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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 08:10

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Dessin de Rubén

Traduction:

"Je ne peux pas concevoir que la construction du socialisme se fasse avec un parti de la classe bourgeoise, avec un parti qui compte parmi ses membres une bonne quantité d'exploiteurs et que ceux-ci ont été chargés d'en établir la ligne politique."

 

Santa Clara, 15 juin, (RHC)--. Les ambassadeurs des pays membres de l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique, ont rendu hommage au commandant Ernesto Che Guevara, à l’occasion du 82e anniversaire de sa naissance.

« Je vois le Che comme le prototype de l’Homme nouveau que les pays membres de l’ALBA ont besoin de forger » a déclaré l’ambassadeur du Venezuela à Cuba, Ronald Blanco, peu après avoir déposé une gerbe dans la tombe de Che Guevara, à Santa Clara, dans le centre de notre pays.

Les participants à cet hommage se sont accordés à mettre en valeur l’exemple d’Ernesto Che Guevara pour leurs pays respectifs, l’Amérique Latine dans son ensemble.

« L’ALBA est le Che, Fidel, Chavez, Daniel, Correa, Evo. C’est aussi Bolivar, Sucre, San Martin, Sandino et tous les hommes dignes qui ont rendu possible cette réalité » a pour sa part déclaré l’ambassadeur du Nicaragua à Cuba, Luis Cabrera, peu après avoir conclu la visite au mémorial qui abrite les restes du Che et de ses compagnons de la guérilla morts en Bolivie.

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Published by cuba si lorraine - dans El Che
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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 08:34

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Publié chez Publibook, une maison d’édition française, le roman de Kristian Marciniak : « Cuba mi amor » circule dans Paris ces jours-ci. Dans un message personnel adressé au chroniqueur de ce papier, l’auteur avoue que Cuba a été le pays qui lui a apporté, de toute sa vie, le plus de bonheur, les plus grandes joies et les plus belles émotions, et entre autres l’orgueil d’avoir connu et travaillé aux côtés du Che, au Ministère de l’Industrie.
Le roman « Cuba mi amor » est un livre impressionnant de plus de 400 pages où se combinent étrangement un titre en espagnol et une prose en français avec, en première de couverture, la lumineuse et plus célèbre photo du Che, expression de toute la dignité humaine et regard fixé vers le futur de combats pour le socialisme à Cuba, en Amérique Latine et dans le monde, comme cela s’est réellement passé au cours du XXº siècle et comme cela continue encore dans notre Amérique.
Selon moi, il s’agit d’un roman autobiographique, un livre de témoignage historique et politique qui nous montre la vie intéressante, périlleuse, ardue et l’aventure de deux personnages : Jackie et Kris, tous deux influencés par le triomphe de la Révolution cubaine et par leur grande admiration pour le Che et pour Fidel qu’ils ont connus personnellement au commencement du processus révolutionnaire, durant leurs années de séjour et de travail solidaire à Cuba.
Ce livre décrit avec justesse et rigueur la modestie et la qualité humaine du Che, assassiné sur ordre de la CIA et de l’impérialisme, en Bolivie. Il aborde la trahison d’un Français infiltré dans la guérilla, personnage dont le nom n’est pas mentionné parce que nous savons qui il est à partir des références explicites au journal personnel du Che. Il nous livre de beaux dialogues entre le Che et Jackie, à La Havane ; il nous permet de mieux comprendre leurs idéaux communistes et l’unité d’action et de pensée qui lie le Che et Fidel et il nous raconte ainsi l’importante contribution du Che à la construction du socialisme à Cuba.
Ce roman est un voyage historique à travers des étapes décisives de la Révolution cubaine : la prompte imposition, par les États-Unis, d’un blocus économique, commercial et financier, l’invasion mercenaire par Playa Girón, en 1961, la crise d’octobre 1962 dite « des missiles », le vol de médecins et de professionnels qualifiés pour affaiblir la naissante révolution, les actions terroristes et les attentats contre Fidel et, même, la politique obstinée de Washington en vue de construire une opposition politique intérieure contre le gouvernement révolutionnaire sous prétexte de défendre les « Droits de l’Homme ».
La complexe évolution de l’histoire de la France depuis la Révolution de 1789 jusqu’à nos jours et l’interaction avec Cuba de quelques personnalités politiques et culturelles sont reflétées dans quelques chapitres de ce roman. On retrouve aussi dans ses pages la vaste érudition de l’auteur avec d’importantes mentions à la culture universelle française et cubaine, à travers la musique et la littérature, aussi bien classique que populaire, avec la salsa, accompagnée de « mojito » ou de rhum cubain, et l’éloge de la beauté et de la sympathie inévitables de la femme cubaine. On peut lire tout cela et encore d’autres histoires parallèles dans ce livre fascinant de 26 chapitres d’une lecture facile et qui laissent bien clairement établie, depuis le début, la grandeur d’une œuvre qui n’est nullement un texte de propagande politique.
Leyde E. Rodríguez Hernández

Source en français :
Le Grand Soir
Source en espagnol : Rebelión

Traduction M. Colinas
http://ameriquelatinedespeuples.blogspot.com/2010/06/cuba-mi-amor-un-roman-sur-le-che-de.html
EN COMPLEMENT : http://www.publibook.com/boutique2006/detail-4895-PB.html

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 00:01
par Remy Herrera
Publié le 7 mars 2005, article qui n'a pas pris une ride

Korda-che.jpgIl y a tout juste 45 ans, le 5 mars 1960, Korda prenait cette fameuse photo du Che, célébrissime photo, qui a fait le tour du monde. La gravité et la détermination qu’exprime le visage du Che sur cette photo, en plus du charisme, et de la beauté, s’expliquent, on le sait, par les circonstances. Korda a pris cette photo alors que le Che assistait, sur une tribune dressée le long du cimetière Colon à La Havane, calle 23, non loin de la Place de la Révolution, aux obsèques des victimes d’un attentat : l’attentat du bateau La Coubre, ce bateau français chargé d’armes achetées par Cuba à la Belgique, que des agents de la CIA -lumière fut faite depuis sur cette affaire- avaient fait exploser la veille, le 4 mars 1960, dans le port, lors des opérations de déchargement. L’attentat fit 75 morts, 200 blessés, des dockers cubains surtout, mais aussi des marins français, dont plusieurs (9) furent tués dans l’explosion.

Ces 4 et 5 mars 1960 étaient donc jours de deuil, jours de drame, car le sang cubain avait coulé -et avec lui du sang français. Il y avait déjà eu, depuis le 1er janvier 1959, des attentats contre Cuba. Mais les États-Unis avaient d’abord utilisé, par tactique, des contre-révolutionnaires cubains, exilés ou restés dans l’île, qu’ils organisaient, qu’ils finançaient, qu’ils armaient, ou des hommes de main de gouvernements-valets de l’époque, comme celui du dictateur Trujillo en République dominicaine. Des attentats avaient donc déjà été commis, visant les ambassades de Cuba à l’étranger, comme en République dominicaine et en Haïti par exemple, de même que des actions d’espionnage et de sabotage, et, très nombreuses, des violations de l’espace maritime et aérien cubains dans le but de mitrailler des zones habitées, de bombarder des fabriques et des centrales électriques, d’incendier des cannaies et des sucreries. Mais c’est vraiment à partir de 1960 que les États-Unis allaient s’engager directement et systématiquement contre la Révolution cubaine. Quelques jours avant l’attentat du La Coubre, le directeur de la CIA, Allen Dulles, avait créé, en janvier 1960, une « force spéciale » chargée d’actions de subversion contre l’île. Quelques jours après l’attentat, en avril, il ouvrira au Guatemala une base d’entraînement militaire de mercenaires dans le but de préparer l’invasion militaire -qui eut lieu en 1961 et se termina, comme on le sait, par un désastre pour les États-Unis. Mais même après ce désastre, les actions terroristes contre Cuba continuèrent, et se multiplièrent, organisées, soutenues ou couvertes par la CIA -jusqu’à des attentats contre des écoles et des crèches, jusqu’à l’assassinat d’instructeurs de la campagne d’alphabétisation, jusqu’au premier attentat de l’histoire de l’aviation civile, jusqu’à des attentats biologiques perpétrés contre Cuba, contre ses cultures, ses cheptels, sa population... Pardon à ceux qui ne le savaient pas -s’il y en a-, à ceux qui ne le croyaient pas -il y en a certainement-, à ceux qui ne veulent plus le savoir -tellement de vilaines choses sont commises en ce monde...- ; mais il faut bien le dire : les États-Unis se sont comportés et se comportent encore aujourd’hui vis-à-vis de Cuba comme un État voyou, un État terroriste. Comment oublier, d’ailleurs, que la dernière mission du Che en tant que dirigeant de la Révolution fut de présider, en décembre 1964, la délégation cubaine à l’Assemblée générale des Nations unies, où il dénonça avec force le comportement terroriste des États-Unis ?

