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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 22:39
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Published by cuba si lorraine - dans Fidel
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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:40

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Il y a quelques jours, je me référai aux grands défis que l'humanité affronte aujourd'hui. La vie intelligente a surgi sur notre planète il y a environs 200 000 ans, sauf nouvelles découvertes qui démontreraient autre chose.

 

Ne pas confondre l'existence de la vie intelligente avec l'existence de la vie qui surgit il y a des millions d'années, depuis ses formes élémentaires dans notre système solaire.

 

Il existe un nombre pratiquement infini de formes de vie. Dans le travail sophistiqué des plus éminents scientifiques du monde, on a déjà conçu l'idée de reproduire les sons qui suivirent le Big Bang, la grande explosion qui eut lieu il y a plus de 13 700 millions d'années.

 

Cette introduction serait trop longue si ce n'était pour expliquer la gravité d'un fait aussi incroyable et absurde que l'est la situation créée dans la péninsule de Corée, dans une zone géographique où se regroupent presque 5 000 des 7 000 millions de personnes qui habitent la planète en ce moment.

 

Il s'agit de l'un des plus graves risques de guerre nucléaire depuis la Crise d'Octobre en 1962 autour de Cuba, il y a 50 ans.

 

En 1950, se déchaîna ici une guerre qui coûta des millions de vies. Il y avait à peine 5 ans que deux bombes atomiques avaient explosé sur les villes sans défenses d'Hiroshima et de Nagasaki, bombes qui en quelques minutes tuèrent et irradièrent des centaines de milliers de personnes.

 

Dans la péninsule coréenne, le Général Douglas MacArthur voulut employer les armes atomiques contre la République Populaire Démocratique de Corée. Même Harry Truman ne se l'est pas permis.

 

Selon ce qu'on dit, la République Populaire de Chine a perdu un million de vaillants soldats pour empêcher qu'une armée ennemie s'installe à la frontière de ce pays avec sa Patrie. L'URSS, pour sa part, fournit des armes, un appui aérien, une aide technologique et économique.

 

J'ai eu l'honneur de connaître Kim II Sung, une figure historique, remarquablement courageux et révolutionnaire.

 

Si là éclate une guerre, les peuples de deux parties de la Péninsule seront sacrifiés d'une terrible façon, sans bénéfice pour aucune d'elles. La République Populaire Démocratique de Corée fut toujours amicale avec Cuba, comme Cuba l'a toujours été et continuera à l'être avec elle.

 

Maintenant qu'elle a démontré ses avancées techniques et scientifiques, nous lui rappelons ses devoirs envers les pays qui ont été ses grands amis et il ne serait pas juste d'oublier qu'une telle guerre affecterait de façon particulière plus de 70% de la population de la planète.

 

Si là éclatait un conflit de ce type, le Gouvernement de Barack Obama dans son second mandat serait enseveli par un déluge d'images qui le représenterait comme le plus sinistre personnage de l'histoire des Etats-Unis . Le devoir de l'éviter est aussi le sien et celui du peuple des Etats-Unis.

 

Fidel Castro Ruz

4 avril 2013, 11h12 p.m

 

(traduction Françoise Lopez)

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 10:03

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Une dépêche de la principale agence de presse étasunienne, l’AP, datée d’aujourd’hui, à Monterrey (Mexique) l’explique avec une clarté aveuglante. Ce n’est pas la première, et ce ne sera sans doute pas la dernière, à porter sur une réalité qui dément l’infinité de mensonges par lesquels les États-Unis prétendent justifier le sort inhumain qu’ils réservent aux peuples de Notre Amérique.


Que raconte cette dépêche ?


« MONTERREY, Mexique (AP). Quarante-neuf cadavres décapités et mutilés ont été découverts abandonnés et baignés de sang sur une route qui relie le nord de la ville mexicaine de Monterrey à la frontière des États-Unis, ce qui semble être le dernier épisode de l’escalade de la guerre d’intimidation que se livrent des bandes de trafiquants de drogues.


« Les cadavres de quarante-trois hommes et de six femmes ont été découverts dimanche à 4 heures du matin, près de la localité de San Juan, sur une route sans péage qui conduit à la ville frontalière de Reynosa. Quelqu’un a écrit à l’aérosol sur l’arc de pierre qui accueille les visiteurs : "100% Zeta".


« Le porte-parole de sécuritéde l’administration de l’État septentrional du Nuevo León, Jorge Domene, a affirmé en conférence de presse qu’on a découvert auprès des corps en décomposition une banderole où le groupe des Zetas s’est attribué le massacre.

« Les corps pourraient avoir été là depuis quarante-huit heures, si bien que les autorités ne croient pas qu’ils aient été assassinés sur place. "Aucun n’avait sa tête, et ils ont tous été mutilés des extrémités inférieures et supérieures, ce qui complique leur identification", a affirmé le fonctionnaire.


« Le procureur de l’Etat, Adrián de la Garza, a affirmé que, comme il n’existait pas de dénonciations de disparitions ces derniers jours, il pourrait s’agir de personnes d’autres États mexicains, voire de migrants centraméricains qui tentaient de gagner les États-Unis.

« Les cartels mexicains de la drogue se livrent une guerre toujours plus sanglante pour contrôler les routes de contrebande, ainsi que le marché local de drogues et de l’extorsion dont les victimes incluent des migrants qui cherchent à atteindre les États-Unis.


« Depuis début mai, dix-huit corps ont été découverts dans une zone touristique proche de Guadalajara ; vingt-trois cadavres sont apparus décapités ou pendus d’un pont à la ville frontalière de Nuevo Laredo où l’escalade de la violence entre les cartels s’aggrave ; cette année-ci, des cadavres ont été découvert dans les Etats de Veracruz, de Guerrero, de Morelos, de  Jalisco, de Tamaulipas et de Nuevo León.”


« Selon le fonctionnaire, rien n’indique que la nouvelle vague de violence soit en rapport avec les élections présidentielles de juillet. "C’est la dynamique de la guerre entre les cartels", a-t-il affirmé. »


De son côté, le portail Internet de BBC Mundo informe :


« Les scènes de corps décapités et mutilés dans le Nuevo León où quarante-neuf cadavres ont été abandonnés sur la route dimanche dernier ont bouleversé bien des gens à cause de la sauvagerie extrême affichée par les assassins. Même au Mexique où, après cinq ans de guerre intense entre les cartels, on pensait avoir tout vu. »


De nombreux pays de Notre Amérique sont touchés par ces problèmes.


Dans notre patrie, des problèmes pareils n’existent pas. Est-ce pour ça que l’Empire veut nous amener à la reddition par la faim et l’hostilité ? Un demi-siècle ne lui a pas suffi, et je doute fort qu’il dispose d’un nouveau demi-siècle avant qu’il ne soit enseveli, plus tôt que tard, sous sa propre fange.

 

Fidel Castro Ruz

Le 14 mai 2012

16 h 36

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 09:28

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En cherchant une photo pour illustrer ces réflexions de Fidel  je suis tombée sur cette galerie de très belles photos de la dernière commémoration, je n'ai pu me résoudre à choisir parmi les trois ci-dessus...CSL

 

 

On ne peut juger aucun fait politique en dehors de l’époque et des circonstances où il s’inscrit. Nul ne sait guère plus que le centième de la fabuleuse histoire de l’homme, mais c’est pourtant grâce à elle que nous connaissons des événements qui dépassent les frontières de l’imaginable.


