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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:21

Juan Diego Nusa Peñalver
(Texte et photo de l’auteur)

« C’EST un livre de combat, essentiellement, de combat face à nos adversaires, a déclaré Rolando Gonzalez, intellectuel martiste, actuel recteur de l’Institut supérieur de l’Art, en présentant le titre le plus récent du chercheur, essayiste et journaliste cubain Enrique Ubieta Gomez: Cuba : révolution ou réforme ? à la Maison de l’ALBA culturelle, à La Havane.

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Présentation du livre Cuba : révolution ou réforme, de l'écrivain cubain Enrique Ubieta,
à la Maison de l'ALBA
culturelle à La Havane.

Aussi bien Rolando Gonzalez que l’économiste et député Osvaldo Martinez, l’essayiste Omar Valido, vice-président de l’Union des écrivains et des artistes de Cuba (UNEAC), que le philosophe Rubén Zardoya sont tombés d’accord pour signaler que Cuba : révolution ou réforme ?, un ouvrage de 201 pages, publié par la Maison d’édition Avril, s’inscrit dans une perspective culturelle, en abordant de préférence le débat culturel autour de la Révolution cubaine dans une vision qui dépasse l’idéologique et l’artistique.

Ce n’est pas un titre pour répliquer à des personnes concrètes. En effet, la polémique suit un fil conducteur : la proposition culturelle qui tente de restaurer le capitalisme à Cuba et les conceptions de ses principaux exposants.

C’est pourquoi il cite – avec une constance qui excède la qualité ou l’importance des citations – l’œuvre universitaire ou journalistique de certains intellectuels contre-révolutionnaires, en présentant simultanément les différents espaces culturels de la Cuba d’aujourd’hui, et la subtile guerre des valeurs qui s’y livre.

Cette œuvre nécessaire, écrite dans un langage cultivé et élégant, profondément marxiste, mais dépouillée de discours dogmatique, n’est pas un ouvrage classique, et encore moins un livre d’histoire, car il ne suit pas d’ordre chronologique dans la description ou dans l’analyse des faits.

Ainsi, il définit les concepts de révolution et de réforme à partir de leurs manifestations historiques, en explorant indifféremment les 19e, 20e et 21e siècles. Il s’intéresse également au contexte international dans lequel se produisent les faits décrits, car la culture contre-révolutionnaire ne peut se comprendre qu’à partir d’un point de vue global.

Un aspect du livre d’Enrique Ubieta, commenté par Osvaldo Martinez, a intéressé particulièrement le nombreux public, à savoir l’un des défis auxquels les Cubains doivent faire face : la construction et le développement de l’individualité socialiste, qui inclut et ne rejette pas l’initiative individuelle comprise dans les limites sociales, mais qui ne saurait se réduire à l’initiative privée, autrement « nous risquerions de succomber à l’individualisme bourgeois », a mis en garde l’économiste.

Granma

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 00:08

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Par María Josefina Arce.RHC

Les relations bilatérales entre Cuba et le Brésil sont intenses et la multiplication des échanges dans le domaine économique, ces dernières années, ont fait du géant sud-américain l’un des principaux partenaires de notre pays.

Nos deux pays travaillent activement à la consolidation de leurs relations économiques, ce qui contribue au bien-être de leurs populations. Cette coopération se traduit par le développement d’ambitieux projets, comme l’agrandissement et la modernisation du Port de Mariel, situé à quelques 40 kilomètres à l’ouest de La Havane.

Le Brésil souhaite contribuer au développement de notre pays en renforçant la coopération dans les domaines de l’éducation et de la santé et en investissant dans les infrastructures. La collaboration en matière de santé a commencé en 1996 et de nombreux projets ont été menés dans les secteurs de la biotechnologie et de la surveillance sanitaire, entre autres.

Ces relations ont reçu un nouvel élan en septembre dernier, avec la signature à La Havane, d’un Mémorandum d’entente et d’un projet de coopération technique sur la recherche sur le cancer.

Au niveau politique, les relations bilatérales se caractérisent par une confiance mutuelle. Nos deux pays sont particulièrement actifs dans les organismes internationaux et défendent côte à côte le droit international et les principes de la Charte de l’ONU.

Aussi, Cuba et le Brésil luttent sans relâche pour que soit écoutée la voix des pays les moins développés et pour que leurs droits et intérêts soient pris en compte.

Par ailleurs, nos deux pays sont des moteurs de la coopération régionale. En tant que membres de la CELAC, la Communauté des Etats Latino-américains et Caribéens, ils travaillent au renforcement de l’intégration régionale et au développement de relations justes et solidaires.

A l’ONU notamment, le Brésil soutien de longue date la lutte du peuple cubain pour la levée du blocus économique, commercial et financier illégalement imposé par les Etats-Unis à Cuba depuis un demi-siècle.

La visite de Dilma Roussef à La Havane permettra d’approfondir les liens qui unissent Cuba et le Brésil, des relations qui sont un exemple de coopération Sud-Sud et sont fondées sur le respect de la souveraineté et l’autodétermination.

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 23:45

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Aday del Sol Reyes, spécial pour CubaSi

LA HAVANE accueillera le 6e Congrès de sexologie, du 23 au 26 janvier prochain, à son siège habituel du Palais des Conventions. La rencontre sera placée sous le thème : L’éducation sexuelle dans les processus de transformation sociale.

À propos de cet événement et sur le travail éducatif réalisé depuis des décennies par le Centre national d’Éducation sexuelle (CENESEX), Mariela Castro Espin, directrice du Centre, a eu l’amabilité d’accorder une interview exclusive à Cubasi.

Licenciée en psychologie et pédagogie et master en Sexualité, Mariela Castro est reconnue internationalement comme une figure active de la défense des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles et intersexuelles (LGBTI) à Cuba.

Depuis le mois de novembre dernier, la fille du président cubain Raul Castro, s’est associée aux différents réseaux sociaux en ouvrant un compte sur Twitter, @CastroEspinM et un blog http://elblogdemarielacastro.blogspot.com. Un moyen supplémentaire pour désarticuler les préjugés historiques liés à la sexualité, et en finir avec l’homophobie.


Lors d’une rencontre avec des étudiants étasuniens, en novembre dernier, vous avez déclaré :

« La Révolution a changé non seulement la vie des Cubains, mais aussi leur sexualité ». Pourquoi ?


La Révolution cubaine a représenté la conquête de la souveraineté nationale tant attendue, mais elle a aussi été un processus complexe de création et de mise en pratique du projet de justice, d’équité sociale et de solidarité que nous avons mis sur pied et défendu pendant ces 50 dernières années. Ce scénario a favorisé la confrontation et le dialogue entre les générations, les patrons culturels, les classes et les strates sociales ; les vieux paradigmes de pouvoir basés sur la domination et l’exploitation, hérités du système colonial espagnol et du néocolonialisme étasunien, ont été remis en question. Il ne fait pas de doute que ce processus a généré des transformations profondes et radicales dans notre culture, dans les préjugés sur les sexualités, dans les relations de domination des hommes sur les femmes, dans la reconfiguration des liens de séduction et de couple, dans les politiques sexuelles qui privilégient les relations hétérosexuelles en excluant d’autres modes de vivre les relations amoureuses et érotiques entre les êtres humains, et qui privent de certains droits les personnes qui ne respectent pas ces paramètres.

Le cinéma cubain et d’autres expressions artistiques ont abordé avec une grande créativité les vicissitudes traversées par des hommes et des femmes, de différents âges, confrontés à ces changements. Ils ont modifié par exemple les critères qui surestiment la virginité imposée aux jeunes filles comme condition au mariage, l’obligation du couple pour toute la vie, la responsabilité exclusive de l’homme comme soutien et chef de famille, la fidélité traditionnelle des femmes et l’infidélité des hommes, le rejet des relations interraciales, les mythes de la menstruation, la discrimination des mères et des femmes célibataires, les droits des femmes, la critique des personnes transgenres, des homosexuels et bisexuels, entre autres.

Où en est l’analyse du projet de loi proposant la légalisation de l’union entre homosexuels, la reconnaissance dans le nouveau Code de la famille de leurs droits patrimoniaux et personnels, et l’autorisation du changement d’identité pour les transsexuels ?

En ce moment, la proposition d’avant-projet de modification du Code de la Famille est soumise à l’examen de spécialistes du ministère de la Justice et de professionnels affiliés à l’Union nationale des juristes de Cuba.

Selon les déclarations de la ministre de la Justice à la presse nationale, la discussion du projet par le Parlement est incluse dans le plan législatif 2012. J’espère que la Conférence du Parti va permettre de définir clairement une politique de non discrimination pour orientation sexuelle ou identité de genre, et qu’elle permettra également de désarticuler les préjugés qui font obstacles à son approbation. L’objectif de ces propositions répond à la nécessité de reconnaître et de protéger en droit, chaque fois davantage, toute notre population.