Qu’avait donc fait Cuba ? Cuba avait fait une révolution, Cuba s’était libérée. Et la Révolution avait pris des mesures en faveur de son peuple, des mesures de justice sociale, des mesures élémentaires : de lutte contre la corruption, contre la mafia, contre le trafic de drogue, contre la prostitution, de suppression des appareils répressifs d’Etat aux ordres de l’oligarchie, de disparition de la mendicité et du travail des enfants, de disparition de la ségrégation raciale, de baisses des prix de l’électricité, des loyers, des médicaments, des livres, de promotion de grands travaux publics et de création d’emplois, de priorité à la santé et à l’éducation publiques, d’instauration de la sécurité sociale, d’un système de retraites, de l’éducation universelle, de développement de la recherche, de la culture, du sport... Cuba avait fait une réforme agraire... L’impérialisme allait-il laisser un peuple se libérer ? Voilà la première chose à saisir dans les yeux du Che sur cette photo : cette évidence pour lui, pour tous les Cubains, pour tous les Latino-Américains, comme pour les peuples du Sud, l’évidence que l’impérialisme existe, que l’impérialisme n’est pas une fiction de l’imaginaire marxiste, mais une réalité. L’impérialisme existe parce qu’il tue, comme il tua ce 4 mars 1960 à Cuba, l’impérialisme existe parce qu’il s’acharne à détruire ce que l’Amérique latine a de meilleur, comme ce fut le cas au Guatemala en 1954, où le Che vit la CIA renverser le gouvernement Arbenz, dont le tort était d’être un bon gouvernement, démocratique, social, national, un gouvernement au service de son peuple. Ce que le Che de Korda a dans la tête à ce moment-là, sur cette photo, c’est sans doute aussi le souvenir du Guatemala, le souvenir du Guatemala martyr.

L’attentat du 4 mars était un drame, mais c’était plus qu’un drame. C’était le signal lancé par les États-Unis qu’entre eux et Cuba, ce serait désormais une lutte à mort. Et il y a ça, aussi, dans le regard du Che à cet instant : la conscience grave et déterminée que c’est la Révolution cubaine qui vaincra, ou l’impérialisme. “¡Patria o muerte !”, criera Fidel, ce 5 mars 1960, pour la première fois. Et Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir étaient là pour l’entendre, sur cette même tribune : « la Patrie ou la mort ! » -qu’il faut entendre comme les Cubains l’entendent, dans l’esprit de José Martí : “Patria es humanidad”, « la patrie, c’est l’humanité ». Che était argentin, mais il se sentait Cubain, il devint Cubain en luttant pour la liberté de ce peuple comme s’il s’était agi de celle de son peuple, comme s’il s’était agi de celle de tous les Latino-Américains, emportés par la Révolution cubaine, une révolution faite par les Cubains, mais qui porte en elle quelque chose de plus qu’elle-même, quelque chose des espérances de liberté de toute l’Amérique latine. De la même manière que Che porte en lui une part d’universel, qui fait que, d’où que l’on vienne, on se reconnaît en lui, dans son idéal, on y projette ses espoirs.

Pas une manifestation de rue dans le monde où de jeunes gens ne se rassemblent autour de cette photo du Che. Et pourtant, des photos de lui, nous en connaissons, beaucoup : celle du balcon de Buenos Aires prise par son père ; celle de la prison de México ; celle -la première dans la guérilla-, peut-être prise par Celia ou par Frank Pais, où on le voit casqué ; celles où il lit Goethe, ou boit le mate dans la Sierra ; ou aux côtés de Camilo, d’Almeida, de Raul, ou parlant avec Fidel (qui allume un puro) ; ou coupant la canne ; celles prises avec Mao, Nehru, Tito, Nasser, Ben Bella, Khrouthchev ; ou, avant le Congo, rasé et cravaté ; ou chauve, avec des lunettes, avant le départ pour la Bolivie... Nous connaissons jusqu’aux photos prises par ses assassins, après sa mort, là-bas, en Bolivie, où d’aucuns ont reconnu le Christ gisant de Mantegna ou un tableau de Rembrandt. Il y en aurait même eu d’autres encore, des photos du Che, s’il n’avait refusé, ce 4 mars 1960, d’être photographié sur les lieux de l’attentat du La Coubre, par Ande de la revue Verde Olivo notamment, alors qu’il portait secours aux victimes, retrouvant son premier métier, celui de médecin, celui qui, avant la Révolution, lors de son périple latino-américain, l’avait confronté à la misère, aux maladies, « à l’impossibilité de soigner un enfant faute de moyens », comme il l’a écrit. Mais de toutes ces photos, c’est peut-être celle de Korda qui est la plus connue, qui est la plus symbolique.


Combien de paradoxes, pourtant, sont attachés à cette photographie, à ce symbole.


Premier paradoxe. Cette photo -œuvre d’art- est devenue dans le monde qui est le nôtre, le capitalisme, un produit commercial, une marchandise, dans son genre l’une des plus vendues au monde.

Quel paradoxe de voir l’image du Che marchandisée, lui pour qui l’argent n’importait que pour autant qu’il fallait le détruire, lui qui étudia même, à la tête de la Banque centrale de Cuba, des expériences de suppression de la monnaie -cette photo est aussi celle d’un président de Banque centrale !

On peut voir, à New York, des tee-shirts avec ce portrait du Che vendus aux côtés d’autres arborant le sigle de la CIA... Ou comment le capitalisme fait de l’argent avec le portrait d’un de ses adversaires les plus résolus ! Car ce que nous montre cette photo, c’est l’image d’un révolutionnaire qui s’est battu jusqu’à la mort, non pas contre l’injustice d’un « mauvais » capitalisme, mais contre l'injustice du capitalisme tout court, ennemi des peuples, qui s'est battu jusqu'à la mort contre l'impérialisme, ennemi de la démocratie.

Lénine nous avait prévenu : « le capitaliste vendrait jusqu’à la corde destinée à le pendre ». Che était communiste. Mais alors, aurions-nous jeté l’enfant avec l’eau du bain ? Che « pur comme un enfant ou comme un homme pur », écrit le poète, Nicolas Guillén. Tout n’est-il pas à jeter dans le communisme, alors, si l’homme était si pur, si Che est communiste.


Deuxième paradoxe. « Cuba te sait par cœur. Visage à la barbe clairsemée. Et ivoire et olive de la peau de jeune saint », Guillén à nouveau.

Cette photo, c’est bien plus qu’une photo. Cette photo est l’image d’un saint, c’est devenue une icône religieuse.


Paradoxe, nouveau paradoxe que de voir ce communiste, athée, révolutionnaire d’une révolution laïque, changé en héros « mystique » -comme on l’a dit des photos prises par Chinolope à l’Université, trois jours avant celle de Korda- ; de voir le Che transformé en sauveur, Christ en armes, fils de Dieu, Dieu lui-même fait homme ! Bien sûr que tout cela participe de la récupération du Che, de sa neutralisation en pur esprit, en être imaginaire, en abstraction, apolitique, ascétique, en bien incarné -et beau comme un acteur de cinéma (par-dessus le marché)-, en symbole que chaque individu investit d’un tas de choses, qu’un psychanalyste expliquerait bien mieux que moi (l’image du père sévère, mais juste), et surtout de cette chose indicible qui fait que l’on se sent être humain, et non hombre-lobo, lorsque l’on ressent la souffrance des autres, lorsque l’on aide les autres, lorsque l’on aime les autres.


Mais, autant le paradoxe de la marchandisation du Che était porteur d’une contradiction insoluble -car Che et le capitalisme sont inconciliables, irréconciliables, car Che ne fut pas un être supérieur, mais un révolutionnaire communiste, simplement, qui, comme beaucoup d’autres révolutionnaires communistes, donna sa vie pour la révolution, homme nouveau en marche vers la société communiste, guerillero qui lutta armes à la main-, autant il me semble que l’opposition entre la réalité d’Ernesto Guevara athée et l’imaginaire du Che christique est surmontable.


Cette opposition me paraît surmontable parce que l’on sait aujourd’hui articuler religion et révolution, comme le montre la révolution bolivarienne au Venezuela ; ou comme on peut apercevoir un peu de l’Apocalypse de Saint Jean dans la Critique du Programme de Gotha de Marx : la société communiste de Marx ou du Che n’est certes pas la Jérusalem céleste de Juan, mais les deux ont en commun cette utopie d’un monde nouveau où celui qui a faim recevra le pain et le recevra gratuitement ; où, dit la Bible, « celui qui a soif, moi, je lui donnerai de la source de vie, gratuitement ». Cela, c’est une interprétation que je ne partage pas, personnellement, parce que je suis athée et matérialiste, mais c’est une interprétation qui ne me choque pas, ou plus, et je crois que c’est une interprétation qui ne peut pas choquer les révolutionnaires cubains, eux qui ont appris à faire avec la religion -avec les religions, avec Santa Barbara et Chango.


Troisième paradoxe. Le paradoxe d’un Che combattant, commandant de la Révolution cubaine, que l’on veut séparer de la Révolution cubaine, que l’on veut arracher à la Révolution cubaine et en particulier opposer au commandant en chef, à Fidel. Comme s’il y avait un bon révolutionnaire et un mauvais révolutionnaire. Le diable et le bon Dieu version cubaine. Comme s’il y avait un Che, pur, et un Fidel, impur, diabolique, dont les ennemis de la Révolution prétendirent, par un nième mensonge, qu’il avait à Cuba fait fusiller le Che, pour « divergences de vues », diffusant même une affiche sur laquelle Guevara Lynch, père du Che, réclamait à Fidel que lui fût rendu le cadavre de son fils. Et il fallut que Guevara père protestât avec force et indignation contre ces calomnies médiatiques -à côté de ça, Robert Ménard et ses soi-disant défenseurs de la « liberté de l’information » de RSF font figure d'enfants de coeur ! Et comme par hasard, le bon révolutionnaire est justement le révolutionnaire  mort, celui qui a été vaincu, celui que l’on nous a tué -comme on disait jadis aux États-Unis jadis : le bon Indien est l’Indien mort.