Le privilège d’avoir connu des gens, voire des lieux où se sont déroulés certains des événements en rapport avec la bataille historique me faisait attendre la commémoration de cette année-ci avec encore plus d’intérêt.


Cet exploit colossal a été le fruit de l’héroïsme d’un ensemble de peuples que la révolution et le socialisme avaient unis et enlacés pour mettre fin à l’exploitation brutale que le monde supporte depuis des millénaires. Les Russes ont toujours été fiers d’avoir dirigé cette révolution et des sacrifices qu’ils ont été capables de consentir pour la mener à bien.


Ce très important anniversaire de la victoire ne pouvait se fêter sous un drapeau et un nom différents de ceux qui avaient présidé à l’héroïsme des combattants de la Grande Guerre patriotique. Du moins restait-il encore quelque chose de sacré et d’indélébile : l’hymne aux notes inoubliables duquel des millions d’hommes et de femmes défièrent la mort et écrasèrent les envahisseurs qui voulaient imposer mille années de nazisme et d’holocauste à toute l’humanité.


C’est avec ces idées en tête que j’ai regardé pendant plusieurs heures avec un grand plaisir le défilé le mieux organisé et le plus martial que j’aie jamais vu, réalisé par des hommes formés dans les écoles militaires russes.


Les Yankees et les armées sanguinaires de l’OTAN ne s’imaginaient sûrement pas que les crimes commis en Afghanistan, en Iraq et en Libye ; les attaques au Pakistan et à la Syrie ; les menaces contre l’Iran et d’autres pays du Moyen-Orient ; les bases militaires en Amérique latine, en Afrique et en Asie pourraient se faire dans l’impunité absolue et sans que le monde ne prenne conscience de cette menace insolite et insensée.


Que les Empires oublient vite les leçons de l’Histoire !


Les armements exhibés à Moscou le 9 mai ont prouvé la capacité impressionnante de la Fédération de Russie à riposter d’une manière adéquate et variable aux moyens classiques et atomiques les plus perfectionnés de l’impérialisme.


C’est bien la cérémonie que nous attendions en ce glorieux anniversaire de la victoire soviétique sur le fascisme.

 

 

Fidel Castro Ruz
Le 10 mai 2012
20 h 14

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 22:32

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J’ai bien observé Obama à la fameuse « réunion au sommet » : il était recru de fatigue, il fermait les yeux sans le vouloir, mais il dormait parfois les yeux ouverts.

 

Ce n’est pas un syndicat de présidents désinformés qui s’est réuni à Cartagena, mais les représentants officiels de trente-trois pays de ce continent, dont une large majorité réclame des réponses à des problèmes économiques et sociaux très importants qui frappent la région du monde où la distribution de la richesse est la plus inéquitable.

 

Je ne tiens pas à devancer les opinions de millions de personnes capables d’analyser en profondeur et la tête froide les problèmes de l’Amérique latine, des Caraïbes et du reste d’un monde globalisé où quelques-uns ont de tout et le reste n’a rien. Appelez-le comme ça vous chante, toujours est-il que le système imposé par l’impérialisme sur ce continent est à bout de souffle et ne se soutient plus.

 

L’humanité devra se colleter dans un avenir proche, entre autres problèmes, à ceux qui ont trait aux changements climatiques, à la sécurité et à l’alimentation d’une population mondiale qui ne cesse de croître.

 

Des pluies excessives frappent la Colombie et le Venezuela. Une analyse récente révèle qu’en mars de cette année-ci, les États-Unis ont connu des températures supérieures de 4,8ºC à la moyenne historique. Ces changements que l’on connaît bien dans les capitales des principaux pays européens ont des conséquences catastrophiques pour l’humanité.

 

Les peuples attendent de leurs dirigeants politiques des réponses claires à ces problèmes.

 

Les Colombiens, hôtes de ce Sommet discrédité, sont un peuple travailleur et actif qui a besoin comme les autres de la collaboration de ses frères latino-américains, en l’occurrence vénézuéliens, brésiliens, équatoriens, péruviens et autres capables de faire ce que les Yankees ne feront jamais avec leurs armes perfectionnées, leur expansionnisme et leur appétit matériel insatiable. La formule prophétique de José Martí est plus d’actualité qu’à aucun autre moment de l’Histoire de l’Amérique latine : « …les arbres doivent se mettre en rang pour que le géant aux sept lieues ne passe pas ! C’est l’heure du dénombrement et de la marche unie, et nous devons aller en carré serré, comme l’argent à la racine des Andes. »

 

Qu’elles étaient loin de la pensée brillante et lucide de Bolívar et de Martí les phrases mielleuses, ressassées et éculées que l’illustre Prix Nobel a dites au cours d’une tournée ridicule dans les campagnes colombiennes et que j’ai écoutées hier après-midi :  elles rappelaient les discours typiques de l’Alliance pour le progrès, voila cinquante et un ans, quand les crime monstrueux qui frappèrent ce sous-continent n’avaient pas encore été commis, et que notre pays luttait pour exercer son droit non seulement à l’indépendance, mais à son existence comme nation.

 

Obama a parlé de remise de terres, sans dire combien, quand ni comment.

Les transnationales yankees ne renonceront jamais au contrôle des terres, des eaux, des gisements, des ressources naturelles de nos pays. L’Empire devrait fermer ses bases militaires et retirer ses soldats de tous nos territoires ; renoncer à l’échange inégal et au pillage de nos nations.

 

Peut-être la CELAC se convertira-t-elle en ce que doit être une organisation politique sous-continentale, sans les États-Unis et le Canada. L’Empire décadent a bien gagné le droit de reposer en paix.

 

Je pense qu’il faudrait bien conserver les images du Sommet comme exemple d’un désastre.

 

Je laisse de côté le scandale provoqué par la conduite qu’on attribue aux membres des services secrets chargés de la sécurité personnelle d’Obama. J’ai l’impression que l’équipe qui s’en occupe se caractérise par son professionnalisme. C’est en tout cas ce que j’ai constaté lors de mes visites à l’ONU quand ils se chargeaient de la protection des chefs d’État. Sans doute l’ont-ils protégé de ceux qui n’hésiteraient pas à agir contre lui par préjugés raciaux.

 

Puisse Obama dormir les yeux fermés, ne serait-ce que quelques heures, avant que quelqu’un ne lui administre un discours sur le sexe des anges à un Sommet irréel.

 


Fidel Castro Ruz
Le 16 avril 2012
19 h 40

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 00:21

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J’ai été sidéré d’écouter aujourd’hui le discours de José Miguel Insulza à Cartagena : je supposais que quelqu’un qui parlait au nom de l’OEA réclamerait au moins le respect de la souveraineté des pays de ce sous-continent qui, des siècles durant, furent colonisés et cruellement exploités par les puissances coloniales.

Or, il n’a pas dit un traître mot des îles Malvinas ni exigé que l’on respecte les droits souverains de la nation sœur argentine.

