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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 21:47

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Détail des moyens engagés par la coalition internationale contre la Libye

Cliquez sur l'image pour lire l'article sur Tlaxcala

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 21:32

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Por Guillermo Alvarado Radio Havane Cuba

Alors que le monde suit avec attention et crainte, la situation dans la centrale japonaise de Fukushima, où le danger d’un désastre nucléaire est encore latent, très peu de gens sont soucieux, peut être parce qu’ils l’ignorent, qu’en Libye, l’OTAN, avec les États-Unis à la tête, utilise des bombes à l’uranium appauvri, capables d’émettre des radiations et de contaminer durant longtemps la zone où elles font explosion.

L’uranium appauvri est une substance qui résulte du traitement de l’uranium. Le mot “appauvri” ne veut en rien dire inoffensif. Bien au contraire, il s’agit d’une substance ayant un potentiel nocif très élevé et permanent.

Les “génies” qui se consacrent à la fabrication de ces engins pour tuer, adorent l’utiliser car à cause de sa densité très élevée, supérieure à celle du Plomb, lorsque il est utilisé dans les bombes ou d’autres projectiles, ceux-ci peuvent traverser les blindés, les murs des refuges et des édifices, militaires et civils.

Lorsque l’explosion a lieu, une chaleur intense de quelque 10 000 degrés est générée et l’uranium appauvri se transforme en un gaz très toxique qui peut être traîné par le vent à longues distances. Une fois inhalées les particules, elles restent dans l’organisme et provoquent divers types de cancer, des maladies immunologiques, rénales, neurologiques ou des dermatites.

Un exemple des dommages causés par ces armes, qui par erreur, ne figurent pas parmi les armes nucléaires, on peut le trouver dans la ville irakienne de Fallujah, où après les bombardements étasuniens, les cas de cancer chez les enfants se sont multipliés, tout comme le nombre de nouveaux nés avec des malformations congénitales.

Ceux qui pourront se laisser convaincre facilement par le nom de ce matériel, devraient savoir que l’uranium appauvri conserve 60% de radioactivité par rapport au naturel, c’est à dire, plus de la moitié. Du point de vue technique son comportement est similaire.

La déclaration finale de la Conférence Internationale sur l’Uranium appauvri, qui a été célébrée à Gijón, en Espagne en novembre 2000, souligne que les Etats-Unis fabriquent au moins depuis 50 ans des munitions avec couverture de cette substance et en disposent d’un demi million.

Pour alléger les coûts de stockage, le Pentagone et le Département de l’Energie, livrent gratuitement l’uranium appauvri aux fabricants d’armes. Le document explique que cet élément radioactif peut durer environ 4 milliards et demi d’années, de telle sorte qu’il s’agit d’armes qui continueront à tuer pendant des milliers de générations.

Voici donc la “mission humanitaire” que les gouvernements des États-Unis, de la Grande Bretagne et de la France ont déclenchée contre le peuple libyen.

Peu importe en réalité si le leader Mouammar El Kadhafi reste ou quitte le pouvoir. Le sol libyen est semé de matériel radioactif hautement dangereux. Nul ne peut avancer comme prétexte pour ne rien faire, qu’il l’ignorait.

Un rapport de l’armée étasunienne, datant de 1995 souligne textuellement: “si l’uranium appauvri pénètre dans le corps humain, il a la potentialité de provoquer de graves conséquences médicales. Le risque associé est aussi bien chimique que radiologique”

Dites vous chers amis, quelle est la principale menace pour le peuple libyen: El Kadhafi ou l’OTAN ?

 


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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 13:38

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L’uranium appauvri devient néfaste quand il se transforme en poussière ingérée ou inhalée, il est alors plus dangereux qu’aucune toxine connue de la science des hommes. "

PR A. DURAKOVIC, Directeur du département de Médecine nucléaire à l’Université Georgetown de New York et expert auprès du Pentagone

 

A lire en complément : ARMES A L’URANIUM APPAUVRI : 20 ANS APRES, OU EN EST-ON? Par Joëlle Pénochet

 

A lire ou relire : Le Cauchemar : les atrocités de l’invasion en Irak L’exhumation de l’inconcevable

Avec le Sirocco, l’uranium appauvri protège-t-il les civils Libyens et Européens ?

 

Les Romains ont donné des noms aux vents de la Méditerranée. Le Sirocco [1] est celui du SE qui vient de la Libye. Quand en Europe on découvre sa voiture, sa terrasse ou des vêtements couverts d’une poussière rouge/ocre, le coupable est le Sirocco et il sera aussi responsable de déposer en Europe les particules d’uranium appauvri avec lequel la Libye est bombardée aujourd’hui. Pour protéger les civils et sauver des vies humaines en Libye, dit-on. Et d’oublier les dommages collatéraux en Europe, dommage !
El Correo

« Les missiles qui portent des pointes dotées d’uranium appauvri correspondent à la perfection à la description d’une bombe sale … Je dirai que c’est l’arme parfaite pour assassiner un paquet de gens. » Marion Falk, experte en physique-chimique à la retraite, du Laboratoire Lawrence Livermore, Californie, Etats-Unis.

Les premières vingt-quatre heures de l’attaque contre la Libye, les B-2 des Etats-Unis ont jeté 45 bombes de 2.000 livres chacune [un peu moins de 1.000 kilos]. Ces énormes bombes avec les missiles Cruise lancés depuis des avions et des bateaux britanniques et français, contenaient des ogives d’uranium appauvri.

L’uranium appauvri est le produit de déchet du processus d’enrichissement de l’uranium. Il est utilisé dans les armes et les réacteurs nucléaires. Parce que c’est une substance très lourde, 1,7 fois plus dense que le plomb, elle est très appréciée par l’armée pour sa capacité à transpercer des véhicules blindés et des édifices. Quand une arme qui porte une pointe d’uranium appauvri frappe un objet solide, comme la paroi d’un char, elle pénètre à travers lui et après explose en formant un nuage incandescent de vapeur. La vapeur se dépose comme poussière, une poussière qui est pas seulement vénéneuse, aussi radioactive.

Un missile avec de l’uranium appauvri au moment de l’impact brûle à 10.000ºC. Quand il atteint un objectif, 30 % sont fragmentés en mitraille. Les 70 % restant s’évaporent en trois oxydes hautement toxiques, dont l’oxyde d’uranium. Cette poussière noire reste suspendue dans l’air, et selon le vent et la climatologie, peut voyager sur de grandes distances. Si vous pensez que l’Irak et la Libye sont très loin, rappelez-vous que la radiation de Chernobyl est arrivée jusqu’au pays de Galles.

C’est très facile d’inhaler des particules de moins de 5 microns de diamètre qui peuvent rester dans les poumons ou dans d’autres organes pendant des années. Cet uranium appauvri inhalé peut causer des dommages rénaux, des cancers du poumon et des os, des problèmes de peau, des troubles neurocognitifs, des anomalies chromosomiques, des syndromes d’immunodéficience et d’étranges maladies rénales et intestinales. Les femmes enceintes qui se trouvent exposées à l’uranium appauvri peuvent mettre au monde des bébés ayant des malformations. Dès que la poussière se vaporise, on ne peut pas espérer que le problème puisse disparaître de si tôt. Comme émetteur de particules alpha, l’Uranium Appauvri a une vie moyenne de 4.500 millions d’années.

Sous la doctrine militaire US « Shock and awe » (« Choc et effroi ») appliquée dans l’attaque contre l’Irak, seulement 1.500 bombes et missiles ont jetés sur Bagdad. Seymour Hersh a affirmé que la seule la « US Third Marine Aircraft Wing » (Troisième division aéroportée de la Marine des Etats-Unis) a jeté plus de « cinq cent mille tonnes de munition ». Et tout cela portait des pointes d’uranium appauvri.

Al Jazeera a informé que les forces d’invasion étasuniennes ont lancé 200 tonnes de matériel radioactif contre des édifices, des maisons, des rues et des jardins de Bagdad. Un journaliste du Christian Science Monitor a emmené avec lui un compteur Geiger jusqu’aux zones de la ville qui avaient subi une sérieuse pluie d’artillerie des troupes étasuniennes. Et il a trouvé des niveaux de radiation de 1.000 à 1.900 fois supérieur à la normale dans ces zones résidentielles. Avec une population de 26 millions d’habitants, cela signifie que les Etats-Unis ont jeté une bombe d’une tonne pour 52 citoyens irakiens, c’est-à-dire environ 20 kilos d’explosif par personne.

