Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

  • : Cuba Si Lorraine
  •  Cuba Si Lorraine
  • : blog des amis de Cuba en Lorraine
  • Contact

19610419-CubaVictoryPlayaGiron-crop.jpg
-
cooltext517277295.png
MILCIA---copie-1.jpg
cooltext517276476.png
cooltext517276264.pngcooltext517275991.png
cooltext517276810.png
             -
colonne-gauche-copie-1.jpg
.

logo-gauche.jpg
-
Capture-freeforfive.JPG
cuba-debate.jpg 1er-mai-cuba
Pour en savoir plus
Cliquez sur l'image !

Recherche

nos amis + liens utiles

  .

titre_891504.jpg
.
.
.
RHC-1.JPG
Cubavision-TV.jpg
.
.
cuba_linda.jpg
. 

Archives

cooltext518801341.png
cooltext518803453.gif

Catégories

 

Sans-titre-1-copie-3.jpg

neruda-fidel.jpg

  logo-bas-ok.jpg

 

22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 00:35

maree-noire-france_432_320.jpg

Dans la mesure où des révélations sont faites sur la véritable ampleur de la catastrophe écologique dans le Golfe du Mexique, à cause de la fuite de quantités énormes de pétrole, le monde est de plus en plus convaincu du fait que l'ère de la consommation effrénée de combustibles fossiles pourrait toucher à sa fin.

Les données les plus récentes indiquent, deux mois après l'explosion de la plate-forme Deapwater Horizon, de la transnationale British Petroleum, que le puit endommagé déverse 100 000 barils de brut par jour, soit 20 fois plus qu’indiqué dans les premiers jours.

En outre, toutes les tentatives de colmater la fuite ont échoué et l’option la plus optimiste est en ce moment d'attendre, jusqu'au mois d'août, les résultats de l’utilisation d’autres moyens pour pomper l’hydrocarbure déversé et colmater la fuite.


Personne n'a dit ce qui arrivera en cas de nouvel échec, bien que l’on suppose que des cerveaux privilégiés étudient le problème afin de trouver une solution.


Pendant ce temps des versions apocalyptiques, non confirmées scientifiquement, ont commencé à circuler, sur une fracture possible du lit marin qui rendrait le problème incontrôlable ce qui constitue une menace directe pour notre avenir en tant qu'espèce.


Personne ne peut avaliser sérieusement une telle théorie, du moins pour le moment, mais la catastrophe, qui a d’ores et déjà de grandes proportions, doit nous appeler à réfléchir à la nécessité d'un changement radical d'attitude sur un niveau de confort, de commodité ou de développement basée sur l'exploitation et la consommation irrationnelles d'une ressource non renouvelable, comme cela est le cas du pétrole.


Malheureusement, le comportement de ceux qui, en raison du pouvoir qu’ils détiennent, pourraient assumer le leadership d’une transformation positive sur la planète, démontre qu'ils n'ont aucune intention de le faire.


Nous savons déjà que le vrai objectif de l’invasion de l’ Afghanistan, n’était pas la capture d’un personnage obscur caché dans les grottes de ce pays d'Asie centrale, mais le contrôle d'énormes quantités de minéraux stratégiques pour l'industrie militaire, la technologie spatiale et les télécommunications.


Des navires de guerre américains et israéliens croisent en Mer Rouge et s’approchent dangereusement de l'Iran où, outre les installations nucléaires, dont personne n’a jamais prouvé qu’elles ont des objectifs militaires, il y a des réserves énormes de pétrole et de gaz.


Est-ce que la fuite de brut dans le golfe du Mexique deviendra un facteur d'accélération d’une agression contre l’Iran afin de s’emparer de ses ressources et de sa position géographique privilégiée?

Est-ce que le pire désastre écologique du 21e siècle passera sans laisser de leçons aux hommes?

Nous ne proposons pas de retourner au Moyen Age. L'humanité a le droit de préserver ses acquis et d’avancer pour atteindre de nouveaux objectifs.

. Ce que nous proposons est un débat sérieux sur ce que nous avons obtenu et le coût que cela a pour nos rapports avec la Nature.
La vie est basée sur une série d'équilibres, et chaque fois que nous modifions l’un d’entre eux toutes les autres espèces ressentent les effets. Imaginons donc ce qui peut arriver quand nous menaçons la 11e masse d’eau salée la plus grande de la planète, avec toute sa diversité de faune et de flore.

La question n'est pas de savoir si la BP paiera les pertes économiques qui sont, au bout de comptes, les moins élevées. La question est de savoir si nous sommes prêts pour un changement d'ère où la responsabilité collective soit supérieure au pouvoir des transnationales, où la qualité de vie compte plus que les bénéfices et où le recours à la force ou la menace de le faire disparaîssent comme un argument dans la solution des différends.

 

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article
20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 19:12

bandera-de-puerto-rico1.jpg

C'est dans la lutte toujours et toujours qu'on avance et je profite de cet espace pour saluer la victoire d'une autre lutte, en France, celle exemplaire des "Sans Papiers"

 

SAN JUAN, le 17 juin.— Le mouvement étudiant de l’Université de Porto Rico (UPR) a obtenu aujourd’hui sa première victoire depuis la création de cette institution il y a 107 ans, après avoir emporté à l’arraché l’approbation de quatre revendications importantes qui étaient à l’origine de la grève qu’ils ont poursuivie pendant 56 jours.

L’accord final sur la question des sanctions stipule que les autorités universitaires ne pourront ni recaler ni expulser aucun gréviste à l’issue d’un procès sommaire. Par ailleurs, aucune charge ne pourra être prononcée à l’encontre des étudiants et des membres de la communauté universitaire qui, dans l’exercice de leurs droits, ont participé à des marches ou toute autre activité liée à la grève, rapporte Cubadebate.

Autre succès important: la Junte des syndics devra s’abstenir d’augmenter le nombre d’inscriptions à travers un quota spécial au début du prochain semestre. L’accord prévoit également l’abrogation de la polémique Certification 98 sur les exemptions d’inscription et la non privatisation d’aires universitaires dans le cadre du projet d’Alliances publico-privées, qui a déclenché la grève.

Dans les cinq prochains jours, les étudiants devront convoquer des assemblées dans toutes les facultés afin de ratifier ces accords, et ensuite reprendre le cours du travail administratif et universitaire.

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article
10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 08:07

justice.gif

Por Guillermo Alvarado

Le Conseil de Sécurité de l’ONU s’apprête à donner au monde un exemple typique de ce que veut dire « deux poids deux mesures » ou de ce qu’est, selon certains, manque total de morale, lorsqu’il votera un paquet de sanctions contre l’Iran en raison du programme nucléaire que celui-ci développe à des fins pacifiques. Le Conseil de Sécurité vient, cependant, de blanchir pratiquement Israël au sujet de l’assaut meurtrier de la Flottille de la Liberté. Cette action a coûté la vie à un groupe de pacifistes qui acheminaient de l’aide humanitaire pour la population palestinienne de Gaza.

