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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 08:37


Il souffle sur ce pays des airs différents, que je vous ai déjà insufflés en ce lieu ici ou là.Des air de fêtes, de joie, magiques sous certains airs. Realistes sous d'autres.Alizés insaisissable, une vapeur multiple. Pas descriptible, mais qui file, comme le vent.Et puis d'autres airs beaucoup plus tragiques, venus du passé.
Histoire de prendre un peu l'air après une journée de travail acharnée, les soufflements provoquées par les ventilateurs dans la salle sans aération qui me sert de studio d'édition ne suffisant plus à m'aérer en cette chaude journée d'avril.
Assis sur le banc à l'entrée de l'aire d'accueil, je sens soudain une brise fraiche qui vient s'insuffler à l'intérieur du cénacle. Et qui devient de plus en plus forte. Il souffle.A côté de moi, les deux paysans venus chercher un peu d'air dans leur quotidien de sueur, discutent avec un des travailleurs. « Ils fait plutôt frais pour la saison »L'un deux s'adresse à moi, me voyant de vent :
« Avant ce n'était pas comme ça » souffle-t-il d'un air triste.
Avant quoi lui répondis-je ?
« Avant tout ça, tout ça, tout ce que tu vois, le monde tel qu'il est. Avant il n'y avait pas de vent ici. Jamais. Ou si peu. Parce qu'il y avait la forêt, ici. Maintenant il n'y a plus la forêt. Et là bas non plus. Pi tu sais que ce que tu vois là comme vent, ce n'est rien. »
Et les voilà à se raconter les histoires de villages, de chapelle, de quartier, du monde rural, comment le toit de telle ou telle maison s'envola à la suite de la dernière tempête.
« et tu sais pas la dernière ? l'église évangélique dans la communauté là bas, il l'ont construite en terrain tout net, sans rien autour. Et l'autre fois ça a soufflé dans le coin tu te rappelle ! Et bien le toit et parti. Et tu sais où il est allé ? Juste à côté de l'Eglise catholique, qui est à quelques pas. Elle elle a gardé son toit ! Et tu sais pourquoi ? Pas parce qu'elle était mieux construite ! Parce qu'il y avait les arbres autour. »
Ils rient gaiement
Je demande : mais d'où vient-t-il ce vent ?
« De l'Est, du Nord, de là bas, loin loin, au Brésil ».
Et puis le type prend une pause se tourne vers moi et me souffle :
« Tu sais gringo, il y a eu le caoutchouc et ils avaient besoin des arbres. Ils y eu la cacahuète et ils en ont encore besoin. Mais demain, pour personne il n'y aura plus rien. ils ne replantent pas, il n'en ont rien à faire. Ils ont essayé l'élevage, ça ne marche pas ici. Alors ils ont arrêté. Ils ont essayé le soja, ça n'a pas marché, alors ils ont arrêté. Et pendant ce temps ils coupent, ils taillent, ils brûlent, de manière la plus sauvage et destructrice. Et maintenant le vent souffle ici, parce que les arbres ne l'arrêtent plus. Parce qu'il n'y en a plus. Et pour nous les paysans, il n'y aura bientôt plus rien. Le vent viendra et emportera tout. Et ce sera un désert, Riberalta disparaitra et nous aussi. Et vous êtes les seuls qui tentez d'y faire quelque chose ».
Ma pause ventilatoire s'achève. Je remercie les personnes de m'avoir éventé de leurs savoirs, et je retourne travailler. Sur fronton de l'entrée est inscrit le logo du lieu : Institut Pour l'Homme, l'Agriculture et … l'Ecologie.
Le mot est dans le vent, c'est pourtant la seule fois où je le rencontre depuis que j'ai décidé de prendre l'air de Bolivie.
Le vent se lève, le froid arrive et le ciel s'obscurcit. Voilà la pluie.

 

Source : Escapades Bolivariennes

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 08:31

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LA PAZ - La "Conférence mondiale des peuples" sur le changement climatique, que la Bolivie doit accueillir en avril à Cochabamba (centre), défendra l'idée d'un référendum planétaire sur le réchauffement, ont indiqué mardi les organisateurs boliviens.

Plusieurs milliers de personnes, issus principalement de mouvements sociaux, et peuples indigènes, sont attendus à la Conférence du 20 au 22 avril, qui vise à "donner la voix aux peuples" sur le réchauffement climatique, après l'échec de la conférence de l'ONU de Copenhague, selon le gouvernement.

L'un des principaux organisateurs, l'ambassadeur bolivien à l'ONU Pablo Solon, n'a pas communiqué mardi de liste de chefs d'Etat, de gouvernement, ou de scientifiques participants. Mais il a assuré la présence de délégués de "94 pays et représentants de 70 gouvernements".

Le président Evo Morales, qui a lancé en janvier l'invitation urbi et orbi aux gouvernants, scientifiques et mouvements sociaux, a évoqué ce week-end la venue confirmée de "quelques présidents sud-américains", sans précision.

En l'état actuel, la conférence aux contours encore vagues, à mi-chemin entre forum environnemental et tribune politique, semble devoir reprendre des thèmes développés à Copenhague en décembre par Morales, l'un des gouvernants du bloc anti-libéral d'Amérique latine.

Parmi ceux-ci, un réferendum planétaire avec "l'objectif d'atteindre 2 milliards de personnes", car "la seule chose qui puisse sauver (l'homme) d'une tragédie (climatique) est l'exercice de la démocratie mondiale", a déclaré Pablo Solon à la presse mardi.

Morales avait aussi proposé à Copenhague d'affecter à la lutte contre le réchauffement des "budgets nationaux supérieurs à la défense", d'instaurer un "tribunal de justice climatique", de "changer le système de surconsommation (...) capitaliste", propositions qui seraient soumises au référendum.

Le modus operandi d'un tel reférendum doit être débattu à Cochabamba, ainsi que des propositions de mouvements sociaux participants, a déclaré Solon. Les conclusions seront transmises à la prochaine conférence de l'ONU sur le changement climatique, prévue en décembre au Mexique.

(©AFP / 17 mars 2010 00h52)

 
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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 08:36

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Rachetés par l'Algérie, les sept hôpitaux ophtalmologiques réalisés par des partenaires cubains prodigueront des soins gratuitement aux populations. C'est là l'engagement du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Said Barkat, qui s'est exprimé en marge de la séance questions orales à l'APN, organisée jeudi.

Le ministre de la Santé a estimé, en effet, que la décision d'achat des hôpitaux cubains et le maintien à leurs postes des spécialistes cubains en tant que coopérants est une «décision politique».

