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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 17:37

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Blog Solidaridad Latina |

D'anciens esclaves aujourd'hui propriétaires de leurs terres. Dans une région difficile d'accès, en Bolivie, les premières redistributions redonnent espoir.

"Aujourd'hui nous pouvons circuler librement, sans peur. Nous avons récupéré autour de 40.000 hectares.”, annonce Demetrio Yaparico, dirigeant des communautés de l'Alto Parapeti. Le jeune Indien guarani au regard brillant pose avec fierté devant un lopin durement acquis par la communauté de Yaiti, nichée dans cette région reculée du sud-est bolivien.

Cette terre compte parmi les premières que l'Etat a repris aux grands propriétaires pour les remettre aux communautés indigènes. La loi de réforme agraire adoptée en 1996 aurait dû leur assurer la récupération de terres il y a plus de dix ans, mais seule l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales a mis cette mesure à l'ordre du jour.

 “Avant lui aucun président n'a jamais pris au sérieux les dénonciations que nous faisions car les gouvernements ne faisaient rien pour les Indiens”, explique Wilson Changaray, président de l'Assemblée du Peuple Guarani (APG) et député du MAS (Mouvement vers le socialisme), le parti présidentiel.

Dès les prémices de leur travail sur le terrain, les fonctionnaires de l'Inra (Institut national de réforme agraire), chargés de relever des informations sur l'utilisation des sols et le respect du droit du travail, ont été accueillis violemment par les propriétaires. Les hacendados ou grands cultivateurs s'étaient armés pour les empêcher d'entrer sur leur domaine. Lorsqu'ils ont enfin pu accéder aux sites, les fonctionnaires ont été frappés par les conditions de travail et de vie des Indiens.

Rien de plus que des animaux

Nous mangions comme des animaux, tous dans le même plat. Pour les propriétaires nous n'étions rien de plus que ça, des animaux.” décrit Fausto*, 55 ans. L'homme paraît 20 ans de plus que son âge. Comme des centaines d'Indiens guaranis, il a été maltraité, exploité, abusé depuis son enfance. Des souvenirs qui le hantent sans qu'il puisse les partager: “Si je parle ils (ndlr: les propriétaires) vont encore me frapper. A cause de leurs coups, ma femme dit que je ne suis plus très normal”, s'excuse-t-il.

Depuis 1940, nous assure-t-il, de grands hacendados ont maintenu en servitude les indigènes de la région. Une situation cachée à tous du fait de la configuration des lieux: aucune communauté n'est accessible en moins d'une heure de chemin cahoteux depuis Camiri, bourgade elle-même située à 4 heures de voiture de Santa Cruz, la capitale régionale.

Camilio*, vieil homme à la peau burinée et au corps maigre, raconte: “Mon patron était comme mon père, je lui appartenais, je n'étais jamais tranquille, pas un instant de répit”. Les “employés” guaranis travaillaient parfois 18 heures par jour, sans repos hebdomadaire.

Nous parlons de plus de 100 ans d'esclavagisme où les Guaranis étaient achetés comme des bêtes”, commente Wilson Changaray. Une dénonciation relayée par les instances internationales, comme le souligne un rapport d'Amnesty: “Plus de 167 familles appartenant au peuple guarani vivent sous le joug de la servitude, contraintes au travail des champs par les dettes ou à d’autres formes similaires d’esclavage dans 13 exploitations agricoles du territoire d’Alto Parapetí.

Les esclaves guaranis n'avaient pas besoin de chaînes, ils avaient des dettes. “J'étais payé un pantalon par an, plus la nourriture, du maïs et du sel chaque jour et un verre d'eau”, se souvient José*, 55 ans, de la communauté de Yaiti.

Ce pantalon était gracieusement “prêté” par le propriétaire en début d'année à son employé, afin que ce dernier lui soit redevable. L'ONU a même relevé des cas d'abus sexuels de jeunes filles guaranis par les patrons qui, lorsqu'elles tombaient enceintes, les expulsaient.

La revanche

Aujourd'hui Julia*, 29 ans, son bébé sur les genoux, se félicite qu'aucun membre de la conmunauté de Yaiti ne travaille pour René Chavez, le propriétaire terrien. “Chaque famille a son petit potager, et nous cultivons enfin pour nous et non pour le patron. Mais nous n'avons que 10 hectares, c'est trop peu...”.

Même constat du côté de Tacete, à une heure de 4X4 de là. “Nous avons 804 hectares pour 22 familles, détaille le dirigeant de la communauté, Lorgia Seaj Cruz. Ce n'est pas suffisant mais au moins nous cultivons pour nous, chacun a sa petite production, nous allons de l'avant à présent.

Le processus d'attribution des droits de propriété, qui se réalise dans la capitale, La Paz, est très long. Le défi des années à venir, d'après le député Wilson Changaray, sera non seulement l'accélération de la récupération du territoire communautaire d'origine des Guaranis, mais aussi l'attribution d'aides aux familles “libérées”. Tous ont confiance en leur président fraîchement réélu et en sont certains, “il n'y aura pas de retour en arrière”.

*Certains prénoms ont été changés pour des raisons de sécurité.  

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 17:16
Atilio Boron, la voix experte de la géopolitique

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AUTEUR:  Joseba MACÍAS

Traduit par  Esteban G. Revisé par Michèle Mialane

Atilio Boron est un des grands noms de la sociologie latino-américaine contemporaine. Il est né à Buenos Aires en 1943 et on s’arrache ses œuvres. Peut-être parce qu’il n'a pas un style doctoral et que ses essais et réflexions continuent à mettre l’accent sur la nécessité de transformer la réalité en oeuvrant à un monde meilleur. Un monde dans lequel ce « continent de l'espoir », comme le définirait Salvador Allende, montre  par son exemple qu’il est réellement possible de vivre sans que notre vie et nos rêves soient soumis à l'injustice du marché.

On dit que Fidel Castro cherche souvent à le rencontrer pour connaître ses impressions sur la marche de l'Amérique latine et du monde. Il n'est pas le seul. Ses livres, diffusés à des  milliers d’exemplaires, ont fait de lui  l’un des sociologues les plus répandus et les plus connus. Atilio Boron nous reçoit entre une tasse de thé et son sourire complice dans l'attente d'un dialogue sans a priori sur cette Amérique latine qu’il parcourt physiquement et intellectuellement depuis déjà pas mal de décennies. Une terre où souffle maintenant un vent de changement et de rénovation entre crise, espoirs collectifs et quelques autres soubresauts imprévus.

