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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 08:27

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Lire ou relire : Le président Hugo Chávez dans le labyrinthe colombien, MAURICE LEMOINE

 

L'Institut National d'Etudes Stratégiques (IISS en anglais), dont le siège est en Grande Bretagne, commercialisera à partir du 10 Mai les documents supposément trouvés dans l'ordinateur du leader des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) qui a été abattu, Raul Reyes.

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Les documents ont été remis à l'Institut par le Gouvernement de celui qui était alors le président de la Colombie, Alvaro Uribe, et seront disponibles sur un CD que l'on pourra acquérir avant son lancement officiel "pour la modique somme de 30 livres (50 dollars) », selon ce que dit IISS sur son portail.

 

Aux archives seront ajoutées un « bonus » diffamatoire, "Les archives des FARC, le Vénézuéla, l’Equateur et les Archives Secrètes de Raul Reyes", élaboré par les analystes de l'Institut qui sont supposés avoir passé plusieurs mois à étudier les documents.

 

"Ce dossier stratégique fournit des informations détaillées sur la pensée et l'évolution des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC). Celles-ci sont basées sur une étude des disques durs des ordinateurs ayant appartenu à Luis Edgar Devía Silva (Raul Reyes), Chef du Comité International des FARC, qui ont été pris par les Forces Armées de Colombie lors d'une descente en Mars 2008 dans le camp Devia en Equateur" détache l'IISS sur son site Internet.

 

Selon l'Institut, ces informations montrent comment les FARC "ont évolué depuis un petit groupe sans importance stratégique jusqu'à devenir un mouvement insurrectionnel, alimenté par les revenus de la production de narcotiques, et qui était près de mettre en péril la survie de l'Etat Colombien."

 

La défenseur(e) des Droits de l'Homme, Piedad Cordoba, a qualifié de "gravissime" le fait de la "manipulation et commercialisation des archives du supposé PC de Reyes", selon ce qu'elle a donné à connaître sur son compte Twitter.

 

La diplomatie du Disque Dur

 

Raúl Reyes est mort le 1° Mars 2008 lors d'un bombardement de l'Armée Colombienne en territoire Equatorien, ce qui fut qualifié par le Ministre de la Défense d'alors, Juan Manuel Santos de "coup le plus dur" contre les FARC.

 

Depuis lors, le gouvernement d'Alvaro Uribe a annoncé que des ordinateurs de Reyes, qui n'avaient pas été détruits par le bombardement, contenaient des informations qui compromettaient le gouvernement du Vénézuéla et a menacer les deux pays d'engager une action contre eux au moyen de la Justice Internationale.

 

Cela a créé une montée des tensions diplomatiques avec les pays voisins, qui a trouvé son apogée dans la rupture des relations diplomatiques. La remise des ordinateurs fut une des exigences de l'Equateur pour reprendre des relations normales.

 

Le 7 Août 2010, Juan Manuel Santos, nouveau président de Colombie, a cédé à son homologue Rafael Correa les ordinateurs saisis, grâce à quoi a débuté le cheminement vers le rétablissement de la diplomatie bilatérale, qui est devenu effectif en Novembre de la même année.

 

Traduction : Alma

Source : http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?t=488382&highlight=vender%E1n+archivos+supuesto+computador+jefe+farc

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 22:48

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« Le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela informe que, le [samedi] 23 avril 2011, a été détenu à l’aéroport international Simón Bolivar de Maiquetía [Caracas], le citoyen de nationalité colombienne Joaquín Pérez Becerra, carte d’identité 16 610 245, alors qu’il tentait d’entrer dans le pays dans un vol commercial en provenance de la ville de Francfort (Allemagne). »

 

Pérez Becerra sur lequel, selon la version officielle, pesait un mandat d’arrêt « code rouge » d’Interpol pour « terrorisme », a été extradé dès le lundi 25 en Colombie, à la demande du gouvernement de ce pays qui souhaite le juger en tant que responsable du front international des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en Europe. Le ministère de l’intérieur et de la justice vénézuélien a fait savoir que, à travers cette expulsion, Caracas « ratifie son engagement inébranlable dans la lutte contre la délinquance et le crime organisé, dans le strict accomplissement de ses engagements et de la coopération internationale ». De son côté, le président colombien Juan Manuel Santos, après avoir remercié publiquement son homologue Hugo Chávez, a apporté quelques précisions sur les dessous de cette arrestation. D’après son récit, il a, le samedi matin, pendant le vol de Pérez Becerra entre l’Allemagne et le Venezuela, appelé M. Chávez : « Je lui ai donné le nom et lui ai demandé de collaborer à son arrestation. Il n’a pas hésité. C’est une preuve de plus que notre coopération est effective (1). » Caracas n’a pas démenti cette version des faits.

 

Cette opération conjointe de deux pays que tout oppose et dont les relations tumultueuses ont alimenté la chronique ces dernières années provoque un fort malaise au sein des organisations sociales et des secteurs de gauche latino-américains qui, depuis 1998, se sont le plus mobilisés pour défendre la révolution bolivarienne face aux attaques dont elle est l’objet – et en particulier depuis la Colombie. L’attitude du président Chávez a été questionnée, critiquée, et parfois dans les termes les plus durs, tant au Venezuela qu’à l’étranger. La tonalité des réactions pourrait se résumer de la manière suivante : « Comment un gouvernant qui se dit révolutionnaire peut-il collaborer avec les services secrets colombiens et américains ? »

 

Le sort réservé à Pérez Becerra soulève en effet de nombreuses questions.

 

Né en Colombie, il a été membre de l’Union patriotique (UP), un parti légal né en 1985, dont les membres, militants et dirigeants ont été exterminés (4 000 morts) par les paramilitaires, instruments du terrorisme d’Etat. En 1994, après l’assassinat de son épouse, il a dû fuir son pays pour sauver sa vie et s’est exilé à Stockholm où, renonçant à sa nationalité d’origine, il est devenu légalement Suédois. Contrairement à ce que prétendent Bogotá et Caracas, il n’est donc pas (plus) colombien.

 

S’il a refait sa vie et fondé une famille, ce survivant de la guerre sale n’a pas abandonné pour autant le combat politique et est devenu directeur de l’Agence ’information nouvelle Colombie (Anncol), créée en 1996 par des journalistes latino-américains et européens. Très critique à l’égard du palais de Nariño (2), dénonçant sans concessions la collusion entre paramilitarisme et sphères gouvernementales, les scandales des « chuzadas » et des « faux positifs » (3), Anncol publie également, entre de nombreuses autres sources, des communiqués des FARC. Cela ne fait pas du directeur de ce média alternatif un « terroriste », haut responsable de l’organisation d’opposition armée sur le continent européen.

 

Comment se fait-il par ailleurs que ce citoyen –prétendument recherché par Interpol en « alerte rouge » – n’ait jamais été inquiété en Suède, pays dans lequel il vit depuis presque vingt ans ? Comment se fait-il qu’il ait pu aborder sans problèmes un avion à Francfort, aéroport européen dont on peine à imaginer une telle négligence en matière de sécurité ? Caracas et Bogotá seraient-elles les seules capitales au monde à recevoir les avis d’Interpol ? En l’état actuel des informations disponibles, on peut émettre une première hypothèse : un tel mandat d’arrêt n’existait pas.

Organisme international, Interpol ne mène pas d’enquêtes criminelles et ne possède pas de « service action ». Il centralise simplement les avis de recherche émis par les polices des pays membres – chacun possédant un Bureau central national (BCN) – et, dans le cadre de la coopération transfrontalière, les répercute à tous ses correspondants. Il est donc parfaitement possible – sauf démentis, dans les jours qui viennent, des gouvernements suédois et/ou allemand – que le mandat d’arrêt international pesant sur Pérez Becerra ait été émis et transmis au BCN de Bogotá par la police colombienne lorsque celle-ci a su, grâce à ses services de renseignement, qu’il se trouvait déjà dans l’avion où, dès lors, il était piégé. Il ne restait au président Santos, deux heures avant l’atterrissage, qu’à appeler M. Chávez – qui est tombé dans la machination, tête baissée.

 

Seule autre explication possible, au cas où ce mandat d’arrêt aurait existé antérieurement : les charges invoquées étaient trop inconsistantes pour que la police et le gouvernement suédois aient envisagé d’interpeller et d’extrader leur citoyen. Ou alors, il faut faire sienne la thèse (qui laisse perplexe, mais est évoquée par M. Chávez) d’une conspiration (Stockholm ?)-Washington-Bogotá-Interpol-CIA qui aurait patiemment attendu un voyage de M. Pérez Becerra au Venezuela pour sortir le mandat de sous la table et mettre Caracas dans l’embarras : « Si je l’extrade, je suis le mauvais, si je ne l’extrade pas, je suis le mauvais aussi (4). »

 

Néanmoins… Pérez Becerra a été « expédié » en quarante-huit heures en Colombie, sans que la justice vénézuélienne n’ait eu à examiner son cas. Une telle précipitation fait-elle partie des usages ? Depuis 2005, Caracas réclame à Bogotá l’extradition de M. Pedro Carmona Estanga, ex-patron des patrons recherché pour avoir pris le pouvoir illégalement et dissous tous les pouvoirs publics, lors du coup d’Etat d’avril 2002 ; il semblerait que la justice colombienne prend davantage de temps pour « réfléchir » avant de prendre une décision.

