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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 08:17

g-1837.jpgPedro Núñez Mosquera, Représentant permanent de Cuba auprès de l'ONU, lors d'une session plénière de l'Assemblée Générale, qui se tenait vendredi sur la situation en Haïti, a exhorté la communauté internationale à soutenir les besoins d'Haïti pour la formation des ressources humaines et la lutte contre la pauvreté et le sous-développement « L'assistance dans ce pays ne peut pas se limiter à leurs besoins actuels » a déclaré le Représentant de l’ONU.

Il a fait savoir que les haïtiens ont besoin de médecins, d’ingénieurs, d’enseignants, de constructeurs pour les aider à sortir de la pauvreté. Il a rappelé que Cuba avait intensifié sa coopération avec Haïti, une solidarité qui dure depuis plus de 10 ans, et que les équipes médicales cubaines (+ de 1 200 personnes) sont maintenant impliquées dans la lutte contre le choléra.

Pedro Núñez Mosquera, a également indiqué, que les équipes médicales cubaines sont responsables de 38 Centre de Traitement du Choléra (CTC) en Haïti et qu’en date du 29 novembre 2010, « 27,000 haïtiens avaient été traités dans ces centres ». Ajoutant, que 11 nouveaux CTC, vont s’ajouter au réseau cubain, portant le nombre à 49 pour une capacité totale de plus de 2,000 lits.

Il a rappelé d’autre part, que Cuba, en collaboration avec l’Alliance Bolivarienne pour les Amérique (ALBA), poursuivait ses efforts avec le Gouvernement haïtien afin de maintenir des services de médecine générale à la population. Les équipes cubaines sont impliquées dans les 24 hôpitaux communautaires de référence, 30 salles de rééducation, et 12 centres de santé.

 

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-1823-haiti-epidemie-partenariat-bresil-cuba-contre-le-cholera.html
http://www.haitilibre.com/article-1760-haiti-epidemie-fidel-castro-annonce-l-envoi-de-renforts-medicaux.html

BF/ HaïtiLibre

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 00:27

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Ana Atienza

Traduit par Esteban G.

Lorsque le jour s’éteint et que le sommeil commence à m’envahir, j’aime bien lire ou regarder quelque chose de distrayant à la télévision. Les gens qui, comme-moi, par conviction, responsabilité morale ou tout simplement par obstination, tentons de nous tenir informés et dénoncer ce qu’il ne convient pas d’être connu, nous avons besoin d’une échappatoire pour ne pas perdre la raison après avoir vu toutes les luttes, les misères et les ignominies qui se développent chaque jour sous nos yeux.

 

Avec le temps, vient le moment où nous parvenons à nous endurcir, et seulement de temps en temps, une de ces informations vient nous détruire chaque fois un peu plus à l’intérieur. C'est l’une d’elles,  précisément, que j’ai vue aujourd'hui. Ezequiel Ferreyra est mort d’une tumeur cérébrale, il n’était âgé que de sept ans. Il n’y a rien d’assez fort pour se consoler de la mort d’un enfant, mais son cas était très spécial ; ou plutôt, il n’avait rien de spécialement malheureux. En théorie cela n’existe nulle part ailleurs : un enfant esclave. Pourtant, il vivait – pour ainsi dire – dans un pays comme tant d’autres, plus ou moins libres, dotés d’une protection pour les travailleurs plus ou moins mauvaise et d’un système judiciaire qui est supposé défendre les droits de ses citoyens, une catégorie dans laquelle, comme dans ce cas, les enfants ne font pas toujours partie.

Son travail était de ceux qui sont réservés aux plus pauvres,  ceux qui ne comptent pas,  ces pièces de la machine, enfants eux-mêmes d’autres pièces de la machine. Sa fonction consistait à remuer et récupérer le sang et les excréments des poules et à manipuler des poisons pour une entreprise qui vend des œufs aux grands supermarchés en Argentine. Dans la vie, sa fonction était de travailler pour les patrons de la machine, les mêmes qui chez-eux, certainement, ne laissent pas les excréments et les poisons à portée de leurs enfants pour ne pas qu’ils soient malades, car leurs enfants sont plus enfants que les autres; c’est pour cela qu’ils auront le dernier jeu vidéo et le dernier iPhone à la mode qu’Ezequiel aura payé avec la tumeur cérébrale provoquée par le travail  fourni aux patrons de la machine et de leurs parents.

Ezequiel n’était pas un enfant. C’était un esclave. C'est-à-dire, il n’a pas été enfant, il n’a pas été individu, il n’a rien été. Il n’a été qu’une vis de la machine, et elle vient de casser. Il faudra la jeter et s’en procurer une autre.

Article sur le même thème
-Ezequiel, un enfant argentin de sept ans, victime du travail esclave, est en train d’agoniser
-Argentine : Ezequiel Ferreyra, le petit garçon esclave de l’entreprise Nuestra Huella S.A., est décédé

Merci à Ana Atienza
Date de parution de l'article original: 17/11/2010
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=2769

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 00:26

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La Havane, 30 novembre (RHC-PL).- Cuba a dénoncé le fait que les politiques de deux poids deux mesures des Etats-Unis, le recours à la menace et à leur droit de veto au sein du Conseil de Sécurité, ne permettent pas d’avancer vers une solution de la question palestinienne.

