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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 20:49

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Je connaissais le Rapport du compañero Rául au Sixième Congrès du parti.

Il me l’avait montré plusieurs jours avant de sa propre initiative, comme il l’a fait pour de nombreuses autres questions sans que je le lui demande, puisque, comme je l’ai déjà expliqué, j’avais délégué toutes mes responsabilités au parti et dans l’État dans ma Communication au peuple cubain du 31 juillet 2006.

C’était là un devoir que je n’avais pas hésité un instant à accomplir.

Je savais que j’étais gravement malade, mais j’étais tranquille : la Révolution irait de l’avant ; ce n’était pas son moment le plus difficile après la disparation de l’URSS et du camp socialiste ; Bush était sur le trône depuis 2001 et il avait nommé un gouvernement pour Cuba, mais, une fois de plus, mercenaires et bourgeois firent en vain leurs valises et leurs malles dans leur exil doré.

En plus de Cuba, les Yankees se retrouvaient avec une autre révolution au Venezuela. La coopération étroite entre les pays passera aussi à l’histoire de l’Amérique comme un exemple de l’énorme potentiel révolutionnaire des peuples ayant une même origine et une même histoire.

Parmi les nombreux points abordés dans le projet de Rapport au Sixième Congrès du parti, l’un de ceux qui m’a le plus intéressé concerne le pouvoir : « …nous sommes arrivés à la conclusion qu’il est recommandable de limiter à deux mandats consécutifs de cinq ans au maximum les responsabilités politiques et étatiques fondamentales. C’est possible et nécessaire dans les circonstances actuelles, bien différentes de celles des premières décennies d’une Révolution pas encore consolidée et constamment en butte, par ailleurs, à des menaces et à des agressions. »

L’idée m’a plu. C’était un point sur lequel j’avais beaucoup réfléchi. Accoutumé dès les premières années de la Révolution à lire tous les jours les dépêches des agences de presse, je n’ignorais rien du cours des événements dans le monde, des succès et des erreurs des partis et des hommes. Ces cinquante dernières années, les exemples abondent.

Je ne les citerai pas, pour ne pas m’étendre ni froisser des susceptibilités.  Je suis convaincu que les destinées du monde auraient pu être alors très différentes sans les erreurs commises par des leaders révolutionnaires qui brillèrent pourtant par leur talent et leurs mérites. Je ne me fais pas non plus d’illusions que la tâche sera plus facile à l’avenir, bien au contraire.

Je dis simplement ce que je juge un devoir élémentaire des révolutionnaires cubains. Plus un pays est petit, plus les circonstances sont difficiles, et plus il est obligé d’éviter des erreurs.

Je dois avouer que je ne me suis jamais vraiment inquiété du temps où j’exercerais les fonctions de président des Conseils d’État et des ministres et de premier Secrétaire du parti. J’étais aussi commandant-en-chef à partir du débarquement de la petite troupe qui a tant grandi ensuite. Dès la Sierra Maestra, j’avais renoncé à exercer la présidence provisoire du pays après la victoire – que j’avais entraperçue dès 1957 – de nos forces encore modestes à cette date ; si je l’ai fait, c’est parce que les ambitions relatives à ce poste entravaient la lutte.

C’est presque contraint et forcé que je dus accepter le poste de Premier ministre dans les premiers mois de 1959.

Raúl savait que je n’accepterai aucun poste au parti dans mon état actuel, même s’il continuait de me désigner comme premier secrétaire et commandant-en-chef, des fonctions que, on le sait, j’avais déléguées dans ma Proclamation quand je suis tombé gravement malade. Je n’ai jamais plus tenté de les exercer, ce que je n’aurais jamais pu faire, d’ailleurs, d’un point de vue physique, même si j’ai considérablement récupéré ma capacité d’analyser et d’écrire.

Raúl n’a jamais manqué, toutefois, de me faire part des idées qu’il envisageait.

Un autre problème se posait : la Commission organisatrice discutait du total de membres du Comité central à proposer au Congrès, et, d’une manière tout à fait sensée, appuyait l’idée soutenue par Raúl qu’il fallait y accroître la présence des femmes et des descendants d’esclaves arrachés à l’Afrique, les deux secteurs les plus pauvres et les plus exploités par le capitalisme dans notre pays.

Par ailleurs, certains compagnons ne pourraient plus prêter beaucoup de services au Parti du fait de leur âge ou de leur état de santé, mais Raúl pensait qu’il serait très dur pour eux de les exclure de la liste des candidats. Je n’ai pas hésité à lui suggérer de ne pas retirer un tel honneur à ces compagnons, et j’ai ajouté que le plus important était que je n’apparaisse pas, moi, sur cette liste.

Je pense avoir reçu trop d’honneurs. Je n’ai jamais pensé vivre si longtemps, et l’ennemi a fait l’impossible dans ce sens : il a tenté de m’éliminer une quantité de fois incalculable, et j’ai bien souvent « collaboré » avec lui.

Le Congrès a avancé à un rythme tel que je n’ai pas eu le temps de transmettre un seul mot sur cette question avant de recevoir les bulletins.

Vers midi, Raúl m’a envoyé un bulletin à travers son adjoint, et j’ai pu exercer ainsi mon droit de vote comme délégué au Congrès, car les militants du parti à Santiago de Cuba m’avaient concédé cet honneur à mon insu. Je ne l’ai pas fait d’une manière machinale. J’ai lu les biographies des nouveaux membres proposés. D’excellentes personnes, dont j’ai connu plusieurs au cours de la présentation d’un livre sur notre guerre révolutionnaire dans le Grand Amphi de l’université de La Havane, dans mes contacts avec les Comités de défense de la Révolution, dans mes réunions avec des scientifiques, des intellectuels, et dans bien d’autres activités. J’ai voté et j’ai même demandé qu’on prenne des photos du moment où j’exerçais ce droit.

Je me suis aussi rappelé que j’avais encore du pain sur la planche en ce qui concerne l’histoire de la bataille de Playa Girón. J’y travaille, et je me suis engagé à la conclure au plus vite. J’ai aussi à l’idée d’écrire au sujet d’un autre événement important qui s’ensuivit.

Tout ceci, avant que le monde ne périsse !

Qu’en pensez-vous ?

 

Fidel Castro Ruz

le 18 avril 2011

16 h 55

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 08:29

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Fidel vota por el nuevo Comité Central del Partido Foto: Alex Castro/Cubadebate

Ce dimanche, à dix heures du matin, j’ai suivi les débats des délégués au Sixième Congrès du parti.

Les commissions étaient si nombreuses que, bien entendu, je n’ai pas pu écouter tous ceux qui ont pris la parole.

Cinq commissions pour discuter de nombreux points. J’ai profité moi aussi des pauses pour respirer calmement et consommer des aliments énergétiques d’origine agricole. Eux, sûrement d’un meilleur appétit du fait de leur travail et de leur âge.

Je m’étonne de la formation de cette nouvelle génération, de sa culture si élevée, si différente de celle qui s’alphabétisait justement en 1961 quand les bombardiers yankees aux mains de mercenaires attaquaient la patrie. La plupart des délégués au Congrès du parti étaient alors des enfants, voire n’étaient pas nés.

Ce n’était pas tant ce qu’ils disaient que leur façon de le dire qui m’importait. Ils sont si bien préparés et ils ont un vocabulaire si riche que, parfois, je ne les comprenais pas. Ils discutent chaque mot, et jusqu’à la présence ou l’absence d’une virgule, d’un paragraphe.

Leur tâche est encore plus difficile que celle que notre génération a assumée quand le socialisme a été proclamé à Cuba, à cent cinquante kilomètres des États-Unis.

Aussi, la persistance dans les principes révolutionnaires est-elle, de mon point de vue, le legs principal que nous puissions leur laisser. Il n’y a pas de marge d’erreur à ce moment de l’histoire humaine. Nul ne doit ignorer cette réalité.

La direction du parti doit être la somme des meilleurs talents politiques de notre peuple, capable de contrecarrer la politique de l’Empire qui met l’espèce humaine en danger et qui engendre des gangsters comme ceux de l’OTAN, capables de lancer en vingt-neuf jours seulement, depuis l’inglorieuse « Aube de l’Odyssée », plus de quatre mille missions de bombardement sur une nation africaine.

Le devoir de la nouvelle génération d’hommes et de femmes révolutionnaire est d’être des modèles de dirigeants modestes, studieux, défenseurs inlassables du socialisme. C’est là assurément un défi difficile à relever, à notre époque barbare des sociétés de consommation, que de dépasser le système de production capitaliste qui fomente et stimule les instincts égoïstes de l’être humain.

La nouvelle génération est appelée à rectifier et à changer sans hésitation tout ce qui doit être rectifiée et changé, et à continuer de prouver que le socialisme est aussi l’art de l’impossible : avoir édifié et mené à bien la Révolution des petites gens, par les petites gens et pour les petites gens, et l’avoir défendue durant un demi-siècle contre la nation la plus puissante qui ait jamais existé.

 

Fidel Castro Ruz

Le 17 avril 2011

20 h 33

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 23:07

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Ensayo de la Revista Militar del 16 de abril en la Plaza de la Revolución, Cuba. Foto: Jorge Legañoa

J’ai eu le privilège de regarder le défilé impressionnant par lequel notre peuple a fêté le cinquantième anniversaire du jour où la Révolution s’est dite socialiste et de la victoire de Playa Girón.

Le Sixième Congrès du Parti communiste de Cuba s’est ouvert ce même jour.

J’ai beaucoup apprécié les commentaires détaillés, la musique, les gestes, les visages, l’intelligence, la martialité et la combativité de notre peuple ; Mabelita, sur sa chaise roulante et le visage heureux, et les enfants et adolescents de La Colmenita, multipliés plusieurs fois.

Il vaut la peine d’avoir vécu pour voir le spectacle d’aujourd’hui, et il vaut la peine de toujours rappeler ceux qui sont morts pour le rendre possible.

À l’ouverture du Sixième Congrès, dans l’après-midi, j’ai pu constater dans les mots de Raúl et sur les visages des délégués à la plus importante réunion de notre parti le même sentiment d’orgueil.

J’aurais pu être sur la place peut-être une heure sous le soleil et dans la chaleur, mais pas trois. Attrapé par la chaleur humaine, j’aurais été face à un dilemme.

J’ai ressenti de la douleur, croyez-moi, quand j’ai vu que certains de vous me cherchaient du regard à la tribune. Je pensais que tout le monde comprendrait que je ne peux plus faire ce que j’ai fait tant de fois.

Je vous ai promis d’être un soldat des idées, et ce devoir, je peux le remplir encore.

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 16 avril 2011

19 h 14

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 12:15
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Discours prononcé par Fidel Castro Ruz, Président de la Double République de Cuba, en rendant les honneurs funèbres aux victimes des bombardements en divers points de la République effectués le 23 et le 12, face au Cimetière Colomb, le 16 avril 1961.


Camarades de l’Armée Rebelle et des Milices Nationales Révolutionnaires, Cubains,

C’est la deuxième fois que nous nous réunissons en ce lieu. La première fois, ce fut au moment de cet acte de sabotage qui coûta la vie à pratiquement une centaine d’ouvriers et de soldats.

En cette occasion, il avait été nécessaire d’ expliquer le crime commis contre notre peuple par une série de déductions ; en cette occasion, il avait été nécessaire de prouver que ce sabotage n’avait pu être réalisé sur notre territoire, il n’avait pu être préparé sur notre territoire étant donné les conditions de vigilance extrême dans lesquelles le déchargement de ce bateau s’accomplissait. Il n’était pas possible de supposer que cela soit dû à un accident, vu que le type de munitions qu’on déchargeait ne pouvait exploser en tombant.

Il fut nécessaire de faire l’historique des antécédents qui désignaient les coupables de cet acte criminel ; il fut nécessaire de se souvenir de tout l’intérêt que le gouvernement des Etats-Unis avait manifesté et de toutes les manoeuvres qu’il avait réalisées pour éviter que ces armes, que vous étiez en train de décharger depuis un moment, arrivent jusque dans nos mains.

Depuis les débuts du Gouvernement Révolutionnaire, les premier effort des ennemis de la Révolution fut d’empêcher que notre peuple s’arme. Les premiers pas que firent nos ennemis tendaient à maintenir notre peuple désarmé, et devant l’échec de leurs pressions politiques pour nous empêcher d’ acquérir ces armes, devant l’échec des premières manoeuvres diplomatiques, ils eurent recours au sabotage, à l’utilisation de procédés violents pour empêcher que ces armes arrivent entre nos mains, pour rendre difficile l’acquisition de ces armes et finalement réussir, que le gouvernement d’où provenaient ces armes, arrêtent les ventes à notre pays.

Ce coup de griffes coûta la vie à de nombreux ouvriers et soldats et lorsqu’en cette occasion, nous avons affirmé que nous avions le droit de penser que les coupables de ce sabotage étaient ceux qui avaient intérêt à ce que nous ne recevions pas ces armes, vous vous souvenez comment le gouvernement des Etats-Unis a protesté, comment le gouvernement des Etats-Unis a dit que c’était une imputation injuste, et comment ils ont affirmé devant le monde, qu’ils n’avaient rien à voir avec l’explosion du vapeur « La Coubre ».

Cependant, nous tous, notre peuple, avons gardé la profonde conviction que la main qui avait préparé cet acte barbare et criminel était la main des agents secrets du Gouvernement des Etats-Unis.

Cependant, au début, pour beaucoup de personnes dans ce pays et même hors de ce pays, il était difficile de croire que le Gouvernement des Etats-Unis soit capable d’une chose pareille ; il était difficile de croire que les dirigeants d’un pays soit capables de pareils procédés. Pour certains , il était possible que’ il existe de la part du gouvernement

Révolutionnaire, une méfiance excessive, qu’il existe de la part des Cubains des soupçons excessifs et une suspicion excessive ; il était possible aussi qu’une partie du peuple reste sceptique devant ces affirmations ; nous n’avions pas encore acquis la dure expérience que nous devions acquérir pendant ces deux ans et demi , nous ne connaissions pas encore bien nos ennemis, nous ne connaissions pas encore bien leurs procédés, nous ne savions pas encore ce qu’était l’Agence Centrale d’Intelligence du gouvernement des Etats-Unis, nous n’avions pas encore eu l’occasion d’éprouver jour après jour leurs activités criminelles contre notre peuple et notre Révolution.