Parmi les établissements de santé nationalisés, on peut citer celui de Djelfa, opérationnel depuis quelque temps, de Ouargla, Béchar et El Oued qui seront bientôt réceptionnés. La récupération des quatre hôpitaux a coûté à l'Etat plus de 3 milliards de dinars.

C'est le ministère des Finances qui s'est chargé du paiement, a tenu à indiquer le premier responsable du secteur de la santé.

Quant à la réalisation des hôpitaux de Sétif, Tlemcen et Tamanrasset, le ministre a ajouté que les travaux seront lancés prochainement.

M. Barkat a évoqué, par la même occasion, l'épineuse question de la gestion de ces établissements, soulevée lors de la dernière réunion de la commission mixte algéro-cubaine.

Il a été convenu que l'Algérie acquiert ces hôpitaux tout en permettant aux spécialistes cubains, notamment des médecins, de continuer à travailler.

La mission proprement dite de gestion sera confiée à des algériens.  Le ministre s'est exprimé également sur le travail des cliniques dentaires privées. Elles devront, a-t-il souligné, impérativement utiliser des équipements de stérilisation modernes.

Un délai de 20 jours leur a été accordé pour se conformer à cette mesure. «Je serai intransigeant avec les cliniques qui utilisent encore des moyens de stérilisation à chaleur sèche», a-t-il averti. Près de 180 contrôleurs de l'hygiène ont été formés au niveau des infrastructures publiques et privées.    

Au sujet de la disponibilité de médicaments, le ministre a confirmé la pénurie de vaccin pour nourrissons. Il s'agit,  selon lui, de certains types de vaccins qui connaissent une tension. M. Barkat s'étonne du fait que les vaccins en question existent chez le privé et non pas dans les hôpitaux publics.

Toutefois, il a assuré que d'ici fin du mois d'avril, le problème sera «pris en charge», et que pour chaque produit médical, il sera constitué un stock de trois mois.  


N. B.

 

http://www.letempsdz.com/content/view/35179/1/

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 08:27

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Depuis que le débat sur les accommodements raisonnables enflamme les discussions et divise la société entre tolérants et intolérants, je me suis abstenu de prendre position, ce qui ne signifie pas que je n’ai pas des idées claires sur le sujet. Mais cela ne m’empêche pas d’écouter ce qu’on dit à ce propos sur différentes tribunes.


J’ai, pour ainsi dire, connu les deux côtés de la chose, étant ici Québécois de souche et ayant vécu comme exilé ou réfugié ou immigrant, à Cuba puis en France pendant près de 10 ans. Même si je n’ai pas la peau noire et possède visiblement les caractéristiques de ceux qu’on dit de «type caucasien», j’ai néanmoins subi le regard qu’on porte sur celui qui vient de l’extérieur, celui qui n’est pas pareil que la majorité, un regard parfois d’envie et parfois de mépris.


À Cuba, j’en ai déjà parlé dans une chronique, on ne connaît pas ce genre de problème. Tout se déroule dans une seule langue, l’espagnol, et c’est vraiment réconfortant. Est-ce pour autant une société homogène, uniforme, tricotée serrée, peu ouverte, avec une majorité de Cubains «de souche»?


Au contraire, ce qui saute aux yeux, c’est cette mixité incroyable, ce métissage réussi, cette diversité assumée qui étend ses influences sur tous les aspects de la vie en société: architecture, cuisine, sports, mode vestimentaire, religion et superstition, musique, danse, etc., tout en formant un maillon solide, cultivé et original de la grande chaîne hispanophone.

Récemment d’ailleurs, un Cubain d’origine chinoise est venu à Montréal pour y rencontrer la communauté chinoise et raconter comment il s’était intégré à la société cubaine et comment, tout jeune, il s’était joint à l’Armée rebelle pour lutter contre Batista.


Bien sûr, on argumentera que Cuba n’est pas un pays migratoire et vous avez parfaitement raison. On dira également qu’il s’agit d’un pays communiste et que personne ne rêve d’y vivre. Ce qui est vrai et faux, selon qu’on aime ou qu’on déteste vivre dans un pays qui lutte pour une société plus juste et égalitaire et où il est impossible de s’enrichir aux dépens des autres citoyens moins fortunés.


En France, c’était une autre paire de manches. Au début, lorsque je frappais aux portes d’organismes sociaux pour demander de l’aide, les gens me disaient: Heureusement, vous n’êtes pas Arabes, ça va être plus facile... Combien de fois, par la suite, n’ai-je pas constaté des manifestations d’intolérance de la part de Français de souche. Pourtant, à l’époque, la France importait de la main-d’œuvre, à partir de ses anciennes colonies, pour exécuter les basses besognes que ses propres citoyens ne voulaient pas exécuter. La situation a beaucoup changé depuis, et la terre d’asile qu’était la France est devenue une terre où l’on expulse cette main-d’œuvre dont on n’a plus besoin.


Je me rappelle également que lorsque la situation politique a commencé à changer favorablement dans nos pays, à la fin des années 1970 et dans le courant des années 1980, les exilés que nous étions à Paris, Québécois, Chiliens, Argentins, Uruguayens, Brésiliens, quittaient presque tous «la plus belle ville au monde», Paris, pour regagner leur patrie meurtrie, malgré les difficultés que cela supposait, les incertitudes, le déracinement, etc. Ainsi, tous les militants du FLQ exilés à Paris sont revenus vivre au Québec, même en sachant qu’il faudrait faire de la prison.


Je crois qu’il n’existe pas de plus bel endroit au monde que le pays où nous sommes nés. C’est celui dont on rêve tous, où que l’on soit et peu importe les raisons qui ont fait qu’on l’a quitté. Aussi je crois que si des efforts étaient vraiment consentis, au niveau de l’aide humanitaire, pour abolir la faim dans le monde et construire, dans les pays du tiers-monde, les infrastructures nécessaires pour y parvenir, il n’y aurait plus guère de problèmes d’accommodements, ici ou ailleurs.


Demandez à un Haïtien à Montréal s’il ne rêve pas de retourner sur son île, si jamais les conditions de vie le permettaient. Qu’est-ce que vous croyez qu’il répondrait?

 

http://www.canoe.com/infos/chroniques/jacqueslanctot/archives/2010/04/20100408-151014.html

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 08:16

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Dans le cadre de la Journée de commémoration nationale des mémoires de la traite négrière de l’esclavage et de leurs abolitions du 10 mai, l’équipe scientifique et culturelle de la MCUR a dressé cent portraits de femmes et d’hommes de divers pays qui, par leurs actions, ont défendu les idéaux d’égalité et de liberté. Chaque jour “Témoignages” publiera quelques fiches.