L’ambassadeur cubain auprès de l’ONU, Pedro Nuñez Mosquera a signalé que l’impunité avec laquelle Israël agît est possible uniquement grâce à la protection qu’il reçoit de la part du gouvernement étasunien qui lui remet des ressources et des armes pour appuyer sa politique agressive.

Prenant la parole à une séance spéciale de l’Assemblée Générale qui a analysé la situation palestinienne, à l’occasion hier de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, Pedro Núñez, a confirmé l’engagement de notre pays d’appuyer tout effort conduisant à une solution de ce conflit y compris une issue juste de la situation très difficile des réfugiés palestiniens.

Pedro Nuñez a condamné l’occupation illégale des territoires palestiniens par Israël, qui -a-t-il dit- est le principal obstacle pour aboutir à une paix juste et durable au Moyen Orient.

Cuba condamne la politique agressive de Tel Aviv qui ignore les appels réitérés de la communauté internationale et les résolutions des différentes organes de l’ONU –a précisé le représentant cubain qui a demandé la levée immédiate et sans conditions du blocus israélien contre Gaza.

Le représentant de Cuba auprès de l’ONU a rejeté la poursuite par Israël de la construction de colonies juives dans les territoires occupés. Il a assuré que ces actions cherchent à modifier la composition démographique et le caractère et la nature de ces territoires.

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 00:22

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La Havane, 29 novembre, (RHC).- La journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, est célébrée aujourd’hui dans le monde et à Cuba.

En 1975, l’Assemblée Générale des Nations Unies a institué cette commémoration pour attirer l’attention de la communauté mondiale sur la juste lutte du peuple palestinien.

Cette année, la commémoration coïncide avec une aggravation de la tension et la stagnation des négociations.

Basel Ismail, représentant à Cuba du Front Populaire de Libération Nationale de la Palestine a signalé, dans des déclarations à notre station de radio, au sujet de la poursuite par Israël de la construction de colonies juives dans les territoires palestiniens occupés :

« Nous devons fêter cette journée avec les amis solidaires qui appuient notre cause. Israël ne veut pas, il n’a jamais voulu, travailler vraiment en faveur de la paix. Les obstacles qu’il y met en sont une preuve. Il ne veut parvenir à aucun accord ».

Israël a repris les travaux au terme d’un moratoire de 10 mois, ce qui a provoqué une rupture des pourparlers entre Tel Aviv et l’Autorité Nationale Palestinienne.

« Effectivement, Israël va profiter de tout ce temps pour faire des choses en sa faveur. Il met des obstacles à l’établissement du futur état palestinien, en s’appropriant davantage de territoires palestiniens. Il ne nous reste presque rien à nous, les véritables maîtres de ces territoires ».

Les Palestiniens ne s’assoiront plus à la table des négociations tant qu’Israël n’arrêtera pas la construction de nouvelles colonies dans leurs territoires.

« C’est la décision du peuple palestinien et de toutes les forces qui nous appuient. Le plan de négociations a échoué dès le début. Notre demande est que nous devons participer à une conférence internationale avec de pleins droits pour établir et concrétiser le droit de notre peuple d’avoir un état indépendant, souverain dans les territoires fixés en juin 1967, un état complet. Et le plus important est le retour de tous les réfugiés palestiniens à leur terre ».

Le représentant palestinien dans notre pays a tenu à remercier la Révolution cubaine de son appui à cette cause, il a également remercié le Venezuela et l’ALBA qu’il a qualifié de véritables amis qui appuient l’existence d’une Palestine libre, indépendante et souveraine.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 09:51

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Médecin Cubain avec une famille soignée et guérie

Réflexions de Fidel : PAS DE DÉCÈS PAR CHOLÉRA DEPUIS UNE SEMAINE , Emiliano nous apporte quelques réponses qui expliquent pourquoi de si bons résultats sont enregistrés par la brigade médicale cubaine à Haiti. (CSL)

Emiliano Mariscal est un médecin argentin diplômé à Cuba, appartenant à la Brigade Médicale Cubaine Henry Reeves à Haïti. Il écrit :

 

28 Novembre 2010

 

Familles, amis, compañeros:

 

Quelques semaines se sont passées depuis la dernière fois que je vous ai raconté ce qui était arrivé en Haïti. Votre préoccupation permanente mérite l'effort d'étirer cette nuit et d'écrire ; j'essaierai d'être le plus explicite possible.

 

Les conditions d'hygiène de la population, le faible niveau culturel, l'accès limité à des sources d'eau potable, ainsi que la disposition inadéquate des déchets liquides, engendrent les conditions pour que la maladie produise un grand nombre de cas et, de plus, le temps passant, devienne endémique, soit que chaque année enregistre un certain nombre de cas de malades. Les difficultés d'accès aux services de santé font que les personnes ne vont pas consulter, augmentant considérablement le nombre de morts.

 

Le Ministre de la Santé Publique d'Haïti a rapporté 69 776 cas de choléra avec 1 603 morts, donc une mortalité de 2,3%.Tandis que la Brigade des Médecins Cubains (BMC) en Haïti a vu 25 521 patients dans les 36 points répartis sur le territoire de Haïti, avec 235 morts, et un taux de mortalité de 0,99%. 436 collaborateurs, dont 75 diplômés de l'Ecole de Médecine Latino-américaine (ELAM), au contact direct des malades souffrants du choléra sont partie prenante de ce gigantesque effort.

