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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 09:36


En pleine fête populaire des habitants de la Paz rèunis sur la place Morillo, près du Palais Quemado, venus célébrer la réélection triomphale d’Evo Morales comme président de l’Etat plurinational, son compagnon de route Álvaro García Linera,également réélu au poste de vice-président, s’explique sur la stratégie de son gouvernement pour le lendemain de l’élection

-Après cette victorieuse élection, quels sont les objectifs du gouvernement dirigé par Evo Morales et que vous secondez depuis la vice présidence ?

 Pendant quatre ans, nous avons travaillé dans le sens des intérêts de notre peuple, relançant l’économie, restaurant le système politique dans une révolution que nous avons appelée démocratique et culturelle. Nous définissons à présent quatre grands chantiers principaux.

 

En Bolivie, ce n’est plus la couleur de peau ni la manière de s’habiller ni la langue qui définissent les droits politiques et sociaux

Premier chantier

Avant tout, il s’agit de consolider l’Etat, le nouvel Etat, afin de garantir l’égalité entre les peuples, entre les cultures. Nous ne devons jamais oublier que comme au Guatemala, la Bolivie est un pays dont la majorité de la population est indigène et l’Etat bolivien fut un État raciste qui criminalisait, réprimait et excluait les indigènes de toute prise de décision. Cela a duré 500 ans et rien n’a changé avec l’avènement de la République. Ce fut donc la première mission de notre Président qui s’est exprimée avec la nouvelle constitution, et qu’il faut maintenant normaliser, faire exécuter, pour consolider et étendre cet État d’égalité” que nous appelons État plurinational.

Cet État Plurinational signifie l’égalité des droits et l’égalité des devoirs entre indigènes et métis. Il n’y a plus de boliviens de première ou de seconde catégorie. Il n’y a plus une culture supérieure et d’autres inférieures, plus de langue privilégiées ni de langue dévalorisées. Le castillan (espagnol) est égal aux autres langues indigènes (quechua, aymara, ...). Les cultures et les savoirs traditionnels des peuples indigènes sont constitutionnalisés et révalorisés pour être divulgués à l’ensemble de la population.

Ce que nous avons appelé la démocratie communautaire traduit la reconnaissance pratique et quotidienne des décisions qui se prennent à l’Assemblée mais également avec le conseil des peuples indigènes, pour élire des autorités, définir les charges administratives de la commune ou du quartier.

L’Etat plurinational est un Etat d’égalité et nous considérons que le plus important c’est la révolution. Ce signifie donc que indigènes et métis mangent à la même table, que nous avons les même possibilités dans une société commune. La “pigmentocratie” disparait. En Bolivie, la couleur de la peau définissait le pouvoir d’exclusion. Ce n’est plus la couleur de peau, la langue ou l’apparence qui parlent pour donner droit à la citoyenneté et au droit. C’est la grande tâche déjà accomplie, qui doit s’étendre.

 

García Linera : État plurinational signifie égalité des droits et des devoirs entre indigènes et métis

Second chantier

Dans le futur immédiat, notre seconde tâche est de poursuivre l’effort d’industrialisation. Tout comme les autres pays d’Amérique Latine, nous avons vécu de l’exportation de nos matières premières. Ces matières n’apportaient pas de bénéfices aux pays qui les extrayaient mais à ceux qui les utilisaient dans leur industrie. Nous avons du fer, une des plus grandes réserves mondiales. En gaz, une des plus grande réserves continentales. Nous avons du lithium, de l’eau. Ce que nous voulons c’est exploiter rapidement nos ressources. Passer d’une économie primaire exportatrice -comme disent les économistes- à une économie secondaire d’exportation, soit une économie qui utilise les matières premières et génère une base industrielle large et de modernisation. Pourquoi ? Car ainsi on crée des excédents pour le pays, et avec ces ressources, l’État a les moyens d’appuyer l’économie des petits producteurs.

Troisième chantier

L’Etat de protection sociale est un État qui garantit la protection des droits fondamentaux inscrits dans notre constitution. Santé universelle, éducation gratuite et pour tous, toutes, évacuation des eaux généralisée, télécommunications, gaz pour tous. C’est un Etat de bien-être et de protection qui garantit les conditions minimales de citoyenneté. Être citoyen ce n’est pas seulement aller voter. C’est avoir la base matérielle de garantie au minimum d’une vie digne.

Quatrième chantier

Le quatrième axe est la construction d’un État d’autonomie. L’État autonome, avec le pouvoir déconcentré dans les régions, avec ses propres autorités et son parlement régional. En avril 2010, nous élirons un parlement régional, vieille demande historique, même si elle est manipulée par les oligarchies pour occulter la défense de leurs privilèges. Avec la nouvelle Constitution, l’autonomie se transforme en une conquête démocratique.

Ce sont là les quatre axes qui permettront de créer une société de développement, de bien-être et d’approfondir le processus révolutionnaire qui permet de nous doter d’institutions solides, d’une économie robuste et une socialisation permanente de la richesse, avec possibilité de participation populaire à la prise des décisions. C’est l’objectif que nous nous proposons d’atteindre après cette réélection et cette victoire du peuple bolivien qui signifie un appui indiscutable.

“Désormais l’on construit une société de développement et d’approfondissement du processus révolutionnaire qui permettra de donner à notre pays la solidité institutionnelle et la socialisation permanente de la richesse, des opportunités et des décisions.”

 

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 15:10


Victor Jara : des obsèques en attente de justice (vidéos)



Le 13 décembre prochain, les Chiliens éliront leur futur Président, 18 sénateurs (1/2 de la totalité) et l'ensemble des 120 députés.Quatre candidats se font actuellement la lutte à la Présidence.
Pour la droite, style Pinochet, le milliardaire Sebastian Pinera que les sondages donnent gagnant au premier tour, toutefois, sans atteindre le pourcentage requis de 50%, plus un, pour éviter un second tour.
Pour la Concertation, genre gauche molle et démocratie chrétienne, Éduardo Frei, ex Président du Chili dans les années 1990.
Comme Indépendant, Marco Enriquez-Ominami, ex-socialiste, sympathisant de Chavez.
Enfin, pour le front de gauche, Juntos podremos, surtout allié au Parti communiste, Jorge Arrate, ex-ministre d’Allende.

Alors que vient faire Victor Jara dans toute cette histoire d’élections? N’est-il pas mort depuis plus de 36 ans?

Eh bien, voilà mon secret. Marco Enriquez-Ominami, philosophe, cinéaste et politicien progressiste est le fils de ce jeune médecin de Concepción, Miguel Enriquez, qui avait pris la tête du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), dans les années 1970, et qui fut assassiné par les militaires, peu de temps après le coup d’État de 1973. Ce Marco Enriquez-Ominami ne cesse de monter dans les sondages au point de talonner le principal adversaire du multimilliardaire, Sebastian Pinera. S’il parvenait à se classer deuxième aux élections du 13 décembre prochain, il serait en bonne position pour gagner au second tour, le 17 janvier prochain. Pour ce second tour il aurait un avantage supérieur à celui de Frei pour déloger Pinera.