Le Sommet de Cartagena a été parsemé de scènes qu’il ne sera pas facile d’oublier. Il est vrai qu’elle a impliqué un énorme effort. Bien que plusieurs heures se soient écoulées, nous n’avons toujours pas la moindre idée de ce qu’il s’est passé durant le déjeuner par lequel Santos a tenté de réparer les énergies perdues par les participants à ce rendez-vous.

Quiconque aime se divertir aura rarement l’occasion de voir les visages de plus de trente dirigeants politiques que suivaient les  caméras de télévision depuis le moment où ils descendaient de voiture jusqu’au moment où, après avoir fait un dernier effort pour terminer le long couloir et son tapis, ils montaient les dix ou douze marches pour atteindre l’estrade où les attendait, souriant et heureux, leur hôte. Là, peu importe la jeunesse, l’âge, les pieds plats, les rotules opérées ou les difficultés à l’une ou l’autre jambe : ils étaient obligés de suivre jusqu’en haut. Riches et pauvres devaient se plier au cérémonial.

Curieusement, Obama a été le seul à profiter de ce trajet pour faire un peu d’exercice. Comme il était seul, ça lui était plus facile : il a adopté une attitude sportive et grimpé les marches au trot.

Ce sont les femmes, comme Premières dames ou chefs d’État, qui s’en sont les mieux sorties. Elles ont prouvé une fois de plus que les choses de ce monde iraient mieux si elles s’occupaient des questions politiques. Peut-être y aurait-il moins de guerre, bien que rien ne soit moins sûr.

On pourrait penser que, pour des raisons politiques coulant de source, la figure qui me causerait la pire impression serait Obama. Eh bien, non ! J’ai constaté qu’il était pensif et parfois pas mal absent. C’était comme s’il dormait les yeux ouverts. On ignore quel repos il a pris avant d’arriver à Cartagena, avec quels généraux il a parlé, quels problèmes occupaient son esprit. Ou s’il pensait à la Syrie, à l’Afghanistan, à l’Iraq, à la Corée du Nord ou à l’Iran. Presque sûrement, en tout cas, aux élections, aux mauvais coups du Tea Party et aux plans ténébreux de Mitt Romney. En dernière minute, peu avant le Sommet, il a décidé que les contributions des plus riches devaient atteindre au moins 30 p. 100 de leurs revenus, comme cela se passait avant Bush fils. Bien entendu, ça lui permet de se présenter face à la droite républicaine avec une image plus claire de son sens de la justice.

Mais le problème est autre : l’énorme dette accumulée par le gouvernement, qui dépasse les quinze billions de dollars, ce qui exige de ressources totalisant au moins cinq billions de dollars ; or, l’impôt grevant les plus riches n’apportera qu’environ cinquante milliards en dix ans, soit à peine 1 p. 100 de cette somme. Un écolier du primaire peut faire ce calcul.

Rappelons ce qu’a réclamé Dilma Rousseff : des « relations "d’égal à égal" avec le Brésil et le reste de l’Amérique latine ». Et d’ajouter : « La zone euro a réagi à la crise économique par une expansion monétaire, laquelle a provoqué un tsunami qui a fait s’apprécier la monnaie brésilienne et qui porte préjudice à notre industrie nationale. »

Dilma Rousseff, une femme capable et intelligente, n’ignore pas ces réalités et sait en parler avec autant d’autorité que de dignité.

Obama, habitué à avoir toujours le dernier mort, sait que l’économie brésilienne monte avec une force impressionnante et que, associé à celles du Venezuela, de l’Argentine, de la Chine, de la Russie, de l’Afrique du Sud et d’autres d’Amérique latine et du monde, elle marque le futur du développement mondial.

Le problème des problèmes est de préserver la paix des risques croissants d’une guerre qui, compte tenu du pouvoir destructif des armes modernes, mettrait le monde au bord de l’abîme.

Je constate que les réunions de Cartagena se prolongent et que des réalités édulcorées s’éloignent. Des guayaberas dont a fait cadeau à Obama, pas un mot. Quelqu’un devra indemniser le modiste de Cartagena, Edgar Gómez.

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 14 avril 2012

21 h 58

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 22:52

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Bien des gens ont cru qu’Obama, le premier président noir des États-Unis – quelqu’un, sans aucun doute, d’intelligent et d’instruit, et un bon communicateur – était un émule d’Abraham Lincoln et de Martin Luther King.

 

Voilà cinq siècles, un Pape, appliquant des concepts de l’époque, assigna par bulle environ quarante millions de kilomètres carrés de terre, d’eaux intérieures et de côtes à deux petits royaumes belliqueux de la péninsule ibérique.

 

Les Anglais, les Français, les Hollandais et d’autres importants États féodaux furent exclus de cette distribution. Des guerres interminables ne tardèrent pas à éclater, des millions d’Africains furent transformés en esclaves durant quatre siècles et des cultures autochtones, dont certaines étaient plus avancées que celles d’Europe, furent liquidées.

 

Voilà soixante-quatre ans que la détestable Organisation des États américains (OEA) a vu le jour. On ne saurait passer sous silence le rôle lamentable qu’elle a joué. Beaucoup de personnes – peut-être des centaines de milliers – furent séquestrées, torturées et portées  disparues par suite des accords qu’elle adopta pour justifier le coup d’État organisée par le Central Intelligence Agency  (CIA) contre les réformes de Jacobo Arbenz au Guatemala. Plus tard, l’Amérique centrale et les Caraïbes, y compris la petite île de la Grenade, furent victimes de la fureur interventionniste des États-Unis sous l’égide de l’OEA.

 

Son rôle en Amérique du Sud fut encore plus grave et néfaste.

 

Le néolibéralisme, en tant que doctrine officielle de l’impérialisme, prit une force inouïe dans les années 70 quand l’administration Richard Nixon décida de torpiller la victoire électorale de Salvador Allende en Chili. Une étape vraiment sinistre dans l’histoire latino-américaine démarrait. Deux hauts gradés des forces armées chiliennes loyaux à la Constitution furent assassinés, et Augusto Pinochet fut imposé à la tête de l’État dans le cadre d’une répression sans précédent durant laquelle de nombreuses personnes furent torturées, assassinées et portées disparues.

 

La Constitution de l’Uruguay, un pays qui s’était maintenu dans un cadre institutionnel pendant de nombreuses années, fut liquidée.

 

Les coups d’État militaire et la répression gagnèrent presque tous les pays voisins. La compagnie aérienne cubaine fit l’objet de sabotages brutaux, et l’un de ses avions fut détruit en plein vol avec tous ses passagers. Reagan assura la fugue de sa prison vénézuélienne de l’auteur le plus important de ce crime monstrueux et l’expédia en El Salvador organiser l’échange de drogues contre de l’argent afin de financer la sale guerre contre le Nicaragua dont des dizaines de milliers d’habitants furent tués et mutilés.

 

Bush père et Bush fils protégèrent et exonérèrent de faute les auteurs de ces crimes. Dresser la liste des méfaits et des actes terroristes commis contre l’économie cubaine pendant un demi-siècle serait interminable.