Dans le but de faciliter le changement d’identité légale des personnes transsexuelles, sans qu’il soit nécessaire de recourir à une intervention chirurgicale (comme c’est le cas actuellement), nous avons présenté, en 2008, à travers la Fédération des femmes cubaines, une proposition de Loi d’identité de genre au président de la Commission des Affaires constitutionnelles et juridiques de l’Assemblée du Pouvoir populaire. Nous n’avons pas encore d’information sur l’évolution de cette initiative législative. La proposition a un caractère inclusif pour toutes les personnes transsexuelles identifiées par une Commission spécialisée du ministère de la Santé publique, car toutes ne peuvent pas subir d’opération chirurgicale pour des raisons de santé ou par décision personnelle.

À propos de votre voyage aux Pays-Bas, vous avez écris dans votre compte twitter. « À Cuba, il existe une politique claire de prise en charge non seulement de la prostitution mais aussi de la sexualité transactionnelle, qui est invisible ». Pourriez-vous en dire plus ?

Concernant la question de la prostitution, je suis convaincue qu’on doit respecter l’autonomie sur leur corps de toutes les personnes, comme un droit. Cependant, le marché sexuel n’a pas disparu, et ceci du fait de la prédominance de formes d’organisation sociale basées sur les systèmes d’exploitation patriarcale et de classe entre les êtres humains. Certaines de ses expressions sont difficiles à visualiser parce que les gouvernements concentrent leurs efforts sur les formes les plus traditionnelles et les plus explicites, comme la prostitution et la traite des personnes. Ainsi, le sexe transactionnel qui concerne des femmes et des hommes qui obtiennent certains bénéfices – pas forcément financier – de la pratique du sexe. Cela a toujours existé, mais ce n’est que maintenant que l’on parle de ce phénomène car en Amérique latine il est très lié au tourisme sexuel qui a sa propre logique. À Cuba, depuis 1959, la Fédération des femmes cubaines (FMC) a dirigé la prise en charge des problèmes de prostitution comme forme d’exploitation, notamment concernant les femmes en situation défavorisée, non seulement à cause de leur condition de genre, mais aussi pour des raisons de race et de classe sociale. On sait qu’il y avait plus de 100 000 prostituées vivant dans des conditions d’humiliation très précaires. À travers des témoignages publics, elles ont pu exprimer de quelle manière la Révolution a changé leur vie, en leur permettant de jouer un rôle dans ce grand processus de libération qui a contribué à leur rendre leur dignité.

Le travail réalisé par la Révolution pour éradiquer la prostitution est un sujet de fierté nationale. Cependant, la crise qui a débuté en 1990 a favorisé sa réapparition, avec de nouvelles caractéristiques, notamment liées au développement du tourisme international et une présence importante de clients qui paient des services sexuels et encouragent ce marché. C’est pourquoi j’approuve l’expérience suédoise qui consiste à pénaliser le client, car elle a démontré son efficacité en contribuant à la diminution de l’exploitation sexuelle.


Combien d’opérations de changement de sexe ont-elles été réalisées jusqu’à ce jour à Cuba, et quels sont les critères de sélection ?


Quinze chirurgies de réattribution sexuelle ont été pratiquées, la première réalisée par des spécialistes cubains en 1988. Mais ce n’est qu’en 2007 que cette procédure a été reprise par le ministère de la Santé publique. Il existe une Commission nationale de prise en charge intégrale des personnes transsexuelles qui a reçu 175 demandes de la population trans depuis 1979, et qui sont analysées selon des critères internationalement reconnus. Dans la mesure où les medias vont informer sur l’existence de ces services, davantage de personnes qui vivent avec ce conflit et qui ignorent qu’elles peuvent recevoir de l’aide, devraient se faire connaître.

Jusqu’à présent, les personnes trans doivent être accompagnées par des spécialistes pendant une période de deux ans. En même temps, elles reçoivent un traitement hormonal personnalisé, le temps de la transition vers le genre avec lequel elles s’identifient. À la fin de ce processus, la Commission confirme les personnes éligibles, et qui sont aptes à la chirurgie de réattribution sexuelle (connue populairement comme « changement de sexe »), et pour le changement d’identité. Cette chirurgie n’a rien à voir avec un caprice esthétique : il s’agit d’une procédure scientifique qui fait l’objet d’un large consensus international, et qui démontre le bénéfice considérable pour le bien-être des personnes transsexuelles. L’opération chirurgicale permet d’apaiser la souffrance permanente que vivent ces personnes depuis leur plus tendre enfance, du fait des préjugés qui ont conduit à l’incompréhension et à la discrimination.


Que pensez-vous du financement de 300 000 dollars – confirmé par WikiLeaks – destiné par le gouvernement des États-Unis à la subversion du projet LGBTI à Cuba ?

En premier lieu, cette réaction explicite du gouvernement étasunien démontre que le travail réalisé à Cuba pour les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transsexuelles et intersex (LGBTI) le préoccupe, et l’occupe en temps et en ressources. Pour quelles raisons ? Parce que cela démontre la volonté politique du gouvernement cubain de faire face à l’homophobie et à la transphobie comme des formes de discrimination qui sont en contradiction avec le projet d’émancipation défendu par la Révolution cubaine.

Nos actions désarticulent les campagnes médiatiques rebattues qui tentent de discréditer la spiritualité du projet révolutionnaire, et cela met en évidence que les ressources du contribuable nord-américain sont utilisées à mentir, à diffamer, à diaboliser, et à détruire la Révolution, ainsi que ses dirigeants.

Ils ne cessent de privilégier quelques rares voix sans aucune légitimité, en les publiant dans les médias traditionnels, les blogs et les réseaux sociaux qui se consacrent à mener un travail grossier de désinformation à partir d’un scénario écrit à l’avance. On a désormais des preuves très claires – dont certaines ont été divulguées par WikiLeaks – que ces mercenaires reçoivent leurs ordres du Bureau des intérêts des États-Unis à La Havane.

Beaucoup de gens qui ont été témoins de faits concrets, et qui ensuite ont lu les nouvelles largement publiées, ont été scandalisés par la grossière manipulation de l’opinion publique internationale par des médias très influents, notamment CNN en espagnol, El Pais, Der Spiegel, Radio Nederland, entre autres.


À Cuba, des progrès en faveur de la promotion du respect de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, libre et responsable, ont été réalisés, bien qu’encore insuffisants. À votre avis, comment toucher le cœur de tous les Cubains et en finir, une fois pour toutes, avec l’homophobie dans notre pays ?


Les premiers pas ont été réalisés par la Fédération des femmes cubaines, avec la création du Groupe national de travail d’Éducation sexuelle en 1972, précurseur du CENESEX. La FMC s’est également occupée de favoriser un débat public sur ces questions. La publication du livre L’homme et la femme dans l’intimité (Sigfred Schnabel,1979), où une voix scientifique expliquait pour la première fois à Cuba que l’homosexualité n’était pas une maladie, a eu un impact considérable. Beaucoup de personnes homosexuelles m’ont expliqué la portée de ces messages, face au poids de la stigmatisation imposée par la société. En 2007, après avoir évalué que les actions réalisées étaient insuffisantes, nous avons adhéré à l’initiative du militant français Georges Tin de célébrer la Journée internationale contre l’homophobie, tous les 17 mai. En effet, c’est à cette date, en 1990, que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a éliminé l’homosexualité de son manuel de classification des maladies mentales. À partir de cette expérience, en 2008, nous avons mis en place une stratégie éducative avec le soutien des médias, pour promouvoir le respect de la libre et responsable orientation sexuelle et de l’identité de genre. Ces actions ont été soutenues par de nombreuses institutions de l’État et des organisations de la société civile, avec l’appui du Département idéologique du Comité central du Parti communiste, et elles ont contribué à articuler un mouvement LBGTIH, avec la particularité d’inclure des personnes hétérosexuelles qui participent activement à cette cause.

Pourquoi avoir choisi une stratégie d’éducation et de communication ? Parce qu’il s’agit d’un processus profond de transformation culturelle, d’apporter des éléments d’analyse pour en finir avec les préjugés qui se sont établis historiquement pour dominer les personnes, leur sexualité et leur corps. Le changement de la conscience sociale est très complexe et demande beaucoup de temps. Cependant, il faut une volonté politique pour faciliter le changement. Autrement, nous serions obligés de reproduire les formes de penser des sociétés d’exploitation qui nous ont précédés.


Qu’y a-t-il de Vilma Espin dans Mariela ?


 

L’opposition permanente à toutes les expressions d’injustice sociale. L’engagement avec le processus révolutionnaire qui s’est mis en place depuis les premières initiatives pour l’émancipation de notre peuple, qui se sont concrétisées dans les luttes pour l’indépendance définitive de la nation cubaine. La sincérité, le non-conformisme, l’humilité, et la persévérance.

Source : Granma


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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 17:29

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Manuel E. Yepe

C’EST avec une indignation légitime que des millions de personnes dans le monde réclament la fermeture du centre de torture de prisonniers que le gouvernement des États-Unis maintient sur la base de Guantanamo, occupée illégalement sur le territoire cubain. Cependant, cette revendication masque un autre crime tout aussi condamnable.


