Amérique du Sud et Caraïbes.”

En geste d’amitié et d’approfondissement des relations Venezuela-Bolivie, quelques minutes avant de conclure la célébration, le mandataire national vénézuelien a offert une réplique de l’épée de Bolivar à son homologue bolivien.

traduction : Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve/

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:22

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Le Front National de Résistance Populaire du Honduras (FNRP) a appelé hier à deux manifestations pour le 27 janvier prochain, en opposition à la prise de pouvoir du futur président, le conservateur Porfirio Lobo.

Dans un communiqué, le FNRP a précisé que les manifestations se dérouleront dans la capitale et dans le nord, à San Pedro Sula, dans l’objectif de mettre un terme " à la poursuite de la dictature de l’oligarchie".

Lobo, membre du parti d’Extreme Droite Partido Nacional, a été déclaré vainqueur des élections contestées du 29 novembre passé, dont les résultats sont toujours refusés par cette large alliance de forces populaires et politiques.

Lobo, tout comme son parti, alternant au pouvoir avec les libéraux durant les dernières décennies, a appuyé le coup d’Etat militaire qui a eu lieu le 28 juin dernier, qui a destitué le président constitutionnel Manuel Zelaya.

Le bref communiqué du Front signale qu’un des autres objectifs de la manifestation est de porter la revendication d’une assemblée nationale constituante, populaire et démocratique, pour re-fonder le pays.

Il ajoute que la manifestation de la capitale partira de l’Université Nationale Pédagogique et rassemblera des membres de la Résistance de la ville ainsi que des départements du centre, de l’est et du sud du pays.

Quand à celle de San Pedro Sula, situé à 250 km de Tegucigalpa, elle rassemblera les habitants du nord, de l’ouest et de la zone atlantique.

Le Front a été créé quelques heures après le putsch des militaires, et rassemble en son sein des syndicats, des mouvements paysans, des travailleurs, des organisations des droits de l’homme et des étudiants, entre autres.

Depuis cette date, le FNRP porte la voix de la résistance au régime putschiste, en manifestant chaque jour, bravant la brutale répression de l’armée et de la police, pour exiger le retour de la démocratie.

La déclaration d’Etat de siège et la suspension des garanties constitutionnelles en septembre ont obligé ces forces à concentrer leurs actions dans les quartiers pauvres pour rendre inefficaces la répression militaire et policière.

La première grande manifestation nationale de l’année a eu lieu le 7 janvier, dans la capitale, suivie deux jours plus tard par une autre à San Pedro Sula, réprimée par les forces anti-émeutes.

Les leaders du Front ont tenu à la fin de la semaine dernière une conférence de presse nationale dans la ville de Jiguatepeque (centre du pays), dans laquelle ils ont rappelé la nécessité de continuer la lutte démocratique unitaire pour transformer leur pays.

Source : Prensa Latina

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:16

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7 mois après le coup d’Etat perpétré par l’oligarchie hondurienne avec l’appui du gouvernement des Etats-Unis, les mouvements sociaux du Venezuela nous appellent à exprimer notre solidarité avec la résistance du peuple du Honduras

Cet acte de solidarité se déroulera alors que ce pays se voit imposé pour président le millionnaire Porfirio Lobo, désigné par une mascarade d’élection marquée par la violation des droits humains, l’absence de fondement légal au scrutin, d’observateurs internationaux, de garantie pour les opposants au coup d’Etat, et tandis que le président légitime des honduriens était reclus dans l’ambassade du Brésil.

Face à l’impunité des puissants, seule vaut la solidarité populaire. Aujourd’hui, au Honduras, des femmes et des hommes continuent de résister dans les rues de manière pacifique, mais avec la rage de la rébellion face à tant d’injustice et avec la conscience qu’ils luttent pour une cause juste et nécessaire.

Ce 27 janvier, les fils et filles de Bolivar exprimeront leur solidarité avec la résistance et défendront le droit imprescriptible du peuple à convoquer une Assemblée Nationale Constituante, qui redéfinira les voies pour une patre libre et souveraine.

Les mouvements sociaux de l’ALBA clament : "Vive Notre Amérique unie, le peuple du Honduras est l’ALBA ! (l’aube)"

Ciné-forum : projection du film "Honduras : graines de liberté ce mercredi 27 janvier, à 17h, Parque Central, Salle 2, Metro bellas Artes, Caracas

Traduction : Grégoire Souchay pour : http://www.larevolucionvive.org.ve/

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:08
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Sept mois après le coup d’État, l’oligarchie hondurienne, avec la complicité 
des États-Unis, renforce son assise dans l’indifférence médiatique.