William Hague [ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni] a dit que nous allions en Libye « pour protéger des civils et des zones habitées par des civils ». Vous n’avez pas à regarder très loin pour voir qui et quoi se « protège ».

Dans les premières 24 heures, « les Forces Alliées ont dépensé » 100 millions de livres sterling en munitions dotées de pointe à uranium appauvri. Un rapport sur le contrôle de l’armement réalisé par l’Union Européenne affirmait que ses états membres ont signé un accord en 2009 pour l’autorisation de la vente d’armes et de systèmes d’armement à la Libye pour une valeur de 333.657 millions d’euros. La Grande-Bretagne a accordé des autorisations aux entreprises d’armement pour la vente d’armes à la Libye pour montant de 24.700 millions d’euros et le Colonel Kadhafi a aussi payé pour qu’on envoie les SAS [Service Spécial Aérien] pour entraîner en anglais sa 32e Brigade.

Je parie que dans les prochaines 4.500 millions d’années, William Hague ne va pas partir en vacances en Afrique du Nord.

David Wilson Stop the War CoalitionStop the War Coalition, 24 mars 2011.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par  : Estelle et Carlos Debiasi

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:46

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La coalition prépare un plan d'opérations au sol en Libye, qui pourrait commencer à la fin avril, a rapporté mercredi RIA Novosti d'une source haut placée dans les services de renseignement russes.

. "Selon l'information provenant de différents canaux, les pays de l'OTAN, avec la participation plus active des États-Unis et de la Grande-Bretagne élaborent un plan pour lancer des opérations au sol sur le territoire de la Libye.  Vraisemblablement, une telle opération ne peut commencer que si la coalition ne parvient pas à démettre le régime de Kadhafi par les bombardements aériens et les attaques de missiles ", a déclaré l'interlocuteur de l'Agence.

"Les opérations au sol pourrait débuter à la fin avril - début mai», a précisé.

. La veille on a appris que les États-Unis ont commencé à déplacer plus de quatre mille marins et les Marines de la Méditerranée pour soutenir l'opération "Aube de l' Odyssey".

. Les troupes du groupe opérationnel amphibie Bataan engagé à disposition et prêt au combat , et 22 corps expéditionnaires de Marines de la Marine américaine se déplace vers la Méditéranée à bord des navires amphibies des villes de Norfolk et  de Little Creek, en Virginie.

  Au cours des 24 dernières heures, les forces de la coalition ont mené 153 vols de combat,et tiré 16 missiles de croisière Tomahawk et quatre bombes  contre l'artillerie, le corps mécanisé et l'infrastructure de commandement des troupes fidèles au colonel Kadhafi.

. Le 17 Mars le Conseil de sécurité a adopté une résolution autorisant d'imposer une zone d'exclusion aérienne sur la Libye et  prévu la possibilité d'une opération militaire à l'étranger pour défendre la population contre les forces de Mouammar Kadhafi. La operación “Odisea del amanecer”, en que participan 13 países, incluidos Gran Bretaña, Francia, EEUU, Canadá, Bélgica, Italia, España y Dinamarca, comenzó el 19 de marzo.

(Con información de Ria Novosti) (Avec des informations de Ria Novosti)

Source : Cubadebate

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:40

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Comment les médias occidentaux ont-ils couvert les diverses guerres qui ont suivi la première guerre du Golfe ? Peut-on dresser des constats communs ? Existe-t-il des règles incontournables de la « propagande de guerre » ? Oui.

 

1. Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés.
2. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand médiamensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire particulièrement en ressassant des images d’atrocités.
3. Pas d’Histoire ! Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux attisés, voire provoqués par les grandes puissances elles-mêmes.
4. Organiser l’amnésie. Eviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant.



Règle n° 1. Cacher les intérêts.
La règle la plus fondamentale de la propagande de guerre, c’est de cacher que ces guerres sont menées pour des intérêts économiques bien précis, ceux des multinationales. Qu’il s’agisse de contrôler les matières premières stratégiques ou les routes du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse d’ouvrir les marchés et de briser les Etats trop indépendants, qu’il s’agisse de détruire tout pays pouvant représenter une alternative au système, les guerres sont toujours économiques en définitive. Jamais humanitaires. Pourtant, à chaque fois, c’est le contraire qu’on raconte à l’opinion.


La première guerre contre l’Irak a été présentée à l’époque comme une guerre pour faire respecter le droit international. Alors que les véritables objectifs, exprimés dans divers documents – même pas internes – du régime US étaient :

1. Abattre un régime qui appelait les pays arabes à s’unir pour résister à Israël et aux Etats-Unis.
2. Garder le contrôle sur l’ensemble du pétrole du Moyen-Orient.
3. Installer des bases militaires dans une Arabie saoudite déjà réticente. Il est très instructif, et cocasse, de relire aujourd’hui les nobles déclarations faites à l’époque par la presse européenne européenne sur les nobles motivations de la première guerre du Golfe.

De tout cela, zéro bilan.


Les diverses guerres contre la Yougoslavie ont été présentées comme des guerres humanitaires. Alors que, selon leurs propres documents, que chacun pouvait consulter, les puissances occidentales avaient décidé d’abattre une économie trop indépendante face aux multinationales, avec d’importants droits sociaux pour les travailleurs. Le vrai but était de contrôler les routes stratégiques des Balkans (le Danube et les pipe-lines en projet), d’installer des bases militaires (donc de soumettre la forte armée yougoslave) et de coloniser économiquement ce pays. Actuellement, de nombreuses informations sur place confirment une colonisation éhontée par les multinationales dont US Steel, le pillage des richesses du pays, la misère croissante qui s’ensuit pour la population. Mais tout cela reste soigneusement caché à l’opinion internationale. Tout comme les souffrances des populations dans les divers autres pays recolonisés.


L’invasion de l’Afghanistan a été présentée comme une lutte anti-terroriste, puis comme une lutte d’émancipation démocratique et sociale. Alors que, là aussi, des documents US parfaitement consultables révélaient de quoi il s’agissait. 1. Construire un pipe-line stratégique permettant de contrôler l’approvisionnement de tout le sud de l’Asie, continent décisif pour la guerre économique du 21ème siècle. 2. Etablir des bases militaires US au centre de l’Asie. 3. Affaiblir tous les « rivaux » possibles sur ce continent - la Russie, l’Iran et surtout la Chine - et les empêcher de s’allier.
On pourrait analyser pareillement comment on nous cache soigneusement les véritables enjeux économiques et stratégiques des guerres en cours ou à venir : Colombie, Congo, Cuba, Corée... Bref, le tabou fondamental des médias, c’est l’interdiction de montrer que chaque guerre sert toujours des multinationales bien précises. Que la guerre est la conséquence d’un système économique qui impose littéralement aux multinationales de dominer le monde et de le piller pour empêcher ses rivaux de le faire.



Règle N°2. Diaboliser.
Chaque grande guerre commence par un grand médiamensonge qui sert à faire basculer l’opinion pour qu’elle se range derrière ses gouvernants.


- En 1965, les Etats-Unis déclenchent la guerre du Vietnam en inventant de toutes pièces une attaque vietnamienne contre deux de leurs navires (incident « de la baie du Tonkin »).


- Contre Grenade, en 83, ils inventent une menace terroriste (déjà !) qui viserait les USA.


- La première agression contre l’Irak, en 1991, est « justifiée » par un prétendu vol de couveuses dans une maternité de Koweït City. Médiamensonge fabriqué de toutes pièces par la firme US de relations publiques Hill & Knowlton.


- De même, l’intervention de l’Otan en Bosnie (95) sera « justifiée » par des récits truqués de « camps d’extermination » et des bombardements de civils à Sarajevo, attribués aux Serbes. Les enquêtes ultérieures (tenues secrètes) montreront pourtant que les auteurs étaient en fait les propres alliés de l’Otan.