• Henry Brown - 1815-1878 (?) (Etats-Unis)

Henry Brown est né esclave en 1815 dans le comté de Louisa, en Virginie.

En 1830, il est envoyé à Richmond travailler dans une usine de tabac. Il se marie avec une autre esclave, Nancy, avec laquelle il aurait eu trois enfants.

En 1848, sa femme et ses enfants sont vendus à un marchand d’esclaves et envoyés en Caroline du Nord. Henry Brown est décidé à obtenir sa liberté. Il élabore alors un plan qui lui vaudra le surnom de
« box » (boîte) : « j’eus soudain l’idée de me faire enfermer dans une boîte et de me faire livrer comme une marchandise vers un État libre ».
Brown est enfermé par C. A. Smith, un sympathisant “blanc”, en échange de toutes ses économies, dans une boîte de bois. Dans cette boîte de 1,50 mètre de profondeur, 1,20 mètre de large et de moins d’un mètre de long, Brown va parcourir 442 kilomètres, de Richmond à Philadelphie, soit 26 longues heures de voyage. Sa boîte transite de nombreuses façons : voie ferrée, bateau à vapeur, ferry, chariot de livraison. Elle est violemment manipulée, retournée… mais Brown reste impassible et jamais ne trahit sa présence. A son arrivée, la boîte contenant Brown est reçue par deux abolitionnistes, Miller McKim et William Still.

Plus tard, Henry Brown écrira l’histoire de sa vie et créera un panorama appelé “Miroirs de l’esclavage” où il décrira sa vie d’esclave et sa fuite. Il deviendra un porte-parole célèbre de la Société anti-esclavagiste américaine.


• Carlotta -  ?-1843 (Cuba)

Carlotta est l’une des grandes figures cubaines de lutte contre l’esclavage.

En 1843, elle dirige la rébellion de l’usine à sucre Triunvirato à Cuba. Cette révolte, dont les répercussions se font connaitre au-delà des frontières, a pour effet d’encourager la lutte contre l’esclavage à Cuba.

Le succès de Triunvirato stimule en effet le combat des esclaves, et les attaques surprises se multiplient. Ainsi sont libérées les propriétés de Santa Ana, Guanabana, Sabanilla del Encomendador, affectées aux usines à sucre de Concepción, San Lorenzo, San Miguel, San Rafael ainsi qu’aux plantations de café et aux fermes d’élevage.

Carlotta est capturée et écartelée vivante, attachée à des chevaux.

L’esclavage sera aboli à Cuba en 1886.

Le courage de Carlotta et son combat libérateur feront partie du patrimoine cubain. Son nom sera donné à l’opération qui marquera le début de l’engagement militaire de Cuba en Angola, il y a une trentaine d’années.

 

http://www.temoignages.re/100-combattants-pour-la-liberte,42661.html

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 07:43

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Le gouvernement de Bolivie a confirmé qu'il y a jusqu'à présent plus de 7 500 personnes, venant de 107 pays, qui sont inscites pour participer à la Conférence Mondiale sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre Mère qui se tiendra dans la ville de Cochabamba du 20 au 22 Avril.

Le ministre Bolivien David Choquehuanca a dit lors d'une conférence de presse qu'il était attendu que ce nombre augmente encore beaucoup et il a assuré que "quelques présidents" participeront à cette conférence. "Les noms de ces derniers seront communiqués dans les derniers jours, mais plusieurs présidents ont confirmé leur participation" a-t-il déclaré.

De fait, le président Equatorien Rafael Correa a indiqué aujourd'hui dans une déclaration publiée par le site internet du Secrétariat à la Communication de la Présidence d'Equateur, qu'il est probable qu'il y assiste.

De même, Choquehuanca a donné des détails concernant les personnalités qui ont confirmé leur participation à la rencontre de Cochabamba, noms "connus dans le monde universitaire comme étant les "lumières" ".

Parmi ceux-ci se détachent l'écrivain Canadien Naomi Klein, et le leader de l'anti-globalisation et eurodéputé écologiste José Bové, le journaliste espagnol Ignacio Ramonet, et le premier Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel.

Ont aussi confirmé leur présence l'homme politique Nicaraguayen Miguel D’Escoto, l'acteur Nord-Américain Danny Glover, et l'eurodéputé espagnol Willy Meyer, dont c'est le tour de présider l'assemblée interparlementaire eurolatinoaméricaine.

En outre, il y aura des délégations officielles de l'Equateur, de la Georgie, du Mexique, du Sénégal, de Myanmar, de la France (JL Borloo ?... ), du Brésil, de l'Egypte, de Cuba, de la Russie, de la Grande Bretagne, de la Suisse, du Panama, du Mali et de l'Ethiopie, ainsi que des représentants d'organisations internationales comme l'ONU, la FAO et l'UNESCO.

"C'est une opportunité pour nous monter au monde (...). Nous avons presque tout organisé", a assuré le ministre Bolivien.

Choquehuanca en a profité pour rappeller que le 22 Avril, date de clôture de la Conférence, coïncidera avec le premier anniversaire de la déclaration par laquelle la planète est reconnue comme terre Mère, reconnaissance à l'initiative de la Bolivie.

"Ce n'est pas par hasard que c'est nous qui avons organisé cette Conférence Mondiale, ce n'estpas par hasard non plus que notre président qui a parlé devant les Nations Unies des 1 points pour sauver la Terre Mère" a dit le ministre.

"Quelque chose va sortir de cette rencontre. Nous avons de grands défis [à affronter]" a-t-il conlu.

En espagnol:
http://www.cubadebate.cu/noticias/2010/04/07/bolivia-confirma-7500-inscritos-107-paises-cumbre-cambio-climatico

 