 

Aujourd’hui, vendredi 13, j’ai écouté les déclarations courageuses prononcées par plusieurs des orateurs qui sont intervenus à la réunion des ministres des Affaires étrangères au Sommet dit de Cartagena. La question des droits souverains sur les îles Malvinas de l’Argentine – dont l’économie est brutalement frappée dans la mesure où elle est privée de leurs importantes ressources énergétiques et maritimes – a été abordée fermement. Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolás Maduro, a déclaré avec une fine ironie à la fin de cette réunion : « On est passé du Consensus de Washington au Consensus sans Washington. »

 

Place maintenant au Sommet des guayaberas. Le fleuve Yayabo et son nom indien, totalement revendiqué, passeront à l’histoire.

 

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 13 avril 2012

21 h 40

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 13:46

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La recherche de la vérité politique sera toujours une tâche ardue, même à notre époque où la science nous offre beaucoup de connaissances, dont l’une des plus importantes est de déchiffrer et d’étudier le pouvoir fabuleux de l’énergie contenue dans la matière.


Le découvreur de cette énergie et de son utilisation éventuelle était quelqu’un de  pacifique et de bonhomme qui, malgré son rejet de la violence et de la guerre, demanda pourtant aux scientifiques de son pays de la développer : Franklin Delano Roosevelt, connu pour ses positions antifascistes, présidait alors des États-Unis en pleine crise qu’il avait réussi à sauver du désastre par de dures mesures qui lui gagnèrent la haine de l’extrême droite de sa classe. Aujourd’hui les États-Unis imposent au monde la tyrannie la plus brutale et la plus dangereuse qu’ait connue notre fragile espèce.


Les informations en provenance des États-Unis et de leurs alliés de l’OTAN, leurs complices, parlent de leurs méfaits. Les villes les plus importantes des États-Unis et d’Europe sont constamment le théâtre de véritables batailles de rue entre des manifestants et des policiers bien entraînés et bien nourris, équipés de véhicules blindés et de scaphandres, matraquant, attaquant à coups de pied et aux gaz des femmes et des hommes, tordant les mains et les cous de jeunes et de vieux, commettant à la face du monde de lâches actions contre les droits et la vie des citoyens de leurs pays.


Jusqu’à quand une pareille barbarie durera-t-elle ?


Pour ne pas m’étendre, étant donné que ces tragédies vont se présenter toujours plus à la télévision et dans les médias en général, et deviendront le pain quotidien, justement celui qu’on refuse aux plus démunis, je citerai la dépêche émise aujourd’hui par une importante agence de presse occidentale :


« Une bonne partie des côtes japonaises du Pacifique pourrait se retrouver inondée par une vague gigantesque de plus de trente-quatre mètres de haut en cas d’un puissant séisme, selon les calculs révisés d’une équipe gouvernementale.

« N’importe quel tsunami déclenché par un séisme de magnitude 9 dans la dépression de Nankai, qui va de la principale île japonaise de Honshu à l’île méridionale de Kyushu, pourrait atteindre trente-quatre mètres de haut, selon ce comité.

« Des calculs antérieurs de 2003 avaient estimé la hauteur maximale de cette vague à moins de vingt mètres.

« La centrale de Fukushima avait été conçue pour résister à un tsunami de six mètres, moins de la moitié de la hauteur de la vague qui l’a frappé le 11 mars 2011. »


Mais á quoi bon s’inquiéter. Une autre dépêche émis il y a deux jours, le 30 mars, par un média généralement bien informé, peut nous rassurer. En voici un bref résumé :


« Si vous étiez joueur de football, scheik arabe ou cadre d’une grande transnationale, quel type de technologie vous ferait rêver ?

« Des boutiques de luxe bien connues de Londres ont inauguré récemment une section entière consacrée aux amateurs de technologies aux portefeuilles bien remplis.

« Des téléviseurs à un million de dollar, des caméras vidéo Ferrari et des sous-marins individuels,  voilà quelques-uns des gadgets conçus pour faire les délices du millionnaire.

« Le téléviseur à un million de dollars est le joyau de la couronne.

« Apple s’engage à livrer ses nouveaux produits le jour même de leur lancement sur le marché.

« Supposons que vous soyez sortis de votre riche demeure et que vous soyez fatigués de vous balader dans votre yacht, votre limousine,  votre hélicoptère ou votre jet, il vous restera toujours la possibilité de vous offrir un sous-marin monoplace ou biplace.


Ce magasin vous offre aussi des téléphones mobiles en acier inoxydable, à micro-processeur de 1,2 GHz et 8 Go de mémoire et à technologie FNC, qui vous permettront de faire tous vos paiements.


N’est-il pas vrai, chers compatriotes, que le capitalisme est une merveille ! Ne serions-nous pas coupables de ne pouvoir offrir à chaque citoyen un sous-marin particulier garé sur la plage ?


C’est ce magasin, et pas moi, qui met dans le même sac cheiks arabes, cadres des grandes transnationales et footballeurs. Ces derniers, du moins, – faut-il que je le précise ? – distraient des millions de personnes et ne sont pas des ennemis de Cuba.


Fidel Castro Ruz

Le 1er avril 2012

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 19:02

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Le président Chávez a fait rapport devant le parlement vénézuélien de l’action de son gouvernement en 2011 et de son programme pour l’année en cours. Après avoir rempli rigoureusement toutes les formalités qu’implique cet important exercice, il s’est adressé aux autorités officielles de l’État, aux parlementaires de tous les partis, aux sympathisants et aux adversaires dans le cadre de la cérémonie la plus solennelle du pays.

À son habitude, le leader bolivarien a été aimable et respectueux envers toutes les personnes présentes. Si l’une d’entre elles demandait la parole pour un éclaircissement, il lui en offrait aussitôt la possibilité. Quand une parlementaire, qui l’avait salué aimablement à l’instar d’autres adversaires, a demandé la parole, il a interrompu son rapport et la lui a cédée en un geste d’une grande hauteur politique. Elle a alors interpellé le président en des phrases d’une dureté extrême qui ont mis sa noblesse et son sang-froid à l’épreuve, utilisant même le qualificatif insultant de « voleur » pour juger sa conduite à cause des lois et des mesures qu’il a adoptées. Il s’agissait sans conteste d’une offense, même si ce n’était pas là l’intention de la parlementaire. Néanmoins, il a été capable de répondre avec sérénité. Après s’être enquis du terme exact qu’elle avait employé, il a répliqué élégamment et posément à sa demande d’un débat public par un dicton : « L'aigle n’attrape pas les mouches », puis il a poursuivi sereinement son exposé.

Ce fut là une preuve insurpassable d’agilité mentale et de contrôle de soi. Une autre femme, d’origine incontestablement modeste,  s’étonna en des phrases émues et profondes de ce qu’elle venait de voir, ce qui déclencha les applaudissements de l’immense majorité de l’auditoire, autrement dit de tous les amis du président et, semble-t-il, de nombre de ses adversaires.

Chávez a rendu compte de la gestion de son gouvernement pendant plus de neuf heures d’affilée, sans que l’intérêt faiblisse une seconde, et son rapport a été suivi, peut-être à cause de cet incident, par un nombre incalculable de personnes. Moi qui ai abordé bien souvent des problèmes difficiles dans de longs discours, en m’efforçant toujours au maximum de bien faire comprendre mes idées, j’ai du mal à m’expliquer comment ce militaire d’origine modeste, mais à l’esprit agile et au talent sans pareil, a été capable d’un tel déploiement d’éloquence sans perdre la voix ni ses forces.

