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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 10:36

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LE Département d’État a versé 200 826 000 dollars à des programmes contre Cuba depuis 1997, selon Just the Facts, une organisation civile qui surveille les dépenses du gouvernement des États-Unis pour la défense et le soutien à la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes.

L’enquête, réalisée entre 2009 et 2010, est survenue après la remise en question de l’efficacité des programmes pour Cuba, dont la majorité sont gérés par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID, pour ses sigles en anglais).

Ces dernières années, l’USAID a versé environ 1,47 millions de dollars à cette entreprise de Washington DC, pour expertiser les programmes de l’Agence pour Cuba.

Le journaliste Tracey Eaton, qui gère le blog Cuba Money Project, a demandé en mars 2011, une copie des résultats de l’audit à travers la Freedom of Information Act ( loi pour la liberté d’information), ou FOIA.

L’USAID a répondu au début de ce mois, en lui remettant à peine dix pages du rapport, qui omet la majorité des renseignements, des recommandations et autres informations clefs, y compris l’identité des bénéficiaires des aides détectées par l’audit.

« Il me semble impossible de croire qu’un audit qui a coûté 1,47 millions de dollars ne laisse pas plus d’indications, mais à supposer que cela soit vrai, cela signifierait que les dix pages publiées ont coûté aux contribuables environ 150 000 dollars chacune », a ironisé Tracey Eaton.

 

Just the Facts est un outil important mis en place par trois ONG à l’attention des législateurs, des journalistes, des dirigeants syndicaux et des acteurs de la société civile, qui sont préoccupés par l’aide militaire étasunienne à l’Amérique latine. Son point fort est une base de données contenant des informations détaillées sur les fonds étasuniens destinés à l’aide militaire et économique depuis 1996. (Tiré de CubaDebate)
 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 09:20

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Par Tania Hernández 

RHC

 

 

Par Pedro M. Otero Cabañas.

 

La mort de Mouammar Kadhafi et le contrôle de la Libye par l’auto proclamé Conseil National de Transition, parrainé par l’OTAN, confirment qu’un schéma visant à l’établissement de gouvernements supranationaux est en train de s’imposer. Ce groupe de puissances bellicistes essaye de reproduire sa propre architecture politique, économique et sociale dans tous les coins du monde. Le pays qui ne s’adapte pas à ce schéma doit être puni.

 

Tout porte à croire que les Etats-Unis et leurs alliés essayent d’imposer par la force une configuration mondiale qui convient à leurs intérêts, dans le style le plus classique du bandit grec Procuste, qui mesurait ses victimes couchées sur un lit de fer. Si la future victime était plus petite que le lit, Procuste lui étirait les membres, si la victime était plus grande, il les lui coupait.  

 

En Libye, les forces de l’Empire ont confisqué la souveraineté et le droit du peuple à son autodétermination, en bombardant pendant 8 mois le pays à partir d’avions et de navires de guerre. Presque 60 000 Libyens sont morts pendant cette période, un plus grand nombre encore de personnes ont été blessées et les villes ont été ravagées. Rien ne saurait justifier un tel bilan.

 

Dans leur guerre contre la Libye, les pays européens de l’OTAN, en particulier la France et la Grande Bretagne, ont dépensé des centaines de millions de dollars en armement, alors que ces pays traversent une crise économique qui a plongé de larges couches de leurs populations dans le chômage et le besoin.

L’argent de la guerre, pour la guerre. L’argent des familles, pour engraisser les banques, qui ont toujours plus besoin de l’aide de l’Etat. Telles sont les règles.

 

Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies des communications et de la guerre, le monde s’est rétréci. Il semble que plus nos vies sont automatisées et moins nous sommes libres. Les concepts de souveraineté, d’intégrité territoriale et de respect s’effacent tandis que le cauchemar d’un village global régi par un seul centre de pouvoir devient réalité.    

Le cas de la Libye est une pièce du plan des Etats-Unis et de l’OTAN pour un nouveau partage du monde.

 

Mais avant d’imposer son pouvoir sur le village global, l’Empire doit d’abord résoudre des problèmes urgents. Il doit résoudre en premier lieu les contradictions inhérentes à son propre système, qui commence à se fissurer. Le mouvement novateur des Indignés, qui multiplie à travers le monde ses revendications de justice, de travail et d’égalité des chances, en est la preuve.

 

Même s’il a été blessé par la crise économique et les contradictions de son système, l’Empire souffre, mais n’est pas encore mort.

 

S’il parvient à se reconstruire, l’Empire devrait encore vaincre la résistance de pays comme Cuba, qui peuvent faire valoir leur autorité morale et leur capacité à lutter dans une guerre d’usure qui pourrait durer des siècles.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 10:07

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L’assassinat brutal de Mouammar Kadhafi par une meute de mercenaires organisés et financés par les gouvernements « démocratiques » des Etats-Unis, de France et de Grande Bretagne actualise douloureusement un vieil aphorisme : « Socialisme ou Barbarie ». Et non seulement celui-ci : cela confirme aussi une autre thèse, établie plus d’une fois, selon laquelle les empires en décadence essayent d’inverser le verdict inexorable de l’hIstoire en accentuant leur agressivité et leurs frappes dans un climat d’insupportable décomposition morale. C’est arrivé avec l’Empire Romain, puis l’espagnol, plus tard avec l’Empire Ottoman,  ensuite avec l’anglais et le portugais, et, maintenant, c’est ce qui arrive avec celui des Etats-Unis. On ne peut pas tirer d’autre conclusion en regardant les nombreuses vidéos sur la manière dont « a été  rendue la justice » en ce qui concerne Kadhafi. Ce qui disqualifie irrémédiablement ceux qui se drapent dans le costume de représentants des valeurs les plus élevées de la civilisation occidentale. A ce propos, on peut se souvenir de la réponse donnée par le Mahatma Ghandi à la question d’un journaliste qui voulait connaître l’avis du leader asiatique sur cette question : « C’est une bonne idée », répondit-il sur un ton sarcastique.

 

L’impérialisme avait besoin que Kadhafi soit mort, comme Ben Laden. Vivants, ils étaient un danger permanent,  parce que leurs déclarations devant la justice ne seraient pas si faciles maintenant à dissimuler à l’opinion publique mondiale que comme ce fut le cas pour Saddam Hussein. Si Kadhafi avait parlé, il aurait pu faire de spectaculaires révélations, confirmer beaucoup de soupçons et vérifier beaucoup d’intuitions dont le leader Libyen aurait pu apporter des preuves flagrantes, comme donner l’identité des prête-noms de l’empire, livrer des documents sur les contrats, les commissions et pots-de-vin payés à leurs commanditaires, les comptes sur lesquels étaient déposés les fonds, et ainsi de suite. Nous aurions pu savoir ce que les Etats-Unis lui ont offert en échange de sa suicidaire collaboration à la « lutte contre le terrorisme », qui a permis qu’en Libye on aie pu torturer les suspects que Washington ne pouvait tourmenter aux Etats-Unis. Nous aurions aussi pu savoir combien d’argent il a donné pour la campagne présidentielle de Sarkozy et ce qu’il a obtenu en échange ; quels furent les termes de l’arrangement avec Tony Blair et la raison pour laquelle il a fait des dons si généreux à la London School of Economics, comment était organisée la traite des personnes pour envoyer des jeunes-filles à ce faune italien décrépi, Sylvio Berlusconi, et tant de choses encore. C’est pour cela qu’il était nécessaire de le faire taire, coûte que coûte.