 

Que traduisent les données de la BMC ? Ce qui est dit en premier c'est que sur 100 patients qu'assiste la BMC, il en meurt moins de un, chiffre qui est considéré actuellement au plan international comme correspondant à la gestion d'une épidémie de choléra. Sûrement, ils se demanderont en quoi réside la différence par rapport aux chiffres donnés par le Ministère de la Santé Publique, ils se soucient de cela. La mortalité est le paramètre fondamental avec lequel se mesure le résultat des opérations de santé au moment où l'épidémie est en extension, non seulement il faut utiliser les énergies à combattre la maladie, la priorité étant de sauver la plus grande quantité de vies humaines possible.

 

« Comment est ce possible ? » 

Il y a deux mesures fondamentales: l'éducation sanitaire et les soins médicaux précoces. Les deux choses constituent l'axe de travail principal de la BMC, la preuve en étant les plus de 150 900 personnes qui participent aux diverses dynamiques mises en oeuvre en coordination avec les chefs des communautés et les religieux. L'éducation sanitaire met l'accent sur le fait de rejoindre les postes de santé avant les premiers symptômes de la maladie.

 

Pour les soins médicaux de haute qualité la BMC utilise une formule infaillible: rendre tout son personnel performant, ceux appartenant à des unités situées dans des lieux où il n'est pas rapporté de transmission du choléra étaient transférés dans des zones de grande propagation, de manière à renforcer le travail aux différents postes et à devenir capable de gérer les cas [de choléra].

 

« Qu'est-ce qui fait la différence ? »

En premier lieu la présence ininterrompue ( du personnel médical cubain) pendant plus de 12 ans, ce qui engendre dans la population une empathie et une confiance qui n'existent pas dans d'autres formes de coopération. Un autre facteur est notre présence dans les 10 départements, y compris les communes cachées à l'intérieur du pays, comme les établissements pour déplacés à Port-au-Prince.

 

L'humanisme, la préoccupation authentique concernant le bien-être humain, engendre une conscience qui permet ce résultat. S'ajoute à cela l'expérience de pratiquement 50 ans d'action internationale.

 

Il y a dans cette expérience un élément nouveau : des jeunes gens qui sont nés avec cette conception solidaire de Cuba, venant d'endroits pauvres du continent et du monde, sont devenus médecins et avec cela humanistes, solidaires, véritables gardiens de la santé et de la vie.

 

Etre jeune c'est avoir la conviction que l'on vit des moments déterminants pour l'histoire de l'humanité. En même temps, le tourbillon de chaque jour ne permet pas d’intérioriser l'importance de cet acte: matérialiser le rêve que des jeunes issus de milieux pauvres d'Amérique Latine soient capables d'apporter une assistance médicale à ceux qui en ont besoin en n'importe quel endroit du monde.

 

Haïti est le résultat de politiques impérialistes imposées depuis plus d'un siècle, châtiment exemplaire pour le premier rebelle du continent.

 

Le monde est en danger sous l'égide de cet impérialisme qui, en sa phase finale, attaque avec furie la vie humaine, porte atteinte à l'environnement. Tous les équilibres se rompent, la déraison gouverne, les désespérés, dans leur quête de survie, engendrent du profond de leur essence la destruction de l'espèce.

 

Tous les jeunes sont, en outre, anti-impérialistes; ils aiment la liberté et rêvent de paix dans le monde, ils ont en horreur de cet engrenage déséquilibré qui entraine la mort du petit et du différent, et sont alimentés, à leurs yeux, par chaque tout petit fragment d'humanité.

 

En chaque jeune renaît le sentiment d'être de "notre Amérique"; en nos mains est l'avenir, de notre action résulte le bien-être collectif, dans la lutte continue nous obtiendrons des résultats. Seule l'unité nous permettra de vaincre.

 

Chaque théâtre d'opération est important. Depuis Haïti comme membre de cette brigade jusqu'aux endroits les plus reculés, la lutte est une seule, et nouvelle, vision du monde; etsur notre continent, c'est la vie qui règne.

 

Cette expérience fait de nous des exemples, des diffuseurs d'amour, des soignants des âmes désolées, des amoureux fidèles de la nature, des adeptes de la dignité humaine, respectueux de la bonté et de la sincérité, des étudiants de toutes les natures, des investigateurs méticuleux du comportement humain.

 

Avec ¨Haïti, avec l'Amérique Latine, avec les peuples du tiers monde, avec Cuba solidaire et avec l'ALBA : VENCEREMOS

 

Je vous embrasse

 

Emiliano

 

Traduction : Alma CSL

 

Sources :

 

http://www.cubadebate.cu/reflexiones-fidel/2010/11/27/siete-dias-sin-muertos-por-colera/

http://www.cubadebate.cu/opinion/2010/11/28/el-colera-es-menos-letal-en-haiti-con-los-medicos-cubano/

 

 
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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 15:13

 

arton10316.jpgP-au-P., 28 nov. 2010 [AlterPresse] --- Les opérations de vote ont commencé timidement, avec beaucoup de difficultés et de retard à Port-au-Prince et dans les autres régions du pays, où la situation est globalement calme, constate AlterPresse.

Environ 4,5 millions d’électrices et d’électeurs potentiels sont appelés à choisir 1 présidente ou 1 président parmi 18 prétendants, 11 sièges de sénateurs sur 96 candidates et candidats, ainsi que 99 sièges sur 816 postulantes et postulants à la chambre de députés, dans un scrutin mettant aux prises 66 regroupements et partis politiques.

