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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 09:20

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Le vice président Álvaro García Linera a affirmé que le second mandat du président Evo Morales qui débute ce vendredi et se terminera en 2015 marque la fin de l’État apparent pour laisser place à l’État intégral, à l’horizon socialiste.

   "Notre modernité étatique, celle que nous allons construire et que nous sommes déjà en train de construire avec le leadership populaire est très distinct de la modernité capitaliste et il faut lui donner un nom. Notre horizon étatique est une horizon socialiste » a-t-il assuré lors de l’acte d’investiture du second mandat du Président indigène.

Dans un discours magistral, García Linera, a cité le plus grand penseur marxiste bolivien du XXe siècle, René Zabaleta Mercado ainsi que le philosophe marxiste Antonio Gramsci pour justifier le changement transcendantal qui, selon lui, constitue le point de balancement, entre un avant et un après, entre l’État colonial et le nouvel État Plurinational.

Linera a souligné que Zabaleta a touché avec sa pensée une manière novatrice de comprendre la Bolivie : l’État apparent est un État illusoire, qui ne peut se résumer ni se synthétiser, ne peut rassembler l’ensemble de la population, sinon un petit groupe de privilégiés de la société. C’est cet État qui ne peut arriver à articuler la territorialité, les régions et qui ne représente et unifie que des petits groupes isolés, fragmentés, du territoire, de la patrie.

« L’État apparent était également pour Zabaleta cet État qui ne peut intégrer les modes de vie, la culture et les formes d’organisation politique de la société ».

Cet État partiel et partial laisse donc de côté, à la marge les autres secteurs sociaux, les autres territoires, les autres régions et les autres formes d’action politique.

 García Linera a assuré que durant la période s’étendant de 1825 à 2005, la Bolivie était un État apparent, car « il excluait avant tout la majorité indigène » rappelant que la Bolivie est un pays où la population indigène est majoritaire et cet état de fait demeurera pour encore de nombreuses années.

« Cette majorité indigène n’a pas été intégrée, sa culture niée, dans es héros, ses traditions, ses modes d’action politiques, sa présence et sa citoyenneté. La citoyenneté qu’à instauré la Répulique Libérale a été la citoyenneté de caste, de renom et censitaire » a-t-il souligné qualifiant cette action comme la première faille « tectonique » de l’État.

Action qui, a-t-il certifié, a perforé la structure de la République Libérale depuis sa naissance dans un régime que l’on nomme communément « colonialisme et racisme, qui a caractérisé l’État depuis 1825 à 2005, année de l’investiture du premier mandataire du président Morales.

Dans ce contexte pernicieux, Linera a déclaré que la Bolivie doit s’orienter vers un État intégral, que le philosophe marxiste Gramsi définit comme l’État dans lequel il y a une correspondance entre la société civile, les citoyens, les régions, les travailleurs, les classe sociales et la représentation politique étatique.

« C’est cet appareil gouvernemental qui unit et synthétise tous les secteurs sociaux, les classes au groupe national, régional, aux collectivités et à l’État intégral, entier, qui est celui où le leadership est moral, intellectuel et politique, permettant l’union de tous. »

Dans ce sens, Linera a déclaré que la Bolivie était sur le point de vivre un nouveau destin, un nouvel État, qui ne sera plus colonial, car il garantit l’égalité, qui ne sera plus patrimonial car il distribue les richesses, qi ne sera plus centralisé, car il garantit l’autonomie et qui enfin ne sera plus un État mendiant car il garantit la souveraineté matérielle.

« En Bolivie, cette harmonie entre société et État, la décolonisation, dé-patrimoniale, n’est pas encore effectuée. Cela était impossible pour les vieilles classes dominante, car elles vivaient de ce même colonialisme et patrimonialisme. Ce sont les classes populaires qui ont dû le faire, les mouvements indigènes, et cela n’est pas rien car cela change la nature même de l’Etat ».

Le vice-président a également soutenu que la consolidation de l’État intégral mènera nécessairement à un État socialiste. Pour Linera, le socialisme est le bien -être, « c’est mettre en commun la richesse, c’est seulement faire ce qu’ont faits nos ancêtres iidgènes mais à une échelle plus importante, avec les technologies et la modernité productive »

Le vice-président a reconnu que ce processus ne sera pas facile et prendra sûrement des décennies : « peut être des siècles, mais il est clair que les mouvements sociaux ne peuvent arriver au pouvoir sans s’inscrire dans un horizon socialiste et communautaire pour être construit avec la volonté de l’ensemble du peuple, avec pour bases le bien-être et le bien-vivre ».

Rubén Sandi La Révolution Vive

Source : Agence Bolivienne d’Information

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 08:00

marcha.jpgLire ou relire : Dévaluation au Venezuela: Chavez menace d'exproprier les spéculateurs

Le Gouvernement National a informé, ce mardi 19 janvier, les gérants de six succursales dans le pays de la chaine d’hypermarchés Éxito de la mesure d’occupation temporaire, qui vaudra jusqu’à la conclusion du processus d’expropriation, avec le vote de la réforme de la loi de l’Institut pour le Défense des Personnes et de l’Accès aux Biens et Services (INDEPABIS).

Une de ces actions s’est réalisée ce mardi à 11h du matin dans le commerce Éxito, située sur l’avenue Jorge Rodríguez de Puerto La Cruz et a compté sur la présence des ministres du Pouvoir Populaire pour les Relations Intérieures et la Justice, Tareck El Aissami et du Commerce, Eduardo Samán.

 

El Aissami a déclaré que "cette action a pour objectif de garantir l’accès aux biens et services de notre peuple", accompagné du gouvernement de l’Etat Anzoátegui, Tarek William Saab, des travailleurs et des personnes appuyant l’action gouvernementale. Le début de l’occupation temporaire implique la prise de contrôle opérationnelle de l’hypermarché. "Nous avons reçu des instructions pour que les conseils de travailleurs partagent la direction avec le Gouvernement Révolutionnaire" a déclaré le ministre.

"Avec les travailleurs, nous débuterons l’installation des tables-ronde de travail" a-t-il souligné ajoutant que "personne n’a le droit de spéculer sur les prix et de les changer de manière injustifiée. Nous appliquons ici concrètement la loi.

L’établissement Éxito dans l’Etat Anzoátegui compte 350 employés, 15 d’entre eux ayant été licenciés il y a quelques jours, les gérants ayant passé outre l’ordre de réembauche de l’inspection du travail de Barcelona.

