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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 07:09


La Havane, 26 novembre, (RHC)--. Le Président vénézuélien, Hugo Chavez, a réalisé une brève visite à Cuba au cours de laquelle il s’est entretenu avec Fidel Castro, leader historique de la Révolution cubaine et il a analysé avec son homologue cubain, Raul Castro, les préparatifs du prochain Sommet de l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique. Cette rencontre se tiendra à La Havane, les 14 et 15 décembre.

Granma, principal quotidien cubain, signale ce jeudi à la une que la visite du Président Chavez a été, comme toujours, très agréable pour Cuba. Les entretiens avec Fidel et avec Raul se sont déroulés dans le climat de fraternité qui caractérise les relations entre Cuba et le Venezuela.

Raul Castro a pris congé d’Hugo Chavez à l’aéroport. Ce dernier a révélé plusieurs détails de cette visite non officielle peu après avoir reçu à Caracas, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad.

Souhaitant la bienvenue à son homologue iranien Hugo Chavez avait relevé :

“J’ai fait une visite éclair à Cuba. Je suis resté 7 heures avec Fidel à passer en revue différents sujets. Nous le faisons assez fréquemment. Puisque vous avez parlé de Cuba….quand vous arriviez ici dans mon pays on vous a vu à Cuba à la télévision lorsque vous étiez accueilli par Nicolas Maduro. Je suis parti un peu plus tard et j’ai conversé avec Raul Castro sur le programme de la réunion de l’ALBA jusqu’à minuit. Je suis arrivé à l’aube et on m’a chargé de vous donner une accolade. Fidel m’a dit : « Dis à Ahmadinejad qu’arriver au Venezuela c’est comme arriver à Cuba car c’est la même patrie ».

Sources: RHC, AIN, GRANMA, TRABAJADORES, JUVENTUD REBELDE, PL, REUTER, EFE, IPS, ANSA, AFP, XINHUA, TASS, DPA, AP.
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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 07:43


La Havane, 25 novembre, (RHC)--. Le Fonds pour le Développement économique arabe du Koweït a fait don à Cuba de 15 millions de dollars pour contribuer au financement des travaux pour la modernisation de l’aqueduc d’Holguin, capitale de la province de même nom dans l’Est du pays.

Ces travaux comprennent aussi l’installation de station d’épuration d’eau.

En 2003, le gouvernement du Koweït a apporté une importante contribution à la modernisation du réseau d’adduction d’eau à Santiago de Cuba, la seconde ville de notre pays. Les autorités de ce pays arabe ont alors exprimé leur disposition d’aider Cuba à la mise en place d’autres programmes d’infrastructure.

Sources: RHC, AIN, GRANMA, TRABAJADORES, JUVENTUD REBELDE, PL, REUTER, EFE, IPS, ANSA, AFP, XINHUA, TASS, DPA, AP.
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 10:00
Le représentant du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) à Cuba, Jose Juan Ortiz, a déclaré vendredi à La Havane que Cuba figurait parmi les pays qui ont le mieux appliqué la Convention des Nations unies sur les droits des enfants, et que les pays dans le monde devaient s'inspirer de Cuba en matière de protection des droits des enfants.

A l'occasion de la Journée mondiale de l'enfance, M. Ortiz a indiqué que Cuba, qui demeure sous embargo économique et souffre de fréquentes calamités naturelles, a réduit de façon significative le taux de mortalité infantile et a amélioré la nutrition des enfants, atteignant un niveau presque comparable à celui des pays développés.

Les résultats remarquables obtenus par Cuba dans le domaine de la protection des enfants sont attribuables à la volonté politique du gouvernement, a-t-il ajouté.

Tous les pays dans le monde doivent suivre l'exemple de Cuba et s'efforcer de fournir de meilleures conditions aux enfants dans les domaines judiciaire et du bien-être social, a affirmé M. Ortiz, ajoutant que dans cette voie, la plupart des pays seront capables d'atteindre les objectifs fixés par la Convention des Nations unies sur les droits des enfants.

Cuba a organisé vendredi de nombreuses activités à travers le pays pour marquer la Journée mondiale de l'enfance.

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 18:59
Suite des aventures délirantes de Yoani et compagnie...Yoani sera cachée derrière un arbre, camescope à la main et dix minutes après sa vidéo sur youtube sur son blog en 16 langues...ils espèrent même, j 'en suis sûre, que la police se pointe comme ça ils pourront dire "voyez comme on est persécuté !"
Comme vous pourrez le lire David est fan de musique (et quelle musique !) mais pas que...je vous invite à aller le découvrir sur son site :
http://www.boxsociety.com/
Vendredi: le choix du show
Par David Chapet

Vendredi 20 novembre promet une fin d’après-midi riche de spectacle avec deux rendez-vous au programme: “Hipnosis invita” et “Reinaldo Escobar: le duel“…

  • Hipnosis invita“: megaconcert au Salón Rosado de La Tropical avec les groupes: Estigma DC, Unlight Domain, Ancestor, The Chaos Neither Silence, Escape et Hipnosis. A partir de 18h, bon metal et spectacle garanti.
  • Reinaldo Escobar, le duel“: l’époux de la blogueuse Yoani Sánchez convoque à un duel verbal le désigné “Rodney” agent de la sécurité nationale cubaine qui aurait été identifié par sa victime (sans hématome visible et apparent malgré ses déclarations) comme le principal acteur du supposé séquestre de la blogueuse. La séance unique du duel verbal auquel convoque Reinaldo Escobar à l’agent Rodney débutera à 17 heures et le lieu du duel a été fixé par Escobar tout près du lieu du séquestre: au coin de la rue 23 et G dans le Védado. L’ordre du jour a été présenté par Escobar sur son blog. Bien entendu, Escobar précise bien qu’il ne convoque aucun correpondant de la presse étrangère accréditée à Cuba, ni le corps diplomatique, ni l’opposition ni les journalistes indépendants, il accepte simplement la présence de témoins… Prochain chapitre de la saga à suivre donc à partir de 17 heures ce vendredi.

ps: mon choix a vite été fait pour cette soirée de vendredi: connaissant le scénario et sachant déjà que “le méchant” du film ne se présentera pas au rendez-vous (le lâche, il s’avoue coupable !) et donc que l’action sera comme toujours monopolisée par “les bons” en mal de protagonisme et sensationnalisme, pour moi ce sera concert…

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 14:34


Elle ne pense qu'à ça..
AUTEUR:   MACHETERA

Traduit par  Esteban G..Édité par Fausto Giudice

La maladie mentale non traitée n'est jamais un très beau spectacle à voir. C'est pourquoi il est très difficile de comprendre la cruauté dont fait preuve le Département d'État US envers Yoani Sánchez, la blogueuse cubaine qui s’autoproclame « censurée », car au lieu de lui suggérer gentiment de demander de l’aide psychologique, il se consacre à divulguer et à répéter ses délires pour la simple raison que ces derniers lui servent d’arme dans la guerre de la propagande qu’il entretient contre Cuba depuis cinquante ans.

Lundi dernier, (9 novembre), ce même Département d'État qui était resté imperturbable et silencieux face aux nombreuses agressions criminelles et aux assassinats perpétrés par ses courroies de transmissions putschistes au Honduras durant les derniers mois, avait décidé de publier un communiqué dans lequel « il déplorait grandement l'agression contre les blogueurs Yoani Sánchez, Orlando Luis Pardo et Claudia Cadelo ». En prenant le gouvernement cubain une fois de plus sur ses genoux paternalistes, le Département d’État l’a grondé sur la répression et la violence, la liberté et la réconciliation. Toutefois, l'inquiétude émouvante du Département d'État pose un réel problème.

Tout d'abord, il n’y a aucune confirmation indépendante des allégations faites par les trois blogueurs itinérants, selon lesquelles ils auraient été embarqués de force dans une voiture de marque chinoise et de couleur noire conduite par des membres de la sécurité de l'État, puis, frappés pour les empêcher de participer à une manifestation vraiment bizarre (Contre la violence ? À Cuba ? Allons voyons… !). Si l’on tient compte de l’enthousiasme de Yoani avec lequel elle s’accapare la largeur de bande limitée de Cuba pour publier sur le web des photos et des vidéos d’elle-même, l'absence de preuve photographique de l’agression dont elle dit avoir été victime est remarquable. La blogueuse exhibitionniste, n'a pas eu la moindre gêne à se déguiser en parodie clownesque de touriste allemande pour se donner en spectacle au beau milieu d’une conférence sérieuse entre journalistes et universitaires, est soudain devenue réticente, timide et renfermée, soignant en privé les blessures qui, selon elle, lui avaient été infligées, avec l’assistance du personnel de la clinique de son quartier (dont les soins, mais elle ne le mentionne pas, sont gratuits)

Lorsque les doutes sur la nature étrangement dramatique de l'histoire de Yoani ont commencé à apparaitre, celle-ci en a rajouté – toujours sans photo à l'appui de ses allégations – en accusant les sceptiques de culpabiliser la victime. Sa pathologie est vraiment bizarre. Il n’y a que les spécialistes cubains de la santé mentale qui pourront pronostiquer si Yoani Sánchez est une personnalité bipolaire paranoïaque ou paranoïde, mais les indices – des délires de grandeur prononcés et répétitifs avec en même temps d'extravagantes histoires de persécution, fabriqués clairement pour l’usage externe - montrent à première vue, que nous avons affaire à une jeune fille perturbée, dont la perception disjonctée de la réalité s’amplifie au lieu de diminuer.

Reinaldo Balayer, mari aimant ou maître dominateur ?