Lente mise en place : comptage des bulletins, qui sont sur place à temps au centre de vote de l’École évangélique des cadres à Frères (périphérie nord-est), arrivée de mandataires, installation de bureaux de vote…

Les opérations d’ouverture durent beaucoup de temps et les membres de bureaux de vote commencent à voter vers 7 :00, soit une heure après l’heure prévue. Des ambigüités à propos des procédures contribuent à ralentir la mise en route des opérations.

« Je n’arrive pas à comprendre pourquoi le lancement de la machine est aussi lente », commente un observateur.

cuba-8-1996-bis.jpgPeu d’affluence est constatée tôt dans la matinée à ce centre de vote où les électeurs se montrent patients. Un homme d’une soixantaine d’années attend patiemment de trouver son nom sur une liste. Il est accompagné de sa fille. Les deux viennent de Péguyville et ont parcouru plusieurs kilomètres à pied pour être présent depuis 6 :30.

Présente à l’entrée du centre de vote, la police exige que les personnes qui fréquentent les lieux aient leur chemise à l’intérieur de leur pantalon pour ne pas dissimuler des armes. Des patrouilles de la police et de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH) sillonnent les rues clairsemées. Le transport public est rare en début de matinée.

De nombreux problèmes techniques sont enregistrés également au centre-ville, selon ce qu’a constaté AlterPresse. Au centre de vote du Lycée Fritz Pierre-Louis, le vote n’a pas pu commencer, à cause du fait qu’il n’a pas reçu les bulletins appropriés.

Dans les rues, des électeurs se plaignent de ne pas pouvoir retrouver leurs bureaux de vote.

Ombres et inquiétudes

Une multiplication d’actes de violence (dont la mort de plusieurs personnes au cours d’affrontements entre partisans et candidats) et des menaces émaillant le processus depuis octobre, de nouvelles nominations suspectes au sein de l’appareil électoral pour la supervision du vote, soupçons de mainmise de l’Exécutif pour d’éventuelles magouilles, fraudes et activités de favoritisme pour les prétendants officiels, absence d’un programme véritable d’éducation civique expliquant le mode de votation, listes électorales non pertinentes, peu de considérations pour les revendications fondamentales des secteurs productifs, aucune velléité de réponses aux défis posés par les conséquences du tremblement de terre du 12 janvier : ce sont, entre autres, plusieurs manquements qui pourraient affecter le bon déroulement, voire la participation au scrutin présidentiel et législatif, prévu pour ce dimanche 28 novembre 2010 en Haïti, considèrent des analystes.

Davantage d’investissements en ressources humaines et financières semblent avoir été consacrées pour l’observation électorale du processus, pour lequel 11 mille bureaux de vote sont installés et 14 millions de bulletins imprimés.

Des résultats préliminaires devraient être annoncés le 7 décembre prochain et la déclaration finale des résultats définitifs faite le 20 décembre, laissant l’opportunité à des candidats de déposer des plaintes le cas échéant.

Outre des spots dans les différents médias, les candidates et candidats ont déployé divers moyens (affiches et bill-boards, meetings publics notamment en province, diffusion de messages de sensibilisation à travers des véhicules mobiles, y compris des cortèges de motocyclettes) en vue d’attirer le suffrage des électrices et électeurs, dans un contexte marqué par une expansion territoriale de l’épidémie de choléra, des manifestations violentes contre l’absentéisme gouvernemental et contre la force onusienne dans le pays, et par une impopularité grandissante des tenants du pouvoir.

« Le processus électoral suit son cours, le gouvernement et la vaste majorité des candidats sont déterminés à ce que ces élections se déroulent comme prévu le 28 novembre », malgré des incidents violents, des manifestations en partie politiquement motivées et une série de difficultés structurelles, déclarait, le mardi 23 novembre, le chef civil de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), le guatémaltèque Edmond Mulet.

L’Union européenne (Ue), qui met sur le compte de la frustration et d’un manque de communication les démonstrations de rue anti-Minustah, déroulées dans différents départements géographiques du pays la semaine dernière, ne voit aucun obstacle à la tenue du scrutin de dimanche.

« C’est vrai que les gens pourraient avoir peur de se rassembler (…). Mais il faudrait informer la population que ce n’est pas parce qu’on est ensemble dans un endroit en train de faire la file qu’on va attraper le choléra », indiquait le 22 novembre la cheffe de la délégation de l’Ue en Haïti, Lut Faber. Pour sa part, l’ambassade américaine à Port-au-Prince, qui n’identifie aucun bénéfice dans un probable report du scrutin du 28 novembre, exhorte les Haïtiennes et Haïtiens à se rendre aux urnes dimanche.

Dans un communiqué, le Conseil électoral provisoire (Cep) « déplore les actes de violence et appelle instamment tous les secteurs de la vie nationale, les partis politiques, les autorités judiciaires et policières en particulier, à collaborer en posant des actions claires, concrètes, et proportionnelles en vue de rétablir un climat stable, calme et serein, nécessaire à l’organisation des élections ».

Beaucoup de personnes n’ont pas pu retirer à temps leurs cartes d’identification nationale (Cin), susceptibles de leur permettre de voter.