Sur ce point, le ministre de l’Intérieur a annoncé que ceux-ci seraient réembauchés "puisque cette mesure était un licenciement illégal et immoral. Nous n’allons pas permettre que quelques groupes privés prétendent sur base de délit, fouler aux pieds les droits des travailleurs et encore moins qu’ils changent les prix en les surévaluant, cela va à l’encontre du bien-être du peuple"

 

Entreprises Socialistes

"Nous appliquons la Loi de Défense des Personnes à l’Accès aux Biens et Services qui dans son article 111 prévoit les mesures d’occupation temporaire ; ensuite viendra le processus d’expropriation pour raison d’utilité publique" a souligné le ministre du commerce, Eduardo Samán.

Celui-ci a affirmé que la chaine commerciale avait déjà été sanctionnée à de nombreuses reprises par l’INDEPABIS. La confirmation a été donnée par Francisco Álvarez, coordinateur régional de l’Institut, qui a précisé qu’en 2009 l’hypermarché Éxito de Puerto La Cruz, avait été fermé à quatre reprises : "Début 2010, il a encore été fermé pour 24h suite à la détection d’un re-marquage des prix et de la publicité mensongère".

Le ministre a souligné qu’en plus, les travailleurs avaient pleinement conscience du prix réel de l’électroménager, des aliments et des autres produits finis, largement moindre que le prix offert au public. "Ils savent quels sont les dividendes de ce type d’entreprise et les revendications justes qui les concernent e tant que travailleurs."

Samán ajouta que toutes les succursales de Éxito formeront partie de la Corporation des Marchés Socialistes (Cormerso) et du réseau de supermarchés pour le foyer.

"Le Sambil (immense centre commercial) de la Candelaria sera également mis au service du peuple, fonctionnera désormais un supermarché où le peuple trouvera des vêtements, de la nourriture, des chaussures et des produits pour la maison. A partie d’aujourd’hui, nous avons de véritables entreprises socialistes".

Samán a affirmé que pour le moment, l’Exécutif National n’a pas demandé la prise de contrôle des succursales de la chaine de supermarchés Cada. "Cependant, nous suivons de près toute irrégularité que pourrait commettre cette entreprise"

T/Alexis Castillo F/Miguel Romero Barcelona

Source : RNV / Courrier de l’Orénoque

Traduction : Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve/

 

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 07:52

evo-morales-toma-posesion-tiawanaku2.jpgcliquer pour voir d'autres belles photos sur cubadebate

Le Président bolivien, Evo Morales,a reçu des indiens Amautas andins l’investiture de leader d’ Abya Yala, nom que reçoit notre continent dans la cosmovision des populations indiennes, fortement liée à l’équilibre entre la vie de l’être humain et la société avec la nature.

Abya Yala est un terme de l’ethnie panaméenne Kuna et signifie « Terre en pleine maturité » et, depuis plusieurs années, sur proposition du dirigeant aymara Takir Mamani, il est utilisé par les populations autochtones dans tous leurs documents et déclarations orales au lieu du nom Amérique, imposé par les colonialistes.

Au cours d’une cérémonie solennelle qui s’est tenue dans la ville ancestrale de Tihuanaco, située à quelques 70 kilomètres de La Paz, Evo Morales et le Vice-président Alvaro García Linera, ont reçu la bénédiction des sages, qui ont fait des invocations pour que le second mandat qui a commencé officiellement vendredi, soit favorable au pays et à toute la région.

Les Amautas sont les sages, les philosophes, les prêtres, les politiciens, les scientifiques, les ingénieurs, les artistes, les constructeurs qui, pendant des millénaires ont été chargés de la sauvegarde et de la transmission des valeurs culturelles, sociales et éthiques de la société indienne.

Après l’irruption des puissances européennes et la persécution dont ont fait l’objet toutes les traditions et les connaissances ancestrales, les sages ont tout fait pour les maintenir vivantes.

L’accession du premier président indien en Bolivie a permis de jeter les bases pour que ces idées, mœurs et formes d’organisation sociale en relation harmonique avec leur entourage, fleurissent et deviennent un exemple et une alternative au milieu de la grave crise environnementale que traverse la planète.

Le fait d’avoir recueilli dans la Constitution les droits de la mère terre, considérée en même temps comme un être vivant et source de la vie, est un trait distinctif de cette pratique.

De plus, pour la première fois une Assemblée Législative Plurinationale a été mise en place en Bolivie. Toutes les communautés boliviennes y sont représentées et ont le doit de s’exprimer.

Ainsi donc, un jour avant son investiture formelle, Evo Morales a reçu le bâton de commandement des mains du Président du conseil des Amautas, Lucas Choque Apaza, qui a fait des vœux pour que toute la force et l’énergie millénaires le guident dans l’accomplissement de son devoir à la tête de l’Etat plurinational.

Cette cérémonie a une grande signification historique et politique. Pour la première fois dans notre continent, les populations autochtones font partie des structures de pouvoir et de prise de décisions.

Un peu plus de 500 ans après l’irruption des Européens, les indiens boliviens redeviennent maîtres de leurs vies et ils le font munis d’un trésor précieux de connaissances accumulées au fil des siècles. Ces connaissances pourraient parfaitement bien receler la formule du salut de notre espèce et de la planète.

C’est ce qu’a relevé Evo morales qui a signalé que la Bolivie sera, aux côtés des autres peuples, toujours debout et jamais à genoux, ouvrant les portes d’une nouvelle époque ou tout ce qui a trait aux temps coloniaux fait partie, progressivement, des méandres de l’histoire pour céder la place à tout ce qui a un caractère plurinational, et qui constitue un concept beaucoup plus solide et large en raison justement de la richesse de sa diversité.

« Nous sommes ici pour servir la Bolivie et pour apporter quelque chose au salut de l’humanité et du monde » a relevé Evo Morales qui a repris pour son gouvernement un vieux proverbe indien qui a guidé son éducation et dont il a relevé qu’il est fier : « Ne ment pas, ne vole pas, ne sois pas faible ».

 

 

 

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 07:26

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Ramiro Valdés visite les missions cubaines dans les domaines
de la santé et de l’éducation
en Bolivie

La délégation cubaine participera dès jeudi aux cérémonies d’investiture d’Evo Morales. La direction de l’Assemblée législative plurinationale officiellement installée

Pedro de la Hoz, envoyé spécial
pedro.hg@granma.cip.cu

LA PAZ. – Le commandant de la Révolution Ramiro Valdés Menéndez a constaté ici le dévouement des internationalistes cubains qui collaborent aux programmes de santé et d’éducation mis en œuvre dans le cadre du processus de transformations sociales mené par le président Evo Morales.