Un article intitulé Rendons Guantanamo à Cuba, signé par Jonathan M. Hansen, professeur d’études sociales à l’Université d’Harvard (Massachussets), a été publié récemment, de façon surprenante, dans le New York Times, pour dénoncer « le maintien de l’occupation de Guantanamo », et signaler qu’« il est temps de rendre cette enclave impérialiste à Cuba ».


Le caractère illégal de cette base militaire en territoire cubain a été occulté pendant plus d’un siècle par les médias occidentaux soumis aux intérêts de Washington, alors que Cuba a toujours maintenu sa revendication sur le plan diplomatique pour éviter d’offrir aux États-Unis un prétexte d’agression militaire en réponse à des initiatives cubaines liées à cette présence indésirable.


Le professeur J.M. Hansen rappelle dans son article que « depuis que le gouvernement des États-Unis a obligé Cuba à lui louer un terrain dans la baie de Guantanamo pour y installer une base navale en juin 1901, sa présence reste le témoignage d’une longue histoire d’interventionnisme militaire de Washington.


« Pour faire face à la situation sans issue des relations cubano-étasuniennes, peu de gestes auraient un effet aussi favorable que la restitution de ce morceau de terre tant convoité », signale-t-il.

« Les circonstances qui ont amené les États-Unis à occuper Guantanamo sont aussi préoccupantes que ce qui s’y est passé au cours de cette dernière décennie », écrit Hansen.

p15-3f-5.jpgLe professeur rappelle que, lorsqu’en avril 1898, les Cubains avaient pratiquement gagné la guerre contre le colonialisme espagnol, les États-Unis sont intervenus pour transformer la Guerre d’indépendance cubaine en ce qu’ils appellent toujours la Guerre hispano-américaine. Ils ont occupé l’île pendant trois ans, écarté l’Armée indépendantiste cubaine de la négociation de l’armistice et refusé aux Cubains un siège à la Conférence de paix de Paris.

Malgré les déclarations de l’époque qui garantissaient que les États-Unis ne prétendaient pas « intervenir dans la souveraineté, la juridiction ou le contrôle » de Cuba, peu de temps après la guerre, les impératifs stratégiques prirent le dessus sur le respect de l’indépendance cubaine, précise l’article paru dans le New York Times. 


Ce fut le général Leonard Wood, nommé gouverneur militaire de Cuba par le président William McKinley qui introduisit les dispositions, connues comme l’Amendement Platt – qui furent très contestées. Une de ces dispositions attribuait aux États-Unis le droit d’intervenir à leur gré dans les affaires cubaines, et celle qui instituait la vente ou la concession à perpétuité des terrains pour l’établissement de bases navales à Cuba.

Wood fit savoir aux délégués de l’Assemblée constituante que la seule alternative à l’Amendement Platt était la poursuite de l’occupation. « Les Cubains comprirent le message », écrit Hansen.


Pendant les deux décennies suivantes, les États-Unis envoyèrent à différentes occasions des soldats de l’infanterie de marine pour « protéger leurs intérêts à Cuba », et 44 000 Nord-américains s’y sont établis pour encourager l’investissement de capitaux dans l’île.

Hansen compare cette situation avec ce qu’il se serait passé aux États-Unis si à la fin de la Guerre d’indépendance américaine, en 1783, les Français avaient décidé de rester, en interdisant à Washington et à son armée d’assister à la capitulation de la bataille de Yorktown. « Imaginez qu’ils aient refusé un siège aux États-Unis au Traité de Paris, qu’ils aient exproprié les biens des Anglais, qu’ils aient occupé le port de New York, envoyé des troupes pour écraser la révolte des Shays, et autres rébellions, et qu’ils aient ensuite émigré en masse vers les colonies en s’emparant des meilleures terres. »


Hansen soutient que c’est dans un contexte semblable que les États-Unis ont occupé Guantanamo. Il s’agit d’une histoire bannie des livres d’histoire étasuniens et réservée aux débats sur le terrorisme, le droit international, et le pouvoir exécutif. Cependant, cette histoire, bien connue à Cuba et dans toute l’Amérique latine, explique les raisons qui font de Guantanamo un symbole de l’hypocrisie internationale, sans même faire référence à la dernière décennie.


Si Obama admettait cette histoire et démarrait le processus de restitution de Guantanamo à Cuba – explique l’auteur –, il commencerait à réparer les erreurs que nous avons commiss au cours de ces dix dernières années, et il respecterait ainsi une promesse de campagne électorale.


« Il corrigerait ainsi un préjudice historique et poserait les bases de nouvelles relations avec Cuba, et d’autres pays de l’hémisphère et du monde », précise l’article paru dans le New York Times il y a quelques jours.

Source : Granma

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 00:37

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par Tania Hernández

New York, 25 janvier, (RHC)- Cuba a demandé au Conseil de Sécurité de l’ONU d’assumer son rôle et de prendre des mesures pratiques pour qu’Israël mette fin à ses politiques contraires aux lois internationales.

Le représentant permanent de Cuba auprès de l’ONU, Pedro Núñez, a réclamé la fin immédiate de la manipulation de cet organe en faveur des intérêts de certaines puissances qui jouissent du privilège du droit de veto, comme cela est le cas de l’imposition et de l’interprétation des résolutions 1970 et 1973 concernant la Libye.  

Lors d’un débat ouvert du Conseil de Sécurité sur la situation au Moyen Orient y compris de la question palestinienne, le diplomate cubain a réaffirmé l’appui de notre pays à la demande d’entrée de la Palestine comme membre de plein droit de l’ONU et il a dénoncé les intérêts puissants qui s’opposent à son admission.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 23:01

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Ces derniers jours, des médias et des représentants de certains gouvernements traditionnellement compromis avec la subversion contre Cuba ont déclenché une nouvelle campagne d'accusations, en profitant sans scrupule d’un fait lamentable: le décès d'un prisonnier de droit commun, qui peut-être dans le cas de Cuba seulement devient une nouvelle de répercussion internationale.

 

La méthode utilisée, toujours la même, essaie de s'imposer vainement, à force d’être répétée, pour diaboliser Cuba, dans ce cas, à partir de la manipulation délibérée d'un événement totalement inhabituel dans notre pays, contrairement à d’autres.

 

Le dénommé "prisonnier politique" accomplissait une sanction de privation de liberté de 4 ans, après un juste procès durant lequel il a été mis en liberté et d'un jugement conforme au droit, pour avoir frappé brutalement et en public son épouse, et pour agresser les policiers et se débattre violemment au moment de sa détention.

 

Cette personne est décédée à cause d'un dommage multi-organique associé à un processus respiratoire septique sévère, bien qu'elle ait reçu toute l'attention médicale nécessaire, les médicaments et le traitement spécialisé inclus, dans la salle des soins intensifs du centre hospitalier principal de Santiago de Cuba.

 

Pourquoi donc certaines autorités espagnoles et de l'Union Européenne se sont-elles empressées de condamner Cuba sans même essayer de s'informer sur le sujet? Pourquoi utilisent elles, toujours et à l’avance, le mensonge quand il s’agit de Cuba? Pourquoi, en plus de mentir, censurent-elles la vérité? Pourquoi à la voix et à la vérité de Cuba leur sont refusé, sans aucune dissimulation, le moindre espace dans les médias de communication internationale?

 

On agit avec un grand cynisme et une double morale. Quel qualificatif lui donneraient-ils, eux, à la brutalité policière mise en évidence en Espagne et dans la plus grande partie de l’" Europe cultivée et civilisée ", tout récemment, contre le mouvement des "indignés" ?

 

Qui est-ce qui s'est préoccupé de la situation dramatique d'entassement dans les prisons espagnoles qui hébergent une population pénale immigrante très nombreuse qui dépasse le 35 % du total de reclus du pays, selon le dernier rapport disponible du syndicat de prisons ACAIP, daté du 3 avril 2010? Qui est-ce qui s'est préoccupé d'enquêter sur le décès en juillet 2011, au centre pénitentiaire de Teruel, en Espagne, de Tohuami Hamdaoui, un prisonnier de droit commun d'origine marocaine, qui a perdu la vie après une grève de la faim volontaire qui a duré plusieurs mois ? Qui est-ce qui a rapporté que ce reclus s'était déclaré innocent?

 

Peut-être a-t-il perdu la mémoire et la notion de la réalité le porte-parole chilien qui nous calomnie quand il affirme que le défunt était un dissident politique qui s'est obstiné 50 jours à faire une grève de la faim ? Il doit conserver les souvenirs de ses jours de leader estudiantin lié aux militaires putschistes de Pinochet qui ont massacré son peuple et ont étendu la disparition et la torture à tout le Cône Sud au moyen du "Plan Condor", mais on ne lui connaît pas de déclaration concernant la répression brutale contre les étudiants qui se manifestent pacifiquement pour la défense des droits de l'homme à l'éducation universelle et gratuite. Fait-il partie de ceux qui ont voulu rebaptiser dans les livres scolaires la dictature par régime militaire? Aura-t-il dit quelque chose sur la Loi arbitraire et répressive Antiterroriste qui s'applique aux Araucans de la grève de la faim ?