C’est ici qu’intervient Victor Jara. Pendant près d’une semaine, les Chiliens et les Chiliennes se rendront en grand nombre se recueillir sur les restes de ce martyr, victime des auteurs intellectuels et matériels de ce coup d’État militaire, réalisé en 1973. Il sera exposé en chapelle ardente à Santiago. Du nord au sud du Chili, se feront entendre sa voix et ses chansons, toutes porteuses d’espérance pour un monde plus humain. À quelques jours seulement des élections, cet hommage et ce rappel du grand rêve du peuple chilien, porté par Allende, peut modifier substantiellement la « donne » de ce scrutin. La Concertation, sous la Présidence de Lago et de Bachelet, a été, pour un grand nombre de ceux et celles qui ont milité dans l’Unité populaire, une grande déception. Il faut dire qu’ils ont paradé pour la gauche et gouverner, plus souvent que moins, pour la droite.

Je parie que Victor Jara, en compagnie de Miguel Enriquez, son père biologique, poursuivent, l’un et l’autre, leur lutte dans le cœur et l’esprit de ce peuple. Leur retour dans cette mémoire d’un peuple, quelque peu chloroformé par la consommation et l’endettement à outrance, va susciter un réveil bénéfique pour tous. Je ne doute pas que ce qu’ils représentent favorisera Marco Enriquez-Ominami qui n’a pas encore dit son dernier mot. Qui sait si le miracle ne se produira pas. Nous nous en reparlerons. Le réveil de la mémoire, parfois, peut avoir des effets insoupçonnés. Nous l’avons vu avec le « Moulin à paroles ». Entre temps, ce sera élection en Bolivie, dimanche le 6 décembre. L’actuel Président, Evo Morales, est donné gagnant avec une forte avance sur ses adversaires. Un autre personnage à découvrir.


Oscar Fortin

Québec, le 3 décembre 2009

http://humanisme.blogspot.com
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 12:45


L’appel historique de Chavez pour une 5eme Internationale (Monthly Review)

Frederico FUENTES

S’adressant aux délégués de la Rencontre Internationale des Partis de Gauche qui s’est tenue à Caracas du 19 au 21 novembre (2009), le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré : « il est temps de constituer la 5ème Internationale. » Face à la crise capitaliste et la menace d’une guerre qui représente un danger pour l’avenir de l’humanité, « les peuples réclament » une unité plus forte des partis de gauche et révolutionnaires qui sont prêts à lutter pour le socialisme, a-t-il dit.

A l’instar de son appel de 2005 pour la construction « d’un socialisme du 21ème siècle » et son appel de 2006 pour la création au Venezuela d’un nouveau parti de masse révolutionnaire – le Parti Socialiste Unifié du Venezuela – l’appel de Chavez à l’unité de la gauche et pour une nouvelle internationale est un événement historique.

Il s’appuie sur l’expérience des quatre précédentes « internationales », la première créée par Karl Marx en 1864, qui s’est effondré. La Deuxième Internationale fut créée en 1889, mais s’est disloquée lorsque les partis membres se sont rangés aux côtés de leurs gouvernements respectifs lors du bain de sang de la première Guerre Mondiale. La Troisième Internationale fut fondée au lendemain de la Révolution Russe. Mais, selon Chavez, elle a « dégénéré » sous le Stalinisme et a « trahi » les luttes pour le socialisme à travers le monde. Leon Trotsky a fondé la Quatrième Internationale en 1938. Mais Trosky est mort en 1940 (« fut assassiné » serait plus précis – NDT) et ses successeurs n’ont jamais réussi à construire un mouvement de masse.

Cet appel pour une nouvelle Internationale est historique aussi à cause de l’autorité de Chavez, dirigeant d’un mouvement révolutionnaire qui compte des millions de membres qui luttent pour une société socialiste.

Après l’approbation par une majorité des délégués d’une résolution spéciale en faveur de la fondation de « la 5eme Internationale Socialiste comme un espace où les partis, mouvements et courants à orientation socialiste peuvent coordonner une stratégie commune de lutte contre l’impérialisme et le renversement du capitalisme par le socialisme, » Chavez a réitéré son appel, cette fois en ouverture du 1er Congrès Extraordinaire du Parti Socialiste Unifié du Venezuela, qui a commencé le 21 novembre.

Devant 772 délégués élus par les organisations de base lors d’un processus sans précédent auquel ont participé prés d’un million de membres du parti, il a demandé que sa proposition soit inscrite à l’ordre du jour du Congrès :

« A ce premier congrès extraordinaire du Parti Socialiste Unifié du Venezuela, je demande que soit inscrit à l’ordre du jour la proposition de convoquer les partis politiques et les courants à la création de la 5eme Internationale Socialiste, une nouvelle organisation devant répondre aux défis de notre temps et qui pourrait devenir un instrument d’unification et de coordination des peuples en lutte pour sauver la planète ».

La proposition sera soumise à discussion pendant le Congrès, qui durera jusqu’au mois d’avril 2010, date prévue pour la création de la 5eme Internationale. La discussion « doit s’ouvrir au peuple, aux organisations sociales et autres formes de pouvoir populaire dans le pays, » selon le pan proposé par Chavez.

(…)

Unité face à la contre-offensive impérialiste.

La discussion centrale du premier jour de la Rencontre avec les Partis de Gauche portait sur la nouvelle contre-offensive impérialiste dans la région, illustrée par l’expansion des bases militaires US et la coup d’état au Honduras.

Etaient présents 55 partis politiques de plus de 30 pays, représentés par des représentants de l’ancienne et de la nouvelle gauche, dont certains partis communistes et sociaux-démocrates d’Asie et d’Europe, des mouvements de libération nationale d’Afrique et du Moyen-orient, de nouveaux partis politiques tels que Die Linke (Allemagne), Bloc de Gauche (Portugal), Parti de Gauche (France) et des forces radicales et de gauche de l’Amérique latine, certains plus anciens, comme le FSLN (Front Sandiniste de Libération Nationale) et certains plus récents, comme le Mouvement vers le Socialisme (Bolivie) et, bien entendu, le PSUV.

Pratiquement toutes les tentatives pour créer un nouveau modèle de société au 20eme siècle ont été détruites par l’impérialisme, a expliqué Nicolas Maduro, dirigeant du PSUV et Ministre des affaires étrangères du Venezuela. « Il n’y a eu qu’une seule expérience qui a eu la force politique, militaire et populaire, ainsi qu’une direction révolutionnaire, qui a réussi à déjouer les plans de l’impérialisme : la Révolution Cubaine. »

A la fin du siècle, de nouveaux mouvements révolutionnaires et de nouveaux dirigeants ont émergé pour changer la face de la région. L’élection de Barack Obama a soulevé de nombreux espoirs auprès de vastes secteurs de la population qui espéraient que de nouvelles relations avec les Etats-Unis, basées sur le dialogue, seraient possibles. Mais les illusions ont été rapidement brisées par les initiatives de la nouvelle administration, a dit Maduro.

L’Alliance Bolivarienne, ALBA – « un projet solide d’intégration et d’union de nos pays et de nos peuples » - a progressé cette année, avec l’arrivée de l’Equateur et plusieurs pays Caribéens ; cependant, le premier coup de l’impérialisme fut porté contre le Honduras le 28 juin par un coup d’état militaire. Le coup d’état visait l’ALBA et fut réalisé avec le soutien des Etats-Unis, a-t-il dit.

Peu après, la nouvelle est tombée : l’accord militaire entre les Etats-Unis et la Colombie et la concession de sept nouvelles bases militaires aux Etats-Unis, « une menace sérieuse contres les mouvements révolutionnaires de notre continent, » a ajouté Maduro.