- Début 99, l’attaque contre la Yougoslavie sera « justifiée » par une autre mise en scène : un prétendu « massacre de civils » à Racak (Kosovo). En réalité, un combat entre deux armées, provoqué par les séparatistes de l’UCK. Ceux que les responsables US qualifiaient de « terroristes » au début 98 et de « combattants de la liberté » quelques mois plus tard.


- La guerre contre l’Afghanistan ? Plus fort encore, avec les attentats du 11 septembre. Sur lesquels toute enquête sérieuse et indépendante sera étouffée, pendant que les faucons de l’administration Bush se précipiteront pour faire passer des plans d’agression, préparés depuis longtemps, contre l’Afghanistan, l’Irak et quelques autres.


Chaque grande guerre commence par un médiamensonge de ce type : des images atroces prouvant que l’adversaire est un monstre et que nous devons intervenir pour une « juste cause ».
Pour qu’un tel médiamensonge fonctionne bien, plusieurs conditions sont nécessaires : 1. Des images épouvantables. Truquées si nécessaire. 2. Les marteler plusieurs jours, puis prolonger par des rappels fréquents. 3. Monopoliser les médias, exclure la version de l’autre camp. 4. Ecarter les critiques, en tout cas jusqu’au moment où il sera trop tard. 5. Qualifier de « complices », voire de « révisionnistes » ceux qui mettent en doute ces médiamensonges.



Règle N° 3. Pas d’Histoire !
Dans tous les grands conflits de ces dernières années, les médias occidentaux ont caché à l’opinion les données historiques et géographiques essentielles pour comprendre la situation des régions stratégiques concernées.


En 1990, on nous présente l’occupation du Koweït par l’Irak (qu’il ne s’agit pas ici de justifier ou d’analyser) comme une « invasion étrangère ». On « oublie » de dire que le Koweït avait toujours été une province de l’Irak, qu’il en a été séparé en 1916 seulement par les colonialistes britanniques dans le but explicite d’affaiblir l’Irak et de garder le contrôle de la région, qu’aucun pays arabe n’a jamais reconnu cette « indépendance », et enfin que le Koweït est juste une marionnette permettant aux Etats-Unis de confisquer les revenus du pétrole.


En 1991, en Yougoslavie, on nous présente comme de gentils démocrates « victimes » deux dirigeants extrémistes, racistes et provocateurs, que l’Allemagne a armés avant la guerre : le Croate Franjo Tudjman et le Bosniaque Alia Izetbegovic. En cachant qu’ils renouent avec le plus sinistre passé de la Yougoslavie : le génocide anti-serbe, anti-juif et anti-rom de 41-45. On présente aussi les populations serbes de Bosnie comme des envahisseurs alors qu’elles y vivaient depuis des siècles.


En 1993, on nous présente l’intervention occidentale en Somalie comme « humanitaire » en cachant soigneusement que des sociétés US ont acheté le sous-sol pétrolifère de ce pays. Et que Washington entend contrôler cette région stratégique de la « Corne de l’Afrique » ainsi que les routes de l’Océan Indien.


En 1994, on nous présente le génocide rwandais en faisant silence sur l’histoire de la colonisation belge et française. Laquelle avait délibérément organisé le racisme entre Hutus et Tutsis pour mieux les diviser.


En 1999, on nous présente le Kosovo comme une terre envahie par les Serbes. On nous parle de « 90% d’Albanais, 10% de Serbes ». Passant sous silence la forte diminution du nombre des Serbes lors du génocide commis dans cette province durant la Seconde Guerre mondiale, puis durant l’administration albanaise de la province (années 80). On escamote aussi l’existence au Kosovo de nombreuses minorités (Roms, Juifs, Turcs, Musulmans, Gorans, etc...). Minorités dont « nos amis » de l’UCK avaient programmé le nettoyage ethnique, qu’ils réalisent aujourd’hui sous les yeux et avec la bénédiction de l’Otan.


En 2001, on crie haro sur les talibans, régime certes peu défendable. Mais qui les a amenés au pouvoir ? Qui les a protégés des critiques des organisations des droits de l’homme afin de pouvoir construire avec eux un juteux pipeline transcontinental ? Et surtout, au départ, qui a utilisé le terrorisme de Ben Laden pour renverser le seul gouvernement progressiste qui avait émancipé la paysannerie et les femmes ? Qui a ainsi rétabli la pire terreur fanatique en Afghanistan ? Qui, sinon les Etats-Unis ? De tout ceci, le public ne sera guère informé. Ou trop tard.


La règle est simple. Occulter le passé permet d’empêcher le public de comprendre l’histoire des problèmes locaux. Et permet de diaboliser à sa guise un des protagonistes. Comme par hasard, toujours celui qui résiste aux visées néocoloniales des grandes puissances.



Règle N° 4. Organiser l’amnésie.


Lorsqu’une grande puissance occidentale prépare ou déclenche une guerre, ne serait-ce pas le moment de rappeler les grands médiamensonges des guerres précédentes ? D’apprendre à déchiffrer les informations transmises par des états-majors ô combien intéressés ? Cela s’est-il produit à l’occasion des diverses guerres des années 90 ? Jamais. A chaque fois, la nouvelle guerre devient la « guerre juste », plus blanche encore que les précédentes, et ce n’est pas le moment de semer le doute.


Les débats seront pour plus tard. Ou jamais ? Un cas flagrant : récemment, un super-menteur a été pris la main dans le sac, en flagrant délit de médiamensonge. Alastair Campbell, chef de la « communication » de Tony Blair, a dû démissionner quand la BBC a révélé qu’il avait truqué les informations sur les prétendues armes de destruction massive. Ceci a-t-il provoqué un débat sur les précédents exploits du dit Campbell ? N’aurait-il pas été intéressant d’expliquer que toute notre information sur le Kosovo avait été concoctée par ce même Campbell ? Que cela méritait certainement un bilan et une réévaluation de l’information donnée sur la guerre contre la Yougoslavie ? Il n’en a rien été.


Source : michelcollon.info

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:34

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"la Libye était sur la liste officielle du Pentagone pour être dominée après l’Irak, avec la Syrie et le joyau de la couronne : l’Iran" - Wesley Clark, commandant suprême de l’OTAN.

Le petit groupe de pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU vient d’approuver une résolution qui autorise une zone d’exclusion aérienne contre la Libye et inclut « toutes les mesures nécessaires » pour, évidemment, attaquer ce pays.

Cela ne doit pas nous surprendre car Fidel Castro nous avait mis en garde dans l’une de ses réflexions : « La guerre inévitable de l’OTAN », dont le contenu prend aujourd’hui une plus grande importance pour ceux qui sont en charge de la politique internationale actuelle ou qui l’observent. Cependant, les Français et les Britanniques ont poursuivi et dirigé l’agression contre la Libye en une bataille sans limites parce que le Conseil de Sécurité de l’ONU qui, nous le savons, a compté depuis le début sur le soutien inconditionnel de certaines puissances occidentales décidées à abattre le président Muhammar Kadhafi, s’était prononcé avant que les autorités libyennes aient résolu leur situation intérieure complexe.

Le document – qui a reçu l’approbation de 10 pays (Grande Bretagne, France, Etats-Unis, Liban, Colombie, Nigeria, Portugal, Bosnie-Herzégovine, Afrique du Sud et Gabon), aucun vote contre et 5 abstentions (Russie, Chine, Inde, Brésil et Allemagne) – établit que les états membres de l’ONU peuvent prendre « toutes les mesures nécessaires » contre la Libye dans une logique de guerre ouverte et, semble-t-il, sans s’arrêter sur les conséquences imprévisibles d’un conflit dans cette région en crise.

Quelques secteurs arabes estiment dès maintenant que déclencher une agression contre la Libye pourrait ouvrir la porte, dans tout le monde arabe, à un mouvement de résistance qui rende réel le dicton très connu dans les secteurs populaires de ces sociétés : « Je survivrai à mes bourreaux ».

Le forte solidarité de trois pays occidentaux pour réussir à obtenir le feu vert du Conseil de Sécurité contre la Libye a été bien mise en évidence car, selon ce qu’affirme l’agence AFP, après l’obtention du vote favorable, le président étasunien Barack Obama a parlé avec le président français Nicolas Sarkozy et avec le premier ministre britannique David Cameron pour coordonner la stratégie militaire et les sanctions diplomatiques contre la Libye comme si celles déjà appliquées jusqu’à présent étaient négligeables.