 

Le dernier Kadhafi, celui qui s’est jeté dans les bras des impérialistes, a commis une succession d’erreurs qui ne conviennent pas à quelqu’un qui a  exercé le pouvoir pendant trente ans, surtout si on tient compte du fait que le pouvoir enseigne.

 

Première erreur : croire en la parole des leaders occidentaux, mafieux au col blanc qu’il ne faut jamais croire parce qu’au-delà de leurs caractéristiques individuelles – peu consistantes sauf exceptions – ils sont la personnification d’un système intrinsèquement immoral, corrompu et impossible à réparer. Kadhafi aurait mieux fait de se souvenir de cette parole de Che Guevara qui disait: « On ne peut pas faire confiance à l’impérialisme, même un peu ! »  Et lui, il a fait confiance.

 

Ce faisant, il a commis une seconde erreur : se désarmer. Si les canailles de l’OTAN ont pu bombarder la Libye sans limites c’est parce que Kadhafi avait désarticulé son système de défense anti-aérienne et qu’il n’avait pas de missiles terre-air. « Maintenant nous sommes amis », lui ont dit  Bush, Obama, Blair, Aznar, Zapatero, Sarkozy et Berlusconi. Et il les a crus.

 

Troisième erreur : oublier que, comme l’a rappelé Noam Chomsky, les Etats-Unis n’attaquent que des adversaires faibles et sans défense, ou qu’ils considèrent comme tels. C’est pourquoi ils ont pu attaquer l’Irak, une fois qu’il a été saigné par la guerre contre l’Iran et de longues années de blocus. C’est pourquoi ils n’attaquent pas Cuba, car, selon les propres rapports de la CIA, occuper militairement l’île leur coûterait au moins vingt mille morts, prix trop élevé pour tout président.

 

Les impérialistes ont refusé à Kadhafi ce qu’ils ont accordé aux dignitaires nazis qui ont exterminé six millions de Juifs. Ses crimes ont été plus monstrueux que les atrocités des nazis ? Et le juge de la Cour Pénale Internationale, Luis Moreno Ocampo, regarde ailleurs au moment où il devrait enregistrer une plainte contre le chef de l’OTAN, responsable de quelques 70 000 morts de Civils Libyens. Dans un spectacle de répugnante putréfaction morale la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton a fêté en riant et avec divertissement la nouvelle de l’assassinat de Kadhafi (Voir : http://www.youtube.com/watch?v=Fgcd1ghag5Y) Un peu plus prudente fut la réaction de l’Oncle Tom (l’esclave noir « petit chef » qui pense et agit en fonction de ses maîtres blancs) qui habite à la Maison Blanche, quoiqu’il y a une semaine il s’est montré satisfait de l’efficacité de la méthode essayée en Libye, et a averti que la même méthode pourrait être appliquée à d’autres leaders non disposés à lécher les bottes de l’Oncle Sam.

 

Cette victoire occasionnelle, prélude à une guerre civile infernale qui secouera la Libye et tout le monde arabe en  peu de temps, n’arrêtera pas la chute de l’empire.

 

Dans le même temps, ainsi que l’observe un philosophe italien pointu, Domenico Losurdo, le crime de Syrte a mis en évidence quelque chose qui était impensable il y a quelques mois : la supériorité morale de Kadhafi par rapport aux bouchers de Washington et de Bruxelles. Il a dit qu’il combattrait jusqu’à la fin, qu’il n’abandonnerait pas son peuple, et il a tenu parole. Cela lui suffit et lui reste pour s’ériger bien au dessus de ses assassins.

Source : Cubadebate

Traduction : Alma

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 11:15

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Toutes les versions de cet article : [Español] [français]


La récente approbation du Traité de libre échange (TLC) entre la Colombie et les États-Unis réaffirme la politique militariste du gouvernement de Barack Obama vers l’Amérique Latine, comme la principale voie pour résoudre la crise économique et le déclin de l’hégémonie globale et régionale. Ironies de la vie, le TLC poussé par le conservateur George W. Bush a été dénoué après cinq ans par le Congrès, sous le « progressiste » Obama, montrant que quand il s’agit des intérêts impériaux et multinationaux il n’y a pas de différences substantielles entre les deux partis politiques des Etats-Unis.


Le président Juan Manuel Santos a déclaré : « c’est le traité le plus important que nous avons signé dans notre histoire », bien qu’il va couler la production agricole, comme ce fut déjà le cas dans tous les pays qui ont signé ces accords. Cependant, comme le journaliste colombien Antonio Caballero signale dans sa colonne intitulée « El empalamiento » (Semana, 15/10/2011), le traité est en réalité « un acte de soumission » qui approfondit le rôle de gendarme régional de la Colombie.

Nous sommes devant u choix clair des élites pour le « néolibéralisme armé » qui leur permet d’augmenter les profits et en même temps de bloquer la protestation sociale. Ce modèle, qui s’applique déjà avec succès au Guatemala et au Mexique, et qui tend à s’étendre à toute la région, est le régime politique adapté pour provoquer « l’ accumulation par dépossession » que David Harvey analyse dans Le nouvel impérialisme (Akal, 2003), bien que le géographe britannique ne précise pas dans ses travaux le type d’État qui correspond à ce mode d’accumulation.


La Colombie affiche la plus grande dépense militaire reconnue de forme officielle de la région, qui atteint presque 4 % du PIB, le double en pourcentage de celle du Brésil et presque trois fois plus que celle du Venezuela, alors que d’autres sources l’estiment jusqu’à 6 %. Actuellement, l’armée de la Colombie dispose de 230 000 hommes, le même nombre que celle du Brésil, qui a une surface sept fois plus grande et une population quatre fois supérieur. La disproportion par rapport à ses voisins l’Équateur et le Venezuela est énorme, bien que les médias s’obstinent à montrer que la vraie menace à la paix vient Caracas.


Sous les deux gouvernements d’Álvaro Uribe (2002-2010) les paysans ont été dépossédés de 6 millions d’hectares et il y a eu 3 millions de déplacés. À la politique de privatisations de son prédécesseur (télécommunications, banque, pétrole), Santos ajoute maintenant le reprimarisation [retour vers le secteur primaire] de l’économie orientée vers l’exploitation de minerais, de gaz, de charbon, d’or et de pétrole, et l’expansion de l’agro-exportation de soya, de canne à sucre et de palmier africain. Une partie des capitaux qu’ils « investissent » dans ces affaires provient des paramilitaires et du trafic de stupéfiants que les armes et les biens volés ont uni.


La Colombie figure parmi les 10 pays les plus inégaux du monde. Avec les réformes du travail, les entrepreneurs ne paient déjà même plus les heures supplémentaires. La santé et l’éducation subissent des coupes pour grossir le budget de guerre et la privatisation veut avancer sur les universités, malgré la vaste mobilisation estudiantine. C’est ainsi que le « néolibéralisme armé » fonctionne, fils prodigue du Plan la Colombie, couronné maintenant du TLC.


À l’intérieur, le Plan Colombie est spoliation et militarisation pour freiner la résistance. A l’extérieur, il transforme le pays en la principale plate-forme de la politique militaire du Pentagone. Une étude du Centre de recherche et de l’Éducation Populaire (Cinep) remarque que sous les deux gouvernements d’Uribe la mobilisation sociale fut la plus forte au cours du demi-siècle passé : presque quatre fois plus de conflits par an que dans les décennies de 1960 et de 1970, et 50 % de plus que dans celle de 90.