Selon ce scénario, l’unité des forces progressistes et de gauche est nécessaire afin de créer un mouvement de paix et de justice dans la région ayant la capacité de convertir le continent en une « territoire libre de bases US », a-t-il dit.

Jorge Marti, responsable du secteur des relations internationales du Parti Communiste de Cuba, a souligné qu’actuellement, « la gauche n’est pas à la hauteur des défis auxquels elle est confrontée », raison pour laquelle il est nécessaire de tracer une stratégie claire pour une unité dans la lutte.

Alors qu’il est tout à fait possible que les forces de droite remportent les prochaines élections au Chili et au Brésil, Nidia Diaz, du Front Farabundo Marti de Libération Nationale (FMLN) du Salvador a souligné que « si nous ne pensons qu’aux échéances électorales en oubliant l’accumulation des forces sociales en faveur du changement, il est facile de brosser un tableau pessimiste. » Il est essentiel que la gauche promeuve la proposition de Chavez de créer les bases pour la paix et un point de convergence pour les actions et la mobilisation de nos peuples, a-t-elle ajouté.

« Nous ne sommes que les porte-paroles de nos peuples qui résistent, » a expliqué le Ministre des Affaires étrangères du Honduras, Patricia Rodas. Notre responsabilité est de construire un espace commun pour rassembler les partis et consolider l’union des nos peuples, « et permettre la création d’une force diversifiée inconnue jusqu’à présent » parce qu’ils veulent détruire « cette même démocratie pour laquelle nous avons déposé les armes, » a-t-elle dit.

En concluant les contributions de la journée, le dirigeant du PSUV et ministre de l’éducation Hector Navarro a affirmé que « le problème n’était pas les bases militaires, le problème était la crise structurelle du capital... nous sommes confrontés à la question de la survie de l’humanité. » Ainsi, cette réunion, qui a rassemblé quelques unes des forces de gauche les plus importantes au monde, doit être vue comme le théatre des opérations à partir de laquelle a été déclenchée la lutte pour la défense de l’humanité, a-t-il dit.

Une internationale socialiste pour le 21eme siècle

La deuxième journée a commencé par une discussion sur la nature de la coordination.

Valtar Pomar, secrétaire des relations internationale du Parti du Travail (PT) du Brésil a présenté les vues de son parti, en mettant en avant une stratégie centrée sur l’unité régionale et l’intégration, ou en termes plus classiques « anti-impérialistes ». Si nous faisons du socialisme le plus petit dénominateur commun de notre unité, cela aboutira inévitablement à des divisions ; pour cette raison, a dit Pomar, le PT continuera à privilégier le Forum de Sao Paolo (FSP).

Atristobulo Istaruez, un des vice-présidents du PSUV, a répondu que la gauche avait besoin d’espaces plus dynamiques et actifs que le FSP.

Le FSP a été crée au début des années 90 à l’initiative du PT pour rassembler la gauche latino américaine dans le contexte de l’effondrement de l’Union Soviétique. Aujourd’hui, le Forum, comme le PT, a dérivé loin de ses racines radicales pour devenir une tribune de discussions dominée par les forces réformistes.

Alors que des différences ont commencé à faire jour, ce sont les interventions de Chavez cette nuit-là qui ont tracé la ligne de partage. « L’impérialisme yankee se prépare à la guerre en Amérique latine... preque toujours, les Etats-Unis se sortent d’une situation de crise par la guerre, » a-t-il prévenu.

Dans le même temps, les conditions d’une construction du socialisme sont favorables, a-t-il dit. « C’est pourquoi je vous demande... que vous m’autorisiez à aller de l’avant, avec ceux qui veulent m’accompagner, dans la création de la 5eme Internationale. »

Une nouvelle Internationale sans manuel et sans obligations, a expliqué Chavez, où les différences seront les bienvenues.

Il a sévèrement critiqué l’exemple du Parti Communiste de l’Union Soviétique qui a imposé ses dogmes tels que « le socialisme dans un seul pays » sur ses partis satellites à travers le monde. Ce qui a fait que de nombreux partis communistes en Amérique latine ont tourné le dos à Che Guevara à cause de son rejet du dogmatisme soviétique, a dit Chavez.

Par opposition au échecs du « socialisme réel » et de la social-démocratie, a-t-il dit, une nouvelle internationale devrait représenter l’esprit et l’héritage collectif laissé à l’humanité par les fondateurs des quatre premières internationales, Karl Marx, Frederich Engels, Clara Zetkin, Rosa Luxembourg, Jose Carlos Mariategui, et Leon Trotsky.

Elle devrait aussi incorporer les idées des radicaux latino-américains et des libérateurs tels que Simon Bolivar, Francisco Morazan, Maurice Bishop et Sandino, a-t-il ajouté.

Un nouveau projet de coordination de la gauche doit se faire au sein d’une internationale pour affronter l’impérialisme, battre l’impérialisme, et lutter pour le socialisme du 21eme siècle. Il est nécessaire de travailler ensemble à l’élaboration d’un manifeste afin de créer l’unité autour du socialisme du 21eme siècle, a-t-il poursuivi.

A la remarque d’un délégué qui a dit qu’il existait déjà d’autres organisations de coordination des partis politiques, la réponse de Chavez fut rapide et cinglante : il existe de nombreux espaces de discussion, mais aucune pour des actions concrètes, raison pour laquelle beaucoup ont cessé d’exister.

« Nous avons perdu beaucoup de temps, nous continuons à en prendre, à chercher des excuses à notre inaction. Je considère qu’un tel comportement constitue une trahison envers les espoirs de nos peuples. » Nous avons besoin de l’unité des partis de gauche, « mais des partis qui sont véritablement de gauche ».

« Il nous incombe d’assumer le rôle d’avant-garde »

Alors que le lendemain divers partis ont exprimé leurs réserves, en arguant qu’il n’était pas possible d’arriver à un accord dans le cadre d’une telle rencontre et qu’il fallait un débat profond sur le programme avant de pouvoir réaliser une unité, les réactions en faveur d’une telle proposition était majoritaires.

« Nous ne pouvons continuer à simplement débattre... il nous faut définir clairement ce que que nous voulons, et le projet alternatif pour l’Amérique latine, c’est le socialisme, » a affirmé Salvador Sanchez Ceren, dirigeant du FMLN et vice-président du Salvador, qui s’exprimait en faveur de la proposition.

Le commentaire de Sanchez a provoqué une réaction du président Salvadorien Mauricio Funes, un indépendant qui a été élu sous l’étiquette du FMLN, et qui s’est distancé ainsi que son gouvernement de tout soutien au socialisme du 21eme siècle.

Les membres de la délégation bolivarienne du Mouvement Vers le Socialisme ont informé les participants de la rencontre qu’ils avaient appelé la direction nationale du parti, ainsi que le président Evo Morales, et que tous étaient d’accord pour se joindre au projet et participer activement aux commissions préparatoires pour un congrès fondateur.

Le dirigeant de Alianza Pais et Ministre équatorien Ricardo Patino a annoncé aussi que son parti avait décidé d’y participer.

Promettant le soutien actif de la « résistance » hondurienne, Rodas a ajouté sa voix en soutien à la proposition.

Ainsi, les dirigeants actuels des plus importants mouvements pour le changement – auxquels il faut ajouter le Parti Communiste de Cuba qui n’a pas exprimé une position formelle lors de cette réunion – ont annoncé leur volonté d’oeuvrer à l’organisation d’une coordination internationale.