L’Ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, Susan Rice, qui a d’ailleurs gardé un silence prudent lors de l’attaque israélienne, a souligné sur un ton menaçant que le document que le gouvernement de son pays impose aux autres membres du Conseil est « percutant, large et aura un impact significatif en Iran.


Les mesures impliquent l’application d’une surveillance étroite sur les opérations des banques de ce pays asiatique y compris de sa banque centrale, ce qui est une ingérence dans des affaires d’État. Les sanctions prévoient aussi un régime de révision des bateaux iraniens et l’extension du blocus sur les ventes d’armes.


De telles sanctions sont basées sur la simple présomption par les Etats-Unis, de la Grande Bretagne et de la France, membres permanents du Conseil de Sécurité, présomption selon lesquelles les recherches iraniennes dans le domaine du nucléaire auraient des fins militaires.


On se souvient immédiatement du tissu de mensonges que l’on a présenté à la communauté internationale pour justifier l’invasion de l’Irak où il y avait soi-disant de terribles arsenaux chimiques et biologiques qui mettaient en danger l’humanité.


Ce que Mme Rice passe sous silence c’est que le gouvernement iranien avait accepté un accord tripartite avec la Turquie et le Brésil en vertu duquel on enverrait en dépôt à Ankara 1 200 kg d’uranium enrichi à moins de 5%.


En échange, l’Iran recevrait 120 kilogrammes de combustible nucléaire nécessaire à son réacteur spécialisé dans la production d’isotopes pour le traitement du cancer.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont simplement ignoré cet engagement et ils s’apprêtent à provoquer une crise suffisamment grave leur permettant d’attaquer l’Iran ou de laisser cette sale besogne à Israël, leur gendarme dans la région et qui possède soit dit en passant des armes nucléaires.

Cependant, jusqu’à présent le Conseil de Sécurité de l’ONU n’a jamais proposé une inspection des arsenaux israéliens qui incluent entre 75 et 300 ogives nucléaires ou de ses sous-marins, dotés de missiles et qui croisent dans la Méditerranée et qui entendent se situer dans le Golfe Persique pour avoir leur cible à la portée de leurs armes.

Il n’y a pas été question non plus d’un châtiment pour l’attaque brutale et illégale contre la caravane qui transportait de l’aide pour la Bande de Gaza, qui est soumise à un blocus et où un million et demi de personnes, la moitié d’entre elles des enfants souffrent de la faim entre autres maux parce que le régime sioniste le veut ainsi.

Israël est un état terroriste, il est coupable de l’holocauste palestinien, il a collaboré activement avec les dictatures au Chili, en Argentine, en Uruguay, au Guatemala, au Salvador et en Colombie, des dictatures qui au nom de l’anticommunisme ont détruit ce qu’il y avait de mieux dans la société. Nous attendons encore une “position commune européenne” ou un système de sanctions de l’ONU pour ses violations flagrantes et prouvées, du droit humanitaire le plus élémentaire.


Bien au contraire, ce que la Maison Blanche propose est d’augmenter les peines à la population iranienne, un fait inutile qui ne vient que démontrer que ce que les puissances occidentales craignent c’est que dans le Golfe Persique et dans bien d’autres zones riches en pétrole, éclate soudain, la paix.

RHC

 

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article
8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 08:20

p_07_06_2010.jpg

Allan Macdonald

Por Guillermo Alvarado

Après plusieurs semaines de mensonges au sujet du volume de brut déversé dans le Golfe du Mexique, la British Petroleum a enfin laissé entrevoir la vérité lorsque son directeur Tony Hayward, a reconnu que les dernières techniques appliquées permettent de pomper quelque 10 000 barils de brut par jour, probablement plus de la moitié du brut déversé.

Durant des semaines, les responsables de la firme se sont obstinés à ne parler que de 5000 barils par jour. Ils acceptent maintenant, bien que de façon indirecte, que les estimations parlant de 19 000 barils sont plus exactes et ils donnent raison à ceux qui signalaient que la catastrophe est beaucoup plus grave qu’on ne disait.

Si nous rappelons que l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon s’est produite le 20 avril, c’est-à-dire, cela fait exactement 48 jours, cela veut dire que quelque 900 000 barils de brut ont été déversés dans le Golfe du Mexique, quelque chose sans précédent.

La marée noire s’étend sur un rayon de 320 kilomètres autour du puit avarié. Elle est longue de 740 kilomètres, de quoi décourager le plus optimiste des écologistes.

En réalité, beaucoup d’années s’écouleront avant de connaître la véritable ampleur de la catastrophe en termes de dommages à la vie animale et végétale. Il se peut que nous n’arrivions jamais à savoir ce qui va se passer dans les fonds marins et dans les côtes à cause des substances chimiques qui composent le pétrole et à cause des dissolvants utilisés pour essayer d’endiguer la marée noire.

Comble du cynisme : des responsables de la British Petroleum essayent d’arracher un quelconque soupir de pitié ou peut-être s’attirer certaines sympathies en rendant public le volume de pertes que cette transnationale subit à cause de la catastrophe.

Selon un communiqué émis para la BP à Londres, les pertes atteignent d’ores et déjà 1 milliard 600 millions de dollars et ses actions ont chuté de 60,48 dollars à la Bourse de New York.

Ce n’est rien si nous prenons en considération le fait que rien que dans le premier trimestre de 2010, la British Petroleum a eu un chiffre d’affaires de 8 milliards 292 millions de dollars à titre de prospection et d’extraction dont 5 milliards 598 millions sont des bénéfices nets. Moins du tiers de cet argent à son origine en territoire étasunien, ce qui signifie que ses bénéfices dans le reste du monde suffisent largement à compenser ses pertes.

La perdante à cause du désastre ne sera pas cette transnationale, mais l’humanité tout entière qui se verra sensiblement affectée par la grave détérioration d’un de ses plus riches écosystèmes. Il est riche non seulement en raison du nombre d’espèces animales et végétales dont il est l’habitat naturel mais en raison du rôle qu’il joue aussi en tant que milieu de reproduction d’espèces habitant dans d’autres zones de la planète.

Malheureusement, il ne s’agit pas d’une question d’argent, de coûts et de bénéfices. La BP et d’autres transnationales pourraient même disparaître et le monde ne pas en mourir, mais l’atteinte à la vie dans le golfe du Mexique dont nous sommes témoins actuellement est une catastrophe sans nom, que nos enfants et nos petits enfants, nous reprocheront, tant à nous qu’aux responsables directs qui n’ont pas su ou n’ont pas pu l’éviter ou l’endiguer.