 

Il ne pouvait pas manquer dans cette campagne le gouvernement des États-Unis, un instigateur principal de n'importe quel effort pour discréditer Cuba, avec le seul objectif de justifier sa politique d'hostilité, de subversion et de blocus économique, politique et médiatique contre le peuple cubain.

 

L'hypocrisie des porte-parole des Etats-Unis impressionne, le pays qui montre un pauvre record en matière des droits de l'homme, à l'intérieur de son territoire comme dans le monde. Le Conseil des Droits de l'homme des Nations Unies a reconnu que dans ce pays de graves violations se produisent quotidiennement en matière des droits de la femme, de la traite de personnes, la discrimination raciale et contre des minorités ethniques, les conditions inhumaines dans les prisons, l'abandon des reclus, un statut racial différencié et des erreurs judiciaires fréquentes dans l'imposition de la peine de mort, l'exécution de mineurs et de malades mentaux, les abus du système de détention migratoire, les morts à la frontière militarisée du sud, les actes atroces contre la dignité humaine et les meurtres de victimes innocentes de la population civile de la part d'effectifs de l'armée américaine en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan et dans d'autres pays, les arrêts arbitraires et les tortures perpétuées au centre illégal de détention de la Base navale de Guantanamo qui usurpe notre territoire.

 

À peine connaît-on dans le monde qu'en novembre 2011, aux États-Unis, trois personnes sont mortes au cours d’une grève de la faim massive de prisonniers en Californie. Selon les témoignages des prisonniers logés en cellules contiguës, les gardes ne leur ont pas offert d'aide, et même ils ont délibérément ignoré leurs appels au secours, contrairement à leur pratique abusive de soumettre les grévistes à une alimentation forcée.

 

Des semaines avant, l'afro-américain Troy Davis avait été exécuté malgré l'évidence flagrante qui démontrait l'erreur judiciaire sans que la Maison Blanche ni le Département d'État n’eussent rien fait.

 

Aux États-Unis, 90 prisonniers ont été exécutés depuis janvier 2010 jusqu'à présent, alors que d'autres 3 222 inculpés attendent leur exécution dans le couloir de la mort. Leur gouvernement réprime assidûment avec brutalité ceux qui osent dénoncer l'injustice du système.

 

Cette nouvelle attaque contre notre pays n’est qu’une intention politique déterminée qui n’a rien à voir avec une préoccupation légitime pour la vie des Cubaines et des Cubains. On fustige avec la complicité de grands centres commerciaux financiers-médiatiques comme le sont le Groupe Prisa et celui qu’administre la CNN en espagnol, dans le meilleur style des maffias de Miami. On accuse d'une manière irraisonnable le gouvernement de Cuba, celui que l'on inculpe sans avoir même minimalement enquêté sur la réalité des faits. On condamne d'abord. et l’on juge, peut-être, après.

 

Il est visible dans ce cas que ni les autorités qui ont rapporté ce fait rapidement et avec maladresse, ni l'appareil au service de l'agression médiatique contre Cuba, n'ont même pas fait l’effort de confirmer l'information. La vérité importe peu si ce qui est prétendu c'est de fabriquer artificiellement et de vendre une fausse image de violations supposées flagrantes et systématiques des libertés à Cuba pour qu’un jour se justifie une intervention afin de "protéger des Cubains civils sans défense".

 

Elle semble évidente l'intention d'imposer une matrice d'opinion diabolique, dirigée à montrer une détérioration sensible de la situation de droits de l'homme à Cuba, afin de construire une "opposition supposée victime qui meurt dans les prisons", où même il lui est refusé l'accès aux services de santé.

 

Le monde entier connaît la vocation humaniste de nos médecins et du personnel de santé, qui ne lésinent pas ni sur les efforts ni avec les maigres ressources avec lesquelles doit compter le pays - en grand partie à cause du blocus criminel que notre peuple subit depuis plus de 50 ans - pour sauver des vies et pour améliorer l'état de santé de son peuple et de beaucoup  d’autres aux confins de la Terre entière.

Cuba dispose du respect et de l'admiration des peuples et de nombreux gouvernements qui reconnaissent son œuvre sociale dans l'île et dans le monde.

Les faits parlent plus que les mots. Les campagnes anti-cubaines ne produiront pas de brèche dans la Révolution cubaine ni au sein de son peuple, qui continuera de perfectionner son socialisme.

 

La vérité de Cuba est celle du pays où l'être humain est le bien le plus précieux: une espérance de vie à la naissance de 77.9 ans en moyenne; une couverture de santé gratuite pour tous; un taux de mortalité infantile de 4.9 pour mille nés vivants, le chiffre qui surpasse les standards nord-américains, le plus bas du continent, légèrement inférieur à celui du Canada; toute une population alphabétisée et avec un plein accès à tous les niveaux d'éducation de manière gratuite; 96 % de participation dans les élections générales de 2008, un processus démocratique de discussion des propositions économiques et sociales, préalables au VIème Congrès du Parti.

 

La vérité de Cuba est celle du pays qui a transporté ses universités et ses écoles dans les centres pénitentiaires, où les reclus sont jugés de manière opportune et impartiale, où ils reçoivent un salaire égal pour leur travail et disposent des niveaux élevés d'attention médicale sans distinction de race, de sexe, de croyance ou d’origine sociale.

 

Une fois de plus il sera de nouveau démontré que le mensonge, de nombreuses fois répété, ne se transforme pas nécessairement en vérité, parce que "depuis le fond d'une grotte, un principe juste peut plus qu'une armée".

 

Editorial du quotidien Granma, du 23.01.2012

http://www.granma.cubaweb.cu/2012/01/23/nacional/artic08.html

 

traduction: ASC-Ge

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:50

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Par Reynaldo Henquen

La Havane, 23 janvier (RHC)- Le quotidien cubain Granma souligne dans un éditorial publié à la une que les campagnes anti-cubaines, n’entameront en rien la fermeté ni de la Révolution ni de son peuple qui continuera à perfectionner le socialisme.

Dans son édition de ce lundi notre principal quotidien rejette les plus récentes versions de medias et de représentants de plusieurs gouvernements engagés envers la subversion contre Cuba en ce qui concerne le décès la semaine dernière d’un prisonnier de droit commun.     

Sous le titre « Les vérités de Cuba », l’éditorial rappelle qu’il s’agit de la même méthode que l’on prétend imposer toujours à coup de répétition afin de sataniser la Révolution  à partir de faits manipulés de façon délibérée.

Granma se demande pourquoi certaines autorités espagnoles et de l’Union Européenne se sont empressées de condamner Cuba sans avoir même cherché à se renseigner à ce sujet.

Dans une autre partie, ce quotidien cubain se demande si le porte-parole chilien, allié des putschistes de Pinochet, qui nous calomnie, a perdu la mémoire lorsqu’il affirme que le prisonnier décédé était un dissident politique qui a fait la grève de la faim durant 50 jours.

“Le gouvernement des États-Unis ne pouvait pas manquer dans cette campagne –souligne Granma- qui signale qu’il est le principal instigateur de tout effort pour discréditer Cuba dans le but de justifier sa politique d’hostilité, de subversion et de blocus économique, politique et médiatique contre le peuple cubain.

Granma relève enfin qu’il sera démontré une nouvelle fois que l’on pourra répéter un mensonge bien des fois mais qu’il ne doit pas nécessairement devenir une vérité, car un principe juste depuis le fonds d’une grotte, est plus puissant qu’une armée.

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 00:04

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Cuba est prêt à étudier une "solution humanitaire" pour l'Américain Alan Gross, condamné à 15 ans de prison à Cuba pour espionnage, sur une base de "réciprocité" avec les cinq Cubains emprisonnés depuis 1998 aux Etats-Unis, a indiqué mardi le ministère cubain des Affaires étrangères.

"Le gouvernement cubain a fait part au gouvernement américain de sa volonté de trouver une solution humanitaire au cas d'Alan Gross sur une base humanitaire réciproque", a indiqué un diplomate cubain à Washington dans une lettre publiée par le site internet du ministère. La lettre du chef adjoint de la section d'intérêts (ambassade) cubaine à Washington, Juan Lamigueiro, répond à un éditorial d'un quotidien américain affirmant que Alan Gross avait été condamné alors qu'il réalisait un "travail humanitaire" en faveur de la communauté juive de Cuba.