L’Amérique latine, une zone de séismes… politiques  ! Alors que toutes les caméras sont braquées sur Haïti, à quelques kilomètres de là, c’est la démocratie hondurienne qui reste ensevelie…

Le 28 juin 2009, Manuel Zelaya, président démocratiquement élu du Honduras, est renversé par l’armée et remplacé par un gouvernement intérimaire. La résistance qui s’organise rapidement pour le retour de Zelaya est violemment réprimée par le nouveau pouvoir (plus de 40 assassinats, 
120 disparus et 4 000 arrestations). Dans ce climat de terreur, une démocratie factice a été mise en place avec l’élection, le 29 novembre 2009, de Porfirio Lobo (conservateur) comme président. De nombreux pays d’Amérique latine (Venezuela, Bolivie, Brésil, Équateur) refusent de reconnaître le nouveau gouvernement, alors que les États-Unis n’ont pas hésité à entériner cette mascarade électorale. Zelaya, réfugié dans l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa, est sous le coup d’une menace d’arrestation pour « haute trahison ».

Pourquoi une telle situation n’est-elle pas plus décriée par les médias de masse  ? Le Honduras a pourtant bien failli prendre place sur le devant de la scène médiatique. En décembre 2009, France 2 illustrait ses « JT » du midi et du soir avec une photo « saisissante » des affrontements en Iran. Mais voilà, le cliché a été pris durant l’été 2009, au Honduras… Le lendemain, David Pujadas s’excusait pour cette erreur, sans même spécifier la provenance de l’image  ! Nous avons tenté de joindre France 2 afin de savoir pourquoi cet événement n’a pas été l’occasion de parler de la situation hondurienne, sans succès… Quel problème pose le traitement du sujet hondurien  ? Trop loin, trop compliqué  ? Question de priorité  ? Sans doute. Mais il est vrai également que traiter du Honduras revient à s’intéresser à la situation politique du continent sud-américain. Continent qui inquiète les États-Unis depuis que s’y développent certains mouvements révolutionnaires. Parler du Honduras, c’est parler de Chavez, Morales, de l’Alba, et mettre à nu la politique d’ingérence nord-américaine dans la région. Daniel Ortega, président du Nicaragua, a dénoncé la présence massive de militaires américains à Haïti comme étant la poursuite de cette stratégie impérialiste. Si cela se confirme, la situation politique de la région peut s’attendre à une nouvelle « secousse »

Loïc Ramirez, Margot Achard et Mathéo Illera

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:07

comision-politica-alba-chavez-bruno1.jpgLe Venezuela ANNULE la dette de Haïti.
Il ne la SUSPEND pas pour 5 ans, comme le fait la Banque Mondiale.

Le président Hugo Chavez a annoncé ce lundi 25 Janvier 2010, au cours de la rénion du Conseil Politique de la ALBA, que la dette de Haïti envers son pays sera annulée, tandis que les fournitures en combustibles seront poursuivies.

Il a annoncé en même temps un plan d'action de la ALBA articulé autour de la santé.
Alma
http://www.aporrea.org/venezuelaexterior/n149541.html

Néstor Núñez

Les ministres de Relations Extérieures de ce groupe régional vont se réunir Dimanche à Caracas.

La Havane, 24 janvier (AIN) – Afin de consolider un système d’aide à Haïti pour participer à
la reconstruction de ce pays aujourd’hui dévasté, les ministres des Relations Extérieures de
l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique (ALBA) vont se réunir aujourd’hui
dimanche à Caracas, capitale du Venezuela.

Comme l’a fait savoir le président vénézuélien Hugo Chavez, les ministres de Cuba, du Nicaragua, de la Bolivie, d’Antigua y Barbuda, et de Saint Vincent et les Grenadines dédieront la plus grande partie de la rencontre au thème haïtien et à celui de la coopération solidaire de l’ALBA avec ce pays fortement touché par le terrible séisme du 12 janvier dernier.


Les membres de l’ALBA ont tendu, depuis les premières heures qui ont suivi le moment du désastre, une main solidaire à cette pauvre nation. Il est prévu que 6 100 tonnes d’aliments arrivent au territoire haïtien ces prochains jours en provenance du Venezuela, a informé à Prensa Latina l’ambassadeur de ce pays à Port-au-Prince, Pedro Canino.