Le vice-président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres s’est entretenu ce mercredi avec les médecins, les infirmiers et les techniciens qui prêtent leurs services dans les cliniques d’Achumani (sud de La Paz) et Chacaltaya (El Alto), il a parcouru les installations d’un des centres ophtalmologiques où travaille du personnel cubain, et visité l’une des salles de cours du programme de post-alphabétisation, en compagnie de l’ambassadeur Rafael Daussa.

Cette dernière expérience vise à scolariser dans un premier temps environ 100 000 personnes qui dans toutes les communes boliviennes ont déjà appris à lire et à écrire.

Des pédagogues cubains assistent des enseignants et activistes boliviens dans le cadre du programme Yo si puedo seguir (Je peux continuer), un plan qui fait suite à celui qui a permis d’alphabétiser, en l’espace de 33 mois, entre 2006 et 2008, 819 417 citoyens.

Les coopérants de la santé, a déclaré la coordinatrice de la mission Maria Isabel Martinez, se sont fermement engagés à poursuivre la prise en charge gratuite des communautés dans les 9 départements, et l’Opération Miracle dans les 18 centres ophtalmologiques en fonctionnement.

Ramiro Valdés, qui est aussi ministre de l’Informatique et des Communications, préside la délégation cubaine, une parmi les 300 qui ont confirmé leur participation aux cérémonies d’investiture d’Evo Morales comme président de l’Etat plurinational de Bolivie pour la période 2010-2015.

Selon l’annonce faite par le ministre bolivien des Affaires étrangères, David Choquehuanca, ont confirmé leur présence les présidents Hugo Chavez, du Venezuela; Rafael Correa, d’Equateur; Fernando Lugo, du Paraguay; Cristina Fernandez, d’Argentine; et Michelle Bachelet, du Chili. L’Espagne sera représentée par le prince des Asturies, Philippe de Bourbon.

Ce mercredi, la direction de la nouvelle Assemblée législative plurinationale a prêté serment: Ana Maria Romero, journaliste réputée et militante des droits de l’Homme, en tant que présidente du Sénat, et Hector Arce, jeune avocat et ancien ministre de la Défense légale de l’Etat, en tant que président de la Chambre des députés. Les deux ont prêté serment au nom de la majorité parlementaire du MAS-IPSP (Mouvement vers le socialisme-Instrument politique pour la souveraineté des peuples).

 

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 07:55

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Plus de 600 personnes appartenant au Mouvement Unifié Paysans de l’Aguan (MUCA) une organisation affiliée à la Centrale Nationale des Travailleurs de la Terre (CNTC), ont été brutalement délogées par un important contingent composé de militaires, de policiers et de gardes de sécurité des propriétaires terriens Miguel Facussé Barjum, René Morales et Reinaldo Canales, dans les municipalités de Tocoa et Trujillo, département de Colon à l’ouest du pays. Les accords obtenus avec la Présidence de la République et l’Institut National Agraire (INA) quelques jours avant le coup d’état on été totalement violés.

Le Syndicat de Travailleurs de l’Institut National Agraire (SITRAINA), affilié à l’UITA, ainsi que des organisations internationales dénoncent cet outrage, demandant que cesse toute violence et que soit résolu le conflit agraire.

Sur le même modèle de violence appliqué depuis le coup d’état du 28 juin 2009 passé, des effectifs militaires, des policiers et des gardes privés ont attaqué à balles réelles et de caoutchouc, et de gaz lacrymogènes, des familles entières de paysans qui, depuis décembre dernier, avaient pris possession de terres qu’ils réclament être leurs dans la zone de la vallée de l’Aguan.

L’histoire du conflit

Selon les membres du MUCA, au début des années 60, c’est d’après la Loi sur la Réforme Agraire promulguée, que des centaines de familles paysannes pauvres s’octroyèrent le droit d’appartenance de terres publiques et privées.

Durant la décennie des années 70, l’état conclut des accords avec des entreprises paysannes sur des milliers d’hectares cultivant des palmiers africains, dans la région connue comme le Bas Aguan, dans le département nordique de la Côte atlantique du Honduras. Cependant, au début des années 90, la Loi pour la Modernisation et le Développement du Secteur Agricole qui fut approuvée, avait pour objectif de déposséder ces entreprises de leurs droits sur approximativement 20 000 hectares des meilleures terres du pays.

Toujours selon le MUCA, le processus s’est conclu avec la vente des actifs de 40 entreprises paysannes, toutes concentrées dans les mains des propriétaires terriens Miguel Facussé Barjum, René Morales et Reinaldo Canales. Ce processus d’acquisition a été caractérisé par plusieurs irrégularités. Des membres de la coopérative ont découvert que l’accord de vente établi par les acheteurs mentionnait qu’ils utilisaient la terre pour sa culture et sa production, mais que la propriété de cette dernière restait en possession de l’Etat pour l’utilisation exclusive en cas de réforme agraire.

C’est en 2001 qu’ont commencé les réclamations de terres acquises de manière frauduleuse par des entrepreneurs corrompus par les pouvoirs publics et pour d’autres terres qui n’ont jamais été inscrites au nom des acheteurs, mais dont l’Etat a reconnu les droits sous forme de concessions jusqu’en février 2005.

Après un long processus de revendications, de prise de terres et de routes en signe de protestation, c’est en 2009 qu’on est entré dans un processus de négociation dans lequel le MUCA a présenté une proposition d’accord pour solutionner le conflit, et deux semaines avant le coup d’état, une convention a été signée entre l’INA, les paysans et les propriétaires terriens, approuvé par le Président Manuel Zelaya Rosales, le maire de Tocoa et le Gouverneur de Colon. Ils se sont accordés pour créer une commission tripartite afin de réviser le procédé légal utilisé pour l’acquisition de terres par les propriétaires terriens.

Cependant, le coup d’état du 28 juin 2009 a paralysé le processus de négociation et le MUCA a commencé la lutte dans les rues pour exiger le retour de l’ordre constitutionnel, s’ajoutant à la prise de l’INA.

La lutte va continuer

golpe-hondurasDevant l’intransigeance des nouvelles autorités de facto, c’est le 9 décembre dernier qu’a commencé la récupération définitive des terres, ce qui a provoqué une violente réaction de la part des corps répressifs après avoir reçu un ordre judiciaire de délogement.