Arrêté en décembre 2009 à La Havane, Alan Gross, sous-traitant du département d'Etat américain, a été condamné en mars pour "atteinte à la sécurité de l'Etat" pour avoir remis du matériel de communication par satellite illégal à des opposants, selon les autorités cubaines. Alan Gross "a violé les lois cubaines et s'est impliqué dans des activités clandestines pour déstabiliser Cuba", affirme le diplomate cubain dans sa lettre. Hier , un site internet américain a publié un document présenté comme le verdict du tribunal qui a condamné Alan Gross et selon lequel il a réalisé sept voyages similaires à Cuba entre 2004 et 2009.

De son côté, Cuba réclame la libération de cinq de ses agents emprisonnés depuis 1998 aux Etats-Unis pour espionnage alors que, selon La Havane, ils avaient infiltré les milieux anti-castristes de Miami pour prévenir des actes de terrorisme. Condamnés à de lourdes peines de prison, les cinq hommes sont considérés à Cuba comme des "héros de la lutte anti-terroriste". L'un d'eux a été libéré en décembre à l'issue de sa peine de 13 ans de prison, mais reste assigné à résidence aux Etats-Unis. "Leur libération a été demandée par, entre autres, 11 prix Nobel. Dans son rapport 2011, Amnesty International a inclus le cas des cinq dans sa liste des procès injustes réalisés aux Etats-Unis", rappelle Juan Lamigueiro dans sa lettre.

Le Figaro

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 23:35

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Voir ou revoir : Vidatox, un tout nouveau médicament cubain contre le cancer, Vidéo, interview..

La Havane, 25 novembre (RHC)- Le directeur scientifique du groupe pharmaceutique malaisien Bioven, le Belge Erik D’Hondt a fait savoir que le premier vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon (Cimavax-EFG), créé par des hommes de science cubains, sera administré, dans quelques jours, à un groupe de patients britanniques.

Erik D’Hondt a relevé que Bioven encourage la recherche avec ce produit dans d’autres pays d’Europe ainsi qu’en Australie, en Thaïlande et en Malaisie.

Le vaccin, créé par des experts du Centre d’Immunologie Molléculaire (CIM), une des institutions du Pole Scientifique de l’Ouest de la Havane, a été breveté dans notre pays en janvier après que son efficacité ait été testée chez plus d’un millier de patients. Des effets secondaires n’ont pas été enregistrés.

Zoraida Acosta, chercheuse au CIM, a expliqué que ce produit, le premier de son type au monde, a augmenté l’espérance et la qualité de la vie des personnes traitées et que les spécialistes cubains sont très enthousiasmés par les résultats obtenus.

Par ailleurs, le professeur Luis Alberto Sánchez qui a participé ici, à La Havane à la Quatrième Réunion Internationale sur le Médicament cubain contre le cancer du poumon a déclaré à Radio Havane Cuba :

“Ce médicament augmente la survie des patients atteints de cancer du poumon et améliore la qualité de leur vie. Il est appliqué dans des stades avancés. Des résultats très positifs ont été obtenus dans la majorité des patients. Les oncologues peuvent accompagner l’administration du vaccin d’un autre type de thérapie toujours dans le but d’allonger la vie du patient ».

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 00:15
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Salim LAMRANI


EDMUNDO GARCÍA : Salim Lamrani, lors de votre conférence ici à la Alianza Martiana, vous vous êtes montré assez critique vis-à-vis du rôle des médias et vous avez cité l’exemple de Cuba en donnant quelques informations, quelques détails et statistiques d’Amnistie Internationale. Vous avez évoqué la manière dont cela était reflété dans les médias. Je crois que nous devrions débuter cette interview, cette conversation par cela.

SALIM LAMRANI : Je crois qu’il faut commencer par le postulat suivant : les grands groupes économiques et financiers du monde contrôlent le secteur de la presse, et le rôle des médias n’est plus de fournir une information vraie et vérifiable au lecteur, à l’opinion publique, mais de contrôler le marché des idées et défendre l’ordre établi. Ainsi, l’objectivité des médias est un mythe car ils défendent des intérêts très précis.

Vous évoquez la question des droits de l’homme, qui est la problématique par excellence dès lors qu’il s’agit de Cuba. Ne comptez pas sur moi pour vous dire qu’il n’existe aucune violation des droits de l’homme à Cuba. Mais si je souhaite me faire une opinion juste et vérifiable sur la situation des droits de l’homme à Cuba et voir s’il existe une spécificité dans ce domaine, par rapport au reste du monde, je n’ai qu’à consulter une source internationale qu’est l’organisation Amnistie Internationale, et qui publie chaque année un rapport détaillé sur la situation des droits de l’homme à Cuba. Le postulat des médias est le suivant : « Cuba est un pays qui viole les droits de l’homme et qui se démarque du reste du continent américain, par exemple, par ses violations des droits de l’homme ». Nous pouvons comparer ce postulat de base avec la réalité des faits en nous référant au rapport. Selon le rapport d’Amnistie International d’avril 2011, dans le continent américain, l’un des pays qui viole le moins les droits de l’homme – sans doute le moins – ou qui les respecte le mieux est Cuba. Ne croyez pas ce que je raconte, allez sur le site Internet d’Amnistie Internationale où le rapport est disponible en trois langues : français, anglais et espagnol. Amnistie Internationale est une organisation que nous ne pouvons qualifier de procubaine pour la raison suivante : elle a rompu ses relations diplomatiques avec Cuba depuis 1988. En conclusion, il y a un abîme entre la rhétorique médiatique de départ et la réalité des faits. Vous pourriez me rétorquer que la Colombie ou le Honduras ne sont pas des exemples en termes de droits de l’homme, et que la comparaison n’est pas très explicite.

Prenons donc le cas suivant ; comparons la situation des droits de l’homme à Cuba et au sein de l’Union européenne. Pourquoi l’Union européenne ? Parce que depuis 1996, l’Union européenne impose à Cuba une Position commune en raison de la situation des droits de l’homme. Qu’est-ce qu’une Position commune ? Il s’agit du principal pilier de la politique étrangère de Bruxelles vis-à-vis de La Havane, qui limite les échanges diplomatiques, politiques et culturels. Il est singulièrement curieux que le seul pays du continent américain victime d’une Position commune soit Cuba, alors que selon Amnistie International Cuba est le pays qui viole le moins les droits de l’homme. Il s’agit là d’une première contradiction. Maintenant, il convient bien évidemment d’évaluer la légitimité de l’Union européenne à s’ériger en juge sur la question des droits de l’homme, parce que pour pouvoir stigmatiser un pays sur ce thème il faut être irréprochable.

Que dit Amnistie Internationale ? Selon le rapport d’avril 2011, disponible sur Internet de manière gratuite, 23 des 25 pays qui ont voté les sanctions politiques et diplomatiques et culturelles contre Cuba en 2003 – ils étaient 25 et non 27 à l’époque – présentent, selon Amnistie International une situation des droits de l’homme qui est pire que celle de Cuba. Prenons le cas qui me concerne le plus, le cas de la France. Nous sommes la Patrie des droits de l’homme. Néanmoins, j’invite tous les auditeurs à se rendre sur le site d’Amnistie Internationale, à prendre le rapport sur Cuba et le rapport sur la France, à les comparer et à tirer leurs propres conclusions. Cela est donc un exemple de la manipulation médiatique. Je le répète, Cuba ne présente pas un bilan parfait, propre, sur la question des droits de l’homme. Il y a quelques critiques de la part d’Amnistie International sur la question de la liberté d’expression, de la liberté d’association, etc. Mais quand nous comparons cela avec la réalité existante sur notre continent, et sur le continent américain, nous découvrons qu’il s’agit d’une énorme manipulation.

EG : Pourriez vous citer des exemples, des faits qui se passent au sein de l’Union européenne, alors que l’Union européenne maintient Cuba sous une Position commune ?

SL : Donnons quelques exemples précis. Pour ce qui est de Cuba, Amnistie Internationale n’a jamais rapporté de cas d’assassinat par les forces de l’ordre, ce qui est le cas pour le Royaume-Uni et d’autres pays ; de stérilisation forcée de femmes issues des minorités ethniques, tortures dans les prisons, répressions violentes et massives de manifestations publiques, avec des gaz lacrymogènes etc., discrimination envers les enfants issus des minorités au sein du système éducatif comme cela est le cas pour la République tchèque ou la Slovaquie. Je pourrais multiplier les exemples graves.

ED : Et en Autriche ? Je vous ai entendu dire dans une conférence qu’il y avait un problème avec les minorités en Autriche.

SL : Il y a de très graves violations des droits de l’homme en Autriche, des cas d’assassinats commis par les forces de l’ordre, de brutalités à l’égard des minorités. Mais il y a également eu des déclarations discriminatoires contre les minorités Rom faites par le président de la République en France. Nous voyons donc, avec cette réalité, que la Position commune est une vaste hypocrisie. En fait, ce qui dérange l’Union européenne n’est pas tant la situation des droits de l’homme mais le système politique, économique et social qu’il y a à Cuba.