Aucun éclaircissement n’est encore donné sur un écart statistique de plus 70 mille inscrits entre le chiffre (4 565 000) publié sur le site de l’office national d’identification (Oni) et celui potentiel (4 694 961) recensé par le Cep.

Sur le terrain, les résultats d’un sondage du Bureau de recherches en informatique et en développement (Brides), rendu public début novembre, placent en première position, au premier tour de la présidentielle, la candidate du rassemblement des démocrates nationaux progressistes (Rdnp), Mirlande Hyppolite Manigat, 70 ans, qui obtiendrait 36% d’opinions favorables contre 20% au candidat officiel Jude Célestin, dans les intentions de vote. [gp rc apr 28/11/2010 08 :30]

 
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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 01:16

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Au milieu du deuil et de la peur suite à l’épidémie de choléra qui ravage le pays, les Haïtiens mettent la dernière main aux préparatifs en vue des élections du 28 novembre, date à laquelle ils devront élire le prochain président, 99 membres de la Chambre des députés et 11 des 30 sénateurs.

Les élections étaient prévues pour le mois de février, mais le violent tremblement de terre du 12 janvier a détruit presque la totalité de l’infrastructure préparée pour cette consultation populaire qu’il a fallu ajourner. À vrai dire la nouvelle date fixée ne semble pas être la plus adéquate, à cause de la situation sanitaire très alarmante dans le pays.

Les derniers bilans font état de plus de 1340 morts, quelque 23 000 personnes hospitalisées et environ 57 000 personnes infectées depuis l’apparition du choléra, il y a plus ou moins un mois.

Ces derniers jours, de nombreuses voix se sont élevées. Les unes considèrent qu’il n’est pas opportun de demander aux gens de se mobiliser pour aller voter, lorsque les priorités nationales sont autres. Ils signalent que les 30 millions de dollars destinés aux élections, auraient dû être utilisés pour essayer de contenir l’épidémie au lieu de les gaspiller en publicité.

Parmi ce groupe se trouvent justement l’un des 19 candidats à la présidence, Axan Abellar, qui a même retiré sa candidature et 4 autres qui ont demandé de repporter les élections.

De l’autre coté se trouvent ceux qui pensent qu’ajourner la consultation populaire pourrait contribuer à augmenter l’instabilité dans le pays, où la situation est assez tendue après les manifestations de la semaine dernière contre des troupes de la Minustah, la Mission de l’ONU pour la Stabilité en Haïti, que plusieurs secteurs de la population rendent responsables de l’introduction du choléra dans ce pays. En effet des rumeurs mal intentionnées auraient circulées selon lesquelles ce sont des soldats du Népal, appartenant aux forces de l’ONU qui ont introduit le choléra, maladie absente d’Haïti depuis au moins un siècle.

C’est au sein de ce groupe que se trouvent les candidats qui vont en tête des intentions de vote. C’est le cas de Myrlande Manigat, la femme de l’ex président Leslie Manigat et de Jude Celestin, du Parti Unité, du Président René Preval.

La vie politique en Haïti a toujours été assombrie par des dictatures, des coups d’état, des fraudes. Les élections ne sont donc généralement pas un événement éveillant un grand enthousiasme parmi les électeurs peu motivés, à l’exception, peut-être des élections durant lesquelles le mouvement Lavalas a porté au pouvoir Jean Bertrand Aristide.

Aujourd’hui, après l’impact de deux catastrophes naturelles, le séisme de janvier et l’ouragan Tomas et d’une catastrophe sanitaire, l’épidémie de choléra, peu de choses peuvent remonter le moral de la population, ce qui laisse à prévoir que le taux d’abstentionnisme sera élevé.

En réalité, le plus urgent en Haïti, à l’heure actuelle, est d’arriver à freiner la propagation du choléra et pour cela il faudrait éviter les agglomérations, les grandes mobilisations, les rassemblements, plutôt que de les promouvoir, comme c’est le cas lors des élections.

La situation est critique en Haïti et peut s’aggraver si l’aide internationale continue de tarder. L’ONU a fait savoir que sur les 164 millions de dollars nécessaires pour contenir le mal, à peine 10% est parvenu en Haïti où on a besoin de tout pour sauver des vies.

Le choléra est une maladie qui évolue très rapidement, les patients ne peuvent pas attendre pour commencer le traitement, car ils courent un grave danger. La grande question qu’il aurait fallu se poser avant de décider d’organiser les élections le 28 novembre c’est: qu’est-ce qui compte le plus en ce moment en Haïti : les vies ou les voix ?

Source : RHC

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 01:12

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Cuba et le Brésil vont signer de nouveaux accords de santé pour pouvoir aider ce pays

Miguel Fernández Martínez

La Havane, 23 novembre (AIN) - La brigade médicale cubaine à Haïti dirige la majorité des centres médicaux dédiés à la lutte contre l’épidémie de choléra, vient d’informer un haut fonctionnaire de la Mission de Stabilisation de l’ONU dans ce pays (Minustah), en déclarations reprises par l’agence Prensa latina.

C’est le coordinateur humanitaire de ce contingent, Nigel Fisher, qui en a donné l’information au cours d’une téléconférence avec la presse accréditée au siège des Nations Unies de New York.

Le fonctionnaire a fait savoir que ces centres de soins représentent une importante partie du travail mis en place pour combattre l’épidémie qui a commencé il y a un mois, et qu’y travaillent également des professionnels de l’organisation Médecins sans frontières et d’autres groupes.