Mais ce que l’on rate en acceptant cette logique-là, ce que l’on manque en acceptant ce non-sens logique-là, qui tente de tourner le Che contre la Révolution cubaine, c’est que le Che n’est Che en soi que parce qu’il y eut la Révolution cubaine, que parce qu’il fit cette Révolution en vainqueur ; c’est que le Che est Che pour nous parce que Cuba est toujours là, parce que cette révolution se tient toujours debout, victorieuse encore aujourd’hui, pour que nous gardions le Che dans nos cœurs, non comme un souvenir de magasin de souvenirs, mais comme une pratique de transformation réelle du monde réel, pour un autre monde, meilleur, possible, réel. Et ce, même dans les moments les plus difficiles, les moments difficiles de la « période spéciale » à Cuba, où il fallut résister, tenir le choc, ou les moments difficiles que nous vivons tous dans le monde à l’heure actuelle : des moments terribles de régression historique, de destruction capitaliste (des services publics, des liens sociaux et solidaires, des valeurs morales et éthiques, de l’environnement...), des moments terribles de barbarie impérialiste (de guerres, de menaces de guerres, de pulsions exterministes du capitalisme néo-libéral)... C’est notre temps, et il nous faut y résister, tenir le choc, ensemble, avec le Che, aux côtés de Cuba, cette patrie universelle. 

Source : RISAL.info

Visitez http://www.kordaporsiempre.com/, un site dédié au photographe cubain ALBERTO DIAZ “KORDA”.
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 08:15

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AUTEUR:  Michel PORCHERON


Ernesto Che Guevara n'a avoué qu'un seul « vice » dans sa courte vie: le cigare, en l’occurrence le havane. Pour cet asthmatique depuis l'âge de 2 ans et donc toujours en danger, la fumée du havane devait « asphyxier le dragon qui sommeillait dans sa poitrine ».

Pourtant, le Che, grand amateur de havanes (tabacos à Cuba, puros en Espagne) devant l'Eternel- bien des photos, comme celles d'Osvaldo Salas, le montrent cigare aux lèvres ou entre l'index et le majeur, son visage disparaissant presque derrière un rideau de volutes- a découvert tard les vertus du havane. Il ne le fuma que durant les dix dernières années de sa vie (1957-1967).

CheonHorse.jpg« En fait, c'est dans la Sierra Maestra qu'Ernesto a découvert le plaisir que procure le cigare », a rapporté son grand ami, l'autre Argentin, Alberto Granado. En fait, jusque là, le médecin argentin Ernesto Guevara de la Serna n'avait jamais fumé, et jamais la moindre cigarette. Ca l'amusait d'appeler « fumadores de tabaco » (fumeurs de cigare) les premiers cubains qu'il connut au Costa Rica et au Guatemala au début des années 50. Même avec Fidel Castro qu'il rencontra pour la première fois au Mexique en 1955, il ne partagea pas ce « vice ».

Dans la Sierra Maestra - zone montagneuse au sud de l'île, point de départ de la guérilla cubaine, dès 1956- au début il remplissait une pipe de morceaux de havanes. « Puis il a finit par fumer le cigare d'une pièce. Et comme nous il tirait dessus jusqu'un s'en brûler les doigts »,« Il a considéré ensuite le cigare comme un don du ciel, tout comme son sacro-saint maté argentin », ajouta-t-il. Le Che avait toujours ( ?) un Partagas ou un H.Upmann dans ses doigts ou dans la bouche. « Il fumait trois ou quatre cigares par jour ( ...) Il est certain que le cigare était pour le Che un compagnon important. Ce fût son seul vice ». a raconté un des anciens guérilleros de la Sierra.

Ces anecdotes sont relatées par le journaliste français Jean Cormier dans un vieux numéro redécouvert de « L'Amateur de Cigare », revue trimestrielle que dirige toujours l’écrivain Jean Paul Kauffmann.


Le nom Cohiba est choisi en 1966      


Certains des amis du Che, comme Antonio Nuñez Jiménez, le mirent en garde alors qu'il était ministre de la Révolution. « Ca te fait mal, c'est mauvais pour ton asthme. Nous avons besoin de toi à Cuba et de toi en bonne santé. Cesse de fumer! ». Et le Che de rétorquer: « d'accord, un seul tabaco par jour ». Le lendemain matin, le Che reçut ses collaborateurs du ministère de l'Industrie avec à la main un cigare ...géant.

Le Che à partir de 1963 fuma…sans le savoir, les premiers Cohiba- première marque de cigares de la Révolution- puisque le nom ne fut choisi qu’en 1966 (1) par Celia Sanchez, une des très rares femmes guérillera dans la Sierra Maestra et qui resta la première assistante du leader cubain. Auparavant, ces cigares n’avaient ni marque ni bague, on les appelait les cigares du Comandante qui avait découvert par hasard l’excellence de ce nouveau module un jour de 1963 (probablement début 63) dans son Oldsmobile officielle qui roulait sur la Quinta Avenida, à Miramar. Il venait de lui être offert par Chicho, garde du corps et ami conocedor. «Je n’ai jamais rien fumé de meilleur », eut l’occasion de dire plus tard le Che, quand ces cigares devinrent les préférés des dirigeants de la Révolution. Fidel Castro les offrait à ses ministres et le Che fut un des premiers bénéficiaires.


 Un cigare mal éteint 


 Il est probable que le Che avait avec lui certains de ces cigares quand en décembre 1964 gal_3685.jpgil se rendit à New York. Ernesto Guevara fit le 11 décembre, devant l'Assemblée générale des Nations Unis une nouvelle grande prestation face à une assistance internationale, parlant à l’ONU (l’unique fois) au nom de Cuba en tant que président de la délégation cubaine. Il était accompagné de son secrétaire personnel, José Manuel Manresa. Raconte Orlando Borrego, collaborateur et ami du Che, rapportant le témoignage de Manresa (Recuerdos en Rafaga, Ed. Ciencias sociales, 2004, p. 51et 52) : “ … soudain Manresa partit dans un éclat de rire  irrépressible, les yeux mouillés de larmes. J’étais alors persuadé que quelque chose hors du commun lui était arrivé ». Durant une suspension de séance, le Che était en train de discuter avec d'autres personnalités diplomatiques quand il se mit à allumer un havane « avec la ferme ’intention d’en tirer le plus grand plaisir et avec élégance ”. Cinq minutes ne s’étaient pas écoulées que la séance reprit. Le Che jeta avec une certaine émotion un regard sur son cigare, s’approcha d'un cendrier, entreprit de l'éteindre sans l'abîmer et avec délicatesse le glissa dans la poche de la veste de son treillis. Les deux hommes rentrèrent dans la salle occupant à nouveau leurs fauteuils respectifs…Quelques minutes plus tard « on respirait une odeur aromatique d'un cigare cubain dans le périmètre ». Le Che sentit une forte chaleur dans sa poche droite, y plongeant sa main très discrètement pour en sortir son havane …allumé, avant de le passer avec une plus grande discrétion encore à Manresa, placé derrière lui. De longues minutes passèrent avant que Manresa, de plus en plus impatient, profita d’applaudissements destinés à un intervenant, pour prendre la direction de la première porte de sortie. « Avec la plus grande dignité ». « Il entreprit d’éteindre le cigare avec le plus grand soin. Il devait s’appliquer à le conserver en bon état pour le remettre au Che à la fin de la séance, sachant très bien qu’en agissant autrement, il s’attirerait une sérieuse réprimande ».

Le Che allait enflammer l'Assemblée avec un discours historique. Pour un peu, par passion pour le havane, il allait mettre le feu à sa veste, avec toutes les conséquences que cela aurait provoqué ! Imaginons les titres de la presse le lendemain : « Feu à l'ONU. Les pompiers ont du asperger le délégué cubain, M. Ernesto Guevara de mousse de gaz carbonique »…

D’autre part, sur une des dernières photos du Che, faites à Cuba par Salas, Ernesto Guevara est en train de fumer un havane de Fidel, manifestement avec beaucoup de plaisir. Toutefois, en 1961, le même Che avait écrit, dans la préface du livre que tout amateur possède « Biografia del tabaco cubano »: « Nous ne sommes plus le pays du havane, mais celui de Fidel Castro et de la Révolution( ... ) Nous, nous ne voulons plus que Cuba soit un simple producteur de biens de consommation destinés à satisfaire le caprice de quelques uns ».

Heureusement il ne fut pas écouté. Actuellement, ce sont plus de 150 millions de havanes qui sont produits et vendus chaque année à Cuba et dans le monde entier, ce qui représente une sacrée rentrée de devises.   

Deux autres anecdotes figurent dans ce numéro cité de L’Amateur. Après novembre 1966, c'est Régis Debray dit Danton, qui avait dans ses affaires deux boites de cigares pour le Che, soit 50 barreaux de chaise que le chef de la guérilla « s'empressa de répartir équitablement ». ll s’agissait de …futurs Cohiba. « L’Amateur de cigare » signal aussi que lors du séjour du Che au Congo belge (1965), il reçut dans la brousse, livres, médicaments, armes et ...des cigares expédiés de La Havane, probablement par Fidel Castro lui-même, lequel, il faut le rappeler, cessa de fumer ses Lanceros de Cohiba en 1985. Il en fumait…un certain nombre par jour…plusieurs. Il confessa bien après 1985 qu’il lui arrivait de rêver encore à ces chers cigares. Mais il garde toujours avec fierté et comme une relique la médaille que lui a attribuée l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) de Genève. 