“Ces terres ont été acquises de façon illégale par une partie de ces 3 propriétaires terriens et elles appartiennent toujours à l’état. Mais ils ont préféré agir violemment au lieu de suivre le processus de négociation entamé avant le coup d’état afin de résoudre le conflit” a dit le secrétaire général du SITRAINA, Luis Santos Madrid, à Sirel.

Ce fut un délogement très violent et des gens ont été arrêtés. Le SITRAINA est en train de se mobiliser pour que le directeur actuel de facto, de l’INA procède à la légalisation de la terre en faveur des paysans du MUCA. Il est évident que ce qui s’est passé est le produit de la situation découlant du coup d’état, et nous sommes dans une situation dans laquelle la justice ne s’applique uniquement que dans l’intérêt des puissants et contre les paysans !” a conclu Madrid.

Au moment de la rédaction de cette note, les derniers paysans arrêtés ont été libérés par la police, cependant, trois d’entre eux seront traînés en justice et seront placées en détention provisoire.

Actuellement, il y a 300 autres personnes qui appartiennent au MUCA qui suivent le processus de récupération des terres et il est à craindre dans les prochains jours un autre délogement violent.

“Les gens continuent dans leur décision de récupérer des terres pour produire, parce que c’est la seule manière de survivre, même si la crainte qu’un massacre se prépare afin de nous éloigner de notre lutte pacifiste” a souligné à Sirel, le Secrétaire Général Régional de l’Atlantique de la CNTC, Lorenzo Cruz.

Les communautés voisines sont en train de s’organiser pour préparer un plan de récupération et nous voulons que ce soit une proposition de pays, avec la participation du Front de Résistance Populaire. Il n’est pas possible que seuls quelques puissants continuent de contrôler la majeur partie des terres et que des milliers de paysans pauvres n’aient rien.

“Nous voulons un Honduras différent et nous appuyons un processus de changement véritable pour tirer le pays de la pauvreté !” a conclu Cruz. Devant ces faits, le Comité de Familles de Détenus Disparus au Honduras (COFADEH), a appelé la Commission Interaméricaine de Droits Humains (CIDH) afin qu’ils émettent des mesures de protection en faveur des paysans du MUCA, et a condamné “ces actes qui atteignent à la liberté, à la vie et au développement intégral du peuple hondurien”.

La Révolution Vive

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 08:00

chile-triunfo-derecha.jpgAllan MCDonald

C’est un tournant historique que vient de vivre le Chili, suite au deuxième tour de l’élection présidentielle de ce 17 janvier. La droite conquiert le gouvernement « par les urnes » pour la première fois depuis plus de cinq décennies : le dernier président de droite élu était M. Jorge Alessandri, en… 1958. Se référant à la transition démocratique qui mit fin à la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1989), certains analystes n’hésitent pas à parler d’une « deuxième transition ». Selon eux, cette première alternance depuis la fin de la dictature serait même preuve d’une bonne santé démocratique. Après dix-sept ans d’un terrorisme d’Etat qui mit fin à l’expérience de l’Unité populaire de Salvador Allende, et à deux décennies d’une démocratie sous tutelle issue d’une « transition pactée », conduite par la Concertation des partis pour la démocratie — coalition de circonstance entre le Parti socialiste (PS) et de le Parti démocrate chrétien (PDC) —, le peuple chilien connaîtrait désormais les joies de l’alternance…

Dans son premier discours, le vainqueur, l’entrepreneur multimillionnaire Sebastian Piñera, a appelé à « l’unité nationale » et réitéré ses arguments de campagne favoris, dont la lutte contre « la délinquance et le narcotrafic », la gestion d’un « Etat efficace » avec « beaucoup de muscle et peu de gras », tout en se disant préoccupé par le sort « des plus faibles et de la classe moyenne ». Il a promis durant la campagne qu’il créerait un million d’emplois...

Sur presque sept millions de votes exprimés, le candidat élu a remporté le second tour avec 51,6 % des voix au nom de la Coalition pour le changement qui regroupe la droite libérale — Rénovation nationale (RN), dont il est issu) et les secteurs catholiques et conservateurs de l’Union démocratique indépendante (UDI), héritiers directs de la dictature. L’ancien président démocrate-chrétien Eduardo Frei (1994-2000), qui défendait les couleurs de la Concertation, obtient 48,4 %.

Cette élection met donc fin à un cycle de quatre exécutifs concertationnistes consécutifs : un personnel politique installé durablement aux manettes de l’Etat et qui s’était largement adapté au modèle économique hérité de la dictature, tout comme à la Constitution autoritaire de 1980, amendée plusieurs fois mais jamais remise en cause. Outre le manque de charisme de M. Frei et l’absence de renouvellement générationnel, la Concertation apparaît à bout de souffle. Ceci, malgré la grande popularité de la présidente sortante, la socialiste Michelle Bachelet, et un bilan défendu par la plupart des élites du pays, dans lequel l’ouverture économique aux multinationales et la marchandisation des services publics s’est combinée, depuis l’année 2000, avec une politique sociale destinée au plus pauvres.

M. Piñera s’est empressé d’annoncer qu’il ne ferait pas « table rase » de la période antérieure et qu’il restait ouvert à la « démocratie des accords », telle qu’elle a été pratiquée jusqu’à maintenant.

L’élection du 17 janvier signe certainement la fin de la Concertation telle qu’elle a pu exister et va accélérer les tensions en son sein entre le pôle démocrate-chrétien et le PS. La dichotomie démocratie-autoritarisme qui structurait le système politique de la « transition pactée » et permettait à la Concertation d’en appeler au « moindre mal » en cas de ballottage, ou de justifier des réformes faites « dans la mesure du possible », ne fonctionne plus. Née en 1988, la coalition a eu pour fonction essentielle de négocier une sortie de dictature avec les militaires et les classes dominantes. Ce pacte a signifié l’acceptation du modèle néolibéral des « Chicago boys », de nombreux accords parlementaires avec la droite, le maintien de toute une partie de l’héritage institutionnel autoritaire (Constitution, système électoral binominal, code du travail, loi d’amnistie) et la garantie d’une large impunité pour les responsables de violation des droits de l’homme (1).

Ce scrutin, le premier depuis la mort du général Pinochet en 2006, s’inscrit dans un champ politique dont la fluidité croissante, accentuée par le renouveau des luttes sociales, s’est accélérée au cours des derniers mois. La crise des partis gouvernementaux s’est concrétisée dès le premier tour, notamment avec la candidature dissidente de M. Marco Enríquez Ominami (MEO) (2), lui-même issu de la Concertation. Son discours critique, alternant quelques mesures progressistes et un programme économique libéral sur le fond, a déstabilisé les forces politiques traditionnelles. M. Ominami a su attirer les votes d’une partie de la jeunesse scolarisée, des classes moyennes urbaines et a capté pas moins de 20 % des voix au premier tour, pour finalement — peu avant le second tour — appuyer publiquement M. Frei.