La guerre et la militarisation se sont précisément envolées dans les départements qui présentent la plus grande résistance sociale , qui sont aussi ceux où l’avancée des megaprojets d’extraction est plus intense. La guerre que provoque Plan la Colombie, dont les bénéfices seront transvasés par le TLC, sert à libérer des territoires pour l’accumulation de capital. Il faut s’arrêter sur l’enchaînement entre guerre et néolibéralisme, violence et accumulation, pour comprendre de quoi retourne le modèle, bien que ceci soit mariné par une bataille électorale médiatique tous les quatre ans et des déclarations contre le trafic de stupéfiants et la guérilla.


Mais le modèle tend à déborder sur toute la région. Le 27 septembre, la Chambre des députés du Paraguay a voté l’état d’urgence pendant 60 jours dans deux départements : Concepción et San Pedro, les plus pauvres, et dans lesquels le mouvement paysan a joué le rôle principal dans plusieurs mobilisations les plus importantes. L’excuse est de combattre l’Armée du Peuple Paraguay (EPP), un groupe qui selon le ministère public dispose de 10 membres. La mesure qui habilite déjà l’action des forces armées comme police interieure avait été adoptée en 2010 pour 30 jours dans cinq départements, sans arrêter aucun membre de l’EPP.


Abel Irala, du Serpaj, attribue la militarisation au modèle productif : « L’agro-business a besoin d’avancer sur les terres du trafic de stupéfiants, et dans ce conflit la militarisation joue en faveur du soja. Le paysan qui plante de la marijuana est le dernier en bas de l’échelle, et sa femme, quand ils le mettent en prison, vend ce terrain pour le sortir de la prison, et il est vendu aux exploitations de soja ». La Coordinatrice des Droits de l’homme a dénoncé que 500 militants sociaux sont poursuivis, que les tortures sont plus fréquentes et que la justice utilise les qualificatifs de « perturbation de la paix publique », pour faire des marches qui ne coupent pas de routes, et « de sabotage », au blocage de routes,ce qui est passible de 10 ans de prison.


Ce n’est pas un hasard si les conseillers militaires des forces répressives paraguayennes sont colombiens. Le « néolibéralisme armé », avec ou sans TLC, ne reconnaît pas de frontières idéologiques et se propose d’anéantir ou de domestiquer les mouvements anti-système. Au milieu de la profonde crise que nous vivons, il y a des échantillons de ce que ceux de là-haut ont misé sur un militarisme dur et pur.

La Jornada. Mexique, le 21 octobre 2011.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par  : Estelle et Carlos Debiasi.

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 23:57

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L’administration étasunienne n’a pas la moindre intention de changer     la politique de restriction et de déstabilisation appliquée par leurs prédécesseurs et encore moins de respecter les résolutions de l’Assemblée Générale de l’ONU qui depuis 1992, se prononcent pour la fin de cette attitude absurde.


À la veille du vote à l’ONU d’une résolution cubaine demandant la fin du blocus, Washington poursuit ses pressions et chantages sur des gouvernements, des hommes d’affaires et des entreprises.


La MaisonBlanches’attaque en particulier aux entreprises pétrolières intéressées à fournir des biens ou des services à la plus grande des Antilles.


Le but n’est autre qu’entraver tout accord entre des compagnies étrangères voulant participer avec Cuba à la prospection et forage de pétrole aussi bien sur terre ferme que dans la zone exclusive qu’elle a dans le Golfe du Mexique.


Heureusement, des positions aussi rétrogrades se heurtent à une tendance favorable dans des secteurs de la société étasunienne qui rejettent le blocus de Cuba.


Des sources fiables soulignent que si les restrictions aux voyages des Étasuniens à Cuba n’existaient pas, plus d’un million de touristes se rendraient dans notre pays.


Cela ne se traduirait pas seulement par des bénéfices économiques pour Cuba. La régularisation des voyages impliquerait 15 000 nouveaux emplois aux États-Unis, ce qui est encourageant dans un pays où le chômage atteint des niveaux record.                                                 

Un groupe d’hommes d’affaires s’est prononcé tout récemment à Washington en faveur d’une relation stable avec Cuba.


Durant une vidéo conférence, organisée par le Bureau des Intérêts de Cuba à Washington, avec la participation, depuis La Havane, de fonctionnaires du Ministère cubain des Affaires étrangères, l’accent a été mis sur le fait qu’une ouverture vers notre pays aiderait à créer de nouveaux emplois dans la mesure où les exportations augmenteraient.


Les hommes d’affaires étasuniens ne se trompaient pas. Certaines formes de coopération mutuellement avantageuse, ont été autorisées de façon exceptionnelle comme  celle des experts de la santé de l’état du Texas et de La Havane.

Les parties testent dans les laboratoires du Texas, un vaccin mis au point à Cuba dans le cadre du vaste arsenal de progrès scientifiques obtenus par Cuba.

À ce forum, Betsy Ward, la présidente de la Fédération du riz des États-Unis a signalé que les États-Unis pourraient vendre ce céréal à notre pays pour 300 millions de dollars, si le blocus était levé.


Mais les espoirs des hommes d’affaires se heurtent à l’obstination de leur gouvernement, qui certes, avait adopté quelques mesures positives concernant les voyages, mais à portée très limitée.


L’administration Obama non seulement maintient, pour l’essentiel, intact le blocus. Il a durci cette politique hostile dont les dommages causés en 50 ans se chiffrent à 975 milliards de dollars.

Cuba espère que la communauté internationale, qui, l’année dernière s’était prononcée de façon presque unanime pour la fin du blocus, votera de nouveau demain contre cette politique génocidaire.

 

RHC

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 23:49

Syrte ou la Stalingrad du désert, aura résisté de tout son sang contre la barbarie céleste de l’OTAN et ses mercenaires indigènes. Au milieu de ruines fumantes de la ville martyre, un lion est mort. Un lion qui, de son vivant comme dans sa trépas, aura rendu sa fierté à sa patrie, à son peuple, à son continent et à tous les damnés de la terre.

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Autour de son corps agonisant, tels des rats affamés, les barbares du CNT et de l’OTAN se sont disputés des lambeaux de sa noble chair.
 
« C’est nous qui l’avons achevé » clament les rats du Shape et de l’Elysée.
 
« Non, c’est nous. » rétorquent les rats indigènes.
 
Le corps lacéré de Kadhafi, c’est la Libye lacérée, donnée en pâtures à l’OTAN et au CNT.


 
La Libye de Kadhafi était un pays fier. Ses citoyens ne devaient pas quémander l’aumône à la porte des seigneurs européens.
 
La Libye de Kadhafi était un pays prospère. Elle était l’Eldorado de toute l’Afrique. Un pays de cocagne assurant le plein emploi.
 
La Libye de Kadhafi était un pays paritaire. Les femmes étudiaient et réussissaient mieux que les hommes. Les femmes décidaient. Les femmes dirigeaient. Les femmes combattaient.
 
La Libye de Kadhafi était un pays généreux. Ecoles gratuites munies d’équipements les plus modernes. Hôpitaux gratuits ne manquant de rien. Cette Libye a entre autres, financé RASCOM 1, un satellite de télécommunications qui allait permettre à tous les Africains de téléphoner quasi gratuitement, eux qui payaient les tarifs téléphoniques les plus chers au monde. L’Europe avait été jusqu’à coloniser les réseaux de communication africains, forçant le continent à verser 500 millions de dollars par an pour le transit vocal des Africains sur ses satellites.
 