Havane versus Boyard


gal_3686.jpgLe Che aussi offrait des cigares. Une photo est très connue. En 1960, Jean Paul Sartre, grand fumeur de pipe, puis fumeur impénitent de cigarettes est reçu par l’Argentin, alors président du Banco Nacional de Cuba. Il est minuit, l’entretien a lieu dans le grand salon de la présidence. Sur la photo prise par Korda, on voit Sartre, costume et cravate noires, assis sur un canapé de cuir, légèrement penché en avant, un cigare sans bague entre l’index et le majeur de la main droite, manifestement maladroit, les deux doigts trop près des lèvres. En face de lui, le Che assis sur un fauteuil tend vers Sartre la flamme d’un gros briquet de bureau. On peut penser qu’à ce moment là le Che eut l’amabilité de ne pas dire à Sartre qu’un cigare ne doit pas être dirigé vers le bas. D’après l’écrivain et journaliste cubain Jaime Sarusky, « Sartre avait saisi le cigare avec timidité, pour ne pas dire avec appréhension, comme s’il essayait de s’adapter à cette nouvelle expérience, très différente de celle de fumer des cigarettes, qu’il ne prenait pas simplement entre deux doigts, il donnait l’impression de les agripper, l’index en crochet ».

Ah, les fameuses Boyard de JPS ! Même Fidel Castro fut intrigué par ces cigarettes au diamètre imposant, au point qu’il demanda à l’écrivain français d’en goûter une. C’est Lisandro Otero, témoin direct, qui le raconte. Fidel lui demanda s’il connaissait la saveur des havanes. Sartre et el Comandante se mirent à fumer quelques cigares et avec plaisir (« fumaron a gusto »).     

Ainsi, sauf erreur, Jean Paul Sartre aura été probablement le premier français à fumer un havane et avec Fidel et avec le Che. Qui dit mieux ? Notre président à vie du Club des Parlementaires (français) Amateurs de Havanes, André Santini, trop jeune, n’aura jamais eu une telle chance. Lui pour qui un jour sans un havane est un jour sans pain, sans soleil ou sans trait d’humour.

Dès 1963 « le cigare de Fidel » était déjà excellent. Les experts cubains se mirent, au fil des ans,  à l’améliorer de plus en plus…jusqu’à aujourd’hui. L’Amateur écrit notamment sur ce Lancero : « il a incontestablement une allure folle (…) A déguster les yeux fermés » Il est manifestement destiné aux connaisseurs, aux amateurs confirmés…et depuis 44 ans, depuis sa première version. A la question de savoir si Fidel Castro offrait d’autres types de havane à ses amis, aux personnalités qui venaient à Cuba ou à qui il expédiait des boîtes de ces petits chefs d’œuvre, posée en 1996 avec insistance par son ami américain Marvin Schanken, le boss de la revue « Cigar Aficionado », le leader cubain répondit par la négative, selon l’expert Adargelio Garrido de la Grana (1958), auteur du livre culte : « …Lo Llamaremos Cohiba » (Ed. Habanos SA, 1997).                              

 Notes

(1)- C’est le torcedor Eduardo Rivera Irizarri, alors qu’il travaillait à la fabrique Por Larranaga puis à La Corona, qui avait créé pour lui-même (ce qu’à Cuba on appelle la fuma, une quantité de cigares roulés par le torcedor, pour sa consommation personnelle) ce cigare qui allait porter le nom de Cohiba. Pendant quelque temps, Rivera continua à fournir Chicho, sans savoir à qui cette « fuma » était réellement destinée. Puis il devint « le » torcedor de Fidel, avant de devenir le premier directeur d’une école de torcedores où étaient roulés très secrètement les exemplaires pour le Comandante. Ce n’est que vers 1973 que les Cohiba (le Lancero) sont progressivement mis sur le marché intérieur, principalement pour le corps diplomatique et les journalistes de la presse étrangère (2) avant un lancement international seulement en 1982. Les premières vitoles Cohiba furent après le Lancero (grand panatella) le Corona Especial et le Panetela.
Pour la petite histoire, à l’occasion des fêtes de fin d’année 1965, la torcedora Josefina Hernandez eut le privilège de rouler une sélection de ces cigares sans marque, qui fut envoyée au Général de Gaulle (1890-1970), alors (réélu depuis 1964) président de la République.     

(2)- Ce Lancero de 192 mm (environ 15 mm de diamètre) était vendu au DiploMercado de Miramar (alors le seul lieu avec la DiploTienda qui vendait en peso convertible, n’existant à cette époque là que sous forme de chèques, en parité avec le peso cubain) et pour une toute petite poignée de convertibles. Il vaut aujourd’hui en France entre 16 et 17 euros l’unité… Lors des réceptions gouvernementales, la plupart du temps en présence du Comandante en Jefe, il y avait trois sortes de grands plateaux ronds que présentaient les serveurs aux invités, l’un pour les amuse-gueule salés ou sucrés, un autre pour les boissons,  classiques donc, et encore un autre pour … « les cigares de Fidel » à discrétion, les mêmes ou presque qu’avait fumé Ernesto Guevara.

Source : proposé par l'auteur

Article original publié le 17 janvier 2008

Sur l’auteur

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 13:38

lo11_1977978_3_px_470_.jpgL'heure de la retraite a sonné pour cet artisan chaudronnier soudeur. Après avoir exercé son métier pendant quarante ans, Michel Touzard a décidé de mettre en application ses qualités de soudeur pour créer des compositions en fil inox. « Il y a une dizaine d'années, lors d'un voyage à Cuba, j'avais pu voir le portait de Ché Guévara représenté en fer forgé Place de la Révolution à la Havane. Çà a fait tilt dans ma tête, pourquoi ne pas le représenter en miniature et en fil inox ? »

Le Ché en fil inox

« Plus jeune, j'avais déjà réalisé des sculptures, principalement des Don Quichotte, à l'aide de vis, boulons et écrous », précise l'artisan. Son activité lui prenant beaucoup de temps, il a fallu attendre la retraite pour enfin mettre en pratique ce qu'il désirait depuis longtemps. « Mon premier tableau a été le Ché en fil inox sur fond de papier à dessin noir. »

Pour l'artiste, le fil inox brille et il est plus joli que l'acier brut, même si les soudures sont plus difficiles car elles demandent beaucoup de précision. Plus le fil est fin, plus le soudage est délicat, mais ce n'est pas un problème pour le soudeur chevronné. Au fur et mesure, il se prend à son propre jeu en créant des tableaux d'artistes comme Brel, Brassens, Coluche, Presley... Toujours sur fond noir.

« Il faut des visages expressifs et ce sont souvent les rides qui donnent l'expression et la reconnaissance du portrait. » Depuis, l'artiste a diversifié ses oeuvres en y apportant de la couleur. « Je m'inspire de peintres tels Ona et Farel et j'agrandis à l'échelle désirée. Je commence par la structure métallique en épousant les contours et je reproduis plus ou moins les couleurs en laissant travailler mon imaginaire. »

Les projets de Michel Touzard sont nombreux puisqu'il souhaite aussi reproduire en trois dimensions des villes et immeubles. « Je peux aussi réaliser des portraits ou autre à la demande si j'ai une photo de bonne qualité. »

Contact : 02 97 32 58 00 ou michel.touzard340@orange.fr. Ses oeuvres sont exposées au bar de Sapin en Gam, sur la route d'Arzano, pendant deux mois.
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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 10:27

che-guevara.pngPubliée pour la première fois en Argentine en 1968, interdite par la junte militaire dès 1973, la biographie d'Ernesto Che Guevara scénarisée par Hector Oesterheld et illustrée par Alberto et Enrique Breccia est éditée pour la première fois en France. Un miracle quand on sait que le scénariste fut assassiné, que certaines des planches originales furent brûlées par la junte et que d'autres furent enterrées par Breccia père et fils dans leur jardin. La vie du médecin et guérillero y est racontée via des flash-back. Les dessins aux lignes épurées retranscrivent avec lyrisme les épisodes de son combat révolutionnaire.


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Alberto et Enrique Breccia / Hector Oesterheld, Che (Éditions Delcourt).

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 08:40
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Fotos: Kaloian : pour en voir plus cliquez sur la photo...sur le site Cubadebate
La mairie de Rosario passe un accord avec Cuba et avec le CILCA pour la création d’un centre d’études sur le Che

La Havane, 16 décembre, (RHC)--. La mairie de Rosario, ville natale de Che Guevara, a passé un accord avec Cuba et avec le CILCA, le Congrès International de Littérature Centraméricaine pour la création d’un centre d’études sur le Che.

Miguel Lifschitz, maire de Rosario, Aramis Fuente, ambassadeur de Cuba en Argentine et Norberto Galiotti, président du CILCA ont signé l’accord au siège de la mairie de cette ville du Nord de l’Argentine.

Au cours de la cérémonie, l’ambassadeur de Cuba s’est dit honoré de prendre part à la cérémonie qui lance ce projet visant à approfondir dans la pensée d’Ernesto Guevara et d’autres grands hommes de notre continent.

De son côté, le maire de Rosario a rappelé que cette idée est née, en juin 2008, lors de l’inauguration d’un monument du guérillero héroïque, sur une place de la ville.

Au terme de la signature de cet accord, 79 Argentins alphabétisés avec la méthode cubaine « Moi, oui, je peux » se sont vus remettre leur diplôme.
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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 11:47

Peu de figures ont atteint une dimension aussi universelle dans l’imaginaire populaire, la conscience et l’œuvre spirituelle des peuples que celle du Commandant Ernesto Ché Guevara dont l’intégrité, la fermeté et le sens profondément solidaire de la vie le transforment en un symbole et un exemple ainsi qu’un défi pour les hommes et les femmes de notre temps.