 

Durant sa détention dans les locaux du Service bolivarien du renseignement national (Sebin), Pérez Becerra a été soumis à un total isolement ; aucun de ses interlocuteurs n’a accepté de tenir compte de ses documents d’identité suédois ; il n’a pas eu droit à une assistance juridique ni à prendre contact avec un fonctionnaire de l’ambassade de Suède. Dans ces conditions, son affaire s’apparente de fait à l’enlèvement par un commando colombien bénéficiant de complicités locales, le 13 décembre 2004, en plein Caracas, de M. Rodrigo Granda – qui lui était réellement membre de la Commission internationale des FARC –, affaire qui avait provoqué à l’époque une réaction vigoureuse (et justifiée) du président Chavez.

 

Nul ne peut sérieusement contester que le rapprochement entre la Colombie et le Venezuela, depuis l’arrivée au pouvoir de M. Santos, le 7 août 2010, constitue une évolution positive, tant la liste a été longue des incidents qui, durant la présidence de M. Álvaro Uribe, ont culminé avec la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, en novembre 2007 et juillet 2010. Une trêve s’est instaurée. Pour des raisons économiques, Bogotá a besoin d’une normalisation : en raison de la fermeture épisodique des frontières, les exportations colombiennes au Venezuela sont passées de 6 milliards de dollars en 2008 à 1,4 milliard en 2010.

 

De son côté, la République bolivarienne, à qui ces importations font défaut, a également tout intérêt à ce que son voisin mette un terme à la campagne qui, en parfaite syntonie avec Washington, a tendu à faire du Venezuela un « complice du terrorisme » et un « narco-Etat ». Dès lors, chacun y trouvant avantage, c’est à celui des deux présidents qui donnera – en apparence ! – le plus de signes de bonne volonté. Et c’est au nom de la raison d’Etat qu’il a semblé difficile – voire impossible – à M. Chávez de refuser l’extradition demandée alors que M. Santos venait de lui en accorder une de toute première importance, celle du narcotrafiquant vénézuélien (présumé) Walid Makled.

A l’époque de sa gloire, M. Makled, richissime homme d’affaires, a été propriétaire de la compagnie aérienne Aeropostal et a contrôlé plus d’un tiers des ports et aéroports vénézuéliens. En 2008, ses deux frères Alex et Abdalá ayant été arrêtés en possession de 400 kilos de cocaïne, il s’est enfui pour échapper au mandat d’arrêt émis contre lui, avant d’être finalement arrêté, le 18 août 2010, à Cúcuta, en Colombie. Son extradition a été réclamée par le Venezuela dès le 26 août (outre le trafic de drogue, on lui impute dans ce pays trois assassinats) et, le 6 octobre, par les Etats-Unis qui le considèrent comme un « capo » particulièrement important.

 

Avec la complicité des autorités colombiennes, M. Makled a, depuis une prison de « haute sécurité » particulièrement permissive, passé son temps à accorder des interviews aux médias colombiens et vénézuéliens (d’opposition – pour ne pas dire « uribistes »), expliquant qu’il a bénéficié de complicités au plus haut niveau, civil et militaire, de la République bolivarienne, et participé au financement de telle ou telle campagne électorale, à l’occasion. Il a également précisé qu’il préférait être extradé aux Etats-Unis et qu’il était prêt à « négocier à 100 % avec la justice américaine ».

On connaît le fonctionnement de celle-ci dans ce genre de cas. En échange de « révélations » réelles et/ou fabriquées qui servent la politique de Washington (et pas uniquement en matière de narcotrafic !), le prévenu peut se voir offrir des remises de peine particulièrement alléchantes. Ce qu’a parfaitement saisi le président Chávez quand il a déclaré : « Le jeu de l’Empire est d’offrir à cet homme va savoir combien de facilités, et y compris sa protection, pour qu’il commence à vomir tout ce qu’il veut contre le Venezuela et son président (5). » D’où l’intérêt de le juger à Caracas et – beaucoup l’espèrent en tout cas au sein de la base « chaviste » – de mettre à jour, si son procès en confirme l’existence, les réseaux de corruption qui, à tous les niveaux, gangrènent le Venezuela. C’est donc un cadeau royal qu’a fait M. Santos au gouvernement bolivarien lorsque, malgré les intenses pressions des Etats-Unis, il a annoncé, le 13 avril, que M. Makled serait extradé au Venezuela (à l’heure où nous rédigeons ce texte, ce dernier se trouve néanmoins toujours en Colombie !).

 

Raison d’Etat, donc. Cruelle mais nécessaire, selon la formule consacrée. Mais le bât blesse – et doublement. Car à pragmatique, pragmatique et demi.

 

M. Santos ne sort pas du néant. Ministre de la défense du président Uribe, il a activement participé à la mise en oeuvre de sa meurtrière politique de « sécurité démocratique » et est directement impliqué dans le scandale des « faux positifs ». Depuis son arrivée au pouvoir, il a pris ses distances et ne manque pas une occasion de se démarquer de son prédécesseur (qui le lui rend bien), s’offrant à peu de frais une image de « modéré ». Enfin, beaucoup plus subtil que M. Uribe, il « joue » (dans tous les sens du mot) l’apaisement avec le Venezuela. En est-il pour autant un nouvel « ami » ? Ce pays va-t-il voir se réduire le niveau d’agression auquel il a été jusque-là soumis ? On peut en douter sérieusement.

 

Certes, la Colombie annonce l’extradition de M. Makled à Caracas. Mais ses autorités ont fait savoir que, auparavant, des fonctionnaires américains seraient autorisés à l’interroger. On peut donc s’attendre à ce que prochainement (c’est-à-dire avant l’élection présidentielle vénézuélienne de 2012), des « révélations fracassantes », qu’elles corroborent ou non celles que le trafiquant fera à la justice de son pays, alimentent les médias et la « communauté internationale » d’un délicieux venin made in USA. En un mot : la bombe à retardement que souhaitait neutraliser Caracas n’a nullement été désamorcée.

 

Elle l’est d’autant moins que, par ailleurs, à Londres, l’International Institute for Strategic Studies (IISS) annonce la présentation publique, le 10 mai, d’un ouvrage intitulé The FARC Files : Venezuela, Ecuador and the Secret Archive of Raúl Reyes (Les dossiers des FARC : le Venezuela, l’Equateur et les archives secrètes de Raúl Reyes). Le livre contiendra, est-il annoncé, une analyse du matériel contenu dans les trois clés USB et les disques durs des deux ordinateurs trouvés près du corps du responsable des relations internationales des FARC, Raúl Reyes, lors de sa mort sous un bombardement, en territoire équatorien, le 1er mars 2008. Sujets à caution, indéfendables sur le plan juridique, les milliers de documents en question, censément certifiés par Interpol, ont déjà amplement servi, par le biais de médias acquis à « la cause », à accréditer la thèse selon laquelle Caracas (de même que Quito) apporte un soutien financier, politique et militaire massif à la guérilla (6).

 

Quelque peu oubliés ces derniers temps, les « ordinateurs magiques » vont donc resurgir fort à propos. Le dossier sera accompagné, précise l’IISS, d’un CD-Rom contenant leurs e-mails les plus importants. Formidable ! Il s’agit de documents on ne peut plus inédits ! Ils surprendront sans doute le capitaine Ronald Ayden Coy Ortiz, rédacteur du rapport de la division antiterroriste de la Direction des enquêtes criminelles (Dijin) de la police colombienne sur le matériel informatique « appartenant à l’ex-guérillero ». Dès la fin 2008, entendu par la justice colombienne à la demande de son homologue équatorienne, il a révélé sous serment que l’« ordinateur » de Reyes ne contenait « aucun courrier électronique ». On n’y a trouvé que des fichiers Word et Microsoft, avec des « copies de courriers » (7) – que n’importe qui, dès lors, a pu introduire : le rapport d’Interpol consacré à ce matériel précise que des milliers de ces fichiers ont été créés, modifiés ou supprimés après qu’ils soient tombés entre les mains de l’armée, puis de la police colombiennes (8) .

 

Bien entendu, quand se réactivera cette « campagne » dont on peut prévoir qu’elle sera fort médiatisée – et fera passer au second plan les avancées sociales du gouvernement bolivarien –, M. Santos pourra toujours objecter à « son ami Chávez » qu’il n’est pas responsable des publications de l’IISS. Mais c’est bien lui qui, ministre de la Défense et aux ordres de ses patrons Uribe et George W. Bush, a, en 2008, organisé cette manipulation et diffusé les « archives de Raúl Reyes » aux quatre vents.

 

Le chef de l’Etat colombien gagne donc sur tous les tableaux. Ni « l’Empire » ni la droite vénézuélienne ne sauront gré au président Chávez d’avoir agi dans le sens de leurs intérêts. Comble de l’ironie et du cynisme, on a même pu entendre M. Rafael Uzcátegui, secrétaire général du parti d’opposition Patrie pour tous (PPT ; deux députés) s’inquiéter : « Le pays se demande qui est président du Venezuela : Hugo Chávez ou Juan Manuel Santos (9) ? » A gauche, en revanche, une fracture apparaît – impliquant les plus fidèles soutiens de la révolution bolivarienne, qui s’estiment trahis dans leurs idéaux, leur internationalisme et leur solidarité à l’égard de Pérez Becerra.