Le diplomate a précisé que la charge comprenait entre autre du lait, du riz et des céréales et les mesures seront prises pour qu’elle parvienne vraiment aux mains des sinistrés. Elle sera distribuée par l’intermédiaire de 200 organisations sociales avec lesquelles l’ambassade vénézuélienne est en relation.


Pendant ce temps, bien que la phase de recherche de victimes encore vivantes entre les décombres ait officiellement été déclarée comme terminée, un jeune qui avait été attrapé dans les ruines de l’hôtel Napoli Inn. a encore été retrouvé en vie par une équipe de secouristes.


Les autorités ont maintenant décidé de centrer leurs efforts sur l’aide aux sinistrés.
C’est un total de 1 918 secouristes de différents pays qui ont participé à la recherche de survivants. Jusqu’au samedi, 132 personnes avaient ainsi été retrouvées en vie sous les décombres. Selon les données du ministère haïtien de l’Intérieur, le nombre de morts dépasse les 111 000, celle des blessés 193 000, et plus d’un million de personnes ont perdu leur habitation.


Le bureau de coordination des Affaires Humanitaires de l’ONU a informé que plus de 130 000 personnes ont, jusqu’à présent, utilisé les autobus pour sortir de la capitale et se rendre vers d’autres régions du pays moins touchées par le séisme. Selon l’agence EFE, il est possible que près d’un million de haïtiens se déplacent vers les zones rurales à la recherche d’un toit et d’un travail.

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 11:00
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Par Oscar Fortin
Vendredi dernier, le 22 janvier 2010, un évènement transcendant est venu marquer l’histoire de l’Amérique latine. Evo Morales, cet amérindien, formé à l’école de la vie et leader exceptionnel en qui le peuple Bolivien s’est reconnu, d’abord en 2005, en le portant au pouvoir avec 54% des voix, et en 2009, avec encore une plus forte majorité, soit plus de 64% des voix, a été intronisé à la tête du nouvel État Plurinational Bolivien. Deux faits particulièrement importants marquent cet évènement et lui donnent un caractère transcendant : il est le premier amérindien à être élu Président de Bolivie et son intronisation marque l’inauguration d’un nouvel État Plurinational.

Evo Morales est un personnage dont la figure porte l’héritage de peuples qui plongent leurs racines jusque dans la nuit des temps. Inspiré des trois grandes consignes qui ont guidé ces peuples amérindiens des Andes à travers leur marche dans l’histoire, à savoir « ne pas tuer », « ne pas mentir », « ne pas voler », il s’est gagné l’estime et le respect de ces peuples. Son intégrité dans son engagement, sa détermination à briser les barrières du racisme et sa persévérance sans limite pour sortir son pays de la dépendance et de l’exploitation éhontée qui en avaient fait le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud font de lui un leader exceptionnel pour son peuple, mais aussi un exemple pour les autres peuples qui cherchent à briser ces chaînes du racisme et de l’exploitation.

Alvaro-Garcia-Linera.jpgEvo Morales n’est pas seul dans ce combat. Il est particulièrement secondé par un homme tout aussi extraordinaire en la personne de son Vice-président Alvaro Garcia Linera. Après des études secondaires en Bolivie, il s’est rendu au Mexique pour y poursuivre des études supérieures en mathématique et sociologie. À son retour, en 1985, il participe aux activités de l'Armée guérillera Túpac Katari et sera fait prisonnier, en 1992, sans jamais être jugé. Il y passera cinq ans qu’il consacrera à l’étude de la sociologie, des communications, des sciences politiques. À sa sortie de prison, il reprend son enseignement universitaire et devient un conférencier recherché à travers l’Amérique Latine où il donne de nombreuses conférences. Lors de l’élection présidentielle de 2005, il accorde son appui à Evo Morales qui gagne au premier tour. Le nouveau Président en fera alors son Vice-président, fonction qu’il conserve pour le second mandat (2010-2015).