Des philosophes, des économistes, des leaders populaires, des dirigeants politiques aux horizons politiques les plus divers, ainsi que des artistes de tous les secteurs de la culture : les arts plastiques, la musique, la littérature, le cinéma ou le théâtre ont étudié et reflété dans leurs œuvres le legs historique du Ché.

42 ans après que le Ché fut blessé au combat, arrêté puis assassiné, sa figure prend des dimensions plus grandes chaque jour et elle se trouve à la tête des premiers rangs des combattants de milliers de batailles dans le monde entier. Lutte contre le régime putschiste au Honduras et dans les rues d’Istanbul où l’on manifeste contre les politiques imposées par el FMI, le Fonds Monétaire International ; dans les marches des indiens péruviens et centroaméricains, bref où qu’il y ait une injustice à réparer.

Le Ché était né le 14 juin 1928, dans la ville de Rosario, en Argentine et il est entré dans l’immortalité le 9 octobre 1967, assassiné, 24 heures après avoir été blessé au cours d’un combat, dans une salle de classe de la petite école du village de La Higuera, en plein cœur de la Bolivie.

Sa disparition physique a été annoncée à La Havane le 18 octobre de cette même année-là par le leader de la Révolution Cubaine, Fidel Castro qui a lancé un très grand défis à tous les hommes des générations futures lorsqu’il leur a proposé le guérillero héroïque comme modèle et les a appelés à être comme le Ché.

Son passage par ce monde a été un long parcours aux côtés des peuples, parcours qu’il a commencé quand, tout jeune encore, il a traversé le Sud du continent en moto. Ce parcours lui a permis de connaître la misère des plus pauvres parmi les plus pauvres.

Attiré par les défis de la révolution démocratique du Guatemala, il a été témoin du renversement du gouvernement de Jacobo Arbenz et il a appris la leçon amère selon laquelle on ne peut pas donner à l’ennemi le moindre avantage.

Pendant son séjour au Guatemala il a fait connaissance de plusieurs combattants cubains dont Ñico Lopez qui l’a baptisé de l’appellatif universel de Ché.

Au Mexique, il a établi des liens avec Fidel Castro et il a adhéré immédiatement à son projet révolutionnaire, d’abord comme médecin de l’épopée du yacht Granma, après comme combattant de la guérilla de la Sierra Maestra jusqu’à atteindre le grade de Commandant de la colonne 8, Ciro Redondo, à la tête de laquelle il a occupé la ville de Santa Clara portant ainsi un coup décisif à la dictature de Batista.

Président de la Banque Nationale de Cuba et ensuite ministre des industries, le Ché a cependant décidé d’abandonner ses fonctions et sons statut et de partir, comme il dit dans sa lettre d’adieux à Fidel Castro, datée d’avril et rendue publique en octobre 1965, vers d’autres terres qui réclament ses efforts. L’internationalisme qui caractérise la Révolution a atteint à ce moment-là un de ces points culminants.

Il devait retourner au sein du peuple qu’il avait fait sien, 32 ans plus tard, lorsque le 17 octobre 1997, ses restes et ceux de plusieurs compagnons de lutte de la guérilla bolivienne ont été déposés au Mémorial de la Ville de Santa Clara.

Depuis là, il préside, aux côtés de Camilo Cienfuegos, de José Marti, de Simon Bolivar, d’Augusto Cesar Sandino, de Farabundo Marti, de Carlos Fonseca, de Francisco Morazan, de Roque Dalton et de dizaines d’autres héros latino-américains et caribéens, les nouveaux efforts pour obtenir l’intégration régionale qui avance et se consolide.

Avec eux, il rappelle au monde, comme il l’a fait dans son discours devant l’ONU le 11 décembre 1964, que « cette grande humanité a dit assez ! et s’est mise en marche. Et sa marche de géant ne s’arrêtera pas jusqu’à conquérir la véritable indépendance ».

 

 

 

Fuentes: RHC, AIN, GRANMA, TRABAJADORES, JUVENTUD REBELDE, PL, REUTER, EFE, IPS, ANSA, AFP, XINHUA, TASS, DPA, AP
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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 11:40


 

 

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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 16:44


[Désormais nous n’avons plus de camp socialiste, lequel nous a fait perdre trop de temps. Nous ne pouvons plus accuser l’URSS et le PCUS (Parti communiste d’Union soviétique). Disparition totale. Ils font partie des souvenirs, dans le meilleur des cas. Il ne nous est pas permis de nous tromper à nouveau, car ce qui n’était peut-être autrefois que naïveté et ignorance, serait aujourd’hui une pure stupidité que l’histoire ne pardonnerait pas.]

 

Prologue à "Ernesto Che Guevara, homme et société. La pensée économique du Che" de Carlos Tablada

 

Un livre sauvé de la mer

 

Editorial Ciencias Sociales Rebelion du 16 juin 2005(Catedra Che Guevara).

 

"Et pouvoir te dire ce que je n’ai pu te dire
Parler comme un arbre, mon ombre vers toi
Comme un livre sauvé de la mer
Comme un mort qui apprend à embrasser
Pour toi, pour toi"

Silvio Rodriguez

 

 

Dans "Gloses à la pensée de José Marti", Julio Antonio Mella [1], le plus intense de tous les Cubains, indiquait :

"Il y a longtemps que je porte en moi un livre sur José Marti, livre que j’aspire à mettre en lettres d’imprimerie. Bien loin de tout patriotisme, quand je parle de José Marti, je ressens toujours la même émotion, la même crainte que celles que l’on éprouve devant les choses surnaturelles".

Ce livre, à mon avis, reste toujours à écrire.

Heureusement, le Che n’a pas connu le même destin. Le livre de Carlos Tablada est en tous cas un de ces livres qui devait être écrit, qui nous fait sentir le Che au combat, obstiné et utile, loin de tout l’oecuménisme et de toute la rhétorique en vigueur parfois, trop souvent, pour nous présenter le Che. Nous sommes en face d’un de ces livres où ce n’est pas l’auteur qui parle, mais le coeur du protagoniste.

Ma relation à ces lettres a quelque chose de particulier. Je ne les ai lues que récemment. C’est pour cela que pour moi ce livre vient à peine de sortir du fournil de l’histoire. Il a été écrit hier. Je me sens saisie d’étonnement et de bonheur, car c’est un livre qui utilise les catégories économiques comme prétexte pour nous montrer une créature possédant la dose la plus élevée de cohérence et d’engagement face à la plus noble des aspirations humaines : la révolution.

Permettez-moi ici de vous conter une première expérience personnelle.

En 1986, après trois années en Allemagne de l’Est à étudier la Physique, j’arrivai à La Havane sans accepter le socialisme. La ex-RDA était pourtant un exemple de "bien" vivre. Le système était satisfaisant pour les plus exigeants. Les avantages matériel de cette société étaient excellents : en matière de transport, de pouvoir d’achat, de système de santé, d’éducation. Néanmoins, il y avait peu de jeunes qui ne voyaient dans la RFA voisine quelque motif pour essayer d’émigrer, des chocolats plus savoureux, des savons plus odorants... Il s’était répandu une maxime qui disait que plus il y a de choses et meilleures elles sont, plus il y a de socialisme. J’ai appris ensuite que cela venait d’une maxime de Staline quand il disait que l’URSS était supérieure au capitalisme parce qu’elle produisait plus d’acier.

Comme l’a justement fait remarquer le Che, ce système était "en dehors de l’homme". Le 5 décembre 1964 il affirma :

"Et par exemple, cette chose si intéressante, je ne sais pas si vous suivez bien la politique internationale, mais cette chose si intéressante que le camarade Khrouchtchev avait dit en Yougoslavie, qui incluait l’obligation pour les gens d’étudier et je ne sais quoi. Car ce qu’il a vu pour la Yougoslavie et qui lui a semblé si intéressant aux Etats-Unis était beaucoup plus développé parce que c’est capitaliste (...). En Tchécoslovaquie et en Allemagne on commence aussi à étudier le système yougoslave pour l’appliquer".

Pour concevoir un système pareil, je l’ai su plus tard, l’argent et ses catégories étaient le plus adéquat. Il n’était pas recherché une nouvelle forme de relations humaines pour produire. Et ce système, qui n’avait pas besoin de l’homme, se créa bien avant, depuis que Colomb décida que la terre était un globe (la globalisation est certes venue par la suite).

J’ai considéré au cours de cet été révélateur de 1986 que je ne pouvais pas adhérer à une société pareille, qui était ma seule vision du socialisme... C’était supposé être, comme me le dirent beaucoup de précieux camarades quand je partis pour l’Europe, "un voyage dans la machine du temps", Cuba devant être 30 années plus tard une République Démocratique Allemande tropicale.

Malgré tout j’ai fait mes études de physique. La physique, en autres avantages, t’astreint au moins à une logique élémentaire et à l’usage inéluctable de la statistique. La situation m’a paru la même dans tous les pays socialistes que j’ai eu l’occasion de visiter, avec plus ou moins de savon et de chocolat.

Je me suis dite que si c’était à ce pitoyable état végétatif qu’ils voulaient réduire la terre sensible de Marti, Fidel n’avait pas à remiser son uniforme de guérillero et moi je ne pouvais pas marcher. Les résultats étaient le manque d’engagement, l’ "aliénation" de la jeunesse, le fétichisme pour les biens de l’énigmatique Occident. Il valait mieux alors que je me tourne vers la Révolution Française et les idées de Rousseau plutôt que vers Octobre 1917, épisode en définitive mineur et mal calculé.