Vous faites partie des rares personnes qui ont eu l'occasion de voir Fidel et de discuter avec lui  après son retrait des charges publiques, précisément à la demande du Commandant lui-même. Quelle a été votre impression?

Fidel est toujours une personnalité incontournable  de la vie cubaine. Surtout dans les couches les plus politisées, mais aujourd’hui le peuple en général continue lui aussi à lire ses réflexions avec grande attention. Il est, de plus, une des rares personnes, à mon avis, qui est capable de dépasser la fracture générationnelle. La dernière fois que je l’ai rencontré, le 7 mars de cette année, je l'ai trouvé vraiment bien portant. Au moment de nous séparer il m'a donné une très robuste accolade, pas celle d’un petit vieux malingre. Je lui ai même fait une boutade : «  Commandant, sincèrement je vous trouve beaucoup mieux qu’Ingrid Betancourt lorsque les FARC l’ont libérée ». Et alors il a éclaté de rire . En vérité, il est très lucide et toujours attentif au moindre fait. Sur sa table de travail, il y avait les cahiers où figurent systématiquement les sujets : Environnement, USA, Amérique latine, Proche Orient…C’est un homme d’une lucidité impressionnante. Je peux te raconter une autre anecdote : il avait en mémoire l’organigramme des vols de la Cubana de Aviación, que ses collaborateurs ne connaissaient pas, avec assez de précision pour savoir que je devais partir à Buenos Aires le dimanche parce qu'il n'y avait pas de vol le lundi…C'est vraiment un homme doté de grandes capacités et il est très heureux avec ce qu'il fait.

En outre votre visite s’est située à un moment très compliqué à Cuba, par exemple la destitution de Carlos Lage, Felipe Pérez Roque ou Carlos Balenciaga, secrétaire personnel de Fidel lui-même.

Oui, c'est vrai. Par respect je ne voulais pas lui parler de ce sujet mais c’est lui qui a entamé la discussion sans contester l’information. Fidel m'avait dit que Raúl et le Conseil d'État s’occupaient déjà de cette affaire. Ils m’ont consulté, m’a-t-il signalé, et la seule chose que je leur ai demandée, c’était de me fournir une preuve manifeste. Lorsque je l'ai eue, me disait Fidel, j’ai acquiescé. Selon lui  nous n'avions affaire ni  à de la corruption, ni à une  fraude ou quoi que ce soit de similaire. Et d’ailleurs, il me l’avait fait remarquer plusieurs fois. Aucune de ces personnes n’est inculpée par la justice, actuellement elles travaillent à différentes tâches correspondant à leur profil professionnel. Pour Fidel, elles ont commis une faute d’une incroyable naïveté. Une ambition démesurée les a conduites à faire passer des informations internes à l’étranger . En fin de compte, je peux te dire que Fidel va vraiment bien, il n'est en rien isolé du suivi de l'actualité dans son pays et dans le monde et, en plus, il suit scrupuleusement le conseil de ses médecins, chose qu’il ne faisait pas avant.

Pensez-vous que Fidel Castro serait prêt à assumer les transformations que beaucoup considèrent comme nécessaires et imminentes dans la Révolution cubaine ?

Je crois que la priorité  actuelle de Fidel est d'écrire et de laisser un héritage sur les principaux sujets qui affectent l'humanité. Oui, bien sûr, il est conscient qu’il faut apporter une série de changements à Cuba et que ceux-ci doivent être très profonds, et en phase avec un défi historique fondamental pour la Révolution, par exemple : développer à l’intérieur du socialisme une réforme qui n'implique pas le retour au capitalisme. Même si beaucoup le pensent, nous ne parlons pas d'un « modèle chinois », évidemment. Ils [les Cubains] savent qu'ils doivent inventer de nouveau leur propre chemin et ils y travaillent en profondeur. Mais nous ne pouvons pas oublier qu'ils ont eu la grande malchance de souffrir de trois immenses ouragans rapprochés dans le temps, qui ont détruit pratiquement 20% de leur PIB. Qu’ils ont souffert de la chute du prix du nickel sur le marché international, bien qu'il commence à remonter en ce moment. Et en plus, vient s’ajouter la crise mondiale… Fidel et l'actuelle direction sont très conscients de tout ceci et de la nécessité de promouvoir des mesures économiques et sociales urgentes en accord avec la nouvelle réalité de la Cuba de 2009.

Une nouveauté  significative que vous connaissez si bien en Amérique latine, est qu’une bonne partie des pays du continent est maintenant gouvernée par des organisations qui proviennent de ce que nous pourrions appeler une « réflexion socialiste ». Rythmes, traditions et nuances diverses, bien sûr, mais c’était une chose encore impensable il y a seulement quelques années.

Si nous voulons parler de socialisme dans toute son ampleur, aujourd’hui nous n’avons vraiment que Cuba comme pays socialiste. Il y a ensuite trois gouvernements, le Venezuela, l’Équateur et la Bolivie, qui développent des processus de construction d'une alternative socialiste, des processus très différents entre eux. Et par chance, à un moment où il n'y a déjà plus d'autres modèles à imiter. Le cas bolivien, par exemple, se nourrit de son extraordinaire capacité d'organisation qui vient de l'époque précolombienne et qui a laissé en retrait tous ces sociologues postmodernes qui avaient vu dans l’accès au pouvoir d'Evo Morales précisément une manifestation postmoderne…Toutefois au Venezuela, il n'y a pas de tradition organisatrice ni précolombienne ni post-colombienne, ce qui expliquerait l'importance du rôle de leadership de Hugo Chavez. Ensuite il y a Rafaël Correa en Équateur, formé dans le christianisme progressiste de l'Université de Louvain et qui a décroché un peu plus tard un doctorat en économie dans l’Illinois… À mon avis, les autres vont dans une autre direction. Les gouvernements du Brésil, d'Argentine, du Chili ou de l'Uruguay pensent que la solution aux problèmes du capitalisme se trouve dans le capitalisme lui-même. En Argentine, par exemple, lorsqu’on écoute parler les Kirchner, ceux-ci ne laissent place à aucun doute. Au Brésil, en deux siècles d'histoire, jamais le système bancaire n'a été aussi rentable pour le grand capital que depuis l’arrivée de Lula au pouvoir. Ce sont des mécanismes bancaires qui s’adaptent à l’intérieur du système capitaliste. Cependant , il est vrai aussi que ces gouvernements constituent un appui fondamental pour les premiers que j’ai cités et qui travaillent pour une alternative véritablement socialiste. C’est un fait réel et objectif,  mais la forte pression, en plein essor, qu’exerce la base populaire n’y est pas étrangère, dans des pays comme l'Argentine ou le Brésil. Sans oublier que tous les gouvernements timorés de ce prétendu  « centre-gauche », pro-capitalistes et amis des Nord-Américains, courent dans les prochains mois de sérieux risques d'être renversés. Alors, que les gouvernements qui ont engagé des processus de changement plus audacieux, en réformant la Constitution, l'économie, les institutions ou en convoquant des référendums de manière permanente, sont tous très solides. Il faudra tirer des leçons de tout ceci. Par exemple :  lorsque tu manques de courage, le peuple te tourne le dos. Comme le disait mon professeur Fernando Enrique Cardoso, « les peuples préférerons toujours l’original à la copie ». Et c'est vrai.