La politique est pour moi le combat prolongé et résolu des idées. La publicité est le lot des publicitaires qui connaissent sans doute les techniques requises pour que les auditeurs, les spectateurs et les lecteurs fassent ce qu’on leur dit. Si cette science ou cet art ou comme on veut l’appeler servait au bien de l’humanité, elle mériterait du respect, celui-là même que méritent ceux qui apprennent aux autres l’habitude de penser.

Un grand combat se livre aujourd’hui au Venezuela. Les ennemis intérieurs et extérieurs de la révolution préfèrent le chaos, comme l’affirme Chávez, plutôt que le développement juste, ordonné et pacifique du pays. Quiconque a pris l’habitude d’analyser les faits survenus durant plus d’un demi-siècle et d’observer avec toujours plus de preuves l’histoire hasardeuse de notre époque et le comportement humain finit presque toujours par arriver à prédire le cours des événements.

Promouvoir une révolution profonde n’était pas chose aisée au Venezuela, un pays à l’histoire glorieuse mais immensément riche en ressources qui sont d’une importance vitale pour les puissances impérialistes qui ont tracé et tracent encore les destinées du monde.

Des dirigeants politiques dans le style de Rómulo Betancourt et de Carlos Andrés Pérez étaient dépourvus des moindres qualités personnelles pour ce faire. De plus, le premier était excessivement vaniteux et hypocrite. Il avait largement eu l’occasion de connaître la réalité vénézuélienne. Il avait été membre du Bureau politique du parti communiste costaricien dans sa jeunesse. Il connaissait bien l’histoire de l’Amérique latine et le rôle de l’impérialisme, les taux de pauvreté et le pillage impitoyable des ressources naturelles du continent. Il ne pouvait ignorer que, même si le Venezuela était immensément riche, la grande majorité de sa population vivait dans la pauvreté extrême. Les archives de toutes sortes le prouvent d’une manière irréfutable.

Comme l’a dit Chávez si souvent, le Venezuela a été pendant plus d’un demi-siècle le plus gros exportateur de pétrole au monde ; des bâtiments de guerre européens et yankees intervinrent au début du XXe siècle pour appuyer un gouvernement illégal et tyrannique qui avait bradé le pays aux monopoles étrangers. On sait bien que des sommes énormes sortaient du pays pour grossir le patrimoine des monopoles étrangers et de l’oligarchie vénézuélienne.

Quand je me suis rendu pour la première fois au Venezuela après la victoire de la Révolution pour le remercier de sa sympathie et de son appui à notre lutte, le baril de pétrole valait à peine deux dollars. Quand j’y suis allé assister à l’investiture de Chávez – le jour où il a prêté serment sur la « Constitution moribonde » que soutenait Calderas – le baril en valait sept, même si quarante ans s’étaient écoulés depuis et trente ans depuis que le « bienfaiteur » Richard Nixon avait décrété la fin de l’étalon-or face au dollar et que les États-Unis avaient commencé à acheter le monde à coups de papier-monnaie. Pendant un siècle, le Venezuela fournit du pétrole bon marché à l’économie de l’Empire et fut un exportateur net de capitaux vers les pays développés et riches.

Pourquoi ces réalités répugnantes prédominèrent-elles pendant plus d’un siècle ?

Les officiers des forces armées latino-américains disposaient aux États-Unis d’écoles privilégiées où les champions olympiques de la démocratie leur enseignaient dans des cours spéciaux à préserver l’ordre impérialiste et bourgeois. Les coups d’État étaient les bienvenus pourvu qu’ils servent à « défendre les démocraties », à préserver et à garantir cet ordre si sordide, en alliance avec les oligarchies ; peu importait que les électeurs sachent lire et écrire ou non, aient un logement ou non, un emploi, des services médicaux et des écoles à condition que le droit de propriété sacro-saint soit garanti. Chávez explique ces réalités d’une manière magistrale. Nul ne connaît mieux que lui ce qu’il se passait dans nos pays.

Pis encore, la sophistication de l’armement moderne,  la complexité de son exploitation et de son maniement qui exige des années d’apprentissage, la formation de spécialistes hautement qualifiés, ses coûts quasiment inaccessibles pour les économies faibles du sous-continent, tout ceci créait un mécanisme de subordination et de dépendance supplémentaire. La Maison-Blanche, sans même consulter les gouvernements, traçait des normes et déterminait des politiques à l’adresse des militaires à travers différents mécanismes. Les techniques de torture les plus perfectionnées étaient transmises aux organes de sécurité pour qu’ils sachent interroger ceux qui se rebellaient contre ce système de famine et d’exploitation immonde et répugnant.

Néanmoins, maints officiers honnêtes, écœurés de tant d’impudeur, tentèrent vaillamment de mettre fin à cette trahison ignominieuse de l’histoire de  nos lutte d’indépendance.

En Argentine, Juan Domingo Perón, officier de l’armée, fut capable de concevoir une politique indépendante et de racines ouvrières. Renversé par un putsch militaire sanglant, il fut expulsé du pays et dut vivre en exil de 1955 à 1973. Quelques années après, sous l’égide des Yankees, les militaires assaillirent de nouveau le pouvoir, assassinèrent, torturèrent et firent disparaître des milliers d’Argentins, et ne furent même pas capables de  défendre le pays lors de la guerre coloniale que l’Angleterre mena avec l’appui complice des États-Unis et d’un nervi, Augusto Pinochet, et de sa cohorte d’officiers fascistes formés à l’École des Amériques.

Le colonel Francisco Caamaño Deñó à Saint-Domingue, le général Velazco Alvarado au Pérou, le général Omar Torrijos au Panama, et d’autres capitaines et officiers dans d’autres pays qui sacrifièrent leur vies d’une manière anonyme constituèrent l’antithèse de la traîtrise personnifiée par Somoza, Trujillo, Stroessner, et par les dictateurs sanguinaires d’Uruguay, d’El Salvador et d’autres pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. Les militaires révolutionnaires ne formulaient pas des vues peaufinées dans tous les détails, et nul n’aurait eu le droit de l’exiger d’eux : ce n’étaient pas des académiciens versés en politique, mais des hommes ayant le sens de l’honneur et aimant leur pays.

Et pourtant, l’on a vu jusqu’où des hommes honnêtes, refusant l’injustice et le crime, sont capables d’aller sur les chemins de la révolution.

Le Venezuela constitue un brillant exemple du rôle théorique et pratique que les militaires révolutionnaires peuvent jouer dans la lutte pour l’indépendance de nos peuples, comme ils le firent voilà deux siècles sous la direction géniale de Simón Bolívar.

Chávez, un militaire d’origine modeste, fait irruption dans la vie politique vénézuélienne en puisant dans les idées du libérateur de l’Amérique. Martí écrivit au sujet de Bolivar, cette source d’inspiration intarissable : « Il gagna des batailles sublimes, avec des soldats nu pieds et en haillons […] jamais on ne se battit tant ni mieux dans le monde pour la liberté... […] …de Bolívar, on ne peut parler qu’avec une montagne pour tribune […] ou une poignée de peuples libres au poing… […] ce qu’il n’a pas fait lui-même n’est toujours pas fait à ce jour, parce que Bolívar a encore à faire en Amérique. »

Plus d’un demi-siècle plus tard, le grand poète Pablo Neruda écrivit un poème que Chávez répète souvent, et dont la dernière strophe affirme :

Je connus Bolívar par une longue matinée,

À Madrid, à la bouche du 5e régiment,

Père, lui dis-je, es-tu ou n’es-tu pas, et qui es-tu ?