EG : Salim Lamrani, j’aimerais que vous évoquiez le thème migratoire entre Cuba et les Etats-Unis et que vous fassiez une analyse comparative, comme pour Amnistie Internationale, avec les autres pays d’Amérique latine. Est-ce que les Cubains émigrent plus ? Emigrent-ils moins que les autres pays de la région ? Quelles seraient les causes dans un cas et dans l’autre ?

SL : La problématique migratoire est effectivement une problématique qui est politisée dès lors qu’il s’agit de Cuba. Je lis toujours au sein des médias le postulat suivant : « Les Cubains émigrent massivement vers les Etats-Unis, ce qui illustre l’échec du système économique, politique et social à Cuba ». Néanmoins, ce postulat, cette affirmation ne sont jamais corroborés par des données, des statistiques alors qu’elles existent pour l’émigration cubaine vers les Etats-Unis pour la période allant de 1820 à 2010.

Voyons un peu ce qu’était la réalité migratoire entre les Etats-Unis et Cuba en 1959. Cuba était un petit pays de 6 millions d’habitants et occupait le second rang du continent américain en termes d’émission migratoire vers les Etats-Unis. Le premier rang a toujours été occupé par le Mexique pour des raisons historiques, géographiques et démographiques évidentes. Cuba donc, petite nation de 6 millions d’habitants, avait une émission migratoire plus forte que celle de tous les pays d’Amérique centrale réunis, plus forte que celle de toutes les nations de la Caraïbe réunies, presque aussi forte que celle de l’Amérique du Sud en intégralité. Ainsi, un petit pays d’Amérique latine, émettait plus d’émigrants que la somme d’une quinzaine de pays d’Amérique latine et de la Caraïbe. Vous trouverez ces données, facilement accessibles, sur le site des services d’immigration des Etats-Unis.

Ensuite, à partir de juillet 1960, les Etats-Unis et l’administration Eisenhower plus précisément, imposent des sanctions économiques contre Cuba, ce qui constitue un facteur objectif d’incitation à l’émigration légale et illégale, parce que la situation économique devient plus difficile, et que de l’autre côté les Etats-Unis acceptent les émigrants. En 1966, en novembre 1966, le Congrès des Etats-Unis adopte ce que l’on appelle la loi d’Ajustement cubain. Qu’est-ce que la loi d’Ajustement cubain ? Il s’agit d’une courte législation de deux pages, une page et demie en réalité, qui stipule que tout Cubain qui, le 1er janvier 1959 ou après, émigre légalement ou illégalement, pacifiquement ou par la violence, obtient automatiquement au bout d’un an le statut de résident permanent. Il s’agit d’une loi unique au monde et qui constitue un formidable facteur d’incitation à l’émigration légale et illégale. Il convient de souligner la date pour en voir la substance politique : le 1er janvier 1959 ou après, c’est-à-dire que le Cubain qui est arrivé le 31 décembre 1958 ne peut pas bénéficier de la loi d’Ajustement Cubain. Nous en voyons clairement le contenu politique. Il s’agit là d’une arme contre le processus révolutionnaire.

Voyons les dernières statistiques, celles que j’ai consultées sont celles de 2003. Je ne voudrais pas me référer à celles de 2010 car je n’ai pas les chiffres exacts en tête. Nous pourrions imaginer ou supposer qu’en raison de la réalité migratoire de 1959 – second rang sur le continent américain –, en ajoutant à cela les sanctions économiques – facteur objectif d’incitation à l’émigration –, la loi d’Ajustement cubain – autre facteur objectif d’incitation à l’émigration – que Cuba a dépassé le Mexique et occupe le premier rang. Or, ce n’est pas le cas. Le Mexique occupe toujours le premier rang en termes d’émission migratoire vers les Etats-Unis. Cuba n’occupe plus le second rang, ni le cinquième mais seulement le dixième rang.

Je le répète, ces sources, ces chiffres des services d’immigration, sont disponibles sur Internet. C’est-à-dire qu’en Amérique latine, il y a, en 2003, neuf pays qui disposent d’une émission migratoire plus forte que celle de Cuba. Pourtant, les médias n’ont jamais utilisé cette problématique pour dénigrer les gouvernements du Salvador, du Mexique, de la Jamaïque ou de la République dominicaine.

Vous pourriez me rétorquer que l’on ne peut pas comparer la réalité migratoire d’un pays comme le Mexique avec plus de 100 millions d’habitants, avec un petit pays comme Cuba de 11 millions d’habitants. C’est une critique acceptable. Comparons donc la réalité migratoire de Cuba en 2003, avec la réalité du Salvador, avec 5,75 millions d’habitants, moins de 6 millions d’habitants. Le Salvador en 2003 a eu une émission migratoire trois fois plus forte que celle de Cuba et néanmoins, on n’a jamais parlé de cela, on n’a jamais utilisé cette problématique pour dénigrer le système politique et économique néolibéral au Salvador, ou dénigrer son gouvernement. Nous voyons donc qu’il s’agit une nouvelle fois d’une stigmatisation discriminatoire. Si nous voulions vraiment donner une explication politique ou utiliser l’émigration comme un thermomètre de légitimation d’un gouvernement ou d’un système, si nous nous référions aux chiffres, nous ne pourrions arriver qu’à une seule conclusion : le gouvernement et le système cubains sont sans doute parmi les plus légitimes du continent américain, je le répète, si nous partons du postulat que l’émission migratoire est illustrative du bon fonctionnement ou non d’un système.

Posons la question suivante : que se passerait-il si demain le gouvernement des Etats-Unis approuvait une loi d’Ajustement mexicain ? Pas pendant 40 ans ou plus, 1966 à 2011 cela fait 45 ans…, 46 ans. Pas pendant 4 ans, ni pendant 4 moins, ni pendant 4 jours. Imaginons la chose suivante : le gouvernement des Etats-Unis adopte une loi d’Ajustement mexicain durant 4 heures, rien de plus. Que se passerait-il au Mexique, d’après vous ? Je vous laisse imaginer la réponse.

EG : Salim Lamrani, j’aimerais entendre votre opinion sur la relation entre Cuba et les Etats-Unis en matière commerciale. J’aimerais connaître votre opinion sur le bilan économique des relations entre Cuba et les Etats-Unis durant les trois premières années de l’administration Obama.

SL : Il convient de reconnaitre que le gouvernement d’Obama diffère de la précédente administration Bush par son style, par la forme. C’est un homme plus cultivé, plus intelligent avec un discours nouveau, parce que durant sa campagne il a fait le constat suivant : la politique des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba a échoué. Cinquante ans de sanctions économiques contre Cuba, avec l’objectif de renverser le gouvernement cubain, et donc imposer un changement de régime était un échec total. Les sanctions économiques contre Cuba sont le principal obstacle au développement de l’île. Elles sont anachroniques parce qu’elles remontent à la Guerre Froide. Elles sont cruelles parce qu’elles affectent les catégories les plus vulnérables de la société cubaine : les femmes, les enfants, les personnes âgées. Elles sont également inefficaces car elles n’ont pas atteint leur objectif de mettre un terme au processus révolutionnaire.

Obama a effectué un constat lucide qui démontre son intelligence et sa sagacité. Néanmoins, nous ne pouvons pas juger Obama sur sa rhétorique mais sur les faits. Nous devons reconnaître qu’il a annulé les restrictions sur les voyages de la communauté cubaine des Etats-Unis. Car rappelons qu’entre 2004 et 2009, les Cubains des Etats-Unis ne pouvaient se rendre à Cuba que 14 jours tous les trois ans dans le meilleur des cas, s’ils obtenaient une autorisation du Département du Trésor. Pour obtenir ce permis, il fallait justifier de la présence d’un membre direct de la famille à Cuba. Pour tout le monde, un cousin, un oncle, une tante, un neveu sont des membres directs. Mais non, l’administration Bush avait donné une nouvelle définition de la famille qui ne s’appliquait qu’aux Cubains. Seuls faisaient partie de la famille les grands-parents, les parents, les époux, les enfants et petits-enfants. Il s’agissait donc d’une politique cruelle qui divisait les familles. Obama, homme lucide, a éliminé ces restrictions, mais malheureusement, nous devons constater que l’administration Obama a été plus constante dans l’application stricte des sanctions économiques et de l’imposition d’amendes à des entreprises étrangères qui violent les règles du commerce, des entreprises européennes par exemple.

Je mentionnais précédemment la Position commune qui a été adoptée en 1996. La date n’est pas anodine. Pourquoi a-t-elle été adoptée en 1996 ? Que s’est-il passé aux Etats-Unis en 1996 ? Le Congrès des Etats-Unis a adopté la loi Helms-Burton qui dispose d’un caractère extraterritorial – une loi ne peut pas s’appliquer à d’autres pays ; la loi française ne peut pas s’appliquer en Italie ; la loi anglaise ne peut pas s’appliquer en Allemagne. Néanmoins, la loi sur les sanctions économiques contre Cuba s’applique à la France, à la Suisse, etc. Récemment, la banque suisse UBS a dû payer une amende de 100 millions de dollars pour avoir ouvert un compte en dollars à Cuba. Il y a donc eu une application extraterritoriale des sanctions économiques contre Cuba même sous Obama. Il y a, je le répète, une contradiction entre sa rhétorique, de « changement », et la réalité des faits qui fait que chaque année, il a recours à une loi de 1917, la loi de Commerce avec l’ennemi, pour prolonger l’état de siège contre Cuba.