 

Nul ne peut décemment demander à Caracas de prendre fait et cause pour les guérillas. Le conflit colombien doit se régler en Colombie, entre colombiens (avec une médiation acceptée par tous les belligérants, le cas échéant). Le Venezuela, de son côté, peut légitimement estimer ne pas avoir à pâtir de la guerre interne qui – et il n’en est pas responsable – déchire son voisin. Mais le temps n’est pas si loin (en janvier 2008) où, l’analysant dans sa réalité profonde, le président Chávez invitait la communauté internationale à cesser de considérer les FARC (et l’Armée de libération nationale ; ELN) comme des « groupes terroristes » et à reconnaître les raisons politiques de leur lutte armée. Qui aurait pu imaginer alors la Patrie de Bolivar extradant un journaliste, exilé en Europe, dont le seul tort est de déchirer le voile de silence qui, pour une grande part, recouvre la Colombie ?

 

Enfin, le Venezuela n’est pas le seul à devoir être interpellé… Cette pénible affaire n’aurait pas lieu d’être si, dès avant son départ de Suède, le voyage de Pérez Becerra n’avait été détecté et signalé. Depuis 2010, la Colombie a déployé, on le sait, dans le cadre d’une campagne d’intimidation – l’Opération Europe –, ses services de renseignement sur le vieux continent. Non seulement ceux-ci surveillent les Colombiens exilés, leurs amis latino-américains ou autres, les journalistes « mal pensants », mais ils ont été jusqu’à espionner, pour tenter d’en neutraliser l’influence ou les discréditer, la Commission des droits de l’homme du Parlement européen, les eurodéputés « non sympathisants » (du gouvernement colombien), les organisations de défense des droits de l’homme, etc.

 

Le 25 octobre 2010, à Madrid, une vingtaine de membres d’organisations non gouvernementales (ONG) espagnoles ont porté plainte contre l’ancien président Uribe pour avoir été espionnés, écoutés sur leurs lignes téléphoniques, poursuivis et menacés. Cinq jours plus tard, c’est à Bruxelles, et pour les mêmes motifs – filatures, prises de photos et de vidéos, vols de documents et de disques durs d’ordinateurs, menaces lors de voyages effectués en Colombie dans le cadre de projets de coopération européenne – que les victimes de ce type de pratiques ont également saisi la justice.

 

A ce jour, pas plus l’Union européenne que son Parlement – qui ne rêve que de finaliser la négociation d’un Traité de libre-commerce avec le pays andin – n’ont enquêté ou agi contre ces actions illégales de Bogotá. Si, comme c’est leur devoir, ils l’avaient fait, Pérez Becerra ne serait sans doute pas enfermé aujourd’hui, comme tant d’autres prisonniers politiques, dans une geôle de Colombie. Il ne peut désormais espérer qu’une action vigoureuse de la Suède qui, le 27 avril, a demandé des explications au Venezuela pour ne pas avoir été informée de la détention de son ressortissant et de son extradition.

 

De l’ « affaire Pérez Becerra », il reste, pour l’instant : une droite vénézuélienne qui s’amuse et compte les points, une gauche bolivarienne troublée et divisée, donc affaiblie, un survivant de l’UP retombé entre les mains de ses bourreaux et un Santos qui mène le bal au niveau régional… Le bilan n’a rien de satisfaisant.

* Ex rédacteur en chef au Monde diplomatique.

Notes :

1 El Tiempo, Bogota, 25 avril 2010.

2 Le palais présidentiel colombien.

3 Chuzadas : écoutes téléphoniques organisées au plus haut niveau de l’Etat ; « faux positifs » : assassinats par l’armée colombienne de citoyens lambdas qu’on fait ensuite passer pour des guérilleros morts au combat (la justice a entre les mains plus de 3 000 cas).

4 Radio Nacional de Venezuela, Caracas, 30 avril 2011.

5 El Nacional, Caracas, 8 novembre 2010.

6 Lire « La Colombie, Interpol et le cyberguérillero » et « Emissaire français en Colombie », Le Monde diplomatique, respectivement juillet 2008 et mai 2009.

7 Canal Uno (Bogotá) et El Nuevo Herald (Miami), respectivement le 1er novembre et le 5 décembre 2008.

8 Informe forense de Interpol sobre los ordenadores y equipos informáticos de las FARC décomisados por Colombia, OIPC-Interpol, Lyon, mai 2008, pages 31 à 35.

9 El Nuevo Herald, 30 avril 2011

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 00:48
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(La caricatura de viCman) Sin comentarios...
Loic RAMIREZ
« J’estime que l’absence d’attaque de l’ennemi contre nous est une mauvaise chose, car elle signifie nécessairement que nous faisons cause commune avec l’ennemi »
Mao Tsé Toung

Le président colombien Juan Manuel Santos se frotte les mains, épaulé par un bien étrange “allié” dans sa lutte contre la guérilla. Le voilà qui remercie désormais son homologue vénézuélien, Hugo Chavez, suite à l’arrestation par les autorités bolivariennes le 23 avril 2011 de Joaquin Pérez Becerra, opposant communiste colombien. « La vérité c’est qu’il (Chavez) a collaboré. Là dessus je n’ai pas de doute. Il nous a livré des gros poissons de la guérilla et du narcotrafic, chose qu’il n’avait jamais fait avant » (1) a déclaré le premier mandataire de la nation colombienne.

Considéré comme l’homme chargé du contact international des FARC et représentant de celles-ci en Europe, Joaquin Pérez Becerra est le directeur de ANNCOL (Agencia Informacion Nueva Colombia), site internet d’opposition au gouvernement colombien. Réfugié politique en Suède depuis 1993 pour son appartenance à l’Union Patriotique (ancienne formation politique victime d’une élimination physique systématique de ses membres dans les années 80-90), âgé de 55 ans, Joaquin Pérez est arrêté à son arrivée à l’aéroport de Caracas. Rapidement il est livré aux autorités colombiennes. Le lundi 25 avril 2011, celui qu’on appelle “el embajador de las FARC” (l’ambassadeur des Farc), est accueillit à Bogota par près de 100 membres des forces spéciales (2).

La collaboration des autorités vénézuéliennes et le zèle dont elles firent preuve pour livrer au gouvernement colombien cet opposant suscitent de nombreuses critiques dans la gauche latino-américaine. Carlos Lozano, directeur du journal VOZ, prit rapidement la défense de Pérez, affirmant que celui-ci « n’est pas un terroriste. Ni même un membre des FARC comme les services d’intelligence et le gouvernement de Colombie essaient de le faire croire au pays et au monde entier » (3). Ce dernier mis en relief le danger que supposait pour sa propre vie l’extradition de Pérez en Colombie. De même, les critiques se firent entendre jusqu’en Honduras où le Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) adressa une lettre au président Chavez rappelant que « nos frères et soeurs colombiennes qui luttent pour un monde plus juste et humain méritent d’être traité(e)s avec dignité et respect et ne pas être livré(e)s aux hordes fascistes » (4). David Corredor, directeur du mouvement bolivarien en Colombie (MSB Colombia), fervent partisan du régime vénézuélien, s’est lui aussi montré extrêmement virulent vis à vis de l’attitude du président voisin : « Les discours forts et expressifs ne servent à rien avec des actions contraires. La livraison de Joaquin Pérez est un acte cruel et inhumain. C’est très lamentable » a-t-il rapporté,« Qui est le vrai révolutionnaire : celui que le peuple à ramené à Miraflores le 14 avril 2002 au petit matin, ou celui qui, pressé, peureux et irréfléchi, livre un être humain aux cachots du régime pro-impérialiste qui mal-gouverne la Colombie ? » (5).

Au Venezuela le Parti Communiste assure, quant à lui, que « la confiance est brisée ». Pedro Eusse, membre du Bureau Politique du PCV, a ainsi déclaré qu’il s’agissait là « d’une concession que le gouvernement (vénézuélien) a fait aux forces impérialistes, aux forces réactionnaires et contre-révolutionnaires du continent. Une concession dangereuse qui met en doute les principes et valeurs qui étaient définis comme orientation du processus bolivarien » (6). Sans oublier de rappeler que « cela n’est pas la première fois que cela arrive, d’autres révolutionnaires ont déjà été livrés, comme le cas de camarades basques et colombiens » (7). Pérez Becerra, comme le rappelle Telesur, est le huitième citoyen colombien dont la détention est exigée par le gouvernement colombien et qui est livré par son homologue vénézuélien depuis l’année 2011 ! (8)

Acteur imprévu dans le ballet diplomatique venezualio-colombien, la Suède entend bien prendre la défense de Joaquin Pérez, citoyen de nationalité suédoise. Le ministère des relations extérieures, à travers son porte-parole Cécilia Juhlin, a transmis mardi à Caracas ses interrogations quant à l’arrestation d’un de ses ressortissants et sa remise aux autorités colombiennes sans en avoir été informé (9). Le gouvernement suédois a affirmé, mercredi 27 avril, qu’il apportera toute l’aide nécessaire au détenu. Cécilia Juhlin, lors d’une interview télévisée, a souligné que Pérez Becerra « n’a commis aucun crime en Suède » et que le gouvernement suédois n’a aucune connaissance « d’aucun mal qu’il aurait pu commettre » (10). Pour le régime colombien, l’appartenance du journaliste aux FARC n’est pas à mettre en doute. Les preuves reposeraient sur des archives retrouvées sur l’ordinateur de feu Raul Reyes après le bombardement de son campement en 2008.