Un cas particulier qui a toujours attiré mon attention est précisément, si vous me permettez, celui de votre pays, l'Argentine. Une longue tradition théorique pour une gauche toujours éclatée, sans vouloir se constituer en véritable alternative de pouvoir. Les données permettent de connaître l'existence de plus de huit cent partis politiques, ce qui ferait réfléchir, sans doute, Freud lui-même. En perpétuant cette mode, l’Argentine en devient une référence.

Oui, je le reconnais, il faut absolument penser à Freud. Parce qu'il y a une véritable psychopathologie politique en Argentine. Moi, par exemple, de nos jours, je ne connais pas d’autre pays où le débat entre Lénine et Trotski sur la révolution de 1905, ou même celle de 1917, entraîne une  scission du mouvement étudiant qui se termine par des coups, comme cela s’est passé à l'Université de Cuyo, à Mendoza, il y a quatre ou cinq ans. Cela n'a ni queue ni tête et je renonce désormais à l’analyser. En Argentine, seul Jorge Luis Borges s’y applique et c’est tout. Figure-toi que diverses études et diverses enquêtes démontrent qu'il y a une gauche sociale dans notre pays qui représente au moins 30 à 35% de la population. L’année qui a suivi la débâcle économique  en décembre 2001, il s’est créé plus d'œuvres théâtrales à Buenos Aires qu’à Londres ou à New York. C’est un exemple de la vitalité culturelle et critique du pays… Fidel lui-même, très étonné, me disait en 2001 qu'il ne comprenait pas pourquoi nous n’étions pas capables de faire une grande alliance de toutes les forces s'opposant au néolibéralisme. Je lui ai dit : « Attendez, Commandant, cela ne dépend pas de moi. Je suis d'accord avec vous »…C’est le narcissisme des petites différences, devenu une fin en soi, tel que le signalait le Maestro Freud. La seule façon de comprendre le problème fondamental dans la conjoncture actuelle, c’est de voir la manière dont se sont conduits les soviets en 1905… C'est pourquoi nous en sommes où nous en sommes. La seule bonne nouvelle, au milieu de ce désert, c’est que la droite est également très divisée.

J'aimerais connaître également votre avis au sujet du rôle joué  par la social-démocratie espagnole en Amérique latine. Dans l’intervalle, du moins, elle donne l'impression que son influence est vraiment importante aujourd’hui, qu’elle doive ? sauvegarder les intérêts économiques des entreprises espagnoles dans la région ou exporter des « recettes politiques ».

Sans aucun doute. La social-démocratie espagnole constitue principalement un écran voilant  la protection accordée aux politiques de pillage qu’appliquent les entreprises espagnoles qui ont pignon sur rue. C’est par exemple le cas de Repsol. Ou celui d'Iberia lorsqu’elle a acheté les avions d'Aerolíneas Argentinas et ses agences partout dans le monde. Cette social-démocratie nous a aussi vendu le modèle du Pacto de la Moncloa [Accord de la Moncloa], un exemple de « succès » de la transition espagnole, en s’appropriant au passage pour le compte du groupe Prisa un grand nombre de médias qui ont été assujettis aux grands diktats des USA : radios, télévisions, journaux, revues, livres scolaires…Comme dans l'État espagnol. Sauf qu’en Amérique latine, cet état de fait est aggravé par les conditions de pauvreté, de retard culturel, etc. Je vais te raconter une anecdote pas très connue qui résume parfaitement ce dont nous parlons : le 20 décembre 2001, la dernière visite officielle reçue par le président De La Rúa, en plein effondrement de l'économie et à quelques heures de sa démission, a été celle de Felipe González. Il est venu pour demander de ménager les entreprises espagnoles. À l’heure où il y avait plus de vingt-cinq morts, l'ex-Président espagnol faisait son apparition pour se préoccuper des investissements et des affaires de son pays.

Dans la longue liste de pays où ces intérêts sont présents, nous ne pouvons pas oublier la Colombie…

En effet. En soutenant la présence des entreprises espagnoles aidées par ce délinquant de droit commun, Álvaro Uribe. J'ai publié plusieurs réflexions et des essais sur Uribe, certaines sont basées sur des documents déclassifiés par les USA eux-mêmes. Il est clair que, déjà, depuis 1991, d’après les rapports de la DEA, c’est lui qui articule les relations entre le cartel de Medellín et le gouvernement colombien pour faciliter les affaires de la drogue. Et c ‘est la DEA elle-même qui le dit. Il est incroyable qu’un tel dossier soit connu depuis cette date sans qu’on ait rien entrepris contre Uribe. Et la social-démocratie espagnole est là, à soutenir tout ça…Sans que nous puissions arriver à l'expliquer directement au peuple espagnol lui-même  tant  le contrôle exercé sur les médias est féroce.

Et maintenant regardons vers le Nord : quel est votre avis sur la première année de l’administration Obama ?