Ce n’était pas seulement ce fait isolé. Déjà, notre pays subissait une série d’agressions, déjà notre pays subissait une série d’incursions, d’avions pirates qui un jour lançaient des proclamations, un autre jour brûlaient nos cannes, et un autre jour tentaient de lancer une bombe sur l’une de nos centrales sucrières.

En cette occasion, où précisément par l’éclatement de la bombe qu’ils allaient lancer, l’avion pirate explosa avec son équipage, tombant en morceaux sur notre territoire, en cette occasion, le Gouvernement des Etats-Unis, ne put nier, comme il venait de le faire, que ces avions arrivaient de ses côtes, le Gouvernement des Etats-Unis ne put, devant les restes de ces pilotes, devant les documents intacts et devant l’immatriculation de l’avion qui était tombé sur notre territoire, il ne put nier la réalité et ils se décidèrent à nous donner, ou pour mieux dire, ils se décidèrent à nous demander des excuses et à nous donner une explication.

Certainement, il était difficile pour tout le monde, de comprendre qu’un avion, et de nombreux avions, puissent sortir et entrer du territoire des Etats-Unis sans que cela soit observé par les autorités de ce pays, sans que cela soit enregistré par les équipements modernes que possède ce pays pour détecter les avions. Mais, en cette occasion, ils nous demandèrent des excuses et nous donnèrent des explications.

Cependant, les vols ne s’arrêtèrent pas. Pendant longtemps, les incursions aériennes continuèrent et une fois, une de ces incursions coûta à notre pays un grand nombre de victimes. Cependant, aucun de ces faits n’avait le caractère d’une attaque militaire ; aucune de ces incursions n’allait au-delà d’ actes de harcèlement de la part d’avions pirates qui, un jour, brûlaient les cannes, un autre jour essayaient de lancer des grenades, un autre jour essayaient de lancer des tracts, et enfin rendaient notre pays victime de harcèlement systématique et essayaient de provoquer des dégâts économiques, mais de façon que jamais, cela n’avait revêtu les caractères d’une attaque militaire.

L’explosion de « La Coubre » fut un acte de sabotage préparé par les agents de la Centrale d’Intelligence yankee. Les attaques de la part d’avions pirates étaient des attaques sporadiques, jamais n’avait été menée à bien une opération qui possédaient toutes les caractéristiques d’une opération nettement militaire.

Récemment, des semaines plus tard, une embarcation pirate pénétra dans le port de Santiago de Cuba, canonna la raffinerie qui y est installée et en même temps, causa des victimes avec ses tirs parmi les soldats et les marins qui étaient à l’entrée de la baie. Tout le monde savait qu’une opération de ce type, avec des embarcations de cette nature, ne pouvait être menée à bien s’il ne s’agissait pas de bateaux fournis et équipés par les Nord-Américains en n’importe quel lieu des Caraïbes.

Ce fait mettait notre pays dans une situation particulière : il nous faisait vivre en plein XX° siècle comme les peuples et les villages de ce continent se virent obligés de vivre aux XVI° et XVII° siècles, comme se virent obligés de vivre les cités et les peuples à l’époque des pirates et des flibustiers. Il plaçait notre pays dans une situation spéciale, en vertu de laquelle nos usines, nos concitoyens, nos villages, devaient vivre à leur merci, rien d’étonnant alors qu’un avion brûlait nos cannaies, alors qu’un avion essayait de lancer une bombe sur nos centrales sucrières, ou alors qu’un avion faisait des victimes dans notre population, ou qu’un bateau pénétrait dans nos ports et canonnait honteusement, chose qui n’était jamais arrivée, chose qui n’est jamais arrivée, en ce siècle, jusqu’à présent et sur ce continent.

Car ce continent, oui, il avait su ce qu’étaient des canons navals, ce continent, oui, il avait su ce qu’étaient des villes bombardées et ce continent, oui, il avait su ce qu’étaient des débarquements de troupes étrangères. Il l’avait su au Mexique, il l’avait su au Nicaragua, il l’avait su en Haïti, et il l’avait su à Saint-Domingue et à Cuba car tous ces peuples avaient su ce qu’étaient les flottes et les canons des Etats-Unis et tous ces peuples avaient eu l’occasion de savoir ce qu’étaient les interventions de l’infanterie de marine des Etats-Unis.

Ce qu’aucun peuple de ce continent n’avait eu l’occasion de connaître, c’était ce type de harcèlement par air et par mer, c’était ce type d’opérations de flibustiers par air et par mer, ce que ce continent n’avait pas eu l’occasion de connaître – continent qui avait connu des interventions, continent qui avait connu des armées de mercenaires organisées par les Etats-Unis – ce qu’aucun peuple de ce continent n’avait eu l’occasion de connaître, c’était cette action systématique de la part des services secrets du Gouvernement des Etats-Unis, cette action systématique de sabotage et de destruction de la part d’un puissant organisme qui possède toutes les ressources économiques et tous les moyens les plus modernes de sabotage et de destruction ; ce que jamais un peuple de ce continent n’avait connu, c’était la lutte contre l’Agence Centrale d’Intelligence du Gouvernement des Etats-Unis, engagée à n’importe quel prix, accomplissant les instructions de son gouvernement pour entraver la marche pacifique et difficile d’une nation en détruisant systématiquement le fruit du travail d’un peuple, en détruisant systématiquement les ressources économiques, les établissements commerciaux, les industries, et ce qui est pire, les vies précieuses d’ouvriers, de paysans et de citoyens travailleurs et honnêtes de ce pays.

Ce type de lutte, aucun peuple d’Amérique ne l’avait connu, ni incursions d’avions pirates, ni incursions de bateaux pirates, ni sabotages de caractère international mis sur pied par un puissant organisme qui possède, comme je l’ai dit, de puissantes ressources économiques et techniques.

Notre pays était peut-être devenu l’unique pays du monde dont les villages et les villes pouvaient être harcelés par des avions pirates, dont les ports pouvaient être attaqués par des bateaux pirates. Et, à notre connaissance, il n’existait ni il n’existe actuellement, un seul cas d’un pays qui, n’étant en guerre avec aucun autre pays, qui, n’étant pas engagé dans une guerre civile, doive supporter ce type d’attaques de la part d’avions et de bateaux pirates et, en outre, cette campagne systématique de destruction des richesses et des vies cubaines que réalise ce corps secret du Gouvernement des Etats-Unis.

Mais avec tout cela, aucun des faits antérieurs, n’avait été, comme hier, une agression de type réellement militaire. Il ne s’est pas agi du vol d’un avion pirate, il ne s’est pas agi de l’incursion d’un bateau pirate, il s’est agi de rien moins que d’une attaque simultanée de trois villes du pays, à la même heure, un matin, il s’est agi d’une opération suivant toutes les règles des opérations militaires.

Trois attaques simultanées, au matin, à la même heure, à La havane, à San Antonio de Los Baños et à Santiago de Cuba, 3 points distants l’un de l’autre et surtout, l’un d’eux par rapport aux deux autres, exécuté avec des avions de bombardement de type B26, avec largage de bombes d’un grand pouvoir destructif, avec rockets et mitraillage de trois points distincts du territoire national. Il s’est agi d’une opération ayant toutes les caractéristiques et suivant toutes les règles d’une opération militaire.

Ce fut en outre, une attaque surprise, ce fut une attaque semblable aux attaques avec lesquelles les gouvernements vandales du nazisme et du fascisme avaient coutume d’agresser les nations. L’expression « déclaration de guerre » n’était pas une expression que connaissaient les gouvernements fascistes d’Europe. Les attaques armées contre les peuples d’Europe par les hordes hitlériennes furent toujours des attaques de ce type : attaques sans avis préalable, attaques sans déclaration de guerre, attaques sournoises, attaques traîtresses, attaques par surprise. Ainsi, furent envahies par surprise, la Pologne, la Belgique, la Norvège, la France, la Hollande, le Danemark, la Yougoslavie et autres pays d’Europe. Et, lorsqu’au milieu de cette guerre, le gouvernement impérialiste du Japon voulut y participer, il n(y eut ni déclaration de guerre, ni avis préalable. Un dimanche matin – si je me souviens bien – le 7 ou le 8 décembre 1941, un matin, les bateaux et les avions japonais attaquèrent par surprise la base navale de Pearl Harbour et détruisirent presque totalement les bateaux et les avions des forces navales des Etats-Unis dans le Pacifique.

Tout le monde se souvient de cette date, tout le monde se souvient de la vague d’indignation qu’elle produisit dans le peuple des Etats-Unis, tout le monde se souvient de l’irritation que produisit dans ce pays et de l’indignation que produisit dans le reste du monde, cette attaque menée à bien de façon sournoise et par surprise. Le peuple de s Etats-Unis se mobilisa devant cette agression et le peuple des Etats-Unis ne voulut jamais oublier la façon traîtresse et lâche dont ses bateaux et ses avions furent attaqués un matin du mois de décembre 1941.

Et ce fait est resté comme un symbole de trahison ; ce fait est resté dans l’histoire des Etats-Unis comme un symbole de félonie, de vilenie et de couardise. Pearl Harbour rappelle aux Etats-Unis la trahison, Pearl Harbour rappelle au peuple des Etats-Unis la vilenie, la couardise et la félonie ; Pearl Harbour fut un événement que l’histoire et l’opinion des Etats-Unis anathématisent comme un événement indigne, comme un événement plein de trahison et de couardise.

Hier... Nous ne prétendons pas comparer parce que, lorsque les Japonais combattaient les Nord-Américains, c’était un combat entre deux pays impérialistes, c’était un combat entre deux pays capitalistes, c’était un combat entre deux gouvernements exploiteurs, c’était un combat entre deux gouvernements colonialistes, c’était un combat entre deux gouvernements qui essayaient de dominer les marchés, les matières premières et l’économie d’une partie considérable du monde.

Et le combat était entre ces deux gouvernements, bien que l’impérialisme nord-américain n’ait pas eu à cette époque l’agressivité de l’impérialisme japonais, ce n’était pas un impérialisme guerrier comme l’impérialisme japonais ; bien que ce soient des puissances impérialistes qui luttaient entre elles et parmi ces impérialismes, le moins guerrier et le moins agressif était l’impérialisme nord-américain mondial – en ce qui concerne l’Amérique Latine, il avait toujours été un impérialisme agressif et guerrier mais d’un bellicisme d’énorme puissance contre des peuples faibles, un bellicisme lâche de grande nation et de nation puissante contre des nations petites et désarmées – mondialement, l’impérialisme nord-américain était moins agressif et moins guerrier que l’impérialisme allemand, que l’impérialisme italien et que l’impérialisme japonais. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une lutte entre deux forces prédatrices, dans ce cas, il ne s’agit pas d’une lutte entre deux impérialismes.

Et si l’attaque de Pearl Harbour fut une attaque condamnable par la façon dont elle se produisit, par surprise et en violant les normes les plus élémentaires et les traditions des relations entre peuples, dans ce cas, le combat qui nous enveloppe, nous, est le combat entre un gouvernement impérialiste et un gouvernement révolutionnaire, c’est le combat entre un impérialisme guerrier et agressif et une Révolution sociale qui détruit précisément toutes les formes d’exploitation, non seulement d’exploitation d’un peuple par un autre mais aussi l’exploitation d’une partie du peuple par l’autre partie.

Nous nous différencions des Etats-Unis en ce que les Etats-Unis sont un pays qui exploite d’autres peuples, en ce que les Etats-Unis sont un pays qui s’est emparé d’une grande partie des ressources naturelles du monde, et qui fait travailler au bénéfice de sa caste de millionnaires, des dizaines et des dizaines de millions de travailleurs dans le monde entier. Et nous, nous ne sommes pas un pays qui exploite d’autres peuples, nous ne sommes pas un pays qui s’est emparé ni qui lutte pour s’emparer des ressources naturelles d’autres peuples, nous ne sommes pas un pays qui essaie de faire travailler les ouvriers d’autres peuples pour notre bénéfice.

Nous sommes tout le contraire : un pays qui lutte pour que ses ouvriers ne soient pas obligés de travailler pour la caste des millionnaires américains (applaudissements) ; nous constituons un pays qui lutte pour récupérer nos ressources naturelles, et nous avons repris nos ressources naturelles qui étaient aux mains de la caste des millionnaires nordaméricains.

Nous ne sommes pas un pays dans le système duquel la plus grande partie du peuple, la plus grande partie des ouvriers, des masses du pays constituées par les ouvriers et les paysans, travaillent pour une minorité d’exploiteurs millionnaires privilégiés ; nous ne sommes pas un pays qui possède un système dans lequel les grandes masses de la population sont discriminées et oubliées comme les masses noires aux Etats-Unis ; nous ne sommes pas un pays qui possède un système dans lequel une partie minoritaire du peuple vit en parasite du travail et de la sueur des masses majoritaires.

Nous, avec notre Révolution, nous n’éradiquons pas seulement l’exploitation d’une nation par une autre nation mais aussi l’exploitation de certains hommes par d’autres hommes (applaudissements).

Oui, nous avons déclaré dans une assemblée générale historique que nous condamnions l’exploitation de l’homme par l’homme (applaudissements) ; nous avons condamné l’exploitation de l’homme par l’homme ! (applaudissements et cris de « Fidel ! Fidel ! ») Nous nous différencions des Etats-Unis en ce que, là-bas, un gouvernement de classe privilégiée et puissante a établi un système en vertu duquel cette classe exploite l’homme à l’intérieur même des Etats-Unis et cette classe exploite l’homme hors des Etats-Unis.

Les Etats-Unis constituent politiquement aujourd’hui un système d’exploitation des autres nations par une nation et un système d’exploitation de l’homme par d’autres hommes. Ainsi, le combat entre le Japon et les Etats-Unis est un combat entre des systèmes identiques, le combat entre les Etats-Unis et Cuba est un combat sur des principes différents, c’est à dire, c’est un combat entre ceux qui n’ont plus aucun principe humain et ceux qui brandissent la défense des principes humains (applaudissements et exclamations : « Nous vaincrons ! »).