« Cela reste la pratique de la politique répressive du gouvernement colombien » réagit l’avocat Jul Jabour, membre du PCV, lors d’une interview donnée sur Telesur (11) ; « rappelons que lorsque Pérez Becerra sort d’Europe, il n’existe aucun signalement, aucune alerte d’Interpol. Nous avons pour entendu que celle-ci s’est activée lorsqu’il se trouvait en l’Europe et le Venezuela, et c’est ainsi qu’elle fut communiquée au gouvernement vénézuélien pour obtenir l’arrestation de cet activiste international » ; « l’Etat colombien monte ces “faux positifs” (12) judiciaires et médiatiques à travers les organismes d’intelligence pour inculper de terroristes internationaux ces activistes en désaccords avec les intérêts de l’oligarchie au pouvoir en Colombie » (13). Rappelons que l’état colombien avait déjà tenté récemment d’obtenir l’extradition en février d’une opposante communiste, Leyla Ordoñez, réfugiée en Espagne, sous l’accusation d’appartenir également aux FARC (14). La justice espagnole ayant finalement renoncé à la livrer aux geôliers colombiens.

Que Pérez Becerra soit membre ou pas des FARC n’est pas important, du moins aux yeux de l’oligarchie colombienne. Cette dernière n’a jamais vraiment voulut faire de distinction entre ses opposants, les qualifiant tous de “guérilleros” ou, plus récemment, de “terroristes” afin de pouvoir les réduire au silence. La voilà désormais disposée à en faire la chasse jusque dans les contrées étrangères d’Amérique et d’Europe, ayant condamné des milliers de colombiennes et de colombiens à l’exil.

Ce qui perturbe dans cette affaire est ce nouvel “allié” de circonstance que semble s’être dégotée l’Internationale noire en la personne de Hugo Chavez. La chancelière colombienne, Maria Angela Holguin, a remercié mardi le président bolivarien déclarant que « la démonstration d’hier du gouvernement vénézuélien d’envoyer en Colombie un guérillero des FARC est la démonstration que oui, nous pouvons travailler ensemble, et nous sommes reconnaissants envers le gouvernement du président Chavez » (15). Nul ne peut mettre en doute la délicate situation que supposerait un soutien officiel à une guérilla par un président élu démocratiquement dans la région, déjà fortement soumis aux manipulations et mensonges médiatiques des possédants. De là à subitement se métamorphoser en un serviteur d’un état dont le rôle déstabilisateur dans la région est plus que reconnu s’avère être un exercice dangereux. Un calcul politique qui ne fera pas adhérer la frange droite de la population au chavisme et qui risque d’en écarter sa frange la plus à gauche.

Loïc Ramirez

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http://www.legrandsoir.info/Les-amis-et-les-ennemis.html
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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 09:01
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Rebelion

original http://rebelion.org/noticia.php?id=...

Lettre ouverte au président de la République Bolivarienne du Vénézuela, Hugo CHAVEZ : « Nous espérons que votre gouvernement abandonne des pratiques bien peu honorables pour la révolution bolivarienne que nous avons tant défendue et que voudrions continuer à défendre la tête haute ».

Monsieur le président,

Ce 23 avril, à l’aéroport vénézuélien de Maiquetia (Caracas), a été arrêté le citoyen suédois d’origine colombienne, Joaquin PEREZ BECERRA.

Le communiqué officiel du gouvernement que vous présidez signale que ce journaliste, directeur de l’agence de presse ANNCOL, était « recherché par la justice colombienne, en alerte rouge Interpol .../... pour avoir commis les délits de délinquance en bande organisée, financement du terrorisme et gestion de ressources liés à des activités terroristes . »

En conséquence, qu’il serait extradé en Colombie.

Le 25 avril, soit deux jours après l’arrestation, le président colombien et ex-ministre de la défense Juan-Manuel SANTOS, nous a surpris dans ses déclarations au quotidien EL TIEMPO de Bogota en disant : « j’ai téléphoné au pdt Chavez samedi pour lui signaler qu’un individu des farc, très important pour nous, arrivait à Caracas par le vol de la Lufthansa cet après midi en le priant de l’arrêter. Chavez, sans vaciller a ordonné sa capture et va nous le livrer ».

A partir de ces déclarations, il nous faut bien nous interroger : Le gouvernement du Vénézuela a-t-il rendu un service illégal au gouvernement colombien ? Il est désormais évident qu’il n’existait pas d’alerte rouge d’Interpol concernant ce citoyen. Si elle avait été réelle, J. PEREZ aurait été arrêté en Allemagne d’où il à embarqué pour Caracas, pays qui possède un des services de sécurité les plus performants du monde ou bien les autorités suédoises l’auraient demandé avant. Il réside en effet en Suède et y exerce légalement son activité de journaliste que cela plaise ou non au gvt colombien dont la propension à la chasse aux journalistes critiques est bien connue.

Président CHAVEZ, ce lundi 25 avril, votre gouvernement a envoyé Joaquin PEREZ BECERRA en Colombie. On ne lui a pas permis la visite d’un avocat, ni celle du Consul de Suède à Caracas. La Constitution du Vénézuela et plusieurs traités internationaux ont étés ainsi violés.

Ce n’est pas la première fois qu’un révolutionnaire colombien est renvoyé ou extradé vers son pays depuis le Vénézuéla. C’est arrivé à d’autres citoyens, présumés membres des guerrillas de l’ELN ou des FARC, remis de manière expéditive au gvt colombien qui comme vous le répétiez vous-mêmes il n’y a encore pas si longtemps, est un des pires pour le respect des droits de l’homme dans le monde comme le confirment des centaines de rapports d’institutions internationales y compris l’ONU.

Vous pouvez très bien imaginer le sort réservé au citoyen Joaquin PEREZ BECERRA. Le même que subissent déjà les autres citoyens remis par votre gouvernement aux autorités colombiennes.

Jusqu’à ce jour, aucun gouvernement européen, y pratiquement aucun gouvernement du monde n’a répondu favorablement aux demandes d’extradition du gouvernement colombien pour ses opposant politiques et ce, quels que soient les vocables dont on les affuble pour justifier leur recherche. Pourquoi, le Vénézuela le fait-il aujourd’hui ?

Comme on le sait bien désormais, en Colombie et dans de nombreux pays, toute personne de progrès est nommée terroriste. De plus, vous avez, avec le parlement vénézuélien décrété en janvier 2008 que les guerrillas colombiennes n’étaient pas des organisations terroristes mais des combattants révolutionnaires leur donnant par là-même un statut politique.

Si ces personnes avaient commis un délit en territoire vénézuélien, elles devraient être sanctionnées par les lois de votre pays mais non livrées à des autorités qui depuis toujours mentent, manipulent l’information comme vous-même l’avez relevé à maintes reprises et comme vous-même en avez été victime.

Président CHAVEZ, nous espérons que votre gouvernement abandonne des pratiques bien peu honorables pour la révolution bolivarienne que nous avons tant défendue et que voudrions continuer à défendre la tête haute.

Premières signatures :

Gilberto López y Rivas, antropólogo, México.

Hugo Moldiz Mercado, periodista, Bolivia.

Hernando Calvo Ospina, periodista, Colombia/Francia.

Santiago Alba Rico, escritor, España.

Carlos Fernández Liria, catedrático, España.

Sonia Brito, presidenta Asociación Derechos Humanos de La Paz, Bolivia.

Manuel Salgado Tamayo, catedrático y ex Vicepresidente del Congreso Nacional, Ecuador.

James Petras, sociólogo, Estados Unidos.

Michel Collon, periodista, Bélgica.

Carlos Aznarez, periodista, Argentina.

Renán Vega Cantor, catedrático, Colombia.

François Houtart, sociólogo, Bélgica.

Annalisa Melandri, periodista, Italia.

Mariana López de la Vega, filosofa, México.

Paco Calderón, sociólogo, España.

Narciso Isa Conde, coordinador de la Presidencia Colectiva del Movimiento Continental Bolivariano, República Dominicana.

Carlos Casanueva Troncoso, secretario general Movimiento General Bolivariano.

Cédric Rutter, Colectivo Investig’Action, Bélgica.

Ingrid Storgen, Colectivo por la paz en Colombia, Argentina

Jorge Beinstein, economista, Francia.

Aníbal Garzón, sociólogo, Bolivia.

Jorge Mendoza, sociólogo, Bolivia.

Geraldina Colotti, periodista, Italia.

Aline Castro, Red POR TI AMERICA, Brasil

Miguel-Ángel Aguilar, filósofo, México.

Carlos Figueroa Ibarra, catedrático, México.

Chaterine Hernández, periodista, España.

Antonio Mazzeo, periodista, Italia.

Fulvio Grimaldi, periodista, Asociación de Amistad Italia-Cuba, Italia

Sandra Paganini, docente, Asociación de Amistad Italia-Cuba, Italia.

Fetera Flores, colectivo de Base, Argentina.

Cristina Castello, escritora, Argentina/Francia.

Dax Toscano Segovia, periodista, Ecuador.

Juan Carlos Monedero, catedrático, España

Hassan Dalband, catedrático, México.

Xiomara Pérez Díaz, artista, Venezuela.

Héctor Seijas, escritor, Venezuela.

Ender Cepeda, pintor, Venezuela.

Asociación Bolivariana de Asuntos Humanitarios PATRIA ES SOLIDARIDAD, Venezuela.

Movimiento Continental Bolivariano, Ecuador.

Mario Casasús, periodista, México.

Asociación Nacional de Abogados Democráticos, México.

Observatorio Nacional de Prisiones, México.

Agencia Bolivariana de Prensa, Ecuador.

Giorgio Trucchi, periodista, Italia.

Movimiento Guevarista Tierra Y Libertad, Ecuador.

Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos, México.

Fundación Diego Lucero, México.