Son mari, Reinaldo Balayer, ex-journaliste raté, trainant derrière lui une longue histoire de torchons brûlés avec la communauté dissidente cubaine, est à mon avis le plus grand fautif. Selon Yoani, elle et Reinaldo sont retournés à Cuba après une vie très difficile en Suisse, où l'âge de son mari - qui n'est pas très jeune - et son incapacité à apprendre une langue étrangère ne lui ont offert que les perspectives d’emploi s’offrant aux immigrants dans la même situation : des boulots pénibles, subalternes et mal payés. Ce n'était pas le niveau de vie que tous les deux attendaient. Effectivement, aujourd’hui ils vivent beaucoup mieux, en se pavanant autour de l'hôtel Meliá Cohiba à la Havane avec des portables et des caméras cachées qui leur permettent de se filmer harcelant le personnel tandis que, leur collaborateur Ernesto Hernández Busto se charge de faire la manche pour récolter de l'argent et les financer depuis Barcelone. (Hernández Busto est un Cubain qui survit sans travail ni revenus déclarés dans la métropole catalane - une ville où tout est très cher -, il a créé son propre blog, Penúltimos Días, sur lequel il publie les articles de Yoani et collecte des « dons » pour la soutenir.)


Ernesto Hernández Busto :
« Ne t’inquiéte pas, je fais la manche pour toi »

Cela fait une éternité que Yoani rêve que la police l’arrête, mais, à son plus grand regret, à Cuba on peut pas l'arrêter et on ne l’arrêtera jamais pour ce pour quoi elle voudrait l’être : le fait de se rendre ridicule. Toutefois, elle sait très bien qu’elle pourrait être arrêtée pour avoir reçu de l’argent de l’étranger pour s’en prendre à Cuba, et c’est ici que l'aide de Hernández Busto est inestimable, car elle constitue un sas entre Yoani et ses sponsors.

Je n’ai jamais considéré comme particulièrement productif de s’interroger sur l’affiliation de quelqu’un à la CIA, car la question de savoir si quelqu’un est ou non un agent n'est pas très importante. La question qu’il fauts e poser, c’est si les activités de cette personne sont profitables ou non à l’Agence. Dans le cas de Yoani et Reinaldo, la réponse est un oui catégorique. La semaine passée, juste après la prestation de Yoani dans le débat d’Internet sur la culture cubaine sponsorisé par le magazine Temas du Centre Culturel Fresa y Chocolate à La Havane, tandis que Reinaldo organisait, dans la rue, une conférence de presse impromptue avec les journalistes étrangers, elle en profitait pour accorder une interview complètement ouf à rien moins que Radio Martí, financée, elle, par la CIA.


Yoani sous sa perruque d’invisibilité

Après avoir affirmé au cours de l’interview qu'elle avait été contraint de porter une ridicule perruque blonde platine pour tromper la police qui cernait son immeuble (il convient de noter qu’elle n’a pas eu cette idée pour pénétrer dans le Centre Culturel Fresa y Chocolate, ce qui aurait été plus logique), elle enchaine avec son chapelet de mensonges, parmi lesquels celui sur une journaliste cubaine, Rosa Miriam Elizalde, qui selon elle, l’avait accusée d'être un agent de la CIA, une chose totalement fausse car jamais Elizalde n’a dit une telle chose. La contribution au débat de cette dernière a été calme, éloquent, sans nommer quiconque : elle avait indiqué qu’en ce qui concerne Internet, Cuba était victime d'une situation schizophrène : tandis que l'île devait faire face à de réels obstacles technologiques imposés par le blocus US, à l’extérieur Cuba recevait une déferlante de critiques contre la censure, revendiquées par Yoani. « Une des choses que vous devriez vous demander », disait Elizalde, « est de quelle manière est construite cette image… Il y a une manipulation évidente de tout ce système… Il y a ici une importante manipulation politique au sujet de la censure de l’image et je pense qu'il faut remettre les choses dans leur contexte. »

Yoani est tellement intimidée par Rosa Miriam Elizalde qu’elle n’a même pas osé prononcer son nom ni dévoiler son véritable titre (elle est rédactrice du site web Cubadebate.cu), préférant la citer comme un professeur universitaire anonyme à la pointe du combat, autant au cours de l’interview qu’elle a accordé à Radio Martí que sur son propre blog. Jorge Sariol, un autre journaliste cubain qui était présent à la conférence, a écrit sur son blog :

« …Puis ce fut au tour des interventions de l’assistance ; les unes étaient naïves sous un déguisement dur, d’autres incisives sous un déguisement naïf, certaines sérieuses, d’autres qui n’étaient ni l’un ni l’autre, jusqu'à ce qu’une personne prenne la parole, et dise "qu’elle se moquait de la persécution policière", coiffée d’une perruque blond platine dont elle seule croyait qu’elle la rendait invisible ; elle arrache théâtralement sa perruque, ça ressemblait plus à une scène de soap opera qu’à autre chose ».

Un projecteur de mille watts essayant d'attirer l'attention, n'aurait pas fait mieux, car ce qu'elle avait dit n’étaient que des bêtises cent fois répétées qui n’avaient rien à voir avec le débat et n’ont suscité qu’une légère agitation de quelques phoques de dessins animés. J’ai été déçu par cette Yoani, considérée par une certaine presse comme une des 100 personnes les plus je-ne-sais-quoi du monde.

Dans les débats je désapprouve le choix de dévaloriser celui qui argumente plutôt que s’attaquer à ses arguments, mais dans ce cas ce n’est même pas nécessaire. J'avais pensé que dans tout cela, il devait y avoir quelque chose d’un certain niveau, dans son discours, dans ses manières ou dans son attitude. La seule chose que j’ai vue n’est seulement qu’une bouffonnerie. Pire encore, une bouffonne grotesque. Quelques collègues étrangers ont avalé le poisson, et l’hameçon avec.

Ou alors ils sont allés à la gamelle en connaissance de cause ?

Je ne sais pas ce que c’était, mais il y a eu quelque chose qui n’est pas passé dans la comédie que j'ai vue. »

Rosa Báez, une autre journaliste cubaine qui était également présente, a décrit cette scène dans un article intitulé « Quand le mensonge se transforme en vice » :

« Pour alimenter l’idée que Cuba est un pays qui restreint l'accès à Internet, un certain nombre de petites gens élevés au rang de « figures », à coups de dollars et de manipulations médiatiques ont surgi tout d’un coup ; j'ai eu le malheur de participer pour la première fois en personne et en direct, à une des performances de Yoani Sánchez, « la blogueuse  star», baptisée par la soussignée « l’asticot  blogueur», pour sa ressemblance évidente avec cette bestiole et pour leurs caractéristiques communes, à savoir : les deux servent d’appât. Là, au Centre Fresa y Chocolate, nous avons pu entendre tout un tas de mensonges, sur la supposée censure de son blog Generación Y (qui est complètement dupliqué un peu partout, toujours sous son nom, et qui se présente comme une « voix cubaine », ce qui démontre le caractère fallacieux de cette censure supposée car  comment est-il possible de censurer un blog, et permettre qu’à côté son clone fonctionne dans toute sa « splendeur » ? C’est tout à fait illogique !), de même lorsque dans son discours elle nomme certains sites qui sont censés être bloqués ou censurés, entre autres celui de sa partenaire Claudia Codelo, « Octavo cerco »…alors que, comme le montre cette capture d’écran prise à partir de mon PC, on peut vérifier qu’il n’existe aucune preuve de sa censure :

 

J'ai également pu examiner certains des liens que Yoani donne sur son clone, comme par exemple, Bloggers Cuba ; Itinerario blogger (où je me suis amusée avec les cours de cyber-terrorisme qu’elle donne dans sa « maison assiégée » : comment les 13 ou 14 participants ont-il pu tromper la vigilance de« l’encerclement policier » de son appartement ? Auraient-ils grimpé, tels des ninjas modernes, les 14 étages par la façade extérieure de son bâtiment ?!) ;… »

Báez inclut dans son article cette observation de Rosa Miriam Elizalde :

« C’est épuisant. Lorsque nous écrivons dans la presse cubaine, nous le savons bien, et nous y sommes habitués, que pouvons-nous faire si un grand nombre de gens s'entêtent à tout gober ? Le mensonge en tant que norme, et l’absurde comme devise. […] Mais le plus fatigant n'est pas cet insupportable épanchement de médiocrités, chose qui dure depuis plus de quatre décennies avec presque tout ce qui a trait à Cuba, et qui tôt ou tard se dégonfle comme une montgolfière. Le plus angoissant, et ce qui chaque jour s’étend et s’amplifie, c’est ce qui pourrait s’appeler « le corporatisme du mensonge », cette façon frivole de coller à tout un pays l’étiquette d'un préjugé. Et ceci n'est pas seulement nuisible et malsain, mais également irrationnel et fanatique. »

Et donc nous en arrivons à la dernière production irrationnelle et fanatique de Yoani et Reinaldo, qui s’est déroulée quelques jours après le spectacle avec la perruque dans le Centre Culturel Fresa y Chocolate ; elle l’avait complété avec les affirmations de l’existence des mystérieux véhicules noirs de la sécurité de l'État, par des raclées de la police secrète, par la peur qu'ils la kidnappent (ce n'est pas une plaisanterie, c’est la raison que Yoani a donné pour refuser d'entrer dans une voiture non identifiée au moment où, selon elle, ils l’ont sommée de le faire : elle craignait qu'ils la kidnappent ou/et qu’ils puissent la violer, comme si elle se trouvait à Bogotá au lieu de La Havane. Ou à Tegucigalpa.).