Et regardant la caserne de la Montagne, il dit :

« Je m’éveille tous les cent ans, quand le peuple s’éveille. »

Mais le dirigeant bolivarien ne se borne à des formulations théoriques. Il prend sans attendre des mesures concrètes. Les pays anglophones des Caraïbes, auxquels les navires de croisière modernes et luxueux des États-Unis disputaient le droit d’accueillir des touristes dans leurs hôtels, leurs restaurants et leurs centres de loisirs qui, bien que souvent de propriété étrangère, engendraient du moins des emplois, sauront toujours gré au Venezuela de leur livrer du pétrole assorti de facilités de paiement spéciales alors que le baril dépassait parfois les cent dollars.

Le petit Nicaragua, patrie de Sandino, ce « général d’hommes libres », où l’Agence centrale de renseignement organisa par Luis Posada Carriles interposé, après avoir libéré celui-ci de prison au Venezuela, des échanges d’armes contre des drogues dans le cadre d’une guerre qui coûta des milliers de victimes et d’invalides à ce peuple héroïque, a aussi bénéficié de l’appui solidaire du Venezuela. Ce sont là des exemples sans précédent sur notre continent.

Le Traité de libre-échange, cet accord ruineux que les Yankees prétendent imposer à l’Amérique latine, comme ils l’ont fait pour le Mexique, feraient des pays latino-américains et caribéens non seulement la région du monde où la richesse est la plus mal distribuée, ce qu’elle est déjà, mais encore en un marché gigantesque où jusqu’au maïs et aux autres cultures qui sont des sources traditionnelles de protéines végétales et animales seraient écartés au profit des cultures subventionnées des États-Unis, comme cela se passe d’ores et déjà en territoire mexicain.

Les voitures d’occasion et d’autres biens remplacent ceux de l’industrie mexicaine ; villes et campagnes y perdent leurs capacités de générer des emplois ; les ventes d’armes et de drogues y augmentent ; toujours plus d’adolescents d’à peine quatorze ou quinze ans sont convertis en de redoutables délinquants. On n’avait jamais encore vu à ce jour que des cars ou d’autres véhicules remplis de personnes qui, en quête d’emplois, ont acheté un billet pour être transportées de l’autre côté de la frontière soient détournés et leurs passagers abattus sans pitié. Des chiffres semblables augmentent d’année en année. Plus de dix mille personnes y perdent la vie chaque année.

On ne saurait analyser la Révolution bolivarienne sans tenir compte de ces réalités.

En de telles circonstances sociales, les forces armées sont contraintes de livrer des guerres interminables et dévastatrices.

Le Honduras n’est pas un pays industrialisé, financier ou commercial, même pas un gros producteur de drogues, et pourtant certaines de ses villes battent des records de morts violentes à cause des drogues. En revanche, une importante base des forces stratégiques du Commandement Sur des États-Unis y arbore son étendard. Tel est le panorama dantesque dans plus d’un pays latino-américain. Mais certains commencent à s’en sortir. En premier lieu, le Venezuela, mais non seulement parce qu’il possède d’abondantes ressources naturelles, mais aussi parce qu’il les arrachées à la cupidité insatiable des transnationales étrangères et a libéré des forces politiques et sociales considérables capables de remporter de grandes conquêtes. Le Venezuela d’aujourd’hui est très différent du pays que j’ai connu voilà douze ans à peine, et j’avais déjà été impressionné profondément de le voir renaître, tel le phénix, de ses cendres historiques.

Les États-Unis et la CIA, faisant allusion au mystérieux ordinateur de Raúl Reyes, qui est entre leurs mains après qu’ils eurent organisé et déclenché en plein territoire équatorien une attaque au cours de laquelle le remplaçant de Marulanda et plusieurs jeunes latino-américains désarmés ont été assassinés, ont lancé la version que Chávez appuyait « l’organisation narcoterroriste des FARC ». Or, les vrais terroristes et trafiquants de drogues en Colombie, c’étaient les paramilitaires qui fournissaient aux trafiquants étasuniens les drogues vendues sur le plus gros marché de stupéfiants au monde, les États-Unis.

Je n’ai jamais parlé à Marulanda ; seulement avec des écrivains et des intellectuels qui le connaissaient bien. J’ai analysé ses idées et son histoire. Je n’hésite pas à affirmer que c’était quelqu’un de courageux et de révolutionnaire. J’ai expliqué que je ne partageais pas ses conceptions tactiques. À mon avis, il aurait suffi de deux ou trois mille hommes pour vaincre en Colombie une armée de métier classique. Son erreur était de concevoir une armée révolutionnaire possédant presque autant de soldats que l’adversaire. C’était là extrêmement coûteux  et virtuellement impossible à gérer.

La technologie a changé aujourd’hui bien des aspects de la guerre ; les formes de lutte changent aussi. De fait, un affrontement de forces conventionnelles entre des puissances nucléaires est devenu impossible. Il n’est pas besoin des connaissances d’Albert Einstein, de Stephen Hawking et de milliers d’autres scientifiques pour le comprendre. C’est un danger latent, dont on connaît l’issue, ou du moins qu’on devait connaître. Il pourrait s’écouler des millions d’années avant que d’autres êtres pensants repeuplent la planète.

Je soutiens malgré tout que lutter est un devoir  inné en l’homme, qu’il doit chercher des solutions qui lui permettent de vivre plus rationnellement et plus dignement.

Dès que j’ai fait la connaissance de Chávez, je l’ai toujours vu s’intéresser à la paix en Colombie. Une fois à la présidence, dans les dernières années du gouvernement Pastrana, il a facilité des réunions entre celui-ci et les révolutionnaires colombiens à Cuba, mais, qu’on le comprenne bien, en vue d’un accord de paix véritable, non d’une reddition.

Je ne me rappelle pas avoir écouté Chávez promouvoir en Colombie autre chose que la paix, ni même mentionner Raúl Reyes. Nous avons toujours abordé d’autres questions. Il apprécie grandement les Colombiens dont des millions vivent au Venezuela et bénéficient tous des mesures sociales adoptées par la Révolution, et le peuple colombien l’apprécie presque autant que le peuple vénézuélien.

Je tiens à exprime ma solidarité et mon estime envers le général Henry Rangel Silva, chef du commandement stratégique opérationnel des forces armées, qui vient d’être nommé ministre de la Défense de la République bolivarienne. J’ai eu l’honneur de le connaître quand voilà maintenant plusieurs mois, il a rendu visite à Chávez dans notre pays. J’ai vu en lui quelqu’un d’intelligent et de décent, à la fois capable et modeste. J’ai écouté son discours serein, courageux et clair, qui inspire confiance.

Il a dirigé l’organisation du défilé le plus parfait que j’ai vu de la part de forces armées latino-américaines, et j’espère qu’il servira d’encouragement et d’exemple aux autres armées sœurs.

Les Yankees, qui n’ont rien eu à voir avec ce défilé, seraient incapables de faire mieux.