Traduction : Alma

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 15:29
 

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Avec son élection, le président Obama a offert au monde un excellent remake de «Devine qui vient dîner ce soir» de Stanley Kramer (1967); sauf que cette fois-ci ce n’est pas la mignonne fiancée blanche qui est en jeu mais bel et bien le siège du plus puissant exécutif de la planète. Sur le moment, la prise de possession de ce saint des saints fut historiquement palpitante. Une grande nouveauté historique venait d’être inscrite en lettres d’or dans le panthéon des Etats-Unis. On y a vu des explosions de joie sincères et des larmes authentiques.
L’événement était si saisissant qu’il est arrivé à éclipser la performance de son collègue Sarkozy qui avait fait parvenir, selon ses propres dires, le fils d’un immigré à la tête de la démocratie française. Même au Maroc, cette élection d’Obama nous est parue grandiose. Pourtant, les populations ici ont une certaine habitude de ce genre de changement de commandement. Elles sont multiethniques bien avant Juba II.
Aussi, ce qui nous intéresse ici au-delà du côté people de l’évènement, c’est ce qui va advenir après et ce qui va rester de l’autonomie et de la dignité des peuples et des droits de l’homme. Car, de ce point de vue, nous savons que le peu que nous avons pu conquérir et préserver a été peu à peu grignoté et pour l’essentiel effacé et détruit par le Patriot act ou loi dite anti-terroriste, dictée par les fanatiques de l’équipe Bush.
Ce qui nous intéresse après cette historique élection, c’est ce qui va advenir et demeurer de nos indépendances et de nos souverainetés en tant que Nations du tiers-monde, arabes et africaines, eu égard au processus de domination de l’Empire américain. La question est: est-ce que cette nouvelle présidence va au moins rétablir la situation dans le monde telle qu’elle était avant le passage de Bush et ceci particulièrement en évacuant et en reconnaissant les torts et les crimes américains en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, en Somalie, etc. Et surtout, en accompagnant la société civile et les mouvements de défense des droits de l’homme et de la démocratie au lieu de soutenir dans ces pays et ailleurs les dictatures et les autocraties, leur fournissant même des prétextes pour réprimer à volonté leurs opposants sous le fallacieux prétexte du terrorisme. On y utilise trop souvent cet épouvantail pour réprimer alors qu’il ne s’agit souvent pour ces opposants que d’exercice ordinaire de la liberté d’expression telle d’ailleurs que les Etats-Unis la reconnaissent eux-mêmes volontiers chez eux.
La question est: est-ce que Obama incarne le changement qu’il a annoncé et qui suppose respect des peuples et liberté pour les personnes ou n’est-ce que la continuité de la politique impérialiste américaine sous couvert d’un discours de circonstance. Est-ce, en un mot, rien d’autre que la continuité du yankisme autrement? (sur le yankisme historique, voir encadré).

Que va changer le président Obama?


Actualisons. La vérité depuis 1945 est que les Etats-Unis fondent leur politique étrangère sur la volonté d’étendre le modèle économique américain et par le fait même de dominer le monde. Cela est évident avec la propagation de l’économie libérale et la guerre idéologique vues à travers le prisme de la guerre froide. L’Empire américain a toujours prétendu qu’il avançait sans idéologie. En fait, son expression yankiste en est une en soi. Il est l’héritier des empires historiques, il défend ses intérêts sous forme de croisade mais sous couvert de liberté commerciale, de démocratie républicaine et de triomphe de l’American Way of Life. Depuis cette date, il a agressé tous azimuts et a attaqué la Corée, Cuba, le Vietnam, le Nicaragua, le Chili, l’Angola, l’Afghanistan. Pour contrecarrer la présence des Soviétiques, il allait jusqu’à créer des oppositions parfois artificielles, fomenter le chaos et l’anarchie ou soutenir des despotes pourvu qu’ils deviennent avocats et défenseurs des intérêts de l’Empire (J. Laferrère: L’Amérique est-elle une menace pour le monde? JC Lattès).
Dans tous ces engagements, l’Empire ne fut pas toujours vainqueur bien qu’il remporta une grande victoire à la fin de la guerre froide. Mais, cette victoire et l’accalmie qui devait s’en suivre furent de courte durée. C’est que la machine de guerre américaine a besoin d’un démon à combattre pour se perpétuer. Elle porta alors son dévolu sur la dictature de Saddam Hussein. C’était un parfait candidat. Il était un dictateur sanguinaire qui plus est à la tête d’un pays aux richesses immenses et où les hommes d’affaires américains pouvaient faire de grosses affaires. Lui déclarer la guerre permettrait à la machine industrialo-militaire américaine de se déployer à volonté: en l’attaquant d’abord en 1991 pour avoir envahi le Koweït, en le bombardant ensuite durant une décennie et en plongeant enfin son pays dans le chaos avec l’invasion de 2003. L’Amérique avait trouvé son démon idéal. D’autant plus qu’il lui permettait d’affaiblir et d’effrayer d’un coup et en totalité le camp arabe face à Israël. En fait, c’est Israël qui fut le gagnant principal de cette invasion puisque en fin de compte l’Empire américain a fini par perdre la guerre en Irak.
Abusant de mensonges éhontés et ne recherchant que la domination des richesses sur toute la planète, l’impérialisme crée, en effet, ses propres prétextes pour occuper et détruire. L’Irak ne pouvait échapper à cette logique. Avant son invasion, il était le seul pays dont les richesses pétrolières étaient encore nationalisées et ne relevaient que des autorités irakiennes. Pour l’occuper et accaparer ses richesses, il était facile de le dénoncer à la fois comme régime dictatorial et possédant des armes de destruction massive. Régime dictatorial, il l’était à l’évidence mais il n’était pas le seul dans la région. Mais des armes de destruction massive, il n’en avait pas.
Peu importait le mensonge, l’invasion de l’Irak se conclura par la destruction, la mort, le chaos et le saccage de toute une civilisation. En fait, l’invasion de l’Irak entraîna la dévastation de la seule entité de la région capable, par ailleurs, de contrecarrer Israël. Or, cet Etat est l’allié le plus rapproché des Etats-Unis. Il l’est à un point tel que cela ne s’est jamais vu durant l’Histoire.
Cela s’explique. Israël ne se considère pas uniquement comme une parmi des autres composantes qui forment les Etats-Unis, mais comme celle parmi ces entités qui a le plus d’influences sur sa politique intérieure. Aucun dirigeant américain ne peut, en effet, prétendre gagner une élection s’il n’a pas l’aval du lobby sioniste et de l’électorat juif. La conséquence en est que les dirigeants des Etats-Unis ne peuvent envisager la politique étrangère de leur pays si elle n’est pas à son service comme bouclier et financier d’Israël. Face à cela, peu importe aux Américains ses exactions, ses crimes de guerre et ses destructions en Palestine. A ce titre, ils apparaissent bien comme de véritables complices actifs des crimes sionistes.
Pour obtenir son ticket à la candidature, Obama n’avait d’ailleurs de cesse de répéter son appui inconditionnel à l’Etat hébreu. Il a même persévéré au plus fort du carnage qui a marqué l’attaque contre Gaza. Et c’est pour cela que personne aujourd’hui ne réfute que la somme de tous ces agissements américains à travers le monde ne sont pas étrangers à la montée de ce que les victimes de ces exactions et violences appellent résistance, et les autres en face terrorisme.
De la même façon, l’invasion de l’Afghanistan n’échappe pas à cette logique fondée sur le mensonge, la destruction et l’occupation. Les prétextes cette fois-ci sont uniquement l’obscurantisme et le terrorisme, l’Afghanistan étant trop rural pour fabriquer les armes de destruction massive (R. Trembley, Le nouvel empire américain: causes et conséquences pour les Etats-Unis et le monde, L’Harmattan).