La scène, décrite par Yoani/Reinaldo, est digne de celles de Hollywood :

« Orlando se trouvait déjà à l'intérieur, immobilisé par une prise de karaté qui le maintenait avec la tête plaquée au tapis. L’un d’eux avait mis son genou sur ma poitrine et l'autre, depuis son siège avant me cognait dans les reins et me frappait la tête pour que j'ouvre la bouche et que je crache le papier. À un moment, j'ai cru que je ne sortirais jamais de cette voiture. « Ton chemin s’arrête ici, Yoani », « et tes conneries sont terminées» me disait celui qui était assis à côté du chauffeur en me tirant par les cheveux. Un curieux spectacle se déroulait sur le siège arrière ; mes jambes étaient en l’air, mon visage tout rouge par la pression et le corps endolori, de l'autre côté il y avait Orlando maintenu par un voyou professionnel. Dans un geste de désespoir, j'ai seulement réussi à saisir mon agresseur par les testicules à travers son pantalon. J'ai enfoncé mes ongles, car j’imaginais qu'il allait continuer à écraser ma poitrine jusqu'au dernier souffle. « Tue-moi maintenant », lui ai-je crié, avec le peu d’air qui me restait. « Laisse-la respirer », dit celui qui était à l’avant du véhicule au plus jeune. »

Le scénario est émouvant, mais beaucoup l’ont critiqué… sauf le Département d'État et les bureaux d'Ileana Ros-Lehtinen et Lincoln Díaz Balart. Un commentateur a dit ironiquement : « Comment Yoani a-t-elle pu enfoncer ses ongles dans un tel endroit, alors qu’elle n’en a presque pas [des ongles] ?»


Les ongles très longs de Yoani

Soudain, l'histoire a été quelque peu modifiée. À la BBC, Yoani a raconté qu’elle ne pouvait pas montrer les marques de bleus car les coups lui avaient été infligés sur les fesses et que naturellement elle ne pouvait pas les exposer ; elle avait insisté sur le fait que durant la fin de semaine, ses joues et ses arcades sourcilières étaient enflées (le lundi, Oh, miracle ! Les gonflements avaient disparus). Et enfin, elle a livré des photos et des vidéos absurdes, qui rappellent celles du grand comique Armando Valladares : Yoani avec des béquilles et Yoani en train de boiter avec de grandes douleurs. À vrai dire, Valladares était un amateur comparé à Yoani ; ses affabulations selon lesquelles il était devenu paralytique avaient été démasquées au moment de il avait été libéré de prison à la seule condition qu'il monte et descende par lui-même les passerelles de l'avion qui le conduirait à Miami. Valladares avait manigancé ses mensonges pour être libéré. Par contre, celles de Yoani semblent faites sur mesure pour la conduire en prison, même si le gouvernement cubain est plus que réticent à céder face à cette fantaisie singulière et malsaine.

Pendant ce temps, à Cuba les graves insuffisances d'Internet continuent ; ses journalistes, ses professionnels, ses scientifiques, ses éducateurs et ses techniciens se battent chaque jour avec une connexion si lente et tellement coûteuse qu'elle les fait revenir à l'âge de pierre alors que nous sommes à l’ère de la fibre optique et de l'ADSL généralisées dans le monde développé. Ce doit être frustrant et désespérant de devoir faire face en permanence à l'indifférence totale de la presse étrangère sur cette situation épouvantable, alors que dans le même temps celle-ci fait ses choux gras des shows pathologiques de Yoani et Reinaldo. Mais aussi longtemps que le spectacle médiatique continuera à remplir la fonction qui lui a été assignée – alimenter le business du couple tout en détournant l'attention de l’information authentique et, au passage, diaboliser Cuba -, les dégâts qu’elle occasionne sur le mental passent au second plan.

 


Source : Yoani Sánchez: a few cards short of a full deck

Article original publié le 11/11/2009

Sur l’auteur

Machetera, Esteban G. et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9290&lg=fr
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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 13:45


Yoani Sanchez "déguisée" pour le débat sur internet

Nelson P Valdés
Cuba-L Analysis (Albuquerque, Estados Unidos)

 18 novembre 2009

I’m singing

When the cat’s away

The mice will play

Political violence fill ya city

Yeah-ah

Don’t involve rasta in your say-say

Rasta don’t work for no CIA

 

 

Bob Marley et les Wailers

 

Le 29 Octobre la revue cubaine "Temas" a tenu sa réunion-débat mensuelle (à la Havane) qui en est venue à s’appeler "Le dernier jeudi" [car elle a lieu le dernier jeudi de chaque mois]. La discussion a porté sur Internet et la culture cubaine. C'est un sujet extrêmement compliqué, et d’autant plus compliqué dans le cas de Cuba, vu que la question de  l'utilisation et de l'accès à Internet ont été politisés par les opposants au gouvernement de l'île. Internet, dans le même temps, est devenu l’un des nombreux instruments utilisés par le gouvernement des USA pour projeter sa politique extérieure et influencer les processus internes du reste du monde. [1]

Pendant la discussion du Dernier Jeudi, la blogueuse Yoani Sánchez a demandé la parole , qui lui a été accordée. Sa première intervention a été pour remettre en cause l'argument selon lequel c'est la largeur de bande passante qui fait que la majorité des Cubains n'a pas accès à Internet.

J’ai traité ce  thème d'Internet à Cuba dans des travaux précédents [2]. Dans cet essai j’ai exposé la thèse selon laquelle la largeur de bande passante est un élément essentiel dans le type de topologie et d'architecture qu'un pays peut avoir car le nombre d'utilisateurs et la rapidité de la transmission des données en sont affectées. Cet argument est actuellement bien connu du grand public. Cette thèse, évidemment, se base sur les prix de connexion (lignes numériques, serveurs, routeurs, etc.) et, de plus, il faut tenir compte de la manière dont l'accès se fait, par satellite ou par un autre moyen. Dans les pays très industrialisés, le coût par personne serait meilleur marché puisque l'infrastructure nécessaire serait à la portée des personnes qui ont suffisamment de ressources - en d'autres termes, l'économie d'échelle réduirait le coût par usager. Pour une population moins nombreuse et des recettes plus petites, le coût de la connexion  augmenterait considérablement.

Ces éléments économiques ne sont généralement pas pris en compte dans le débat sur la connectivité. Cependant, il existe bien au niveau mondial une "fracture numérique". Cette même inégalité se retrouve aussi à l'intérieur de nombreuses sociétés. Et on peut rencontrer  l'inégalité d'accès à Internet - et à des plus grandes vitesses - jusque dans les sociétés les plus développées. [

À cela il faut ajouter que le modèle d'utilisation du monde capitaliste est fondé sur une utilisation individuelle, avec un ordinateur fixe à la maison ou portable, dont  la majorité des pauvres du monde ne dispose  pas.

En outre, il convient de remarquer qu'Internet est la négation, de par sa nature même, de toute une série d'anciens paramètres. D'abord, Internet rompt avec la pensée ou l'argumentation relevant de la logique séquentielle*. Le haut débit détruit le sens de l'historicité. Il n'y a pas de commencement, de milieu et de fin. Maintenant, on saute d'un côté à l'autre, sans rime ni raison. Il n'est pas toujours facile de savoir si la source d'une information est fiable ou pas. L'information est de toute nature, et presque toute l'information est commerciale. On paie pour publier, envoyer  ou recevoir l'information.

Penser que cette technologie sera libératrice n'est pas surprenant. Le déterminisme technologique n'est pas nouveau. Ce qui est singulier c'est que ce sont maintenant les conservateurs qui adoptent cette thèse. On pensait la même chose de la radio, de la télévision, du téléphone, du télégraphe et aujourd'hui on dit que le PC, Twitter, Bluetooth, etc. contribueront à la démocratisation des sociétés. De telles projections conquièrent les naïfs, les politiciens et les opportunistes. Les implications inhérentes à Internet ont à voir avec les systèmes politiques, sociaux et économiques; mais elles affectent aussi notre propre épistémologie et nos valeurs culturelles. Une relation personnelle et sociale entre personnes occupant un espace géographique commun et les fameux "réseaux sociaux" qui sont virtuels, ce n'est pas la même chose. Appeler quelqu'un au téléphone, ce n'est pas pareil que le “touch someone”, bien que ce soit ce que nous vend la pub.

Il est clair, cependant, que le débat sur Internet à l'intérieur de Cuba et sur l'île part de prémices propres aux pays hautement développés. La réponse à la question sur le débit devrait être donnée par les autorités cubaines chargées de la question. Cependant, il vaut la peine de mentionner que l'administration de Barack Obama a décidé de dépenser rien moins que 6 300 millions de dollars pour améliorer la pénétration du haut débit  aux USA, pays qui, bien que constituant le marché le plus vaste de bande large de tous les pays de l’OCDE, avec 770 millions d’abonnés, n’occupe que la 15ème position mondiale pour ce qui est du rapport abonnés/population.
Une seule personne utilisant  Youtube, HDTV,et  autres, a besoin de 8 megabits par seconde dans les deux directions pour fonctionner normalement. Tout Cuba - en utilisant son infrastructure actuelle - peut avoir des débits descendants et ascendants de 65 et 124 megabits par seconde. Les dissidents virtuels, par conséquent, ne peuvent envoyer leurs images qu'en utilisant des connexions, qui ne dépendent pas  des structures cubaines, car s’ils le faisaient, tout Cuba devrait s’arrêter pour leur mettre de télécharger leur matériel sur Youtube et autres.

Il y a une série de questions pertinentes à poser aux Yoanis virtuel-les que l’on trouve à Cuba et qui, on l’a vu, ont pu accéder à Internet alors que la largeur de bande passante n’est pas suffisante pour tout le pays. Leur expérience pourrait avoir un effet positif auprès des gens qui ont moins de ressources.