C’est à dire que si l’attaque de Pearl Harbour a constitué un crime, ce fut un crime entre impérialistes, ce fut un crime entre exploiteurs où un gouvernement exploiteur voulut annihiler un autre système exploiteur, où un impérialisme a voulu annihiler un autre impérialisme. Le crime d’hier, cependant, fut le crime des exploiteurs impérialistes contre un peuple qui veut se libérer de l’exploitation, contre un peuple qui veut implanter la justice, ce fut un crime entre les exploiteurs de l’homme et ceux qui veulent abolir l’exploitation de l’homme ! (applaudissements et exclamations : « Nous vaincrons ! »).

Si l’attaque de Pearl Harbour fut considérée par le peuple des Etats-Unis comme un crime et comme un acte traîtreux et couard, notre peuple a le droit de considérer l’attaque impérialiste d’hier comme un événement deux fois criminel, comme deux fois sournois, deux fois traîtreux et mille fois lâche (applaudissements et exclamations de « Cuba oui, yankees, non ! ») . Et, si le peuple des Etats-Unis a considéré qu’il avait le droit de juger le gouvernement qui avait préparé et perpétré cette attaque comme un gouvernement vil et misérable, notre peuple a le droit de qualifier de mille fois vil et misérable le gouvernement qui a préparé cette attaque contre notre pays (applaudissements et exclamations : « Pan, pan ! Dehors, à bas Caïmanera ! ») Si le peuple des Etats-Unis a eu le droit de qualifier de lâche cette attaque surprise, c’est à dire une attaque venue d’un pays puissant contre un autre pays puissant, d’un pays qui possédait de nombreux bateaux et de nombreux avions contre un autre pays qui possédait de nombreux bateaux et de nombreux avions, nous, nous avons le droit de qualifier de « mille fois lâché » l’attaque d’un pays qui possède de nombreux bateaux et de nombreux avions contre un pays qui possède très peu de bateaux et très peu d’avions (applaudissements et exclamations : « Nous vaincrons ! »).

De toute façon, lorsque les Japonais attaquèrent à Pearl Harbour, ils assumèrent la responsabilité historique de leurs actes. Lorsque les Japonais attaquèrent à Pearl Harbour, ils n’essayèrent pas de cacher qu’ils étaient les organisateurs et les exécutants de cette attaque et ils assumèrent les conséquences historiques et les conséquences morales de leurs actes. Cependant, lorsque, dans ce cas, le pays puissant et riche prépare l’agression surprise et lâche contre le petit pays, le pays qui n’a pas de moyens militaires pour répondre à l’agression, bien qu’il puisse résister jusqu’à la dernière goutte de sang !... (applaudissements et exclamations : « La Patrie ou la Mort » !)

C’est en toute sécurité que le gouvernement impérialiste des Etats-Unis agit ainsi avec nous parce que nous ne sommes pas un pays puissant. C’est en toute sécurité qu’il agit ainsi avec nous, parce qu’il sait que nous ne pouvons riposter comme il le mérite, aux actes criminels et lâches qu’ils exécutent contre nous (applaudissements) ; en toute sécurité parce que, si nous étions un pays militairement puissant, le gouvernement impérialiste des Etats-Unis n’oserait jamais accomplit de semblables actes contre nous ! (applaudissements et exclamations : « Assassins ! »).

Lorsque les Japonais attaquèrent Pearl Harbour, ils en assumèrent la responsabilité et ces messieurs, non, ces messieurs préparent l’attaque, organisent l’attaque, remettent les avions, remettent les bombes, entraînent les mercenaires, payent les mercenaires et réalisent l’attaque sans avoir le courage d’affronter la responsabilité historique et morale de leurs actes ! (applaudissements et exclamations : « Ce sont des lâches ! Ce sont des lâches ! »).

Le gouvernement impérialiste du Japon agit et n’essaya pas de cacher sa responsabilité. Par contre, le Président des Etats-Unis (exclamations : « Dehors ! ») est comme la « petite chatte de Maria Ramos » qui « lance la pierre et cache sa main » (exclamations : Dehors ! Dehors ! »). Le président Kennedy comme la « petite chatte de Maria Ramos lance la pierre et cache sa main ! » ce sont les mots par lesquels on peut résumer la politique du gouvernement des Etats-Unis.

Cependant, combien ces événements sont utiles pour comprendre ! Combien ces événements sont utiles pour nous enseigner les réalités du monde ! Combien ces événements sont utiles pour éduquer notre peuple ! Les leçons coûtent cher, les leçons sont douloureuses, les leçons sont sanglantes mais comme les peuples s’instruisent avec ces événements ! Comme notre peuple s’instruit ! Comme notre peuple s’éduque et grandit !

Ce n’est pas pour rien qu’en ce moment, nous savons tant de choses que les autres peuples ignorent ; ce n’est pas pour rien que nous sommes, en ce moment, l’un des peuples qui a le plus appris en peu de temps sur l’histoire du monde. Et ces événements d’hier vont nous éduquer, ces événements douloureux d’hier vont nous éclairer et vont nous montrer, peut-être avec plus de clarté qu’aucun autre événement jusqu’à aujourd’hui, ce qu’est l’impérialisme.

Peut-être avez-vous une idée de ce qu’est l’impérialisme, peut-être vous êtes-vous souvent demandé ce qu’était l’impérialisme et ce signifiait ce mot.

Est-ce que les impérialistes sont réellement quelque chose d’aussi mauvais ? Est-ce qu’il n’y a pas beaucoup de passion dans toutes les accusations qu’on leur porte ? Est-ce que tout ce que nous avons entendu dire de l’impérialisme nord-américain n’est pas le produit du sectarisme ? Est-ce que tout ce qu’on affirme sur l’impérialisme américain est bien vrai ? (exclamations de « Oui » !) Est-ce que les impérialistes nord-américains ont aussi peu de scrupules qu’on le dit ? (exclamations de « Oui ! ») Est-ce que les impérialistes nordaméricains sont aussi canailles et scélérats qu’on l’affirme ? (exclamations de « Oui ! ») Est-ce que les impérialistes nord-américains sont aussi sanguinaires, vils et lâches qu’on l’affirme ? (exclamations de « Oui ! ») Ou exagère-t-on ? (exclamations de « Non ! ») Ou bien est-ce du sectarisme ? (exclamations de « Non ! ») Ou est-ce un excès de passion ? (exclamations de « Non ! »)

Mais, est-il possible que les impérialistes aient fait les choses qu’on affirme qu’ils ont faites ? Tout ce que l’on a dit à propos de leurs actions de vandales au niveau international, de leurs provocations est-il bien certain ? Est-ce que ce sont eux qui ont provoqué la guerre de Corée ? (exclamations de « Oui ! »).

Comme il était difficile de savoir ce qui se passait dans le monde quand n’arrivaient dans notre pays d’autres nouvelles que les nouvelles nord-américaines ! Quelle tromperie nous graveraient-ils dans l’esprit et de combien de mensonges nous rendraient-ils victimes ? S’il restait quelque doute à quelqu’un, si quelqu’un, dans ce pays, de bonne foi – et je ne parle pas de la misérable « gusanera » , je parle d’hommes et de femmes capables de penser honnêtement, même s’ils ne pensent pas comme nous – avait quelque doute, si quelqu’un croyait qu’il reste un atome d’honnêteté dans la politique yankee, si quelqu’un croyait qu’il reste un atome de morale dans la politique yankee, si quelqu’un croyait qu’il reste un atome de honte, d’honneur ou de justice dans la politique yankee, si quelqu’un dans ce pays, dans cet heureux pays qui a eu l’occasion de voir, dans cet heureux pays qui a eu l’occasion d’apprendre bien qu’il se soit agi d’un apprentissage sanglant, mais un apprentissage de liberté et un apprentissage de dignité (applaudissements), si quelqu’un dans ce pays qui a eu le privilège de voir se transformer tout un peuple en un peuple de héros et en un peuple d’hommes dignes et vaillants (applaudissements), si quelqu’un dans ce pays dont l’accumulation de mérites, d’héroïsme et de sacrifices croît chaque jour, doute encore , si ceux qui ne pensaient pas comme nous croient arborer ou défendre un drapeau honnête, croient arborer ou défendre un drapeau juste et parce qu’ils croient cela, sont pro-yankees et sont défenseurs du gouvernement des Etats-Unis, si quelqu’un d’entre eux de bonne foi restait dans notre pays , que ces événements que nous allons analyser servent à ce qu’il n’ait plus aucun doute.

Hier, comme nous le savons tous, des bombardiers divisés en trois groupes , à 6h pile du matin, pénétrèrent sur le territoire national, venant de l’étranger et attaquèrent trois points du territoire national ; en chacun de ces points, les hommes se défendirent héroïquement, en chacun de ces points coula le sang valeureux des défenseurs (applaudissements), en chacun de ces points, il y eut des milliers sinon des centaines et des centaines de témoins de ce qui arrivait. C’était, en outre, un événement que l’on attendait, c’était quelque chose que l’on attendait tous les jours, c’était le point culminant logique de l’incendie des cannaies, des centaines de violations de notre espace aérien, des incursions aériennes pirates, des attaques pirates de nos raffineries par un bateau qui arriva au petit matin, c’était la conséquence de ce que tout le monde sait, c’était la conséquence des plans d’agression élaborés par les Etats-Unis avec la complicité des gouvernements laquais d’Amérique Centrale ; c’était la conséquence des bases aériennes que le peuple entier connaît parce que même les journaux et les agences d’information nord-américaines en ont parlé et les agences elles-mêmes et les journaux eux-mêmes se sont fatigués de parler des armées de mercenaires qu’ils organisent, des camps d’aviation tout prêts, des avions que leur avait remis le Gouvernement des Etats-Unis, des instructeurs yankees, des bases aériennes établies sur le territoire guatémaltèque. Cela, toute la population de Cuba le savait, cela, le monde entier le savait. L’attaque s’est produite hier, en présence de milliers d’hommes et que croyez-vous qu’ont dit les dirigeants yankees face à cet événement insolite ? Car il ne s’agit pas de l’explosion de « La Coubre » qui est un acte de sabotage rusé et caché, il s’agit d’une attaque simultanée en trois points du territoire national avec mitraille, bombes, fusées, avec des avions de combat que tout le monde a vus. Il s’agit d’un fait public, un fait attendu, un fait que tout le monde connaissait avant qu’il ne se réalise.

Et pour que reste une certitude historique, pour que notre peuple soit instruit en une fois et pour toujours et pour que cette partie des peuples d’Amérique puisse apprendre ce qui peut arriver , même s’il s’agit seulement d’un rayon de vérité, je vais expliquer au peuple, je vais vous montrer comment procèdent les impérialistes (applaudissements).

Croyiez-vous que le monde allait s’informer de l’attaque contre Cuba ? Croyiez-vous que le monde allait s’informer de ce qui était arrivé ? Croyiez-vous ou avez-vous pensé qu’il était possible d’essayer d’éteindre, dans le monde, l ’écho des bombes et des rockets criminelles tirées hier contre notre patrie ? Que cela serait arrivé à quelqu’un dans le monde ? Que quelqu’un pouvait essayer de tromper le monde entier, essayer de cacher la vérité au monde entier, essayer d’arnaquer le monde entier ? Eh bien, hier, non seulement ils ont attaqué notre terre dans une attaque sournoise et criminelle préméditée et que tout le monde connaissait, avec des avions yankees, avec des bombes yankees, avec des armes yankees, et avec des mercenaires payés par l’Agence Centrale d’Intelligence yankee ; non seulement ils ont fait cela, non seulement ils ont détruit des biens de la nation, non seulement ils ont détruit des vies de jeunes dont beaucoup n’avaient pas encore vingt ans (exclamations) mais, en outre, en outre, le Gouvernement des Etats-Unis a essayé hier, d’arnaquer le monde. Le Gouvernement des Etats-Unis a essayé hier d’arnaquer le monde de la manière la plus cynique et le plus honteuse qu’on n’ait jamais pu concevoir.

Et voici les preuves des agissements de l’impérialisme, de toute la mécanique opératoire de l’impérialisme, de la façon dont l’impérialisme non seulement commet des crimes contre le monde entier mais de la façon dont il trompe le monde. Mais il trompe le monde non seulement en lui volant son pétrole, ses minerais , le fruit du travail de ses peuples, mais il trompe le monde moralement en lui envoyant les mensonges et les choses les plus épouvantables qu’on puisse imaginer.

Et voici les preuves. Devant notre peuple, nous allons lire ce que l’impérialisme a dit au monde, nous allons vous expliquer ce que le monde a su hier, ce qu’ils ont dit au monde, ce qu’ils ont fait croire peut-être, à des dizaines et des dizaines de millions d’êtres humains, ce qu’ont publié hier des milliers et des milliers de journaux, ce qu’ont annoncé hier des milliers et des milliers de stations de radio et de télévision sur ce qui s’est passé à Cuba, ce qu’a appris le monde ou une grande partie du monde, une partie considérable du monde, par les agences yankees.

Câble de l’UPI ( désapprobation) :

« Miami, 15 avril. Des pilotes cubains qui ont déserté les forces aériennes de Fidel Castro ont atterri en Floride avec des bombardiers de la Seconde Guerre Mondiale après avoir fait sauter des installations militaires cubaines pour venger la trahison d’un des leurs. »

Je répète : « Miami, 15 avril, UPI. » - Distribué dans le monde entier, publié par des milliers de journaux, de stations de radio et de télévision. « Des pilotes cubains » - Des pilotes cubains, c’est ce qu’ils ont dit au monde, c’est ce qu’ils ont dit au monde après avoir organisé les aérodromes au Guatemala, après avoir envoyé les avions, après avoir envoyé les bombes, après avoir envoyé la mitraille et entraîné les mercenaires, et ils ont donné l’ordre aux mercenaires, chose que tout le monde savait. Et ceci, c’est ce qu’ils disent au monde après avoir violé des centaines de fois l’espace aérien, devant le fait le plus scandaleux, devant le fait le plus inattendu, devant un fait qui, en soi allait constituer un scandale mondial, qu’ont fait les Gringos ? Qu’a fait le gouvernement gringo ?