Comme l’a dit Noam Chomsky, Obama est un Blanc qui s’est trop exposé au soleil. J'ai beaucoup parlé de lui avec Fidel. En tant que personne, il juge Obama correctement. Mais je pense que l’affaire du Honduras a bien montré le rôle des USA dans  la politique intérieure de notre continent, malheureusement  définie par les « faucons ». Lorsque le coup d’État s’est produit, Obama l’a immédiatement condamné. Mais le jour suivant, Hillary Clinton a  rectifié les  déclarations du Président. Une chose vraiment inhabituelle dans la tradition protocolaire US. Elle ancre l'idée que le nouveau gouvernement n'est pas putschiste mais « intérimaire ». Une thèse que l'appareil idéologique US répand dans toute l’Amérique latine par l'intermédiaire de CNN. À partir de cet instant une lutte de pouvoir interne va s’enclencher et dans cette lutte Obama est resté isolé. Je crois que la crise du Honduras représente un épisode fondamental pour comprendre sa non-légitimité au niveau international ; et en plus à un moment où il menait avec Medvedev et Poutine des négociations très difficiles au sujet de la fin des accords Salt 1 et Salt 2 et d'une remise à plat du contrôle de l'arsenal nucléaire. Tout paraît indiquer que les Russes lui ont demandé de démontrer qu’il contrôle réellement son propre pays. En définitive, Obama est un personnage qui a très peu de poids dans les grandes décisions qui touchent la politique et l’économie des USA. Le « cas du Honduras » en est le parfait exemple. Si Obama avait tenu les rênes de la situation, en deux temps trois mouvements, il pouvait déloger du pouvoir le putschiste Micheletti. Il lui suffisait de faire ce dont George Bush avait menacé le Salvador en 2004 pour empêcher la victoire de celui qui était alors le candidat du FMLN, Schafik Handal : faire d'abord parvenir des messages, par des fonctionnaires, en menaçant de bloquer les envois des émigrants salvadoriens vivant aux USA à leur famille au Salvador. Alors que Schafik était donné gagnant des élections par les sondages de rue, trois semaines plus tard, il encaissait un échec spectaculaire. Obama ne l'a pas fait au Honduras. La raison ? Le département à même de le faire, est précisément celui qui a signé l'accord avec Uribe sur l’implantation des bases en territoire colombien ou qui ne veut pas lever le blocus contre Cuba, et c’est une fois de plus ce département qui a décidé. Il est clair maintenant, que ce n’est pas Obama qui décide. Et Hillary Clinton sera très probablement la prochaine candidate aux élections, et l'establishment aura alors à nouveau le contrôle direct de la Maison Blanche.

Si vous le désirez, nous pouvons terminer, en parlant de cette crise planétaire qui, paradoxalement, semble renforcer une fois de plus les choix électoraux des partis conservateurs dans le monde entier. Comment pouvez-vous expliquer ce phénomène ?

Je crois cela reflète tout simplement la grande victoire idéologique remportée par le néolibéralisme durant les quarante dernières années. Il a été établi que toute alternative non capitaliste est un délire, une aventure, un saut dans le vide. Je pense que cette crise ne va pas avoir l’image d'un « V », comme disent certains, mais plutôt d'un « L » comme cela s’est déjà produit au Japon à partir des années 90. Nous sommes au début d’une crise profonde et de très longue durée. Crois-tu que les membres du G20, par exemple, peuvent résoudre la crise? C’est véritablement pathétique. Tu donnes pouvoir aux docteurs qui nous ont empoisonnés pour qu’ils nous prescrivent les traitements qui vont nous guérir…Finalement, je crois que nous sommes face à une crise beaucoup plus grave que les deux précédentes, celle de 1929 et celle de 1973. D'abord parce qu'aucune d’elles n’avait coïncidé avec une crise énergétique. Et de plus, parallèlement, une crise alimentaire démesurée est en train de se développer. En Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique latine nous avons vu des révoltes de la faim…Alors que l’on consacre un nombre chaque fois plus important d'hectares de terre à la production de carburant. L'accord Bush-Lula, signé à Sao Paulo en 2007, en est un exemple caractéristique…Et le problème du changement climatique a été ajouté à cet accord pour que nous comprenions que cette crise est sans aucun exemple dans l'Histoire. Face à cet état de fait, il ne nous reste plus qu’à penser à la construction d'une véritable économie post-capitaliste. Appelons-la comme nous le voulons, mais il s'agit d'engager résolument et rapidement un processus de sortie du « tout commerce ». Nous ne pouvons plus faire reposer le rapport à la nature de nos sociétés sur des principes mercantiles. Voilà le principe de base du monde à construire : « démarchandiser » la nature, la santé, l'éducation, la sécurité sociale…


 

 


 

Source : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=96979

Article original publié  le 14 décembre 2009

Sur l’auteur

Esteban G. et Michèle Mialane sont membres de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, l'éditrice et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9549&lg=fr

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 16:13

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AUTEUR:  Gloria MUÑOZ RAMIREZ

Traduit par  Philippe Cazal

En ce 1er janvier 2010, 16ème anniversaire de l’insurrection zapatiste, Tlaxcala salue ses frères et soeurs qui continuent leur combat exemplaire pour construire des alternatives au Chiapas.



« Il ne s’agit pas de faire des affaires. Il s’agit seulement de répondre à un besoin des villages et jusqu’à présent tout le monde est satisfait parce qu’on voit que ça marche et que l’on résout les problèmes de façon collective. »

La Realidad, Chiapas. Les villages zapatistes affrontent chaque jour de nouveaux défis pour rendre réelle l’autonomie de leurs territoires. C’est une histoire de succès et d’obstacles, de création, d’invention et de mise en pratique d’idées nouvelles. Il s’agit pour eux de perdre la peur de se tromper sur un chemin emprunté en 1994, qu’ils ont balisé avec la création des gouvernements autonomes en 2005 et qu’ils continuent à tracer tous les jours. Et tout cela sous la pression du harcèlement des militaires et des paramilitaires, de l’acharnement policier et des projets du gouvernement qui visent à diviser les communautés ; à quoi vient s’ajouter la pénurie à grande échelle que subissent les plus de 40 communes autonomes en résistance. L’autonomie se construit presque à partir de rien. Et c’est à partir de rien qu’est née, il y a plus d’un an, l’insolite Banque Populaire Autonome Zapatiste (Banpaz), dans la région de la jungle frontalière (1).