Je n’exagère pas. J’appartiens à une génération de Cubains qui a grandi dans l’apologie du socialisme réel (pour l’appeler ainsi). L’apologie aboutit à l’envoi de dizaines de milliers de jeunes finir leurs études universitaires dans ces sociétés socialistes afin de leur présenter l’avenir de leur propre pays.

Je suis un produit de cette génération née dans les emblématiques années 60 dans le sein de la Révolution Cubaine et qui a dans les années 90, à la trentaine, rejoint les rangs d’un parti communiste alors qu’à la même époque partout dans le monde des dizaines de millions de camarades faisaient le chemin inverse.

Nous sommes de cette génération qui a pensé au départ que la perestroïka, la glasnost et autres sinistres apparitions signifiaient la lutte contre les sociétés bureaucratisées d’Europe de l’Est. Le rêve s’est effondré et au milieu des plus grandes difficultés économiques d’une île livrée à elle-même, beaucoup d’entre nous ont pensé que le monde n’avait d’autre alternative que les lois du marché d’un côté, et cette prison idéologique que j’ai par la suite identfié comme le stalinisme de l’autre. Ce fut une des plus effroyables tempêtes éthiques de l’histoire humaine.

Je ne serai jamais assez reconnaissante à mon père de m’avoir alors remis deux livres qui relataient les avatars du bolchevisme trahi. Comme m’aurait aussi été précieux le livre de Tablada !

Juste avant la mort totale, dans une sorte d’été de la Saint-Martin [2], est sorti le livre de Tablada, escorté par le "processus de rectification des erreurs et tendances négatives", non pour Cuba, mais pour la pratique socialiste mondiale. Je n’en ai su plus là-dessus qu’il y a très peu de temps.

Dans ces moments de désespoir juvénile, il m’a sans doute manqué de la grandeur d’âme ou de l’expérience pour comprendre, cette année-là, qu’un des discours les plus lumineux et nécessaires de Fidel posait le sort du socialisme. Dans un dernier cri, le "processus de rectification des erreurs et tendances négatives" produisit sa dernière lueur d’espoir dans la pratique du haut fait de Lénine. Il n’est pourtant pas vrai qu’à Cuba on a commencé à fabriquer un socialisme "à la cubaine", car s’il y a quelque chose qui caractérise le socialisme, qui le distingue de tous les systèmes antérieurs, c’est l’absence de frontières. "Notre socialisme", comme on dit parfois, est un grand paradoxe, puisque le socialisme est né pour être international. Ce processus qui se tint dans la légère île de Cuba, a été le seul processus sincère de rectification du socialisme du XXe siècle.

Le livre de Carlos Tablada s’inscrit dans cette belle tentative de sauver la pratique socialiste. Après bien des vicissitudes, il a fini par être publié et a reçu en 1987 le prix Casa de las Americas.

Au nom de cette génération idéologiquement perdue, assommée par le stalinisme, trompée par la perestroïka, je remercie sincèrement Carlos Tablada d’avoir sauvé ce livre de la mer. En sauvant ces lettres de la tempête à un moment précis qui était celui du préambule du désastre du socialisme, Tablada nous fait sentir, possédé du fantôme du Che, que les idées de Marx sont toujours viables, que la Révolution d’Octobre peut encore triompher, qu’elle avait été trahie.

En plus d’être un livre sur l’économie, c’est un livre idéologique, de combat, un livre qui peut-être aurait dû être publié bien plus tôt, au moment où nous étions submergés par le "calcul économique" et que nous pensions, comme mes condisciples allemands, que la société socialiste consistait à produire de meilleurs savons.

Aujourd’hui encore, il y a des camarades qui continuent à diffamer le Che. Il y a beaucoup de militants qui le considèrent comme un exemple de foquiste courageux, qui ne connaissait pas les "méthodes" léninistes de lutte et dont la pensée économique dans la période de transition se limita à "exagérer" les valeurs morales. Ils estiment qu’il a été un grand révolutionnaire, mais incapable de comprendre la réalité sociale qu’il évitait, que son apport à la théorie marxiste a été bien maigre, et qu’il subordonnait la transition au socialisme au "travail volontaire".

Je voudrais m’arrêter un peu là-dessus, car c’est un motif de douleur profonde que des militants du monde ne parviennent pas à considérer le Che comme un créateur de plus pour le marxisme. D’où vient le mot foquisme ? [3] . Nestor Kohan, dans son livre "Ernesto Che Guevara : un Autre Monde est possible", indique qu’il doit venir d’un essai anthologique du converti français Régis Debray.

Le mot n’est pas mauvais bien qu’on n’ait pas cherché son origine. La définition la plus sérieuse que j’ai trouvé de "foco" (foyer) est la définition géométrique. Les focos se définissent comme les points d’un plan constituant une ellipse. L’ellipse est une forme d’une importance majeure pour notre existence. Il suffit de rappeler ici la Première Loi de Johannes Kepler, le prodigieux astronome allemand du XVIIe siècle. "Les planètes tournent autour du soleil en orbites elliptiques dans lesquelles le Soleil constitue un des foyers de l’ellipse". Alors, sur cette base, le "foco" de Che Guevara est l’équivalent du Soleil grâce auquel nous tournons remplis de chaleur et de lumière.

D’aucuns, quand ils osent encore lever la voix après tant de mensonges, ou en tous cas d’ignorance, lui délivrent une commode couronne d’épines et y inscrivent pour le Congrès de l’Histoire, la phrase sortie de son contexte "rêver l’impossible", en omettant les mots "faire" et "lutter". Ceux-là sont les nouveaux réformistes qui, sous un certain vernis révolutionnaire s’offusquent de tout ce qui les dérangent : partis, engagements, histoire.

Cela est impardonnable. Le Che a été sur cette Terre l’homme qui s’est le plus rapproché de la véritable pratique. Je ne sais pas si son songe d’une nuit d’été a été l’impossible. Mais ce que je sais c’est qu’aucun politique n’a conçu un système économique, éthique et politique plus pertinent pour la réalité de son temps.

Malgré mon manque de connaissances en économie, le livre de Tablada me fait comprendre parfaitement la force des contributions du Che. Le système socialiste devrait se définir non seulement par l’affectation sociale des biens, mais aussi par la manière de les obtenir, par la nature des relations sociales qu’établissent les hommes entre eux dans l’instant de la production. Même s’il s’agit-là d’un fondement du marxisme, ce fondement n’est pas compris dans toute sa portée.

La Nouvelle Politique Economique (NEP), en ce sens, a été beaucoup plus, à mon avis, qu’un pas en arrière, elle a été un recul de la moitié du chemin accompli, duquel il a été fort difficile de revenir.

Je vais illustrer mon propos par un exemple simple :

Imaginons un Couvent de religieuses en grande difficulté économique. La Mère Supérieure prostitue alors les novices les plus belles pour faire rentrer de l’argent. L’argent de cette activité, que sans doute les futures épouses du Christ considéreront comme le Diable, va être utilisé de manière honnête, dans la restauration d’une chapelle, dans l’achat de meilleurs reliquaires pour les saints, dans des dons aux pauvres, etc. Les novices feront alors ce que leurs principes réprouvent pour sauver ce qu’elles aiment. Vont-elles finir comme de vulgaires catins ou comme les nonnes salvatrices du couvent ?

Si on se sert des lois du marché pour bâtir une société qui les contestent, quelle société allons-nous nous construire ? Le socialisme doit être novateur, non seulement dans la manière de distribuer les richesses, mais surtout en tant que système différent pour les produire. Il doit mettre en place de nouveaux rapports dans le processus productif. Le Che avait bien compris cette question. C’est ce que nous restitue l’encre savoureuse de Carlos Tablada, qui montre un révolutionnaire passionné et loquace.

Est-il écrit quelque part que l’homme producteur doive se défaire de sa subjectivité, de sa noblesse et de son altruisme avant d’entrer à l’usine ? L’homme a un estomac et un sexe tout comme un coeur et un cerveau. En quoi faut-il que le coeur et le cerveau commandent, contrôlent et utilisent les lois, et non l’inverse ?

Et maintenant... alors qu’à la vérité le Che avait raison, que le Couvent imaginaire est devenu le plus grand bordel du monde... quelle importance peuvent avoir pratiquement les idées du Che pour l’édification du socialisme ?

Plus que jamais et de manière urgente, ce livre est un livre de combat, et non de souvenirs pour pleurer et maudire le peu de cas que nous avons fait du Che. Les peuples reprennent les voies de gauche, parfois par pur instinct. Au Venezuela, une révolution est en marche, qui sans aucun doute parviendra à se dépasser pour définitivement devenir socialiste, évitant ainsi de se transformer en "caricature de révolution" pour reprendre une autre expression du Che. Pour ce faire, les Vénézuéliens ont un leader incontestable, incorruptible, qui a les pieds sur terre et les pauvres et Notre Amérique au coeur. Je suggère à mes frères vénézuéliens d’utiliser le livre de Carlos Tablada, s’ils veulent savoir comment envisageait de construire le socialisme un de ses plus sérieux constructeurs. Ils n’ont pas pour leur part à devoir batailler contre les modèles préconçus de la gauche (épuisée, détruite et disqualifiée par ses propres erreurs), mais ils ont néanmoins la tâche de sagement raser ceux imposés par la droite, laquelle aujourd’hui a pris la longue route de l’extinction. Sur la terre de Bolivar, a commencé le véritable commencement.

Désormais nous n’avons plus de camp socialiste, lequel nous a fait perdre trop de temps. Nous ne pouvons plus accuser l’URSS et le PCUS (Parti communiste d’Union soviétique). Disparition totale. Ils font partie des souvenirs, dans le meilleur des cas. Il ne nous est pas permis de nous tromper à nouveau, car ce qui n’était peut-être autrefois que naïveté et ignorance, serait aujourd’hui une pure stupidité que l’histoire ne pardonnerait pas.