Marginalisé dans le flot d’un immense show politique télévisé, le Parti communiste et ses alliés — au sein de « Juntos Podemos » (ensemble nous pouvons) — ont tenté de défendre la candidature de M. Jorge Arrate (lui aussi issu du PS et ex-ministre), avec un programme proposant des réformes sociales, un retour des services publics, un changement de la Constitution et une alliance « instrumentale » au niveau des élections législatives avec la Concertation, destinée à rompre « l’exclusion institutionnelle » de la gauche extraparlementaire (3).

Au sein de la gauche de la gauche, la fragmentation continue de dominer, mais nombreux sont les militants, tel le Mouvement des peuples et des travailleurs (MPT) — qui regroupe plusieurs petites organisations anticapitalistes —, qui ont fait campagne pour « annuler le vote », dénonçant l’absence de candidats « indépendants du système » et donc d’alternative. Malgré tout, une partie importante du mouvement syndical, dont la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), se sont ralliés à la candidature centriste face à une droite considérée comme « dangereuse » pour les droits de salariés.

Cependant, la campagne de M. Frei n’a pas proposé de perspectives réelles face à l’immensité des inégalités sociales pour lesquelles le Chili est l’un des champions de l’Amérique latine… A la différence d’une droite qui a modernisé son image à grand renfort de communication, M. Frei rappelait trop la continuité d’un gouvernement marqué, pendant son mandat, par de nouvelles privatisations, la fermeture de la plupart des médias indépendants ou encore le refus de voir M. Pinochet être extradé en Espagne par le juge Garzón.

Quant aux jeunes, ils sont plus de deux millions à n’être pas inscrits sur les registres électoraux, ne se reconnaissant pas dans une représentation nationale qu’ils estiment éloignée de leurs préoccupations quotidiennes (4). Ce ras-le-bol est aussi celui de certains intellectuels de renoms, tel l’historien Sergio Grez, qui affirmait : « Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, les habitants de ce pays continueront à souffrir du modèle néolibéral que les deux aspirants à la Présidence de la République — avec des nuances — prétendent consolider. »

Dans ce pays qui a connu au cours des trente dernières années une véritable « révolution capitaliste », pour reprendre l’expression du sociologue Tomás Moulian, la citoyenneté fait en effet souvent place à une forte dépolitisation. Le constat du journaliste Mauricio Becerra est amer : « La fin du scénario était évidente : à donner tant de pouvoir au grand capital, c’est le patronat qui a fini par prendre le contrôle de l’Etat (…). Très peu d’entreprises publiques sont encore à privatiser. La subjectivité individualiste néolibérale façonne les prototypes identitaires. La concentration de toutes les craintes sur les délits contre la propriété, plutôt que face à l’insécurité sociale ou au manque de participation, est installée dans l’imaginaire collectif (5).  »

Parfois surnommé le « Berlusconi Chilien », M. Piñera est l’un des hommes les plus riches du pays avec une fortune évaluée à 840 millions d’euros (sept cent unième fortune du monde au classement Forbes 2009). Il s’est enrichi durant la dictature — en partie de manière frauduleuse, selon les révélations des journaux La Nación et El Siglo — et contrôle une des principales chaînes de télévision — Chilevisión —, la compagnie d’aviation Lan Chile et un important club de football (Colo Colo).

Les investisseurs ne s’y sont pas trompés : le lendemain de l’élection, les actions en Bourse de ses entreprises ont connu une hausse de 13,8 %... Il bénéficie en outre de l’appui direct des grands moyens de communication, ce qui lui a permis de mener une campagne médiatique offensive et de se départir de l’ombre de la dictature qui continue de planer sur l’ensemble de la droite chilienne. M. Piñera, qui rappelle à l’envie qu’il a voté « non » au référendum de 1989 contre le général Pinochet, n’a toutefois pas hésité à affirmer qu’il compterait sur la collaboration d’anciens membres du régime militaire si leurs qualités pouvaient servir le pays. Les parlementaires ultraconservateurs de l’UDI attendent aussi leur dû du nouvel exécutif : alors que la droite contrôle la moitié des deux chambres, l’UDI possède à elle seule quarante députés (un tiers des sièges) et huit sénateurs (à égalité avec RN).

Sur cette base, ce sont sûrement quatre années difficiles qui attendent les familles de détenus disparus de la dictature, le peuple Mapuche mobilisé dans le sud du pays, les citoyens qui réclament une assemblée constituante et, plus largement, le mouvement social et syndical, véritables bêtes noires de M. Piñera. Mais ce tournant politique va aussi peser sur le plan régional. C’est derrière les Etats-Unis, aux côtés du Pérou, de la Colombie (le président Alvaro Uribe est l’un des exemples à suivre, selon M. Piñera) et face à l’axe « bolivarien » (Venezuela, Equateur, Bolivie, Cuba) que se situera le Chili, à partir de mars prochain, sur le plan géopolitique. Cette arrivée d’une droite décomplexée à la Moneda, le palais présidentiel qui vit la mort du président Allende le 11 septembre 1973, aura donc un impact bien au-delà de la Cordillère des Andes au moment où les peuples de l’Amérique latine tentent d’affirmer leur indépendance face aux géants du Nord.

Franck Gaudichaud

* Maître de conférences en civilisation hispano-américaine à l’université Grenoble 3. A dirigé : Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine, Textuel, 2008.

(1) Felipe Portales, Chile, una democracia tutelada, Editorial Sudamericana, Santiago, 2000.

(2) M. Enríquez Ominami est le fils du révolutionnaire Miguel Enríquez, assassiné par les militaires en 1974.

(3) Le PC et sa coalition Juntos Podemos — 6,2 % des voix au premier tour et trois députés — ont appelé à voter pour M. Frei en échange de « douze points de compromis » du candidat concertationniste. Le PC laisse désormais entrevoir une alliance de plus long terme avec le PS et certains secteurs progressistes de la Concertation au Parlement.

(4) Au total, ce sont toujours moins de citoyens qui participent aux élections depuis 1988 ; 31 % des Chiliens en âge de voter, soit 3,8 millions de personnes, ne sont même pas inscrits sur les registres électoraux (au Chili, le vote est obligatoire).