La Libye de Kadhafi était un pays solidaire. Dotée d’un ministère chargée de soutenir la révolution mondiale, cette Libye a accueilli à bras ouverts tous les résistants du monde, a financé d’innombrables mouvements de libération : Black Panthers, militants anti-Apartheid, résistants chiliens, salvadoriens, basques, irlandais, palestiniens, angolais. Habités par leurs fantasmes primaires, des journaleux européens ont rapporté que des snipers féminins des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient été enrôlés par Kadhafi. Pure intox. En revanche, les guerriers du mouvement de libération du Sahara occidental, le Front polisario, protégeaient bel et bien Tripoli de la barbarie de l’OTAN/CNT.
 
La Libye de Kadhafi a fait l’expérience de la démocratie directe. Kadhafi n’avait qu’un rôle symbolique, celui du vieux sage à la fois redouté et rassurant. La population était encouragée à débattre et à choisir sa destinée à travers les Comités populaires. Pas besoin de parlement ni de partis.

 

Hélas, la Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à faire vivre une démocratie durable. Les luttes personnelles ont pris le dessus sur les intérêts collectifs. Comme bien des révolutions, la Libye de Kadhafi a connu sa dégénérescence idéologique et son cortège de souffrances et d’injustices.
 
La Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à instaurer la concorde entre clans et tribus de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque.
 
La Libye de Kadhafi a cru que seule la force viendrait à bout des djihadistes endiablés d’Al Qaida, des opportunistes et des renégats pro-occidentaux.
 
La Libye de Kadhafi a tenté de briser son isolement international, pensant que les rats de l’Elysée, du 10 Downing Street, du Palais Chigi ou de la Maison Blanche viendraient manger dans sa main. Ces rats se sont en réalité sournoisement glissés dans la manche de sa tunique. Ils ont saisi l’occasion pour infiltrer son pays, le saboter, le ruiner et le pomper pour un siècle.
 
A présent, les rats d’Europe et les rats du CNT étanchent leur soif dans la crinière du lion.
 
Mais le lion s’est dérobé à leurs griffes pour rejoindre Lumumba et Sankara, les autres enfants martyres de l’Afrique héroïque.


 
Buvez, hordes de lâches, buvez ! Que son sang brûle vos entrailles comme le Zaqqoum !
 
Pleurez patriotes libyens pleurez ! Que vos larmes engloutissent vos bourreaux et leurs armées !

Libye - mort de Kadhafi - OTAN

Michel collon

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 10:40

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S'il n'y en avait que deux de rendez vous manqués avec l'histoire !!!

Disons plutôt deux de plus...

 

Que jamais plus, tant qu’elle n’aura pas aboli l’odieuse et ancestrale peine de mort, l’Amérique ne prétende donner des leçons de démocratie, et surtout pas au nom des droits de l’homme, au reste du monde !


 Car cette Amérique, en exécutant froidement Troy Davis cette nuit, vient de prouver à la terre entière qu’elle n’avait que mépris et indifférence pour ces millions d’hommes et de femmes qui réclamaient, à cor et à cri, une justice une peu plus humaine et compassionnelle, tout simplement plus « juste », envers un innocent.


 Oui : c’est là une tache indélébile désormais, aux yeux effarés des vrais démocrates, sur cette Amérique qui, loin d’être cette grande nation moderne qu’elle se vante d’être, ne vaut guère mieux, en la circonstance, que ces pays ayant recours, en matière de justice, aux méthodes les plus barbares et moyenâgeuses, telles la lapidation ou la pendaison, pratiques communément appliquées là où sévit, de sinistre mémoire, l’obscurantiste « charia ». 


 Davantage : il vaut apparemment mieux se voir condamné à mort en Iran, là où l’on peut encore sauver sa peau, comme Sakineh, lorsque l’opinion publique internationale implore la clémence des autorités politico-religieuses, qu’aux Etats-Unis, là où nul ne peut venir à votre secours, comme pour Troy, lorsque cette même opinion publique internationale implore une même clémence aux autorités politico-judiciaires !


 Paradoxe consternant : les ayatollahs et autres enturbannés de Téhéran, pour intégristes qu’ils soient, se sont avérés moins fanatiques, au bout de ce sordide compte, que les juges en costume et cravate de Géorgie !


 Quant à Barack Obama, n’en parlons pas : son fracassant silence, sur cette douloureuse affaire Davis, est indigne, par-delà son manque de courage politique et de clairvoyance intellectuelle, de ce prix Nobel de la paix que le comité d’Oslo lui a, sur l’unique et très mince base de ses beaux mais seuls discours théoriques, un peu trop vite accordé.


 Ainsi est-ce bien plus qu’une simple tache sur la justice américaine que cet assassinat de Troy Davis révèle en négatif : c’est le prix Nobel de la paix lui-même, son sens profond et sa portée philosophique, qui, à travers cette lâcheté de Barack Obama, dont les véritables préoccupations sont manifestement plus électoralistes qu’humanistes, se voit éclaboussé là !


 J’exagère ? Que l’on considère alors cette encore plus incompréhensible déclaration de ce même prix Nobel de la paix, Barack Obama toujours, lorsqu’il adresse au Président de l’Autorité Palestinienne, comme il vient encore de le faire en ce funeste 21 septembre 2011, une fin de non-recevoir, et même la menace de brandir un implacable veto, quant à sa volonté de voir son pays enfin reconnu officiellement par les Nations-Unies.


 Oui : l’Amérique d’Obama a manqué là, en s’obstinant a ne pas gracier Troy Davis, d’une part, et en se refusant à reconnaître la Palestine, d’autre part, un double rendez-vous avec l’Histoire ! 

DANIEL SALVATORE SCHIFFER*

*Philosophe, écrivain, auteur de « La Philosophie d’Emmanuel Levinas » (PUF) et « Critique de la déraison pure » (Bourin Editeur).

Source : Agoravox

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 17:43

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Traduction sans doute imparfaite... mais qui garde tout son sens de l'article original paru ce jour sur cubadebate.Cuba Si Lorraine

 

Une décennie s'est écoulée depuis la date  fatidique du 11 Septembre 2001, où le terrorisme a frappé la nation américaine, depuis, la croisade contre ce fléau menée par le gouvernement américain a causé des centaines de milliers de morts et de blessés dans  le monde.


Le terrorisme d'État a été utilisé par les administrations américaines depuis plus de un demi-siècle comme  instrument d'agression contre Cuba .

 

Les exilés cubains ont été recrutés comme mercenaires, formés, armés et dirigés pour l'exécution de centaines d'actes de terrorisme à Cuba, contre ses intérêts, personnels et d'autres pays dans le monde. Ironiquement, aucun de ces criminels sont considérés comme des terroristes ou leurs organisations  incluses dans les nombreuses listes établies chaque année par le Etats unis qui définissent qui ou qui n'est pas terroriste.

 

Alors que Cuba a souffert du terrorisme depuis 50 ans, elle apparait il y a trente ans sur une de ces listes comme pays supposé soutenant le terrorisme selon les Etats Unis.

 

Le plus incompréhensible est de savoir que les EU sont les plus touchés après Cuba par des actes de terrorisme par les mercenaires d'origine cubaine réfugiés sur leur territoire, tolérés, soutenus et protégés.

 

Plus de 300 actes de terreur sur le territoire américain, dans de nombreuses villes, à New York, qui commémore cette date fatidique du 11 septembre, 80 actes de terrorisme à leur initiative ont été répertoriés.