Une autre manière de parler au monde


En fait, les véritables causes de l’invasion de cette nation de résistants sont à chercher ailleurs. Elles sont en fait économiques, politiques et idéologiques. En s’installant en territoire afghan, les Etats-Unis cherchent plusieurs avantages : intervenir rapidement en Iran et d’autres pays comme le Pakistan ou l’Inde, surveiller de près les activités de la Russie et de la Chine… La motivation économique, déterminante aussi, est que l’Afghanistan est un lieu stratégique pour l’acheminement du gaz et du pétrole de la région vers l’océan Indien et l’Asie centrale.
Le prétexte de la lutte contre le terrorisme et l’obscurantisme n’est donc qu’une façade. Qu’un prétexte. Les véritables motivations de l’occupation de l’Afghanistan sont politiques, économiques et hégémoniques comme le débarquement en Haïti après le séisme, n’est pas qu’humanitaire.
Les Américains ont débarqué en Haïti avec une rapidité dont ils se gardent bien de faire preuve dans d’autres situations. Car, c’est bien la même Administration qui traîne plutôt des pieds quand il s’agit du réchauffement climatique ou quand il s’agit de venir en aide suite à l’insupportable et à l’indicible misère que vivent les populations de Gaza meurtries par les agressions et les agissements d’Israël qui maintient toute une population affamée dans une prison à ciel ouvert. En Haïti ou en Afghanistan, le président Obama dégaine comme dans un western parce qu’il y a des intérêts yankees à défendre. Il regarde ailleurs si l’insupportable, l’insoutenable ou l’injustice ne les touchent pas.
C’est cela le yankisme ordinaire dans toute sa splendeur. D’aucuns osent en parler en termes de cynisme. Mener des guerres pour dominer et étendre son hégémonie en tuant et en détruisant. Avec Obama, les actes présidentiels fondateurs ont été d’un côté, des discours remarqués à Istanbul ou au Caire, et de l’autre envoyer plus de soldats en Afghanistan et une armada à Haïti. Avec cette double méthode, un yankisme nouvelle manière est en train de prendre forme. Sa différence est qu’il s’inscrit dans la même politique extérieure, mais avec en prime une certaine rhétorique. Le poète haïtien a toujours raison. Il faut «de l’or au yankisme pour être… ou ne pas être». Avec Obama, c’est le même yankisme, mais autrement enrobé.


«Il (lui) faut de l’or…»


Massillon Coicou, poète haïtien mort au tout début du XXe siècle est celui qui a le premier rendu célèbre le mot yankisme. C’est un personnage monumental de par son engagement politique et sa quête de la liberté et de la vérité. Bien que peu connu, il est, à l’image d’un Victor Hugo, une autre personnalisation de la littérature engagée. Ce poète a été marqué toute sa vie par l’esprit de résistance.
En tant que fils de l’île Hispaniola, unie au départ et scindée en deux Etats par la suite: Haïti et Saint Dominique, il put très vite mesurer les véritables visées américaines tendant à s’accaparer de la souveraineté et des immenses richesses dont regorge son pays. A propos du yankisme, le poète dit «Il (lui) faut de l’or. Pour être, ou ne pas être. Time is money. Le crime aussi… Ces fiers yankees proclament que la force prime le droit!... Les Washington et les Franklin dont vous hâtez le déclin, Vous, vous n’avez que dédain pour les peuples qui grouillent, Des géants près au larcin… fouillent la poche, un poignard assassin…». Cette triste et belliqueuse vision, ce comportement avide et insatiable ont-ils changé depuis le poète haïtien? Surtout changeront-ils avec Obama?

 

http://www.leconomiste.com/article.html?a=99410

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 08:12

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Noam Chomsky à Paris

La venue de Noam Chomsky à Paris permettra aux Français de rencontrer et d’entendre l’homme dont le New York Times, un journal qui pourtant ne l’aime guère (et la réciproque est sans doute vraie), a dit qu’il était « sans doute le plus grand intellectuel vivant aujourd’hui ». Il est aussi celui qu’on a qualifié de « dissident numéro un de l’Amérique ».

Linguiste qui a révolutionné sa discipline, Chomsky est plus largement connu dans le monde pour sa critique du pouvoir, inspirée par la tradition libertaire, pour son ironie mordante envers les bonnes intentions proclamées de la politique étrangère américaine (« démocratie », « droit des peuples », etc.) et pour les critiques redoutables qu’il a toujours adressées au « clergé séculier » des intellectuels et des journalistes.

En 1964, au moment de la guerre du Vietnam, Chomsky appuie les étudiants qui refusent leur incorporation ; il refuse de payer ses impôts deux ans plus tard pour ne pas financer des opérations de guerre qu’il réprouve avec véhémence ; l’année suivante, il est arrêté à l’occasion d’une manifestation devant le Pentagone. A l’époque, il est professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et, plutôt que de prendre des risques politiques et personnels, il aurait donc pu se couler dans l’existence d’un de ces « nouveaux mandarins » dont le courage se limite à l’envoi d’un point de vue moralisant à un grand journal…

Chomsky n’a jamais hésité à épouser des causes impopulaires, dont la défense du droit d’exprimer des points de vue honnis, y compris par lui-même. Ce choix lui a valu davantage de soucis en France qu’aux Etats-Unis (où la liberté d’expression constitue un principe quasiment absolu).

Plus généralement, il a pour habitude de remuer la plume ailleurs que dans la plaie des autres : « Je suis citoyen des Etats-Unis et j’ai une part de responsabilité dans ce que fait mon pays. J’aimerais le voir agir selon des critères moraux respectables. Cela n’a pas grande valeur morale de critiquer les crimes de quelqu’un d’autre – même s’il est nécessaire de le faire, et de dire la vérité. Je n’ai aucune influence sur la politique du Soudan, mais j’en ai, jusqu’à un certain point, sur la politique des Etats-Unis » The Guardian, 20 janvier 2001). (

Au moment où le président Barack Obama bénéficie d’une grande sympathie en Europe et ailleurs, le point de vue que Chomsky exprimera à Paris sur la nouvelle administration américaine revêtira un intérêt particulier.

Le Monde diplomatique organise une conférence-débat avec Noam Chomsky le samedi 29 mai au Théâtre de la Mutualité, à 16 heures. Il est d’ores et déjà possible de commander des places sur le site de la Fnac. 500 billets sont réservés aux amis du Monde diplomatique.