Intellectuel et praticien, tout à la fois, il a clarifié, lors de son discours d’intronisation, un certain nombre de concepts indispensables pour bien comprendre l’horizon des changements qu’a amorcé la Bolivie sous la direction des forces sociales et du leadership d’Evo Morales et de son équipe. Ce nouveau mandat, dit-il, marque la fin de « l’État apparent » pour laisser place à « l’État intégral » et cela dans une perspective socialiste. Notre modernité étatique, ajouta-t-il, celle que nous construisons et continuerons de construire avec l’appui populaire est très différente de la modernité capitaliste et il faut lui donner un nom. Notre horizon étatique est un horizon socialiste. Il fit ressortir, en s’inspirant du plus important penseur marxiste bolivien du siècle dernier, René Zabaleta Mercado, et du philosophe marxiste Antonio Gramsi, le caractère transcendant du passage d’un État colonial à un État Plurinational.

L’État apparent, dit-il, est un État illusoire, qui n’arrive ni à rassembler, ni à synthétiser, ni à condenser la totalité de la population, mais seulement une partie privilégiée de celle-ci. C’est vrai pour le territoire, pour la culture, pour les us et coutumes et les formes d’organisation politique de la société. Ainsi, il n’est qu’un État partial qui ne représente qu’une partie de la société, qui ne développe qu’une partie du territoire, qui n’articule que certaines habitudes politiques et laisse de coté, marginalise, discrimine les autres secteurs sociaux, les autres territoires, les autres régions et les autres pratiques politiques qui caractérisent certaines communautés.

La Bolivie, dit-il, a vécu, de 1825 à 2005 (180 ans), sous le règne d’un État apparent, parce qu’il a « exclu en tout premier lieu la majorité indigène ». Cette majorité n’a pas été incorporée, reconnue dans sa culture, dans ses héros, dans ses traditions, dans sa manière d’agir politiquement, dans sa présence et sa citoyenneté. La citoyenneté qu’instaura la République libérale fut la citoyenneté de caste, de noms et de chéquier. Ce fut sa première erreur qui en fit l’instrument du colonialisme et le ferment du racisme qui dura jusqu’en 2005, année de l’élection du premier amérindien à la Présidence de la République.

C’est dans ce contexte que la Bolivie s’est orientée et continue de s’orienter vers un État intégral que le philosophe marxiste Antonio Gramsi définit comme celui en qui il y a une correspondance entre la société civile, les citoyens, les régions, les travailleurs, les classes sociales et sa représentation politique étatique. En ce sens, l’appareil gouvernemental doit unir et synthétiser tous les secteurs sociaux, les classes, les groupes nationaux, les régions, les collectivités et l’État intégral, forum reconnu pour son leadership morale, intellectuelle et politique et qui permet de les unir tous. La Bolivie amorce la construction d’un nouvel État qui ne sera ni colonial parce qu’il garantira l’égalité, ni patrimonial, parce qu’il distribuera la richesse, ni centralisateur, parce qu’il garantira l’autonomie et ni mendiant, parce qu’il assurera la souveraineté matérielle.

Vendredi, le 22 janvier 2010, c’est ce nouvel État Plurinational qui a été inauguré sous le regard vigilant d’une assemblée législative et sénatoriale intégrale en qui le Peuple bolivien se reconnaît pleinement. Si les aristocrates et les oligarchies se retrouvent quelque peu orphelins, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes d’avoir cru qu’ils étaient à eux seuls le peuple.

Il est malheureux que nos médias aient été plutôt discrets. L’édition électronique du quotidien Le Devoir n’avait rien à dire dans son édition du 23 janvier alors que Cyberpresse y allait avec un bref article qui ne relevait en rien le caractère exceptionnel de cet évènement. Le titre, coiffant l’article en question, donne le ton et surtout indique l’ignorance de son auteur: « Evo Morales entame son deuxième mandat sans rival, ni garde-fous ».

Une courte leçon sur la démocratie participative aurait sans doute permis à l’auteur de découvrir que les organisations sociales, politiques, culturelles, économiques ne permettent pas aux dirigeants des institutions politiques d’avoir les deux mains sur le volant comme certains de nos dirigeants le font. Si Evo Morales et son équipe sont si fortement soutenus par le peuple, c’est moins par la désinformation et la manipulation que par le fait que le peuple se reconnaît en eux et en ce qu’ils font.

Si la démocratie est le pouvoir du peuple aux commandes de son destin, il faut alors se réjouir de cette démocratie bien vivante en Bolivie. Un peuple avec les deux mains sur le volant et des leaders au service de la volonté de ce peuple sont une inspiration pour la véritable démocratie. Je ne comprends pas que certains de nos gouvernements démocratiques et de nos médias, si ouverts au monde et si indépendants, boudent une telle démocratie.

Oscar Fortin

23 janvier, 2010

http://humanisme.blogspot.
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