Aurora Tumanischwili, C olectivo Amigos de la Paz en Colombia, Argentina.

Guillermo López, Colectivo Amigos de la Paz en Colombia, Argentina.

Asociación de Familiares de Detenidos Desaparecidos y Víctimas de Violaciones de Derechos Humanos, México.

Red Universitaria de Monitores de Derechos Humanos, México.

Federación de Trabajadores Libres de Pichincha, Ecuador.

Movimiento José Peralta, Ecuador.

Juan Carlos Vallejo, escritor, Colombia/Estados Unidos.

Alejandro Rodríguez, Bolivia.

Álvaro Zuleta, economista, Bolivia.

Raúl Prada, sociólogo, Bolivia.

Oliver Villar, catedrático, Australia.

Guido Piccoli, periodista, Italia.

Xarlo Etchezaharreta, educador, Francia.

Lourdes García-Larqué, sindicalista, Australia.

Alejandro Dausá, periodista, Bolivia.

Víctor Vacaflores, economista, Bolivia.

Centro de Derechos Humanos Coordinadora 28 de Mayo, México.

Elena A. Romano, Colectivo Amigos de la Paz en Colombia, Argentina.

Marcela Pérez, Colectivo Amigos de la Paz en Colombia, Argentina.

Asociación de Derechos Humanos del Estado de México, México. Asociación para la Defensa de los Derechos Humanos y Equidad de Género, México.

URL de cet article 13522
http://www.legrandsoir.info/Lettre-ouverte-au-president-de-la-Republique-Bolivarienne-du-Venezuela-Hugo-Chavez.html
cubainformacion.tv

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 09:53

chavezymaduro.jpg

Peut être que ceci explique cela, c a d la diligence de Chavez envers la Colombie, peut être...et si c'était le cas..real politique, jusqu'ou irait il ? et pense t il vraiment en donnant de tels signes d'allégeance que le valet de l'empire Santos tournera le dos à ses maitres ?

Pense t il renforcer ainsi le mouvement révolutionnaire Bolivarien, l'ALBA ?

Contrevenir ainsi aux principes internationalistes, révolutionnaires ne marque t il pas un aveu de faiblesse ?

Bien des questions auxquelles l'avenir nous donnera réponses.CSL

Lettre ouverte au président de la République Bolivarienne du Vénézuela, Hugo Chavez

Caracas, 27 avril (Granma-RHC).- Les ministres des Affaires étrangères de plus de 30 pays d’Amérique Latine et de la Caraïbe ont conclu une réunion extraordinaire dans le but d’ébaucher la structure de la Communauté des Etats Latino-américains et de la Caraïbe, CELAC, un organisme régional authentique, en contraste avec l’Organisation des Etats Américains, l’OEA, qui est complètement décriée.

La rencontre a eu lieu à Caracas sous les auspices du Président vénézuélien Hugo Chávez. Ce dernier a demandé aux participants de rester fermes sans que rien, ni personne ne les détourne de l’effort pour obtenir la totale indépendance de la région.

Hugo Chavez a qualifié la création de cette communauté de l’évènement politique « le plus important et transcendant de tous ceux qui ont eu lieu dans notre Amérique durant cent ans et plus ». Il a précisé :
« Messieurs les ministres, ce que vous êtes en train de faire ici est historique. Ici nous suivons le bon chemin, personne ne pourra nous en faire dévier. Bolivar a dit : « Le grand jour de notre Amérique n’est pas encore là mais il va arriver. Moi, fils de Bolivar, je crois que l’heure de notre Amérique est arrivée ».

Le président vénézuélien a tenu à saluer deux importants événements pour Cuba :
« Saluons Cuba et les 50 ans de la grande victoire de la Baie des Cochons et les 50 ans du caractère socialiste de la Révolution. Je suis sûr que c ‘est une période importante à Cuba et je suggère à tous les ministres des affaires étrangères qui sont ici qu’ils lisent, s’ils ne l’ont pas fait, le rapport central qu’a lu le président notre ami Raul Castro, à l’inauguration du VIè congrès du parti Communiste cubain.
Je vous invite à appuyer ce processus intéressant avec un grand respect de la souveraineté cubaine comme celle de nous tous ».
Durant cette rencontre, les ministres ont défini les normes de procédure de la CELAC et la clause démocratique du nouvel organisme.

« L’objectif est de construire un groupe de propositions, une doctrine latino-américaine, caribéenne qui puisse apporter des idées pour un document central qui sera présenté aux chefs d’Etat et de Gouvernement qui se réuniront les 5 et 6 juillet » a expliqué le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro.

María Ángela Holguín, ministre colombienne des affaires étrangères a souligné que pour son pays la CELAC est très importante car enfin l’Amérique Latine aura un niveau de dialogue et de coopération régional.

Pour sa part, David Choquehuanca, de la Bolivie, a signalé que pour son gouvernement la création de la Communauté est importante, car elle constitue un espace d’unité et de débat des problèmes avec la participation de tous.

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 22:41

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Traduction AC (depuis le communiqué du PC Péruvien) pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'illustre poète chilien, Gonzalo Rojas, prix Cervantes 2003, est mort ce lundi 25 avril, à 93 ans à Santiago du Chili, incapable de se rétablir après un infarctus cérébral contracté en février. S'est éteint celui qui, avec Nicanor Parra, était considéré comme un des derniers grands poètes vivants Chiliens

 

Gonzalo Rojas est sorti de la pauvreté provinciale du sud du Chili pour devenir un des poètes les plus respectés d'un pays connu pour avoir eu de grands maîtres de ce genre littéraire. De son œuvre imposante se démarquent, surtout, les écrits au fin contenu érotique, tout comme ceux où il exprimait la douleur de l'exil durant les longues années de la dictature militaire d'Augusto Pinochet.

 

Rojas, né le 20 décembre 1917 dans le port minier de Lebu, en plus du Prix Cervantes 2003, la plus importante récompense littéraire de langue espagnole, reçut le Prix national de littérature du Chili et le Prix de poésie de la Reine Sophie, en Espagne.

 

En 1938, il rejoignit le groupe d'écrivains surréalistes chiliens La Mandrágora, mais l'union fut brève, car très vite il se sentit bridé par le style du groupe et ne parvint pas à se conformer à une école particulière d'écriture.

Fils de mineur, il connut la pauvreté dès l'enfance. Dans la décennie des années 1940, il apprit à lire et à écrire aux enfants de mineurs du nord du Chili, dans le désert aride d'Atacama.

En 1948, il publia son premier recueil de poèmes, « La misère de l'homme », et près de deux décennies plus tard son second livre, « Contre la mort ». Il ne fut véritablement reconnu dans sa partie qu'à partir de 1977, et la publication d' « Obscurité ».

 

Il fut diplomate à Cuba, durant le gouvernement d'Unité populaire de Salvador Allende et collaborateur de la Maison des Amériques.

 

Il aimait Cuba et fut un défenseur de sa Révolution. Sa dernière visite à la nation caribéenne fut en janvier 2008 pour inaugurer la 49ème édition du Prix littéraire Maison des Amériques. Dans son discours prononcé à cette occasion, il souligna:

 

« Je me trouvais à Rome cette fois, lisant le journal ce matin de janvier 1959, du siècle dernier, quand je demanda à Rodrigo, mon fils ainé de 15 ans qui m'accompagnait dans le monde entier:

 

'Allons, mon petit, des deux nouvelles laquelle tu choisis? Celle de l'entrée de Fidel à la Havane ou l'autre de cette fusée sur la Lune?'

 

'Celle de Fidel, me dit-il, car elle ne s'éteindra jamais.'

 

Il visait juste. Elle ne s'éteindrait jamais. Elle marquait quelque chose de « nouveau » comme le dirait Apollinaire en parlant de ce qui est nouveau, quelque chose de nouveau, une nouveauté héroïque.

 

J'ai désormais 90 ans, je viens de les fêter tout récemment, et je continue d'être « fidéliste », comme je continue d'être « allendiste ». Mondain car homme du siècle, avec tous les risques que cela comporte. Je suis né carbonifère, noir de charbon mais mondain tout de même. Maritime et fluvial, mais mondain, homme de cette terre, de ce port de la pointe sud où le personnage principal reste la bourrasque ».

 

Voici un poème de Gonzalo Rojas choisi et traduit par nos soins :

 

Contre la mort

 

Je m'arrache la vue et m'arrache les yeux chaque jour qui passe.

Je ne veux pas voir, je ne peux pas! voir mourir les hommes chaque jour.

Je préfère être de pierre, être mélancolique,

qu'à supporter ce dégoût me rongeant de l'intérieur et sourire

à droite et à gauche pourvu que fonctionne mon manège.



Je n'ai rien d'autre à faire que de rester ici à dire la vérité,

au milieu de la rue et à tous les vents:

la vérité d'être vivant, rien d'autre que vivant,

les pieds sur terre et le squelette libre en ce monde.



Que gagnons-nous à bondir vers le soleil avec nos machines,

à la vitesse de la pensée, que diable: que gagnons-nous

à voler au-delà de l'infini

si nous continuons à mourir sans espérance aucune de

sortir des temps obscurs?



Dieu ne m'aide pas. Personne ne m'aide à rien.

Mais je respire, et comment, et je m'assoupis

en pensant qu'il ne me reste plus que dix ou vingt ans pour aller

m'allonger, comme tout le monde, dormir entre deux mètres de ciment là-dessous.



