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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 07:50

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Parmi les nombreux et graves problèmes auxquels sont confrontés les pouvoirs institués du système-monde capitaliste actuel, il en est un - cela semble ne faire aucun doute - qui a à voir avec les mathématiques. Ce n'est qu'ainsi que l'on pourrait expliquer que le jeûne volontaire de 2 individus à Cuba mobilise davantage l'attention du Parlement européen, du Secrétariat d'État des États-Unis et des grands moyens d'information que les plus de 1000 millions d'êtres humains qui, selon la FAO, souffrent quotidiennement de faim involontaire dans le monde. De même, et il s'agit de Cuba, il semble y avoir de graves erreurs de calcul arithmétique quand la mini-manifestation d'un petit groupe de femmes vêtues de blanc, qui tiennent toutes dans une “guagua” (minibus) cubaine, reçoit un écho beaucoup plus grand dans les médias internationaux que la méga-marche multicolore de millions de Cubains qui 1ro-mayo-02ont envahi toutes les rues principales de toutes les villes les plus importantes du pays le 1er mai dernier, en soutien au socialisme et contre précisément l'inflation médiatique de faits qui - vus sous leur seul aspect quantitatif - auraient été statistiquement négligeables dans tout autre lieu du monde. Il faut dire que ces mêmes médias ont également minimisé la preuve énorme d'engagement social qu'a représentée la participation au scrutin du 25 avril dernier de 8.207.946 votants (95.86 % de l' électorat cubain) et le fait que le nombre de votes valables atteigne le chiffre de 7.478.760 (91.11 % des bulletins), données qui contrastent nettement tant avec l'image de chaos social et de crise politique que l'on tente de coller à Cuba, qu'avec l'appel à l'abstention ou au vote nul lancé avant les élections par les détracteurs du processus révolutionnaire - soutenus une fois de plus par les médias internationaux.
Mais malheureusement, il ne s'agit pas d'une simple inaptitude au calcul arithmétique de la part des statisticiens et des journalistes engagés dans cette campagne féroce de déformation de la réalité cubaine. Si tel était le cas, la solution serait relativement simple : nous pourrions modestement leur suggérer de commencer par recourir à la méthode cubaine d'alphabétisation Yo sí puedo (Oui, je peux), fondée précisément sur l'association de lettres et de nombres, et grâce à laquelle ont pu être alphabétisés plus de 3 millions de personnes de 30 pays - encore des chiffres qui échappent aux médias. Ensuite, ils pourraient passer à la méthode Yo sí puedo seguir (Oui, je peux continuer), équivalente à l'enseignement primaire. Enfin, si tel était le problème, la solution est à portée de main. C'est à dessein - et ce pourrait être un thème suggestif pour tous ces journalistes qui s'intéressent à Cuba - , que ces méthodes ont été créées dans le pays caraïbe près de 40 ans après l'éradication “à la maison” de l'analphabétisme et alors qu'il y avait longtemps que le système éducatif avait garanti l'enseignement primaire gratuit pour 100% de ses enfants (filles et garçons). Autre énigme à résoudre par la grande presse sur le cas étrange de Cuba. Reprenant le fil de ce que nous exposions, il ne s'agit pas d'une simple erreur de calcul. Le contraste entre ce que les médias voient à Cuba et ce que les Cubains eux-mêmes vivent et perçoivent de sa réalité n'est rien d'autre que l'expression du conflit radical d'intérêts entre les pouvoirs institués internationalement, que ces médias représentent en grande partie, et les aspirations authentiques de l'immense majorité du peuple cubain, majorité représentée dans les chiffres bien clairs exposés ci-dessus.
Ces chiffres ne pointent en rien une homogénéité de pensée des Cubains ni l'acceptation conformiste de l'état de choses actuel dans l'île. Le Cubain moyen est très critique de son système social, il souhaite et exige des changements. Mais ce ne sont pas les mêmes changements que ceux que demandent à Cuba le Parlement européen et le Secrétariat d'État des États-Unis. La différence fondamentale réside en ce que ces derniers souhaitent que Cuba abandonne sa voie alternative et reconstruise sa réalité sociale à l'image de la leur, partant du principe qu'ils sont eux-mêmes le modèle souhaitable pour l'île caraïbe rebelle. Mais c'est précisément ce que souhaite le moins la majorité écrasante des Cubains qui défilent par millions dans la rue le 1er mai pour défendre le socialisme, une semaine après s'être empressés de voter en nombre égal ou supérieur non seulement pour que soit élu le candidat de leur choix, mais parce qu'ils savent qu'en participant au vote, ils renforcent un système social et politique différent, en remplacement de cet autre système, marqué la plupart du temps par l'apathie et l'abstention, que l'on prétend leur imposer comme le seul réellement valable. Alors que les changements promus par les pouvoirs impériaux présupposent la mort de la révolution, les changements que la majorité des Cubains recherche signifient davantage de révolution. C'est là la véritable racine du contraste. Il s'agit de deux orientations absolument opposées, bien que toutes deux réellement possibles dans les circonstances actuelles.