Si par le cri de "Le Socialisme ou la Mort", on a rendu éternelle, pour résister à l’impérialisme en 1987, la protestation de Baragua [4], le discours de Fidel [5] en commémoration du XXe anniversaire de l’assassinat du Che a constitué aussi, selon moi, la Protestation de Baragua face aux méthodes dominantes du socialisme d’alors, en faisant ressortir clairement quelle était l’unique manière de reprendre le chemin. Le livre de Tablada constitue sa meilleure plate-forme, paraphrasant Antonio Maceo avec ce "Non, on ne se comprends pas" : ni restauration du capitalisme, ni stalinisme qui n’est pas la société que voulaient les meilleurs bolcheviks. Je soupçonne secrètement la bureaucratie stalinienne et les réformistes d’avoir été des alliés stratégiques. Je me demande parfois si ce n’était pas la même chose. Le Che estimait que si Lénine avait vécu il aurait jeté à la poubelle la Nouvelle Politique Economique, qui n’avait de Nouvelle que le nom. Il aurai t été plus juste de l’appeler la VEP (Vieille Politique Economique). Si Lénine n’avait jeté la NEP, c’est la NEP qui l’aurait jeté !

Le livre envoûtant de Carlos Tablada, sorti en juillet 1984 après 15 années de recherches et d’écriture, est une protestation internationale au nom d’Ernesto Guevara. Trois années plus tard, le livre allait devenir un véritable oracle. Un jour, quand on pourra raconter l’histoire du socialisme sans pleurnicher, il faudra accorder une place d’honneur au processus de rectification conçu et réalisé par Fidel Castro, et pour cela le meilleur guide sera le livre de Carlos.

Plus que jamais aujourd’hui, vingt années plus tard, il nous incombe de "réorganiser la guerre". Beaucoup plus vite que nous ne le pensions, les idées socialistes commencent à peser dans la balance de l’avenir des peuples. Ce livre et la pensée du Che sont les classiques les plus adéquats dont nous disposons.

Les portes du socialisme commencent à s’ouvrir aujourd’hui en Amérique latine. Bienvenue !

Che Guevara est désormais indispensable, il est un des rares qui a su éduquer à la fois par la plume, par le fusil et par la conduite des hommes. Il a été un révolutionnaire qui est allé à la conquête du pouvoir pour le prolétariat et pour tous les dépossédés, qui a su l’exercer avec brio, et qui a été capable de l’abandonner pour le combat internationaliste. J’attends qu’on me montre un exemple comparable.

Le Che qui est allé en Bolivie était le même que celui qui travaillait au ministère de l’Industrie, car sa pensée était une, car la construction du socialisme implique la révolution mondiale. C’est pourquoi le Comandante Guevara est un des révolutionnaires les plus intégraux de toute l’histoire. Il a compris, alors que toutes les portes s’ouvraient à Cuba pour la construction du socialisme, qu’il ne pourrait pas pleinement aboutir dans un seul pays. La seule révolution qui produit un changement assuré de société est celle qui s’approfondit jour après jour en même temps qu’elle se propage à d’autres pays.

Carlos Tablada le dit comme l’aurait dit le Che :

"Le Che pensait aussi que Cuba, sans la Révolution latino-américaine, avait très peu de chances de mener à son terme ce que son peuple s’était proposé d’atteindre, une société supérieure sur l’échelle humaine en matière de liberté, d’accès à la culture, à l’éducation et de bien-être pour tous, une société distincte du capitalisme et des régimes du socialisme réel".

Fernando Martinez Heredia a dit cela de manière magistrale dans son magnifique prologue à l’édition d’origine par la Casa de las Americas : "Cette dimension indispensable, sans laquelle il ne saurait y avoir de véritable marche vers le socialisme et le communisme". Bien entendu, cette dimension est aussi présente dans "Le socialisme et l’homme à Cuba" [6] :

" Le révolutionnaire, moteur idéologique de la révolution au sein du parti, se consume dans une activité ininterrompue qui ne se termine qu’à la mort, à moins que la construction du socialisme n’aboutisse à l’échelle mondiale".

Je crois aussi qu’il disait à ses enfants qu’une fois cette tâche accomplie ils "iraient sur la Lune". Sans homme nouveau, il n’y a pas de socialisme à construire, et encore moins d’internationalisme.

Il se pourrait que les ultimes ordres du Che soient codés. Cette balle qui a ébranlé le monde, Léon Trotsky l’a entendue, enveloppé dans ses inoubliables pages de l’ "Histoire de la Révolution russe", cachées dans le sac de combat que lui avait enlevé l’ennemi quelques mois plus tôt en même temps que ses médicaments pour l’asthme [7] .

Il y a quelque quatorze mille millions d’années est né notre Univers dans un immense cri. C’est ce qu’on appelle le Big Bang. Le cri de naissance fut détecté en 1960 par de puissants radiotélescopes et s’appelle "écho du Big Bang". Avec ces appareils nous pouvons "écouter" la naissance du monde.

Avec l’éclatement d’une balle dans une petite école bolivienne est née une autre ère idéologique. Cette ère a transformé le Che en un drapeau pour tous, pour absolument tout mouvement réellement révolutionnaire.

Toute une génération a entendu ce cri, et dans une grande mesure lui a été fidèle. Silvio Rodriguez a été l’un des meilleurs porte-paroles de l’événement. Il l’a défini comme étant l’ère qui vient accoucher d’un coeur.

Aujourd’hui, si nous sommes capables d’améliorer les télescopes de l’engagement et si nous sommes capables, comme nous le propose Silvio, de "laisser la maison et le fauteuil", nous pourrons nous aussi écouter la radiation de fond de cette ère nouvelle.

Ce qui est advenu le 9 octobre 1967 sera entendu dans le monde entier, quand le monde percevra, comme la radiation de fond, qu’il n’y a pas de solution plus sensée et viable que le socialisme. C’est en outre la plus passionnante des solutions.

Notre objectif, celui des révolutionnaires, est de rendre plus puissants ces radiotélescopes et de faire entendre ce son au monde. Ce livre est une des meilleures tentatives pour y parvenir.

Dire que le Che était un idéaliste, dans le sens commun que l’on donne à ce mot, est dans le meilleur des cas... une fanfaronnerie, et dans le pire... la meilleure arme de l’ennemi qui consiste à considérer le Che comme un Don Quichotte se battant contre les moulins à vent. Basta ya ! Le Che a été aux idées socialistes ce que Miguel de Cervantès a été à la littérature. Cervantès a ridiculisé le roman de chevalerie et fondé le roman moderne. Le Che nous propose un marxisme de chair et d’os, réel et utile, libéré de la rhétorique "manuéliste" (marxisme des manuels soviétiques) et des spéculations incertaines qui étaient le monopole de pratiquement tous les partis communistes de cette époque.

Si on ajoute "la scolastique qui a freiné le développement de la philosophie marxiste" (Le Socialisme et l’Homme à Cuba) et ne permet pas le traitement systématique de la période, dont l’économie politique ne s’est pas développée, on doit convenir que nous ne sommes encore qu’aux débuts et qu’il est nécessaire de se consacrer à la recherche de toutes les caractéristiques de cette période, avant de se mettre à élaborer une théorie économique et politique de plus grande ampleur.

Si bien entendu Gramsci a été le premier à conférer une importance décisive à la culture dans la construction du socialisme, le Che est peut-être le pionnier de la morale nouvelle, de l’esprit nouveau que doit acquérir le producteur de biens matériels pour construire la société nouvelle.

L’homme nouveau est la grande oeuvre de Che Guevara. Ce livre l’exprime avec force. Et comme toutes les vérités sont concrètes, comme le disait Lénine, la vérité du Che est fondamentale. Sa conception de la morale socialiste n’était pas ornementale, comme c’est le cas pour ce travailleur qui rentre à la maison après le travail et écoute Verdi. Cet homme nouveau, cette morale nouvelle, nécessaire pour produire, fait partie de la force productive. C’est du moins ce que je comprends à la lecture de ce livre prétendument d’économie. Ce livre qui transpire le Che, se lit les larmes aux yeux, et contrairement à tant de brochures et de lectures préconçues, il devrait être une référence obligée pour les candidats au baccalauréat. Si en lisant Tablada on comprends le Che, on comprend aussi tout naturellement Karl Marx et ses catégories économiques, que l’on peut lire ensuite comme le second chapitre du roman.

C’est là une des vertus de ce livre que je découvre si tard. Il va devenir un classique incontournable. Cette 30e édition, avec son demi-million d’exemplaires vendus et un nombre incalculable de photocopies passées de mains en mains, en atteste.

Paradoxalement, les "manuélistes" prétendaient qu’on se précipitait sur les classiques après lecture de leurs écrits pathétiques. Etait-ce bien vrai ? La réalité n’était-elle pas plutôt que les responsables du "socialisme réel" ne souhaitaient pas qu’on lise les classiques ?

Après avoir senti le Che grâce à la voix de Carlos Tablada, on a conscience du caractère indispensable du livre I du Capital.

Je voudrais, pour finir, faire un autre retour sur une expérience personnelle.