Il est extrêmement injuste de critiquer Chávez pour avoir investi des ressources dans les armes excellentes qui y ont été montrées. Je suis sûr qu’elles ne seront jamais utilisées pour agresser un pays frère. Les armes, les ressources et les connaissances devront marcher à l’unisson sur les voies de l’unité pour former en Amérique, comme le rêvait le libertador, « la plus grande nation du monde, moins par son étendue et sa richesse, que par sa liberté et sa gloire ».

Tout nous unit plus que l’Europe ou les États-Unis, sauf le manque d’indépendance qu’on nous a  imposé pendant deux cents ans.

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 25 janvier 2012

20 h 32

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 10:05

FidelCastro

Cuba a été contrainte de se battre pour son existence face à une puissance expansionniste, située à quelques milles de ses côtes et qui ne cachait pas ses visées d’annexion dans la mesure où sa seule destinée était censément de tomber dans son giron tel un fruit mûr. Nous étions voués à l’inexistence comme nation.


Dans la glorieuse multitude de patriotes qui se battit durant la seconde moitié du XIXe siècle contre l’abominable colonialisme imposée par l’Espagne pendant trois cents ans, José Martí fut celui qui perçut avec le plus de clarté cette destinée si dramatique. Et il le fit savoir dans les dernières lignes qu’il écrivit quand, à la veille d’un rude combat prévu contre une colonne espagnole aguerrie et bien équipée, il affirma que l’objectif clef de sa lutte était « d’empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne s’abattent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait à ce jour et tout ce que je ferai, c’est pour cela. »


Quiconque ne comprend pas cette profonde vérité aujourd’hui ne peut être ni patriote ni révolutionnaire.


Les médias, le monopole de nombreuses ressources techniques et les fonds considérables destinés à tromper et à abrutir les masses constituent sans aucun doute des obstacles importants, mais non invincibles.


La nation cubaine a prouvé, malgré sa condition de factorerie coloniale yankee où sévissaient l’analphabétisme et la pauvreté généralisée, qu’il était possible de faire face au pays qui menaçait de l’absorber définitivement. On ne saurait affirmer qu’il existait une bourgeoisie nationale opposée à l’Empire ; au contraire, elle en était si proche qu’un peu après le triomphe de la Révolution, elle est allée jusqu’à envoyer quatorze mille enfants aux États-Unis sans la moindre protection, car on avait fait courir le mensonge perfide selon lequel l’autorité parentale serait supprimée, l’Histoire devant enregistrer cette « Opération Peter Pan » comme la plus grande manipulation d’enfants à des fins politiques en Amérique.


À peine deux ans après le triomphe révolutionnaire, le territoire national fut envahi par des forces mercenaires constituées d’anciens militaires de Batista et de fils de gros propriétaires terriens et de bourgeois, armées par les États-Unis et escortées par des bâtiments de leur flotte navale, dont des porte-avions prêts à entrer en action, qui les accompagnèrent jusqu’à nos côtes. La défaite et la capture de la quasi-totalité des mercenaires en moins de soixante-douze heures et la destruction de leurs avions qui opéraient depuis des bases au Nicaragua et de leurs moyens de transport naval constituèrent une défaite humiliante pour l’Empire et ses alliés latino-américains qui avaient sous-estimé la capacité de lutte du peuple cubain.


Les USA ayant interrompu leurs livraisons de pétrole puis supprimé totalement les contingents d’exportation de sucre dont Cuba avait toujours bénéficié sur leur marché et interdit le commerce établi entre les deux pays durant plus de cent ans, l’URSS répondit à chacune de ces mesures en nous livrant du pétrole, en achetant notre sucre, en faisant du commerce avec notre pays et finalement en nous fournissant les armes que Cuba ne pouvait acheter sur d’autres marchés.


Une campagne systématique d’attaques pirates organisées par la CIA, les actions militaires de bandes contre-révolutionnaires créées et équipées par les USA avant et après l’attaque mercenaire, tout ceci devant aboutir à une invasion militaire directe, donnèrent naissance aux événements qui mirent le monde au bord d’une guerre nucléaire totale à laquelle aucune des parties ni l’humanité elle-même n’auraient pu survivre.


Ces événements entraînèrent sans aucun doute la destitution de Nikita Khrouchtchev qui sous-estima l’adversaire, refusa d’écouter les avis qu’on lui donnait et ne consulta pas ceux qui, comme nous, étaient en première ligne avant de prendre sa décision finale. Ce qui aurait pu être une importante victoire morale se transforma ainsi en un revers politique coûteux pour l’URSS. De fait, durant bien des années, les USA continuèrent de commettre les pires méfaits contre Cuba et continuent, comme c’est le cas de leur blocus criminel, de les commettre.


Khrouchtchev eut des gestes extraordinaires envers notre pays. J’ai critiqué sans hésiter, à l’époque, le fait qu’il ait passé un accord avec les États-Unis sans nous avoir consultés, mais il serait ingrat et injuste de notre part de ne pas reconnaître sa solidarité extraordinaire à des moments difficiles et décisifs pour notre peuple dans sa bataille historique pour son indépendance et sa Révolution face au puissant Empire étasunien. Je comprends que la situation était extrêmement tendue et qu’il ne voulait pas perdre une minute quand il prit la décision de retirer les projectiles et que les Yankees s’engagèrent, très en secret, à renoncer à leur invasion.


Des décennies se sont depuis écoulées pour atteindre un demi-siècle, et le fruit cubain n’est toujours pas tombé dans les mains des Yankees.


Les nouvelles qui nous parviennent aujourd’hui d’Espagne, de France, d’Iraq, d’Afghanistan, du Pakistan, d’Iran, de Syrie, d’Angleterre, des îles Malvinas et de bien d’autres point de la planète sont sérieuses et augurent toutes une catastrophe politique et économique à cause de la démence des États-Unis et de leurs alliés.


Je me bornerai à quelques points. Je tiens d’abord à signaler – comme tout le monde peut le constater – que la sélection d’un candidat républicain à la présidence de cet Empire globalisé et touche-à-tout, constitue – et je le dis sérieusement – le pire concours d’idiotie et d’ignorance qu’on ait jamais vu. Comme j’ai d’autres chats à fouetter, je ne peux pas perdre mon temps à ça. Je savais pertinemment qu’il en serait ainsi.


Des dépêches de presse que je tiens à analyser sont bien plus éloquentes, parce qu’elles étalent en plein jour le cynisme incroyable que génère l’Occident dans sa décadence. L’une d’elles parle tout bonnement d’un prisonnier politique cubain qui, dit-on, est décédé au terme d’une grève de la faim de cinquante jours. Un journaliste de Granma, de Juventud Rebelde, d’un journal parlé ou télévisé ou de tout autre organe de presse révolutionnaire peut bien se tromper dans ses appréciations d’un tel ou tel thème, mais il ne fabrique jamais une nouvelle de toutes pièces ni n’invente un mensonge.


Selon la note publiée par Granma, cette grève de la faim n’a jamais eu lieu : il s’agissait d’un prisonnier de droit commun, condamné à quatre ans de privation de liberté pour avoir battu sa femme et lui avoir causé des blessures au visage ; c’est la belle-mère en personne qui a demandé l’intervention des autorités ; les proches ont été au courant de tous les gestes médicaux faits pour le sauver et savent gré aux spécialistes cubains des efforts qu’ils ont déployés. Il a été soigné, signale la note, dans le meilleur hôpital de l’Est du pays, comme n’importe quel autre citoyen. Il est décédé des suites d’une défaillance multi-organique secondaire associée à un processus respiratoire septique sévère.