« Miami, 15 avril, UPI. Des pilotes cubains qui ont déserté les forces aériennes de Fidel Castro ont atterri aujourd’hui en Floride avec des bombardiers de la Seconde Guerre Mondiale après avoir fait sauter des installations militaires cubaines pour venger la trahison d’un lâche parmi eux. » Un des bombardiers B 26 de la Force Aérienne Cubaine atterrit à l’aéroport international de Miami criblé par le feu de l’artillerie antiaérienne et des tirs de mitraillettes, avec seulement un de ses deux moteurs. Un autre s’arrêta à la base aérienne de la Marine à Cayo Hueso ; un troisième bombardier atterrit dans un autre pays étranger – on ne dit pas lequel – différent de celui dans lequel les trois avions avaient projeté – écoutez bien – avaient projeté à l’origine de se rendre après l’attaque, selon des sources cubaines locales compétentes. Il existe des versions non confirmées du fait qu’un autre avion, un autre aéroplane, s’est abîmé en mer près de l’Ile de la Tortue (applaudissements). De toute façon, la Marine des Etats-Unis enquête. Les pilotes qui ont demandé qu’on ne divulgue pas leur identité... (exclamations) descendirent de leurs avions et revêtirent leurs uniformes et immédiatement, demandèrent l’asile aux Etats-Unis (exclamations).

« Edouard Ahrens – voyez – Edouard Ahrens, directeur du service de l’immigration de Miami, a déclaré que les demandes étaient à l’étude. L’aviateur à moustaches qui descendit à Miami, indiqua aux fonctionnaires de l’immigration que lui et trois autres pilotes des Forces Aériennes Cubaines avaient projeté voilà des mois, de fuir la Cuba de Castro. Il ajouta que ce fut à cause de la trahison de Galo que lui et les deux autres résolurent de lui donner une leçon avec le bombardement et le mitraillage des installations des bases aériennes sur leur chemin vers la liberté. Il dit qu’il avait opéré sur sa propre base, celle de San Antonio de Los Baños et que les autres pilotes en avaient attaqué d’autres. Ce pilote se montra disposé à discuter avec les journalistes mais il baissa la tête et se mit des lunettes de soleil quand les journalistes essayèrent de la photographier. »

« Il expliqua que – écoutez bien quel énorme mensonge et quelle absurdité – il expliqua que lui et les autres pilotes avaient laissé leur famille à Cuba et craignaient les représailles de Castro contre leurs parents. » C’est à dire qu’ils affirment avoir volé les avions, avoir déserté et qu’ils ne disent pas leur nom pour qu’on ne sache pas comment s’appellent ceux qui ont volé les avions et ont déserté. Et c’étaient des pilotes de la Force Aérienne, disent-ils. Il est indiscutable que l’Américain qui a écrit cela était complètement saoul, hier matin (applaudissements). »

« Miami, UPI. Le pilote du bombardier qui atterrit à Miami expliqua qu’il était l’un des 12 pilotes de B 26 qui étaient restés dans la Force Aérienne de Cuba après la désertion de Diaz Lanz et les purges qui suivirent. Diaz Lanz était le chef de la Force Aérienne de Castro mais il déserta au début de 1959, peu après que celui-ci soit arrivé au gouvernement. Il a ajouté qu’il avait aujourd’hui mission d’effectuer une patrouille de routine sur la zone de sa base et que les deux autres pilotes stationnés à Campo Libertad, dans les environs, décollèrent sous divers prétextes ; l’un d’entre eux devait effectuer aujourd’hui un vol vers Santiago de Cuba et l’autre dit qu’il voulait vérifier son altimètre. Ce dernier était en l’air cinq minutes après six heures du matin. Mes camarades, ajouta-t-il, décollèrent plus tôt pour attaquer les aérodromes que nous avions décidé de punir.

Ensuite, et parce que mon combustible s’épuisait, je dus prendre la route de Miami parce que je ne pouvais rejoindre notre destination prévue. Il est possible que les autres soient allé mitrailler une autre base avant de partir, peut-être la plage de Baracoa où Fidel a son hélicoptère. L’aviateur n’a pas révélé la destination qui avait été prévue. »

Câbles de l’AP (exclamations) :

« Miami, 15 AP – Ce qu’ils ont dit au monde – Miami, 15 AP. Trois pilotes cubains de bombardiers craignant d’être trahis dans leurs plans pour échapper au gouvernement de Fidel Castro ont fui aujourd’hui aux Etats-Unis après avoir mitraillé et bombardé les aéroports à Santiago et à La Havane. »

« Un des deux bombardiers bimoteurs de la Seconde Guerre Mondiale a atterri à l’aéroport international de Miami avec un lieutenant aux commandes de l’avion. Il a indiqué la façon dont lui et trois des 12 pilotes d’avions B 26 qui sont ceux qui restent aux Forces Aériennes Cubaines ont projeté, pendant des mois, de fuir Cuba. »

« L’autre avion, avec deux hommes à bord, a atterri à la base aéronavale de Cayo Hueso. Les noms des pilotes ont été tenus secrets. Les autorités de l’immigration ont mis les Cubains sous surveillance et confisqué les avions. »

« Approximativement, 100 Cubains réfugiés, réunis à l’aéroport, poussèrent des vivats et applaudirent quand le pilote fut amené jusqu’au bureau de la douane et ensuite transporté vers un lieu gardé secret. »

Voyez : « Edgard Ahrens, directeur du district du Service d’Immigration d’Etat des Etats- Unis rendit publique – le directeur de l’Immigration de Miami rendit publique – la déclaration suivante du pilote de la Force Aérienne Cubaine » - c’est à dire que, non seulement ils affirment qu’il est Cubain mais ils ont le toupet d’affirmer qu’il ne donne pas son nom et qu’il ne donne pas son nom pour qu’on ne sache pas qui ils sont. Déjà, prétendre cacher le nom d’un monsieur qui vient de commettre un délit … Mais en plus, le directeur de l’Immigration rend les déclarations publiques ! Et, voyez à quel degré de cynisme il arrive, voyez jusqu’à quel point les fonctionnaires et les dirigeants de l’impérialisme sont sans vergogne , voyez comme ils en arrivent à inventer en détail une légende surprenante que personne ne croit... Pas même le chat, je pense (applaudissements) ; que personne ne croit, pas même la « petite chatte de Maria Ramos ». Le pilote dit – voyez l’histoire qu’il publie pour parer toute l’histoire de détails, pour rendre le stratagème complet, avec tous les détails, voyez l’histoire qu’ils inventent

 : « Je suis l’un des 12 pilotes d’avions B26 et je suis resté dans la Force aérienne de Castro après la désertion de Diaz Lanz , ex chef de la force Aérienne Cubaine, et les purges qui suivirent. Trois de mes camarades pilotes et moi, avions mis au point durant des mois la façon dont nous échapperions à la Cuba de Castro. Avant-hier, j’appris que l’un des trois, le lieutenant Alvaro Galo – même un mon, ils prennent le nom de l’un des aviateurs des FAR, ils mettent un nom ; à quelle extrémité portent-ils leur cynisme et leur toupet ! - avanthier, j’appris que l’un des trois, le lieutenant Alvaro Galo qui est le pilote d’avions B 26 N° FAR-915 – en fait, le pilote, précisément, est à Santiago, par hasard il est détaché à Santiago – avait parlé avec un agent de Ramiro Valdes, le chef du G-2. J’ai alerté les deux autres, et nous conclûmes alors que, probablement, Alvaro Galo qui avait toujours agi ainsi, comme un poltron, nous avait trahi. Nous décidâmes alors de passer immédiatement à l’action. Hier matin, on me détacha à la patrouille de routine de ma base, San Antonio de los Baños, sur une section de Pinar del Rio et autour de l’Ile des Pins. J’en avisai mes amis au Camp Libertad et ils furent d’accord sur le fait que nous devions agir.

L’un d’eux devait voler vers Santigao, l’autre donna comme excuse qu’il voulait vérifier son altimètre, il devait décoller de Campo Libertad à 6h – au Campo Libertad, il n’y avait aucun avion B 26, il y avait des avions endommagés – Je fus en l’air à 6h05 ; à cause de la trahison d’Alvaro Galo, nous avions décidé de lui donner une leçon, c’est pourquoi je revins à San Antonio où son avion était stationné et je fis deux passages pour mitrailler son avion et trois autres stationnés à côté. En partant, je fus touché par un tir d’arme légère et je m’enfuis. Mes camarades étaient déjà partis pour attaquer les bases aériennes que nous avions décidé d’attaquer. Ensuite, comme je n’avais plus beaucoup de carburant, je dus aller à Miami parce que je ne pouvais atteindre notre destination première, celle qui était prévue. Il est possible que les autres aient mitraillé d’autres bases avant de partir comme la plage de Baracoa, où Fidel garde son hélicoptère. »

C’est ce qu’ils ont dit au monde. Non seulement l’UPI et l’AP donnent au monde la nouvelle que « des aviateurs cubains sont partis avec leurs avions et ont bombardé », mais en plus, ils répandent cette historiette dans le monde entier. Et que croyez-vous que des dizaines de millions de personnes ont lu et entendu hier dans le monde, publié par des milliers et des milliers de journaux différents, de stations de radio et de télévision ? Et que croyez-vous qu’on a dit en Europe, en plusieurs endroits de l’Amérique Latine, en de nombreuses parties du monde ? Non seulement, ils ont affirmé cette chose mais ils en ont fait toute une histoire, avec des détails et des noms, et comment ils ont tout mis sur pied. Non. A Hollywood, ils n’en n’avaient jamais tant fait , messieurs !

Voilà ce que déclare l’UPI, ce que déclare l’AP et ce que déclarent les mercenaires. Voilà la déclaration que remet le directeur de l’Immigration, disant en même temps qu’ils ne disent pas le nom pour qu’ils ne soient pas découverts, après avoir affirmé qu’ils viennent d’amener leur avion.

Est-ce que cela s’arrête ici ? Non. Cela ne s’arrête pas ici, la chaîne continue. Maintenant, voici les déclarations de Miro Cardona. Mais avant de lire les déclarations de Miro Cardona, je vais lire le câble publié au Mexique, ce que dit l’AP du Mexique. C’est à dire comme preuve de ce qu’ils racontent dans le monde entier – ce qu’a publié la plus grande partie des journaux, les journaux de la réaction au Mexique – pour que vous voyez comment travaille tout l’appareil du mensonge et de la tromperie internationale :

« Mexico DF 15 – (AP) – Le bombardement de bases cubaines par des avions cubains déserteurs fut reçu ici avec des démonstrations de joie par la plus grande partie des journaux qui se sont unis aux groupes de Cubains exilés pour dire que le bombardement était le début d’un mouvement de libération du communisme. Le gouvernement a gardé le silence tandis que des groupes d’étudiants gauchistes et communistes ont soutenu la déclaration de l’Ambassadeur cubain José Antonio Portuondo, disant que les attaques aériennes avaient été des attaques lâches et désespérées des impérialistes. Parmi les Cubains exilés, on notait une grande activité. Une source cubaine rapporta que le nouveau gouvernement cubain en exil se transporterait à Cuba peu après la première vague d’invasion contre le régime cubain de Fidel Castro pour établir un gouvernement provisoire avec l’espoir qu’il soit rapidement reconnu par de nombreux pays latinoaméricains anti-castristes. Amado Hernandez Valdés du Front Révolutionnaire Démocratique Cubain, ici, a dit que le moment de la libération s’approchait. Il a déclaré que les bases cubaines attaquées par les trois avions cubains déserteurs ont été au nombre de quatre : Campo de Libertad, près de La Havane, San Antonio de los Baños, Centre Aérien de Santiago et Guanito, Pinar del Rio ».

C’est ce qu’ils publient depuis le Mexique. Même chose dans toutes les capitales du monde impérialiste ou exploitées par l’impérialisme.

Déclarations de Miro Cardona, pour qu’ils se découvrent ainsi, quelle sorte de vermine sont ces messieurs ? Pour que vous sachiez de quel genre sont ces parasites, une déclaration remise par le docteur Miro Cardona. Le texte est de AP et de UPI.

« Un héroïque coup en faveur de la liberté cubaine fut assené ce matin par un certain nombre d’officiers de la Force Aérienne Cubaine. Avant de voler sur leurs avions vers la liberté, ces véritables révolutionnaires ont essayé de détruire le plus grand nombre possible d’avions militaires de Castro. Le Conseil Révolutionnaire s’enorgueillit d’annoncer que leurs plans furent couronnés de succès, que le Conseil est entré en contact avec eux, et a encouragé ces vaillants pilotes. Leur action est un nouvel exemple du désespoir auquel toutes les couches sociales peuvent être amenées sous l’implacable tyrannie de Castro. Tandis que Castro et ses partisans essaient de convaincre le monde. (Ecoutez bien !) Tandis que Castro et ses partisans essaient de convaincre le monde que Cuba a été menacée d’invasion depuis l’étranger, ce coup en faveur de la liberté, comme d’autres précédents, fut asséné par des Cubains résidant à Cuba qui se sont décidés à lutter contre la tyrannie et l’oppression ou à en mourir . Pour des raisons de sécurité, on ne donnera pas plus de détails. »

Voyez comment travaille l’impérialisme, avec quel manque de respect pour le monde. Le monde entier savait qu’ils avaient les avions, là-bas, et que même, ils avaient peint des drapeaux cubains et des insignes cubains sur les avions. Cela a été publié un nombre infini de fois. Voyez comment ces messieurs, à la chaîne, mettent au point les mensonges les plus monstrueux, les plus cyniques et les plus culottés au monde !

Mais ce n’est pas fini. Nous allons achever de démasquer ce comédien que possède l’impérialisme, là-bas, à l’ONU, et qui joue l’ homme illustre, libéral, de gauche, etc, etc...

Monsieur Adlai Stevenson, qui est un autre sans vergogne. Et voici l’arnaque : Déjà l’UPI et l’AP ont répandu l’historiette, des milliers de journaux, de réactionnaires... et eux-mêmes, la publient et les principaux journaux ont reçu avec plaisir la nouvelle de la désertion de ces pilotes.

Arrive monsieur le Délégué de « la petite chatte de Maria Ramos » à l’ONU .