EG : J’aimerais aborder avec vous, Salim Lamrani, un point que vous avez développé dans vos recherches et qui concerne le traitement médiatique de la politique des sanctions économiques, non pas comme un problème économique et politique mais comme un élément de publicité et de manipulation idéologique. Comment voyez-vous ce traitement au sein de la presse internationale, de la presse occidentale ?

SL : Il y a un fait très révélateur. Dans l’histoire des votes aux Nations unies, la résolution qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages, chaque année, est la résolution contre les sanctions économiques imposées à Cuba. En octobre 2011, pour la vingtième fois consécutive, une immense majorité de la communauté internationale, 185 pays, ont voté pour la levée de ces sanctions économiques. Néanmoins, ce fait médiatique a été supprimé, censuré, ignoré par la presse. La presse occidentale parle beaucoup des problèmes économiques à Cuba – il y a effectivement de graves problèmes à Cuba – mais cependant, elle n’évoque jamais, je le répète, le principal obstacle au développement économique de la nation, qu’est l’embargo commercial ou le blocus, appelons-le comme bon nous semble.

Quelques données : Cuba ne peut absolument rien vendre aux Etats-Unis. Elle ne peut lui acheter que des matières premières alimentaires depuis 2000, avec de nombreuses restrictions. Il faut se rappeler que le marché historique et naturel de Cuba a toujours été les Etats-Unis. En 1959, 73% des exportations cubaines allaient aux Etats-Unis, et Cuba en importait 67% de ce qu’elle consommait. Cette rupture unilatérale du commerce entre Cuba et les Etats-Unis constitue donc le principal obstacle.

De plus, les sanctions économiques disposent d’un caractère extraterritorial. Je vais donner quelques exemples précis. Si une entreprise française de pâtisserie – vous savez que les pâtisseries françaises sont succulentes – souhaite exporter ses gâteaux aux Etats-Unis – car il s’agit de la première économie du monde, le principal marché mondial et cela représente une ambition économique que d’exporter et vendre ces gâteaux – elle doit démontrer au Département du Trésor que ses pâtisseries ne contiennent pas un seul gramme de sucre cubain. Cuba ne peut absolument rien vendre aux Etats-Unis, mais dans ce cas précis, elle ne pourra pas non plus vendre à la France. Prenons un autre exemple : Mercedes-Benz, l’entreprise allemande qui fabrique sans doute les meilleures voitures du monde. Pour que cette entreprise Mercedes-Benz puisse exporter ses voitures aux Etats-Unis, elle doit démontrer au Département du Trésor que ses voitures ne contiennent pas un seul gramme de nickel cubain. Donc Cuba ne peut pas vendre son nickel aux Etats-Unis mais elle ne pourra pas le vendre à l’Allemagne non plus. Ce sont des exemples clairs de l’impact des sanctions économiques.

EG : Mais dans la presse, comment cela est-il transcrit, Salim Lamrani ?

SL : Il y a une censure totale de cette réalité. Les lecteurs savent-ils, l’opinion publique sait-elle quels sont les effets des sanctions économiques ? Pourquoi y a-t-il 185 pays qui votent contre les sanctions économiques ? Ce n’est pas parce qu’il y a 185 pays amis de Cuba. Cuba a beaucoup d’amis dans le monde, mais pas tous. Par exemple, toute la Communauté européenne a voté contre ces sanctions, et l’Union européenne a une politique hostile à l’égard de Cuba. La raison est que la communauté internationale sait quel est l’impact dramatique des sanctions économiques sur la population cubaine. Les sanctions économiques n’affectent pas les dirigeants, elles affectent le peuple. Donc, il m’est difficile de comprendre la logique qui consiste à soutenir les sanctions. Je comprends qu’il puisse y avoir des secteurs avec une opinion différente de celle du gouvernement de La Havane. Je peux comprendre que l’on pense différemment du gouvernement cubain, mais si ce qui nous importe réellement est le bien-être du peuple cubain, nous ne pouvons que condamner inconditionnellement les sanctions économiques contre Cuba.

ED : Salim Lamrani, dans la rhétorique publique de l’administration Obama, il est dit que les Etats-Unis ne peuvent pas normaliser les relations avec Cuba parce que l’affaire Alan Gross, le sous-traitant détenu à Cuba, représente un obstacle. On nous donne l’impression que si Gross est libéré tout redeviendra normal. Comment voyez-vous ce nouveau prétexte mis en avant par l’administration nord-américaine pour ne pas avancer davantage dans le dialogue ?

SL : D’abord, je crois qu’il faut mettre sur la table le postulat correct. Lorsque l’administration Obama affirme : « Nous attendons des signaux ou de la réciprocité pour normaliser les relations », il s’agit d’un postulat erroné. Parce que Cuba n’impose pas de sanctions économiques aux Etats-Unis. Cuba n’occupe pas une partie du territoire américain par la force, comme c’est le cas pour Guantanamo. Cuba ne finance pas une opposition interne dans le but de subvertir l’ordre établi. L’agression, l’hostilité, l’état de siège, je le répète, sont unilatérales. Cuba n’a pas de concessions à faire aux Etats-Unis. On parle des droits de l’homme. Je le répète, j’invite les auditeurs à jeter un œil au rapport d’Amnistie Internationale sur les droits de l’homme aux Etats-Unis et à le comparer avec celui sur Cuba. J’affirme qu’il s’agit d’une rhétorique, d’un argument qui est dénué de fondement car les Etats-Unis ne disposent d’absolument aucune autorité morale pour disserter sur la question des droits de l’homme.

Evoquons à présent le cas d’Alan Gross. Alan Gross est un sous-traitant qui développait un programme de la USAID destiné à miner le gouvernement cubain, le système cubain, avec l’objectif public de changement de régime. Il fournissait à la dissidence du matériel hautement sophistiqué tels que des téléphones satellitaires. Cela est réglementé à Cuba. On ne peut pas entrer avec un téléphone satellitaire à Cuba. Pourquoi ? Parce que Cuba est un pays qui a été victime de 50 ans de terrorisme. Avec un téléphone satellitaire, on peut fournir une géolocalisation, pour faire exploser une bombe ou je ne sais quoi. Washington affirmé que Gross s’était rendu à Cuba uniquement pour aider la petite communauté juive. Bon, écoutons la version de la communauté juive elle-même. Que dit-elle ? Les principales organisations juives ont répété à maintes reprises qu’elles n’avaient aucun contact avec Alan Gross, et qu’elles n’avaient pas besoin de son aide de toute façon, car elles maintiennent d’excellentes relations avec le gouvernement de La Havane, et beaucoup d’autres relations avec les communautés juives des Etats-Unis et du reste du monde qui leur fournissent ce dont elles ont besoin. En réalité, Gross faisait partie d’un programme, peut-être ne lui a-t-on pas révélé quels étaient les risques qu’il courait, mais la réalité est que Gross a violé la loi, il a commis un grave délit, qui en France serait passible de 30 ans de prison.

Je crois que ce cas, en plus d’être un cas politique, est un cas humanitaire. La réciprocité est importante. Il est possible de trouver une solution à l’affaire Alan Gross. Si les Etats-Unis libèrent les cinq prisonniers politiques cubains – l’un est sorti mais se trouve toujours en liberté conditionnelle –, je me réfère à ceux qui ont infiltré clandestinement certaines entités violentes de l’exil cubain pour empêcher la réalisation d’attentats terroristes et qui ont été condamné à des peines allant de 15 ans à deux peines de prison à vie. Je crois que si l’administration Obama qui, je le répète, est une administration lucide par rapport à la précédente, souhaite résoudre ce problème, elle peut effectuer un échange de prisonniers : elle relâche les cinq et je suis convaincu que le gouvernement de La Havane en ferait de même avec Gross. Je ne crois pas qu’il faille s’attendre à un geste unilatéral d’aucune des parties. Le dialogue, la négociation ne peuvent que déboucher sur quelque chose de positif.

EG : Vous croyez que la visite du Pape Benoit XVI à Cuba puisse contribuer à résoudre le problème d’Alan Gross et des 5 ? Par ailleurs, je crois qu’il faut également prendre en compte le processus électoral américain. Cela peut-il contribuer à trouver une solution ?

SL : Je crois que la visite du Pape, de sa Sainteté, sera bénéfique non seulement pour Cuba mais également pour les relations entre La Havane et Washington. Plusieurs membres de l’Eglise Catholique américaine, d’éminents membres, ont publié il y a peu de temps, deux ou trois semaines, une déclaration favorable à la libération d’Alan Gross et des Cinq pour des raisons humanitaires. Je crois que la voix du Vatican est une voix importante sur la scène internationale, et je suis convaincu que le gouvernement de La Havane lui prêtera une attention particulière. J’espère que le gouvernement d’Obama en fera de même et que l’on pourra atténuer les tensions qui existent entre les deux pays depuis 50 ans.