(5) « Se van los capataces y vuelve el patrón », El Ciudadano


Le monde diplomatique

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 08:26

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Les derniers événements au Honduras où le chef des putschistes Roberto Micheletti a été investi député à vie par ses pairs au Congrès National, ainsi que d’autres privilèges dont il jouit, rappellent ce qui s’est passé au Chili où le dictateur Pinochet avait essayé aussi de se dérober à la justice en invoquant l’immunité que lui conférait son titre de « sénateur à vie ».

Dans le cas de Micheletti, il ne s’agit pas d’une initiative malheureuse de dernière minute avancée par un député égaré. Une telle désignation s’inscrit dans le cadre d’un projet élaboré par ceux qui ont pris part au putsch du 28 juin contre le Président légitime, Manuel Zelaya.

Il s’agissait alors de mettre fin à un gouvernement qui n’avait pas suivi au pied de la lettre le scénario traditionnel et qui avait osé commencer à prendre des mesures en faveur du peuple comme la remise de terres en friche aux paysans afin de les rendre productives. Inutile de dire que les putschistes sont en train de démanteler un tel projet y compris en ayant recours aux Forces Armées.

Le 8 janvier, un groupe de membres de coopératives agricoles ont été expulsés brutalement des terres que leur avait remises le gouvernement du Président Manuel Zelaya dans la Vallée d’Aguan, dans le département de Colon et des organisations humanitaires ont dénoncé le fait que trois paysans ont été tués et plusieurs sont portés disparus.

Mais, outre le démantèlement des programmes sociaux appliqués par le gouvernement légitime renversé le 28 juin, les putschistes s’empressent de rompre les liens de coopération et de solidarité qu’avait établis le pays. Les députés ont voté pour le retrait du Honduras de l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique et mis fin immédiatement à tous les accords qui étaient des acquis pour le pays le plus pauvre de l’Amérique Centrale et un des plus arriérés du continent.

Comme l’a fait Pinochet au Chili, les oligarques honduriens et leurs alliés de l’extrême droite, sont en train d’éliminer un par un tous les acquis du gouvernement de Manuel Zelaya, mais ils essayent en même temps d’effacer ses traces et de se couvrir d’un voile d’impunité même si pour ce faire il faut violer les lois et la Constitution qu’ils ont invoquées pour tenter de justifier leurs méfaits.

C’est comme cela qu’il faut interpréter le poste de député à vie accordé à Micheletti qui se verra également accorder la protection de l’État et un salaire à vie dont le montant n’a pas encore été révélé. Cela signifie que la société, outre le fait qu’elle a du supporter toutes ses exactions pendant six mois, doit maintenant, par la voie des impôts, l’entretenir à vie.

Il faut signaler que ce poste de député à vie n’est pas prévu actuellement par les lois honduriennes. Il n’est prévu ni par la Constitution, ni par les lois électorales ni par les réglementations spécifiques sur la structure et le fonctionnement du parlement. C’est aussi illégitime que le putsch lui-même.

D’autre part, la hiérarchie militaire, le bras exécuteur du putsch, cherche à assurer son impunité par une voie différente… Comme chacun sait, le Bureau du Procureur Général de la République a saisi la Cour Suprême d’un recours pour qu’un groupe de 6 généraux fassent l’objet d’une enquête pour l’assaut de la résidence présidentielle, l’arrestation de force du Président et son expulsion du pays.

Mais la Cour Suprême a pris bien soin de typifier d’une façon très particulière la série de délits commis ce jour-là et pendant les mois qui ont suivi

L’arrêt du Procureur Général les accuse uniquement d’abus de pouvoir alors qu’ils devraient être jugés pour trahison à la patrie, violation de la Constitution, assassinat, tortures et disparitions ainsi que pour d’autres délits de lèse humanité.

Les accusés, parmi lesquels se trouvent les principaux chefs des forces armées, ont déjà plaidé innocents et avancent l’argument selon lequel ils se sont bornés à exécuter un mandat d’arrêt livré par la Cour Suprême elle-même qui entend maintenant les juger pour des délits mineurs.

Dans tout cet enchevêtrement d’impunité un nouvel acteur apparaît. Il s’agit de l’OEA, l’Organisation des États Américains, qui, dans l’incapacité totale de rétablir l’ordre constitutionnel car c’est ce qui convenait aux intérêts de ses chefs à Washington, se prononce d’ores et déjà pour la normalisation des relations avec le Honduras après l’investiture de Porfirio Lobo, se joignant ainsi à l’opération de blanchiment d’un délit dont les conséquences perdureront longtemps au Honduras et qui constituent une menace pour la région.
L’esprit des dictatures style Pinochet renaît à Tegucigalpa raison pour laquelle les peuples de l’Amérique Latine et des Caraïbes doivent être vigilants pour éviter tous les risques que cela implique pour leur liberté et leur souveraineté.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:27

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Le président vénézuélien Hugo Chavez a accusé dimanche les États-Unis de vouloir occuper Haïti sous prétexte d'aider ce pays, terrassé par un violent tremblement de terre.

« J'ai lu que 3000 soldats allaient arriver. Des marines armés comme s'ils allaient en guerre. Mon Dieu, il n'y a pas pénurie d'armes là-bas! Des médecins, des médicaments, du carburant, des hôpitaux de campagne, voilà ce que les États-Unis devraient envoyer! » s'est exclamé Hugo Chavez dans son allocution télévisée hebdomadaire.

Ils [les Américains] occupent Haïti sans le dire.

— Le président vénézuélien Hugo Chavez

Le président vénézuélien ne comprend pas pourquoi les soldats américains ne sont pas dans la rue à aider les sinistrés. « Le bouquet, c'est que vous ne les voyez pas dans les rues. Est-ce qu'ils recueillent les corps? Est-ce qu'ils recherchent des blessés? Vous ne les voyez pas. Je ne les ai pas vus. Où sont-ils? » s'est-il interrogé.

Près de 10 000 soldats américains sont déployés en Haïti. À la demande du gouvernement haïtien, ils contrôlent l'aéroport de la capitale où arrive une importante aide internationale. De plus, un navire-hôpital américain doit arriver dans les jours à venir à Port-au-Prince.

Le président haïtien René Préval a fait savoir dimanche que les troupes américaines contribueraient à ramener l'ordre dans les rues, où la tension commence à être palpable en raison de la confusion dans laquelle se fait le ravitaillement des populations.

Les propos du dirigeant vénézuélien font écho à ceux de son allié nicaraguayen Daniel Ortega, qui avait lui aussi critiqué vendredi l'envoi de 10 000 militaires américains dans l'île caribéenne.