L’Ambassadeur nord-américain Adlai Stevenson – il rejette les affirmations de Roa et réitère la déclaration du Président John F. Kennedy, qu’en aucune circonstance – je répète – en aucune circonstance, il n’y aura d’intervention des forces armées des Etats-Unis à Cuba. Stevenson montra à la Commission des photographies de United Press International qui montrent deux avions ayant atterri aujourd’hui en Floride après avoir participé à l’incursion contre trois villes cubaines.

Alors, Stevenson dit : « Il y a le signe de la Force Armée de Castro sur la queue – il s’exprime en montrant l’une d’elles - ; il y a l’étoile et les initiales cubaines ; elles sont clairement visibles. Je montrerai volontiers cette photo. » Stevenson ajouta que les deux avions en question étaient pilotés par des officiers de la Force Aérienne Cubaine et l’équipage formé par des hommes ayant déserté le régime de Castro. Aucun citoyen des Etats-Unis n’a participé à l’incident d’aujourd’hui, et les aéroplanes n’appartenaient pas aux Etats-Unis -insista-t-il – c’étaient des avions de Castro lui-même qui ont décollé de ses propres bases ».

« Le Ministre cubain dit que « les incursions de ce matin, indubitablement, sont le prologue d’une tentative d’invasion à grande échelle, organisée, équipée et financée par Washington. Le gouvernement de Cuba, a dit Roa, accuse solennellement le gouvernement des Etats-Unis devant cette Commission et devant l’opinion publique mondiale, d’essayer d’employer la force pour régler ses différents avec l’un des états membres. »

Nous avons ici comme c’est arrivé rarement à un peuple, l’occasion de connaître du dedans, du dehors, des côtés, d’en bas et d’en haut, ce qu’est l’impérialisme.

Nous avons ici l’occasion d’apprécier comment fonctionne son appareil financier, publicitaire, politique, mercenaire, ses corps secrets, ses fonctionnaires, qui, en toute tranquillité et de façon inédite, trompent le monde. Maintenant, imaginez de quelle manière nous pourrions savoir ce qui s’est passé dans le monde s’ ils ont fait croire à tant de monde cette même version et cette explication.

C’est à dire qu’ils organisent l’attaque, préparent l’attaque, entraînent les mercenaires, leur donnent des avions, leur donne des bombes, des aéroports – tout le monde le sait – l’attaque survient et, ensuite, ils affirment tranquillement devant le monde entier que cela ne s’est pas passé ainsi. Devant un monde qui, ils le savent, se lèverait, indigné, devant une violation si monstrueuse, si lâche, si agressive, contre les droits des peuples et contre la paix !

Et ces misérables gringos impérialistes, après avoir semé le deuil dans plus d’une demidouzaine de foyers, après avoir assassiné une poignée de jeunes qui n’étaient pas des parasites millionnaires, car ceux que nous venons d’enterrer ne sont pas des millionnaires parasites, ne sont pas des mercenaires achetés par l’or de l’étranger, ne sont pas des bandits, ce sont les fils chéris de notre peuple ! De jeunes ouvriers, des fils de familles humbles qui ne volent rien à personne, qui n’exploitent personne, qui ne vivent du travail de personne, et qui ont le droit de vivre plus que les millionnaires et qui ont le droit de vivre plus que les parasites, et qui ont le droit de vivre plus que les gusanos. Parce qu’ils ne vivent pas du travail des autres comme les millionnaires yankees. Ils ne vivent pas avec l’or de l’étranger comme les mercenaires, gusanos vendus à l’impérialisme. Ils ne vivent pas du vice, ils ne vivent pas du vol et ils ont le droit que leur vie soit respectée.

Aucun misérable millionnaire impérialiste n’a le droit d’envoyer des avions, des bombes, des fusées, pour détruire ces vies jeunes et chéries de la Patrie.

Ceux qui sont d’accord avec un pareil crime, ceux qui sont d’accord avec une sauvagerie pareille, ceux qui se vendent misérablement et soutiennent les activités de ces criminels, ceux qui conspirent contre la Patrie, dans la rue, dans les églises, dans les écoles, où que ce soit, doivent s’attendre à ce que la Révolution les traite comme ils le méritent ! Ce sont les crimes de l’impérialisme, ce sont les mensonges de l’impérialisme, viennent ensuite les évêques pour bénir le mensonge, viennent ensuite les clercs réactionnaires pour sanctifier les mensonges.

L’impérialisme projette le crime, organise le crime, arme les criminels, entraîne les criminels, paie les criminels... Les criminels viennent et assassinent sept fils d’ouvriers, ils atterrissent tranquillement aux Etats-Unis et même alors que le monde avait connaissance de leur équipée, ils déclarent qu’ils étaient des pilotes cubains, ils préparent l’historiette mensongère et romancée, ils la répandent dans le monde entier, la publient dans tous les journaux, toutes les radios et les télévisions de la réaction et de la « gusanera » (1) réactionnaire Communauté anti-cubaine de Miami (et d’ailleurs...) formée à cette époque par les nostalgiques du du monde. Ensuite viennent les archevêques, ils bénissent et sanctifient le mensonge.

Ainsi s’associent ainsi au crime et au mensonge tout le ramassis de mercenaires exploiteurs et menteurs qu’il y a dans le monde.

Reste-t-il encore un Cubain honnête qui ne comprenne pas ? Reste-t-il encore un Cubain honnête qui ait des doutes ? Si cela n’est pas suffisant, si, voyant cette façon de procéder, il n’arrivait pas à comprendre, nos bases sont ici, ici est San Antonio, les FAR, et Santiago de Cuba, qu’ils y aillent et qu’il voit par lui-même s’il y a un seul mot de vrai dans ce qu’ils ont dit, qu’il voit par lui-même comment les réactionnaires, les impérialistes et les clercs comédiens trompent et arnaquent le monde, comment ils trompent et arnaquent les peuples et qu’il est temps, pour les peuples, de secouer cette exploitation, cette tromperie et cette arnaque des impérialismes et de tous les comédiens qu’il y a dans le monde, quelque soit le prix, pour se débarrasser de ce joug !

Mais est-il possible de tromper le monde ainsi ? Je pense que monsieur le Président des Etats-Unis possède, ne serait-ce qu’un atome de pudeur et, s’il reste à ce monsieur le Président un atome de pudeur, le Gouvernement Révolutionnaire de Cuba le met face au monde, le Gouvernement Révolutionnaire de Cuba le met face au monde et s’il a un atome de pudeur, qu’il présente devant les Nations Unies, les pilotes et les avions qu’il dit être sortis du territoire national !

Cuba demandera devant les Nations unies que soient présentés les avions et les pilotes que l’on dit déserteurs de la Force Aérienne, nous allons voir s’ils peuvent continuer à se voiler la face !

Et s’ils ne les présentent pas, pourquoi ne les présentent-ils pas ? Naturellement, monsieur le Président des Etats-Unis a le droit de ne pas se faire traiter de menteur, bien, monsieur le Président des Etats-Unis veut-il que personne n’ait le droit de le traiter de menteur ?

Qu’il présente devant les Nations Unies les deux pilotes et les avions dont ils parlent !

Ah ! Si le Président des Etats-Unis ne présente pas ces pilotes devant les Nations Unies, pour démontrer – et comment va-t-il pouvoir le démontrer ? - que ces messieurs les pilotes étaient ici et ont déserté d’ici, alors, non seulement le Gouvernement Révolutionnaire Cubain mais le monde entier aura le droit de l’appeler menteur ! Tout le monde, non seulement le gouvernement de Cuba mais tous les peuples du monde, auront le droit de proclamer que le gouvernement des Etats-Unis n’a pas droit au moindre prestige ni au moindre respect dans le monde.

Quand l’avion U-2 qui espionnait l’Union Soviétique fut détruit, la première déclaration du gouvernement des Etats-Unis fut qu’il avait dévié de sa route et avait été abattu. Mais, quelques jours après qu’il se soit lancé en plein dans ce mensonge, il furent bien attrapés parce que, par hasard, le pilote était vivant, parlant comme une pipelette, racontant jusqu’au dernier détail , les Etats-Unis se virent mis à nu face au monde et durent avouer que l’avion U-2 était nord-américain, qu’il espionnait et qu’ils l’avaient envoyé dans ce but.

Il ne restera plus au gouvernement impérialiste des Etats-Unis d’autre remède que d’avouer que les avions étaient à eux, que les bombes étaient à eux, que les balles étaient à eux, que les mercenaires furent organisés, entraînés et payés par eux ; que les bases étaient au Guatemala , que l’attaque contre notre territoire était partie de là et que le avions qui n’avaient pas été abattus, rejoignirent les côtes des Etats-Unis où on leur a donné un abri.

Comment le gouvernement des Etats-Unis peut

-il s’obstiner dans son mensonge ? Je demande à l’UPI et à l’AP qu’elles aient l’amabilité de dire à monsieur Kennedy que s’il ne présente pas ces deux pilotes devant les Nations Unies, alors, nous, nous dirons, à bon droit, que c’est un menteur et s’il n’est pas un menteur, pourquoi ne nous présente-t-il pas les pilotes ?

Croient-ils par hasard qu’ils vont pouvoir cacher cela au monde ?... Non. Déjà, Cuba possède une radio qui transmet à toute l’Amérique Latine et cette histoire, d’innombrables frères d’Amérique Latine et du monde entier sont en train de l’écouter.

Bien sûr, nous ne sommes plus à l’époque des diligences... Nous sommes à l’époque de la radio et les vérités d’un pays peuvent être envoyées au loin. Mais, en plus de cela, au cas où messieurs les impérialistes l’auraient oublié, nous sommes à l’époque des voyages dans le cosmos, bien que ce type de voyage ne soit pas un voyage pour les Yankees.

Voici, messieurs, alors que ne s’est pas encore éteint l’écho de l’admiration pour l’Union Soviétique, suscitée dans le monde entier par la précision, la haute technologie et le succès que signifie pour l’humanité l’exploit scientifique qu’ils viennent de réaliser, alors que ne s’est pas encore éteint l’écho de cette admiration dans le monde, à côté de l’exploit de l’Union Soviétique, le gouvernement yankee présente son propre exploit : l’exploit de bombarder les installations d’un pays qui n’a pas d’aviation ni de bateaux ni de forces militaires pour riposter .

Comparons et demandons au monde de comparer l’exploit soviétique et l’exploit impérialiste, de comparer l’allégresse, l’encouragement et l’espérance qu’a signifié pour l’humanité l’exploit soviétique et la honte, le dégout et la répugnance que signifie l’exploit yankee. Devant l’exploit scientifique qui permet d’amener un homme dans l’espace et de le faire revenir en toute sécurité et l’exploit yankee qui arme des mercenaires et les paie pour qu’ils viennent assassiner des jeunes de 16 et 17 ans dans une attaque surprise, sournoise et traîtreuse contre un pays auquel ils ne peuvent pardonner son honneur, sa dignité et sa valeur. Parce que ce que les impérialistes ne peuvent nous pardonner, c’est que nous sommes ici, ce que les impérialistes ne peuvent nous pardonner, c’est la dignité, l’intégrité , le courage, la fermeté idéologique, l’esprit de sacrifice et l’esprit révolutionnaire du peuple de Cuba.

C’est ce qu’ils ne peuvent nous pardonner : que nous soyons ici, sous leur nez et que nous ayons fait une révolution socialiste sous le nez des Etats-Unis !

Cette révolution socialiste, nous la défendons avec ces fusils. Cette révolution socialiste, nous la défendons avec le courage que nos artilleurs anti-aériens, hier, ont montré en criblant de balles les avions agresseurs.

Et cette Révolution, cette Révolution, nous ne la défendons pas avec des mercenaires, nous la défendons avec les hommes et les femmes du peuple

Qui a les armes ? Peut-être le mercenaire ? Peut-être le millionnaire ? Parce que mercenaire et millionnaire, c’est la même chose. Peut-être ce sont les fils à papa des riches qui ont les armes ?

Ce sont peut-être les contremaîtres qui ont les armes ? Qui a les armes ? Quelles sont les mains qui brandissent ces armes ? Sont-ce des mains de petits messieurs ? Sont-ce des mains de riches ? Sont-ce des mains d’exploiteurs ? Quelles sont les mains qui brandissent ces armes ? Ce ne sont pas des mains d’ouvriers, ce ne sont pas des mains de paysans, ce ne sont pas des mains durcies par le travail, ce ne sont pas des mains créatrices, ce ne sont pas les humbles mains du peuple ? Et qu’est-ce qui forme la majorité du peuple ? Les millionnaires ou les ouvriers ? Les exploiteurs ou les exploités ? Les privilégiés ou les humbles ? Est-ce que les privilégiés n’ont pas d’armes ? Ce sont les humbles qui les ont !

Est-ce que les privilégiés sont une minorité ? Est-ce que les humbles sont une majorité ?

Une Révolution où les humbles ont les armes est-elle démocratique ?

Camarades ouvriers et paysans, ceci est la Révolution socialiste et démocratique des humbles, avec les humbles et pour les humbles et pour cette Révolution des humbles et pour les humbles, et pour les humbles, nous sommes prêts à donner notre vie.

Ouvriers et paysans, hommes et femmes humbles de la Patrie, jurez-vous de défendre jusqu’à l’ultime goutte de sang cette Révolution des humbles, pour les humbles et par les humbles ?

Camarades ouvriers et paysans de la Patrie, l’attaque d’hier a été le prélude à l’agression des mercenaires. L’attaque d’hier a coûté sept vies héroïques, elle avait pour but de détruire nos avions au sol mais elle a échoué. Ils n’ont pas détruit nos avions, et la plus grande partie des avions ennemis fut touchée ou abattue. Ici, devant la sépulture des camarades tombés, ici, face aux restes des héroïques jeunes, fils d’ouvriers, fils d’humbles, promettons à nouveau que, comme eux qui ont mis leur poitrine devant les balles, comme eux qui ont donné leur vie, lorsque viendront les mercenaires, nous, fiers de notre Révolution, fiers de défendre cette Révolution des humbles par les humbles et pour les humbles, nous n’hésiterons pas, face à qui que ce soit, à la défendre jusqu’à notre dernière goutte de sang.