Avec la résolution spéciale de créer un « groupe composé de partis socialistes, de courants et de mouvements sociaux qui soutiennent l’initiative, pour préparer un programme qui définira les objectifs, le contenu et les mécanismes de cette entité révolutionnaire globale, » un document intitulé l’Engagement de Caracas a aussi été approuvé.

Le document affirme que, face à la « crise structurelle du capital, qui combine une crise économique, une crise écologique, une crise alimentaire et une crise énergétique, qui ensemble représentent une menace pour l’humanité et la terre mère » la seule alternative possible était « le socialisme du 21eme siècle ».

En tirant encore une fois les leçons des quatre premières internationales, Chavez a remarqué,, cette fois-ci devant le congrés du PSUV, que toutes ces internationales étaient nées en Europe, « où la théorie du socialisme scientifique a surgi avec force au coeur des grandes luttes populaires et ouvrières, et la domination de la bourgeoisie. »

Cependant, aujourd’hui, « l’épicentre de la lutte révolutionnaire se situe dans notre Amérique (nuestra America). Et le Venezuela est au centre de cette bataille. Il nous incombe d’endosser le rôle d’avant-garde et nous devons l’assumer, afin de prendre conscience des énormes responsabilités qui pèsent sur nous. »

Federico Fuentes, avec Kiraz Janicke, a participé à la Rencontre Internationale des Partis de Gauche en tant que représentants de l’Alliance Socialiste.

http://mrzine.monthlyreview.org/fuentes281109.html

Traduction VD pour le Grand Soir


EN COMPLEMENT

LA V° INTERNATIONALE EN GESTATION

par COMAGUER

C’est ce qu’a annoncé Hugo Chavez à l’issue d’une conférence internationale de partis et de mouvements de gauche qui s’est tenue à Caracas du 19 au 21 Novembre.

La proposition est audacieuse mais s’inscrit tout à fait dans la démarche habituelle du Président vénézuélien qui a déjà insisté dans ses interventions à des réunions de ce type : conférences, forums sociaux, colloques et rassemblements divers, sur la nécessité de constructions politiques permanentes plus solides et débouchant sur des programmes d’action concrets et coordonnés.

D’où l’idée ambitieuse de V° INTERNATIONALE qu’il veut respectueuse de la diversité de ses membres et sans contraintes.

Ce projet a d’abord une utilité nationale : le PSUV, parti socialiste unifié du Venezuela, parti de masse récemment créé, a besoin de s’inscrire dans un cadre international. Ce cadre ne peut pas être l’INTERNATIONALE SOCIALISTE qui regroupe les partis sociaux démocrates les plus néolibéraux du monde et qui a pignon sur rue dans les institutions financières internationales les plus néolibérales (voir DSK au FMI par exemple) et il n’y a plus d’Internationale communiste.

La liste des partis et mouvements invités et participants à la conférence de Caracas dessine les contours de cette nouvelle internationale : une majorité de partis communistes dont deux partis de gouvernement : le chinois et le cubain, des mouvements latino-américains parmi lesquels le MAS bolivien d’Evo Morales, le FMLN salvadorien, le Front sandiniste nicaraguayen et l’Alianza Pais d’Equateur et des petits partis de gauche comme DIE LINKE. Deux organisations françaises étaient présentes : le PCF et le PARTI DE GAUCHE.

Plusieurs partis présents ont exprimé des réserves ou même une opposition au projet : PC brésilien, PC grec, PT brésilien et PC vénézuélien. Le PC cubain a qualifié l’idée d’excellente mais ne s’est pas prononcé formellement.

Ces positions expriment une réaction à un projet encore peu mûri et une réserve face à une trop grande diversité qui ne pourrait qu’être préjudiciable à l’efficacité.

Les autres partis latinos ont dans l’ensemble été favorables témoignant ainsi de leur volonté de résistance commune à l’offensive réactionnaire de l’administration OBAMA sur le continent. Ils sont avec le PSUV et le PC vénézuélien les plus conscients de cette urgence et de la nécessité d’apporter une réponse politique collective globale et pas seulement militaire aux menées contre révolutionnaires avérées en Colombie, au Honduras, au Pérou et au Panama ou prévisibles comme au Paraguay.

A l’issue de la Conférence les participants ont adopté les ENGAGEMENTS DE CARACAS. :

- Affirmation de leur volonté de construire le socialisme du XXI° siècle face à la crise généralisée us système capitaliste global

- solidarité avec les peuples victimes d’agressons ou d’invasions impérialistes : Cuba (demande de levée du blocus) Palestine, Sahara Occidental, Irak, Afghanistan et avec le peuple mexicain victime des politiques de son gouvernement et un programme d’actions concrètes :

- organisation du 12 au 17 Décembre d’une semaine internationale de mobilisation contre les bases militaires US en Colombie au Panama et ailleurs

- lancement d’une campagne pour l’ouverture d’un procès contre G.W.BUSH pour crimes contre l’humanité

- organiser la commémoration du 100° anniversaire de la journée internationale des femmes créée par Clara Zetkin

- organiser la solidarité avec la Révolution Bolivarienne face aux attaques impérialistes permanentes

- organiser la solidarité avec le peuple du Honduras contre le coup d’Etat militaire

- mettre fin au blocus de Cuba et libérer les cinq prisonniers cubains aux Etats-Unis

- soutenir le peuple haïtien dans sa lutte pour le retour au pays du président élu : Jean Bertrand Aristide, enlevé par les impérialistes.

Bref, une bonne analyse des périls de l’heure face à la contre offensive impériale en Amérique Latine et beaucoup de propositions intéressantes. Reste à voir la capacité d’organisation et d’action collective de cette future internationale.

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http://www.legrandsoir.info/L-appel-historique-de-Chavez-pour-une-5eme-Internationale-Monthly-Review.html
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 12:35


La Bolivie est un pays de l’Amérique du Sud d’un peu plus de 9 millions de personnes aux ethnies multiples. Elle est composée à 55% d'Amérindiens (30% Quechua et 25% Aymara), à 30% de métis, et à 15% d'Européens blancs. Sans accès à la mer, depuis la guerre du Pacifique (1879-1884), elle est une enclave entourée par le Brésil, le Paraguay, l'Argentine, le Chili et le Pérou. Les principales caractéristiques de sa géographie sont l'Altiplano, un haut plateau se situant au milieu des Andes, et le lac Titicaca qui est la plus vaste étendue d'eau d'Amérique du Sud et le plus haut lac commercialement navigable du monde. Une majorité de la population y vit. À l’est, en direction de la frontière brésilienne, on y retrouve le climat tropical et de vastes étendues de terre et de forêt.