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 08:02

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Propos recueillis par Daniel Mermet en 2007

Rachats de grands journaux – le « Wall Street Journal » aux Etats-Unis, « Les Echos » en France – par des hommes fortunés habitués à plier la vérité au gré de leurs intérêts (lire aussi, dans ce numéro, « Prédateurs de presse et marchands d’influence », par Marie Bénilde), médiatisation outrancière de M. Nicolas Sarkozy, cannibalisation de l’information par les sports, la météo et les faits divers, le tout dans une débauche de publicités : la « communication » constitue l’instrument de gouvernement permanent des régimes démocratiques. Elle est, pour eux, ce que la propagande est aux dictatures. Dans un entretien accordé au journaliste de France Inter Daniel Mermet, l’intellectuel américain Noam Chomsky analyse ces mécanismes de domination et les replace dans leur contexte historique. Il rappelle, par exemple, que les régimes totalitaires se sont appuyés sur les ressorts de la communication publicitaire perfectionnés aux Etats-Unis au lendemain de la première guerre mondiale. Au-delà, il évoque les perspectives de transformation sociale dans le monde actuel, et ce à quoi pourrait ressembler l’utopie pour ceux qui, malgré la pédagogie de l’impuissance martelée par les médias, n’ont pas renoncé à changer le monde.

Daniel Mermet : Commençons par la question des médias. En France, en mai 2005, lors du référendum sur le traité de Constitution européenne, la plupart des organes de presse étaient partisans du « oui », et cependant 55 % des Français ont voté « non ». La puissance de manipulation des médias ne semble donc pas absolue. Ce vote des citoyens représentait-il aussi un « non » aux médias ?

Noam Chomsky : Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public (1). C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. La masse de l’opinion publique paraît, elle, moins tributaire du discours des médias.

Prenons, par exemple, l’éventualité d’une guerre contre l’Iran : 75 % des Américains estiment que les Etats-Unis devraient mettre un terme à leurs menaces militaires et privilégier la recherche d’un accord par voie diplomatique. Des enquêtes conduites par des instituts occidentaux suggèrent que l’opinion publique iranienne et celle des Etats-Unis convergent aussi sur certains aspects de la question nucléaire : l’écrasante majorité de la population des deux pays estime que la zone s’étendant d’Israël à l’Iran devrait être entièrement débarrassée des engins de guerre nucléaires, y compris ceux que détiennent les troupes américaines de la région. Or, pour trouver ce genre d’information dans les médias, il faut chercher longtemps.

Quant aux principaux partis politiques des deux pays, aucun ne défend ce point de vue. Si l’Iran et les Etats-Unis étaient d’authentiques démocraties à l’intérieur desquelles la majorité détermine réellement les politiques publiques, le différend actuel sur le nucléaire serait sans doute déjà résolu. Il y a d’autres cas de ce genre.

Concernant, par exemple, le budget fédéral des Etats-Unis, la plupart des Américains souhaitent une réduction des dépenses militaires et une augmentation, en revanche, des dépenses sociales, des crédits versés aux Nations unies, de l’aide économique et humanitaire internationale, et enfin l’annulation des baisses d’impôts décidées par le président George W. Bush en faveur des contribuables les plus riches.

Sur tous ces sujets-là, la politique de la Maison Blanche est totalement contraire aux réclamations de l’opinion publique. Mais les enquêtes qui relèvent cette opposition publique persistante sont rarement publiées dans les médias. Si bien que les citoyens sont non seulement écartés des centres de décision politique, mais également tenus dans l’ignorance de l’état réel de cette même opinion publique.

Il existe une inquiétude internationale relative à l’abyssal « double déficit » des Etats-Unis : le déficit commercial et le déficit budgétaire. Or ceux-ci n’existent qu’en relation étroite avec un troisième déficit : le déficit démocratique, qui ne cesse de se creuser, non seulement aux Etats-Unis, mais plus généralement dans l’ensemble du monde occidental.

D. M. : Chaque fois qu’on demande à un journaliste vedette ou à un présentateur d’un grand journal télévisé s’il subit des pressions, s’il lui arrive d’être censuré, il réplique qu’il est entièrement libre, qu’il exprime ses propres convictions. Comment fonctionne le contrôle de la pensée dans une société démocratique ? En ce qui concerne les dictatures, nous le savons.

N. C. : Quand des journalistes sont mis en cause, ils répondent aussitôt : « Nul n’a fait pression sur moi, j’écris ce que je veux. » C’est vrai. Seulement, s’ils prenaient des positions contraires à la norme dominante, ils n’écriraient plus leurs éditoriaux. La règle n’est pas absolue, bien sûr ; il m’arrive moi-même d’être publié dans la presse américaine, les Etats-Unis ne sont pas un pays totalitaire non plus. Mais quiconque ne satisfait pas certaines exigences minimales n’a aucune chance d’être pressenti pour accéder au rang de commentateur ayant pignon sur rue.

C’est d’ailleurs l’une des grandes différences entre le système de propagande d’un Etat totalitaire et la manière de procéder dans des sociétés démocratiques. En exagérant un peu, dans les pays totalitaires, l’Etat décide de la ligne à suivre et chacun doit ensuite s’y conformer. Les sociétés démocratiques opèrent autrement. La « ligne » n’est jamais énoncée comme telle, elle est sous-entendue. On procède, en quelque sorte, au « lavage de cerveaux en liberté ». Et même les débats « passionnés » dans les grands médias se situent dans le cadre des paramètres implicites consentis, lesquels tiennent en lisière nombre de points de vue contraires.

Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires.

Prenons, par exemple, le cas de l’Allemagne au début des années 1930. On a eu tendance à l’oublier, mais c’était alors le pays le plus avancé d’Europe, à la pointe en matière d’art, de sciences, de techniques, de littérature, de philosophie. Puis, en très peu de temps, un retournement complet est intervenu, et l’Allemagne est devenue l’Etat le plus meurtrier, le plus barbare de l’histoire humaine.

Tout cela s’est accompli en distillant de la peur : celle des bolcheviks, des Juifs, des Américains, des Tziganes, bref, de tous ceux qui, selon les nazis, menaçaient le cœur de la civilisation européenne, c’est-à-dire les « héritiers directs de la civilisation grecque ». En tout cas, c’est ce qu’écrivait le philosophe Martin Heidegger en 1935. Or la plupart des médias allemands qui ont bombardé la population avec des messages de ce genre ont repris les techniques de marketing mises au point... par des publicitaires américains.

N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux.