La même dépêche de l’AFP rapporte que « les présidents se sont entendus pour imposer immédiatement à la Libye tous les termes de la résolution » et que « l’OTAN a convoqué les représentants des 28 pays membres pour examiner leur mise en œuvre », ce qui avait été prévu par Fidel. Mais ils l’ont fait avec le consentement du Conseil de Sécurité de l’ONU pour donner une apparence de légalité à ce qui est, en réalité, un acte contre la diplomatie internationale et un attentat contre la possibilité qu’ont les états de chercher une solution à leurs conflits par la voie pacifique et la négociation.

L’impatience à faire approuver un acte de guerre au Conseil de Sécurité a mis en évidence les opinions des états membres de l’Assemblée Générale de l’ONU qui s’opposent à un conflit guerrier de l’OTAN contre la Libye. La sociologue française bien connue Danielle Bleitrach, dans un article publié sur sa page de Facebook, a souligné que « l’activisme de la France a obéi aux ordres des Etats-Unis et constitue « un triomphe » pour la diplomatie française » qui ne peut s’analyser isolé du panorama électoral compliqué pour l’élite politique française à la veille des élections cantonales des 20 et 27 mars et de la campagne électorale en marche vers les présidentielles de 2012 car l’action internationale dans le contexte de ces deux élections est utile et nécessaire à certains acteurs de la politique française.

Bleitrach pense aussi qu’une attaque militaire contre la Libye n’est pas seulement un coup contre la rébellion des peuples arabes mais un chemin dangereux qui montre la voie vers la continuation des aventures militaires de l’OTAN contre d’autres pays et d’autres gouvernements qui ne sont pas fréquentables pour le bloc des puissances impérialistes, et elle mentionne le cas de l’Iran.

La chercheuse affirme que le bellicisme de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU est également de la responsabilité des partis de gauche et des forces communistes qui n’ont pas alerté ou mobilisé le peuple français contre la spirale guerrière démente dans laquelle on essaie de l’envelopper en ce moment d’échec en Afghanistan et où les médias montent en épingle la progression électorale de l’extrême droite représentée par le Front National.

Cette lamentable histoire démontre que nous vivons encore l’époque de la politique de « changement de régime » inaugurée par George W. Bush et qui persiste dans les secteurs du pouvoir aux Etats-Unis et de leurs alliés inconditionnels européens, conception ébauchée par le commandant suprême de l’OTAN Wesley Clark qui avait signalé voilà une paire d’années que « la Libye était sur la liste officielle du Pentagone pour être dominée après l’Irak, avec la Syrie et le joyau de la couronne : l’Iran ».

Pendant que tout ceci s’ébauche dans une quasi certitude, je suis attentivement le contenu de la réflexion de Fidel Castro intitulée « La guerre inévitable de l’OTAN » pour mettre dans le mille des motivations et des causes réelles d’un nouveau conflit impérialiste au XXI° Siècle.

(traduction Gaston Lopez)

URL de cet article 13203
http://www.legrandsoir.info/L-irresponsabilite-politique-d-une-guerre-contre-la-Libye.htm

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 00:39

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par Juan Gelman *

Le processus qui a débouché sur le bombardement de la Libye est curieux. La Maison Blanche a beaucoup hésité avant de donner son autorisation : elle a expliqué qu’elle attendait une résolution du Conseil de Sécurité, et l’approbation de la Ligue Arabe. Qu’elle a mis au clair après, quand plusieurs sénateurs se sont plaints qu’on ait tardé à agir. On peut se demander la raison de ce retard : on attendait la contre-offensive de Khadafi pour que que les deux parties s’affaiblissent au maximum, ouvrant ainsi la possibilité d’installer un gouvernement si aux ordres des Etats-Unis comme celui de l’Arabie Saoudite ?

Le chef du Pentagone, Robert Gates, et le contre-amiral William Gortney déclaraient que Khadafi ne fait pas de partie de la « liste d’objectifs » et que le tuer ne figure pas dans l’ordre de l’ONU, tandis que le secrétaire de Défense britannique, Liam Fox, réitérait que le dictateur libyen était un « blanc légitime ». Le président Obama a dit que l’intervention militaire étasunienne obéissait « à une disposition internationale » et que la participation de son pays serait limitée, bien qu’il n’éclaircît pas ses objectifs. La résolution 1973 du Conseil de Sécurité autorise à arrêter « par tous les moyens » le massacre de civils déclenché par Khadafi, de manière que sa portée est, pour le moins, indéfinie. L’un de ces moyens serait-il l’invasion, comme en Iraq ?

Il est évident que les incursions aériennes n’annulent pas l’hypocrisie de l’autonommé « Roi de l’Afrique » : il a déclaré maintes fois le cessez le feu, mais a continué de combattre les insurgés [?]. La Ligue Arabe est mal à l’aise parce que depuis son point de vue, est établie une zone d’exclusion aérienne pour empêcher les morts de davantage de civils et non pour augmenter leur nombre avec les incursions. Ne se rappelaient ils pas les conséquences de mesures identiques appliquées à d’autres pays sans plus grands résultats politiques ? Les zones d’exclusion aérienne imposées il y a vingt ans n’ont pas renversé Saddam Hussein, bien qu’elles fussent étayées par les sanctions et les blocus économiques qui ont infligé un grave dommage au peuple irakien. La Ligue Arabe ignorait –elle que l’Occident a résolu l’impasse en envahissant l’Irak ? S’inquiète t-elle maintenant parce que l’appui mondial à l’ « Odyssée de l’Aube » n’est pas unanime et parce que, de plus, on met en question son rôle après avoir cautionné le bombardement d’une nation arabe ?

Si Khadafi n’est pas la cible et qu’on parle d’une solution avec le tyran dans le pouvoir, il n’est pas facile de comprendre le bombardement et la destruction de son palais dédié à la réception de dignitaires étrangers. La logique des guerres indique que celles-ci se gagnent par la terre, pas uniquement par air et(ou) par mer. Du point de vue militaire, le rapport de forces est défavorable à l’opposition libyenne, qui n’obtient pas l’appui suffisant de soldats et des officiers libyens et manque d’entraînement nécessaire pour combattre. Mais : à qui conviendrait une zone d’exclusion aérienne perpétuelle accompagnée de sanctions et une guerre civile nourrie par des armes d’Occident qui seulement aggraveraient la situation humanitaire ?

La Maison Blanche ne tempère pas son optimisme : les attaques dureraient « des jours, non des semaines », une opinion que Hilary Clinton vient d’adopter et qui n’est pas très partagée. Heather Huriburt, qui est à la tête du Réseau National de Sécurité, un groupe qui travaille pour la Maison Blanche, a pensé que le dénouement en Libye « ressemblera plus à celui du Kosovo qu’à celui de Bagdad » ( What is the Libya endgame ? //dyn.politico.com, 20-3-11). Le Kosovo : des mois et des mois, non des jours, de bombardements dévastateurs et le fait qu’ un an se soit écoulé entre la fin des massacres ordonnés par Slobodan Milosevic et sa destitution. « La fin n’est pas près », a ajouté Haliburt. La fin est le renversement de Khadafi et, en effet, ce n’est pas près.

Washington essaie de se débarrasser du commandement de l’opération, Obama ne veut certes pas apparaître comme l’agresseur d’un autre pays musulman, le troisième en une décennie, mais l’OTAN ne peut pas se charger du travail officiellement : L’Allemagne s’est abstenue au vote du Conseil de Sécurité, il a retiré toutes ses forces de la Méditerranée et a décidé de ne pas participer à la zone d’exclusion aérienne. La chancelière Angela Merkel a proposé en revanche un embargo général des hydrocarbures libyens, provoquant un froncement général de sourcils : les pays européens importent 85 % du pétrole libyen et l’Allemagne est approvisionnée par la Russie. Des géants du secteur comme la française Totale, l’italienne ENI, la britannique BP, le consortium Repsol et l’Etasunienne Chevron – entre autres – pompent le sol libyen.