Il semble impossible d’atteindre l’autosuffisance dans des conditions de précarité extrême, mais ça ne l’est pas pour les zapatistes qui, assure Roel, du Conseil de Bon Gouvernement Vers l’espérance, « démontrent que l’on peut faire les choses différemment… imaginez, une banque anticapitaliste, sans ces messieurs les banquiers et dont les bénéfices sont pour le peuple ! »

Le siège du gouvernement autonome de la jungle frontalière est l’escargot (2) « Mère des escargots de la mer de nos rêves ». Il y a dans cette région quatre communes autonomes et c’est la première région à avoir mis en marche la banque populaire, une initiative qui s’appuie fortement, comme tous les projets autonomes, sur les décisions des assemblées communautaires. La conception de cette banque, les débats pour la définir, la prise de décision et sa mise en application sont le reflet de la pratique collective et démocratique qui prédomine dans les communautés indigènes zapatistes.

Le processus d’autonomie des bases d’appui de l’EZLN comprend des systèmes de santé, d’éducation, des projets de production, des moyens de communication et de nouvelles formes de commercialisation des produits, le tout dans des conditions précaires mais avec l’objectif majeur de mettre en pratique l’un des principes fondamentaux du zapatisme : celui de commander en obéissant, qui se traduit dans des formes de gouvernement dont les décisions s’appuient sur les consensus des villages. Mais rien n’est idéal ni sans problèmes. Il y en a « et beaucoup… ce qui se passe c’est qu’ici nous cherchons la solution à ces problèmes tous ensemble. Si quelque chose ne marche pas, nous n’en restons pas là. Nous cherchons à en sortir. Nous prenons la question au sérieux et nous finissons par aboutir. Tout le monde peut se tromper mais quand l’erreur est collective il n’y a pas de coupable… », explique Roel, responsable de l’organisation autonome qui achève son mandat à la tête du Conseil de bon gouvernement.

Et précisément l’un de ces problèmes c’est que bien qu’il y ait un système de santé autonome, celui-ci s’avère insuffisant pour la prise en charge de maladies graves et dans ce cas les patients doivent quitter leur village pour aller chercher une aide spécialisée et ils ont besoin d’argent pour payer le transport et les services médicaux. L’argent ils ne l’ont pas et ils cherchent quelqu’un à qui l’emprunter.

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Il y a quelques années on a vu se profiler, dans les vallées de la jungle lacandone, le spectre de l’émigration. Des centaines d’indigènes, zapatistes ou non, ont quitté la zone à la recherche de travail. La baisse des prix de leurs produits agricoles et le recours aux intermédiaires pour leur commercialisation ont provoqué ce flux d’hommes, en majorité jeunes, vers les villes touristiques du sud du pays (Cancún et Ciudad del Carmen) et, bien sûr, vers les USA. Les devises ont commencé à arriver dans les communautés et quelques familles ont amassé un petit pécule avec lequel elles ont entrepris le commerce de l’usure ou « coyotage », comme on l’appelle dans la région.

La nécessité urgente d’argent pour affronter un grave problème de santé, d’un côté, l’augmentation du coyotage, de l’autre, ont donné de plus en plus de champ à l’abus des prêteurs, qui demandent un intérêt mensuel compris entre 15 et 20 %. Pris à la gorge, sans autre opportunité, les indigènes, quelle que soit leur affiliation politique, recourent à ces prêts. Mais les zapatistes ont commencé à rejeter cet état de fait et à « chercher comment sortir de cette situation ».

« Les membres des communautés se sont mis à débattre de la manière de résoudre le problème des emprunts. Ils ont commencé les assemblées en 2008 et village par village nous avons débattu de l’idée de créer une petite banque pour répondre aux besoins de santé urgents, aux cas graves que ne peuvent pas prendre en charge les services de santé autonomes », explique Roel.

Dans les cas d’urgence, ajoute-t-il, « il faut déplacer le malade pour qu’il puisse recevoir des soins spécialisés et comme on n’avait pas d’argent il fallait recourir aux coyotes. Ainsi naquit l’idée de créer plutôt une banque de prêt et le débat fut ouvert sur la façon de la construire. Les communautés décidèrent qu’il fallait percevoir des intérêts, mais qu’ils devaient être très faibles. Avec ces intérêts on augmenterait le fonds de la banque pour lui permettre de réaliser d’autres prêts. A la fin des débats on décida que l’intérêt serait de 2 % par mois.

Une fois décidé le taux d’intérêt pour des prêts liés à des motifs de santé, les assemblées discutèrent des prêts pour les projets collectifs, les coopératives et les sociétés. Et elles décidèrent un taux d’intérêt de 5 %. Au début on pensa aussi à des prêts pour des projets individuels, mais, explique le représentant du Conseil de Bon Gouvernement, « nous nous sommes aperçus que ces prêts étaient destinés purement et simplement à monter des affaires et nous les avons suspendus, ne restant en vigueur que les prêts pour des problèmes de santé et, dans un deuxième temps, les prêts pour des projets collectifs. L’important ici est qu’aucune décision n’est individuelle et que ce sont les villages qui analysent chaque stade et décident ce qui leur convient. »

C’est l’autorité de la communauté à laquelle appartient chaque demandeur qui décide et les villageois sont témoins. De cette façon, tout le village est informé que l’un de ses membres a sollicité de l’argent à la banque et qu’il doit le rembourser. Ceux qui demandent un prêt se fixent eux-mêmes le délai pour le rembourser, en fonction de leurs charges. Ce peut être six mois, un an ou plus, selon les possibilités de chacun. Les villages des autres communes autonomes sont également informés de chaque prêt ; il s’agit en effet, disent les autorités de la région, « que nous soyons tous engagés ».

Pour rendre possible la banque populaire, on a créé le fonds initial avec un apport de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) ; avec une partie des gains du transport collectif, qui est administré par le Conseil ; et avec un don venu de l’extérieur pour un enfant malade, « qui n’avait pas besoin de tout l’argent reçu et avec la famille et l’assemblée on a décidé que le solde serait versé au fonds collectif ». Ils ont également décidé que l’impôt que les villages encaissent sur les sociétés qui construisent les chemins qui passent par leurs communautés serait ajouté au fonds de la banque.