La Bolivie, bien qu’étant le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud, n’en est pas le moins riche en ressources naturelles : étain, gaz naturel, pétrole, zinc, tungstène, antimoine, argent, fer, plomb, or, bois de construction, barrage hydro-électrique. Elle a été, plus souvent que moins, sous la gouverne de gouvernements, surtout oligarchiques et dictatoriaux. Les mouvements sociaux qui s’élevaient contre l’hégémonie de ces gouvernements ont été constamment réprimés par les forces militaires, entrainées à servir prioritairement les oligarchies et leurs intérêts. En dépit de ces répressions sanglantes, ils n’ont toutefois pas été entièrement anéantis. Christian Rudel de l’Université Laval,
présente, en 2006, l’entrée en scène d’Évo Morales comme nouveau Président de la Bolivie:

« C'est sur fond de mécontentement social qu'Evo Morales, ancien syndicaliste paysan, défenseur des cultivateurs de coca, puis organisateur du Mouvement vers le Socialisme (MAS), a bâti sa conquête du pouvoir. Il a élaboré un programme social et antilibéral, porté par les associations et syndicats du mouvement social : nationalisation des secteurs-clés de l'économie (hydrocarbures, transports, télécommunications), arrêt du paiement de la dette extérieure, défense de la coca, plante emblématique de la culture indienne, fin de l'intervention états-unienne et convocation d'une Assemblée constituante pour redéfinir la nature de l'État et l'adapter à la réalité pluriethnique de la nation. »

Qui est-il donc cet homme, d’à peine cinquante ans, devenu, pour ces millions d’amérindiens, le porteur des promesses de libération, prophétisées par leurs ancêtres depuis des milliers d’années?


EVO MORALEZ AYMA fut le premier Bolivien d’origine amérindienne à être élu, en 2005, Président de la Bolivie, pays où les hauts plateaux voisinent le ciel et où les vallées arrivent jusqu’au dessous du niveau de la mer. Si en 2008, le monde salua avec enthousiasme et admiration l’élection du premier noir élu au poste de Président des États-Unis, celle du premier amérindien à occuper, en 2005, la Présidence de la Bolivie passa pratiquement inaperçue. Pourtant, cette élection innovait sur plusieurs fronts. Évidemment, il y avait l’origine amérindienne de l’élu, mais aussi le parcours humain, marqué par une enfance humble sur les hauts plateaux d’Orinoca, les luttes syndicales avec les mineurs, puis les combats politiques contre la corruption et pour le respect des droits des amérindiens et amérindiennes, sans discrimination pour personne.

Je me permets
la citation d’un article de Fidel Castro, qui a rencontré à quelques reprises ce personnage qui ne cesse de le fasciner et dont il nous trace son portrait et son itinéraire. Pour lui, Évo Morales eût été un candidat tout désigné pour le prix Nobel de la paix 2009.

« Evo Morales, paysan indigène très pauvre, faisait paître dans les Andes, en compagnie de son père, le troupeau de lamas de sa communauté indigène. Il n’avait même pas six ans. Tous deux les conduisaient quinze jours durant jusqu’au marché où ils les vendaient pour acheter les aliments de la communauté. Quand j’ai interrogé Evo sur cette expérience singulière, il m’a raconté qu’il «descendait dans un hôtel 1 000 étoiles», une belle formule pour désigner le ciel si dégagé de la Cordillère qu’on y installe parfois des télescopes.


Durant ces dures années de son enfance, la seule autre issue pour les paysans de la communauté aymara où il est né était d’aller couper la canne à sucre dans la province argentine de Jujuy, où une partie de la communauté se réfugiait parfois lors de la campagne sucrière.


(…) Il apprit à lire et à écrire en espagnol dans une petite école publique où il se rendait à pied, à cinq kilomètres de la chaumière où il vivait avec ses frères et ses parents.


Pendant son enfance hasardeuse, Evo était constamment à la recherche de maîtres. Il a appris de son peuple trois principes moraux: ne pas mentir, ne pas voler, ne pas être faible.


Quand il eut treize ans, son père l’autorisa à vivre à San Pedro d’Oruro pour y faire des études secondaires. L’un de ses biographes nous dit qu’il était meilleur en géographie, en histoire et en philosophie qu’en physique et en maths. Le plus important, toutefois, c’est que pour payer ses études, il se levait à deux heures du matin pour aller travailler comme boulanger, manœuvre ou dans d’autres métiers qui demandent un effort physique. Il allait en classe l’après-midi. Ses compagnons l’admiraient et l’aidaient. Dès l’école primaire, il avait appris à jouer divers instruments à vent, et il fut trompettiste d’une prestigieuse fanfare d’Oruro.


Encore adolescent, il avait organisé l’équipe de football de sa communauté, dont il était le capitaine.


L’accès à l’université n’était pas à la portée d’un indigène aymara pauvre.


Une fois ses études secondaires terminées, il fit son service militaire et retourna dans sa communauté, sur les hauteurs de la cordillère. La pauvreté et les catastrophes naturelles obligèrent sa famille à émigrer vers la région subtropicale d’El Chapare, où elle obtint un petit lopin de terre. Evo avait vingt-trois ans quand son père mourut en 1983. Il travailla durement la terre, mais c’était aussi un militant né qui organisa tous les travailleurs, créa des syndicats et combla par là des vides dans des secteurs où l’État ne faisait rien.


Je me bornerai à dire qu’Evo a été capable de vaincre les terribles campagnes de calomnies orchestrées par l’impérialisme, ses coups d’État et ses ingérences dans les affaires intérieures du pays, de défendre la souveraineté de la Bolivie et le droit de son peuple millénaire au respect de ses coutumes. »


Un des moments forts de son dernier mandat fut celui de la modification de la Constitution à laquelle s’opposa avec force et violence l’Oligarchie. À l’époque, j’avais écrit un article sur « La marche d’un peuple » allant rejoindre son Président qui faisait une grève de la faim, arme utilisée pour briser l’acharnement d’un Sénat majoritairement servile à l’oligarchie et qui refusait d’entériner cette nouvelle Constitution. C’est ce même peuple qui, en ce 6 décembre 2009, vient de reporter au pouvoir celui qui répond si bien à ses attentes. Les résultats des sondages recueillis à la porte des urnes, le donne gagnant avec plus de 62 % d’appui populaire, très loin devant ses adversaires.

VIVE LA DÉMOCRATIE ET LONGUE VIE À EVO MORALES, SON PRÉSIDENT

Oscar Fortin

6 décembre 2009

http://humanisme.blogspot.com

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 12:32


Le président bolivien, Evo Morales, a été réélu dimanche avec 62% à 65% des voix pour son prochain mandat 2010-2015, selon les sondages d'opinions préliminaires menés par trois chaînes de télévision locales.

Parmi ses principaux rivaux, Manfred Reyes du parti Projet et plan bolivien a remporté 23% à 25% des voix, et Samuel Doria du parti de l'Unité nationale a 9% des voix, selon les sondages d'opinions.

L'écart entre MM. Morales et Reyes est d'environ 40%, ce qui exclut la possibilité d'un second tour comme prévu par l'opposition.

Selon la même source, le réferendum pour l'autonomie des départements de Chuquisaca, de La Paz, d'Oruro, de Potosi et de Santa Cruz a vu un taux d'approbation de 70% à 78%, donc ils rejoindront les quatre autres départements déjà autonomes.

M. Morales a été élu président pour la première fois en décembre 2005, avec 53,78% des voix, et après quatre ans, il a augmenté ses voix favorables de 10 pourcents, ce qui montre la consolidation de la politique de révolution démocratique de son gouvernement.

La cour électorale nationale a déclaré dimanche qu'elle annoncera les résultats officiels dans moins d'une semaine, mais le dépouillement sera prêt dans quelque 48 heures.

Plus de 5,1 millions de Boliviens se sont enregistrés pour voter dimanche aux élections d'où sortiront un président, un vice-président, 130 délégués et 36 sénateurs.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 09:07


Par José Fort

Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, prépare son avenir politique. En 2010, le président de la République du Brésil quittera son poste au terme de deux mandats. Avec un bilan que bien des chefs d’Etat peuvent lui envier. Il a mis en place une politique économique, timide diront certains, audacieuses réagiront d’autres en faveur des plus défavorisés et lancé un vaste plan de développement de son pays. Il a surtout  donné au Brésil une place de premier plan dans le concert des nations.