Le Venezuela augmente son aide à Haïti

Le Venezuela a annoncé l'envoi de 5600 tonnes de vivres et de 225 000 barils de carburant en Haïti.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, a indiqué par ailleurs que le gouvernement russe avait mis à la disposition de son pays deux avions cargo, d'une capacité de 40 tonnes, afin de renforcer le pont aérien vers Haïti.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 07:29

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Avec la création du "Fonds Bicentenaire pour le Désendettement et la Stabilité", le Gouvernement national fait le choix, à nouveau, d’agir en faveur des créanciers internationaux et au détriment des millions de pauvres de notre pays qui ont besoin de politiques distributives immédiates.

Bien que l’on tente de l’écarter du débat public, la dette externe revient systématiquement sur le devant de la scène et nous montre son vrai visage. Il s’agit d’un instrument financier dont le capital transnational tire profit pour s’accaparer les ressources économiques générées par le travail du peuple.

La dette resurgit maintes et maintes fois dans la vie du pays. Malgré les paiements effectués et les innombrables renégociations que les gouvernements constitutionnels successifs ont mené avec les créanciers internationaux, la dette continue de croitre et de conditionner le développement de l’économie nationale. Plus nous payons, plus nous devons, et plus nous devons, plus l’on exige de nous l’application de politiques d’ajustement structurel afin de poursuivre les paiements et de perpétuer le cercle vicieux de l’endettement.

Ignorant la voix de la Justice argentine qui a déterminé le caractère frauduleux de la dette externe contractée durant la Dictature militaire |1| , les gouvernements constitutionnels, de Alfonsín à Kirchner, ne se sont pas saisis des fondements juridiques et politiques à leur disposition pour annuler la dette externe, ou tout du moins pour négocier avec les créanciers sur un pied d’égalité afin de permettre un changement substantiel des conditions de paiements.

Paradoxalement, la dette, qui conditionne le développement national, resurgit alors que le pays s’apprête à célébrer le Bicentenaire de la Révolution de Mai.

Le "Fonds Bicentenaire pour le Désendettement et la Stabilité” dont le Gouvernement National vient d’annoncer la création comprend un apport de 6 600 millions de dollars issu des réserves internationales du pays. Ce Fonds a pour objectif de garantir aux créanciers le paiement des dettes externes qui arrivent à échéance en 2010 (près de 13 milliards de dollars).

Par ce biais, le Gouvernement entend réinsérer le pays au système financier du capitalisme mondial et accéder ainsi à des prêts aux taux d’intérêt inférieurs à ceux que l’Etat et le secteur privé paient à l’heure actuelle. Mais le pouvoir économique mondial exige pour cela que le Gouvernement s’accorde au préalable avec le FMI, revitalisé par le G20 depuis l’éclatement de la crise internationale. Signalons qu’en tant que membre du G20, l’Argentine est à nouveau soumise aux recettes d’ajustement et de contrôles du FMI |2| .

Qu’est ce que le FMI exige comme étape préalable à l’accord ? Que l’Argentine accepte les audits correspondants et confirme sa volonté de payer le Club de Paris (6,5 milliards de dollars) et les détenteurs de bons qui n’ont pas participé à l’échange de dette de 2005 environ 30 milliards de dollars).

A l’annonce de la création du Fonds du Bicentenaire, la Présidente Cristina Kirchner a affirmé que la mesure "renforce une politique effective depuis 2003 : celle du désendettement par le biais de l’excédent fiscal et de l’accumulation des réserves". En d’autres termes, l’excédent fiscal, obtenu par le biais de l’ajournement des revendications populaires, permet de payer la dette. Le Ministre de l’Economie Boudou a quant à lui souligné que "nous disposons aujourd’hui de plus de 47 milliards de dollars, dont 18 milliards sont des réserves de libre disponibilité, c’est à dire au dessus de la Base Monétaire, et desquelles nous ne prenons que 37%". Comme la base monétaire est constituée de 30 milliards de dollars de réserves internationales, le Gouvernement considère que les 17 milliards restants constituent un "excédent". Seul 1/3 de cet excédent est destiné au Fond Bicentenaire, précise-t-il, ce qui constitue un usage "raisonnable".

Plusieurs questions inévitables se posent à l’analyse des arguments du Ministre Boudou : Les réserves "excédentaires" ne peuvent-elles pas être utilisées pour garantir des projets populaires productifs, de construction de logements, d’hôpitaux, d’écoles ? Ou destinées à la création d’un fond de chômage universel qui garantisse aux millions de chômeurs un revenu décent ? Nous pourrions multiplier les questions, mais chacune d’elles se heurtera à la réalité actuelle : il n’y a pas de moyens, étant donné qu’une grande partie des ressources générées par notre pays sont destinées prioritairement au paiement de la dette externe. C’est une évidence : payer la dette externe implique de continuer à condamner des millions d’Argentins à vivre dans la pauvreté, sans emploi, sans accès à des soins de santé et à l’éducation.

En 2010, l’Argentine devra faire face au paiement de 13 milliards de dollars de dettes qui arrivent à échéance. Ce à quoi s’ajoutent les 6,5 milliards que le Gouvernement paiera probablement au Club de Paris, et les 30 milliards qui seront reconnus et échangés avec les détenteurs de bons. Le Plan d’Allocation pour Enfants |3| , un des plans sociaux parmi les plus ambitieux crées par le Gouvernement national cette année, aura quant à lui un coût annuel d’à peine 2,6 milliards de dollars. Cette simple comparaison de chiffres met d’abord en évidence le fait que le pays dispose de ressources abondantes. Ensuite, elle démontre qu’il est faux d’affirmer qu’il n’est pas possible pour l’instant de réduire la pauvreté, la mortalité infantile, ou qu’il n’y pas de ressources pour investir dans l’éducation, entre autres exemples. Ce qui fait défaut, c’est la décision politique de mettre un frein à l’hémorragie constante des devises par le biais du mécanisme de la dette, et de les redistribuer parmi les secteurs populaires de notre pays.

La gravité de la crise sociale que nous vivons rend indispensable la suspension du paiement de la dette et la réalisation consécutive d’un Audit de celle-ci, qui, sur base de l’analyse des contrats de prêt et du processus de renégociation de l’endettement public, de la destination des fonds et de l’exécution des programmes et projets financés, détermine son caractère légal ou illégal, légitime ou illégitime.