Dans ce projet, avertit Roel, « il ne s’agit pas de faire des affaires. Il s’agit seulement de répondre à un besoin des villages et jusqu’à présent tout le monde est satisfait parce qu’on voit que ça marche et que l’on résout les problèmes de façon collective. »

Pour les villages en rébellion, la Banque Populaire Autonome Zapatiste (Banpaz) « est, assurément, une partie de notre autonomie, dans laquelle nous pouvons créer nous-mêmes nos propres ressources économiques, nos aliments, nos services de santé et d’éducation, nos moyens de communication et nos systèmes de commercialisation. Nous le faisons avec chaque jour moins de dépendance vis-à-vis de l’extérieur, parce qu’au début (il y a déjà six ans), nous avons commencé avec davantage d’appuis extérieurs. Maintenant, nous sommes toujours plus indépendants et, par conséquent, toujours plus autonomes. »

De fait, ce projet est l’un des premiers projets de l’autonomie zapatiste dans lequel n’intervient aucun facteur ou aucune aide de la société civile nationale ou internationale. « Tout a été interne. Ce qu’il y a c’est que nous essayons jusqu’à ce que ça marche. Et si ça ne marche pas nous n’en restons pas là et nous cherchons à faire d’une autre manière », affirme Roel, avec la conviction et la fierté de quelqu’un qui a grandi pendant vingt-cinq ans avec la lutte zapatiste.

« La collectivité », affirme-t-il, « est la base et elle est ce qui nous rend le plus solides en tant que zapatistes ». Et dans ce processus, le Conseil de Bon Gouvernement de la jungle frontalière considère la participation des femmes aux travaux de l’autonomie comme l’une de ses plus grandes réussites. Avec leur prise en compte, dit-il, « la vie des villages a changé. Peu à peu nous le comprenons. Et ici tout a changé. »

Pour les garçons et les filles qui ont grandi dans l’autonomie, « la question de la participation des femmes ne se pose plus ». A une autre époque, admettent les membres du Conseil, « il aurait été impensable que les bénéficiaires des prêts du Banpaz soient des femmes et on en aurait uniquement fait bénéficier les hommes, mais maintenant on les leur attribue aussi à elles et elles en assument la responsabilité. »

Ici, affirment-ils, « tout est maintenant très différent ».

NdT

1) La jungle lacandone est située au nord-est du Chiapas, près du fleuve Usumacinta, qui marque la frontière avec le Guatemala.

2) « L’escargot » (caracol) est, pour chacune des cinq régions du territoire autonome zapatiste, le centre administratif, siège du Conseil de Bon Gouvernement.

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Photo: Elpida Niku

 

 


 

Source : Insólito banco anticapitalista en la Selva Lacandona

Article original publié en octobre 2009

Sur l’auteure

Philippe Cazal est membre de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, le traducteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9655&lg=fr

 


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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 16:08

rafael correa

Quito, 2 janvier, (RHC)--. Le président équatorien, Rafael Correa, a dénoncé ce vendredi un complot visant à déstabiliser son gouvernement et dans lequel sont impliqués certains éléments des Forces Armées liés à l’ancien président Lucio Gutierrez et au Parti Société Patriotique.

Dans des déclarations à l’agence ANDES, Rafael Correa a révélé que dans les casernes de l’armée circulent des courriers électroniques affirmant que le gouvernement va éliminer le système de protection sociale pour les Forces armées et l’Ecole Polytechnique de l’Armée.

« C’est faux » a relevé Rafael Correa qui a ajouté que ce sera aux Equatoriens de décider s’ils veulent retourner au passé ou regarder vers l’avenir après avoir confirmé sa confiance dans le soutien populaire.

Rafael Correa a d’autre part appelé ses sympathisants à mieux s’organiser pour faire face aux forces de l’opposition qui se mobilisent en ce premier mois de l’année contre le gouvernement.
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 10:17

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Le Front National contre le Coup d’État au Honduras appelle à manifester contre la volonté du régime putschiste de retirer le pays de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA).

Cette manifestation aura lieu le 7 janvier et sera la première organisée par le Front de résistance en 2010, ont déclaré les dirigeants à l’issue d’une assemblée du mouvement populaire.

 

Le Honduras s’est joint à l’ALBA le 25 août 2008. L’adhésion à ce mécanisme d’intégration a rapporté de nombreux bénéfices au pays dans des secteurs tels que l’éducation, la santé, l’énergie et la production d’aliments.

En matière énergétique, l’incorporation à l’ALBA et concrètement à PetroCaribe, a garanti à ce pays très pauvre un approvisionnement stable de 20 mille barrils journaliers de pétrole, à des prix préférentiels et avec de faibles taux d’intérêts.

Le pays centraméricain a reçcu de l’alliance une centaine de tracteurs modernes, en plus de charrues, de semeuses et d’autres outils pour le développement de la production agricole.

Le Honduras a bénéficié également de l’opération Milagro, projet cubano-vénézuélien qui a amélioré ou rendu la vue à 40 mille citoyen(ne)s, ainsi que de la méthode primée par l’UNESCO "Moi, je peux" (Yo, sí puedo) qui a permis d’alphabétiser des milliers de personnes.

Tous ces plans seront suspendus si le Congrès National approuve l’initiative envoyée à l’organe législatif par le putschiste Roberto Micheletti, de retirer le Honduras de l’Alliance Bolivarienne.

Rappelons que des centaines de milliers de dollars déposées à la banque publique hondurienne dans le cadre du financement des projets sociaux de l’ALBA ont été soustraits par les putschistes aprés le coup d’État.

Par Cuba-Debate

Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 14:48

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CARACAS.- Le président Hugo Chavez a déclaré que tout ce que veut le Venezuela, c’est vivre en paix avec la Colombie, même si les vents de guerre que font souffler les Etats-Unis dans la région obligent son pays à être prêt à parer à d’éventuelles agressions.

«Comme l’a affirmé Simon Bolivar, la paix est notre havre, et voici onze ans que nous la revendiquons», a déclaré Chavez à la Guajira, dans l’Etat de Zulia, où il a présenté ses vœux aux membres de la Région de défense intégrale occidentale pour la fin de l’année.

«Œuvrer pour assurer une vie digne aux citoyens de mon pays, telle sera la priorité de mon mandat», a ajouté le chef d’Etat vénézuélien.