Je ne pleure pas, je ne me pleure pas. Tout doit être comme il doit être,

mais je ne peux voir les cercueils et les cercueils

passer, passer, passer, passer chaque minute,

couvrant quelqu'un, recouvrant quelqu'un, je ne peux pas voir

le sang encore chaud dans les cercueils.



Je touche cette rose, j'embrasse ses pétales, j'adore

la vie, je ne lasse pas d'aimer les femmes; je me nourris

en ouvrant leur monde. Mais tout est inutile,

puisque je suis moi-même une tête inutile

prête à être coupée, mais qui ne comprend pas que c'est cela

que d'espérer un autre monde de ce monde-ci.



Qu'ils me parlent de Dieu ou qu'ils me parlent de l'Histoire. Je ris

d'aller chercher si loin l'explication de la faim

qui me dévore, la faim de vivre comme le soleil

dans la grâce du ciel, éternellement.

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 01:10

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Triste la révolution qui dépend d’un seul homme. Ce ne serait pas une révolution, elle serait trop fragile pour prétendre en être une ». C’est ce qu’a répondu le président Chavez à la question du journaliste uruguayen Federico Fasano, sur ce qui se passerait au Venezuela sans lui. Le mandataire a insisté sur le fait que le processus politique qui se vit au Venezuela est une situation sui generis. « Je ne me crois pas indispensable. Personne n’est indispensable » a-t-il dit. Il a rappelé un épisode de sa vie : à 18 ans il avait failli mourir noyé dans une rivière de son Etat natal de Barinas, dans les Llanos vénézuéliens. « Croyez-vous que si je m’étais noyé ce jour-là, la Révolution Bolivarienne n’aurait pas eu lieu ? L’homme individuel apporte son style, son rythme… à des processus qui ne dépendent pas d’un seul homme, mais qui sont le produit d’un temps historique » a-t-il affirmé.

Révolution pacifique mais armée

« On ne peut pas mener une révolution pleine et profonde sans pouvoir la défendre » a dit le Président Chavez, interrogé sur la politique militaire de la Révolution Bolivarienne. Il a affirmé que cette politique est orientée vers l’intégration humaine des forces armées dans révolution sociale. Il a rappelé que dans le cas de la Révolution cubaine, Fidel a dû créer une armée, contrairement au cas vénézuélien où la rébellion a surgi des casernes.

Il a conclu qu’« aujourd’hui, les forces militaires vénézuéliennes sont une force qui se définit fièrement comme anti-impérialiste, révolutionnaire, socialiste », et a affirmé que «  sans eux (les militaires) il serait impossible d’avancer »

Il a rappelé les évènements du 11 avril 2002, lorsque s’est produit le coup d’Etat dirigé par l’impérialisme étatsunien et l’oligarchie vénézuélienne, mené par certains hauts gradés formés par la School of Americas (NDT : école étatsunienne par laquelle sont passés un grand nombre de dictateurs et de bourreaux). « Leur coup a échoué. Les capitaines ont continué à m’appuyer, les soldats m’ont libéré et se sont unis au peuple… pas un seul soldat n’a tiré contre le peuple » a-t-il expliqué.

« Pourquoi as-tu été si généreux avec les vaincus ? » "Est-ce une caractéristique de la Révolution Bolivarienne ?" a demandé Fasano. « Oui, je crois qu’il faut être généreux, écarter la rancune » a répondu Chavez.

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A 12 ans de son écrasante première victoire électorale comme Président de la République, Chavez et son gouvernement continuent d’étendre les droits politiques, économiques et sociaux.

En 2010, les élections législatives ont marqué un moment particulier dans la consolidation de la démocratie et des droits civils et politiques dans le pays. Ces élections ont vu la participation d’une quarantaine de partis de la gauche à la droite et 66% de participation, un niveau historique à ce type d’élection. Les partis de l’opposition ont choisis de revenir dans le jeu démocratique et ont gagnés 65 des 165 sièges à l’Assemblée Nationale.

Depuis 1998, 16 élections ont eu lieu au Venezuela et ont toutes été validées par les observateurs internationaux de l’UE ou de l’OEA, incluant l’historique référendum de 2004.

Malgré les accusations de supposées atteintes à la liberté d’expression, plus de 86% des médias utilisant le spectre radioélectrique public sont dans les mains du secteur privé et la plupart d’entre eux sont contrôlés par l’opposition politique. Plus de 184 chaînes transmettent librement au travers du câble. Il suffit de regarder les vifs débats dans la multiple presse écrite et les titres disponibles dans les kiosques pour se rendre compte de la vivacité de la liberté d’expression et de la presse dans le pays.

D’après le rapport régional de l’ONG chilienne indépendante Latinobarometro 2010, 84% des vénézuéliens appuient la démocratie dans leur pays ; c’est l’indice le plus haut de la région.

De plus, depuis 1998, le gouvernement appuie fortement les médias communautaires, soutient le développement de l’industrie des producteurs indépendants et l’accès à Internet pour tous les vénézuéliens. Actuellement, plus de 33% de la population dispose d’un accès à Internet. Un énorme bond en avant, sachant qu’en 1998, il n’étaient que 3%. Ce qui a valu au Venezuela de recevoir en janvier 2011 un prix de l’UNESCO

Le Venezuela a également fait d’énormes progrès dans la lutte contre la pauvreté, l’inégalité et l’exclusion sociale. Depuis 1998, la pauvreté a diminué de moitié et la pauvreté extrême a chutée de deux tiers. Environ 5 millions de vénézuéliens sont sortis de la pauvreté ou de l’indigence, selon des organismes indépendants comme la CEPAL (ONU).

Les groupes traditionnellement exclus, comme les femmes, les communautés indigènes ou les groupe afro-descendants, se sont vus garantir leurs droits par la Constitution de 1999, augmentant ainsi leur participation dans le processus de changement qui se déroule au Venezuela.

A la fin 2010, quatre des cinq pouvoirs publics, comme le Tribunal Suprême ou l’Assemblée Nationale étaient (co-)dirigés par des femmes. Les groupes indigènes ont acquis pour la première fois 3 sièges à l’Assemblée Nationale, même s’ils ne sont que quelques pour cent de la population. 42000 conseils communaux sont actifs à travers tout le pays pour décider, réaliser et surveiller les travaux publics requis par les habitants, et les lois récentes renforcent cet état participatif, basé sur le pouvoir communal. Enfin la réforme agraire (4 millions d’hectares remis aux paysans) et le transfert des technologies de partenaires du Sud permettent d’avancer rapidement dans la souveraineté alimentaire et le développement de la production nationale, pour sortir de la dépendance extrême du pays avant la révolution.

Traduction : Sebastian Franco

URL de cet article : http://www.larevolucionvive.org.ve/...

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 00:30

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

D’après la Centrale unique des travailleurs (CUT), principal syndicat ouvrier en Colombie, entre un million et un million et demi d’étudiants, d’enseignants et de travailleurs ont manifesté ce jeudi 7 avril, dans les plus grandes villes du pays contre l’ensemble de la politique anti-sociale du gouvernement de droite de Juan Manuel Santos.

 

La manifestation avait été convoquée par la Fédération colombienne des enseignants (FECODE) et la Fédération des étudiants universitaires de Colombie pour lutter contre un projet de loi présenté par le président Santos en mars dernier visant à acter l’ouverture du capital des universités publiques aux fonds privés, donc l’accélération de la politique de privatisation de l’éducation en Colombie.

 

Car la privatisation de l’éducation n’est pas à sa première étape en Colombie. D’ores et déjà plusieurs établissements d’enseignement supérieur expérimentaux fonctionnent selon ce système, et le plan de Développement 2006-2010 de l’ex-président Uribe ouvrait la voie à la privatisation des universités notamment à travers la réduction du financement public de l’éducation supérieure ainsi que l’autonomisation financière des établissements.

 

Carolina Tejada, porte-parole de la Fédération des étudiants universitaires, a déclaré que le gouvernement cherche « de manière systématique et massive à faire financer l’éducation par le capital privé, ce qui ne permettrait plus à l’université d’entamer des recherches de façon autonome et de plus libérerait l’Etat des responsabilités financières qu’il a aujourd’hui vis-à-vis de l’éducation publique ».

 

La leader étudiante dénonce dans cette mise au service des universités au capital privé la volonté gouvernementale de former « une main d’œuvre bon marché », tout en abandonnant toute responsabilité sociale, « la nature philosophique, culturelle et de recherche » des universités.

 

Toutefois la manifestation ne s’est pas limitée à la question centrale de l’éducation.

 

Rejointe par les principales centrales syndicales que compte le pays, la marche de protestation a également fait entendre la colère des travailleurs sur la casse du code du Travail, la privatisation de la santé et surtout la contre-réforme du système de retraites, qui prévoit une augmentation de la durée de cotisation, recul de l’âge de départ à la retraite et l’intensification de la politique de privatisation.

 

Les syndicats enseignant et ouvrier ont trouvé un point de convergence dans leur lutte contre la signature imminente d’un accord entre Santos et Obama, à Washington, visant à ratifier le Traité de libre-échange entre la Colombie et les États-Unis, signé une première fois en 2006 mais pendu encore au vote du Congrès Etats-unien.

 

D’après les syndicats, la signature de ce Traité de libre-échange aura pour conséquence une nouvelle vague de libéralisations et de privatisations, ainsi que la vassalisation de l’économie colombienne aux grands groupes états-uniens.

 

Les syndicats ont par ailleurs profité de cette journée pour protester contre la répression policière et anti-syndicale massive mise en œuvre par les gouvernements de droite successifs depuis le milieu des années 1980.