Quand la violence d’Etat ne suffit plus

Dans les années 1930, les règles de la propagande nazie consistaient, par exemple, à choisir des mots simples, à les répéter sans relâche, et à les associer à des émotions, des sentiments, des craintes. Quand Hitler a envahi les Sudètes [en 1938], ce fut en invoquant les objectifs les plus nobles et charitables, la nécessité d’une « intervention humanitaire » pour empêcher le « nettoyage ethnique » subi par les germanophones, et pour permettre que chacun puisse vivre sous l’« aile protectrice » de l’Allemagne, avec le soutien de la puissance la plus en avance du monde dans le domaine des arts et de la culture.

En matière de propagande, si d’une certaine manière rien n’a changé depuis Athènes, il y a quand même eu aussi nombre de perfectionnements. Les instruments se sont beaucoup affinés, en particulier et paradoxalement dans les pays les plus libres du monde : le Royaume-Uni et les Etats-Unis. C’est là, et pas ailleurs, que l’industrie moderne des relations publiques, autant dire la fabrique de l’opinion, ou la propagande, est née dans les années 1920.

Ces deux pays avaient en effet progressé en matière de droits démocratiques (vote des femmes, liberté d’expression, etc.) à tel point que l’aspiration à la liberté ne pouvait plus être contenue par la seule violence d’Etat. On s’est donc tourné vers les technologies de la « fabrique du consentement ». L’industrie des relations publiques produit, au sens propre du terme, du consentement, de l’acceptation, de la soumission. Elle contrôle les idées, les pensées, les esprits. Par rapport au totalitarisme, c’est un grand progrès : il est beaucoup plus agréable de subir une publicité que de se retrouver dans une salle de torture.

Aux Etats-Unis, la liberté d’expression est protégée à un degré que je crois inconnu dans tout autre pays du monde. C’est assez récent. Dans les années 1960, la Cour suprême a placé la barre très haut en matière de respect de la liberté de parole, ce qui exprimait, à mon avis, un principe fondamental établi dès le XVIIIe siècle par les valeurs des Lumières. La position de la Cour fut que la parole était libre, avec pour seule limite la participation à un acte criminel. Si, par exemple, quand je rentre dans un magasin pour le dévaliser, un de mes complices tient une arme et que je lui dis : « Tire ! », ce propos n’est pas protégé par la Constitution. Pour le reste, le motif doit être particulièrement grave avant que la liberté d’expression soit mise en cause. La Cour suprême a même réaffirmé ce principe en faveur de membres du Ku Klux Klan.

En France, au Royaume-Uni et, me semble-t-il, dans le reste de l’Europe, la liberté d’expression est définie de manière très restrictive. A mes yeux, la question essentielle est : l’Etat a-t-il le droit de déterminer ce qu’est la vérité historique, et celui de punir qui s’en écarte ? Le penser revient à s’accommoder d’une pratique proprement stalinienne.

Des intellectuels français ont du mal à admettre que c’est bien là leur inclination. Pourtant, le refus d’une telle approche ne doit pas souffrir d’exception. L’Etat ne devrait avoir aucun moyen de punir quiconque prétendrait que le Soleil tourne autour de la Terre. Le principe de la liberté d’expression a quelque chose de très élémentaire : ou on le défend dans le cas d’opinions qu’on déteste, ou on ne le défend pas du tout. Même Hitler et Staline admettaient la liberté d’expression de ceux qui partagaient leur point de vue...

J’ajoute qu’il y a quelque chose d’affligeant et même de scandaleux à devoir débattre de ces questions deux siècles après Voltaire, qui, comme on le sait, déclarait : « Je défendrai mes opinions jusqu’à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. » Et c’est rendre un bien triste service à la mémoire des victimes de l’Holocauste que d’adopter une des doctrines fondamentales de leurs bourreaux.

D. M. : Dans un de vos livres, vous commentez la phrase de Milton Friedman : « Faire des profits est l’essence même de la démocratie »...

N. C. : A vrai dire, les deux choses sont tellement contraires qu’il n’y a même pas de commentaire possible... La finalité de la démocratie, c’est que les gens puissent décider de leur propre vie et des choix politiques qui les concernent. La réalisation de profits est une pathologie de nos sociétés, adossée à des structures particulières. Dans une société décente, éthique, ce souci du profit serait marginal. Prenez mon département universitaire [au Massachusetts Institute of Technology] : quelques scientifiques travaillent dur pour gagner beaucoup d’argent, mais on les considère un peu comme des marginaux, des gens perturbés, presque des cas pathologiques. L’esprit qui anime la communauté académique, c’est plutôt d’essayer de faire des découvertes, à la fois par intérêt intellectuel et pour le bien de tous.

D. M. : Dans l’ouvrage qui vous est consacré aux éditions de L’Herne, Jean Ziegler écrit : « Il y a eu trois totalitarismes : le totalitarisme stalinien, nazi et maintenant c’est Tina (2). » Compareriez-vous ces trois totalitarismes ?

N. C. : Je ne les mettrais pas sur le même plan. Se battre contre « Tina », c’est affronter une emprise intellectuelle qu’on ne peut pas assimiler aux camps de concentration ni au goulag. Et, de fait, la politique des Etats-Unis suscite une opposition massive à l’échelle de la planète. L’Argentine et le Venezuela ont jeté le Fonds monétaire international (FMI) dehors. Les Etats-Unis ont dû renoncer à ce qui était encore la norme il y a vingt ou trente ans : le coup d’Etat militaire en Amérique latine. Le programme économique néolibéral, qui a été imposé de force à toute l’Amérique latine dans les années 1980 et 1990, est aujourd’hui rejeté dans l’ensemble du continent. Et on retrouve cette même opposition contre la globalisation économique à l’échelle mondiale.

Le mouvement pour la justice, qui est sous les feux des projecteurs médiatiques lors de chaque Forum social mondial, travaille en réalité toute l’année. C’est un phénomène très nouveau dans l’histoire, qui marque peut-être le début d’une vraie Internationale. Or son principal cheval de bataille porte sur l’existence d’une solution de rechange. D’ailleurs, quel meilleur exemple de globalisation différente que le Forum social mondial ? Les médias hostiles appellent ceux qui s’opposent à la globalisation néolibérale les « antimondialistes », alors qu’ils se battent pour une autre mondialisation, la mondialisation des peuples.

On peut observer le contraste entre les uns et les autres, parce que, au même moment, a lieu, à Davos, le Forum économique mondial, qui travaille à l’intégration économique planétaire, mais dans le seul intérêt des financiers, des banques et des fonds de pension. Puissances qui contrôlent aussi les médias. C’est leur conception de l’intégration globale, mais au service des investisseurs. Les médias dominants considèrent que cette intégration est la seule qui mérite, en quelque sorte, l’appellation officielle de mondialisation.