«Nous sommes ici pour construire en paix la patrie de l’avenir, celle qui a commencé à devenir une réalité, et non pas pour attaquer qui que ce soit», a souligné Chavez, qui a déploré que les derniers événements aillent dans le sens contraire.

Après l’escalade du conflit colombo-vénézuélien provoqué par l’installation de sept bases militaires US en sol colombien, Bogota a annoncé le renforcement de son contingent militaire à la frontière, auquel sont venues s’ajouter les attaques verbales de son ministre de la Défense, Gabriel Silva.

Caracas a dénoncé en outre les incursions dans son territoire de paramilitaires colombiens, ainsi que d’un avion sans pilote, afin, vraisemblablement, de recueillir des renseignements.

«Ce sont là des indices d’une éventuelle agression», a souligné Chavez.

Pour le chef d’Etat vénézuélien, «les seules réponses possibles sont la préparation à la défense, et garder tout notre calme face aux provocations». (PL)
 

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 14:44

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"Nous avons les preuve que le gouvernement colombien appuyé et orienté par les États-Unis prépare la mise en scène de "faux positifs" pour justifier une action militaire contre le Venezuela, a dénoncé ce lundi le président Hugo Chávez.

(NdT : le terme “faux positif” se réfère aux assassinats par les forces armées colombiennes de civils déguisés ensuite en guérilleros pour gonfler les chiffres et démontrer le succès du programme de Sécurité Démocratique impulsé par le président colombien Álvaro Uribe. Selon la CCEEU, organisation des droits de l’homme colombo-européenne, depuis le lancement de la sécurité démocratique en juin 2002 jusque juin 2007, on a constaté 955 cas d’exécutions extrajudiciaires commises par des agents de l’État, auxquelles il faut ajouter 235 cas de disparitions forcées.)

Le mandataire vénézuélien a expliqué que le plan consiste à faire croire á l’opinion publique locale et internationale que le Venezuela appuye la présence sur son territoire de campements de la guerrilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et de fabriquer les preuves qui justifieraient l’attaque.

"Il ne serait pas étonnant qu’eux, qui tuent tant de gens en Colombie, en tuent d’autres, qui sait combien, emportent leurs corps en territoire vénézuélien (…), construisent un campement improvisé, y déposent des armes et de la propagande (...) et disent : voilà la base des guerrilleros".

Chávez a rappelé l’intrusion récente d’un avion-espion, probablement nord-américain, dans le ciel vénézuélien, repérant et filmant divers secteurs et la "guerre verbale" du gouvernement colombien accusant le Venezuela de cacher des leaders des FARC et leurs campements, faits niés catégoriquement par le leader de la Révolution Bolivarienne.

"C’est absolument faux et nous l’avons démontré non pas á une mais á plusieurs occasions (...) Je réaffirme une fois de plus que notre gouvernement ne permet, ni ne permettra, ni n’appuiera la présence de quelque force armée étrangère sur notre territoire qui ne soientt les forces armées bolivariennes et ses bataillons de réservistes. Pourvu que le gouvernment colombien recouvre la raison (...) mais à Bogota c’est Washington qui a pris le relais du pouvoir. Le gouvernement colombien, converti en instrument du gouvernement des États-Unis, veut créer un chaos au Venezuela, non seulement pour y stopper la révolution mais la révolution dans toute l’Amérique Latine" a-t-il souligné.

Source : Prensa Latina

Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve

 

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 09:07

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Caracas, 28 décembre, (RHC)--. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a pronostiqué de nouveaux défis à relever par l’Amérique Latine à cause de la politique d’ingérence que mène Washington.

Dans un article publié sous sa rubrique de presse « La colonne de Chavez », le président vénézuélien a signalé que 2010 ne sera pas certainement une année facile pour les pays de la région qui s’efforcent de préserver leur intégrité et leur souveraineté.

Il ajoute que les agents de la réaction internationale préparent leur scénario dans le dessein de faire reculer le processus émancipateur entrepris par l’Amérique Latine.

Il se base pour ce pronostic sur le coup d’Etat du 28 juin au Honduras contre le gouvernement du président Manuel Zelaya et sur l’installation de forces étasuniennes dans 7 bases militaires de la Colombie.

Il souligne d’autre part que 2010 sera marqué par d’autres défis comme la lutte pour la sauvegarde de la planète face à la conduite anti-écologique des pays les plus développés, démontrée au récent Sommet de l’ONU sur le changement climatique, à Copenhague.
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 08:57

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Bogota, 28 décembre, (RHC)--. Les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie, FARC, organisation de la guérilla colombienne, a dénoncé la mise en application depuis le territoire de la Colombie, d’un plan de déstabilisation contre le gouvernement populaire de l’Equateur.

Dans un communiqué diffusé sur Internet, les FARC précisent que ce plan s’appuie sur l’infiltration, en territoire équatorien, de paramilitaires colombiens.

Les FARC demandent la coopération de la population des zones frontalières afin d’éviter la pénétration depuis la Colombie d’agents déstabilisateurs obéissant aux plans des Etats-Unis contre l’intégration latino-américaine qui se servent du gouvernement du président Alvaro Uribe.

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 08:35
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L’Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP), créée en 2004 à l’initiative de Cuba et du Venezuela, et qui rassemble actuellement 9 Etats des Caraïbes et d’Amérique centrale et du Sud, est une construction intergouvernementale originale. Elle prévoit en effet, dans ses structures, un Conseil des mouvements sociaux, ouvert à des mouvements de pays non membres de l’Alliance. La nécessité de créer un tel Conseil avait été soulignée par Hugo Chavez lors de sa rencontre avec les mouvements sociaux lors du Forum social mondial de janvier 2006 à Caracas.

Le président vénézuélien ne faisait que prendre acte d’une réalité, celle du fort développement de ces mouvements en Amérique latine, en réaction à la violence avec laquelle s’y est imposé le modèle néolibéral dans les années 1980. Dans plusieurs pays, et notamment en Bolivie, en Equateur et au Paraguay, ces mouvements ont joué un rôle significatif dans l’arrivée au pouvoir de gouvernements progressistes.