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Le 11 Septembre 1976, Omega-7 a placé une bombe et fait exploser le navire soviétique Ivan Shepotkov dans le New Jersey. La même organisation à la même date mais en 1980, a développé une commande d'Omega-7, qui a tué le diplomate cubain Félix García Rodríguez,  en toute impunité. Cette formation terroriste avait  établi le 11  Septembre 1974, date  inspirée pour honorer le premier anniversaire du coup d'Etat militaire qui a amené le fascisme au Chili après le renversement et le meurtre de leur président.

 

Le même jour l'année suivante, ces extrémistes, qui ont décidé d'agir le 11 Septembre, ont placé une bombe qui explose au Consulat du Mexique à Miami, en Floride et une similaire du même pays au Consulat à New York et a mis le feu à  un média de Miami.

 

Le terrorisme  des Etats Unis a plusieurs visages, celui poursuivi par leur gouvernement dans les confins les plus obscurs de la terre, qui a servi comme prétexte à envahir des pays, à massivement assassiner et la tolérance, qui permet que les extrémistes anticubains opèrent avec une entière liberté, qu'ils puissent s'organiser, récolter des fonds, mener de nouvelles actions , protégeant le terroriste international Luis Posada Carriles, dont les relations avec la CIA datent, comme agent, depuis  mars 1965 et qui a été déclaré innocent en avril 2011 de moindres charges après un procès arrangé qui a duré plus de six ans.

 

Les autorités cubaines ont été très actives dans sa lutte historique contre le terrorisme, elles ont immédiatement condamné les événements terribles de septembre 2001, elles ont signé toutes les conventions, traités et accords pour faire en face au terrorisme internationale. Quand elles n'exerçaient pas en coopérantion pour faire face à ce mal en Amérique latine et aux Caraïbes,  Cuba a signé des accords pour combattre la piraterie aérienne et maritime et le terrorisme avec le Canada, la Venezuela, le Mexique, la Colombie et les États-Unis en 1973.

 

L'état de nécessité permanente a été un impératif pour sauvegarder la sécurité nationale de  Cuba et pour protéger celle d'autres pays, y compris des États-Unis. Des Informations obtenues ont permis de préserver la vie de citoyens nord-américains entre autre de certains de ses présidents, celles ci ont été opportunément transmises aux autorités américaines comme celles faites en juin 1998, aujourd'hui  disparues des archives du FBI, des données abondantes qui alertaient sur les plans et les intentions des terroristes anticubains.

 

cinco-libertad2.jpgBien que cette volonté de coopérer se matérialisait et permettait d'espèrer que ces projets soient neutralisés, le 12 septembre de cette même année un groupe de combattants antiterroristes ont été arrêtés,  inculpés et condamnés à des peines élevées et injustes de prison, ce qui a envoyé un message clair  des autorités aux groupes violents de Miami.

Cette année il auront subi 13 années d'enfermement particulièrement cruel, privés des droits élémentaires,  de l'accès à leur défense, à recevoir des visites de leur famille, à connaître et à accéder aux recours légaux  et isolés par un mur de silence, qui empêche que cette réalité soit connue, mais devant ces adversités ils sont rester très dignes , avec une morale élevée et  la conviction qu'ils seront libérés et reviendront à Cuba avec le sentiment du devoir accompli  face au terrorisme, qui aux États-Unis a quelques visages....

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 17:25

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Histoire, reprise d'article .

Cette année, le 11 septembre 2003, nous commémorerons le 30ème anniversaire d’une tragédie, celle du coup d’Etat fasciste contre le gouvernement socialiste du président chilien Salvador Allende. Un occasion pour revenir avec Gabriel García Marquez sur cet événement.(RISAL)


Nous sommes à la fin 1969. Trois généraux du Pentagone reçoivent à dîner quatre militaires chiliens dans une villa de la banlieue de Washington. Leur hôte, alors colonel de l’Armée de l’air chilienne, est Gerardo Lúpez Angulo, qui est aussi attaché à la mission militaire du Chili aux États-Unis. Ses invités chiliens sont des camarades des autres armes. Ce dîner est organisé en l’honneur du directeur de l’École d’Aviation du Chili, le général Carlos Toro Mazote, arrivé la veille en visite d’études. Au menu : une salade de fruits et un rôti de veau aux petits poix, le tout arrosé d’un vin de la lointaine patrie que les sept militaires dégustent, nostalgiques, en pensant aux oiseaux lumineux des plages du Sud, alors que Washington naufrage dans la neige. Leur conversation, en anglais, porte sur le seul sujet qui semble intéresser tous les Chiliens à l’époque : les élections présidentielles du mois de septembre prochain. Au dessert, un des généraux du Pentagone demande ce que ferait l’Armée chilienne si le candidat de la gauche, Salvador Allende, gagnait les élections. Le général Toro Mazote répond alors : « Nous prendrons le Palais de la Monnaie en une demi-heure, même s’il nous faut l’incendier ! »


Un des convives était le général Ernesto Baeza, directeur de la Sécurité nationale du Chili. Lors du coup d’État, c’est lui qui coordonna l’assaut du palais présidentiel et donna l’ordre d’y bouter le feu. Pendant ces jours agités, deux de ses subalternes deviendront célèbres dans la même journée : le général Augusto Pinochet, président de la Junte militaire, et le général Javier Palacios, qui participa à l’attaque finale contre Salvador Allende.


Autour de la table se trouvait aussi le général de brigade aérienne Sergio Figueroa Gutiérrez, actuel ministre des Travaux publics et ami intime d’un autre membre de la Junte militaire, le général d’aviation Gustavo Leigh, qui ordonna de bombarder le palais présidentiel avec des missiles. Le dernier invité était Arturo Troncoso, aujourd’hui amiral et gouverneur naval de Valparaíso. Il dirigea la sanglante purge des officiers progressistes de la marine de guerre, après avoir entamé le soulèvement militaire à l’aube du 11 septembre 1973.


Ce dîner historique fut en fait le premier contact du Pentagone avec des officiers des quatre armes des forces armées chiliennes. Lors des réunions qui suivirent, tant à Washington qu’à Santiago, l’accord final fut scellé : les militaires chiliens plus proches de l’âme et des intérêts des États-Unis prendraient le pouvoir si l’Unité populaire venait à gagner les élections. Cette opération fut planifiée de sang froid, telle une simple manœuvre de guerre, sans tenir compte des conditions réelles du Chili.


Le plan avait été élaboré d’avance, pas uniquement sous la pression de l’International Telegraph & Telephone (ITT), mais aussi pour des raisons bien plus profondes de géopolitique. Il avait été baptisé Contingency Plan. L’organisme chargé de le mettre en marche était la Defense Intelligence Agency du Pentagone, mais l’instance exécutrice fut la Naval Intelligence Agency, qui centralisa et analysa les données des autres agences, y compris la CIA, sous la direction politique du Conseil national de sécurité. Il était normal que le projet soit confié à la Marine et non à l’Armée, car le coup d’État au Chili devait coïncider avec l’opération Unitas, ensemble de manœuvres des unités américaines et chiliennes dans le Pacifique. Ces manœuvres avaient traditionnellement lieu en septembre, le même mois que les élections. Il était donc naturel que le sol et l’espace aérien du Chili soient remplis de matériel de guerre en tous genres et de soldats entraînés aux arts et aux sciences de la mort.


À l’époque, Henry Kissinger avait déclaré à un groupe de Chiliens : « Le Sud du monde ne m’intéresse pas et je ne veux rien connaître de ce qui se trouve plus bas que les Pyrénées ». Le Contingency Plan était alors prêt jusque dans les moindres détails et il est impensable que Kissinger n’était pas au courant et que le président Nixon lui-même n’en sache rien.