Nigel Fisher a expliqué que la maladie s’est étendue dans tous les départements haïtiens et que près de la moitié des cas se localisent dans la capitale du pays, Port-au-Prince.

Cependant, il a informé que le nombre de malades, estimé à environ 50 000, peut être, en fait, supérieur, car il existe de nombreux villages de campagne sur lesquels on ne possède aucune information.

Jusqu’à lundi, on avait comptabilisé plus de 1 200 décès dus à cette maladie, a ajouté Fisher qui a averti que la maladie se déplace rapidement et qu’il n’y a aucune immunité pour la stopper.

Une information a également été donnée selon laquelle le Ministère brésilien de la Santé doit signer, cette semaine, un accord avec Cuba pour aider Haïti à combattre l’épidémie de choléra.

Un communiqué de cette institution, divulgué sur la web, indique que les accords contemplent l’élaboration de protocoles, la formation d’agents communautaires et la création d’un centre de traitement de la maladie dans ce pays caribéen, une ancienne colonie française.

Le texte prévoit que le Brésil et Cuba, avec la participation des représentations de l’Organisation Panaméricaine de la santé (OPS) du Brésil et de Haïti, signeront un accord de création d’un centre de traitement du choléra dans la ville haïtienne de Correfour.

Il explique que ce centre s’occupera des soins aux personnes atteintes de choléra et que, dans le local où a déjà commencé un cours de formation de 60 agents communautaires de santé, fonctionnera également l’Unité de Référence Communautaire prévue par l’accord.

Le gouvernement cubain apportera les médecins et les infirmiers chargés des soins aux malades, ajoute le communiqué du Ministère brésilien de la Santé cité par Prensa Latina.

Une note officielle citée par l’agence de presse indique que le coordinateur du comité de gestion de santé Brésil - Cuba - Haïti, Carlos Felipe D Oliveira, a affirmé que, « dès la fin du travail d’estimation des dépenses nécessaires, le Ministère de la santé commencera le transfert des ressources à l’OPS, à Haïti ».

Il y est également expliqué que le ministre brésilien de la santé a lancé avec l’Université Fédérale de Rio Grande do Sul (UFRGS), de Porto Alegre, un projet d’organisation du réseau de services de santé et du renforcement des territoires sanitaires haïtiens élaboré, dans ses grandes lignes, sur le modèle du système Unique de Santé cubain.

L’accord signé par le recteur de la UFRGS et par D Oliveira établit que toutes les activités seront organisées avec la collaboration des équipes de santé de Haïti et de Cuba, formées de médecins, d’infirmiers et de spécialistes d’épidémiologie.
Ces accords font partie des engagements pris en mars dernier par le Ministère de la Santé brésilien avec Cuba et Haïti, ajoute le communiqué.

Source : cubainfo

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 09:08
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Alors qu’en 2010 près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, des millions d’agricultrices et agriculteurs locaux sont menacés de perdre leur seul moyen de subsistance : leurs terres. Deux phénomènes mettent en péril l’avenir de ces paysans qui font vivre 45% de la population mondiale : l’accaparement des terres par des investisseurs et le changement climatique. L’agriculture familiale a pourtant un rôle clef à jouer face aux crises alimentaires, économiques et écologiques et doit être soutenue activement. A la veille de négociations importantes sur les traités d’investissement et le climat, aidez-nous à faire entendre la voix de ces millions de paysannes et paysans du Sud et à faire pression sur la France pour qu’elle protège leurs droits au niveau international.

 

La campagne en cinq points




 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 08:48

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par Leslie Péan *

AlterPresse

L’’occasion est venue de faire le bilan de l’action de ceux qui gouvernent en Haïti dix mois après le séisme du 12 janvier 2010. Dix mois qui ont été importants pour mesurer leur performance et pour déterminer s’ils méritent une continuation. Face à ceux qui disent que quoi qu’il advienne nous devons continuer, nous présentons le bilan d’un échec qui laisse le peuple haïtien dans l’insatisfaction. À tous les niveaux. Le courant Préval-Inité n’a pas été à la hauteur. Le peuple haïtien doit tirer les conséquences pour ne pas le reconduire. C’est le moment de divorcer. On ne dit pas « je t’aime » à celui ou celle qui vous fait voir toutes les misères du monde.

Le premier domaine d’évaluation est celui de la gestion de l’aide d’urgence. Le bilan se révèle catastrophique. Aucun plan sérieux n’a été élaboré. Aucune concertation n’a eu lieu avec les secteurs vitaux de la nation. Rien n’a été pensé pour les sans-abris qui n’ont pas été déplacés dix mois après pour être logés dans des maisons en dur. Les tentes qu’on leur avait données sont actuellement déchirées. Il n’y a pas d’eau potable suffisante dans les camps et chaque famille n’a accès qu’à une bokit dlo par jour pour quatre personnes. La quantité de chlore dans l’eau n’est pas mesurée et les gens se retrouvent avec des coliques et de la diarrhée, ceci longtemps avant l’apparition du choléra.

En ce qui concerne le secteur de l’éducation, l’offre scolaire a été déficiente. 750 000 enfants d’âge scolaire n’ont pas pu aller à l’école au mois d’octobre 2010. Pour ceux qui vivent sous les tentes et qui vont à l’école, on note une diminution notable de leur rendement. En effet, les élèves ne peuvent pas étudier correctement dans des abris provisoires ou dans des conditions de transit prolongé. Par exemple, dans la localité de Morne Lazarre, les élèves qui avaient des notes de 8 sur 10 avant le séisme n’ont maintenant que 4 sur 10 [1].