Le patient a reçu tous les soins habituels dans un pays qui possède un des meilleurs services médicaux au monde, des soins gratuits malgré le blocus que l’impérialisme impose à notre patrie. Il s’agit tout simplement d’un devoir normal dans une Révolution qui peut se vanter d’avoir toujours respecté, durant plus de cinquante ans, les principes qui lui donnent sa force invincible.


Mieux vaudrait, assurément, que le gouvernement espagnol, compte tenu de ses excellentes relations avec Washington, se rende aux États-Unis et s’informe de ce qu’il se passe dans les prisons yankees, de la conduite impitoyable suivie envers les millions de détenus dans ce pays, de la politique de la chaise électrique qui y est appliquée et des horreurs commises envers les détenus dans les prisons et ceux qui protestent dans les rues.


Hier, lundi 23 janvier, un dur éditorial de Granma intitulé « Les vérités de Cuba » a expliqué en détail sur toute une page la campagne mensongère insolite et impudente orchestrée contre notre Révolution par « certains gouvernements traditionnellement impliqués dans la subversion  contre Cuba ».


Notre peuple connaît bien les normes qui ont régi la conduite immaculée de notre Révolution dès le premier combat et jamais souillée durant plus d’un demi-siècle. Il sait aussi que les ennemis ne pourront jamais exercer de pressions sur lui ni le faire chanter. Nos lois et nos normes seront appliquées indéfectiblement.


Il est bon de le signaler clairement et en toute franchise. Le gouvernement espagnol et l’Union européenne qui part en capilotade, plongée dans une profonde crise économique, doivent savoir à quoi s’en tenir. Leurs déclarations reproduites par les agences de presse et recourant à des mensonges éhontés pour attaquer Cuba font pitié. Occupez-vous d’abord de sauver l’euro, si vous le pouvez, réglez le chômage chronique dont souffrent toujours plus de jeunes, répondez aux indignés que vos polices ne cessent d’attaquer et de frapper.


Nous n’ignorons pas que le gouvernement espagnol est maintenant passé aux mains d’admirateurs de Franco, lequel dépêcha près de cinquante mille membres de la Division Bleue auprès des SS et des SA nazis pour participer à la sauvage agression  contre les Soviétiques, prenant part à l’opération la plus cruelle et la plus douloureuse de cette guerre, le siège de Leningrad, où un million de citoyens russes périt dans cette tentative d’étrangler la ville héroïque. Le peuple russe ne pardonnera jamais ce crime horrible.


La droite fasciste d’Aznar, de Rajoy  et d’autres serviteurs de l’Empire doit avoir sa petite idée sur les seize mille morts que souffrirent leurs prédécesseurs de la Division bleue et sur les Croix de fer par lesquelles Hitler récompensa ses officiers et ses soldats. Ce que fait aujourd’hui la police-gestapo aux hommes et aux femmes qui réclament leur droit au travail et au pain dans le pays où sévit le chômage le plus élevé d’Europe n’a donc rien d’étonnant

Pourquoi les médias de l’Empire mentent-ils si impudemment ?


Ceux qui manipulent ces médias s’escriment à tromper et à abrutir le monde par leurs mensonges éhontés, pensant peut-être que c’est là le recours principal pour maintenir le système de domination et de pillage imposé au monde et, tout particulièrement, aux victimes proches du siège des métropoles, autrement dit les presque six cents millions de Latino-Américains et de Caribéens vivant sur ce continent-ci.


La république sœur du Venezuela est devenue l’objectif clef de cette politique. La raison en saute aux yeux. Sans le Venezuela, l’Empire aurait imposé le Traité de libre-échange à tous les peuples du continent qui vivent au sud des États-Unis, où se trouvent les plus grandes réserves de terre, d’eau potable et de minerai de la planète, ainsi que de grande ressources énergétiques qui, gérées dans un esprit de solidarité avec les autres peuples du monde, ne peuvent ni ne doivent tomber aux mains des transnationales qui imposent un système suicidaire et infâme.


Il suffit, par exemple, de regarder une carte pour comprendre l’extorsion criminelle dont l’Argentine a été victime quand on lui a enlevé un pan de son territoire à l’extrême sud du continent où les Britanniques ont utilisé leur appareil militaire décadent pour assassiner des recrues argentines vêtus d’uniformes d’été en plein hiver austral. Les États-Unis et leur allié Augusto Pinochet y offrirent à l’Angleterre un appui ignominieux. De nos jours, à la veille des Jeux olympiques de Londres, le Premier ministre David Cameron proclame à son tour, comme l’avait déjà fait Margaret Thatcher, son droit de recourir aux sous-marins atomiques pour tuer des Argentins. Le gouvernement de ce pays ignore que le monde est en train de changer et que notre continent et la plupart des peuples méprisent toujours plus les agresseurs.


Le cas des îles Malvinas n’est pas le seul. Quelqu’un sait-il comment se terminera le conflit en Afghanistan ? Voilà quelques jours à peine, on apprenait que des soldats étasuniens avaient outragé les cadavres de combattants afghans assassinés par les drones de l’OTAN.


Voilà trois jours, une agence de presse européenne faisait savoir que « le président Hamid Karzai avait avalisé des négociations de paix avec les talibans, en soulignant que c’était là une question que devaient régler les citoyens de ce pays », et qu’il avait ajouté : « … le processus de paix et de réconciliation incombe à la nation afghane, et aucun pays ni aucune organisation étrangère ne peut ôter ce droit aux Afghans. »


Par ailleurs, une dépêche en provenance de Paris publiée par notre presse informait : « La France a suspendu aujourd’hui toutes ses opérations d’entraînement et d’aide au combat en Afghanistan et a menacé de retirer ses troupes avant la date prévue, après qu’un soldat afghan a eu abattu quatre militaires français dans la vallée de Taghab, dans la province de Kapisa […] Sarkozy a donné des instructions à son ministre de la Défense, Gérard Longuet, de se rendre sans délai à Kaboul et a envisagé la possibilité de retirer le contingent français par anticipation. »


À la disparition de l’URSS et du camp socialiste, le gouvernement étasunien a jugé que Cuba ne pourrait pas se maintenir. George W. Bush avait même préparé un gouvernement contre-révolutionnaire pour diriger notre pays. Le jour même où Bush a lancé sa guerre criminelle contre l’Iraq, j’ai demandé aux autorités de notre pays de cesser d’être tolérantes envers les chefaillons contre-révolutionnaires qui demandaient hystériquement, ces jours-là, une invasion de Cuba, car leur attitude constituait de fait une trahison à la patrie.


Bush et ses crétineries ont sévi durant huit ans ; la Révolution dure déjà depuis plus d’un demi-siècle. Le fruit mûr n’est pas tombé aux mains de l’Empire. Cuba ne sera pas une force de plus par laquelle l’Empire s’étendra sur les peuples d’Amérique. Le sang de Martí n’aura pas coulé en vain.


Je publierai demain d’autres Réflexions qui compléteront celles-ci

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 24 janvier 2012

19 h 12

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