 RHC

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article
3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 00:32

Ayuda-Humanitaria.JPG

Genève, 2 juin, (RHC/AP)- Le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies a condamné "l'attaque scandaleuse" d'Israël contre la flottille à destination de Gaza lundi.

Les 47 membres du Conseil ont adopté une résolution établissant une commission d'enquête chargée de déterminer si le droit international avait été violé lors du raid de l'armée israélienne qui a fait neuf morts dans les eaux internationales lundi matin.

La résolution, proposée par les pays arabes, a été adoptée par 32 voix. Il y a eu neuf abstentions dont la France. Les Etats-Unis, l'Italie et les Pays-Bas ont voté contre, tandis que les pays africains n'ont pas participé au vote.

Israël a refusé de participer aux précédentes enquêtes ordonnées par le Conseil, notamment celle diligentée après l'opération militaire lancée fin 2009 dans la Bande de Gaza.

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article
31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 12:33

SoldatsZapata.jpg

Interview avec Adolfo Gilly *

Cet entretien a été conduit à Buenos Aires le 1er mai 2010 et publié dans la revue argentine Sudeste. Selon le Larousse, le Sudeste en Argentine est « un vent qui vient du sud-ouest et qui apporte une pluie persistante, provoquant généralement la crue des rivières

 

Quelles sont les caractéristiques de la culture paysanne qui ont donné leur force au mouvement révolutionnaire dirigé par Zapata ? [1]

 

Au cours des dernières décennies du XIXe siècle et la première du XXe siècle, l'expansion des rapports capitalistes sur le territoire de la République mexicaine a conduit à une nouvelle vague d'exactions des peuples indiens au centre et au sud du pays, ainsi que des terres des habitants paysans du nord. Ce pillage a été protégé par le régime de Porfirio Diaz et perpétré par les exploitations sucrières à Morelos, les élevages au nord, les exploitations de café au sud et que par toutes sortes d'entreprises sur tout le territoire, à mesure que s'étendaient le réseau ferroviaire, la circulation monétaire, l'exploitation moderne des gisements minéraux et le commerce extérieur.

Comme cela a été le cas tout au long de l'histoire du capital jusqu'à ce jour, le pillage et l'appropriation des biens communs se sont nourris de cette expansion.

Les peuples de l'Etat de Morelos, au sud de la ville de Mexico, ont organisé leur guerre paysanne sous la direction de Emiliano Zapata, en se fondant sur des relations communautaires transmises par des générations depuis des temps immémoriaux.

Les paysans du nord du Mexique, et en particulier ceux des Etats de Chihuahua et de Durango, l'ont organisée selon leurs propres traditions et leurs formes de lutte, d'abord pour conquérir et défendre leurs terres contre les ethnies indigènes, les anciens habitants de ces mêmes terres du nord du Mexique et l'Ouest des Etats-Unis, et ensuite contre l'expansion des exploitations et le pillage des peuples. Par des moyens et pour des raisons différents, l'héritage culturel au nord a privilégié l'autonomie des municipalités, la défense armée et le contrôle par les peuples des biens d'usage commun: forêts, prairies, rivières, eau, montagnes.

Lorsqu'au début du XXe siècle la division et les luttes de pouvoir au sein de la classe dominante ont fourni un moment propice, l'assaut renouvelé des propriétaires du capital contre ces biens a suscité la résistance. Et les peuples du nord et du sud du pays ont recouru aux formes d'organisation transmises au cours des générations par l'histoire de chaque région pour combattre cette agression.

Ce tissu héréditaire comprenait l'utilisation d'armes et de chevaux. Les paysans du sud étaient dirigés par Emiliano Zapata et d'autres chefs locaux; ceux du nord –­ qui avaient des coutumes et des manières de faire très différentes – dirigés par Francisco Villa et par les dirigeants de chaque village ont mis sur pied les deux plus grandes armées paysannes, dirigées par des paysans, qu'ait connu tout le continent depuis l'Alaska jusqu'à la Terre de Feu.

Début décembre 1914, au point culminant de la mobilisation et de la guerre paysanne, ces armées – la Division Norte et l'Armée Libertador del Sur – ont occupé la ville de Mexico, alors que l'aile libérale-bourgeoise de la révolution, dirigée par Venustiano Carranza, propriétaire foncier et ex-gouverneur, se repliait sur le port de Veracruz.

C'est là une des plus grands exploits remportés par des paysans et des Indiens dans le continent, et il peut être comparé – à des époques et sous des formes très différentes – à la prise insurrectionnelle de La Paz, en Bolivie, en avril 1952 et aux deux prises de La Paz en 2003 et en 2005 par des peuples indiens de l'Altiplano et par les habitants et les travailleurs de El Alto [au-dessus de La Paz] et des mines.

 

Quelle est la place du zapatisme agraire dans le processus révolutionnaire par rapport aux autres mouvements ?

Le zapatisme est le mouvement qui, dans son Plan de Ayala de fin 1911 [2] et dans des documents postérieurs, a proposé les programmes – de contenu et de dynamique anticapitalistes – les plus avancés de répartition radicale des terres et d'organisation commune du gouvernement des peuples et de la République tout entière. Entre 1912 et 1918 le zapatisme a effectivement mis en pratique ces programmes et a maintenu son propre gouvernement dans la région de ce qui a été appelé la Commune de Morelos.

La Division del Norte, avec des dizaines de milliers d'hommes et de femmes bien armés, équipés et organisés, a été la plus puissante armée paysanne organisée au Mexique et en Amérique latine. Au cours d'une série de grandes batailles, elle a détruit l'armée fédérale et joué un rôle décisif dans la conquête de la capitale et dans la victoire de la révolution, même si les gouvernements suivants ont été dirigés par ses ennemis au sein même de cette révolution: Venustiano Carranza [président du Mexique de 1915 à 1920] et Alvaro Obregon [président de 1920 à 1924]. La conformation de cette révolution avec se masses en armes et ses deux grandes armées paysannes autonomes, a été décisive pour déterminer le caractère démocratique-radical et agraire de la Constitution approuvée en février de 1917, dont se sont inspirées les réformes radicales du mouvement politique crée autour du président Cardenas dans les années 1930 [3].

 

Comment comprendre la discontinuité dans le développement de la révolution, et quelle a été l'influence de cette discontinuité sur la conscience des masses ?

Il faudrait un livre pour répondre à cette question, et cela ne suffirait pas... Toutes les grandes révolutions, depuis la révolution française de 1789 jusqu'à la révolution russe de 1917, en passant par les révolutions coloniales qui ont traversé tout le XXe siècle, traversent des vicissitudes de ce type, parce qu'une révolution est un processus turbulent et non un instant magique figé dans le temps.