Aucun Chilien ne croit que demain c’est mardi


Le Chili est un pays étroit : 4 270 km de long sur 190 km de large. Il compte 10 millions d’habitants effusifs, dont deux millions vivent à Santiago, la capitale. La grandeur du Chili ne tient pas tant du nombre de ses vertus que de l’ampleur de ses exceptions. Ainsi, à l’époque, le cuivre est la seule chose que le pays produit avec un sérieux absolu, mais c’est aussi le meilleur cuivre du monde, et le volume produit est à peine inférieur à celui combiné des États-Unis et de l’Union soviétique.


Le Chili produit aussi des vins aussi bons que les vins européens, mais les exporte peu, car les Chiliens en boivent presque la totalité. De 600 dollars, son revenu par habitant était alors un des plus élevés d’Amérique latine ; or, presque la moitié du produit national brut est partagée entre 300 000 personnes à peine. En 1932, le Chili fut la première république socialiste du continent. Le gouvernement tenta alors de nationaliser le cuivre et le charbon, avec le soutien enthousiaste des travailleurs. Mais l’expérience ne dura pas plus de 13 jours.


Pays sismique, le Chili connaît aussi en moyenne un tremblement de terre tous les deux jours, et un séisme dévastateur tous les trois ans. Les géologues les moins apocalyptiques estiment que le Chili n’est pas un pays de terre ferme, mais plutôt une corniche des Andes, perdue dans un océan de brumes, et que tout le territoire, avec ses salpêtrières et ses femmes douces, est condamné à disparaître dans un cataclysme.


D’une certaine manière, les Chiliens ressemblent beaucoup à leur pays. Ce sont les gens les plus sympathiques du continent ; ils aiment se sentir bien en vie et savent l’être autant que possible, voire plus. Mais ils ont une dangereuse tendance au scepticisme et à la spéculation intellectuelle. « Aucun Chilien ne croit que demain c’est mardi », m’a dit un jour un Chilien, qui n’en croyait rien non plus.


Cependant, même avec cette incrédulité de fond, ou peut-être grâce à elle, les Chiliens ont atteint un certain degré de civilisation naturelle, de maturité politique et de culture qui sont leurs meilleures exceptions. Des trois Prix Nobel de littérature d’Amérique latine, deux étaient Chiliens, et l’un d’eux, Pablo Neruda, était le plus grand poète de ce siècle. Tout cela, Kissinger le savait bien lorsqu’il répondit qu’il ne connaissait rien au Sud de la planète. C’est que le gouvernement des États-Unis connaissait alors jusqu’aux plus profondes pensées des Chiliens. Il les connaissait depuis 1965 lorsque, sans la permission du gouvernement chilien, il avait lancé une incroyable opération d’espionnage social et politique : le Plan Camelot. Il s’agissait d’une enquête furtive, se servant de questionnaires très précis, présentés à toutes les couches sociales, à toutes les professions, à tous les métiers, jusqu’aux moindres recoins du pays. L’idée était de définir, de manière scientifique, le degré de développement politique et les tendances sociales des Chiliens. Dans le questionnaire destinés aux militaires figurait la question reposée cinq ans plus tard aux officiers du dîner de Washington : quelle serait leur attitude si le communisme arrivait au pouvoir dans le pays ? La question était malicieuse. Après l’opération Camelot, Washington savait très bien que Salvador Allende serait élu président de la République.


Ce n’est pas un hasard si le Chili fut choisi pour un tel scrutin. L’ancienneté et la force de son mouvement populaire, la ténacité et l’intelligence de ses dirigeants et les conditions économiques et sociales du pays, tout cela permit de prévoir la tournure des événements. L’analyse de l’opération Camelot l’avait confirmé : le Chili allait devenir la deuxième république socialiste du continent, après Cuba. Autrement dit, le but des États-Unis n’était pas simplement d’empêcher le gouvernement de Salvador Allende pour protéger les investissements américains. L’idée, à plus grande échelle, était de réitérer l’expérience la plus atroce, mais aussi la plus productive, que l’impérialisme ait jamais menée en Amérique latine : celle du Brésil.


Doña Casserole se jette à la rue


Le 4 septembre 1970, comme prévu, Salvador Allende, médecin socialiste et franc-maçon, était élu président de la République. Mais le Contingency Plan ne fut pas mis en œuvre. L’explication la plus courante est aussi la plus amusante : un fonctionnaire du Pentagone commit une erreur et demanda 200 visas pour une soi-disant fanfare navale qui était en fait composée d’experts ès coups d’État, dont plusieurs amiraux qui ne savaient même pas chanter. Le gouvernement chilien découvrit la manœuvre et refusa d’accorder les visas. Cet incident, dit-on, aurait entraîné le report de l’opération. La vérité est que le projet avait été évalué à fond : d’autres agences américaines, la CIA surtout, ainsi que l’ambassadeur américain à Santiago, Edward Korry, estimèrent que le Contingency Plan était une opération militaire qui ne tenait pas compte de la situation du Chili à l’époque.


En effet, le triomphe électoral de l’Unité populaire n’engendra nullement la panique sociale qu’attendait le Pentagone. Au contraire, l’indépendance affichée du gouvernement en matière de politique internationale et sa résolution sur le terrain de l’économie avaient aussitôt créé une ambiance de fête sociale. Dans la première année, 47 entreprises industrielles furent nationalisées, ainsi que plus de la moitié du système de crédits. La réforme agraire expropria 2,4 millions d’hectares de terres agricoles pour les intégrer à la propriété sociale. L’inflation fut freinée, le plein emploi fut atteint et les salaires connurent une hausse effective de quelque 40%.


Le gouvernement précédent, présidé par le démocrate-chrétien Eduardo Frei, avait entamé la nationalisation du cuivre. Mais cette opération n’avait consisté qu’à racheter 51% des parts des mines. Or, pour la seule installation minière de El Teniente, le montant versé était supérieur à la valeur totale de la mine. Le gouvernement de l’Unité populaire, quant à lui, récupéra, par un seul acte juridique, tous les gisements de cuivre exploités par les filiales des sociétés américaines Anaconda et Kennecott. Et ce, sans verser aucune indemnité, car le gouvernement calcula que les deux sociétés avaient, en 15 ans, engrangé un bénéfice excessif de 80 milliards de dollars.


La petite bourgeoisie et les couches sociales intermédiaires, deux grandes forces qui auraient pu alors appuyer un putsch militaire, commençaient à jouir de bénéfices imprévus, et non plus au détriment du prolétariat, comme cela fut toujours le cas, mais plutôt sur le dos de l’oligarchie financière et du capital étranger. Les forces armées, en tant que groupe social, ont le même âge, la même origine et les mêmes ambitions que la classe moyenne. Si bien qu’elles n’avaient aucune raison, ni même un alibi, de soutenir un groupe restreint d’officiers putschistes. Consciente de cette réalité, la Démocratie chrétienne non seulement ne parraina pas la conspiration militaire, mais elle s’y opposa résolument, sachant qu’un putsch serait impopulaire même dans ses rangs.


Son objectif était autre : tout faire pour ruiner la bonne santé du gouvernement et ainsi gagner les deux tiers du Congrès aux élections de mars 1973. Cette proportion de sièges lui permettrait alors de destituer constitutionnellement le président de la République. La Démocratie chrétienne était alors une vaste formation politique ancrée dans toutes les classes, avec une véritable base populaire au sein du prolétariat, parmi les petits et moyens propriétaires paysans et dans la bourgeoisie et la classe moyenne des villes. L’Unité populaire, quant à elle, représentait le prolétariat ouvrier défavorisé, le prolétariat agricole, la basse classe moyenne des villes et les marginaux de tout le pays.