Vive la classe ouvrière ! Vive les paysans ! Vive les humbles ! Vive les martyres de la Patrie ! Que vivent éternellement les héros de la Patrie ! Vive la Révolution socialiste ! Vive Cuba libre !

La Patrie ou la mort ! Nous vaincrons !

Nous allons chanter l’Hymne National, Camarades.

Camarades,

Toutes les unités doivent se rendre au siège de leurs bataillons respectifs en accord avec la mobilisation ordonnée pour maintenir le pays en état d’alerte face à l’imminence qui se déduit de tous les événements de ces dernières semaines et de la lâche attaque d’hier ; de l’agression des mercenaires. Allons jusqu’aux maisons des miliciens, formons les bataillons et apprêtons-nous à sortir contre l’ennemi avec l’Hymne National, avec les strophes de l’hymne patriotique, aux cris de « Au combat ! », avec la conviction que « mourir pour la Patrie, c’est vivre » et que « vivre enchaîné, c’est vivre dans l’opprobre et le déshonneur. » Rendons-nous à nos bataillons respectifs et attendons les ordres, Camarades

(traduction Gaston Lopez) Cuba Si Provence

(1) Communauté anti-cubaine de Miami (et d’ailleurs...) formée à cette époque par les nostalgiques du régime de Batista (note du traducteur)

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 12:00



Un article de José Fort, tiré de son blog Josefort

Fidel Castro, aujourd'hui malade et devenu chroniqueur de luxe du journal « Granma », est un personnage d'exception. Rarement une personnalité aura provoqué autant de réactions aussi passionnées. Certains l'ont adoré avant de le brûler sur la place publique, d'autres ont d'abord pris leurs distances avant de se rapprocher de cet homme qui à Cuba et dans le monde entier on appelle « Fidel » ou « Comandante ». Surtout pas « leader maximo », une invention ânonnée comme une vérité.

Ce fils  d'un aisé propriétaire terrien, né il y a quatre vingt tris  ans à Biran dans la province de Holguin a suivi des études chez les Jésuites, puis à l'université de La Havane d'où il sort diplômé en droit en 1950. Il milite dans des associations d'étudiants, tape dur lors d'affrontements musclés avec la police dans les rues de la capitale puis se présente aux élections parlementaires sous la casaque du Parti orthodoxe, une formation se voulant « incorruptible » et dont le chef, Chivas, se suicida en direct à la radio. Un compagnon de toujours de Fidel, Alfredo Guevara, fils d'immigrés andalous et inamovible patron du cinéma cubain, dira de lui : « Ou c'est un nouveau José Marti (le héros de l'indépendance), ou ce sera le pire des gangsters ».


Fidel Castro, c'est l'attaque de la caserne Moncada, le 26 juillet 1953, la prison, la rédaction de « l'Histoire m'acquittera » ; c'est l'exil au Mexique avec son frère, la préparation du débarquement à bord du « Granma » la rencontre avec un jeune médecin asthmatique venu d'Argentine, Ernesto Rafael Guevara de la Serna. Fidel Castro, c'est au début un adversaire acharné de la dictature, un adepte de la philosophie chère à Thomas Jefferson, principal auteur de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis. C'est la guérilla  dans la Sierra Maestra et son apparition  au grand jour dans les journaux nord-américains et européens. Tant que Fidel ne s'attaquera pas aux intérêts économiques US, il sera un interlocuteur des dirigeants étasuniens. Dès que la révolution commencera à exproprier des industries nord-américaines comme la United Fruit, il deviendra le diable à abattre.


Le premier attentat dans le port de La Havane, le 4 mars 1960, sonne le prélude à une longue liste d'actes terroristes : le cargo battant pavillon tricolore, La Coubre, qui avait chargé des munitions à Hambourg, Brème et Anvers explose dans le port de La Havane faisant plus de cent morts, dont six marins français. Ulcéré, De Gaulle donne l'ordre d'accélérer la livraison des locomotives commandées du temps de Batista. Elles font l'objet d'étranges tentatives de sabotage. Les dockers CGT du port du Havre surveilleront le matériel jusqu'au départ des navires.



Une opération de grande envergure se préparait du côté de Miami : le débarquement de la Baie des Cochons. En avril 1961, au lendemain de l'annonce par Fidel de l'orientation socialiste de la révolution, le gouvernement des Etats-Unis missionne la CIA pour encadrer 1400 exilés cubains et mercenaires latino-américains en espérant, en vain, un soulèvement populaire. Fidel en personne dirige la contre-attaque. La tentative d'invasion se solde par un fiasco. Les Etats-Unis signent là leur déclaration de guerre à la révolution cubaine. Pendant des dizaines d'années, ils utiliseront toute la panoplie terroriste pour tenter d'assassiner Fidel jusqu'à la combinaison de plongée sous-marine enduite de poison, faciliteront le débarquement de groupes armés, financeront et manipuleront les opposants, détruiront des usines, allant jusqu'à introduire la peste porcine et des virus s'attaquant au tabac et à la canne à sucre. Ils organiseront l'asphyxie économique de l'île en décrétant un embargo toujours en vigueur. « El Caballo » (le cheval) comme l'appelle parfois les gens du peuple, ce que Fidel n'apprécie pas, aura survécu à Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan, Ford et assisté aux départs à la retraite de Carter, Clinton, Bush père et fils.   

Tant d'années d'agressions, tant d'années de dénigrement et de coups tordus, tant d'années de résistance d'un petit pays de douze millions d'habitants face à la première puissance économique et militaire mondiale. Qui fait mieux ? Lorsqu'on évoque le manque de libertés à Cuba, ne faudrait-il pas d'abord se poser la question : un pays harcelé, étranglé, en guerre permanente, constitue-t-il le meilleur terreau pour favoriser l'épanouissement de la démocratie telle que nous la concevons en occident ? Lorsque dans les salons douillets parisiens, on juge, tranche, condamne, sait-on au juste de quoi on parle ?


La crise des fusées ? Lorsque l'URSS dirigée par Nikita Khrouchtchev décide en 1962 d'installer à Cuba des missiles afin, officiellement, de dissuader les Etats-Unis d'agresser l'île, Moscou répond à une demande de Raul Castro mandaté par Fidel. La direction soviétique fournit déjà à Cuba le pétrole que lui refuse son proche voisin. Elle met deux fers au feu : dissuader les Etats-Unis d'agresser Cuba, afficher un clair avertissement à Washington sur l'air de « nous sommes désormais à proximité de vos côtes ». La tension atteint un point tel qu'un grave conflit mondial est évité de justesse. Les missiles soviétiques retirés, Fidel regrettera que le représentant de l'URSS à l'ONU n'ait pas reconnu la réalité des faits. « Il fallait dire la vérité », disait-il. Il fut bien obligé de se plier à la décision finale de Moscou même si dans les rues de La Havane des manifestants scandaient à l'adresse de Khrouchtchev : « Nikita, ce qui se donne ne se reprend pas. »

Entre Moscou et La Havane, au-delà des rituels, les relations ont toujours été conflictuelles. Pas seulement, pure anecdote, parce que des « responsables » soviétiques ignorants faisaient livrer des chasse-neige à la place des tracteurs attendus. Les Soviétiques voyaient d'un mauvais œil le rôle croissant de Fidel dans le mouvement des non alignés, l'implication cubaine aux côtés des mouvements révolutionnaires latino-américains puis l'aide à l'Afrique. Ils ne supportaient pas la farouche volonté d'indépendance et de souveraineté de La Havane et ont été impliqués dans plusieurs tentatives dites « fractionnelles » reposant sur des prétendus « communiste purs et durs », en fait marionnettes de Moscou, pour tenter de déstabiliser Fidel. Une fois l'URSS disparue, les nouveaux dirigeants russes ont pratiqué avec le même cynisme abandonnant l'île, coupant du jour au lendemain les livraisons de pétrole et déchirant les contrats commerciaux. Quel autre pays aurait pu supporter la perte en quelques semaines de 85% de son commerce extérieur et de 80% de ses capacités d'achat ?  L'Espagne, ancienne puissance coloniale, a laissé à Cuba un héritage culturel, les Etats-Unis son influence historique et ses détonants goûts culinaires comme le mélange de fromage et de confiture. Mais la Russie ? Rien, même pas le nom d'un plat ou d'un cocktail.



L'exportation de la révolution ?  Fidel n'a jamais utilisé le mot « exportation ». Che Guevara, non plus. Ils préféraient évoquer la « solidarité » avec ceux qui se levaient contre les régimes dictatoriaux, créatures des gouvernements nord-américains. Doit-on reprocher ou remercier Fidel d'avoir accueilli les réfugiés fuyant les dictatures du Chili et d'Argentine, de Haïti et de Bolivie, d'avoir ouvert les écoles, les centres de santé aux enfants des parias de toute l'Amérique latine et, plus tard, aux enfants contaminés de Tchernobyl ? Doit-on lui reprocher ou le remercier d'avoir soutenu les insurrections armées au Nicaragua, au Salvador et d'avoir sauvé, face à l'indifférence des dirigeants soviétiques, l'Angola fraîchement indépendante encerclée par les mercenaires blancs sud-africains fuyant, effrayés,  la puissance de feu et le courage des soldats cubains, noirs pour la plupart ? Dans la mémoire de millions d'hommes et des femmes d'Amérique latine et du Tiers monde, Fidel et le Che sont et resteront des héros des temps modernes.


Les libertés ? Fidel, un tyran sanguinaire ? Il y eut d'abord l'expulsion des curés espagnols qui priaient le dimanche à la gloire de Franco. Complice de Batista, l'église catholique était et demeure la plus faible d'Amérique latine alors que la « santeria », survivance des croyances, des divinités des esclaves africains sur lesquels est venue se greffer la religion catholique, rassemble un grand nombre de noirs cubains. Les relations avec l'Eglise catholique furent complexes durant ces longues années jusqu'au séjour de Jean Paul II en 1998 annoncée trop rapidement comme l'extrême onction de la révolution. Ce n'est pas à Cuba que des évêques et des prêtres ont été assassinés, mais au Brésil, en Argentine, au Salvador, au Guatemala et au Mexique.

Il y eut la fuite de la grande bourgeoisie, des officiers, des policiers qui  formèrent, dès la première heure, l'ossature de la contre révolution encadrée et financée par la CIA. Il y eut ensuite les départs d'hommes et des femmes ne supportant pas les restrictions matérielles. Il y  eut l'insupportable marginalisation des homosexuels. Il y eut les milliers de balseros qui croyaient pouvoir trouver à Miami la terre de toutes les illusions. Il y eut la froide exécution du général Ochoa étrangement tombé dans le trafic de drogue. Il y eut aussi ceux qui refusaient la pensée unique, la censure édictée par la Révolution comme « un acte de guerre en période de guerre », les contrôles irritants, la surveillance policière. Qu'il est dur de vivre le rationnement et les excès dits « révolutionnaires ». Excès? Je l'ai vécu, lorsque correspondant de « l'Humanité » à La Havane, l'écrivain Lisandro Otero, alors chef de la section chargée de la presse internationale au Ministère des Affaires étrangères, monta une cabale de pur jus stalinien pour tenter de me faire expulser du pays.  

Ceux qui osent émettre une version différente d'un « goulag tropical » seraient soit des « agents à la solde de La Havane », soit victimes de cécité. Que la révolution ait commis des erreurs, des stupidités, des crimes parfois n'est pas contestable. Mais comment, dans une situation de tension extrême, écarter les dérives autoritaires? Une chose est certaine. Fidel n'est pas un dictateur, encore moins un tyran.

A Cuba, la torture n'a jamais été utilisée, comme le reconnaît Amnesty international. On tranchait les mains des poètes à Santiago du Chili, pas à la Havane. Les prisonniers étaient largués en mer depuis des hélicoptères en Argentine, pas à Cuba. Il  n'y a jamais eu des dizaines de milliers de détenus politiques dans l'île mais un nombre trop important qui ont dû subir pour certains des violences inadmissibles. Mais n'est-ce pas curieux que tous les prisonniers sortant  des geôles cubaines aient été libérés dans une bonne condition physique ?

Voici un pays du Tiers monde où l'espérance de vie s'élève à 76 ans, où tous les enfants sont scolarisés et soignés gratuitement. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d'or, des artistes, des créateurs.  Où, dans cette région du monde, peut-on présenter un tel bilan ?


Fidel a tout vécu. La prison, la guérilla, l'enthousiasme révolutionnaire du début, la défense contre les agressions, l'aide internationaliste, l'abandon de l'URSS, une situation économique catastrophique lors de la « période spéciale », les effets de la globalisation favorisant l'explosion du système D. Il aura vécu l'adaptation économique avec un tourisme de masse entraînant la dollarisation des esprits parmi la population au contact direct des visages pâles à la recherche de soleil, de mojito, de filles où de garçons. Comment ne pas comprendre les plus jeunes, alléchés par le billet vert et regardant avec envie les visiteurs venus de l'étranger ? Il aura, enfin, très mal accepté le retour de la prostitution même si dans n'importe quelle bourgade latino-américaine on trouve plus de prostituées que dans  la 5 eme avenue de La Havane. Alors, demain quoi ?


La révolution va-t-elle s'éteindre ? Il ne se passera pas à Cuba ce qui s'est produit en Europe de l'Est. Pour une raison simple : la soif d'indépendance et de souveraineté n'est pas tarie. Les adversaires de la révolution cubaine devraient se méfier et ne pas prendre leurs désirs pour la réalité. Il y a dans cette île des millions d'hommes et de femmes - y compris de l'opposition - prêts à prendre les armes et à en découdre pour défendre la patrie. Fidel avait prévenu en déclarant : « Nous ne commettrons pas l'erreur de ne pas armer le peuple. » Le souvenir de la colonisation, malgré le fil du temps, reste dans tous les esprits, les progrès sociaux enregistrés, au-delà des difficultés de la vie quotidienne, constituent désormais des acquis. Il y a plus. La révolution a accouché d'une nouvelle génération d'hommes et de femmes refusant le retour au passé, des cadres « moyens » de trente à quarante ans très performants en province, des jeunes dirigeants nationaux aux talents confirmés. Une nouvelle époque va s'ouvrir et elle disposera d'atouts que Fidel n'avait pas. L'Amérique latine, ancienne arrière cour des Etats-Unis, choisit des chemins progressistes de développement, l'intégration régionale est en marche, les échanges économiques permettent le transfert du savoir faire contre des matières stratégiques, comme le pétrole avec le Venezuela notamment, le prestige de la révolution cubaine demeure intacte auprès des peuples latino-américains. Cuba, enfin, peut respirer.