Qu'est-ce exactement que la largeur de bande, quelle est son importance? Et combien peut-elle coûter? 33% des usagers usaméricains d'Internet n'ont PAS la bande large, bien que l’accès au haut débit par câble soit disponible pour 96% des usagers et que 79% d’entre eux disposent de connexions DSL.

La majorité des pays pauvres ne dispose d’un accès majoritaire à aucune des trois modalités évoquées. Steve Song, spécialiste de bande large du Centre international de recherche et développement, a déjà noté en 2008 que « l’université moyenne africaine dispose de la même largeur de bande qu’un usager privé aux USA ou en Europe ». Il a également fait remarquer qu’une université africaine moyenne « paye plus de cinquante fois pour la bande large que ses homologues européenne sou usaméricaines, alors que celles-ci paient pour une capacité de beaucoup supérieure ». [4]

¿Qué relación hay entre banda ancha, utilización y coste? Puede que sea un precio que Cuba no sería capaz de ofrecer a todo el mundo a modo de derecho o, como dicen en Cuba, porque «me toca». El pasado mes de octubre, en Finlandia se estableció 1 MB de ancho de banda como derecho legal a partir de julio de 2010. Por su parte, Francia resolvió que el acceso a Internet es un derecho humano «básico», sin tener en consideración la velocidad. Pero hay que pagar por ello.

Quelle relation y a-t-il entre la largeur de bande, son utilisation, et son coût? Un prix que Cuba ne serait pas en mesure de fournir à tout le monde comme un droit ou, comme ont dit à Cuba, parce que « ça m’est du ». En octobre dernier, la Finlande a instauré la largeur de bande d’1MB comme droit légal à partir de juillet 2010. Pour sa part, la France a décidé que l’accès à Internet est un droit humain «  de base », sans prendre en considération le débit. Mais pour lequel il faudra  payer.

Comme le disait Cantinflas, le comique mexicain : «En el detalle está la diferencia» [La différence est dans le détail]. L'initiative française ne dit rien sur l'accessibilité ; l'utilisateur privé devra payer. Le Helsinki Times rapporte que par «  droit légal » on doit entendre qu'il n'y aurait plus aucun foyer « à plus de 2 km d'une connexion Internet à une bande large avec une débit minimal de 100 MB par seconde». De cette façon, pour peu que la grande autoroute de l'information passe près de chez vous, ce sera l’affaire de chacun de payer pour se connecter. [5]

Le 6 novembre, Business Week annonçait que le Parlement Européen « aurait rejeté une proposition qui déclarait l'accès à Internet un droit fondamental ». Cinq mois auparavant, les blogueurs dissidents cubains avaient émis un communiqué dans lequel ils proclamaient le droit à l'accès à Internet. [6]

La presse étrangère en place à Cuba prétend qu'une dissidente à la Havane a un blog qui est traduit en 16 langues ou plus et qui reçoit entre oscillait entre un million et quatorze millions de visites mensuelles, quelque chose d’impressionnant quelle que soit la partie du monde où l’on se trouve. Mais pour quelqu'un qui se trouve à Cuba, cela ressemble plus à un miracle de Fátima qu’à autre chose. [7]

D'un point de vue logistique, il s'agit-là d'une prouesse peu commune. Est-il possible que Cuba puisse actuellement brasser un trafic si volumineux ? Qui sont ceux qui peuvent administrer des sites web dans toutes ces langues ? La traduction est une discipline complexe, absorbante, et une équipe internationale de traducteurs est très coûteuse. Comment ce travail est-il géré ? Qui paie ? Et par quel mécanisme l’argent est-il transféré ?

Nous savons qu'à Cuba personne n’a la possibilité de gagner suffisamment pour maintenir tous ces services et méthodes si onéreux. Toutefois, le blog est là. Quelqu'un ou quelque institution se chargera des coûts d'accès à Internet, à Twitter, etc. Il se peut qu’il existe de bons Samaritains. Qui sait…

Nous savons que le programme Cuba  de l’USAID soutient économiquement « des journalistes indépendants » sur l'île. [8] Est-ce aussi le cas des « blogueurs indépendants » ?

De fait, un des fondements de la politique extérieure des USA est qu'Internet pourrait provoquer un changement de régime. C’est pourquoi, le Département du Trésor US (équivalent du Ministère des Finances) a fait savoir autant à Google qu’à Microsoft qu’ils peuvent permettre les services de chat à Cuba. [9]

Le Département de la Défense US laisse entrevoir la possibilité d'utiliser Internet pour parvenir aux objectifs des USA, c’est à dire, un « changement de régime ». Parmi ces objectifs il est prévu le « développement d'une toile internationale qui relaie les objectifs stratégiques US au niveau de la communication » ; dans cette toile, « les contenus parviendraient principalement de tierces personnes ou de tierces organisations plutôt que des sources gouvernementales US, ce qui aurait une plus grande crédibilité pour le public étranger». Mieux encore : dans le même rapport il est noté que le Pentagone devrait « identifier et diffuser les positions de parties tierces qui soutiennent les positions US. Il se pourrait que de telles sources n’articulent pas les positions US comme le ferait le gouvernement US. Cependant, il est probable qu'elles puissent exercer une influence positive ». [10]

Il existe aux USA un grand nombre de sous-traitants privés et d’universités plus que disposés à servir les intérêts de l’Empire tout en se prétendant « indépendants » de la politique étrangère de Washington [11]

Alors, quel type d'Internet?

Est-ce qu’Internet est une technologie capable de développer et de libérer le potentiel humain, la connaissance, la pensée et la coopération entre les nations ? Ou bien serait-il, comme par le passé, un instrument de plus pour maintenir et étendre les échanges et les relations de pouvoir inégaux qui ont existé entre les nations du monde ? Aujourd'hui, c’est une lutte qui se livre à léchelle planétaire. Est-ce qu’Internet est un forum public ou un commerce ? C’est là le débat qui a lieu aux USA et dans d'autres sociétés capitalistes. [12] C’est une lutte à l'intérieur même de Cuba, où l'autodétermination nationale et l'hégémonie usaméricaine s’affrontent de plusieurs façons, et elles ne sont pas évidentes.

Références:

[1] New Inequality Frontiers: Broadband Internet Access by Economic Policy Institute, 2006].

[2] 03/09/08 – Cuba-L Analysis (Albuquerque) – Cuba and Information Technology – 2001[Part 1] http://cuba-l.unm.edu/?nid=45032&q=Nelson%20P%20Valdes%20and%20Internet&h=
03/10/08 – Cuba-L Analysis (Albuquerque) – Cuba and Information Technology – 2001 [Part 2] http://cuba-l.unm.edu/?nid=45055&q=Nelson%20P%20Valdes%20and%20Internet&h=
03/09/08 – Cuba-L Analysis (Albuquerque) – Cuba and Information Technology – 2001[Part 3] http://cuba-l.unm.edu/?nid=45100&q=Nelson%20P%20Valdes%20and%20Internet&h=
03/12/08 – Cuba-L Analysis (Albuquerque) – Cuba and Information Technology [Final] http://cuba-l.unm.edu/?nid=45151&q=Nelson%20P%20Valdes%20and%20Internet&h=

[3] Organization for Economic Cooperation and Development, broadband Growth and Policies in OECD Countries, Seoul, Korea, 17-18 June 2008. OECD Ministerial Meeting. http://www.oecd.org/dataoecd/32/57/40629067.pdf et  Bill Schrier, Third World Broadband – In the United States. Vea: http://www.digitalcommunitiesblogs.com/CCIO/2009/03/third-world-broadband-in-the-u.php

[4] IDRC, Acacia news, February 2008 http://www.idrc.ca/en/ev-122116-201-1-DO_TOPIC.html y Indrajt Basu, “Not All Americans View Broadband as Necessity, But Finland’s Another Story,” [October 26, 2009.] Vea:http://www.digitalcommunitiesblogs.com/international_beat/

[5] http://www.helsinkitimes.fi/htimes/domestic-news/politics/3179.html

[6] http://www.businessweek.com/globalbiz/content/nov2009/gb2009116_710422.htm et le communiqué des blogueurs : http://bottup.com/200906014676/Internet/comunicado-para-defender-los-derechos-en-cuba.html

[7] http://en.wikipedia.org/wiki/Yoani_S%C3%A1nchez

[8] http://www.usaid.gov/locations/latin_america_caribbean/cuba/photogallery/cu01.html

[9]“US Wants Microsoft to End Message Ban in Iran,Cuba” Bloomberg, October 29, 2009. http://news.yahoo.com/s/bloomberg/20091029/pl_bloomberg/afpeerwgcyla_1

[10] U. S. Department of Defense, Information Operations Roadmap, 30 October 2003, p. 27. http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB177/info_ops_roadmap.pdf

[11] Un bon exemple est le  Berkman Center for Internet & Society de la Harvard Law School, qui a obtenu pour son projet  Internet et démocratie une subvention d’1,5 million de $ sur deux ans de la  Middle East Partnership Initiative du département d’État. Voir : http://blogs.law.harvard.edu/idblog/the-internet-and-democracy-project/

[12] “FCC Set To Take On Aggressive Role As Internet Traffic Cop,“SiliconValley.com, October 20, 2009. Voir : http://www.siliconvalley.com/sectors/ci_13603357


Source : Cibercuba: sobre banda ancha y cuestiones afines

Source de cette traduction : Cuba Si Lorraine

Article original publié le 18/11/2009

Sur l’auteur

Tlaxcala
 est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, les traducteurs  et la source.