En ce qui a trait à la gestion des débris, 90% des 20 millions de mètres cubes (soit 26 millions de yard cubes) de débris créés par le séisme n’ont pas été enlevés. Le gouvernement haïtien n’a pas compris que c’était une priorité avant toute reconstruction. Cela lui a pris plus de huit mois pour passer les contrats d’enlèvement des débris qui ont été signés par ailleurs dans une absence totale de transparence. Et pour cause car les prix payés par le pauvre gouvernement haïtien sont plus élevés et parfois le double que ceux payés par le riche gouvernement américain pour enlever les débris après le passage de l’ouragan Katrina à New Orléans. Le gouvernement haïtien paie entre 32.50 et 48 dollars le mètre cube [2] tandis que le gouvernement américain paie 23 dollars le mètre cube [3]. Ce prix de 23 dollars est déjà très élevé car un entrepreneur qui a témoigné au Congrès américain en 2006 a déclaré que son entreprise était capable d’enlever les débris au prix de 12.90 dollars le mètre cube, soit 44% moins cher que son concurrent [4]. Six mois après le séisme, les quatre entités contractées par la USAID pour enlever les débris sur certains sites n’avaient pas encore enlevés 500 000 mètres cubes.

La continuation de la politique d’exclusion

La participation de la société civile a été complètement négligée. C’est la même petite clique du Palais national qui contrôle tout et oriente toute action en fonction de ses intérêts immédiats et des ses moyens technologiques limités. Elle rate du même coup la possibilité d’étendre son cercle d’influence, se contentant d’une gestion en cercle fermé, très fermé des programmes d’enlèvements des débris. Ce sont les autorités politiques qui font le choix des travailleurs. En dépit de multiples avertissements pour l’inclusion des organisations communautaires haïtiennes dans la reconstruction, ces dernières sont exclues aussi bien dans le choix des objectifs que dans le choix des moyens pour les réaliser [5]. Comment assurer le suivi et l’évaluation des projets exécutés quand la population est tenue à l’écart de l’établissement des priorités et de l’allocation des ressources ?

Le réaménagement urbain est confié à la Banque de la République d’Haïti (BRH) qui fait à sa guise avec ses bulldozers qui détruisent le bas de la ville à leur rythme. Non seulement la population n’est pas informée mais même les commerçants sont dans le noir et ne savent pas ce qui est planifié. Certains commerçants font des réparations au risque de perdre leur argent car à tout moment la BRH peut dire que tel endroit est retenu pour un édifice public ou un monument. C’est la rénovation chaotique.

Sur le plan sanitaire, la catastrophe est criante. Le gouvernement fait installer des toilettes dans lesquelles souvent il n’y a pas d’eau, contribuant ainsi à la création de conditions propices à l’apparition et à la propagation d’épidémies comme le choléra. Non seulement il n’y a pas d’eau dans les toilettes et quand il y en a, aucun endroit n’est prévu pour évacuer les eaux usées. Une firme privée, la SANCO, se fait même surprendre -photo à l’appui- en train de déverser des excréta dans une rivière, sans encourir la moindre amende, le moindre rappel à l’ordre. L’hygiène publique est absente. Quand le président Préval est contacté pour faire quelque chose dans ce domaine, il répond à qui veut l’entendre qu’il n’est pas responsable et que ce n’est pas lui qui a fait le tremblement de terre.

Au comble de l’incompétence, l’équipe au pouvoir n’a jamais mis en place ou communiqué des plans d’urgence visant à une intervention efficace en cas d’épidémie. Ceci explique que la première poussée de choléra a donné l’illusion d’être maitrisée alors que le pire est à venir. Si l’on prend en considération les dernières prévisions faites par l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), on devrait s’attendre à 270000 cas dans les semaines à venir. Ce nombre représenterait une valeur plancher si l’on tient compte du fait que seulement un cas sur quatre est déclaré. L’irresponsabilité est érigée en politique et dix millions de personnes sont sacrifiées sur l’autel de l’incurie du chef pour qui l’épidémie n’a été que l’occasion de faire campagne à propos des interventions du Centre National des Équipements (CNE-Célestin non éligible). Le peuple haïtien découvre un Préval totalement impotent, même sur le terrain de la manœuvre politique où on le pensait jusque là habile. La corruption et l’achat des votes

Au niveau de la création d’emplois, le gouvernement Préval a laissé se développer le programme food-for-work en milieu rural sans tenir compte de ses incidences négatives sur la disponibilité de la main d’œuvre pour la production agricole. Après le tremblement de terre, la préoccupation immédiate des bailleurs de fonds était d’empêcher une révolution socio-politique. À coté des marines sécurisant l’aéroport de la capitale, les bailleurs de fonds ont distribué de l’argent pour pacifier la population. En milieu rural, cette distribution s’est faite à travers le food-for-work qui n’a pas tenu compte du calendrier agricole. Ainsi les paysans ont été embrigadés dans des programmes de construction de murs de soutènement au détriment de la culture des produits vivriers tels que les pois, les patates, le manioc et le sorgho. Les résultats nets du food-for-work risquent d’être la famine, la destruction de la production nationale et un changement dans les habitudes alimentaires des paysans avec l’achat de produits vivriers à l’étranger.