On m’a raconté que Carlos Tablada, il y a bien des années, était allé rendre visite à ma mère. Ma maison (la seule que j’ai jamais reconnue comme mienne) se trouvait à proximité de la mer. Sur la terrasse il y a avait toujours de la fraîcheur, même quand il faisait très chaud. Assis, j’étais encore une gamine, Carlos Tablada promit à ma mère qu’il achèverait son livre. Je ne me souviens pas de l’épisode, si ce n’est qu’il me semble voir flotter la chevelure épaisse de Carlos et bouger les mains blanches de Yeyé (pseudonyme de Haydée Santamaria depuis le temps de la guérilla contre la dictature de Batista), comme chaque fois qu’elle avait des choses importantes à dire. Haydée ne connaissait pas grand chose de l’économie, et encore moins du débat d’anthologie qui avait cours entre calcul économique et système budgétaire. Par contre Haydée avait une étonnante aptitude à pressentir une entreprise. Elle n’aurait sans doute pas pu expliquer avec précision les raisons de sa défense de "La pensée économique d’Ernesto Che Guevara". Mais, pour avoir vécu à ses côtés jusqu’à ce qu’elle décide que son existence n’était plus opportune, je peux vous livrer une piste : elle croyait aux chances de réussite des projets amoureux et quasi-impossibles. Je ne l’ai jamais vue enthousiaste pour ce qui était établi, pour un ministère, ou un département, ou un livre à la publication évidente. Elle fit jurer à Carlos qu’il irait jusqu’au bout, qu’il n’abandonnerait jamais, en dépit de tous les détracteurs invisibles et puissants qui ne manqueraient pas de surgir.

Le Che était pour ma mère l’image même du Ciel sur la Terre. Pourtant, elle ne lui a jamais pardonné d’avoir été machiste en ne l’amenant pas en Bolivie y partager son asthme. Le Che lui avait promis dans la Sierra Maestra qu’ils iraient boire le maté.

Comme ma mère me racontait cela avec une gêne très visible ! J’ai compris, toute petite, que mon frère et moi étions loin d’être le plus important pour elle, qu’il y avait quelque chose de diffus et magique qui dépassait ses enfants, son travail, sa vie avec mon père, qui était l’oeuvre que construisait Fidel et son peuple. Ce dessein était la Révolution dans le monde. Elle n’a pas eu besoin de lire Marx ou Trotsky pour comprendre que La Moncada était le début d’une lutte planétaire. Telle était cette femme irrévérencieuse et convulsive qui fit jurer au jeune Carlos de ne pas renoncer à nous faire sentir le Che combattant les tristes démons du socialisme réel.

Carlos m’a assuré que j’étais bien présente près de ma mère quand il lui a fait sa promesse. Je suis presque certaine que dans ce bonheur irrépressible qui m’a envahi en lisant le Che à travers la plume patiente de Carlos, volait secrètement le fantôme de Yeyé. C’est pour ce bonheur, le véritable et non le maigre bonheur de la sécurité matérielle, pour ne pas me tromper, pour que je poursuive le chemin de la révolution sans hésitation, sûre de l’interminable victoire, que ma mère fit promettre à Carlos qu’il n’abandonnerait pas l’écriture d’un livre pour lequel nous savons combien de murs il lui a fallu abattre.

Je le remercie alors au nom de ma mère d’avoir tenu sa promesse. Je le remercie aussi d’être resté ce jeune en lutte contre ces pouvoirs occultes. Je sais qu’Haydée est heureuse, car je l’ai senti d’innombrables fois dans ces lettres étonnantes.

Haydée a beaucoup pensé à ce bonheur qui s’emparerait de cette fillette à voir le Che sortir des affichettes et des chemisettes pour nous accompagner dans les années difficiles qui attendaient cette génération maltraitée à laquelle j’appartiens.

Dans ce livre mystérieux Carlos Tablada a sorti du silence la voix de l’homme dont le monde a le plus besoin. Pour avoir sauvé son livre de la mer, il est mon héros.

Celia Hart Santamaria

 

Physicienne et auteur d’articles scientifiques, Celia Hart Santamaria est actuellement chercheuse au Musée Abel Santamaria à Cuba. Ces dernières années, elle a écrit des articles et essais politiques publiés dans de nombreuses revues et sites internet, avec des traductions dans diverses langues.

 

Textes traduits en français :

-Venezuela : Le 15 août nous prendons le Palais d’Hiver, août 2004.

- Considérations en marge du crime, septembre 2004.

- "La défense de Cuba passe par la révolution socialiste en Amérique latine et dans le monde", 10 octobre 2004

- L’homme des grandes enjambées, décembre 2004.

- La révolution socialiste est l’unique alternative, RB n°7 janvier 2005.

-"Ce sont les mêmes", RB n°7 janvier 2005.

- Bilan de rêves et résurrection à La Havane, RB n°8 février 2005.

- Il faut sauver le révolutionnaire Chavez, mars 2005.

- Socialisme dans un seul pays et Révolution cubaine, Inprecor n°500, décembre 2004.www.inprecor.org/500/Cuba_C_Hart.htm

 

 Traduction et notes : Gérard Jugant, pour Révolution Bolivarienne N° 12
bolivarinfos@yahoo.fr.

 

Pour bien juger des révolutions et des révolutionnaires, il faut les observer de très près et les juger de très loin (Simon Bolivar).

 

 

[1] Julio Antonio Mella (1903-1929). Né à La Havane d’un père dominicain et d’une mère irlandaise, Mella est une des plus prestigieuses figures révolutionnaires cubaines et latino-américaines. Leader de la Réforme universitaire à Cuba et à l’échelle latino-américaine, fondateur de l’Université Populaire José Marti, il est aussi co-fondateur du Parti Communiste de Cuba en 1925. Contraint à s’exiler par la dictature, il sera assassiné à Mexico en 1929.

[2] Karl Marx parle aussi d’été de la Saint-Martin pour définir des moments de récupération dans les processus de crise historique, préludes à la chute finale du monde ancien (Prologue du 9-5-1864 à la première édition du livre I du Capital).

[3] Le foquisme est la construction de foyers de guérilla dans la campagne, foyers devant irriguer l’ensemble d’un pays et provoquer une crise de l’appareil d’Etat.

Pierre Kalfon rappelle (in Les Amériques latines en France, Gallimard, 1992) qu’en 1965 Che Guevara avait signalé à Fidel un article des Temps Modernes (janvier 1965, n°224) intitulé "Le castrisme, la Longue Marche de l’Amérique latine"dans lequel Régis Debray analysait les perspectives de la stratégie du foco. Cela débouchera en 1967 sur un livre d’une centaine de pages, consacré à la guérilla, Révolution dans la Révolution ?, publié d’abord à Cuba à 200 000 exemplaires, puis ensuite chez Maspero. Le livre de Régis Debray se veut une "synthèse théorique" de la révolution cubaine. Certains vont jusqu’à considérer le foquisme comme une vision "révisionniste" qu’a cherché un moment à donner d’elle-même la révolution cubaine. En fait, la thématique du "foco" est présente dans les écrits du Che mais d’une manière très différente de la théorisation simplificatrice élaborée par Régis Debray. On sait d’ailleur s que le Che était très critique à l’égard du livre de Debray.

L’actuel président du Venezuela, Hugo Chavez, est revenu sur la question, dans son discours du 30-01-05 à Porto Alegre. Si le "foco" est manifestement aujourd’hui une "tactique erronée", a observé le président Chavez, il n’empêche que nous devons continuer "à être inspirés par le Che", dont "l’objectif était correct et nécessaire".

[4] La Protestation de Baragua est le serment prononcé dans cette localité par les indépendantistes menés par Antonio Maceo, le 15 mars 1878, de continuer la lutte jusqu’au bout pour l’indépendance (en réaction au Pacte de capitulation du Zanjon proclamé les Espagnols). Ce lieu des Mangos de Baragua sera le point de départ de la guerre d’indépendance déclenchée en 1895 sous la conduite de José Marti.

[5] Dans l’hommage que Fidel Castro rend au Che le 8 octobre 1987 à Pinar del Rio, "en plein processus de rectification" il dénonce les "vices dans la construction du socialisme". Le livre de Tablada est mentionné en tant que source essentielle de connaissance de la pensée économique du Che. Fidel ajoute : "Le Che était radicalement opposé à l’utilisation et au développement des lois et catégories économiques du capitalisme dans la construction du socialisme". Il est très clair, dans ce discours, que Cuba n’entend pas s’appuyer sur les lois économiques du capitalisme pour remédier aux difficultés de la période, s’opposant ainsi formellement à la perestroïka à l’oeuvre en URSS.

[6] Ce petit livre, publié à La Havane en 1967 (Institut du Livre, 48 pages), a été écrit par le Che en Afrique en 1965 (il s’agissait au départ d’un article publié dans la revue uruguayenne Marcha). Le Che y expose sa conception de l’homme, qui doit cesser d’être un "homme-marchandise", et déclare que la tâche nécessaire au socialisme est de développer "l’homme nouveau", "l’homme du XXIe siècle que nous devons créer", etc. On a dit que ce texte "a le sens caché d’un adieu".

[7] Le Che mentionne dans son Journal de Bolivie du 31-07-1967 avoir perdu, dans l’embuscade de la veille, 11 sacs contenant outre "des médicaments, des jumelles et certains objets compromettants [...], le livre de Debray [que j’ai] annoté et un livre de Trotski...".

Son compagnon d’armes Harry Villegas ("Pombo") est plus précis en indiquant dans son Journal qu’il manquait "le livre de Debray Révolution dans la Révolution ? corrigé par le Che ; un livre de Trotski sur la révolution russe ; le journal de Ricardo, ainsi que toute la réserve de médicaments" (Harry Villegas, "Un homme de la guérilla du Che", Graphein, 1997).


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Published by cuba si lorraine - dans El Che
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