En Amérique latine, Lula cultive des relations amicales avec la plupart des responsables de ce continent. Au Venezuela, en Bolivie, au Chili, en Argentine et dans tous les pays des Caraïbes y compris avec Cuba, il est considéré comme un « ami » sinon un « allié ». Son attitude après le coup d’Etat au Honduras, sa critique concernant l’installation de bases US en Colombie, sa volonté affirmée de construire une « coopération durable » dans la région lui ont attiré plus que de la sympathie.

Avec la Chine, l’Inde et la plupart des pays d’Asie, les contacts sont fructueux. Avec la Etats-Unis et le Canada, le président du Brésil  est reconnu comme un interlocuteur de première importance. Avec l’Iran et la crise du nucléaire, Lula en recevant  M. Ahmadinejad s’affiche comme  médiateur d’un possible conflit majeur. Avec l’Europe, il est devenu un interlocuteur incontournable, notamment dans le domaine de l’environnement. Lula joue sur tous les tableaux. Pour quelle perspective ?

Le Brésil devrait rejoindre rapidement le club restreint des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU.  Mais  Lula ne vise-t-il pas un autre objectif ? L’ancien syndicaliste, persécuté par la dictature militaire, social-démocrate aux accents tiers-mondistes, homme d’Etat reconnu, personnage tout en rondeur physique et politique ne caresse-t-il pas l’espoir de jouer une carte internationale, une fois sa présidence terminée ? Plusieurs atouts militent en sa faveur et il ne serait pas étonnant en 2011 de le retrouver à un poste de haute responsabilité dans l’arène mondiale.   

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 11:27
Quito, 5 dic (PL) Le président de l’Équateur, Rafael Correa, a alerté aujourd’hui la communauté internationale sur la gravité du précédent d’impunité des putschistes au Honduras et a réitéré que son gouvernement ne reconnaît que le président constitutionnel légitime, Manuel Zelaya.

Lors du récent Sommet Ibéroaméricain au Portugal, a expliqué Correa lors de son traditionnel rendez-vous radiophonique du samedi, le cas du Honduras a été discuté et il n’y a pas eu de consensus clair.

"Oscar Arias, président du Costa Rica, disait qu’il fallait reconnaître le gouvernement issu de ces élections" a-t-il rapporté. "Par contre, Luiz Ignacio Lula Da Silva, président du Brésil, a dit que cela était absurde car cela signifierait que dans ce cas tout le monde pourrait donner un coup d’État, appeler á des élections deux mois plus tard, comme si de rien n’était."

"Et bien entendu cette position est aussi celle de l’Équateur. Pour nous le cas du Honduras est extrêmement grave et il est absurde de vouloir le légitimer avec des élections illégitimes et frauduleuses. Nous n’allons pas reconnaître d’autre gouvernement que celui de Manuel Zelaya", a-t-il souligné. Il a rappelé que le putschiste Roberto Micheletti a déclaré publiquement que cela devait servir d’avertissement a Chávez (Venezuela), Correa (Equateur), Lula (Brésil), Morales (Bolivie), Fernández de Kichner (Argentine), c’est-á-dire aux gouvernements progressistes de l’Amérique Latine.

"Voilá l’arrogance de ces gorilles et de cette droite. Cette déclaration est enregistrée même si beaucoup de médias la passent sous silence. Elle exprime exactement la nature de cette droite putschiste, arrogante, qui a ses adeptes en Équateur", a-t-il dénoncé.

"Ne nous trompons pas, a ajouté Correa face aux exclamations de soutien du public à son gouvernement, c’est ainsi que pense cette droite, mais ils ne passeront pas ! Ils le savent sinon il y a longtemps qu’ils auraient tenté de nous renverser."

Source : Prensa Latina

Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 11:24
Karla Jacobs, pour Tortilla con Sal
Il ne me fut guère difficile d’être frappée par l’abîme entre les situations actuelles du Nicaragua et du Honduras, ce dimanche 29 novembre, tandis que j’accompagnai ma nièce à la fête pour enfants de La Plaza San Juan Pablo II à Managua.

Pour la première fois dans sa vie cette fillette de douze ans issue d’une famille paysanne trés pauvre avait pu goûter aux joies du cirque, patiner sur une piste de glace, faire un petit tour dans un parc d’attractions de la “Foire des Enfants Heureux” organisée et financée par le gouvernement du FSLN dans le but d’offrir un souvenir joyeux de Noël aux enfants du Nicaragua.

Nous avions même pu nous promener sur le siège d’un matelot de la Défense Civile, jeter un coup d’oeil dans un appareil de la force aérienne nicaraguayenne, d’un ancien hors-bord ou d’un ancienne voiture de pompiers des années 50.

Ma nièce était une des 100.000 enfants au moins qui ont participé à la fête durant ses trois premiers jours. Le gouvernement en attend plus d’un million et demi durant les 37 jours d’ouverture.

La sécurité est garantie par une forte présence de la Police Nationale du Nicaragua, une force reconnue internationalement pour son professionalisme et son éthique humaniste depuis sa fondation sous la Révolution Sandiniste dans les années 1980. Les promenades et les autres attractions sont assurées par des volontaires de la Jeunesse Sandiniste "19 de Julio."

Ce gouvernement a été critiqué par les partis d’opposition parce qu’il a dépensé des dizaines de milliers de dollars pour cette fête alors que, selon eux, cet argent aurait pu être investi dans les systèmes de santé et d’éducation. Critiques difficilement recevables cependant lorsqu’on se rappelle le triste état dans lequel l’opposition laissa le pays après 16 ans de règne interrompu.

Et honnêtement, je serais d’accord avec la réponse de la porte-parole du gouvernement Rosario Murillo à ces détracteurs : “un sourire d’enfant n’a pas de prix”, surtout lorsqu’on parle d’enfants qui ont souffert d’épreuves aussi dures que la majorité des enfants du Nicaragua.

Mais tandis que ma nièce recevait l’aide des jeunes volontaires sandinistes pour faire et refaire des promenades ou qu’elle visitait des véhicules des forces armées sous l’oeil de soldats nicaraguayens amicaux, mon esprit revenait aux événements du Honduras et à la farce électorale organisée par les putschistes.

Dans sa déclaration du 29 novembre au soir, le Front National de Résistance contre le coup d’État a déclaré la “défaite” de la "farce électorale menée par la dictature" grâce au "plus haut taux d’abstention de l’histoire du pays."

Selon la Résistance, qui a observé l’asistance aux bureaux de vote dans tout le pays, au moins 65% à 70% des électeurs enregistrés au Honduras se sont abstenus. La majorité a répondu à l’appel des organisations à boycotter un processus électoral anormal.

L’affluence sans précédent à l’assemblée organisée par la résistance à Tegucigalpa le 30 novembre pour célébrer la "victoire du peuple" sur le régime putschiste a démontré avec force que la majorité du peuple hondurien approuve par son abstention cette position.

Fait particulièrement remarquable alors que se poursuit une répression violente (tabassages, tortures, viols, meurtres) à laquelle les manifestants contre le coup d’État sont soumis par la police et l’armée depuis que le Président Manuel Zelaya a été enlevé chez lui et exilé de force au Costa Rica dans les premières heures du 28 juin.