La meilleure explication que je connaisse est celle qui se trouve dans l’introduction de L'Histoire de la révolution russe de Léon Trotsky, un texte classique sur la dynamique interne des révolutions.

 

Quels sont les éléments qui ont permis à une révolution « agraire » d'atteindre une dimension « anticapitaliste » ?

Pour autant qu'on puisse tenter une définition sans tomber dans des schémas, je dirais que la révolution mexicainee est une révolution paysanne, agraire et démocratique-radicale, composée de diverses forces sociales et avec des alliances changeantes, dans les conflits politiques et de classes successifs au cours même de la révolution.

Tout lutte radicale de masse, armes à la main, contre le pillage, l'exploitation, l'humiliation et le mépris, comme l'a été la révolution mexicaine, a une dynamique interne anticapitaliste. C'est le cas aujourd'hui avec la lutte des peuples indigènes du Chiapas [Sud du Mexique] et celle de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN). Mais cela ne signifie pas forcément socialiste, car cela impliquerait un projet et un programme spécifiques de réorganisation de l'ensemble de la vie sociale, comme ceux qui ont été exprimés en Russie en 1917 ou à Cuba entre 1959-1961.

Je ne considère pas qu'il s'agisse-là d'un travers ou d'une carence, mais plutôt que c'est le résultat de l'expérience acquise par chaque peuple à chaque moment de cette histoire où, une fois encore, il se soulève contre les atteintes et les injustices accumulées. Les formes d'organisation de ces peuples insurgés sont à chaque pas le résultat d'une accumulation d'expériences, y compris programmatiques, et de son histoire. C'est uniquement ainsi que l'on peut comprendre la fantastique succession de grèves générales et l'organisation syndicale ainsi que dans les entreprises qui jalonnent l'histoire des travailleurs en Argentine, alors qu'au Mexique cette histoire est enracinée dans des rébellions armées, dans l'organisation communautaire profondément ancrée dans les cultures indigènes, dans des municipalités autonomes, dans des traditions anarchistes et dans des mouvements nationalistes et agraires de masse.

C'est ce qui a débouché sur le mouvement politique crée autour du président Cardenas des années 1930: une vingtaine de millions d'hectares de terres ont été répartis en propriétés communales ; on a nationalisé le pétrole ; on a organisé des syndicats de masse, affirmé le droit du travail. Et le gouvernement mexicain a donné son accord, sans restrictions, en armes et en argent, à la République espagnole. Toutes ces choses ne s'effacent pas de la mémoire historique transmise par des générations dans un pays déterminé, comme on n'a pas effacé en Argentine ou au Chili les profondes expériences et traditions d'organisation syndicale, de grèves ouvrières et populaires et d'occupations d'usines.

Chaque montée de mobilisations et de revendications ouvre la voie à de nouvelles expériences, et, dans son organisation, prend son essor non pas dans la copie de ce qui a été fait dans d'autres pays mais dans ce qui a été vécu et crée par les générations antérieures. Quelque chose de similaire s'est passé, soit dit en passant, dans la révolution cubaine, dont l'un des antécédents dans les années 1930 était le mouvement antiimpérialiste, socialiste et insurrectionnel de Antonio Guiteras [1906- assassiné en1935].

Paco Ignacio Taibo II a écrit récemment sur ce sujet une magnifique biographie de Guiteras [4]. Il vaut la peine de la lire pour remonter à la généalogie cubaine de Fidel Castro, du Mouvement du 26 juillet et du radicalisme de sa révolution, qui est issue non pas du communisme soviétique mais de l'histoire même de Cuba.

 

Sous quelle forme considérez-vous que l'idéologie zapatiste a perduré tout au long du XXe siècle?

Le zapatisme a perduré en tant que programme, qu'attitude et que mythe inspirateur de chaque lutte paysanne et indigène jusqu'au Mexique d'aujourd'hui. Même le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) et le Parti de la Révolution Démocratique (PRD), en tant que partis établis dans l'appareil étatique mexicain, l'invoquent par opportunisme et par convenance. Personne ne les croit, même pas leurs électeurs: si on vote pour eux, c'est à chaque moment pour d'autres raisons.

Je crois par contre que le EZLN est en train de faire ce que certains appellent une « appropriation idéologique ». La rébellion indigène armée de janvier 1994 dirigée par le EZLN a démontré avoir pleinement le droit, par ses actes, ses formes d'organisation et ses documents programmatiques, de se revendiquer de l'héritage et de la tradition du zapatisme de la révolution de 1910-1920.

Dans chaque pays, et même dans chaque région, les révoltes, les rébellions et les révolutions ont une généalogie propres. Dans la majorité des pays d'Amérique latine, cette généalogie a, dans ses différentes expèressions, des traditions liées à l'anarchisme et au syndicalisme révolutionnaire des dernières décennies du XIXe et les premières du XXe siècle: l'Argentine, l'Uruguay, le Brésil, la Bolivie, le Chili, le Pérou, jusqu'au Mexique et à Cuba. Au début du XXe siècle, ce sont les syndicalistes del IWW (Industrial Workers of the World) des Etats-Unis qui ont exercé une influence au nord du Mexique, à travers le Parti Libéral Mexicain de Ricardo Flores Magon [1873-1922]. Les gouvernements n'ont jamais réussi à figer cette frontière qui reste en mouvement.

Bien sûr, une rébellion n'est pas nécessairement une révolution. Une rébellion est le fait d'un peuple, alors qu'une révolution comporte aussi un programme politique. Mais il n'y a pas de révolution qui n'ait débuté avec une ou plusieurs rébellions. La généalogie des rébellions réside non pas dans les personnes ou dans les idées des dirigeants, quelle que soit leur importance, mais dans l'expérience matérielle de chaque peuple, accumulée durant des générations successives.

Les partis de la gauche institutionnelle – ou institutionnalisés – ont toujours voulu effacer ces généalogies rebelles. Mais cela est impossible. Les travailleurs, dans leur manière d'être, de faire et de penser l'organisation ainsi que la lutte, les ont héritées, préservées et enrichies, y compris tous ceux qui n'ont jamais entendu ou lu quoi que ce soit sur ces ancêtres. C'est par des voies plus quotidiennes que ce savoir est transmis.

La révolution mexicaine d'indépendance de 1810, dirigée par les curés Hidalgo et Morelos, a été une grande insurrection agraire et indigène. La révolution mexicaine de 1910 l'a également été, avec les contenus et les formes organisationnelles de son époque. Tout mouvement révolutionnaire mexicain authentique – et le EZLN en est un – est héritier de cette double généalogie.