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 08:56

Celebran en Cuba el décimo aniversario de la Escuela Latinoamericana de Medicina (ELAM), en La Habana, el 15 de noviembre de 2009. AIN FOTO/Roberto MOREJON RODRIGUEZ

Jose Ramon Machado Ventura préside le meeting pour le 10e anniversaire de l’ELAM dont les étudiants envoient un message à Fidel

La Havane, 16 novembre, (RHC-Cubadebate)- Les étudiants et les diplômés de l’École Latino-américaine des Sciences Médicales (ELAM), ont envoyé des salutations au leader historique de la Révolution Cubaine Fidel Castro, fondateur de cette institution de solidarité, de fraternité et de justice, le 15 novembre 1999.

Au cours du meeting, présidé par José Ramon Machado Ventura, Premier Vice-Président du Conseil d’État et du Conseil des Ministres de notre pays, les jeunes de diverses nationalités ont remercié Fidel Castro de sa leçon d’humanisme et l’ont proclamé Prix Nobel de l’Espoir.

Pour sa part, José Ramon Balaguer, ministre cubain de la santé publique a relevé que l’Elam est la matérialisation des idées de Fidel, de sa conception de l’être humain et du monde, des principes qui sont à la base d’une Révolution. Il a signalé :

“Il est impossible, au cours d’un meeting comme celui-ci pour célébrer le 10e anniversaire de cette école de ne pas avoir Fidel à l’esprit et dans le cœur. Cette école est la matérialisation de ses idées, de sa conception sur l’être humain, sur le monde, sur les principes qui sont à la base d’une révolution véritable. Si le bonheur pouvait être mesuré, nous ne savons pas quel volume il pourrait atteindre. Parfois on demande à un enfant : jusqu’où va ton amour pour moi et il répond : jusqu’au ciel. Je dirais que si c’est une mesure du bonheur que nous avons aujourd’hui, vous et nous, c’est exact. Il n’y a aucune différence entre un médecin cubain et un médecin formé à l’ELAM. Le travail de nos médecins dans 77 pays du monde produit du bonheur et un grand optimisme indépendamment des problèmes, des guerres de l’impérialisme, des problèmes du changement climatique qui menacent l’Humanité et qui effraient les gens dans le monde entier. Mais malgré ces problèmes on éprouve un grand optimisme lorsque l’on sait que des hommes et des femmes capables de transformer ce monde avec dévouement sont formés.

Je termine en citant le discours prononcé par Fidel le 20 août 2005 à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes aux premiers médecins formés dans cette école : de même qu’il y a 40 ans, permettez-moi de rêver avec la seule différence qu’après un demi-siècle de lutte je suis complètement persuadé que personne ne pourra dire, au sujet des rêves de Cuba, comme l’a dit Calderon de la Barca : la vie n'est qu'un rêve et les rêves ne sont que des rêves, indiquait Fidel. Avancez, porte-drapeaux invincibles d’une si noble profession, démontrant que tout l’or de la planète ne peut pas acheter la conscience d’un véritable gardien de la santé et de la vie ; prêt a aller à n’importe quel pays où l’on aura besoin de lui et persuadé du fait qu’un monde meilleur est possible. Permettez-moi, en tant que Cubain fier de son peuple et de sa Révolution, de crier : Vive Fidel ! Vive Raul ! Vivent les hommes et les femmes qui se consacrent, corps et âme, à sauver les vies des humbles de cette Terre qui en ont le plus besoin ! Vive Notre Amérique ! De Bolivar et de Martí, marchant en rangs serrés comme l’argent au cœur des Andes, indépendante et solidaire. Vive l’intégration latino-américaine ! Vive l’ALBA ! et Fidel a terminé à cette occasion-là: Jusqu’à la victoire toujours ! La Patrie ou la Mort, nous vaincrons ! ».

“Ce projet est une contribution modeste au développement des peuples » -a-t-il relevé. Il a mis l’accent sur la qualité de la formation scientifique et humaine des jeunes. Il a précisé que 36% des plus des 7000 diplômés font leur spécialité à Cuba.

« Cette école est un exemple de ce que sera l’avenir de Notre Amérique, un avenir digne, l’expression de l’internationalisme et du patriotisme » a ajouté le ministre cubain de la santé publique.

Pour sa part, Juan Carrizo, recteur fondateur de l’ELAM, a expliqué que cinq fournées de jeunes médecins ont reçu jusqu’à présent leurs diplômes à l’ELAM et qu’ils sont au nombre de 7 256 dont la majorité d’une trentaine de pays y compris 33 jeunes étasuniens.

Au nom des étudiants, Alihuen Antileo, de la ethnie Mapuche, président du Conseil d’Étudiants de l’ELAM, a indiqué : « nous, qui nous sommes vu refuser le droit de faire notre médecine dans nos pays, nous sommes formés comme médecins, hommes de science et humanistes, avec la conviction que ce monde doit être changé.

 

Sources: RHC, AIN, GRANMA, TRABAJADORES, JUVENTUD REBELDE, PL, REUTER, EFE, IPS, ANSA, AFP, XINHUA, TASS, DPA, AP.
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 07:31

Les manoeuvres “Bastion 2009” auront lieu à Cuba du 26 au 28 novembre

La Havane, 16 novembre, (RHC)- Le Ministère des Forces Armées Révolutionnaires de Cuba a fait savoir que les Manœuvres Stratégiques Bastion 2009 auxquelles prendront part les organes de direction et de commandement des différentes structures chargées de la défense nationale et territoriale, se dérouleront du 26 au 28 novembre dans le cadre de la préparation pour la défense.

Les manoeuvres Bastion 2009 ont pour but d’entraîner les dirigeants, les chefs et les organes de direction et de commandement dans l’organisation du travail pour élever la disposition du pays pour la défense et la préparation des troupes pour faire face aux éventuelles actions des ennemis.

Sources: RHC, AIN, GRANMA, TRABAJADORES, JUVENTUD REBELDE, PL, REUTER, EFE, IPS, ANSA, AFP, XINHUA, TASS, DPA, AP.
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 10:38
Publié 11 mai 2009 sur Changement de Société

d’après les informations fournies par  Guillermo Nova, para Prensa Web YVKE

 

 Yoani Sánchez,blogueuse cubaine patronnée par les groupes européens d’extrême-droite, financée également par l’admnistration Bush ? qui veut-elle tromper ? 

 10 mai 2009. -La blogueuse cubaine Yoani Sánchez, rendue célébre par le prix Ortega et Gasset que lui a octroyé le 4 avril 2008 le groupe Prisa(El Païs mais aussi une bonne partie de la presse d’opposition au Venezuela), un prix  bien rémunéré et qui a l’habitude d’être donné aux journalistes avec un plus grand curriculum professionnel. Mais l’anticommunisme  a bien des vertus pour El Païs, on sait à quel point pour la presse occidentale il suffit de vomir sur Cuba pour bénéficier des voies de la notriété et le financement qui va avec.  (El Païs est l’équivalent espagnol du Monde)

  Donc elle a été récompensée le 4 avril 2008 par le prix Ortega y Gasset, décerné annuellement par le quotidien espagnol El País, dans la catégorie “journalisme électronique”, qui gratifie la défense de la liberté d’expression. Le quotidien El Pais, qui délivre ce prix chaque année, a expliqué que Sanchez l’avait emporté en raison de l’”ingéniosité” dont elle fait preuve en surmontant les entraves à la liberté d’expression à Cuba, de son style “vivace” et de sa volonté de rejoindre “l’espace mondial du journalisme citoyen”. Yoani Sanchez a coutume  de dénoncer dans ses articles son interdiction d’accès a Internet, elle soutient même  que ce sont des amis qui transmettent sur la red ses articles manuscrits.

Et pour aller jusqu’au bout du ridicule, en 2008, elle a été consacrée  l’une des 100 personnes les plus influentes au monde selon le Time avec toujours le même leimotiv sur l’incroyable ingéniosité dont elle devait faire preuve pour surmonter la censure et un environnement aussi désespérant qu’hostile.qu’on en juge plutôt à travers ses lignes écrites le 27 février 2009 sur son blog, ceux qui connaissent Cuba apprécieront la dexcription : “Bordeo mi edificio, evitando pasar por debajo de los balcones, pues los niños lanzan preservativos llenos de orine para matar el aburrimiento. Un hombre con su hija lleva una bolsa que gotea una mezcla de grasa, agua y sangre. Vienen de la carnicería, donde la larga cola anuncia que algún producto racionado llegó en la [...]Febrero 25th, 2009″ Je longe mon immeuble, en évitant de passer sous les balcons où des enfants lancent des préservatifs remplis d’urine pour tromper l’ennui. Un homme avec sa fille porte porte une bourse d’où suinte un mélange de graisse, d’eau et de sang. Ils viennent de la boucherie où une longue queue annonce que certains produits rationnés sont arrivés… “

Bref c’est tout à fait dans le style Zoé Valdes celui qui paye à défaut d’avoir de véritables qualités littéraires, il en rajoute dans la noirceur et les périls affrontés par ces femmes, et cette jeune femme véritablement héroïque, nous dit-on, elle écrit son blog depuis La Havane, et il est publié sur Internet par un réseau d’entraide disséminé sur toute la planète car l’accès depuis Cuba au site qui l’héberge est bloqué par les autorités de l’île.


Aussi quelle ne fut pas la surprise quand le mercredi 6 mai, des représentants de la presse internationale accréditée à la Foire Internationale du Tourisme de Cuba  (Fitcuba 09), purent la croiser à l’heure du déjeuner dans l’Hôtel NH Parque Central de la havane. (voir phot prise par l’un d’entre eux à la fin du texte)

Avec une totale tranquilité elle était installée dans le salon de reception avec son ordinateur portable connecté à la red Wi Fi de l’hôtel, dans lequel il faut payer en devise étrangères, mais il est clair qu’elle n’en manque pas.