EG : Professeur Salim Lamrani, vous avez interviewé il y a quelque temps Yoani Sánchez qui a remporté d’innombrables prix. Vous avez publié une interview qui a beaucoup circulé dans la presse. Ensuite Yoani Sánchez a déclaré que l’interview avait été manipulée de votre part. Après, nous avons découvert que l’interview qu’elle prétendait avoir réalisé avec le président Obama était fausse et que ce fut Jonathan Farrar lui-même, ambassadeur américain à Cuba, qui avait rédigé les questions et les réponses. Yoani affirmait également qu’elle avait envoyé les questions au Président Raúl Castro et ensuite, nous avons appris par Wikileaks qu’elle n’avait en réalité jamais envoyé le questionnaire. Elle avait déclaré qu’elle allait démontrer que vous aviez manipulé l’interview, mais l’affaire en était restée là. J’aimerais avoir votre point de vue à ce sujet, sur ses déclarations, car Yoani Sánchez a une capacité incroyable à nous surprendre.

SL : En ce qui concerne l’interview que j’ai effectuée, Yoani Sánchez a eu trois versions différentes. La première version qu’elle a publiée sur son blog déclarait que cela avait été une conversation constructive et agréable. La seconde version disait que l’interview avait été mutilée. La troisième version affirmait au contraire que j’avais inventé des réponses. Donc, j’ai lancé un défi à Yoani Sánchez, et je le relance une nouvelle fois, de publier sur son blog les réponses que j’aurais inventées, et que si je ne publiais pas les enregistrements, elle aurait eu raison. Je suis attentivement ce que publie Yoani Sánchez et je me suis rendu compte qu’elle avait démenti des points précis sur l’embargo, sur Batista, qui se trouvent dans l’interview, sur les cinq Dans un article que j’ai publié intitulé « La diplomatie étasunienne et la dissidence cubaine », j’ai publié précisément les versions audio de tout ce qu’elle avait nié. Je l’invite donc une nouvelle fois à continuer à démentir de manière précise, et si je ne poursuis pas la divulgation des versions sonores, cela voudra dire qu’elle avait raison.

EG : Vous lui lancez un défi ?

SL : Bien évidemment que je lui lance un défi. Qu’elle le fasse sur son blog, ou dans des déclarations à la presse comme elle l’a fait.

EG : Ce que est sûr est que la presse semble avoir adoptée une position commune, en plus de tous les prix qu’elle a obtenus, pour que personne ne publie toute critique de Yoani Sánchez. C’est comme si elle était l’enfant prodige, la Sainte Madeleine, je ne sais pas. La presse censure les critiques à l’égard de Yoani Sánchez.

SL : Je suis sans doute le seul journaliste qui ait effectué une interview sans complaisance. Je lui ai permis d’exprimer ses points de vue. Il y a beaucoup de contradictions dans l’histoire de Yoani Sánchez, que tout journaliste honnête et professionnel devrait souligner. Par exemple, Yoani Sánchez décrit la réalité cubaine de façon apocalyptique. Quand on lit son blog, on a l’impression qu’il s’agit de l’antichambre de l’enfer, avec une vision terrible de la réalité. Or, nous apprenons qu’elle a voyagé en Suisse, la perle de l’Europe, l’un des pays les plus riches du monde, qu’elle y est restée deux ans et qu’ensuite elle a décidé de rentrer à Cuba. De deux choses l’une : soit Yoani Sánchez ne dispose pas de toutes ses facultés mentales – ce qui n’est pas le cas –, soit la réalité qu’elle peint est moins obscure qu’elle le prétend. Je me demande également comment elle a pu obtenir en si peu de temps – de 2007 à aujourd’hui – autant de prix, qui représentent au total, d’un point de vue économique, presque 300 000 euros, c’est-à-dire presque 22 ans de salaire minimum en France et 1 487 ans de salaire minimum à Cuba. Je ne crois pas au hasard. Je crois qu’il y a de puissants intérêts derrière Yoani Sánchez.

Par exemple, elle qui est si expressive sur son blog, qui se présente comme la transparence personnifiée, n’a pas publié le fait qu’elle a rencontré Bisa Williams, la plus haute fonctionnaire de l’administration Obama qui se soit rendue à Cuba, secrètement dans son appartement. Elle n’a pas mentionné non plus, et cela jette une ombre sur sa crédibilité – comme vous le mentionnez concernant l’interview d’Obama ; en réalité cela ne me surprend pas que ce soit Farrar qui ait effectué les réponses, ce sont toujours les hauts fonctionnaires qui répondent pour le Président, lequel se contente de signer – le fait qu’en réalité elle n’a pas envoyé les questions au Président Raúl Castro. Pourtant, elle l’a publiquement affirmé, et elle me l’a dit dans l’interview, qu’elle avait bien envoyé les questions et qu’il n’aurait pas répondu. Mais elle a avoué à Jonathan Farrar, qui l’a écrit dans un mémorandum rendu public par Wikileaks, qu’en réalité elle n’avait jamais envoyé les questions. Cela, je le regrette, jette une ombre sur sa crédibilité.

EG : S’il y a un thème que vous connaissez par vos origines, vous êtes français d’origine algérienne, ce sont « les printemps » qui sont survenus dans le monde arabe, en Afrique du Nord ; la question que j’aie posé également à d’autres personnes : quelle est votre interprétation de ce fait ? De la même manière, et cela a été une surprise pour certains qui s’attendaient à un printemps à Cuba également, pourquoi il ne se passe rien à Cuba ?

SL : Je crois qu’il est difficile d’expliquer les grandes tendances historiques du monde arabe en si peu de temps. Pour résumer, dans tous ces pays, l’Egypte, la Tunisie, le Yémen, depuis des décennies, il y a des gouvernements dictatoriaux, alliés du monde occidental, toujours protégés, qui défendent un certain modèle économique, qui opprimaient leurs peuples. La situation économique et sociale est devenue si difficile que le désespoir des gens s’est exprimé par ce printemps arabe.

Certains, comme vous le soulignez, se demandent pourquoi cela ne se passe pas à Cuba. Pour une raison simple : le printemps cubain est survenu en 1959. Je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a pas de secteurs insatisfaits dans la population cubaine, mais ces secteurs insatisfaits savent que le changement – qui doit arriver – doit survenir de l’intérieur, sans intervention étrangère. Les Cubains savent également ce qu’ils ont à perdre. Ils vivent dans des conditions, malgré leur caractère modeste, malgré toutes les vicissitudes quotidiennes, qui sont exceptionnelles si l’on prend en compte la problématique du Tiers-Monde. Cuba dispose d’une espérance de vie de 78 ans, l’une des plus hautes, peut-être la plus haute du Tiers-monde, un taux de mortalité infantile de 4,8 pour mille, le plus bas du continent américain, y compris le Canada et les Etats-Unis, et le plus bas du Tiers-monde. Cuba dispose d’un indice de développement humain bien supérieur à celui du reste du Tiers-monde. La comparaison démontre que les postulats sur la nature du gouvernement cubain sont faux.

Si le gouvernement cubain était un gouvernement qui imposait son autorité par la force, le peuple cubain se serait soulevé depuis longtemps. Le Cubain n’est pas un peuple lâche. Il faut lire l’histoire de Cuba pour s’en rendre compte. Le peuple cubain s’est soulevé contre l’empire espagnol, s’est soulevé contre la dictature de Machado, contre la dictature de Batista. Il existe un consensus au sein de la société cubaine pour sauvegarder le système, qui doit être amélioré en éliminant les restrictions et interdictions excessives, mais au sein du système, car on ne demande pas de changement de système, mais une amélioration de celui-ci. C’est cela la grande différence entre un gouvernement populaire tel que celui de Cuba et des dictatures militaires comme celle en Egypte.

Nous avons vu il y a quelques semaines la terrible répression en Egypte. Quelle a été la position des Etats-Unis ? Ils ont exprimé leur inquiétude, « inquiétude ». Imaginez si cela arrivait à Cuba. Je suis absolument convaincu que même le Luxembourg demanderait une invasion militaire de l’île.

EG : Merci beaucoup, professeur Salim Lamrani pour ce dialogue avec « La tarde se mueve ». Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2012.

SL : Bonne année à vous ainsi qu’à tous les auditeurs.

EG : Je reviens en direct la semaine prochaine. A mon tour, bonne année à tous.

PROGRAMME : La Tarde se Mueve (Miami. 14.50 AM, 5:00-6:00 PM)
JOURNALISTE : Edmundo García
INVITÉ : Prof. Salim Lamrani
DATE : Jeudi 29 décembre 2011

http://lanochesemueve.us/12-29-11_Jueves.mp3

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

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Published by cuba si lorraine - dans Cuba
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