De la même manière, la généalogie des grandes grèves générales de 1969 avec occupation d'usines en Argentine, remonte, entre autres, à la Semaine Tragique et à la Patagonie Rebelle; et la généalogie des piqueteros [en Argentine] et leurs moyens de lutte – dont la grande rébellion urbaine de décembre 2001 – est issue des formes d'organisation de leurs parents et grand-parents dans le pays des Argentins.

Cette généalogie ne signifie pas qu'il s'agit d'une répétition, mais de recevoir, d'enrichir et de rénover l'héritage immatériel qu'ils nous ont laissé. (Traduction A l’Encontre)

* Adolfo Gilly, écrivain et journaliste argentin-mexicain, militant historique de la gauche latino-américaine. Il est professeur honoraire d'histoire à l'Université Autonome Nationale de Mexico (UNAM). Il est l'auteur, entre autres, d’un ouvrage de référence au Mexique, traduit en français : La Révolution mexicaine, 1910-1920 : une révolution interrompue, une guerre paysanne pour la terre et le pouvoir. Ed. Syllepse, 1995

[1] Emiliano Zapata Salazar (19791919) fut l’une des principales figures de la révolution mexicaine de 1910 contre le président Porfirio Diaz et de la guerre qui s’ensuivit. Zapata était né dans un village de l’Etat de Morelos : San Miguel Anenecuilco. Alors, la culture de la canne à sucre y était fort importante et mettait en danger toute les terres et, avec elles, les petits et moyens propriétaires. (Réd.

[2] le Plan de Ayala, du 28 novembre 1911, mettait en cause le président Guillermo Escobar Palma, accusé de trahir les intérêts paysans. Il est fait appel aux armes la terres aux paysans, terres accaparés par les caciques et les grandes propriétaires. (Réd.)

[3] Adolfo Gilly a consacré une remarquable étude à Lazaro Cardenas, président du Mexique de1934 à 1940 ; elle est intitulée : El Cardenismo. Una utopia mexicana, Ed. Cal y Arena, Mexico, 1994 (Réd.)

[4] Paco Inacio Taibo II, Tony Guiteras. Un hombre guapo y otros personajes singulares de la revolucion cubana de 1933. Ed. Planeta, 2010.

(30 mais 2010)

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article
19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 12:00

 

lavia.gif


Des délégués européens et latino américains de Via Campesina se sont réunis à Madrid du 14 au 18 Mai pour refuser les accords de libre-échange qui affectent directement les paysannes et paysans des deux continents.

 

Le président espagnol de l’UE organise cette semaine à Madrid un sommet de chefs d’Etats européens et latino américains afin de conclure ces accords agressifs.

 

Ces accords ne peuvent en aucun cas être bénéfiques pour les paysannes et paysans et aux citoyens d’aucun pays des deux côtés de l’Atlantique.

 

Ce sont par exemple 4.500 tonnes de lait et 2.000 tonnes de fromage que l’UE veut exporter a bas prix au détriment des producteurs d’Amérique Centrale.

 

Le Ministre de l’Agriculture Colombien Andrés Fernández a admis jeudi que l’accord contesté entre l’UE et la Colombie peut porter préjudice à plus de 400.000 producteurs et communautés agricoles de Colombie, surtout dans le secteur laitier.

 

Lors de ces dernières années, plutôt que d’adapter la production laitière à la consommation interne de l’UE, la commission et le conseil européen ont décidé d’augmenter les quotas laitiers de chaque pays avec l’objectif d’accroître les exportations de produits laitiers.

 

Cette décision a favorisé la baisse des prix du lait dans les pays européens et la fragilisation ou la faillite des paysans vivant de cette production.

 

La politique de restitutions aux exportations favorise ce commerce inéquitable. C’est une menace pour la souveraineté alimentaire et les paysannes et les paysans membres de Via Campesina qui ont comme priorité d’alimenter leurs propres peuples.

 

Les uniques bénéficiaires de cet accord seront les industries laitières et les multinationales de la distribution et de la transformation du lait et non les paysannes et paysans de l’Amérique Latine et de l’UE.

 

La délégation de Vía Campesina à Madrid réaffirme que la défense de l’agriculture paysanne est une priorité partagée tant en Europe qu’en Amérique Latine et que ces accords de libre échange détruisent la souveraineté alimentaire des peuples.

 

De ce fait, la délégation exige que les Etats membres de l’UE et que leurs gouvernements ne signent aucun accord commercial qui aille contre les propres intérêts de leurs peuples !

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article
16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 16:16

cumbre-alternativa-madrid_04.jpg

Par Fabien Cohen, Secrétaire général de France Amérique Latine (FAL), et Alfonso Moro, Membre du Bureau national de FAL.

Quels enjeux au Sommet Alternatif des Peuples européens et latino-américains-caribéens ?

Du 14 au 18 mai, se tiendra à Madrid le sommet alternatif des peuples européens et latino-américains-caribéens, en contrepoint de celui des chefs d’État et de gouvernement de ces deux continents. Ce sommet aura lieu au moment où l’Europe est secouée par une crise financière, économique, environnementale et sociale d’une rare violence provoquant davantage de chômage et de précarité, plus de pauvreté et d’exclusion sociale.

Un sommet alternatif organisé par le réseau bicontinental, Enlazando Alternativas, qui, de Guadalajara en 2004 à Madrid en 2010, va permettre un échange entre plus de 400 organisations du mouvement social, associatif et syndical, et partis politiques, pendant quatre jours. Un événement pendant lequel se tiendra aussi la troisième cession du tribunal permanent des peuples (TPP) autour d’une trentaine de cas de multinationales européennes accusées, ici et là-bas, de tirer profit des ressources naturelles et des intelligences au détriment des droits des peuples et de leur environnement.

Ce sommet sera un moment privilégié pour faire le point de la conjoncture dans les deux régions, sur la crise capitaliste mondialisée qui trouve un retentissement aujourd’hui en Grèce ou en Espagne comme hier au Mexique et en Argentine, avec les effets que l’on connaît. Un sommet qui veut mettre en avant les avancées de Cochabamba face à l’échec de Copenhague. Deux logiques qui s’affrontent, tant sur le plan écologique que social, où les alternatives sont à rechercher dans une nouvelle approche des valeurs humaines comme économiques. Ce sommet, depuis sa première initiative lors du Forum social européen de Paris, en 2003, est un moment clé pour mettre en évidence combien l’Europe joue un rôle important dans l’économie latino-américaine, et combien est de plus en plus grande la différence entre le discours et la réalité promue par l’Union européenne. À l’ombre de l’Oncle Sam, l’Union européenne a cherché à montrer un capitalisme à visage démocratique, tentant dans ses propositions de traités de libre commerce de travestir l’impact destructeur de ses multinationales, avec l’appui d’organismes comme le FMI ou la Banque mondiale. L’analyse de ces traités au Mexique ou au Chili (demain en Amérique centrale ou en Colombie) a montré que, loin de profiter aux peuples des deux continents, ils n’ont fait qu’aggraver la pauvreté et la dépendance aux multinationales, brisant les économies locales, multipliant les zones franches, l’emploi précaire et sous-payé, fragilisant la paix par une militarisation accrue. Ce sont quelques-uns de ces cas qui seront mis en accusation lors du TPP, visant à poser publiquement la création d’un tribunal international des crimes économiques et écologiques.