Elle est apparue devant plus de 180 journalistes accradités à cet événement, sans que personne de la Sécurité de l’Etat ne la gêne, ni sans souffrir d’aucun acte de désaprobation de la part de la population, alors qu’elle ne cesse de décrire dans ses articles ce qu’elle subit quotidiennement.

La surprise

La surprise et la désillusion fut grande chez certains professionnels étrangers dont les journaux payent pour ses collaborations, et publient des textes d’elle qui rapportent ses lamentations devant les difficultés d’accès à Internet, ce qui conduit y compris à s’interroger sur la véracité du reste de ses écrits.

Yoani Sánchez écrit dans une page web qui s’intitule desdecuba.net, mais en réalité elle ne provient pas de l’île,  le serveur est logé en Allemagne et enregistré au nom de Josef Biechele, le pourvoyeur est l’entreprise  Cronos AG Regensburg, laquelle abrite également d’autres pages de l’extrême-droite et de néonazis et qui a été dénoncée par les verts allemands. Le parrain est  IGFM  et il a comme un des ses porte paroles le saxon Arnold Vaatz, cette entreprise durant l’administration Bush a reçu des millions de dollars d’aide.

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 11:35

Manu Chao: "La culture, c'est la liberté"
Yinett Polanco et R. A. Hernández   


Il y a 17 ans, il a foulé le sol de Cuba pour la première fois à l’occasion de l’expédition Cargo Tour 92, même si le nom de Cuba ne l’avait jamais quitté auparavant, sa vie durant. Il monta alors sur la scène du Théâtre Karl Marx, à la Havane. Et depuis ce jour-là, comme un besoin impératif, Manu Chao, ce musicien franco-espagnol, revient de temps en temps dans l’Île, dans cette île dont, toute son enfance, il a si souvent entendu son père lui parler, son père, Ramón Chao, journaliste et écrivain espagnol.

C’est cette île qui a été le berceau de son « premier héros musical » : Bola de Nieve et la patrie d’un ami toujours présent dans sa maison : Alejo Carpentier(1), et, surtout, l’espace de luttes d’un des plus grands symboles à ses yeux : le Che. C’est précisément pour rendre hommage au leader et guérillero cubano-argentin que Manu Chao est revenu à Cuba cette année pour y donner deux concerts, à la Havane et à  Santa Clara(2).


Né à Paris, en 1961, José Manuel Thomas Arthur Chao est un des musiciens progressistes les plus connus dans le monde de langue française et espagnole. Hors des grands circuits médiatiques, ce prolifique et polyglotte auteur-interprète conçoit sa musique de façon critique et engagée au service des causes de son temps, à partir de textes où débordent les préoccupations sociales et accompagnés d’une très vaste combinaison de rythmes issus d’Europe, d’Amérique Latine et d’Afrique. Ses albums les plus célèbres,  Clandestino (1998), Próxima Estación Esperanza, (2001), Radio Bemba Sound System, (2002), Sibérie m'était contée, (2004), La radiolina, (2007) et Baionarena, (2009), sont vendus à des millions d’exemplaires.


Pour l’ex-membre du groupe Mano Negra et, depuis plusieurs années, leader de  Radio Bemba Sound System, groupe avec lequel il nous a offert un magnifique concert lors de la Tribune Anti-Impérialiste, à La Havane, en 2006, ses groupes les plus connus sont « deux groupes qui marchent avec énergie comme mot étendard ». Débordant d’émotion lorsqu’il chante, que ce soit dans un grand stade ou dans un coin improvisé, mais simple et plutôt timide dans la vie quotidienne, Manu a fait ce voyage en compagnie de La Jiribilla durant deux jours pleins, poursuivant par bribes une conversation où il nous fait part de ses vues sur la musique, de son envie d’étudier la médecine à Cuba, de ses réflexions sur une époque inquiétante et passionnante en même temps, et cette conviction qui ne l’a jamais abandonné au cours de ce voyage “en quête d’un idéal”, où plus que des réponses il nous laisse ses éternelles questions: « Quand? Quand ? De quel côté va poindre le soleil ? »


- Ces deux concerts auxquels tu as participé, à Cuba, ont été un hommage rendu au Che. A plusieurs reprises, par le passé, tu as déclaré que tu le connaissais depuis ta naissance : au delà du “leader de la gauche mondiale”, que représente le Che, personnellement, pour Manu Chao?


- C’est une personne qu’on pourrait décrire avec une phrase qui était dans un coffret de Mano Negra, « Entre
ce qui est dit et ce qui est fait, la route est toute droite », c’est-à-dire qu’il agissait toujours en accord avec ses convictions et ils ne sont pas nombreux ceux qui lui ressemblent. Je ne l’ai pas connu, mais on a l’impression qu’il plaçait ses actes à la hauteur de ses idées. J’ai lu des récits à son sujet. Il est un symbole extrêmement fort. En Europe, il a toujours été un symbole de la jeunesse, de l’adolescence ; dans les lieux où vivait le rock, le Che était toujours présent, comme un frère de plus. Son influence est mondiale. Lorsque je suis allé en Afrique, travailler au Mali, dans des coins perdus, les gens me parlaient du Che parce qu’ils savaient que j’avais des liens avec l’Amérique Latine et aussitôt ils me parlaient de lui, comme s’ils voulaient me dire : combat pour nous.


- Et lorsque tu arrives à Cuba et que les gens te parlent, non pas du mythe, mais de son côté humain?


- Ma visite au Mémorial a été extrêmement forte à cause de ça ; ça m’a ému énormément de voir les objets qui lui avaient appartenu, des choses qui te ramènent au quotidien, des détails comme sa montre, la calebasse où il buvait le mate… Lorsque je me suis trouvé devant la plaque derrière laquelle il repose, j’ai ressenti un immense respect, mais devant le côté humain des objets, dans le musée, l’émotion m’a envahi.


- Tu as raconté que, chez toi, vous  écoutiez énormément Bola de Nieve et puis sont arrivés les Van Van et Eliades Ochoa… Outre le Che et la musique, quels autres liens as-tu avec Cuba?


- Les plus forts sont ceux que tu viens d’évoquer. Ce qui m’attache à Cuba depuis mon enfance – et je ne pourrai jamais l’effacer de mon éducation – c’est Bola de Nieve. J’ai 48 ans et dans ma vie il est très important : sa musique a été mon premier professeur ; il a été ma première idole musicale.


- C’est Alejo Carpentier qui a offert à ton père, Ramón, la première paire de maracas que tu aies possédée…


- Il y a un détail de cette anecdote qui concerne Alejo Carpentier à mon propos et que mon père m’a rapportée il y des années, mais je ne m’en souviens pas bien ; Carpentier avait dit à mon père quelque chose comme quoi son fils serait musicien plus tard et mon père en avait informé la famille.


- Comment qualifierais-tu l’image de Cuba qu’on a en Europe?


- Il y a plusieurs niveaux : le public qui assiste à nos concerts en a une image positive ; le problème ce sont les médias ; leur façon de vouloir décrire Cuba est une horreur ; ce n’est pas de l’information, ce n’est pas du journalisme, c’est de la pure propagande anti-cubaine et tu sais bien comment sont les grands médias néolibéraux : à force de pilonner il finissent par réduire ton cerveau en bouillie ; ils n’arrêtent pas de répéter que Cuba est une dictature et ils ne parlent de l'île que pour en dire du mal et ils ne parlent jamais de ses réussites qui existent, qui sont l’éducation, la santé, qui sautent aux yeux, mais là-dessus, motus et bouche cousue.


Alors le travail de chaque jour c’est de démonter cette propagande. C’est pour ça que lors de chaque interview que l’on me demande, en Europe, ou bien la question vient automatiquement ou bien je la provoque parce que ce n’est pas juste ; ça me met dans une colère terrible de voir comment les grands médias rabâchent que le diable, en Amérique Latine, c’est Cuba.


Toute personne qui a voyagé à Cuba et dans d’autres pays de la région sait tout ça parfaitement. Je l’ai déjà dit l’autre jour, l’enfer je ne l’ai pas vu à Cuba, mais je l’ai vu dans d’autres pays ; j’ai vu des  choses beaucoup plus dures, violentes, inacceptables. Le combat, en Europe, c’est ça : rééquilibrer l’information. De toutes façons, il y a plein de gens qui font passer une autre information sur Cuba, mais le problème ce sont les médias.


- Sur le Vieux Continent, comment est reçue la culture cubaine ?


- Les musiciens cubains ont été des ambassadeurs extraordinaires. A part les gens qui connaissent plus ou moins Cuba et qui cherchent toujours des moyens pour s’informer, beaucoup de gens ont été sensibilisés à la culture cubaine grâce au film Buena Vista Social Club qui a eu un succès populaire très grand, dans toute l’Europe, même dans les plus petites bourgades. Plus que le film, la musique a été très écoutée. Tu vas dans n’importe quel village perdu, en France, et tu chantes un des thèmes de la musique du film et le public le chante avec toi ; ça fait presque partie du folklore de là-bas. Cette musique a touché l’âme de gens de toutes les catégories sociales, de tout âge. A partir de là, beaucoup de gens ont commencé à s’intéresser, à connaître d’autres ensembles.


- Quels sont tes rapports avec les Cubains quand tu débarques dans l’île ?


- C’est magnifique la réaction des gens, que ce soit à La Havane ou au El Mejunje, où ça a été vraiment émouvant et je n’ai qu'une envie, revenir le plus vite possible avec tout mon groupe parce que les rumbitas, nous les jouons bien et j’espère que les gens aimeront. Mais j’ai envie de revenir avec tout mon groupe faire un show de trois heures, faire une tournée à La Havane et dans d’autres villes de Cuba. J’ai été très ému de rencontrer des jeunes, lors des essais de son, et qui m’ont dit avoir fait cent kilomètres pour assister au concert. La vérité c’est que l’accueil du public a été formidable et j’ai envie de revenir avec le groupe au complet pour une tournée plus importante.