La Libye est la nation pétrolière la plus importante d’Afrique, suivie par le Nigeria et l’Algérie : ses réserves d’or noir approchent de 3,5 % des réserves mondiales et doublent largement celles des Etats-Unis. L’intervention militaire couvre, sans doute, beaucoup plus que les soucis de la question humanitaire : si les Etats-Unis obtiennent l’hégémonie en Afrique du Nord, en affaiblissant l’influence française en particulier, et celle d’autres ex-puissances coloniales européennes dans tout le continent noir en général, ils s’approcheront encore plus de leur objectif stratégique de dominer la plupart des ressources de la planète. Un dessein décidément impérial.

* Poète argentin

Página 12 . Buenos Aires, le 24 mars 2011.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 00:21

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Poursuivant sa stratégie de subversion contre Cuba, le gouvernement des Etats-Unis met en oeuvre actuellement une variante de guerre cybernétique grâce à l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et des communications (NTCI)


 Par Deisy Francis Mexidor / redaccion@ahora.cu / Jeudi, 24 Mars 2011


Pour les stratèges étasuniens de la politique, il est évident que de nos jours celui qui aura la maîtrise de l’espace cybernétique sera assuré de l’hégémonie dans ce qu’ils considèrent comme le nouveau champ de bataille du 21e siècle.
Pour les stratèges du Pentagone, le Commando cybernétique est une unité spéciale de guerriers cybernétiques, capables de faire face à tout ce qui pourrait être considéré comme une menace.

Le fait qu’Arpanet, un réseau conçu par le Pentagone pour le transfert d’informations de ses institutions militaires et d’autres centres de recherches scientifiques, ait été le prédécesseur direct d’Internet n’est pas le fait du hasard. Cela met en évidence la relation étroite entre la Maison-Blanche et ce phénomène associé au développement des nouvelles technologies dans le domaine des communications.

Désormais pour un pays, selon les postulats actuels, il ne s’agit pas d’avoir une armée régulière composée des trois forces traditionnelles : mer, air et terre, mais de mettre sur pied une « quatrième armée », dont les armes parcourent l’espace virtuel de l’informatique et des télécommunications...

Pour signifier l’importance de cette question, le gouvernement des États-Unis a d’abord nommé Robert Elder jr., un général qui s’est toujours consacré à des questions d’Intelligence au sein des Forces armées, à la tête de cette « quatrième armée ».

Selon Elder « le changement culturel réside dans le fait que nous allons traiter Internet comme un champ de bataille ; nous allons nous y concentrer et lui donner la priorité pour des actions dans l’espace cybernétique et l’accompagner, si nécessaire, par des actions dans l’espace aérien et terrestre. Nous allons développer, avec les universités, des guerriers de l’espace cybernétique capables de réagir à toute menace vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept ».

Cette pensée résume toute une stratégie de gouvernement contenue dans un document tenu secret jusqu’en 2006 et signé en 2003 par le Secrétaire d’Etat de la Défense de l’époque, Donald Rumsfeld.

Barack Obama, le président élu grâce à Internet – il a conduit sa campagne électorale « monté » sur les réseaux sociaux – a prêté une attention toute particulière à cette question. En 2009, il officialise la doctrine de la guerre irrégulière.

Le 29 mai de cette année, lors d’une comparution publique, il a annoncé la création d’une nouvelle figure dans la hiérarchie de l’establishment : le « ciberzar », un poste réservé à Howard Schmidt, qui avait occupé, entre autres, le poste de chef de la sécurité chez Microsoft et également sur le portail de vente Ebay.

Des mois plus tard, en octobre, ledit Commando cybernétique du Pentagone est entré en action. Il est situé à Fort Meade, dans le Maryland, et à partir de 2010, Obama a nommé le général Keith Alexander, chef de l’Agence de Sécurité nationale (NSA, pour ses sigles en anglais), à la tête de cette force spéciale.

Le Commando cybernétique dispose d’un effectif d’environ 90 000 hommes et femmes qui travaillent sur ordinateur, et son objectif est très clair : développer des outils technologiques pour déclencher des attaques dévastatrices contre des « réseaux ennemis ». A ces fins, le Pentagone lui a attribué environ 90 000 millions de dollars l’année dernière.

En fait, le Département de la Défense, qui prend comme prétexte la sécurité cybernétique pour se lancer à fond dans la guerre cybernétique, déclare que plus de 100 organisations d’Intelligence étrangères attaquent « activement » les 15 000 réseaux du gouvernement des États-Unis qui intègrent environ sept millions d’ordinateurs.

La guerre cybernétique est un modèle de conflit qui est apparu sur la scène des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), offrant un contexte de guerre différent où l’intangibilité de l’espace cybernétique permet, justement, ce type d’attaques asymétriques, silencieuses, qui peuvent circuler camouflées dans un virus pendant des jours, jusqu’à parvenir au

« cerveau » d’un système informatique et l’endommager.

Par exemple, grâce à ces technologies on peut attaquer les serveurs qui contrôlent l’aviation sur une base aérienne : un procédé qui fut expérimenté en Irak avant de lancer le premier missile en mars 2003, au moment où les États-Unis et leurs alliés lançaient l’invasion et l’occupation de ce pays arabe.

Cette stratégie a été utilisée bien avant, lors de la Première guerre du Golfe (1990-1991), avec la vente d’imprimantes au gouvernement irakien, qui furent livrées avec des programmes infectés de virus : le jour dit, ils lancèrent un Trojan qui empêcha l’aviation de Saddam Hussein de décoller de la base.

Même si les théoriciens persistent à penser que « la technologie n’a pas d’idéologie », on ne peut nier cette réalité : ceux qui la conçoivent et qui la contrôlent en ont bien une, et un de leur objectif pourrait bien être la guerre cybernétique.

« Nous parlons de l’utilisation d’Internet, non seulement comme un outil « de », mais comme une arme « pour », précise Carlos del Porto, spécialiste du bureau d’informatisation du ministère de l’Informatique et des Communications de Cuba. »

LES CYBERMERCENAIRES


Contre Cuba et d’autres pays considérés comme des ennemis des Etats-Unis, une autre variante a été mise au point : la promotion d’une « blogosphère » qui, bien qu’elle se prétende « indépendante », est totalement subordonnée aux ordres et aux intérêts de Washington.

C’est justement sur ce thème que s’est tenue une conférence à l’Institut George W. Bush, au Texas, en avril 2010, où se « concoctèrent » des théories concernant l’utilisation des outils d’Internet et des NTCI pour soutenir le travail de ces cybermercenaires.

Des soulèvements et de grandes manifestations dans le monde ont été encouragés par l’intermédiaire de blogueurs et de réseaux sociaux comme Twitter et Facebook. Ainsi en 1999, la Yougoslavie a été le premier pays à subir une guerre cybernétique, « lorsque l’armée des États-Unis est intervenue directement dans les réseaux de courrier électronique de ce pays», précise Rosa Miriam Elizalde, journaliste et éditrice du site internet Cubadebate.


De même, les événements en Égypte, la manipulation des faits en Libye pour préparer et justifier une attaque contre ce pays africain, et la tentative avortée de promouvoir depuis l’étranger un soulèvement populaire à Cuba en utilisant le réseau social Facebook, ne sont que quelques exemples parmi les plus récents.

Il convient de rappeler que quelques jours avant la prise de pouvoir de George W. Bush en 2001, des représentants de l’espionnage étasunien, dont George Tenet, directeur de la CIA entre 1997 et 2004, et de hauts officiers de l’Agence d’Intelligence pour la Défense déclarèrent que notre pays représentait une « menace asymétrique » pour la sécurité nationale parce que celui-ci possédait la capacité de déclencher des attaques cybernétiques.

Il ne fait pas de doute que l’aile ultraconservatrice yankee commençait à échafauder de nouveaux prétextes et des scènes de confrontation pour calomnier la Révolution et favoriser ce que la politique de Washington n’a pas écarté concernant Cuba : une éventuelle agression militaire.

Cependant, ces hauts fonctionnaires ont passé sous silence qu’en juin 1995, l’Université nationale de la Défense des États-Unis a diplômé ses 16 premiers spécialistes en « guerre informatique », formés à l’utilisation des bienfaits des technologies des communications comme champ de bataille.