Cette politique éloigne chaque jour un peu plus les gens de leur terre, exploite leur territoire, viole les droits humains, accentue l’urbanisation forcée, augmente le nombre des déplacés dans leur propre pays, dans le même continent, favorise une migration intercontinentale suscitant des directives européennes de la honte, faisant de l’Europe une nouvelle forteresse, militarisée, xénophobe, inhumaine qui n’est pas notre Europe. Ce à quoi nous avons à faire, c’est à l’Europe du capital et de la guerre, une Europe dont les dirigeants ont fait fi des opinions de leurs peuples pour mettre en œuvre le traité de Lisbonne, pour moins de services publics, plus de privatisation et pour revenir sur tous les acquis sociaux de ces cinquante dernières années, délocaliser les entreprises et maltraiter le droit du travail.

L’Europe, dont on oublie qu’elle est le premier investisseur en Amérique latine et Caraïbe (ALC), se trouve aujourd’hui concurrencée par la Chine qui, par exemple, est devenue en 2009 pour la première fois le plus gros marché à l’exportation du Brésil. La Chine, qui est aussi présente économiquement et politiquement dans de nombreux pays d’ALC, comme le Mexique, le Venezuela, l’Équateur, l’Argentine, Cuba. Un contexte que les états-Unis n’ignorent pas, dans leur volonté de garder leur leadership politique.

L’Union européenne travaille depuis des années à la création d’une « zone euro-latino-américaine de partenariat globale interrégional », comme auparavant ont essayé, sans y réussir, les États-Unis à travers l’accord de libre commerce des Amériques (Alca). Avec les « accords de partenariat économique », l’UE cherche à construire dans la région un nouveau système de subordination régional, subrégional et bilatéral, dans lequel le discours sur les « droits de l’homme » joue un rôle de diversion. Les peuples de l’ALC ont décidé de se donner des gouvernements voulant s’affranchir de la tutelle du Nord. En recherchant avec l’Alba, la Banque du Sud, l’Unasur de nouvelles alternatives économiques, voire politiques, l’ALC pourrait même donner des idées peu convenables en Europe.

Les questions qui seront traitées à Madrid sont à la base d’une nouvelle solidarité internationale bilatérale, d’une volonté d’en découdre avec le capitalisme européen et latino-américain, d’en démonter les mécanismes et de mutualiser nos luttes transcontinentales. C’est pourquoi de nombreuses organisations (*) en France se sont rassemblées pour promouvoir cette rencontre de Madrid, en organisant les 9-10 avril dernier, un pré-sommet à Paris. Un mouvement qui ne demande qu’à grandir encore d’ici à l’ouverture de cet Enlazando Alernativas 4, et dont le compte rendu se fera le 16 juin prochain à Paris.

(*) France Amérique latine, Alerte Honduras, Alop, Artisans du monde, Attac, CADTM, Calpa, Climate Justice Now, Collectif argentin pour la mémoire, Collectif Guatemala, Collectif Paraguay, Collectifs des Péruviens en France, Comité Pérou, Colores, CPCP, Crid, El Otro Coreo, Espace Marx, FSU, la Cimade, les Alternatifs, les Verts, Étudiants et Développement, Mémoires des luttes, Mouvement de la paix, Mrap, NPA, PCF, PG, Radio Latinos, Teje, Terre des hommes, Union syndicale-solidaire, Unipoma…

Source : l'Humanité

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article
15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 01:05

sauvetage-banques.jpg

Presque tous les dirigeants politiques, qu’ils soient de la gauche traditionnelle ou de la droite, qu’ils soient du Sud ou du Nord, vouent une véritable religion au marché, aux marchés financiers en particulier. Il faudrait plutôt dire qu’ils fabriquent une religion du marché. Chaque jour, dans tous les pays du monde, une messe est dédiée au dieu Marché et ce, dans chaque foyer muni d’une télévision ou d’internet. C’est le moment où l’on rend compte de l’évolution des cotations en bourse et des marchés financiers. Le dieu Marché envoie des signaux par la voix du commentateur télévisé ou du chroniqueur financier dans la presse écrite. Ce n’est pas seulement vrai pour tous les pays les plus industrialisés, c’est vrai aujourd’hui pour la majeure partie de la planète. Que l’on soit à Shanghai ou à Dakar, à Rio de Janeiro ou à Tombouctou, on pourra connaître les “ signaux envoyés par les marchés ”. Partout, les gouvernants ont procédé à des privatisations et on a créé l’illusion que la population pouvait participer directement aux rites du marché (en achetant des actions) et recevoir un bénéfice en retour dans la mesure où l’on a bien interprété les signaux envoyés par le dieu Marché. En réalité, la petite partie de ceux d’en bas qui a fait l’acquisition d’actions, n’a aucun poids sur les tendances du marché.

Dans quelques siècles, peut-être lira-t-on dans les livres d’Histoire que, à partir des années 1980 du XXe siècle, un culte fétichiste a fait fureur. La montée en puissance du culte en question sera peut-être mise en relation avec deux noms de chefs d’Etat : Margaret Thatcher et Ronald Reagan. On notera que ce culte a bénéficié dès le début d’une aide des pouvoirs publics et des puissances financières privées. En effet, pour que ce culte rencontre un certain écho dans les populations, il a fallu que les médias de services publics ou privés lui rendent hommage quotidiennement.

Les dieux de cette religion sont les Marchés financiers. Des temples leur sont dédiés qui ont pour nom Bourses. Seuls les grands prêtres et leurs acolytes y sont conviés. Le peuple des croyants est invité à communier avec les dieux Marchés par l’intermédiaire du petit écran de TV ou d’ordinateur, du journal quotidien, de la radio ou du guichet de la banque.

Jusqu’aux coins les plus reculés de la planète, grâce à la radio et au petit écran, des centaines de millions d’êtres humains à qui on nie le droit de satisfaire leurs besoins élémentaires, sont conviés à célébrer les dieux Marchés. Ici, au Nord, dans les journaux lus en majorité par les salariés, les ménagères, les chômeurs, une rubrique du type “ où placer votre argent ” est quotidiennement imprimée alors que l’écrasante majorité des lecteurs et lectrices ne détient pas la moindre action en bourse.