Il n'y aura pas de rupture à Cuba. Il y aura évolution. Obligatoire. Pour qu'elle s'effectue dans les meilleures conditions, il faudra que les vieux commandants de la Révolution rangent leurs treillis vert olive, prennent leur retraite et passent la main. Les atlantes du futur, de plus en plus métissés, sont prêts. Ne sont-ils pas les enfants de Fidel ?

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 09:05

gal 3407

La libération, le progrès et la paix de la Patrie sont indissolublement unis dans notre conception à la libération, au progrès et à la paix de toute l'humanité. L'anarchie, les guerres, le développement inégal, les fabuleuses ressources investies en armes et les risques qui aujourd'hui guettent l'humanité sont les fruits naturels du capitalisme. Seule une distribution juste des forces productives, de la technique, de la science et des moyens de vie; seule une utilisation chaque fois plus rationnelle des ressources naturelles; seule une coordination plus étroite des efforts de tous les peuples de la terre, c'est à dire , seul le socialisme peut sauver l'humanité des terribles dangers qui la menacent: épuisement des ressources naturelles qui sont limitées, contamination progressive du milieu ambiant, augmentation incontrôlée de la population, famines dévastatrices et guerres catastrophiques.


Fidel, 2 décembre 1976

reprise le 12 avril 2011 par "Granma" et traduite par Françoise Lopez.

Cuba Si Provence



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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 08:41

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Michel Porcheron

C’est finalement les éditions Michel-Lafon qui publieront en France les Mémoires de Fidel Castro en deux temps. Le premier tome, intitulé Les Chemins de la victoire et couvrant les armées 1926-1959, sortira le 21 avril.

Soit 700 pages d’´une autobiographie et de récits de luttes jusqu´à la victoire stratégique » dans la Sierra Maestra (sud-est) de l´été 1958, qui allait conduire, le 1er janvier 1959, à la chute du dictateur Fulgencio Batista. Le second tome, de 1959 à nos jours est prévu pour octobre 2011,

Dans ce premier tome de son autobiographie, Fidel Castro révèle de façon inédite les coulisses de la révolution cubaine.

Il fait part de sa défiance pour l´impérialisme des Etats-Unis qui asservissait les Cubains par l´entremise de Batista, et interdisait à l´île tout développement. Il raconte le rêve d´indépendance qui anima cette poignée de jeunes révolutionnaires, luttant pour la liberté face au géant américain, et dénonçant la corruption ainsi que les abus de pouvoir.

Enfant révolté, étudiant brillant, avocat engagé dans la lutte contre les inégalités et la terreur du régime de Batista, Fidel Castro rassemble les étudiants en quête de justice.

Il relate comment une centaine d´hommes mus par une force de conviction exemplaire et la connaissance du terrain vainquit dix mille soldats armés au cœur de la Sierra Maestra. Ce livre retrace de façon fidèle ce qui s´est passé. (présentation de l’éditeur)

Tiré de Cubarte

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 00:05

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Réflexions du compañero Fidel

 

LE MIEUX ET LE PLUS INTELLIGENT

 

 

Hier, pour des motifs d’espace et de temps, je n’ai dit mot du discours sur la guerre de Libye que Barack Obama a prononcé le lundi 28. Je disposais d’une copie de la version officielle distribuée à la presse par le gouvernement étasunien. J’avais souligné certaines choses. Je l’ai révisé et je me suis convaincu qu’il ne valait guère la peine de trop dépenser de papier à ça.

Je me suis rappelé ce que m’avait raconté Carter – quand il nous a rendu visite en 2002 – sur la sylviculture aux USA, car il possède une plantation familiale en Georgia. À cette visite-ci, je lui ai posé à nouveau des questions sur cette plantation et il m’a confirmé qu’il semait des pins séparés par une distance de trois mètres sur deux, soit mille sept cents arbres par hectare, et qu’on les récolte tous les vingt-cinq ans. J’ai lu voilà bien des années que le papier de la livraison dominicale du New York Times exigeait l’abattage de quarante hectares de forêt. On comprendra dès lors mon souci d’économiser du papier…

Bien entendu, Obama est un excellent enfileur de grands mots et de belles phrases. Il pourrait gagner sa vie à écrire de contes pour enfants. Je connais son style parce que la première chose de lui que j’ai lue et soulignée avec respect, bien avant qu’il n’accède à la présidence, est son livre Les Rêves de mon père, ce qui m’a permis de constater que son auteur savait choisir le mot exact et la phrase idoine pour forcer la sympathie des lecteurs.

J’avoue ne pas avoir apprécié sa tactique du suspense et sa façon d’occulter ses idées politiques à lui jusqu’au bout. J’avais fait un effort spécial pour ne pas aller chercher au dernier chapitre ce qu’il pensait de différentes questions qui sont à mon avis cruciales en cette étape de l’histoire humaine. J’étais convaincu que la profonde crise économique, les dépenses militaires colossales et le sang jeune versé par son prédécesseur républicain l’aideraient à battre son adversaire à la présidence malgré les énormes préjugés raciaux de la société étasunienne. J’étais conscient qu’il courait le risque d’être éliminé physiquement.

Pour des raisons de politicaillerie traditionnelle qui coulent de source, il était allé quêter, avant les élections, les voix des anticubains de Miami, dirigés pour la plupart par des réactionnaires nostalgiques de Batista qui ont converti les USA en une république bananière où la fraude électorale a déterminé rien moins que le triomphe de W. Bush en 2000 et écarté un futur Prix Nobel, Al Gore, le vice-président de Clinton et candidat à la présidence.

Un sens de la justice  élémentaire aurait dû conduire le président Obama à rectifier les conséquences du procès infâme qui a abouti à l’incarcération inhumaine, cruelle et particulièrement injuste des cinq patriotes cubains.

Son message sur l’État de l’Union, ses discours au Brésil, au Chili et en El Salvador, la guerre de l’OTAN en Libye m’ont contraint à souligner son discours sur la Libye encore plus abondamment que son autobiographie.

 Qu’est-ce qu’il y a de pire dans ces déclarations et comment expliquer les quelque deux mille cinq cents mots que contient la version officielle ?

Sur le plan intérieur, sa carence totale de réalisme place son heureux auteur aux mains de ses pires adversaires qui souhaitent l’humilier et se venger de sa victoire électorale de novembre 2008. La punition qu’ils lui ont infligée fin 2010 ne leur suffit pas.

Sur le plan extérieur, le monde a mieux pris conscience de ce que le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’OTAN et l’impérialisme yankee signifient pour de nombreux peuples.

Je vais être aussi bref que j’ai promis. Pour commencer, Obama a commencé par affirmer que les troupes étasuniennes « étaient en train de freiner le dynamisme des Talibans en Afghanistan et de traquer Al-Qaeda à travers le monde entier ».

Et d’ajouter presque aussitôt : « Des générations durant, les États-Unis d’Amérique ont joué un rôle unique en tant que bastion de la sécurité mondiale et défenseur de la liberté humaine. »

Une vérité dont – tous les lecteurs le savent – peuvent attester les Cubains, les Latino-Américains, les Vietnamiens et bien d’autres.

Après une profession de foi aussi solennelle, Obama consacre une bonne partie de son temps à parler de Kadhafi, de ses horreurs et des motifs pour lesquels les États-Unis et leurs « alliés les plus proches – le Royaume-Uni, la France, le Canada, le Danemark, la Norvège, l’Italie, l’Espagne, la Grèce et la Turquie, tous pays qui se sont battus à nos côtés durant des décennies […] ont décidé d’assumer leurs responsabilités de défendre le peuple libyen. »

Et d’annoncer un peu plus loin :

« …l’OTAN a pris le commandement pour faire appliquer l’embargo sur les armes et la zone d’interdiction aérienne ».

            Puis il confirme les objectifs de la décision :

« Par suite de cette transition à une coalition plus vaste basée sur l’OTAN, les risques et les coûts de cette opération pour nos militaires et les contribuables étasuniens se réduiront significativement. 

            « Je tiens donc à être clair à l’adresse de ceux qui doutaient de notre capacité à mener cette opération : les États-Unis d’Amérique ont fait ce que nous avions dit que nous ferions. »

            Il distille ensuite ses obsessions sur Kadhafi et révèle les contradictions qui l’agitent :

            « …Kadhafi n’a pas encore abandonné le pouvoir, et tant qu’il ne le fera pas, la Libye restera un danger.

[…]

            « Il est vrai que les États-Unis ne peuvent pas utiliser leur armée partout où il y a une répression. Et, compte tenu des coûts et des risques d’une intervention, nous devons toujours soupeser nos propres intérêts et la nécessité d’une action.

[…]

            « La tâche que j’ai assignée à nos forces – protéger le peuple libyen […] – est en accord avec un mandat de l’ONU et avec un appui international.

            Et puis, son obsession, encore et toujours :

« Si nous nous efforcions de renverser Kadhafi par la force, notre coalition se scinderait. Pour remplir cette mission, nous devrions envoyer des troupes étasuniennes à terre ou risquer de tuer de nombreux civils depuis les airs.

[…]

« …nous sommes pleins d’espoir en l’avenir de l’Iraq. Mais le changement de régime a coûté huit années, des milliers de vies étasuniennes et iraquiennes et presque trois milliards de dollars. »

Quelques jours après le début des bombardements de l’OTAN, on a appris qu’un chasseur-bombardier étasunien avait été abattu. Une nouvelle qu’une source a confirmée ensuite. Des paysans, en voyant descendre un parachute, ont fait ce qu’on fait par tradition en Amérique latine : ils se sont approchés pour prêter secours, le cas échéant. Nul ne pouvait savoir comment ils pensaient. C’étaient vraisemblablement des musulmans, des gens qui faisaient produire la terre et qui ne pouvaient pas être partisans des bombardements. Soudain, un hélicoptère est apparu pour récupérer le pilote et leur a tiré dessus, blessant grièvement l’un d’eux et ne les tuant pas tous par miracle. Les Arabes, on le sait, sont traditionnellement hospitaliers envers leurs ennemis, les logent sous leur propre toit et se retournent pour ne pas savoir par où ils repartent. Ni un lâche ni un traître ne représente jamais l’esprit d’une classe sociale.

Seul un Obama pouvait nous débiter la curieuse théorie qui apparaît à un moment donné de son discours :

« Il y aura toutefois des occasions où, même si notre sécurité n’est pas directement menacée, nos intérêts et nos valeurs le seront. […] …nous savons qu’on réclamera souvent l’aide des États-Unis, comme la nation la plus puissante du monde.

« En ces cas, nous ne devons pas avoir peur d’agir, mais le poids de l’action ne doit pas retomber uniquement sur les États-Unis. Au contraire, tout comme nous le faisons en Libye, notre tâche est de mobiliser la communauté internationale en vue d’une action collective. […]

« Tel est bien le genre de leadership dont nous faisons preuve en Libye. Bien entendu, même si nous agissons dans le cadre d’une coalition, les risques de n’importe quelle action militaire seront élevés. On a pu constater ces risques quand un de nos avions a eu des ratés en survolant la Libye. Or, quand un de nos aviateurs a sauté en parachute, dans un pays dont le dirigeant a si souvent satanisé les États-Unis, dans une région qui a eu des relations si difficiles avec notre pays, cet Étasunien n’a pas rencontré d’ennemis, au contraire, il a été accueilli par les gens à bras ouverts. Un jeune Libyen venu le secourir lui a dit : "Nous sommes vos amis. Nous sommes si reconnaissants envers ces hommes qui protègent notre ciel."

« Cette voix n’est rien que l’une des nombreuses voix dans une région où une nouvelle génération refuse de se voir dénier ses droits et ses chances plus longtemps.

« Ce changement compliquera toutefois le monde pendant un temps. Le progrès sera inégal, et le changement surviendra différemment dans les différents pays. Il y a des endroits, comme l’Égypte, où ce changement nous encouragera et rehaussera nos espoirs. […]

Tout le monde sait que Moubarak a été l’allié des États-Unis. Quand Obama s’est rendu à l’Université du Caire en juin 2009, il ne pouvait ignorer qu’il avait volé des milliards de dollars à l’Égypte.

Mais Obama poursuit son récit émouvant :

« …nous nous félicitons que l’histoire se soit mise en branle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et que les jeunes soient à l’avant-garde. En effet, partout où les gens rêvent d’être libres, ils trouveront un ami dans les États-Unis. Somme tout, c’est cette foi, ce sont ces idéaux qui sont la vraie aune du leadership étasunien.

« …notre puissance à l’étranger s’enracine dans notre puissance à domicile. Et notre étoile polaire doit toujours être la suivante : la capacité de notre peuple à donner tout son potentiel, à faire des choix judicieux à partir de ses propres ressources, à amplifier la prospérité qui est à la source de notre pouvoir et à vivre les valeurs qui nous sont si chères.

[…]

« […] Regardons l’avenir pleins de confiance et d’espoir non seulement en notre pays, mais en tous ceux qui languissent après la liberté dans le monde entier. »

            À lire cette histoire à dormir debout, je me suis souvenu du Tea Party, du sénateur Bob Menéndez et de l’illustre représentante Ileana Ros, la « grande méchante louve », qui narguait la loi pour continuer de séquestrer le petit Cubain, Elián González, et qui est maintenant rien moins que la présidente de la commission des Relations extérieures de la Chambre des représentants des États-Unis !

            Kadhafi se tue à répéter qu’Al-Qaeda lui fait la guerre et envoie des combattants contre son gouvernement, parce qu’il a appuyé la guerre antiterroriste de Bush.

            Al-Qaeda a eu par le passé d’excellentes relations avec les services secrets étasuniens dans la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan et on connaît long sur les méthodes de travail de la CIA.

            Que se passerait-il si les dénonciations de Kadhafi étaient vraies ? Comment Obama expliquerait-il au peuple étasunien qu’une partie de ces armes de combat terrestre tombent aux mains des hommes de Bin Laden ?