CUBA : SUBVERSION, WIKILEAKS ET INTERNET


Le 14 février 2006, Condoleezza Rice, qui précédait Hillary Clinton au Secrétariat d’État des États-Unis, a constitué un groupe de travail chargé de surveiller l’utilisation d’Internet en Chine, en Iran et à Cuba.

L’actuelle administration nord-américaine, sans s’écarter des principes qui sous-tendent cette stratégie, encourage aujourd’hui la doctrine dite du «smart power» (pouvoir intelligent ), ratifiée par Clinton dès son entrée en fonction.

« Il est nécessaire d’utiliser le pouvoir d’Internet contre les pays que les médias de communication étasuniens combattent, notamment en utilisant Facebook, Youtube, Flicker et Twitter », a-t-elle déclaré.

« Il s’agit donc, a commenté Carlos del Porto, de s’employer d’abord à subvertir l’ordre, les valeurs et la société, et c’est seulement si cela ne fonctionne pas que les Marines interviennent. »

Il est hors de doute que dans la subversion à Cuba, on utilise à fond les nouvelles technologies, en misant sur la « guerre cybernétique » et un « cybermercenariat », qu’on s’efforce en plus de soutenir en créant une infrastructure technologique sans contrôle légal.

Dans ce scénario de subversion, on cherche à renforcer les soi disant « blogueurs indépendants » afin de diaboliser Cuba aux yeux de l’opinion publique internationale, et de situer ces blogueurs dans un cyberespace qui représenterait le monde unique et réel d’où il est possible de parler et d’agir.

Dans le cas de Cuba, il existe un plan lié à un contexte historique particulier : dès le début, le blocus imposé par les États-Unis, a interdit à Cuba d’accéder au réseau international.

Cuba s’est donc vue refuser la possibilité d’obtenir les services, les logiciels, les outils technologiques et l’utilisation des câbles sous-marins dont elle est entourée… ce que taisent les détracteurs de l’île qui la présentent comme une adversaire d’Internet.

Sans mentionner les véritables causes du problème, ces nouveaux visages de la contre-révolution jouent le jeu de la stratégie de la subversion sur Internet en utilisant délibérément l’omission, la manipulation et le mensonge.

Ces blogueurs se sont taillés des espaces dans les soi-disant blogues contestataires sur les différentes plates-formes d’Internet et, grâce au soutien de l’étranger, se présentent comme les défenseurs de la liberté d’expression dans le cyberespace. Cela, tout en maintenant une relation permanente avec la Section des intérêts étasuniens et d’autres sièges diplomatiques accrédités à La Havane, particulièrement certaines ambassades européennes qu’ils fréquentent à titre personnel et où ils ont leurs entrées assidues.

Les textes que publient la plupart de ces blogueurs contre-révolutionnaires véhiculent l’image chaotique qu’ils veulent donner de Cuba et sont parfois traduits en 20 langues, bien plus que le site web de la Maison-Banche elle-même.

Ce n’est pas en vain que la SINA a montré une constante sollicitude à leur égard, comme le montrent les communications secrètes entre la SINA et le département d’État révélées par WikiLeaks

Selon ces messages, une étude réalisée par Jonathan Farrar, responsable actuel de la SINA, admet que la Maison Blanche mise sur les soi-disant « blogueurs indépendants »

D’autres révélations, datant de septembre 2009, font état du caractère servile et dépendant de ces cybermercenaires : Yoani Sanchez a demandé à Bisa Williams, qui était alors sous-secrétaire adjoint des Etats-Unis, pendant une visite à la Havane, l’accès aux divers services offerts sur Internet comme le paiement des achats par carte de crédit, la possibilité de recevoir des dons par cette voie grâce à l’utilisation du paiement électronique PayPal.

« Vous ne vous rendez pas compte que nous pourrions faire bien plus si nous pouvions acheter sur Internet avec une carte de crédit », s’est plainte la contre-révolutionnaire à ses maîtres.

Certains spécialistes affirment que plus de 1 300 éditeurs de medias internationaux ont ordre de suivre les messages sur Twitter et les mises à jour du blogue de la mercenaire. Fabriqué à l’étranger et conforme à la politique agressive contre notre pays, on lui consacre des milliers de dollars et d’euros.


Par ailleurs, ces cybermercenaires ont des relations avec des personnages louches dont les liens avec la CIA sont évidents, notamment Marc Wachtenheim, directeur du Programme Cuba de la Fondation panaméricaine de développement (FUPAD) jusqu’en 2010, dont on sait qu’il a réalisé plusieurs voyages à Cuba pendant lesquels il a contacté des éléments contre-révolutionnaires, surtout ceux de la « blogosphère indépendante ».

Wachtenheim a publié en avril un article intitulé La véritable révolution en Amérique latine dans lequel il montrait comment lnternet peut servir à « renverser des gouvernements » avec des plans explicites prenant en compte le cybermercenariat, qualifié de partie intégrante de ces « nouvelles générations latino-américaines » que Washington a dans sa ligne de mire.

Robert Guerra, un autre individu lié à la CIA et mentionné dans l’article Opération Surf, publié dans la série Les raisons de Cuba, pour son implication dans le projet d’introduire des antennes satellites à Cuba afin de créer des réseaux illégaux d’accès à Internet, a été identifié en juin 2008 comme « ami » de la blogueuse contre-révolutionnaire dans le site de la journaliste espagnole Rosa Jiménez Cano.

En octobre 2010, Guerra lui a demandé de l’aide, par le biais d’un message à @KatieS, pseudonyme sur Twitter de Katie Jacobs Stanton, membre de l’équipe Internet de Obama, parce que la cybermercenaire aurait eu des problèmes avec son compte sur ce réseau social.

Stanton est à la tête de la stratégie internationale des Etats-Unis sur Twitter. De plus, depuis l’an dernier, elle est conseillère spéciale du Bureau d’innovation du Département d’Etat. Curieusement, elle s’occupe aussi de développer des outils pour la recherche et le positionnement des blogs sur Google.

DES ALLIES A LA CARTE

Ces blogueurs sont des personnes qui, dans des interviews, ont exhorté à la révolte à Cuba, ils ont également incité à la violence et soutenu la Loi d’Ajustement Cubain. Ils justifient le blocus, nient que le secteur le plus réactionnaire de l’exil à Miami soit un ennemi du peuple cubain, prétendent aussi que l’affaire du terroriste Luis Posada Carriles est un rideau de fumée, et vont jusqu’à envisager le changement du système politique, comme en témoigne une interview accordée par la cybermercenaire Yoani Sanchez au chercheur français Salim Lamrani.

Ceux qui font la promotion de ces blogueurs contre-révolutionnaires ne ménagent pas leurs efforts pour faciliter et même encourager la remise de prix, non pas précisément pour les mérites littéraires des notes qu’ils publient, mais pour la position servile qu’ils exigent, comme par exemple les 500 000 dollars reçus par la mercenaire préférée de Washington au cours de ces trois dernières années.

C’est ainsi que le gouvernement des Etats-Unis paye les services de ses blogueurs fabriqués de toutes pièces, qu’ils tentent de présenter comme les nouveaux visages de ladite opposition du fait de l’absence de crédit et de l’usure d’une contre-révolution traditionnelle, dépourvue de la moindre reconnaissance au sein de la société cubaine.

Le 8 mars dernier, la secrétaire d’État, Hillary Clinton, a fait l’éloge de la contre-révolutionnaire en annonçant le prix Women of Courage (Femmes de courage), et elle a justifié le recours à la « technologie pour encourager un changement positif ».

Le peuple de Cuba, qui conserve bien fraîche sa mémoire historique, sait exactement que le « changement positif » en question n’est autre, pour Clinton, que le renversement de la Révolution et la tentative de nous annexer pour faire de nous une étoile de plus sur le drapeau étasunien.

Le jeudi 10 mars, deux jours après ce qui s’était passé à Washington, les hommages ont continué dans la résidence du Chef de la Section des Intérêts.