Ces dernières années, les thèmes fédérateurs des résistances populaires ont été la lutte victorieuse contre le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA ou ALCA en espagnol) et contre le paiement d’une dette déjà remboursée plusieurs fois. Ces campagnes ont permis le renforcement ou la constitution d’organisations et de réseaux au niveau continental, ainsi que la naissance de nouveaux acteurs collectifs au niveau international : la Coordination latino-américaine des organisations paysannes (CLOC)/Via Campesina s’est, par exemple, beaucoup développée à travers ces mobilisations, tout comme l’Alliance sociale continentale (Alianza Social Continental) ou la campagne Jubilé Sud (Jubileu Sur). On pourrait aussi signaler la campagne Résistance des 500 ans ( Resistencia de los 500 anos), en référence à l’anniversaire du début de la colonisation de l’Amériques et des Caraïbes ; et le Cri des exclus (Grito de los Excluidos).

En 2006 a eu lieu au Pérou une réunion préparatoire au Sommet Enlazando Alternativas (rassemblant mouvements sociaux européens et latino-américains) qui s’est tenu en Autriche parallèlement au Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne et de l’Amérique latine et des Caraïbes. Quelques mois après, a été organisé en Bolivie le Sommet social pour l’intégration des peuples (Cumbre Social por la Integración de los Pueblos). Dans ces deux rencontres a été envisagée la possibilité d’une intégration des mouvements sociaux au processus de construction de l’ALBA.

C’est ainsi qu’en 2007, pendant le cinquième Sommet de l’Alliance, ces mouvements ont adopté la Déclaration de Tintorero (petite ville de l’Etat de Lara au Venezuela) qui ratifiait le principe de la création du Conseil de mouvements sociaux. Le Sommet invitait chaque pays membre à créer son propre comité national et, dans ce cadre, demandait aux mouvements sociaux de réfléchir à la forme et à la méthodologie de fonctionnement du Conseil. Le texte les conviait également à discuter des mécanismes d’intégration au Conseil de mouvements sociaux issus de pays non membres.

alba_2.jpgC’est en 2008, lors de la tenue du sixième Sommet de l’ALBA au Venezuela, que ces propositions ont été examinées, débattues, et qu’ont été identifiés les réseaux latino-américains susceptibles d’élargir la base sociale du Conseil. Dans cette perspective, le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre du Brésil (MST) et les organisations de la Via Campesina Brésil ont organisé, en juillet 2008, un séminaire auquel ont participé des représentants d’organisations et de mouvements sociaux de plusieurs pays. L’objectif était de travailler sur la question des mécanismes de leur intégration à la structure intergouvernementale qu’est l’ALBA.

Les travaux ont été menés à partir d’échanges sur ce que les uns et les autres attendaient de cette structure, et à partir d’une analyse des méthodologies de construction des mouvements et des organisations. Et ce, à partir de la réalité de chaque pays. Ce séminaire a débouché sur la formulation de propositions et la rédaction de la première version de la Charte des mouvements sociaux de l’ALBA. Celle-ci a ensuite été exposée lors du 3ème Forum social des Amériques au Guatemala en octobre 2008. La version définitive de ce document de référence a été présentée lors de l’Assemblée des mouvements sociaux tenue en janvier 2009 au Forum social mondial de Belem.

Cette Charte des mouvements sociaux des Amériques [1] fixe comme priorité, pour cette première phase d’intégration populaire, la multiplication des mobilisations de masse contre le capital transnational et les gouvernements qui en sont complices. Elle promeut l’élévation du niveau culturel et d’éducation comme objectif politique, propose une campagne continentale en faveur de la réforme agraire et un programme de formation politique pour les mouvements sociaux.

Ces mouvements réaffirment que leur participation au processus d’intégration latino-américaine repose sur un principe d’autonomie vis-à-vis des gouvernements. S’ils reconnaissent qu’il n’est pas possible de faire face aux politiques du capital transnational en ordre dispersé, ils considèrent qu’il n’est pas non plus envisageable de déléguer le processus d’intégration régionale exclusivement aux gouvernements, même si ceux-ci ont une responsabilité indiscutable dans sa promotion.

En septembre 2009, un nouveau séminaire, organisé à l’Ecole nationale Florestan Fernandes du MST, a permis de préparer la réunion de Cochabamba (16-18 octobre) où avait lieu le septième Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’ALBA. Ce Sommet a été marqué par plusieurs avancées.

Tout d’abord, a été prévue la mise en place, au début 2010, d’un mécanisme permettant de faciliter la coopération et la compensation des asymétries monétaires et financières entre les pays membres, en se libérant du dollar [2] : le Système unitaire de compensation régionale de paiements (SUCRE). Parallèlement, la question de la participation active des peuples et, dans ce cadre, celle des mouvements sociaux et des organisations populaires, a été particulièrement discutée. De ce point de vue, le Sommet de Cochabamba a marqué un tournant significatif puisqu’il a permis la tenue du premier Sommet de mouvements sociaux de l’ALBA. Des délégations issues d’une vingtaine de pays latino-américains, du Canada et des Etats-Unis, soit environ 500 participants, étaient présentes à l’invitation de la Plateforme bolivienne des mouvements sociaux.

Un ensemble de propositions élaborées dans sept groupes de travail a été présenté aux gouvernements lors d’une rencontre de dialogue qui a réuni plus de 20 000 personnes au stade Félix Capriles de Cochabamba : économie communautaire ; droits de la Madre Tierra (Terre-Mère) et des peuples indigènes face aux défis du changement climatique ; souveraineté alimentaire ; crise de civilisation ; développement de la participation des mouvements populaires dans les projets gouvernementaux, etc.

Le principal défi auquel sont confrontés les mouvements sociaux participant au Conseil concerne la forme et la construction de ce dernier. La méthodologie utilisée pour sa mise en place ne peut pas faire abstraction de la situation réelle dans laquelle se trouvent aujourd’hui ces mouvements. Jusqu’à présent, seuls le Venezuela, Cuba et la Bolivie ont réellement réussi à mettre sur pied leur comité national. Les prochaines étapes du processus seront l’organisation de réunions nationales pour l’élaboration d’agendas de travail entre mouvements nationaux ; la définition d’actions communes ; la mobilisation de syndicats et d’organisations indigènes et des peuples originaires. Un nouveau Sommet continental des mouvements sociaux se tiendra en mai 2010 au Brésil pour faire le point

Sourcee : Mémoire des Luttes


La revolutionVive

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