- Après avoir vécu dans divers pays d’Amérique Latine, as-tu pensé t’installer pour un certain temps à Cuba?


- Je me pose cette question chaque fois que je viens ici. Outre la musique, une des choses que j’aimerais faire c’est étudier la médecine et quel meilleur endroit au monde que Cuba pour faire ça ? Toute cette semaine je me suis posé cette question comme choix de vie. Je veux apprendre à soigner les gens et je cherche des professeurs dans divers pays ; j’ai encore besoin d’un peu de temps, mais un jour je vais prendre cette décision. Toute cette semaine j’ai réfléchi à cette question : pour trouver ces professeurs, quel meilleur endroit au monde que Cuba où, en outre, je peux trouver les meilleurs professeurs de musique ; tout Cubain est un professeur de musique.


- Imagine un peu que dans quelques années, quelqu’un entre dans ton cabinet de médecin et te dise : Voyez-vous docteur, à la maison, j’ai tous vos disques !


- Je crois que je n’exercerai jamais dans un cabinet médical. Je continuerai à aller de par le monde et là où je me trouverai je soignerai les gens. Mais je ne me vois pas dans un cabinet ; je m’imagine sur la route, avec ma guitare et avec un savoir de guérisseur. Quel plus grand cadeau peut-on faire à une personne que celui de la guérir d’un mal ? C’est passionnant. Peu à peu j’apprends des choses, je sais soulager certaines souffrances, mais la route est encore très longue.


C’est ça qui me manque à Cuba ; chaque fois, je viens ici pour donner des concerts, pour rester huit jours, mais j’aimerais rester plus longtemps, disons six mois, pour mieux comprendre ce pays, plus profondément, mais j’ai encore le temps de réaliser ce rêve.


- Tu as fait ce voyage en compagnie de Jacek Wozniak, un peintre avec qui tu as travaillé longtemps, ce qui veut dire que non seulement l’hommage au Che se fait au moyen de concerts, mais aussi à travers les arts plastiques.


- Au début, lorsque Jorge, mon agent, m’a parlé de venir ici ces jours-ci, il ne nous parlait pas de concerts. Moi, j’étais avec Wozniak et la première chose qui nous est venue à l’esprit ça a été : nous y allons et nous faisons une peinture, parce que nous avons une expo ensemble. Wozniak vient très souvent peindre chez moi parce que j’habite dans un atelier très spacieux et le premier travail que nous avons fait à deux c’est le livre Sibérie m’était contée.


À cette époque j’avais beaucoup de textes laissés de côté depuis des années, des écrits de jeunesse en français, qui, pour moi, étaient des chansons ratées. Un jour il est arrivé à l’atelier, il a commencé à lire tout ça et il m’a demandé s’il pouvait emporter le tout chez lui et il est revenu une semaine plus tard avec une illustration pour chaque texte. Alors tous ces textes qui, je croyais, ne fonctionnaient pas, tout à coup, avec ces dessins, il m'a semblé qu’ils fonctionnaient et nous avons décidé de faire ce livre où il a peint sur mes textes et nous avons appris un métier, parce que cela nous a coûté une année de travail au cours de laquelle nous avons appris à faire un livre. C’est nous qui avons tout fait : écrire, peindre, faire la maquette, chercher le papier, trouver l’imprimeur ; ce fut une belle année.


Par la suite il a continué à venir peindre chez moi et, un jour, il m’a planté un couteau dans le cœur, le jour où il m’a dit: « Maintenant c’est à toi d’écrire sur mes peintures ». J’ai dit NON durant des mois parce que c’est pas du tout pareil de travailler en photoshop où, si c’est mauvais, tu effaces et ni vu ni connu, que d’écrire sur une toile où tu ne peux pas effacer. Moi, je n’ai aucune technique ; mais il a tellement insisté qu’un jour je me suis lancé et j’ai tagué une de ses toiles et c’est là que notre expo a démarré, notre expo qui s’appelle Manwoz, Manu y Wozniak, et qui a été montrée dans des bibliothèques, dans des lieux ouverts, accessibles au public le plus large ; j’espère qu’un jour nous pourrons la faire venir ici ; ça serait un rêve.


- Ce qui te caractérise le mieux c’est l’énergie que tu déploies quand tu es sur scène…


- Quand j’étais ado, j’étais plus en retrait ; les fêtes, c’étaient les copains qui les montaient ; moi, je n’ai jamais aimé être au centre de l’attention ; j’étais toujours dans le coin le moins éclairé et j’observais et je pensais : s’il vous plaît, oubliez-moi. Aujourd’hui, j'arrive quelque part et tout le monde me regarde ; je m’y suis habitué, mais ce n’est pas dans ma nature.  Avant chaque concert, j’ai le trac, quel que soit le lieu, je l’ai toujours eu, en ce moment même je ne suis pas à l’aise, je me sens nerveux, inquiet. Je donnerais tout l’or du monde pour tout changer et que le projet, pour cette soirée, ce soit d’aller au bord de la rivière, pêcher ; mais, ensuite, le show commence et une seconde après être monté sur scène, je me sens heureux et, après le show, super heureux.


Tout ce que le show a de bon, je le paye avant ; tout se paye dans la vie. J’essaye d’avoir recours à des techniques pour l’accepter, pour me sentir bien, pour accumuler des forces ; ça me coûte d’être sociable une heure avant le concert ; je me répète sans arrêt: « la honte, c’est pas mortel ». Beaucoup de gens, quand ils me voient dans la rue, apparemment serein, avant le concert, et qu’ils me voient ensuite, sur scène, ne me reconnaissent pas ; ils disent : mais c’est pas lui, c’est pas la même personne ; si, c’est la même personne, mais à des moments différents. Le premier pas que je fais sur scène se transforme en adrénaline. Ma théorie c’est que toute cette énergie que je déploie sur scène elle me vient de la peur que j’ai à y monter.


- Composer des chansons, est-ce ta façon à toi de « décharger » ta « rage » quand tu vois quelque chose qui ne te plaît pas ?


- Mes chansons sont toujours ma petite thérapie personnelle. Tu écris davantage quand tu vois des choses qui ne sont pas de ton goût ; je ne sais pas si c’est de l’égoïsme, mais lorsque je vis un moment heureux je n’ai pas envie d’écrire, je vis ce moment-là et c’est tout. Quand quelque chose me rend malheureux ou me donne de la rage, si ça a un rapport avec comment fonctionne notre monde, j’ai besoin de l’écrire, de le faire sortir de moi ; ça a été ma bouée de sauvetage depuis toujours.


- Est-ce que tu écris aussi quand quelque chose t’émeut ?


- Oui, mais davantage quand je suis ému par quelque chose qui pourrait être mieux ; j’écris davantage face à une injustice que lorsque c’est l’amour qui m’émeut, par exemple. J’ai fait des chansons d’amour, mais ce sont des chansons sur un amour qui finit, « La despedida » est une chanson sur un amour qui se meurt. J’ai écrit cette chanson pour me guérir de la rupture avec cette fille. Quand nous nous trouvions, tous les deux, unis et heureux, aucune chanson ne me venait à l’esprit. C’est bien aussi que la chanson te vienne à cause de la joie ; ils y a des artistes qui travaillent la joie, qui l’expriment ; nous aussi nous le faisons d’une certaine façon, pas dans les paroles, mais dans la musique. Les paroles sont plus tristes et nous mélangeons les deux ; c’est de là que vient “malegria”, ces paroles un peu tristes qui sont dans mes chansons et la joie de la musique dans laquelle nous les enveloppons.


- Il est prévu de lancer, en novembre, le CD/DVD, en live : Baioanera. Quels sont tes projets pour ce lancement ?


- Nous, nous planifions toujours à court terme. Cette année, nous savons que nous irons en Argentine et au Chili, en novembre. On vient de sortir en live le CD d’un concert que nous avons fait en France, à Bayonne. Le groupe est en pleine forme ; nous venons de terminer une tournée, en France, qui a duré un mois, tout le mois de septembre ; ça a été full power ; un public extraordinaire ; avec le groupe nous avons chanté comme un seul homme ; il y a beaucoup d’amitié entre nous et beaucoup d’années vécues ensemble, alors le groupe est très soudé ; je suis très heureux.


- Tu as constitué plusieurs groupes de musiciens ; les plus connus ont été Mano Negra, ensuite Radio Bemba et maintenant Radio Bemba Sound System. Quels en sont les points communs et les différences ?


- La différence ce sont les diverses personnes qui ont intégré ces groupes. Le point commun c’est l’énergie. Ce sont des groupes de scène qui fonctionnent avec l’énergie comme mot de base.


- Tes musiciens…


- Ils sont ma famille ; nous avons des liens, entre nous, extraordinaires, fondés sur la confiance. Chacun connaît parfaitement ce qu’il sait faire et a une énorme confiance en l’autre ; nous sommes unis comme les doigts de la main ; c’est une chance immense ; mais ce n’est pas seulement une question de chance parce que nous avons « travaillé » ce groupe ; ce sont des années de travail ; ce n’est pas un groupe qui s’est constitué comme ça, un beau jour ; on l’a perfectionné, poli, des années durant. Ce n’est pas pour rien qu’il a été constitué avec les meilleurs musiciens qui existaient dans le monde de la musique à une certaine époque. D’abord l’amitié, et ensuite le savoir musical ; ou bien cet ami l’a déjà acquis ou bien nous lui donnons la possibilité de l'acquérir avec nous. Radio Bemba est un groupe qui se produit ça et là, mais, moi, je considère que c’est et que ça a été, pour beaucoup, une école de musique. C’est ma fierté ; il y en a qui ont passé deux ou trois ans avec nous et qui ensuite, avec ce qu’ils ont appris avec nous, sont allés constituer leur propre groupe et je suis fier de ça.