Alliée au Parti national, d’extrême droite, la Démocratie chrétienne contrôlait le Congrès, tandis que l’Unité populaire contrôlait l’exécutif. Et la polarisation de ces deux forces allait, de fait, devenir la polarisation du pays. Curieusement, le catholique Eduardo Frei, qui ne croit pas au communisme, est celui qui a le plus bénéficié de la lutte des classes, qui l’a encouragée et l’a exacerbée, dans le but de fâcher le gouvernement et de précipiter le pays sur la pente de l’accablement et du désastre économique.


Le blocus économique des États-Unis, en réponse aux expropriations sans indemnisations, et le sabotage interne de la bourgeoisie firent le reste. Le Chili produisait de tout, des automobiles au dentifrice. Mais l’industrie avait une fausse identité : 60% du capital des 160 sociétés les plus importantes était étranger, et 80% des éléments fondamentaux étaient importés. De plus, le pays avait besoin de 300 millions de dollars par an pour importer des produits de consommation, et 450 millions pour financer le service de sa dette extérieure. Or, les crédits accordés par les pays socialistes ne suffisaient pas à remédier à la carence en pièces détachées, car toute l’industrie, l’agriculture et le transport fonctionnaient avec du matériel américain. L’Union Soviétique dut acheter du blé à l’Australie pour l’envoyer au Chili car elle-même en manquait. Via les banques d’Europe occidentale et Paris, l’URSS octroya aussi des prêts importants en dollars. Quant à Cuba, par un geste plus exemplaire que décisif, elle offrit un cargo rempli de sucre. Mais les urgences, au Chili, étaient incommensurables. Les joyeuses dames de la bourgeoisie, sous prétexte du rationnement et des excessives prétentions des pauvres, sortirent dans la rue faire résonner leurs casseroles vides. Ce ne fut pas un hasard, mais, bien au contraire, un fait significatif, que ce spectacle public de fourrures argentées et de chapeaux fleuris ait eu lieu dans l’après-midi où Fidel Castro terminait une visite de trente jours qui avait causé un véritable séisme d’agitation sociale.


La dernière cueca de Salvador Allende


C’est alors que le président Salvador Allende comprit. Il affirma que le peuple détenait le gouvernement, mais pas le pouvoir. Le phrase était plus amère qu’elle ne semblait, mais aussi plus alarmante. Car Allende possédait la fibre légaliste qui fut aussi le germe de sa propre destruction : cet homme qui se battit jusqu’à la mort pour défendre la légalité aurait été capable de sortir de la Monnaie par la grande porte, le front haut, si le Congrès l’avait destitué par la voie constitutionnelle.


Rossanna Rossanda, journaliste et femme politique italienne qui visita Allende à l’époque, trouva un homme vieilli, tendu, plein de prémonitions lugubres, assis sur le même sofa de cretonne jaune où on retrouvera son cadavre criblé de balles, le visage détruit d’un coup de crosse. Même les secteurs les plus compréhensifs de la Démocratie chrétienne étaient alors contre lui. « Même Tomic ? », lui demanda Rossana -« Tous ! », répondit-il.


À la veille des élections de mars 1973 où se jouait son destin, on donnait 36% des votes à l’Unité populaire. Toutefois, malgré l’inflation déchaînée, malgré le rationnement féroce, malgré les concerts de Doñas Casseroles, le parti gouvernemental l’emporta avec 44%. Une victoire si spectaculaire et si décisive que, dans son bureau, sans autre témoin que son ami et confident, le journaliste Augusto Olivares, Allende se mit à danser une cueca en solo. Pour la Démocratie chrétienne, c’était la preuve que le processus démocratique encouragé par l’Unité populaire ne pouvait être interrompu par la voie légale. Elle manque toutefois de vision et fut incapable de mesurer les conséquences de son aventure : un cas impardonnable d’irresponsabilité historique. Pour les Etats-Unis, l’avertissement était bien plus sérieux que les intérêts des sociétés expropriées. Il s’agissait là d’un précédent inadmissible de progrès pacifique des peuples du monde, et notamment les peuples de France ou d’Italie, dont les actuelles conditions permettent de tenter des expériences similaires à celles du Chili. Toutes les forces de la réaction intérieure et extérieure se concentrèrent alors en un seul bloc compact.


Par contre, les partis de l’Unité populaire, dont les fissures internes étaient bien plus profondes que ce que l’on admet généralement, ne purent se mettre d’accord sur une analyse commune du vote de mars. Le gouvernement se retrouva sans ressources, tiraillé entre ceux qui voulaient mettre à profit l’évidente radicalisation des masses pour faire un saut décisif dans le changement social, et les plus modérés qui, craignant le spectre de la guerre civile, espéraient arriver à un accord régressif avec la Démocratie chrétienne. Avec le recul, on voit aujourd’hui combien ces contacts, dans le chef de l’opposition, n’étaient que distractions destinées à gagner du temps.


La grève des camionneurs fut le détonateur final. De par sa géographie accidentée, l’économie chilienne est à la merci du transport routier. Le paralyser, c’est paralyser le pays. Or, pour l’opposition, paralyser le pays était assez facile, puisque les camionneurs étaient les plus touchés par la pénurie de pièces détachées et se voyaient en outre menacés par l’intention du gouvernement de nationaliser le transport avec du matériel soviétique. La grève fut maintenue jusqu’au bout, sans répit, car elle était financée cash depuis l’extérieur. La CIA inonda en effet le pays de dollars, afin de soutenir la grève patronale. D’ailleurs, la devise américaine chuta sur le marché noir, écrivit Pablo Neruda à un ami européen. Une semaine avant le coup d’État, il n’y avait plus d’huile ni de lait ni de pain.


Dans les derniers jours de l’Unité populaire, avec une économie effondrée et le pays au bord de la guerre civile, le gouvernement et l’opposition tentèrent, chacun de son côté, de modifier le rapport de forces au sein des forces armées. La manœuvre finale fut parfaite : quarante-huit heures avant le putsch, l’opposition réussit à discréditer les officiers supérieurs qui soutenaient Salvador Allende. Après une série de coups de maître, un à un furent promus tous les officiers du dîner de Washington.


Mais ce jeu d’échec politique échappait désormais à l’emprise de ses joueurs. Entraînés par une dialectique irréversible, ils devinrent eux-mêmes des pions sur un échiquier plus vaste, beaucoup plus complexe et politiquement bien plus important qu’une simple confabulation consciente de l’impérialisme et la réaction contre le gouvernement du peuple. C’était une terrible confrontation de classes qui échappait aux mains de ceux-là mêmes qui l’avaient provoquée ; une bataille acharnée entre intérêts opposés, dont l’issue finale ne pouvait être autre qu’un cataclysme social sans précédent dans l’histoire de l’Amérique.


L’armée la plus sanguinaire au monde


Dans de telles conditions, le putsch militaire ne pouvait être que cruel. Allende le savait. « On ne joue pas avec le feu », avait-il dit à Rossana Rossanda. « Celui qui pense qu’au Chili, un coup d’État militaire se fait comme dans d’autres pays d’Amérique, avec un simple changement de garde à la Monnaie, se trompe drôlement. Ici, si l’armée sort de la légalité, il y aura un bain de sang. » Une telle incertitude était en fait justifiée historiquement.