Une grande partie de la dette actuelle trouve son origine dans le processus d’endettement délibéré et frauduleux mis en place au cours des années 70 par les créanciers externes, la Dictature Militaire et les groupes économiques locaux, au détriment du pays. ATTAC- CADTM Argentine considère que seules les dettes contractées par les représentants légitimes du pays et qui ont été utilisées dans l’intérêt du Peuple doivent être payées |4| . Les escroqueries ne sont pas des dettes, et les renégociations successives et échanges de dettes postérieurs à la Dictature ne "blanchissent" en aucun cas ce vice d’origine.

La création du Fonds du Bicentenaire porte préjudice à la souveraineté nationale et aux intérêts populaires, ce qui est contradictoire avec les principes qui ont guidé les révolutionnaires en 1810, quand, avec le peuple protagoniste, ils ont constitué un véritable mouvement démocratique, revendiquant l’héritage de l’esclave et de l’indien, défenseur des droits du peuple et promoteur d’une société dans laquelle règnent la liberté, l’égalité et la fraternité, dans le cadre d’une Amérique latine unie et libre des ingérences étrangères. Après 200 ans, ce même esprit doit renaitre aujourd’hui. Nous devons créer de nombreux Fonds Bicentenaire, mais qui, à l’inverse de celui créé par le Gouvernement national, utilisent les ressources financières dont dispose le pays afin de garantir la réalisation de projets populaires et solidaires, qui visent la construction d’un pays souverain, juste et équitable, dans le cadre d’une Amérique latine unie.


Notes

|1| La résolution "OLMOS, Alejandro s/ Denuncia" (dictée par le Tribunal Criminel et Correctionnel Nro 2, Dossier Nº 14.467) a déterminé l’existence d’au moins quatre cent soixante dix-sept délits liés à l’endettement externe au cours du gouvernement militaire. Martínez de Hoz, le seul à avoir été jugé dans cette affaire, a été relaxé du fait de la prescription de l’action pénale. En 2000, une copie du dossier a été remise au Congrès de la Nation afin qu’il évalue les conséquences de cette affaire et détermine l’éventuelle responsabilité politique qui pourrait reposer sur chacun des acteurs dans les évènements qui ont provoqué l’endettement externe phénoménal de l’Argentine. En contradiction avec les décisions de la Justice, le Congrès a archivé le dossier et l’affaire n’a jamais été traitée.

|2| Lors de la réunion du G20 en septembre dernier à Pittsburgh ( Etats-Unis), l’Argentine s’est engagée à ce que le FMI analyse régulièrement la marche de son économie afin d’ajuster celle-ci aux engagements et objectifs décidés dans le cadre de cette réunion.

|3| Le Plan d’Allocation pour Enfants consiste à octroyer 180 pesos (soit 47 dollars) par mois pour chaque enfant de moins de 18 huit ans et jusqu’à cinq enfants aux personnes qui sont au chômage, qui travaillent au noir ou qui gagnent moins du salaire minimum (1500 pesos (394 dollars) depuis janvier 2010) ) ou les contribuables sociaux mono-parentaux.

|4| La doctrine de la Dette Odieuse, reconnue en Droit International Public, énonce trois conditions cumulatives pour qualifier une dette d’odieuse dont on ne peut dés lors pas exiger le remboursement : 1) elle a été contractée par un régime despotique, dictatorial, en vue de consolider son pouvoir, ou par des représentants illégitimes du Peuple 2) elle a été contractée non dans l’intérêt du peuple, mais contre son intérêt et/ou dans l’intérêt personnel des dirigeants et des personnes proches du pouvoir 3) les créanciers connaissaient (ou étaient en mesure de connaître) la destination odieuse des fonds prêtés.

P.-S.

Traduction : Cécile Lamarque

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 07:09

Lors d'une conférence de presse convoquée par Proyecto Sur et plusieurs députés nationaux et législateurs de Buenos Aires, "Pino" Solanas a répondu à la présidente Cristina Kirchner. Il a affirmé que "dette extérieure est la plus grande escroquerie faite au peuple argentin" et que Proyecto Sur ne participera à aucune session au Congrès si elle ne prévoit pas une enquête sur la dette et la création d'un fond de développement.

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Foto : Leo De Marco.

De g à d : Fabio Basteiro, Humberto Tumini, Miguel Bonnaso, Pino Solanas, Claudio Lozano, Liliana Parada, Alcira Argumedo, Jorge Cardelli y Jorge Selser.

Etaient présents, les députes Claudio Lozano, Alcira Argumedo, Liliana Parada, Jorge Cardelli, Miguel Bonasso et Eduardo Macaluse qui a envoyé son adhésion. Il y avait également Humberto Tumini (Libres del Sur), Jorge Ceballos (Barrios de Pie), les députés porteños Fabio Basteiro (Buenos Aires para Todos), Jorge Selser (Partido Socialista Auténtico) et Julio Raffo (Proyecto Sur).

Mais aussi le chercheur Alejandro Olmos Gaona et l'ex députés Mario Cafiero. Réjoint aussi par l'ex-juge Salvador María Lozada,et Miguel Ángel Espeche Gil, spécialiste de droit international…

Se référant aux déclarations de la présidente argentine en début de semaine refusant la proposition d'enquêter sur la légitimité de la dette extérieure estimant que cela était à la charge de premier gouvernement lors du retour de la démocratie, Solanas s'est montré surpris. L'argument utilisé par la présidente est exactement le contraire que ce qui a été fait pour que soit ouvert l'enquête du Terrorisme d'Etat. « La dette extérieure argentine c'est le cas de terrorisme financier le plus grand dont a souffert notre peuple".

A propos de l'appel lancé par l'opposition conservatrice pour autoconvoquer en sesión extraodrinaire le Congrès en février, "Pino" Solanas a expliqué qu'ils y assisteraient seulement s'il est prévu de former une Commission réunissant des membres des deux chambes qui enquête sur la dette externe et étudie l'usage des des réserves pour former un Fonds Nationale de Développement. "L'espace de Proyecto Sur a établit une position de príncipe qui est inégociable et attire l'attention de toutes les forces politiques qui regardent d'un autre coté et qui veulent que continue silencieusement le scandal de la dette", et d'ajouter "Après avoir payé plus de 150.000 millions de dollars de dettes durant ces 26 ans de démocratie, l'Argentine plus de 170 ou 180.000 millions. En conséquence Proyecto Sur ne participera à aucune autoconvocation extraordinaire du Congrès qui tourne autour de cette question sans inclure l'enquête sur la dette. C'est un engagement national incontournable "

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