Le jour des "élections", des marches pacifiques dans différentes parties du pays ont été brutalement réprimées par les forces de sécurité, laissant des dizaines de blessés et de personnes arrêtées illégalement.

Selon le gouvernement du lauréat 2009 du Prix Nobel de la Paix, cependant, le processus électoral constitue un pas positif vers la solution de la crise au Honduras. Dans sa déclaration du 30 novembre le département d’État US a, par la voix de son porte-parole Ian Kelly, "félicité le peuple hondurien pour l’exercice pacifique de son droit démocratique à élire ses gouvernants" et a confirmé la volonté nord-américaine de "travailler étroitement avec le nouveau gouvernement de Porfirio Lobo."

Pendant tout ce temps les États-Unis s’activent à saper le gouvernement du FSLN au Nicaragua, un gouvernement qui non seulement observe une politique stricte de “répression zéro” mais obtient des progrès sans précédent dans des secteurs critiques pour le bien-être de la population comme l’alphabétisation et la sécurité alimentaire.

Distantes de deux cents kilomètres à peine, Managua et Tegucigalpa sont deux mondes opposés.. À en juger par la réponse du Département d’État aux développements politiques dans les deux capitales, on voit clairement quel camp il a choisi.

Karla Jacobs, 3 décembre 2009

Source : Tortilla con Sal

Traduction : Thierry Deronne pour www.larevolucionvive.org.ve

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 11:06
Par Claire Martin
Trente-six ans après l’assassinat du chanteur-compositeur Victor Jara sous la dictature (1973-1990), les Chiliens lui rendent un dernier hommage trois jours durant.
« C’est le saint-patron des chanteurs, je suis sûr qu’il n’y a pas un seul chanteur au Chili qui n’ait commencé à chanter et à gratter la guitare sur des textes de Victor Jara », lance Rodrigo Nunez, troubadour depuis dix ans dans les cafés, les bus et la rue. A 35 ans, ce beau gars, un chapeau noir sur la tête, attend son tour pour monter sur scène et dévoiler au public un poème chanté qu’il a écrit la veille au soir pour Victor.
 
Jeudi et vendredi, la fondation Victor Jara a monté une scène ouverte sur la Place Brésil, au cœur de Santiago et en face de ses bureaux, pour inviter tous les Chiliens à venir rendre hommage par un poème, une chanson, quelques mots à l’icône de la musique folklorique, connu dans toute l’Amérique latine. « C’est un personnage important dans l’histoire de notre pays », souligne Tiarée, vêtue de son uniforme scolaire. Cette jeune fille aux grands yeux noirs n’a pas même connu la dictature, mais Victor reste pour elle « un symbole de la lutte sociale », dont elle écoute les chansons le soir après les cours. « C’est comme ça qu’il aurait voulu ses funérailles », souligne-t-elle avec assurance, « le peuple participant ».
 
Le cercueil recouvert du pancho
 
Les portes de la fondation s’ouvrent sur la place. A l’intérieur, dans une salle sombre recouverte de peintures et de couronnes de fleurs, dominée par un grand drapeau chilien fait de vêtements cousus, c’est à voix basse ou en silence qu’on rend un dernier hommage au cercueil du chanteur-compositeur, recouvert de son pancho rouge et noir. En file indienne, les gens, venus en famille, déposent un œillet rouge ou touchent simplement le bois du cercueil, le même que celui dans lequel il fut enterré en 1973, rénové par les soins d’une des filles du chanteur. Beaucoup ont les yeux brillants de larmes, l’émotion est palpable.
 
« Le premier enterrement de Victor Jara, le 18 septembre 1973, s’est déroulé presque dans la clandestinité », rappelle Gloria König, directrice de la fondation Victor Jara. « C’est grâce à un jeune, un fonctionnaire du registre civil qui a reconnu Victor Jara à la morgue, que son corps n’a pas été lancé dans une fosse commune et que Victor n’est pas devenu un des disparus du Chili sous la dictature. » Ce jeune homme a réussi à joindre Joan Turner et c’est à trois, sans fleurs ni chants, qu’ils l’ont enterré.
 
Si aujourd’hui, les restes de Victor Jara sont de nouveau enterrés, c’est parce que le juge Juan Fuentes Belmar, en charge de faire la lumière sur l’assassinat du militant communiste symbole de l’Union populaire de Salvador Allende, a ordonné l’exhumation de son corps en juin dernier.
Elle a permis non seulement d’authentifier ses restes, grâce à des prélèvements ADN, mais de confirmer les tortures qu’a souffert le chanteur avant d’être criblé de 44 balles.
 
Arrêté, torturé et tué
 
Le 11 septembre 1973, jour du coup d’Etat fomenté par le commandant en chef de l’armée de terre Augusto Pinochet qui renverse le président Salvador Allende, Victor Jara allait chanter à l’Université technique. Il est arrêté, emmené au Stade Chili, converti en un immense centre de détention et de tortures où 3 000 personnes attendent, sans comprendre, un futur incertain.
Un officier particulièrement cruel, surnommé « le Prince », pour sa voix impérieuse, ses cheveux et ses yeux clairs, aurait ordonné les tortures, selon des anciens compagnons de douleur de Victor Jara. C’est lui qui aurait tiré le premier coup de feu dans le crâne du chanteur, en jouant à la roulette russe. « J’ai la ferme conviction que les assassins de Victor Jara tant matériels qu’intellectuels sont identifiés presque à 100 %, martèle l’avocat de la famille Cristian Cruz. Celui qu’on surnommait ' le Prince ' a un prénom et un nom. Et ils sont mentionnés dans le dossier que nous avons fourni au juge. »
 
Pourtant, le juge n’a jusqu’ici mis en examen que deux personnes. L’une d’elle est morte. L’ancien appelé au service militaire, José Paredes, qui avait d’abord avoué être l’auteur de coups de feu, dément aujourd’hui et demande sa relaxe. Le juge Juan Fuentes Belmar avait tenté de classer l’affaire sans prononcer aucune condamnation il y a un an et demi.
La famille de Victor Jara et les centaines de Chiliens qui accompagnent le cortège funéraire et festif du chanteur, dans son dernier voyage, réclament que justice soit faite, et que cesse l’impunité.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 09:16
Une analyse de Serge Charbonneau publiée par Le Grand Soir

Sur Cyberpresse on peut lire : « Evo Morales : populiste ou héros de la cause autochtone ? » [1]

En décembre 2006, un anti progressiste notoire, Gwynne Dyer, avait écrit un article totalement semblable s’intitulant : « Chavez, révolutionnaire ou populiste ? »

Les articles de la presse voulant discréditer ces dirigeants progressistes qui font perdre des milliards aux compagnies mondiales, ne se renouvellent pas beaucoup.

Combien de fois a-t-on vu le qualificatif "populiste" pour décrire les dirigeants populaires du monde entier ?

« Chavez : démocrate populiste ? », Mars 2004, article de Talleyrand.

On a parlé d’Aristide comme étant un populiste, de Nestor Kirchner, de Cristina Fernandez, de Rafael Correa et de tant d’autres. On qualifie de populistes tous ceux qui sont le moindrement populaires et qui font chier les chantres du néolibéralisme.

En décembre 2006, en réponse à Gwynne Dyer, j’écrivais « Chavez révolutionnaire ou populiste ? Mais on s’en fout ! », [2] un article disparu des archives de Gesca.