Mais le soutien ne vient pas seulement de la SINA et de la Secrétaire d’État. Obama en personne a répondu à un questionnaire envoyé par la cybermercenaire, et les réponses avaient été largement diffusées par les médias internationaux. Ce fait établi une connexion irréfutable et démontre l’usage que font l’empire et ses alliés de ces individus, alignés sur les plans d’agression contre l’île.

POUR UNE INFORMATION SOLIDAIRE

Cuba est plongée dans les nouvelles technologies auxquelles elle ne renoncera jamais. C’est une politique qui est suivie depuis les premières années du triomphe de la Révolution.

Le processus de transformations démarrait à peine qu’en 1961, on annonçait à Cuba une campagne d’alphabétisation dont le principal promoteur était le commandant en chef, Fidel Castro. Depuis ce moment-là, la porte de l’ignorance s’est fermée à Cuba et celle du développement de l’intelligence des Cubains a été ouverte.

Fidel, avec cette vision du futur qui le caractérise, avait prévu que notre avenir devait être celui d’hommes de sciences, et cette science ne pourra jamais être séparée de la conquête de nouvelles technologies.

Aujourd’hui, malgré la condition de notre pays, victime d’un blocus depuis plus de cinquante ans de la part de la principale puissance impérialiste, nous avons donné des leçons au monde dans des termes que même nos détracteurs ne pourront pas nier : des statistiques en matière de santé seulement comparables avec celles des pays industrialisés, plus d’un million de diplômés universitaires et des progrès en matière de biotechnologie, sont seulement trois exemples qui s’ajoutent à d’autres réalisations concrètes.

Actuellement, Cuba dispose de plus de 600 Clubs d’informatique junior ; on compte plus de 724 000 ordinateurs, 1,7 million d’utilisateurs d’Internet, 454 000 d’entre eux disposant de la liberté totale de naviguer, 136 pages web de médias cubains et plus de 200 blogs ont été créés dans l’île et sont gérés par des professionnels de diverses branches, qui doivent supporter les calomnies et les informations biaisées et mensongères des cybermercenaires.

Par ailleurs, Cuba assure la formation de quelque 8 900 étudiants à l’Université des Sciences Informatiques, dont 900 inscrits dans trois facultés régionales dans les départements de Granma, d’Artemisa et de Ciego de Avila.

Ce centre, rêvé un jour par Fidel, a déjà diplômé environ 6 492 étudiants. Tout un capital humain spécialisé, qui fait des recherches et qui fabrique des logiciels et des services informatiques pour satisfaire les besoins du pays et d’autres endroits de la planète, une manière de travailler pour arriver à ce monde meilleur auquel nous aspirons, auquel nous ne renonçons pas et qui devra s’édifier sur la base d’une société de l’information solidaire.

Tiré de Granma International

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 00:56

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Atilio BORON

Tout le monde se souvient de cette phrase par laquelle Bill Clinton terrassa G. Bush père au cours de la campagne présidentielle de 1992. On pourrait employer une expression similaire aujourd’hui : nombreux sont ceux qui pensent, au Brésil et hors du Brésil, qu’Obama est en visite pour vendre les F-16 états-uniens au lieu des Rafales du concurrent français et pour placer les entreprises US dans les futurs contrats mirobolants de l’industrie pétrolière brésilienne en plein boum. Une façon d’assurer un approvisionnement régulier et sûr pour satisfaire sa demande insatiable de combustible par des accords avec l’un des pays de l’hémisphère les plus stables, en tous cas bien plus que ces fournisseurs traditionnels du moyen-orient ou même d’Amérique latine. Le carnet d’affaires d’Obama comporte également l’intervention d’entreprises us dans la rénovation de l’infrastructure des transports et des communications du Brésil sans oublier des services de contrôle et sécurité nécessaires à la bonne tenue du Mondial de football (2014) comme des J.O. (2016). Ceux qui soulignent ses réalités n’oublient pas pour autant les problèmes bilatéraux qui affectent les relations commerciales. D’abord le protectionnisme persistant des usa et les difficultés qu’il occasionne aux exportations brésiliennes. Les relations sont donc loin d’être aussi harmonieuses qu’on peut souvent les décrire. De plus, le poids régional et international croissant du Brésil n’est pas vue d’un bon oeil par Washington. Sans l’appui du Brésil et de l’Argentine, l’Initiative bolivarienne pour en finir avec l’ALCA n’aurait pas réussi. Un Brésil puissant reste donc une gênant pour les projets impérialistes dans la région.

Quels sont donc les objectifs de la visite d’Obama dans la région ? Le contexte d’abord : depuis la prise de fonctions de Dilma Roussef, la maison blanche n’a cessé de déployer beaucoup d’énergie pour renforcer les relations bilatérales. Dix jours ne s’étaient pas écoulés pour la nouvelle présidente, qu’elle reçu la visite des sénateurs républicains John Mac Cain et Joh, Barrasso ; quelques semaines plus tard, c’est le Secrétaire au Trésor, Timothy Geithner qui frappait à sa porte pour la rencontrer. L’intérêt des visiteurs fort aiguisé par le changement de président était multiplié par un signal plein de promesses de Brasilia qui par la voix de sa nouvelle présidente disait reconsidérer l’achat des 36 avions de combat de Dassault, annoncé peu avant par Lula. Ce changement d’attitude mis en branle tout le lobby des mastodontes du complexe militaro-industriel - c’est à dire le « gouvernement permanent » des usa sans s’occuper de l’occupant provisoire de la Maison blanche - lobby tombé en piqué sur Brasilia dans l’espoir de récupérer un premier contrat pour 6 milliards de dollars éventuellement suivi d’un second si le Brésil augmente, comme on s’y attend, ces commandes de 120 autres appareils dans les années qui viennent. Ce serait pourtant une erreur de croire que c’est le seul motif du voyage d’Obama.

En réalité, ce qui l’intéresse le plus, en sa qualité d’administrateur de l’empire, c’est d’avancer sur le contrôle de l’Amazonie. Pour cela, il s’avère indispensable de freiner, puisqu’il n’est pas possible de la stopper, la coordination croissante et l’intégration politique et économique en cours dans la région qui furent déterminantes pour faire naufrager l’ALCA en 2005 comme pour faire capoter les tentatives sécessionniste en Bolivie (2008) et de coup d’état en Equateur (2010). Il doit aussi essayer de semer la discorde entre les partenaires les plus radicaux de la région (Cuba, Vénézuela, Bolivie, Equateur) et les gouvernements « progressistes » (principalement Brésil, Argentine et Uruguay), qui se débattent comme ils peuvent pour trouver un espace, chaque fois plus réduit et problématique entre la capitulation face aux diktats de l’empire et les idéaux d’émancipation portés par les pays de l’ALBA, ces mêmes idéaux qui, il y a deux siècles, ont inspiré les luttes d’indépendance de nos pays. Le reste est bien secondaire.

Au vu de ces antécédents, on peut être surpris par l’indécision de Roussef sur le choix d’équipement de ses forces armées car si finalement, le Brésil arrivait à signer le contrat pour l’acquisition des nouveaux F-16 au lieu des Rafale français, la volonté d’affirmer sa souveraineté effective sur l’Amazonie se verrait sérieusement compromise. Ce n’est pas affirmer qu’il faut obligatoirement acheter les avions de Dassault, mais souligner que toute autre alternative est préférable. Si une telle chose finissait par se produire, c’est que la chancellerie brésilienne dans une négligence irresponsable aurait oublié le fait que dans l’échiquier géopolitique des Amériques, Washington poursuit deux objectifs stratégiques : le premier est prioritaire, c’est d’en finir avec le gouvernement de Chavez en utilisant n’importe quelle argutie et moyens, légaux et institutionnels ou à défaut à toute forme de sédition. C’est l’objectif manifeste vociféré par la maison blanche mais l’objectif fondamental, à long terme, c’est le contrôle de l’Amazonie.