- Pour les concerts que tu vas faire ici, tu es accompagné par des musiciens nouveaux, qui viennent du groupe espagnol Festicultores.


- Nous n’avions jamais joué ensemble. Je les avais vu jouer dans des festivals, par ci par là ; quand je suis venu jouer, je savais qu’il n’y aurait aucun problème musical ; nous avons pleinement confiance les uns envers les autres ; je suis enchanté quand ça se passe comme ça ; quand les choses coulent naturellement, c’est que c’est propre, c’est sain ; l’énergie est limpide.


- Tes projets de disques…


- Il y en a deux qui sont terminés et qui sont déjà sortis, un qui a été enregistré avec une radio associative d’Argentine, La Colifata, qui émet à partir d’un hôpital psychiatrique et qui est gérée par les patients de cet hôpital. Ce disque-là n’est sorti que sur Internet, sur un site qui s’appelle vivalacolifata.org et les gens peuvent télécharger ce qui s’y trouve gratuitement ; c’est le souhait des colifatiens. Je suis allé aussi au Mali, où j’avais produit le disque d’un couple de deux artistes qui sont mari et femme dans la vie ; ils sont aveugles. J’ai fait leur disque il y a quatre ans et, maintenant, le quartier où ils habitent, c’est comme si c’était ma maison. Je viens de produire le disque de leur fils ; il s’appelle Sam ; son groupe s’appelle SMOD. Son disque va sortir prochainement. J’ai des milliers de chansons déjà écrites, écrites sur la route, et il va falloir que je trouve un endroit où les enregistrer, mais pour le moment je suis toujours parti.


Pour ce voyage-ci à Cuba, nous ne sommes venus que Madjid et moi et nous jouons les chansons de bistrot et les rumbitas que nous jouons d’habitude quand nous sommes seuls. Nous avons un groupe que nous appelons Les Musicaires, les assassins de rumba ; ce qu’il y a de plus mauvais dans la rumba, c’est nous et c’est le genre de thèmes que nous aimerions enregistrer prochainement.


- Est-il vrai que quand tu es en voyage tu enregistres les sons qui t’impressionnent pour les mélanger ensuite  avec ta musique ?


- Je l’ai beaucoup fait, surtout durant tout ce temps de gestation de Clandestinos, durant toutes ces années de voyages à travers l’Amérique Latine, sans trop savoir où j’allais ; je ne savais pas bien ce que j’allais faire de ma vie ; sincèrement, je ne pensais pas enregistrer un second disque, alors j’enregistrais des sons pour moi, pour pouvoir les écouter et pour y mêler une petite voix, une guitare ; c’était davantage une thérapie personnelle qu’un travail destiné aux oreilles des gens. Durant des années j’ai enregistré ainsi des sons, des ambiances sonores, et je le fais encore parce que c’est toujours passionnant d’enregistrer une chanson de cette façon-là, parce que quand tu la situes dans une ambiance, elle prend beaucoup de présence, de corps.


- Durant toute une époque tu as fait du cinéma de façon stable.


- Ça me plaît beaucoup de filmer et de produire. C’est comme la musique, c’est une passion très tyrannique parce que ça te prend 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. C’est un peu obsessionnel, comme  lorsque tu es en train d’enregistrer un disque. Ca me passionne, mais je m’en suis un peu éloigné parce qu’à un moment donné, je me suis rendu compte que je ne touchais plus ma guitare, alors je suis revenu à ce qui est vraiment mon domaine. Cependant, ça m’enchante de le faire ; j’ai un tas de scénarios déjà écrits ; j’aime filmer avec la camera et ensuite monter le film. Aujourd’hui c’est facile si on compare  avec ce qu’il était possible de faire il y a quelques années ; aujourd’hui, avec un petit appareil que tu peux transporter dans ton sac à dos tu peux tout faire. Avec ce que j’ai dans mon sac je peux enregistrer un film, faire mon prochain disque, tout faire, et ça te donne une très grande liberté. Mon problème c’est  que les jours sont trop courts. Alors je me partage ente la musique et l’image, mais, ces derniers temps, je me consacre davantage à la musique.


- Qu’a apporté à ta musique cet autre regard d’homme de cinéma, d’homme intéressé aussi par les arts plastiques ?


- Ça apporte toujours beaucoup. Beaucoup de mes chansons sont nées parce que je produisais des images, parce que dans ces images il y avait des ambiances sonores ; parfois il y a des images de moi et de Madjid en train de chanter à 6 heures du matin ; ça te donne une idée pour une chanson ; tu ajoutes une guitare, tu le réenregistres et ça donne naissance à un thème. Beaucoup de mes chansons sont venues parce que j’étais en train de faire un film ; je crois que tout marche ensemble quel que soit l’art dans lequel tu travailles et plutôt que d’art je parlerais de passion ; ça nourrit tous les autres, c’est pas quelque chose d’hermétique.


- Quelle est ta conception de la culture ?


- Pour moi, la culture c’est d’abord la connaissance de celle qui existe déjà et ensuite la liberté. Je crois qu’il est bon  de s’imprégner de la culture qui existe autour de soi, quel que soit le pays où on se trouve, pour la comprendre et pour la vivre d’une certaine façon. Ensuite vient la liberté ; je crois que la culture c’est la liberté ; la création c’est la liberté. Il ne faut pas penser : on ne fait pas ça de cette façon,  ou bien : une cumbia, une rumba ou un reggae, ça se joue comme ci et pas comme ça ; il faut briser les moules ; un poil d’irrévérence, c’est toujours bien.


- Que représente pour Manu Chao l’irrévérence ? Pense-t-il qu’un peu d’irrévérence ça ferait du bien ou du mal au monde ?


- C’est un art difficile. De l’irrévérence, mais toujours avec un certain respect. Dans le monde de la culture, dans beaucoup d’endroits où je me produis, ça ne ferait pas de mal un peu d’irrévérence ; beaucoup de gens travaillent avec des moules préétablis et les artistes qui me passionnent, moi, et qui m’apportent de la fraîcheur, sont toujours un peu irrévérencieux. C’est bien d’entendre ou de voir ce que tu ne t’attends pas à entendre ou à voir. C’est très bien d’assimiler ce qui est en train de se faire autour de toi, ça me paraît être la base « éducative », mais, ensuite, il faut transgresser un peu.


- Il y a trois ans, au cours du concert que tu as donné à la Tribune Anti Impérialiste, tu avais déclaré : « Georges Bush est l’homme le plus dangereux du monde pour notre futur à tous et pour celui de nos enfants ! ». Aujourd’hui, Bush n’est plus à la Maison Blanche ; comment crois-tu que le monde  pourra continuer à changer ?


- Le fait que Bush ne soit plus là, quoi qu’il arrive, c’est déjà un fait positif, parce qu’il est difficile que ce soit pire. Tous les équilibres mondiaux sont en train de bouger très vite ; c’est une époque inquiétante et en même temps formidable ; nous ne sommes sûrs de rien ; le monde de demain est en train de se dessiner aujourd’hui. Nous voyons des changements très rapides dans le monde économique, technologique. Malheureusement ce qui ne change pas rapidement c’est le monde des rapports humains, mais de plus en plus de gens se rendent compte que le système capitaliste – qui finalement gouverne le monde entier – touche à sa fin ou bien il va nous conduire tous au suicide collectif. Aujourd’hui, ils sont beaucoup plus nombreux ceux qui ont conscience que si le monde capitaliste continue sur la même voie c’en est fini de la planète Terre, alors ils sont de plus en plus nombreux ceux qui essayent de changer leur quotidien et de vivre d’une façon plus en accord avec les lois de la nature et l’espoir est de ce côté-là.


- Après avoir parcouru bien des pays d’Amérique Latine, quel jugement portes-tu sur les changements que connaît ce continent ?


- Si nous comparons l’Amérique Latine avec l’Europe, qui devient de plus en plus réactionnaire, ce qui se passe en Amérique Latine, en termes généraux, est assez positif ; il y a encore beaucoup de progrès à faire, mais la situation était terriblement angoissante et on ne va pas tout réparer en cinq ou six ans ; c’est un processus de 15 ou 20 ans, mais qui est en route, chaque pays à sa façon, mais de toute évidence, en Amérique Latine, il y a un laboratoire extrêmement encourageant pour chercher une société plus juste, ce qui n’existe pas en Europe à ce jour.


- Fais-tu encore confiance au futur ?


- Le futur connaîtra de grandes crises ; un ciel d’orage menace le futur à court terme. Ça sera difficile parce que des changements nécessaires auront lieu ; l’hégémonie des USA va prendre fin, l’essor de la Chine est imparable ; de nouveaux équilibres mondiaux sont en train de naître. C’est très difficile de prévoir ce qui va se passer parce que nous sommes dans une période de changement extrêmement profond ; mais à long terme, le rêve, et le combat quotidien, c’est voir le soleil se lever.

 

*Journalistes de La Jiribilla, revue culturelle cubaineNotes


(1) Alejo Carpentier, un des grands écrivains cubains du XXº siècle, qui a accompagné la Révolution de 1959 et qui, outre son œuvre littéraire, nous a laissé une œuvre de musicologue. Il a probablement fréquenté la famille de Manu Chao à Paris quand il fut ambassadeur de Cuba en France.

(2) Santa Clara, ville de Cuba où se trouve le mausolée où reposent les restes de Che Guevara.

 

 

Source: Surysur

 Investig'Action

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