            N’aurait-il pas été mieux et plus intelligent de promouvoir la paix en Libye, au lieu de fomenter la guerre ?

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 31 mars 2011

19 h 58

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 21:00

japon_du_seisme_a_un_catastrphe_nucleaire.jpg

Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir de saluer Jimmy Carter, qui a été président des États-Unis de 1977 à 1981 et qui a été le seul, à mon avis, à avoir eu assez de sérénité et de courage pour aborder la question des relations de son pays avec Cuba.

Carter fit ce qu’il put pour réduire les tensions internationales et promouvoir la création de sections des intérêts de Cuba et des USA. Son administration fut la seule à avoir fait quelques pas pour atténuer le blocus criminel imposé à notre peuple.

Les circonstances n’étaient pas propices, certes, dans notre monde complexe. L’existence d’un pays vraiment libre et souverain sur notre continent ne collait pas avec les idées de l’extrême droite fasciste aux USA qui s’ingénia à torpiller les intentions du président Carter au nom desquelles il avait mérité le Prix Nobel de la paix. Et ce prix, personne ne lui a en fait cadeau gratuitement !

La Révolution a toujours apprécié son geste courageux et l’a reçu chaleureusement en 2002. Elle lui réitère maintenant son respect et son estime.

L’oligarchie qui  gouverne cette superpuissance pourra vraiment renoncer à son envie insatiable d’imposer sa volonté au reste du monde ? Un système qui engendre toujours plus fréquemment des présidents comme Nixon, Reagan et W. Bush, qui se dote d’un pouvoir toujours plus destructeur et qui respecte de moins en moins la souveraineté des peuples, pourra-t-il y parvenir ?

La complexité du monde actuel ne laisse guère de marge à des souvenirs relativement récents. Mes adieux à Carter, ce mercredi-ci, ont coïncidé avec des nouvelles inquiétantes qui continuent d’arriver du Japon et de l’accident nucléaire déclenché par le séisme et le tsunami, et qu’on ne peut ni ne doit ignorer, non seulement pour leur importance, mais aussi pour les retombées pratiques quasi immédiates de ces événements sur l’économie mondiale

L’agence de presse AP informe aujourd’hui du Japon :

« Les problèmes augmentent dans la centrale atomique japonaise.

« La crise déclenché dans la centrale atomique japonaise endommagée par le tsunami s’est aggravée ce mercredi-ci après qu’on a mesuré dans l’eau de mer proche les niveaux de radiations les plus élevés à ce jour.

« À  Fukushima, les radiations ont filtré dans la terre et la mer et se sont introduites dans les légumes, le lait non pasteurisé, voire dans l’eau potable, jusqu’à Tokyo, à deux cent vingt kilomètres plus au sud.

« Entretemps, l’empereur Akihito et l’impératrice Michiko ont visité pendant une heure un groupe de personnes évacuées à Tokyo. »

Reuters informe pour sa part dès Tokyo:

« Le Japon a actualisé ce mercredi ses normes relatives aux centrales atomiques, ce qui constitue la première reconnaissance officielle qu’elles étaient insuffisantes quand un séisme a endommagé une de ses installations et déclenché la pire crise atomique depuis celle de Tchernobyl en 1986.

« L’annonce a été faite après que le gouvernement a reconnu que la fin de la crise n’était pas en vue et qu’une élévation des niveaux d’iode radioactif dans l’eau de mer était venue s’ajouter aux évidences de fuites des réacteurs autour de la centrale et au-delà.

« Des découvertes de plutonium dans le sol de la centrale ont fait monter l’alarme publique au sujet de cet accident qui a éclipsé la catastrophe humaine provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars, avec ses 27 500 morts et disparus.

« Avant cette catastrophe, les cinquante-cinq centrales atomiques du Japon fournissaient près de 30 p. 100 de l’énergie électrique du pays, et ce pourcentage était censé s’élever à 50 p. 100 d’ici à 2030, soit parmi les plus importants au monde.

« De nouvelles lectures ont indiqué que l’iode radioactif dépassait de 3 355 fois les limites légales, a indiqué l’agence publique de sécurité nucléaire qui en a toutefois minimisé l’impact en affirmant que les personnes avaient abandonné l’endroit et que la  pêche y avait cessé.

« Des centaines d’ingénieurs se sont battus pendant presque trois semaines pour refroidir les réacteurs de la centrale et éviter une fusion catastrophique des barres d’énergie, bien que ce scénario cauchemardesque semble avoir été évité.

« Selon Jesper Koll, directeur de recherche des valeur de la J.P. Morgan Securities à Tokyo, une bataille prolongée pour contrôler la centrale et freiner les fuites de radioactivité perpétuerait l’incertitude et agirait comme un obstacle pour l’économie.

« "Le pire scénario possible est que cette situation se prolonge non un mois, ou deux ou six, mais deux ans, ou indéfiniment", a-t-il déclaré.

« Le plutonium, un sous-produit des réactions nucléaires utilisable dans des bombes atomiques, est hautement carcinogène et constitue une des substances les plus dangereuses de la planète, ont signalé des experts. »

Une troisième agence, la DPA, informe depuis Tokyo :

« Les techniciens japonais ne parviennent toujours pas à freiner la crise nucléaire, presque trois semaines après les accidents survenus dans la centrale atomique de Fukushima. Le gouvernement japonais a donc commencé à étudier des mesures extraordinaires pour arrêter l’émission de radioactivité depuis les installations.

« L’idée est de recouvrir les réacteurs d’une sorte de tissu. Les valeurs élevées d’iode 131 en mer indiquent des radiations croissantes. L’organisation écologiste Greenpace avertit aussi, à partir de ses propres mesures, que la santé de la population court de sérieux dangers.

« Des experts estiment que l’on peut tarder des mois à éviter définitivement une fusion éventuelle du cœur des réacteurs. Tepco a promis d’améliorer les conditions de travail de ses techniciens, toujours plus nerveux et épuisés. »

Tandis que ces événements se déroulent au Japon, le président bolivarien du Venezuela, après avoir visité l’Argentine et l’Uruguay, se rend en Bolivie, favorisant des accords économiques et resserrant les liens avec des pays de notre sous-continent bien décidés à être indépendants.

Chávez a reçu à l’Université de La Plata – où la tyrannie fomentée par les USA a fait disparaître, entre de nombreux milliers d’Argentins, plus de sept cents étudiants, dont quarante de l’École de journalisme – le prix Rodolfo Walsh, du nom de l’un des héroïques journalistes révolutionnaires assassinés.

Ce n’est plus Cuba toute seule, mais de nombreux peuples qui sont disposés à se battre jusqu'à la mort pour leur patrie.

 

Fidel Castro Ruz

Le 30 mars 2011

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 05:35

otan-criminel-mondial1

Pas besoin d’être voyant pour savoir que ce que j’avais prévu avec une précision rigoureuse dans trois Réflexions publiées sur le site CubaDebate entre le 21 février et le 3 mars : « Le plan de l’OTAN est d’occuper la Libye », « La danse macabre du cynisme » et « La guerre inévitable de l’OTAN », allait se passer.

 

Même les dirigeants fascistes de l’Allemagne et de l’Italie ne furent pas aussi impudents lors de la guerre civile espagnole de 1936, un épisode dont beaucoup se seront sans doute souvenus ces jours-ci.

 

Presque soixante-quinze ans se sont écoulés depuis, mais rien n’est comparable aux changements qui ont eu lieu en soixante-quinze siècles ou, si on le veut, en soixante-quinze millénaires de vie humaine sur notre planète.

 

Ceux qui, comme moi, donnent une opinion sereine sur ces points semblent parfois exagérer. J’ose dire que nous sommes plutôt naïfs de supposer que tout le monde devrait être conscient de la duperie ou de l’ignorance colossale dans lesquelles l’humanité a été entraînée.

 

En 1936, deux systèmes, deux idéologies à peu près égaux en pouvoir militaire se faisaient face d’une manière intense.

 

Les armes d’alors ressemblaient à des jouets au regard des armes actuelles. Malgré leur pouvoir destructeur et  localement meurtrier, la survie de l’humanité était garantie. Des villes entières, voire des nations pouvaient être virtuellement rasées, certes, mais jamais les êtres humains en leur totalité ne pouvaient être plusieurs fois exterminés à cause du pouvoir stupide et suicidaire que permettent les sciences et les technologies actuelles.

 

Compte tenu de ces réalités, les nouvelles qui ne cessent de parvenir au sujet de puissants missiles dirigés par laser et d’une précision totale, de chasseurs-bombardiers qui volent à deux fois la vitesse du son, de puissants explosifs capables de faire fondre des métaux durcis à l’uranium, un matériaux dont l’effet sur les habitants et leurs descendants perdure pour des temps indéfinis, ont de quoi faire honte.

 

Cuba a exposé sa position sur le problème interne libyen à la réunion de Genève : elle a défendu sans hésiter l’idée d’un règlement pacifique et elle s’est opposée catégoriquement à toute intervention militaire étrangère.

 

Dans un monde où les États-Unis et les puissances capitalistes développées d’Europe, leurs alliées, s’emparent toujours plus des ressources et du fruit du travail des peuples, tout citoyen honnête, quelle que soit sa position face à son gouvernement, s’opposerait catégoriquement à une intervention militaire étrangère dans sa patrie.

 

Le plus absurde de la situation actuelle, c’est que, juste avant le déclenchement de cette guerre brutale dans le Nord de l’Afrique, un accident nucléaire s’était produit dans une autre région du monde à presque dix mille kilomètres de là, à l’un des endroits les plus densément peuplés de la planète, à la suite d’un séisme de magnitude 9 et du tsunami qu’il a provoqué, ce qui a coûté à un pays aussi travailleur que le Japon presque trente mille victimes fatales. Un accident pareil n’aurait pu se produire voilà soixante-quinze ans.

 

En Haïti, un pays pauvre et sous-développé, un tremblement de terre de seulement 7 de magnitude à l’échelle Richter a provoqué plus de trois cent mille morts et des centaines de milliers de blessés.

 

Mais ce qu’il y a de plus terriblement tragique au Japon, c’est l’accident de la centrale atomique de Fukushima dont il reste encore à déterminer les retombées.

 

Je ne citerai que quelques titres d’agences de presse :

 

« ANSA. La centrale nucléaire de Fukushima 1 émet "des radiations extrêmement fortes, potentiellement mortelles", a affirmé Gregory Jaczko, chef de la Nuclear Regulatory Commission (NRC), l’organisme étasunien chargée de l’énergie atomique. »

 

« EFE. La menace nucléaire découlant de la situation critique dans laquelle s’est retrouvée une centrale au Japon après le séisme a relancé les révisions sécuritaires des centrales atomiques dans le monde entier et a conduit certains pays à paralyser leurs projets. »

 

« Reuters. Le séisme destructeur du Japon et l’aggravation de la crise nucléaire pourraient causer des pertes de jusqu’à 200 milliards de dollars à son économie, mais il est difficile pour le moment d’en évaluer l’impact mondial. »

 

« EFE. La détérioration, l’un après l’autre, des réacteurs de la centrale de Fukushima continuait d’alimenter aujourd’hui la crainte d’une catastrophe nucléaire au Japon, dans la mesure où les tentatives désespérées de contrôler la fuite radioactive ne laissent guère de place à l’espoir. »

 

« AFP. L’empereur Akihito est inquiet devant le caractère imprévisible de la crise atomique qui a frappé le Japon après le séisme et le tsunami qui ont tué des milliers de personnes et ont laissé cinq cent mille sans abri. Un nouveau séisme s’est fait sentir dans la région de Tokyo. »

 

D’autres dépêches sur ce point sont encore plus inquiétantes. Certaines signalent que l’iode radioactif toxique présent dans l’eau potable de Tokyo est deux fois plus élevé que la quantité tolérable par les petits enfants. L’une d’elles affirme que les réserves d’eau en bouteille sont sur le point de s’épuiser à Tokyo, la capitale située à plus de deux cents kilomètres de Fukushima.

 

Cet ensemble de circonstances configure une situation dramatique pour notre monde.

 

Je peux exprimer en toute liberté mes vues sur la guerre en Libye.

 

Je ne partage pas les conceptions politiques ou religieuses du leader de ce pays. Je suis, je l’ai dit, marxiste-léniniste et martinien.

 

Je vois la Libye comme un membre du Mouvement des pays non alignés et un État souverain, au même titre que les presque deux cents membres de l’Organisation des Nations Unies.

 

Jamais un pays, grand ou petit – en l’occurrence un pays d’à peine cinq millions d’habitants – n’a été victime d’une attaque aussi brutale de la part de forces de l’air d’une organisation belliciste qui possède des milliers de chasseurs-bombardiers, plus de cent sous-marins, des porte-avions nucléaires et assez d’arsenaux pour détruire bien des fois la planète. Notre espèce n’a jamais connu une telle situation, et rien de pareil n’existait voilà soixante-quinze ans quand les bombardiers nazis attaquaient des objectifs en Espagne.

 

Il n’empêche que l’OTAN, criminelle et discréditée, nous écrira un « belle » histoire à dormir debout sur son bombardement « humanitaire ».

 

Si Kadhafi veut faire honneur aux traditions de son peuple et se décide à se battre, comme il l’a promis, jusqu’à son dernier souffle aux côtés des Libyens qui endurent les pires bombardements que jamais aucun pays n’a connus, il traînera dans la fange de l’ignominie l’OTAN et ses visées criminelles.

 

Les peuples accordent leur respect et leur confiance à ceux qui savent remplir leur devoir.

 

Voilà plus de cinquante ans, après que les États-Unis eurent assassiné plus de cent Cubains en faisant exploser le cargo La Coubre, notre peuple s’est exclamé : « La patrie ou la mort ! » Il a tenu parole et il a toujours été prêt à la tenir.

 

L’un des combattants les plus glorieux de notre histoire s’est écrié : « Quiconque tente de s’emparer de Cuba ne recueillera que la poussière de son sol baigné de sang ! »

 

Qu’on me pardonne la franchise avec laquelle j’aborde cette question.

 


Fidel Castro Ruz
Le 28 mars 2011
20 h 14

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