 

Ce jeudi, un dispositif policier gigantesque avait été mobilisé pour « encadrer » les manifestants. 35 000 policiers dans tout le pays dont 15 000 dans la seule capitale, Bogota.

 

Il convient de rappeler que depuis 1986, on estime à 2 800 le nombre de syndicalistes assassinés en Colombie, en faisant un des pays les plus dangereux au monde pour être militant syndical.

 

En outre, un rapport récent du ministère de l’Intérieur dénombrait 178 183 cas d’homicides et 34 467 disparitions causés par les milices para-militaires d’extrême-droite depuis les années 1980.

 

A partir des articles du PC Colombien, du Morning Star et des communiqués des agences de presse

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 00:51

8794-fotografia-g.jpgLe Président du Guatemala, Alvaro Colón, a qualifié d’excellentes les relations entre son pays et Cuba. Il a signalé que la coopération reçue de la part des Cubains dans des secteurs tels que la santé, l’éducation, le sport, a touché le coeur du peuple guatémaltèque.

Alvaro Colon qui est à sa 4è et dernière année de mandat, a offert une interview exclusive à Radio Havane Cuba, dans la capitale guatémaltèque au cours de laquelle il a signalé au sujet des relations entre nos deux gouvernements.

«Elles atteignent un niveau excellent, il y a une relation de grand respect, de coopération. Notre ministre des Affaires étrangères vient de réaliser il y a peu une visite à Cuba et nous continuons d’avancer. Nous avons établi une coopération entre nos peuples, très humaine. Je dois reconnaître que la collaboration cubaine est l’une des meilleures reçues par le peuple guatémaltèque, car elle touche l’être humain ».

Se référant à l’impact que des programmes comme l’Opération Miracle ou la méthode l’Alphabétisation Yo si puedo, Moi oui, je peux, dans la population guatémaltèque, le Président Colon a signalé :

« La coopération cubaine a des résultats importants et concrets. Nous parlons de 75.000 interventions chirurgicales grâce à l’Opération Miracle, des personnes auxquelles nous avons rendu la vision. Le nombre total d’interventions chirurgicales est de 162.000 car il faut compter celles réalisées dans d’autres spécialités. Ce travail a permis de sauver des vies, d’améliorer la qualité de vie des Guatémaltèques.

La méthode Yo si puedo, Moi oui je peux nous a permis d’éliminer l’analphabétisme dans 11 arrondissements. C’est un acquis important. Nous espérons que d’autres arrondissements se joindront après. Dans le domaine du sport aussi, le Guatemala a adopté le système cubain de préparer les sportifs depuis leur enfance. Il y a eu des résultats palpables. Il s’agit là d’un programme que nous aimerions renforcer. Je suis sûr que le gouvernement cubain est disposé à nous aider en ce sens. Pour tous ces résultats, je considère que la collaboration cubaine est l’une des plus utiles pour notre pays ».

Au sujet de la coopération en matière sportive, le Président guatémaltèque a précisé.

« Définitivement elle doit grandir. Nous allons analyser dans quels sports elle a connue une diminution et pourquoi et nous allons voir comment la revitaliser. Il a plusieurs jeunes guatémaltèques qui ont fait des progrès, on voit qu’ils sont bien entraînés, qu’il reçoivent un entraînement intégral, pas seulement physique, mais psychologique aussi, ce qui leur permet de se sentir fiers d’être sportifs, qu’il y a un esprit d’équipe. Je crois qu’il s’agit là d’un programme qu’il faut renforcer davantage, surtout du côté du Guatemala car la volonté de Cuba existe ».

Le Président guatémaltèque a remercié le peuple et le gouvernement cubains de l’appui à la candidature de son pays pour occuper l’un des sièges comme membre non permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

« Nous remercions profondément le peuple et le gouvernement cubains de l’appui à notre candidature au Conseil de Sécurité. La candidature du Guatemala est devenue celle de l’Amérique Latine et de la Caraïbe et nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui nous appuient. Nous espérons que cette aspiration du Guatemala deviendra une réalité ».

Concernant ses plus grandes satisfactions au cours des 3 premières années de son mandat et ses priorités pour cette année, le Président Alvaro Colon a déclaré :

« L’une des satisfactions les plus grandes est la mise en marche des programmes sociaux de la présidence qui ont été très bien accueillis par les couches les plus pauvres. Nous avons commencé avec 45 arrondissements, nous les avons étendus à 120 et à l’heure actuelle, ces programmes couvrent presque la totalité du pays. Cela a permis à plus de 900.000 familles extrêmement pauvres d’avoir accès à la santé, à l’éducation.

En matière énergétique aussi. Nous allons laisser un système de génération plus propre, plus économique. La macroéconomie a maintenu sa stabilité, malgré tout le problème financier mondial, malgré le prix des aliments, du pétrole.

Je crois qu’un pas en avant fait par notre gouvernement est l’indépendance dans l’exercice de la présidence. Cela va être reconnu d’ici une dizaine d’années.

Ce qui nous reste à faire, pendant cette année, c’est consolider ces processus, particulièrement en matière de sécurité et de justice, où il y a eu des progrès. Nous avons un travail très fort contre le crime organisé, le taux de criminalité s’est arrêté et nous espérons que cette année, il diminuera un peu. Un autre défi est la réforme fiscale».

Tiré de Radio Habana Cuba

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 01:16

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Hernando Calvo Ospina

Traduit par Hélène Anger

Depuis le 7 août 2010, date à laquelle il est devenu président de la Colombie, le faucon Juan Manuel Santos s'est étonnament métamorphosé en colombe. Le geste le plus inattendu a été de traiter Hugo Chávez, président du Venezuela, comme son “ meilleur ami”, lorsqu'il s'est réuni avec lui trois jours après sa prise de possession pour réactiver les relations diplomatiques avec Caracas. Il a aussi rétabli, en un temps record, les relations avec l'Équateur. D'autre part, cet homme issu de la droite affirme à présent que la "prospérité sociale" est le principal objectif de son mandat. Comment expliquer des changements  si spectaculaires?

Depuis le 7 août dernier, Juan Manuel Santos est le nouveau président de la Colombie. Issu de la grande oligarchie traditionnelle, il appartient à une famille qui a construit sa puissance autour du journal El Tiempo, « jusqu’à faire ce qu’elle voulait des médias, toujours au service du pouvoir », selon Alirio Uribe, avocat défenseur des droits humains.

Après avoir obtenu le diplôme de sous-officier à l’académie navale, et celui d’économiste dans des universités des Etats-Unis et d’Angleterre, il arrive à la tête des ministères du Commerce extérieur et des Finances. En 2004, il quitte le parti libéral pour aller soutenir le gouvernement d’extrême droite d’Alvaro Uribe Velez, qui avait déjà divisé ce même parti. L’année suivante, il est nommé chef de la campagne pour la réélection du président, mais aussi pour celle du vice-président, Francisco Santos, son propre cousin. En 2006, il devient ministre de la Défense, un poste qu’il occupe jusqu’en mai 2009, lorsqu’il se décide à poser sa candidature à la présidence du pays.


Santos devait, coûte que coûte, être un jour président. C’était devenu une obsession depuis que la Cour Constitutionnelle s’était opposée à un troisième mandat d’Uribe Velez. Santos était porté par son appétit de pouvoir, mais aussi par le besoin de se protéger contre les actions en justice qui se profilaient pour crimes contre l'humanité commis envers la population civile par les forces armées et de police sous ses ordres. Pour arriver à ses fins, selon Alirio Uribe, il n’a eu aucun scrupule à continuer d’utiliser l’influence des « troupes uribistes », essentiellement des paramilitaires, des chefs narcotrafiquants et des 130 parlementaires poursuivis pour différents délits.

L’avocat brosse ce tableau : « L’ancien président représente le monde agraire et propriétaire terrien, enrichi par la spoliation, rude et violente, mêlé aux classes émergeantes du narcotrafic ainsi qu’à l’expansion et aux crimes du paramilitarisme. Santos est l’homme poli, cultivé et cosmopolite par excellence. Mais avec sa famille, il a profité de l’Etat pour favoriser ses affaires et s’enrichir personnellement. En tant que représentants de l’oligarchie, ils n’ont pas hésité à user de méthodes violentes pour conserver leurs privilèges. »

En novembre 2005, le ministère de la Défense approuve une directive secrète. Celle-ci, qui mettait à prix la tête des guérilleros, incitait les militaires à assassiner des civils, les faisant passer pour des rebelles tombés au combat. Ces exécutions sont vite surnommées les « faux positifs ». Le Procureur Général a enquêté sur trois mille affaires, dont les victimes sont des adolescents, des malades mentaux, des indigents et des toxicomanes. Santos prend les rênes de ce ministère en juillet 2006. Cette année-là, 274 cas de « faux-positifs » sont enregistrés. L’année suivante, le record est battu : 505 assassinats. Devant le scandale médiatique et les rapports du Haut Commissaire de l’ONU, cette pratique cesse : en 2009, seulement sept cas sont connus. Après les résultats des enquêtes, 27 officiers, dont trois généraux, ont été mis à la retraite, mais... sans que ces assassinats leur aient été attribués. Le rapporteur de l’ONU déclare en juillet 2009 que « l’impunité en rapport avec des exécutions extrajudiciaires atteint les 98,5% ».