Des journalistes sont payés pour aider les croyants à comprendre les signaux envoyés par les dieux.

Pour amplifier, dans l’esprit des croyants, la puissance des dieux Marchés, des commentateurs annoncent périodiquement que ceux-ci ont envoyé des signaux aux gouvernements pour indiquer leur satisfaction ou leur mécontentement. Le gouvernement et le parlement grecs ont enfin compris le message envoyé et ont adopté un plan d’austérité de choc qui fait payer ceux d’en bas. Mais les Dieux sont mécontents du comportement de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande et de l’Italie. Leurs gouvernements devront aussi apporter en offrande de fortes mesures antisociales.

Les endroits où les dieux sont susceptibles de manifester leurs humeurs avec le plus de poids sont Wall Street à New York, la City à Londres, les Bourses de Paris, de Francfort ou de Tokyo. Pour mesurer leur contentement, on a inventé des instruments qui ont nom Dow Jones à New York, Nikkei à Tokyo, le CAC40 en France, le Footsie à Londres, le Dax à Francfort.

Pour s’assurer la bienveillance des dieux, les gouvernements sacrifient les systèmes de sécurité sociale sur l’autel de la Bourse. Ils privatisent, aussi.

Il faut se demander pourquoi on a donné des atours religieux à de simples opérateurs. Ils ne sont ni des inconnus, ni de purs esprits. Ils ont un nom, une adresse : ce sont les principaux dirigeants des deux cents grandes transnationales qui dominent l’économie mondiale avec l’aide du G7, la complaisance du G20 et des institutions, tels le FMI qui est revenu grâce à la crise sur le devant de la scène après une période de purgatoire. Il y a aussi la Banque mondiale et l’Organisation Mondiale du Commerce (celle-ci est assez mal en point mais sait-on jamais elle sera peut-être aussi à nouveau élue par les Dieux). Les gouvernements ne font pas exception : ils ont depuis l’ère de Reagan et Thatcher abandonné les moyens de contrôle qu’ils détenaient sur ces marchés financiers. Les investisseurs institutionnels (les « zinzins » : grandes banques, fonds de pensions, assurances, hedge funds…) qui les dominent ont reçu des gouvernements des milliers de milliards de dollars sous forme de dons ou de prêts qui servent à les remettre en selle après la débâcle de 2007-2008. La banque centrale européenne, la réserve fédérale des Etats-Unis, la banque d’Angleterre leur prêtent chaque jour à un taux inférieur à l’inflation des mannes de capitaux que les « zinzins » s’empressent d’utiliser de manière spéculative contre l’euro, contre les trésoreries des Etats,…

Aujourd’hui, l’argent peut traverser les frontières sans le moindre prélèvement d’impôt. Trois mille milliards de dollars circulent chaque jour dans le monde par-dessus les frontières. Moins de 2% de cette somme servent directement au commerce mondial ou aux investissements productifs. Plus de 98% servent à des opérations spéculatives principalement sur les monnaies, sur les titres de la dette, sur les matières premières.

Il faut mettre fin à cette banalisation d’une logique de mort. Il faut créer une nouvelle discipline financière, exproprier le secteur financier et de le mettre sous contrôle social, taxer fortement les « zinzins » qui ont provoqué puis profité de la crise, auditer et annuler les dettes publiques, mettre en œuvre une réforme fiscale redistributive, réduire radicalement le temps de travail afin d’embaucher massivement tout en garantissant le montant des salaires,… En deux mots, commencer à mettre en oeuvre un programme anticapitaliste.


P.-S.

Eric Toussaint, docteur en sciences politiques, préside le CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org ) ; auteur de Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010 ; coauteur avec Damien Millet de La Crise. Quelles Crises ?, Aden-CADTM-Cetim, Bruxelles-Liège-Genève, 2010.

Source : CADTM

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article
12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 22:40

cctp.jpg

Contre les nouvelles conquêtes coloniales des Européens !

Les 17 et 18 mai, se tiendra à Madrid la septième édition du sommet des chefs d’États de l’Union européenne (UE) et d’Amérique latine/Caraïbe (ALC), avec au menu une véritable politique de re-colonisation économique et militaire et la volonté d’entériner des traités de libre commerce avec l’Amérique centrale, la Colombie et le Pérou. Fondement des politiques européennes centrées sur la concurrence et le démantèlement de l’État par les privatisations, la stratégie de Lisbonne vise à gonfler les carnets de commandes des transnationales et à approfondir les politiques capitalistes au détriment de la souveraineté des peuples.
Face à cette offensive, un réseau bi-régional euro-latino-américain s’est mis en place en 2004 pour mener des campagnes communes et organiser un contre-sommet appelé « Sommet des peuples : Enlazando Alternativas ». Sa quatrième édition aura lieu du 14 au 18 mai à Madrid.
Ce Sommet des peuples est un moment fort de dénonciation et de mise en accusation des politiques de l’Union européenne qui favorise ses multinationales. Il permet de montrer à quel point les traités de libre commerce (TLC) signés par les pays d’ALC avec l’Europe n’ont rien à envier à ceux proposés par les États-Unis. Leurs conséquences sont tout aussi dramatiques : dépeçage des services publics, pillage des ressources naturelles, déplacement de communautés entières, dévastation de la biodiversité, épuisement des ressources hydriques, paupérisation de la main-d’œuvre, militarisation des territoires et criminalisation des luttes populaires et des migrants. Les multinationales européennes sont le fer de lance de cette politique.
Ce sommet alternatif vise également à mutualiser les luttes des peuples autochtones, latino-américains, caribéens et européens, et à travailler ensemble pour défendre les biens publics et renforcer la résistance et la mobilisation contre l’actuel système de domination.
Enfin, en Europe comme en ALC, des expériences de luttes et d’alternatives sont menées. Le Sommet est l’occasion de les faire connaître et notre participation active nous permettra d’articuler un contenu anti­capitaliste à la formule du « socialisme du xxie siècle » !

Des menaces sur les forces de gauche en Amérique latine

Malgré des années d’amélioration du rapport de forces en faveur de la gauche radicale en Amérique latine, les derniers mois en indiquent une possible inflexion : la droite latino-américaine, historiquement liée aux projets de domination impérialiste, progresse dans le sous-continent.
Ainsi, au Honduras, appuyés par les États-Unis et la droite latino-américaine, les conservateurs ont renversé Manuel Zelaya qui avait proposé un référendum en vue de convoquer une assemblée constituante et s’était rapproché de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques. Zelaya provenait pourtant d’un des deux grands partis de l’oligarchie hondurienne.
Au Chili, Pinera, le candidat de la droite, a été élu président en l’absence d’une vraie politique de gauche menée par l’alliance de la Concertation. Cela marque l’accentuation des politiques libérales dures imposées par la dictature de Pinochet.
En Bolivie, des pressions permanentes s’exercent sur le gouvernement d’Evo Morales, et les gouverneurs des provinces les plus riches mènent un combat sécessionniste et putschiste avec l’aide de la droite internationale.
La Colombie, bras armé des États-Unis, accueille de nouvelles bases militaires et, en plus d’exterminer son opposition politique, relaye au côté du Pérou les menaces impérialistes sur les gouvernements du Venezuela, d’Équateur, du Paraguay et de Bolivie.
En Haïti, profitant du séisme qui a ravagé le pays, l’armée américaine conforte sa présence dans la Caraïbe et la France fait de même.