Au Chili, contrairement à ce que l’on a voulu nous faire croire, les forces armées sont intervenues dans la politique chaque fois que leurs intérêts de classe se voyaient menacés. Et ces interventions ont été accompagnées d’une énorme férocité répressive. Les deux constitutions que le pays a eues en un siècle ont été imposées par les armes, et le récent putsch militaire était le sixième de ces cinquante dernières années.


Cette soif sanguinaire de l’armée chilienne est en fait de naissance. Elle vient de la terrible école de la guerre au corps à corps contre les Araucans, qui dura 300 ans. Un de ses précurseurs se vantait, en 1620, d’avoir tué de sa main plus de deux mille personnes en une seule action. Dans ses chroniques, Joaquín Edwards Bello rapporte qu’au cours d’une épidémie de typhus exanthématique, l’armée sortait les malades de chez eux et les tuait d’un bain de poison afin d’enrayer l’épidémie. Et pendant la guerre civile de sept mois, en 1891, il y eut plus de 10 000 morts en une seule bataille. Les Péruviens assurent que sous l’occupation de Lima, pendant la guerre du Pacifique, les militaires chiliens saccagèrent la bibliothèque de Ricardo Palma. Mais ils ne lisaient pas les pages ; ils s’en servaient comme papier toilette.


C’est avec encore plus de brutalité que les mouvements populaires ont été réprimés. Après le séisme de Valparaiso, en 1906, les forces navales liquidèrent l’organisation des dockers en massacrant 8 000 ouvriers. À Iquique, au début du siècle, une manifestation de grévistes, fuyant les soldats, se réfugia au théâtre municipal. Ils furent mitraillés. 2 000 morts. Le 2 avril 1957, l’armée réprima une révolte civile dans un centre commercial de Santiago et causa un nombre de victimes qui n’a jamais pu être calculé, car le gouvernement enterra les corps dans des charniers clandestins. Au cours d’une grève à la mine de El Salvador, sous la présidence de Eduardo Frei, une patrouille militaire ouvrit le feu pour disperser une manifestation, faisant six morts, dont plusieurs enfants et une femme enceinte. Le commandant local était un obscur général de 52 ans, père de cinq enfants, professeurs de géographie et auteur de plusieurs ouvrages sur des questions militaires. Il s’appelait Augusto Pinochet. Ce mythe de légalisme et bienveillance de cette armée de bouchers a été inventé dans l’intérêt de la bourgeoisie chilienne. L’Unité populaire l’a maintenu dans l’espoir de faire basculer en sa faveur la composition de la classe des cadres supérieurs. Salvador Allende se sentait toutefois plus en sécurité parmi les Carabiniers, un corps armé d’origine populaire et paysanne placé sous le commandement direct du président de la République. De fait, seuls les officiers les plus anciens des Carabiniers soutinrent le coup d’État. Les jeunes officiers, eux, se retranchèrent à l’École de sous-officiers de Santiago et résistèrent pendant quatre jours, jusqu’à ce qu’ils furent écrasés sous les bombes lancées des avions.


Il ne restera au Chili aucune trace des conditions politiques et sociales qui ont rendu possible l’Unité populaire. Quatre mois après le putsch, le bilan était atroce : près de 20 mille personnes assassinées, 30 mille prisonniers politiques soumis à de sauvages tortures, 25 mille étudiants expulsés et plus de 200 mille ouvriers licenciés. Mais le plus dur n’était pas encore fini.


La véritable mort d’un président


L’heure de la bataille finale avait sonné. Le pays était à la merci des forces déchaînées par la subversion. Salvador Allende s’accrochait à la légalité. La contradiction la plus dramatique de sa vie fut d’être un farouche ennemi de la violence, tout en étant un révolutionnaire passionné. Il pensait d’ailleurs avoir résolu le dilemme par l’hypothèse selon laquelle les conditions du Chili permettaient une évolution pacifique vers le socialisme, dans le cadre de la légalité bourgeoise. L’expérience lui apprit, trop tard, qu’on ne change pas un système avec un gouvernement, mais avec le pouvoir.


Cette leçon tardive a dû être la force qui l’a poussé à résister jusqu’à la mort dans les décombres en feu d’une maison qui n’était même pas la sienne, un palais sombre, construit par un architecte italien pour être une fabrique d’argent et qui a fini en refuge d’un président sans pouvoir. Salvador Allende résista six heures durant, une mitraillette à la main, cadeau de Fidel Castro et qui fut la seule et unique arme à feu qu’il utilisa jamais. Le journaliste Augusto Olivares, qui résista avec le président jusqu’à la fin, fut touché à plusieurs reprises et mourut exsangue à l’Assistance publique.


Vers quatre heures de l’après-midi, le général de division Javier Palacios parvint au deuxième étage, accompagné de son aide de camp, le capitaine Gallardo, et d’un groupe d’officiers. C’est là, au milieu des faux sièges Louis XV, des vases chinois peints de dragons et des tableaux de Rugendas du Salon Rouge, que Salvador Allende les attendait. Il portait un casque de mineur et était en manches de chemise, sans cravate. Ses vêtements étaient tachés de sang. Il tenait sa mitraillette à la main.


Allende connaissait bien le général Palacios. Quelques jours plus tôt, il avait dit à Augusto Olivares qu’il s’agissait d’un homme dangereux ayant des contacts étroits avec l’ambassade des États-Unis. Dès qu’il l’aperçut au détour de l’escalier, Allende l’invectiva : « Traître ! », et le blessa à la main. Allende mourut dans un échange de coups de feu avec cette patrouille. Ensuite, tel un rite de caste, tous les officiers ouvrirent le feu sur le cadavre. Finalement, un sous-officier lui détruisit le visage d’un coup de crosse. Le cliché existe : il a été pris par le photographe Juan Enrique Lira, du journal El Mercurio, le seul qui fut autorisé à photographier le cadavre. Il était tellement défiguré qu’on montra le corps dans le cercueil à Hortensia Allende, son épouse, mais sans lui permettre d’en découvrir le visage. En juillet, il avait eu 64 ans. C’était un Lion parfait : tenace, décidé et imprévisible. Ce que pense Allende, seul Allende le sait, m’avait dit un de ses ministres. Il aimait la vie. Il aimait les fleurs et les chiens. Il était d’une galanterie un peu à l’ancienne, faite de billets doux parfumés et de rencontres furtives. Sa plus grande vertu fut d’être conséquent, mais le destin lui réserva la grandeur rare et tragique de mourir en défendant par les balles le machin anachronique du droit bourgeois ; en défendant une Cour suprême de justice qui l’avait répudié mais devait légitimer ses assassins ; en défendant un Congrès misérable qui l’avait déclaré illégitime mais devait se plier, reconnaissant, à la volonté des usurpateurs ; en défendant la liberté des partis de l’opposition qui avaient vendu leur âme au fascisme ; en défendant tout l’appareil miteux d’un système de merde qu’il s’était lui-même proposé d’annihiler sans tirer un coup de feu. Ce drame a eu lieu au Chili, pour le plus grand mal des Chiliens, mais il passera à l’Histoire comme un événement qui nous est arrivé, sans coup férir, à tous les hommes de cette époque, pour rester gravé dans nos vie à jamais.

Source : Rebelion (www.rebelion.org), 2002.

Traduction : Gil B. Lahout, pour le RISAL

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 09:35

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Wayne S. Smith, dernier ambassadeur américain à Cuba, en train de feuilleter "Etat de siège".

Nouveau livre de Salim Lamrani : Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba

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