C’est là le gisement de richesses immenses que l’empire, dans sa course effrénée pour l’appropriation exclusive des ressources naturelles de la planète, veut s’assurer sans que personne de l’en empêche puisque ses classe dominantes le considèrent comme son hinterland naturel : eau, minéraux, pétrole, gaz, biodiversité et culture alimentaires. Pour les stratèges de pointe états-uniens, le bassin de l’Amazone, comme l’antarctique est une zone de libre accès où l’on ne reconnaît aucune souveraineté nationale, et qui reste donc ouverte pour cette bonne raison à ceux qui possèdent les ressources techniques et logistiques pour son exploitation c’est à dire eux-mêmes. Bien sur, aucun porte-parole du département d’état ou du pentagone ne peut dire ces choses à voix haute mais ils agissent en fonction de cette conviction. Pour être cohérent avec cette réalité, il serait insensé pour le Brésil de parier sur un équipement et une technologie militaire qui le placerait en situation de subordination vis-à-vis des usa qui ostensiblement lui disputent la possession effective des immenses ressources de l’Amazonie. Quelqu’un doute-t-il encore que le moment venu, les États-Unis hésiteront une seconde à employer la force pour défendre ses intérêts vitaux menacés par l’impossibilité d’accéder aux ressources naturelles de la région ?

C’est précisément le contrôle de la région qui est en jeu.

Obama n’en soufflera pas un mot à son hôtesse, entre autres raisons parce que Washington exerce déjà un certain contrôle de fait sur l’Amazonie à partir de son énorme supériorité en matière de communications satellitaires doublée d’une vaste chaîne de bases militaires avec lesquelles les usa encerclent cette région qui confirment par les moyens traditionnels de l’impérialisme, son ambition d’appropriation territoriale. C’est la réactivation inattendue de la IV flotte US qui a poussé l’ancien président Lula à l’accélération du ré-équipement des forces armées brésiliennes. Cette réactivation a été annoncée peu de temps après l’annonce de la découverte d’un énorme gisement pétrolier sous-marin face au littoral de Sao Paulo. Il est devenu d’un coup évident, (comme par un flash cauchemardesque), que Washington considérait inacceptable qu’en plus de bénéficier d’un territoire très étendu et de ressources naturelles immenses, le Brésil devienne une puissance pétrolière et par là même un pays capable de contrebalancer la prédominance us au sud du Rio bravo et dans une moindre mesure, sur l’échiquier politique mondial.

Par son habile menuet diplomatique de cour, les USA cachent leurs véritables intérêts qui restent ceux d’un empire assoiffé de matières premières, énergie et ressources naturelles de toute sorte sur qui le bassin de l’Amazone exerce une attraction irrésistible. Pour dissimuler ses intentions, Washington a usé -avec succès puisque le bassin de l’Amazonie à fini par être entouré de bases us- d’une subtile opération de diversion et Itamaraty* est tombé dans le panneau comme un bleu : proposer son appui pour que le Brésil obtienne un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. Difficile de comprendre comment les diplomates expérimentés que sont les brésiliens ont pu prendre au sérieux une offre aussi invraisemblable. Aider le Brésil alors qu’on maintient la porte du Conseil de Sécurité fermée à des pays comme l’Allemagne, le Japon, l’Italie, le Canada, l’Inde et le Pakistan. Aveuglés par cette promesse la chancellerie brésilienne comme le haut-commandement militaire du pays n’ont pas vu que tandis qu’ils perdaient leur temps sur des divagations stériles sur ce sujet, la maison blanche installait ses bases un peu partout : sept bases en Colombie (oui, sept !) dans le quadrant nord-est de l’Amazonie, deux bases au Paraguay au sud, une base au moins au Pérou pour contrôler l’accès ouest et une autre base en négociation avec la France de Sarkozy pour installer troupes et équipements militaires en Guyane française pour surveiller le région orientale de l’Amazonie. Plus au nord, les bases d’Aruba, Curaçao, Panama, Honduras, El Salvador, Puerto-Rico et Guantanamo pour pressionner le Vénézuela et bien sur Cuba. Prétendre réaffirmer la souveraineté brésilienne sur la région en faisant appel à des équipements, des armement et une technologie guerrière US constitue une erreur monumentale car la dépendance technologique et militaire qui en découlerait laisserait le Brésil pieds et poings liés face aux desseins de la puissance impériale.

A moins que l’on pense que les intérêts nationaux du Brésil et des États-Unis coïncident. Certains le croient mais il serait très grave que la Présidente Dilma Roussef commette une telle erreur d’appréciation irréparable. Les couts -économiques, politiques et sociaux- que le Brésil et avec lui, toute la région aurait à payer seraient exorbitants.

Atilio A. Boron

texte original en espagnol
http://www.rebelion.org/noticia.php...
ou http://www.kaosenlared.net/noticia/...
ou http://aporrea.org/tiburon/a119838.html
ou http://alainet.org/active/45238&lang=es

* quai d’orsay brésilien

traduction non officielle par alfare

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 00:48

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Juan Kalvellido sur Tlaxcala

Por Guillermo Alvarado

Radio Havane Cuba

L’un des Prix Nobel de la paix octroyés d’une manière erronée a été sans aucun doute celui accordé gratuitement au Président étasunien, Barack Obama, qui s’est efforcé de démontrer qu’il ne le mérite pas avant de lancer sa propre guerre, qu’il dirige maintenant contre le peuple libyen.

Jusqu’à présent, les actions ont inclu des bombardements intenses contre plusieurs villes, où non seulement des objectifs militaires ont été atteints mais plusieurs civils, faisant une cinquantaine de morts, selon des informations officielles de Tripoli.

Le Secrétaire Américain à la Défense, Robert Gates, a déclaré que parmi les buts de l’agression, il ne faut pas écarter la division de ce pays de l’Afrique du Nord en deux parties pour arracher le contrôle au leader Mouammar El Kadhafi.

La Ligue Arabe a condamné tardivement les bombardements et a déclaré que ceux-ci n’étaient pas contenus dans la proposition initiale qui prévoyait l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne.

Il ne faut pas oublier que c’est justement la position de ce bloc régional qui a rendu propice une résolution du Conseil de Sécurité, qui a servi de couverture aux puissances occidentales pour perpétrer leur agression.

Comme nous l’avions dit dans un commentaire antérieur, cette résolution viole la charte de la principale organisation mondiale, car il s’agit d’un problème interne. L’intervention étrangère est donc injustifiable et pas du tout nécessaire.

D’autre part, l’emploi de l’artillerie lourde et des missiles de longue portée contre des villes libyennes rend fort probable des pertes civiles nombreuses, ce qui contredit l’excuse d’une “intervention humanitaire” dans le seul but de protéger des vies innocentes.

En tout cas, les États-Unis ont ouvert un 3è front d’opérations militaires après l’Irak et l’Afghanistan aux conséquences imprévisibles.

Derrière cette agression se cache la soif du pétrole, mais aussi, comme l’a bien souligné récemment le leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro, l’intention de couper ou du moins de freiner la vague de changements qui déferle sur le monde arabe où Washington a perdu plusieurs de ses principaux alliés.

La Libye est un pays avec une population relativement peu nombreuse, un pays très riche en ressources énergétiques qui éveillent l’appétit des pays occidentaux, au moment où l’utilisation des centrales nucléaires est mise en question suite à la catastrophe survenue au Japon.

Il s’agit aussi d’un pays d’une grande tradition de lutte qui au 19è siècle a résisté le siège étasunien et lui a même infligé une défaite cuisante lors de la dite Première Guerre Berbère.

Au début du 20è siècle, les Libyens ont fait face courageusement aux troupes italiennes qui ont tenté, de façon inutile, d’imposer leur domination sur ce peuple arabe. L’exemple d’Omar Mukhtar, qui a été le leader d’une vaste rébellion dans le Nord contre les envahisseurs est encore vivant.

Il y a donc des antécédents qui nous font penser que l’aventure belliciste à la tête de laquelle se trouvent les États-Unis, la France et la Grande Bretagne, pourrait être plus longue et difficile qu’ils ne le croient. Ces pays devraient savoir qu’une fois les hostilités déclarées, il est peu probable d’avoir le contrôle sur le cours des événements.

L’Afghanistan, où la guerre dure depuis bientôt presque une décennie, sans que les objectifs que les envahisseurs se sont fixés, aient été atteints, en est un bon exemple. Malheureusement, ces puissances occidentales n’en ont pas tiré de leçons. La barbarie qu’elles sont en train de commettre, sans aucune justification légale, sinon celle que la force leur permet de s’octroyer, le prouve ainsi.


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