Présence impérialiste de l’Union européenne en Amérique latine

L’Union européenne est le deuxième partenaire commercial (15 % du total) et investisseur dans cette région, derrière les États-Unis, et le premier bailleur d’aide au développement (60 % du total reçu par la région).
La vague de privatisations initiée dans les années 1980 par les gouvernements latino-américains à peine libérés des dictatures a donné l’occasion aux multinationales européennes de se ruer sur le continent. Elles ont multiplié par quatre « leurs investissements » et se sont emparé des biens publics, de l’eau, de l’électricité, du gaz, du pétrole, des télécommunications. La coopération européenne a favorisé leur implantation et les traités de libre commerce ont mis en place une législation favorable au-dessus des lois nationales. Ces multinationales étaient parfois encore des entreprises publiques en Europe, comme France Télécom et EDF.
Aujourd’hui, l’Europe cherche à fiabiliser son approvisionnement en ressources naturelles et accentue sa pression pour leur exploitation.
Dans le secteur des services, les demandes de libéralisation par l’UE organisent en particulier la précarité des étudiants des universités publiques. Elles bloquent l’accès à des services essentiels à la population comme les médicaments génériques, les semences paysannes, l’eau potable et l’assainissement.
Par leur mépris des droits des populations et de l’environnement, les multinationales européennes, à l’instar de Bayer, Repsol, Nestlé, Union Fenosa, Banco Bilbao, Telefonica, Suez ou Veolia, ont très rapidement réussi à fédérer contre elles des mouvements populaires de masse. Elles sont défendues avec constance par les gouvernements européens de droite et sociaux-démocrates.

Des liens à tisser, des propositions convergentes à construire

Les accords et traités de libre commerce sont aux antipodes des intérêts des peuples et de la survie de la planète, en Amérique latine comme en Europe. Dans ce cadre, il s’agit de forger un mouvement de défense d’intérêts communs, en démantelant les axes d’oppression impérialiste centrés sur l’imposition du système capitaliste et la répression des mouvements critiques.
Un des enjeux du contre-sommet, comme son nom l’indique, est d’entrelacer les alternatives, apprendre les uns des autres et organiser des solidarités concrètes et politiques dans les luttes sur les deux continents.
L’Amérique latine a fourni ces dernières années de nombreuses raisons de se réjouir des progrès de la gauche sociale et politique. Ces succès sont souvent le fruit de décennies d’implantation comme c’est le cas du Mouvement des sans-terre du Brésil, des mouvements indigènes d’Équateur (la CONAIE), de l’AIDESEP au Pérou, de la CAOI qui fédère des organisations des peuples originaires de six pays. Ces mouvements précurseurs ont très tôt lié les questions écologiques, la préservation du milieu naturel avec une conscience anti-libérale puis anticapitaliste. Ainsi, les indigènes de Bolivie donnèrent naissance au MAS, actuellement au pouvoir dans le pays, qui accueillera bientôt le sommet de défense de la terre et contre le réchauffement climatique à Cochabamba. Ces luttes, comme celles des mouvements de Piqueteros (chômeurs) et des entreprises récupérées et contrôlées par leurs salariés ou les luttes contre la privatisation de l’eau, donnent du grain à moudre pour nos luttes en Europe.
En plus de Cuba, le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur, malgré leurs limites et leur manque de définition stratégique, ont remis au goût du jour la possibilité concrète d’ôter le pouvoir des mains des castes dirigeantes, souvent racistes et toujours soucieuses d’amplifier leur taux d’enrichissement sur le dos des peuples de ces pays. Les progrès sociaux et l’alliance tissée avec les mouvements sociaux y ont aussi permis de populariser l’idée que le changement ne peut venir que d’une stratégie politique globale et internationaliste.
En Europe, la violence des attaques des classes dirigeantes domine le paysage politique. Malgré le slogan qui parcourt les pays européens, « Ce n’est pas à nous de payer leur crise », la situation est à l’évidence plus difficile pour la gauche anticapitaliste.
Même si la droite et la social-démocratie ont jusqu’à présent contenu les protestations populaires, à l’image de ce qu’il se passe en Grèce, elles n’en ont pas moins démontré leur incapacité à enrayer la crise. En tout cas, les gouvernements sont décidés à la faire payer par ceux qui n’ont que leur travail pour vivre.
Face à cette situation, de nouvelles formes politiques ont vu le jour comme c’est le cas du NPA en France ou du Bloc de gauche au Portugal (pour ne citer que celles-là).
Comme en Amérique latine, il nous faudra élargir et amplifier les luttes syndicales, écologistes, anticapitalistes pour espérer faire fructifier les nouvelles formulations politiques.
À Madrid, il s’agira de s’alimenter des expériences latino-américaines et de tisser des liens avec l’ensemble des forces sociales et politiques qui partagent avec nous l’objectif du renversement du capitalisme.

À Paris comme à Marseille : en route pour Madrid !

À Paris
Pour préparer le Sommet des peuples, deux journées de débats sont organisées à Paris par un collectif unitaire sur les thèmes qui seront développés à Madrid, sur les alternatives à construire et le contenu à donner au socialisme du xxie siècle.
Le vendredi 9 avril de 18 heures à 21h30 et le samedi 20 avril de 10 à 18 heures, à la Bourse du travail de Paris (3, rue du Château-d’Eau, métro République).
À Marseille
Une réunion publique de préparation de Madrid aura lieu le jeudi 25 mars à 18 h 30, salle Ritimo, 8, rue Barbaroux. Le thème en sera : l’eau, bien commun de l’humanité. Une réunion publique est prévue au retour de Madrid, le 21 mai, avec des représentants péruviens.

Madrid du 14 au 18 mai

Un forum social, une assemblée des mouvements sociaux, une grande manifestation internationale le dimanche 16, un Tribunal populaire des peuples pour lutter contre l’impunité des multinationales, un meeting anticapitaliste le samedi soir sont au programme, consultable sur :
www.enlazandoalternativas.org

Repost 0
Published by cuba si lorraine - dans monde
commenter cet article