Je disais :

« Populiste ou révolutionnaire ?

Mais on s’en fout !

L’important est que la démocratie soit sauvegardée et que les conditions de vie des laissés pour compte s’améliorent.

Le Venezuela un pays riche, qui flotte sur l’or noir.

70% de la population vivait dans des conditions de pauvreté incroyable.

Les riches roucoulaient et les pauvres mouraient dans leur merde.

C’était avant Chavez. Certain, comme notre journaliste indépendant vivant à Londres, s’offusque que Chavez redistribue l’argent du pétrole dans ses missiones. Il semble dire : « quel gaspillage ! ».

L’art de forger l’opinion publique se raffine. Nous avons des professionnels de la tournure bien placée.

Gwynne Dyer n’a certainement pas été discuter avec les indigènes, les pauvres, les personnes âgées du Venezuela. Tous ces exclus ont retrouvé leur dignité humaine, ils sont devenus des citoyens à part entière. Ils ont maintenant des droits : droit de parole, droit de se faire soigner, droit d’avoir des médicaments, droit d’aller à l’école, droit de pouvoir manger à leur faim et droit de vote.

Chávez, révolutionnaire ou populiste ?

On s’en fout et ils s’en foutent !

Ils sont mieux, c’est tout. »

Je terminais en disant :

« La désinformation est subtile, n’en soyez pas victime. »

Aujourd’hui encore, je peux dire :« La désinformation est subtile, n’en soyez pas victime. »

Le conditionnement médiatique de l’opinion publique ne se renouvelle pas.

Aujourd’hui on titre : « Evo Morales : populiste ou héros de la cause autochtone ? »

C’est un article anonyme, comme la plupart de AFP (l’Agence de Franche Propagande) qui nous aiguille le sentiment.

On peut lire :

« Le socialiste Evo Morales, grand favori pour remporter un second mandat présidentiel dimanche en Bolivie, s’est forgé en quatre ans une image de champion de la cause autochtone adulé par ses partisans, mais dépeint comme populiste par ses détracteurs. »

Dans le cas d’Evo Morales, on ne peut jouer le coup de la fraude électorale. Monsieur Morales est nettement le favori de la population bolivienne. La réalité ne peut être masquée. Tout ce qui reste pour éviter que l’opinion mondiale voit ses politiques comme étant des politiques de bon aloi qui donneraient une certaine crédibilité au dangereux (sic) socialisme, c’est de le traiter de populiste.

C’est stupide et enfantin, mais malheureusement efficace.

On va même jusqu’à le diminuer physiquement :

« Morales, « l’Amérindien noir et laid au nez de perroquet ».

On tente de minimiser la grossièreté en soulignant que c’est « selon ses propres termes ».

On dit aussi que si Morales a du succès, ce n’est pas à cause de la brillance de ses discours, ( ONU 2008 [3], ONU 2009 [4] ), mais ce serait plutôt dû à sa notoriété sans mesure dans son petit pays andin, acquise par un discours pro-amérindien plein d’inimitiés avec les États-Unis ou encore d’amitiés avec l’Iran et le Venezuela.

On dit que « pour 60% des habitants, de souche amérindienne, d’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine, Evo est surtout « l’un des leurs ». »

Est-ce une faute ?

Si les multinationales ne peuvent plus faire ce qu’ils veulent des richesses de la Bolivie, OUI, c’est une grave faute.

 

On dit que Evo Morales est un Aymara né il y a 50 ans dans un foyer démuni, sans eau courante ni électricité sur l’Altiplano sud, qui n’a jamais terminé l’école, a gardé des troupeaux de lamas et subsisté comme joueur de trompette itinérant.

Allo Président, n’est-ce pas ?

On dit aussi qu’il a fini « leader syndical des cultivateurs de coca, qu’il est toujours. »

En plus d’être Président populiste, il est aussi « leader syndical des cultivateurs de coca ». On voit quel genre de sale (sic) individu il peut être !

On le décrit aussi comme étant un « frondeur social de premier plan ».

Pour preuve il a depuis placé l’Amérindien, la « refondation » autochtone du pays, ou « la deuxième et définitive » décolonisation de l’Amérique, au coeur de son projet et d’une nouvelle Constitution.

Il a même dit aux investisseurs : « On veut des partenaires, non plus des maîtres ».

Un front de bœuf ce chiqueur de coca de Morales !

Imaginez dire de telles choses aux investisseurs, ces missionnaires qui veulent « développer » le pays.

On poursuit en disant : « Fiers de sa fermeté, ses partisans louent sa modestie, sa chaleur, sa proximité avec le peuple. »

Fermeté ou pas, ses partisans et j’en suis, louent sa réelle modestie et sa chaleur humaine. Il suffit d’écouter ses nombreux discours pour réaliser que ses partisans ne surestiment pas naïvement l’homme.

On dit : « Et ses proches, dont le vice-président Alvaro Garcia, « intellectuel du régime », saluent sa force de travail et sa qualité d’écoute. »

« L’intellectuel du régime »

Rien de moins. C’est depuis la nuit des temps de la guerre froide qu’on a des « intellectuels du régime ». Quand je dis que la presse de dénigrement ne se renouvelle pas…

Et ce n’est pas tout, ne reculant devant aucune caricature on poursuit en disant :

« Pour ses opposants, Morales est un autocrate en puissance, un populiste habité d’une mission historique. Mais qui reste un poids plume, dépendant de son mentor vénézuélien Hugo Chavez. D’où les surnoms dont ils l’ont affublé : « Chavez Light » et « Première Dame du Venezuela ». »

C’est presque incroyable qu’un média "sérieux" publie de telles absurdités !

Imaginez, quiconque oserait écrire de telles niaiseries se ferait ridiculiser. Mais lorsqu’il est question de dénigrement des "régimes" socialisant, on publie de telles insanités et on joue les gens sérieux !

Le pire c’est que bien peu de gens parlent espagnol et connaissent vraiment Evo Morales.

On peut ainsi totalement aiguiller le jugement de ces bonnes gens.

Si on diffusait un seul des discours de ce Président, véhiculant les plus grandes valeurs humaines, écologiques et morales, bien des gens se soulèveraient contre un tel article de salissage et de diffamation.

On dit :

« Le discours dramatique contre « l’empire » américain ou une opposition « putschiste, fasciste », inquiète ou amuse. Mais il peut aussi marquer les esprits… »

On arrête les gens qui nient l’Holocauste, on devrait aussi arrêter les gens qui nient les méfaits de l’empire américain en Amérique latine.

AFP marque vraiment les esprits et de façon méthodique et fulgurante.

Cet article de AFP illustre de façon éloquente que cette agence mondiale d’information (désinformation) internationale manipule l’opinion publique dans le but de miner la crédibilité des Présidents qui refusent d’être au service des prédateurs néolibéraux.

Il faut écouter Evo Morales et surtout il faut faire confiance à l’intelligence des Boliviens et Boliviennes.

Le résultat du vote de dimanche nous montrera que cette population a pris sa destinée en main et qu’elle sait reconnaître ceux qui la servent de leur mieux.

Serge Charbonneau Québec

Source : Le Grand Soir

URL de cet article http://www.legrandsoir.info/Faute-de-pouvoir-crier-a-la-fraude-AFP-vomit-sur-Evo-Morales-en-attendant-le-resultat-de-dimanche-prochain.html

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