Les paramilitaires ont été chargés de la stratégie de la « terre brûlée », qui cherche à vider les campagnes des populations peu favorables au gouvernement. Il y a aujourd’hui plus de quatre millions de personnes déplacées au sein du pays, c’est à dire plus du dixième de la population. Quelque dix millions d’hectares de grand intérêt économique ont ainsi été volés aux victimes et offerts à des multinationales, à de nouveaux chefs paramilitaires, à des caciques politiques et à des cadres militaires [1].  C’est pourquoi le président Santos a présenté la « Loi de Terres » comme la panacée : il s’agit de redonner les terres aux déplacés. Au bout de cent jours de mandat, il a déclaré : « Nous avons élaboré un plan de choc pour attribuer, jusqu’en avril, 378 mille hectares, et nous avons déjà atteint les trois quarts de l’objectif. » Mais c’est de dix millions d’hectares qu’il s’agit...

Même si on en parle peu, on estime qu’en Colombie 250.000 personnes ont disparu du fait des forces de sécurité et de leurs paramilitaires. Rien que pour les quatre dernières années, cela concerne 40.000 personnes environ [2]. Certaines d’entre elles ont été enterrées dans la plus importante fosse commune d’Amérique Latine, découverte derrière une caserne de l’armée dans la Macarena, à 200 kilomètres au sud de Bogota, avec plus de 2000 cadavres[3].

Les paramilitaires sont désormais appelés Bandes Criminelles, Bacrim. Des chiffres officiels indiquent qu’elles opèrent dans 21 des 32 départements colombiens, c’est-à-dire sur 75% du territoire, et qu’elles sont la plupart du temps dirigées par des assassins amnistiés de leurs crimes lors de la période Uribe Velez. « Au cours des premières semaines du gouvernement Santos, les agissements des bandes criminelles se sont intensifiés (...) elles progressent dans le contrôle territorial et politique, dans le plus pur style des vieilles structures paramilitaires » [4]. Le nouveau gouvernement insiste sur le fait que leurs crimes sont liés au trafic de drogues, mais « la réalité prouve qu’elles ont pris pour cible les dirigeants sociaux » [5]. Le 9 novembre 2010, soit 90 jours après l’arrivée de Santos au pouvoir, le parti d’opposition Polo Democrático Alternativo a dénoncé les assassinats de quelque cinquante dirigeants politiques et sociaux…

Face à cette violence d’Etat, en 2009, quatre Rapporteurs Spéciaux de l’ONU ont examiné la situation des droits humains en Colombie. Un triste record. Dans leurs rapports, on retrouve toujours en première ligne la responsabilité du ministère de la Défense.


Il faut également souligner l’étroite relation de Santos avec les autorités d’Israël et ses services de sécurité. L’ancien général Israel Ziv a été invité en Colombie par Santos – qui s’est rendu à plusieurs reprises dans ce pays du Proche Orient – afin de conseiller les services de renseignements, contre une rétribution de dix millions de dollars. « Israel Ziv, ancien commandant du régiment de Gaza, est le plus haut gradé parmi les officiers israéliens qui mènent des tâches liées à l’entraînement de personnel dans le gouvernement colombien. Les liens militaires entre Israël et la Colombie datent du début des années 1980, lorsqu’un contingent de soldats du Bataillon Colombie ‘l’un des pires violeurs de droits humains dans l’hémisphère occidental, a reçu un entraînement dans le désert du Sinaï par certains des pires violeurs de droits humains du Moyen Orient’, selon le chercheur étasunien Jeremy Bigwood » [6].

En octobre 1997, Manuel Santos avait déjà prouvé son manque de scrupules. Ce mois-là, il se réunit avec les trois principaux chefs paramilitaires pour leur proposer de participer à un coup d’Etat contre le président libéral Ernesto Samper, proposition qu’il fait aussi aux guérillas des FARC et de l’ELN. Salvatore Mancuso, l’un de ces chefs paramilitaires aujourd’hui en prison aux Etats-Unis, a confirmé cette information dans une déclaration faite devant des juges étasuniens et colombiens [7]. De même que quatorze autres chefs, il avait été extradé vers ce pays en mai 2008, pour trafic de drogues – une activité qui finançait les paramilitaires [8]. Ils ont été envoyés là-bas, même s’il s’agissait de crimes contre l’Humanité qui doivent être placés au-dessus de tout autre délit. Cela a permis d’éviter que les Colombiens ne soient directement informés de la responsabilité de l’Etat dans les crimes paramilitaires.

En septembre 2008, le journaliste vénézuélien, José Rangel, a dit de Santos : « C’est l’homme de Washington dans la politique colombienne. Il a puisé ses forces à l’ombre d’Uribe, et aujourd’hui, on peut dire qu’il dépasse Uribe lui-même » [9].

Le ministre Santos était un adepte de la ligne de l’ancien président Bush dans le domaine de la « guerre préventive » contre d’autres pays, sous le prétexte de la légitime défense. Cela l’a conduit à mener une incursion militaire contre l’Equateur, dans laquelle un citoyen équatorien a trouvé la mort. Un juge de ce pays prononça alors un ordre de capture international contre Santos, afin de le faire extrader. Une décision révoquée le 30 août 2010.

En avril 2010, alors candidat aux présidentielles, Santos déclare qu’il est « fier » du bombardement, laissant planer l’éventualité d’une même action contre le Venezuela ou un autre pays. Correa réplique : « [Santos] n’a pas compris qu’en Amérique Latine, il n’y a pas de place pour des prétendants au titre de petit empereur. » Chavez avertit : Toute agression contre l’Equateur, la Bolivie, Cuba ou le Nicaragua « sera une attaque contre le Venezuela. » Pour sa part, le président bolivien, Evo Morales, traite la Colombie de « serviteur soumis au gouvernement des Etats-Unis. »

L’accord passé avec les Etats-Unis, et signé en octobre 2009, grâce auquel la Colombie leur permettait d’utiliser sept de ses bases militaires, place la région entière sous tension. Mais dix jours après le début du mandat de Santos, la Cour Constitutionnelle le déclare inexécutable. C’est un rude coup pour le président. Consuelo Ahumada, professeure d’université à Bogota, a écrit, en se basant sur des documents divulgués par Wikileaks : « Juan Manuel Santos, alors ministre de la Défense, joua un rôle très engagé, puisqu’il maintint toujours la position la plus dure, en soutien au président, face à celle du ministre des Affaires étrangères, plus conciliatrice et diplomate. Santos et Uribe, appuyés par les USA, étaient prêts à faire de nouvelles incursions en pays voisins pour agir contre les FARC (...) Les craintes des dirigeants d’Amérique du Sud concernant la portée régionale de l’accord avec les Etats unis n’étaient pas infondées. » (10)

Mais bizarrement, depuis qu’il est chef d’Etat, Santos le faucon s’est métamorphosé en colombe. Le plus inattendu de ses actes a été de qualifier le président Chavez de « mon meilleur ami » et de rétablir les relations avec le Venezuela et l’Equateur en un temps record.

Selon Sergio Rodriguez, professeur vénézuélien : « La rupture avec l’Equateur et le Venezuela a signifié pour la Colombie la perte d’environ sept millions de dollars en 2009. Et [Santos] fait partie de cette oligarchie réactionnaire mais pragmatique, qui défend de puissants intérêts corporatistes. »

Parallèlement, Santos renforce les liens avec Washington. Le 30 janvier dernier, le ministre de la Défense, Rodrigo Rivera, s’est rendu à Washington dans le but d’« approfondir les liens avec les Etats-Unis en matière de défense et de sécurité. » Il a été reçu, entre autres, par son homologue, Robert Gates, par le chef du Commando Sur, le sous-secrétaire aux Affaires de Sécurité des Amériques et le directeur adjoint de la CIA. Des forces colombiennes de contre-insurrection participeront à la guerre en Afghanistan. Les frais seront pris en charge par les Etats-Unis et l’Espagne. Les commandos seront intégrés aux bataillons espagnols et, alors que la Colombie n’est pas membre de cette alliance, ils seront placés sous le drapeau de l’OTAN.

Le jour même où le ministre Rivera arrivait aux Etats-Unis, la Colombie devenait membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU pour une durée de deux ans. La candidature de la Colombie avait été proposée par Washington et Paris. La visite de Santos en France, le 24 janvier, sur invitation du président Sarkozy n’était donc pas le simple fruit du hasard. Santos en a profité pour se consacrer à la vente des ressources naturelles de son pays, mais aussi de celles de l’Amérique latine, car « elle possède en ce moment tout ce dont le monde a besoin ». Du pétrole, par exemple. A cette occasion, son journal El Tiempo, a titré : « Cette semaine, Santos a franchi un nouveau pas pour devenir le leader latino-américain qu’il a envie d’être. »

Notes :

  1. http://www.movimientodevictimas.org

  2. http://www.telesurtv.net/noticias/s...

  3. http://www.publico.es/internacional...

  4. Radio Nederland, Amsterdam, 26 août 2010

  5. El País. Madrid, 30 janvier 2011.

  6. José Steinsleger, « Israel en Colombia », La Jornada, Mexico, 12 mars 2008.

  7. El Espectador, Bogotá, 21 avril 2010.

  8. Hernando Calvo Ospina, Colombie, derrière le rideau de fumée : Histoire du terrorisme d’Etat. Le Temps des Cerises, Paris, 2008.

  9. VTV, Caracas, 17 octobre 2008.

  10. El Tiempo, Bogotá, 12 janvier 2011.

Merci à Hernando Calvo Ospina et Hélène Anger
Source: http://hcalvospina.free.fr/spip.php?article334
Date de parution de l'article original: 14/03/2011
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=4426




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