En milieu urbain, le cash-for-work financé par l’USAID Office of Transition Initiatives (OTI), est utilisé essentiellement à des fins politiques par INITÉ. Ce programme financé à hauteur de 20 millions de dollars est exécuté par deux ONG américaines Chemonics et Development Alternatives. Les objectifs du programme cash-for-work sont clairs. Il s’agit d’“appuyer le Gouvernement d’Haïti, de promouvoir la stabilité, et de diminuer les chances de troubles [6].” Les travaux ne sont qu’un prétexte pour pacifier les gens en leur donnant une pitance. L’USAID avait planifié la création de trois millions de jours de travail à cinq dollars (200 gourdes) par jour, soit 124 000 bénéficiaires totalisant des salaires de 15 millions de dollars. Cela signifie essentiellement un mois de travail de 24 jours par bénéficiaire, soit des revenus de 4800 gourdes par bénéficiaire. Mais cette pitance n’a pas pu être payée car le rapport salaires/autres coûts d’opération de 70/30 n’a pas pu être atteint. Les entreprises ont dû acquérir des équipements et au lieu de 30% les autres coûts d’opération représentent 75%.

La situation est encore plus grave du fait que INITÉ monopolise les rares emplois créés. L’USAID reste de marbre malgré les dénonciations de la population et des leaders politiques. À Carrefour Feuilles, au Bel-Air, au Fort national, il y des morts dans les affrontements causés par les protestations de la population dénonçant le cash-for-work comme un programme de cash-for-vote. Seuls les gens qui sont pour INITÉ sont payés pour les travaux cash-for-work [7]. Les personnes qui affichent les sympathies pour des candidats autres que Jude Célestin sont immédiatement révoquées. Le gouvernement américain est pour la stabilité mais non pour appuyer les assassins de paisibles citoyens comme Robert Marcello et les agressions criminelles contre des citoyens comme c’est le cas avec Mme Cottin à Pèlerin 5 dans la nuit du 29 au 30 octobre. Le pouvoir de Préval appuie Jude Célestin non seulement à travers l’argent de l’USAID mais aussi à travers la MINUSTAH qui lui donne un soutien militaire sans lequel son gouvernement n’existerait pas.

Contre la continuation

Avec le gouvernement de Préval, Haïti est actuellement une entité chaotique ingouvernable. Il n’existe aucun plan d’ensemble. Chacun fait ce qu’il veut. Par exemple, au lieu de procéder rapidement à la réhabilitation du local de la Primature qui aurait pu se faire en quatre mois, le gouvernement a laissé s’installer sur ce site un camp de réfugiés de plus de 4000 personnes. La Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) n’existe que de nom. Pour punir Jean-Max Bellerive, Préval a torpillé la CIRH. Il l’a placée sous une tente à l’ancien local de l’ambassade américaine au bicentenaire. Il a mis à sa direction générale son ami Gabriel Verret, qui n’est pas un expert en exécution de projets, pour neutraliser Bellerive.

Dix mois après le séisme, c’est l’insalubrité généralisée. Les gens défèquent partout et même sur les pelouses du Palais national. Sur la route des rails à Carrefour, la population aux abois occupe le séparateur et habite entre deux rues, sur un espace de un mètre cinquante de profondeur. La saleté est partout. Quand le président René Préval parle de la continuité, il s’agit de la continuité des kidnappings et assassinats de paisibles citoyens, 1,3 millions de gens sous les tentes, 750 000 enfants qui ne vont pas à l’école, corruption généralisée, impunité, crétinisme, inaptitude, irresponsabilité, et j’en passe. En fait la continuité est une façon déguisée de restauration de la présidence à vie. La société haïtienne a-t-elle encore des ressorts et des ressources pour ne pas accepter l’inacceptable et ne pas supporter l’insupportable ? Le peuple est appelé à répondre à cette question le 28 novembre prochain. Bénéficiera-t-il du support des démocrates de l’intérieur et de la diaspora ? Eux aussi devront répondre à cette question le 28 novembre prochain.

………………….

* Economiste, écrivain

[1] Darren Ell, « Education and the Cataclysm in Haiti : An Interview with Rea Dol”, Upside Down World, September 8, 2010.

[2] Le mètre cube est égal à 1.30 cubic yard. Voir Deborah Sontag, “Weary of Debris, Haiti Finally Sees Some Vanish”, The New York Times, 17 Oct 2010.

[3] United States House of Representatives, Waste, Fraud, and Abuse in Hurricane Katrina Contracts, Special Investigation Division, Washington, DC., August 2006.

[4] House Committee on Government Reform, Testimony of David Machado, Necaise Brothers Construction, Hearings on Contracting and Hurricane Katrina (May 4, 2006).

[5] Institute for Justice and Democracy in Haiti. Neglect in the Encampments : Haiti’s Second Wave Humanitarian Disaster. March 23, 2010. http://ijdh.org/archives/10671

[6] Office of Inspector General, Audit of USAID’s Cash-for-Work Activities in Haiti (Report No. 1-521-10-009-P), San Salvador, El Salvador, p. 4.

[7] “The Pitfalls of "Cash for Work", Haiti Grassroots Watch, Haiti Liberté, November 3 - 9, 2010 Vol. 4, No. 16

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