Voilà un bel exemple du fonctionnement de la propagande idéologique dans les sociétés démocratiques. A ce point efficace que même des participants au Forum social mondial acceptent parfois le qualificatif malintentionné d’« antimondialistes ». A Porto Alegre, je suis intervenu dans le cadre du Forum, et j’ai participé à la Conférence mondiale des paysans. Ils représentent à eux seuls la majorité de la population de la planète...

D. M. : On vous range dans la catégorie des anarchistes ou des socialistes libertaires. Dans la démocratie telle que vous la concevez, quelle serait la place de l’Etat ?

N. C. : On vit dans ce monde, pas dans un univers imaginaire. Dans ce monde, il existe des institutions tyranniques, ce sont les grandes entreprises. C’est ce qu’il y a de plus proche des institutions totalitaires. Elles n’ont, pour ainsi dire, aucun compte à rendre au public, à la société ; elles agissent à la manière de prédateurs dont d’autres entreprises seraient les proies. Pour s’en défendre, les populations ne disposent que d’un seul instrument : l’Etat. Or ce n’est pas un bouclier très efficace, car il est, en général, étroitement lié aux prédateurs. A une différence, non négligeable, près : alors que, par exemple, General Electric n’a aucun compte à rendre, l’Etat doit parfois s’expliquer auprès de la population.

Quand la démocratie se sera élargie au point que les citoyens contrôleront les moyens de production et d’échange, qu’ils participeront au fonctionnement et à la direction du cadre général dans lequel ils vivent, alors l’Etat pourra disparaître petit à petit. Il sera remplacé par des associations volontaires situées sur les lieux de travail et là où les gens vivent.

D. M. : Est-ce les soviets ?

N. C. : C’étaient les soviets. Mais la première chose que Lénine et Trotski ont détruit, sitôt après la révolution d’Octobre, ce sont les soviets, les conseils ouvriers et toutes les institutions démocratiques. Lénine et Trotski ont été à cet égard les pires ennemis du socialisme au XXe siècle. En tant que marxistes orthodoxes, ils ont estimé qu’une société retardataire comme la Russie de leur époque ne pouvait pas passer directement au socialisme avant d’être précipitée de force dans l’industrialisation.

En 1989, au moment de l’effondrement du système communiste, j’ai pensé que cet effondrement représentait, paradoxalement, une victoire pour le socialisme. Car le socialisme tel que je le conçois implique, au minimum, je le répète, le contrôle démocratique de la production, des échanges et des autres dimensions de l’existence humaine.

Toutefois, les deux principaux systèmes de propagande se sont accordés pour dire que le système tyrannique institué par Lénine et Trotski, puis transformé en monstruosité politique par Staline, était le « socialisme ». Les dirigeants occidentaux ne pouvaient qu’être enchantés par cet usage absurde et scandaleux du terme, qui leur a permis pendant des décennies de diffamer le socialisme authentique.

Avec un enthousiasme identique, mais de sens contraire, le système de propagande soviétique a tenté d’exploiter à son profit la sympathie et l’engagement que suscitaient pour beaucoup de travailleurs les idéaux socialistes authentiques.

D. M. : N’est-il pas vrai que toutes les formes d’auto-organisation selon les principes anarchistes se sont finalement effondrées ?

N. C. : Il n’y a pas de « principes anarchistes » fixes, une sorte de catéchisme libertaire auquel il faudrait prêter allégeance. L’anarchisme, du moins tel que je le comprends, est un mouvement de la pensée et de l’action humaines qui cherche à identifier les structures d’autorité et de domination, à leur demander de se justifier et, dès qu’elles en sont incapables, ce qui arrive fréquemment, à tenter de les dépasser.

Loin de s’être « effondré », l’anarchisme, la pensée libertaire, se porte très bien. Il est à la source de nombreux progrès réels. Des formes d’oppression et d’injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, ne sont plus admises. C’est une réussite, une avancée pour l’ensemble du genre humain, pas un échec.

Notes

(1) Edward Herman et Noam Chomsky, Manufacturing Consent, Pantheon, New York, 2002. La « fabrique du consentement » est une expression de l’essayiste américain Walter Lippmann, qui, à partir des années 1920, mettant en doute la capacité de l’homme ordinaire à se déterminer avec sagesse, a proposé que les élites savantes « assainissent » l’information avant qu’elle n’atteigne la masse.

(2) Tina, initiales de « There is no alternative » (« il n’y a pas de solution de rechange »), propos de Mme Margaret Thatcher posant le caractère inéluctable du capitalisme néolibéral, qui n’est qu’une forme possible de « mondialisation ».

CHOMSKY.fr

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 07:40

Les-medias-veillent-dormez-citoyens.jpg

Si Al Qaeda massacrait aujourd’hui même 17 000 personnes, pouvons-nous douter un seul instant que ça ferait, demain, la UNE de tous les journaux du monde entier ? Rien d’autre n’apparaîtrait en première page. Eh bien, aujourd’hui, lorsque sonnera minuit, dans le monde, 17 000 personnes seront mortes, mais non pas des mains d’une organisation terroriste, mais à cause de la famine qu’impose le marché avec l’aide d’un certain nombre d’Etats, de Banques et de Fonds Monétaires.

 

Ces milliers de morts ne vont pas faire la UNE des journaux ; nous ne saurons pas qu’ils sont morts. Et le problème c’est que demain encore vont mourir 17 000 autres personnes pour la même raison, avec la même impunité et entourées du même silence. Le capitalisme, la plus nauséabonde des terreurs, les tue tous les jours.

 

Et l’excuse avancée par les médias pour nous cacher ce massacre quotidien c’est que, précisément parce qu’il a lieu tous les jours, ces 17 000 cadavres ne sont jamais « une nouvelle ». Et c’est peut-être ce qui explique pourquoi, comme cela ne s’était jamais produit auparavant à Cuba, - les 5 prisonniers qui, à ce jour, se sont suicidés dans la base de Guantànamo ne peuvent être mis sur le compte du gouvernement cubain, - le fait que 1 prisonnier ait fait une grève de la faim jusqu’à ses fatales conséquences, justifie par contre l’avalanche de gros titres et d’adjectifs indignés.

 

En paraphrasant Santiago Alba Rico écrivant à propos de la crise financière - ce n’est pas une crise parce que des millions de gens crèvent de faim dans le monde, c’est une crise parce qu’un tout petit groupe de millionnaires ne gagnent plus autant - la nouvelle ici n’est pas la mort par la faim de 17.000 personnes chaque jour mais celle d’un seul détenu cubain après une grève de la faim.

 

Koldo Campos Sagaseta
écrivain.

 

Traduction Manuel Colinas

27 mars 2010
Source : Le Grand Soir
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