 

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Et laquelle de ces deux orientations possibles est réellement souhaitable ? Laquelle serait préférable sous l'angle des valeurs humaines qui sous-tendent l'une et l'autre ? Je m'imagine la réponse pressée de cette “grande presse”. En attaquant Cuba, elle a tant fait appel à des catégories axiologiques grandiloquentes telles que “liberté”, “démocratie” et “droits de l'homme” qu'il lui paraîtrait évident que les valeurs sont de son côté.

Mais n'allons pas si vite, “grande presse”. Bien que cela paraisse à tous points de vue impossible, essayons de penser ensemble le plus objectivement possible aux conséquences éventuelles du choix par Cuba de l'une ou l'autre orientation.
Commençons par les changements que souhaitent les Cubains dans leur majorité. Abstraction faite des nombreuses nuances qu'il peut y avoir et sans prétendre à un inventaire exhaustif, ces changements visent :


a. Le dépassement du monopole de l'État sur les moyens de production en faveur d'une propriété sociale diverse, qui comporte une multitude de formes coopératives et qui garantisse toujours une véritable relation de maîtrise des travailleurs quant aux moyens et aux résultats de leur production;


b. Le véritable mise au pouvoir des bases sociales avec un appareil bureaucratique minimum, toujours soumis au contrôle, non d'autres bureaucrates, comme c'est souvent le cas aujourd'hui, mais de ces bases sociales elles-mêmes. Ce serait le véritable antidote contre la corruption et cela éviterait le danger de l'éloignement de la bureaucratie des positions sociales de classe du travailleur;


c. Préservation de l'être humain en tant que centre de tout tissu social, mais pas seulement comme homme générique abstrait ou homme-statistique (réduit souvent à n'être qu'un numéro, de sa naissance à sa mort, dans les données sur la mortalité infantile, l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'éducation, etc.), mais aussi et surtout comme un homme concret et divers, avec des aspirations et des projets de vie propres, pas nécessairement homologables avec ceux des autres.


d. Meilleure exploitation en faveur des changements nécessaires de la capacité critique que la révolution elle-même a créée parmi les différentes générations de révolutionnaires, notamment les jeunes, dont dépendra inévitablement l'avenir de la révolution. Dépassement, enfin, du paternalisme intergénérationnel excessif qui, loin de garantir la continuité, pourrait engendrer de l'incommunication. Prise en compte, par conséquent, de chaque génération comme interlocutrice dans la réélaboration toujours nécessaire du projet révolutionnaire et sa mise en pratique.


Comme on peut le voir, ces changements ne signifient en rien l'adoption des modèles sociaux que le capitalisme central veut universaliser et perpétuer à tout prix. Bien au contraire, ils impliquent un approfondissement des changements révolutionnaires que le processus cubain lui-même a défendus depuis ses origines : a) une propriété qui soit véritablement sociale, b) un pouvoir qui soit véritablement populaire, c) un être humain qui soit véritablement central, d) une révolution qui soit véritablement celle de tous les révolutionnaires.


Cartel-5-de-junio-2007.jpgJournée Mondiale du Milieu Ambiant à Cuba :
Si le climat change, il change pour tous. C'est à nous à changer.
 
S'agissant de la supériorité en termes de valeurs d'un projet de changements qui préserve la voie alternative que Cuba a choisie, je renvoie le lecteur à l'article excellent de Carlos Fernández Liria intitulé : “Qui a sa place sur terre ?”, [3] dans lequel il démontre de manière catégorique, en se fondant sur le modèle de Mathis Wackernagel sur “l'empreinte écologique” appliqué à l'étude de 93 nations, que Cuba est le seul pays présentant un indice de développement humain relativement élevé (supérieur à 0,8) qui, dans le même temps, affiche un développement durable et une empreinte écologique qui, si elle était la même pour l'ensemble de la planète, permettrait d'en garantir la survie. L'étude montre que l'universalisation de l'empreinte écologique de la Grande-Bretagne, par exemple, nécessiterait 3 planètes Terre et celle des États-Unis, 5. De nouveau, les mathématiques nous aident. Il va de soi qu'un modèle social qui assure la préservation de l'unique planète Terre dont nous disposons et, en même temps, un niveau élevé de développement humain est supérieur. Si le monde était Cuba, l'humanité aurait bon espoir de survivre à sa propre autodestruction. Et mieux encore : en assurant une vie digne à chacun de ses habitants. Il est clair que si le monde était la Cuba d'aujourd'hui, il aurait aussi besoin de changements, ceux-là mêmes que nous avons exposés plus haut. Il aurait besoin de changements mais pas si importants ni si radicaux que ceux qu'il nécessite, de fait, aujourd'hui faute d'être ce qu'est Cuba ou d'y ressembler.
Mais, attention, les deux orientations de changement aujourd'hui proposées comme possibles pour Cuba ne sont pas les seules alternatives. Une troisième est l'immobilité, le non-changement. Et il ne s'agit pas non plus d'une possibilité abstraite, elle est aussi très réelle et possède une force significative. Peut-être cette position est-elle celle qui possède le plus de pouvoir réel en sa faveur à l'intérieur du pays parce que c'est celle qui répond le mieux aux intérêts d'une bureaucratie qui, comme quasi-classe sociale, tire des avantages significatifs de la situation actuelle et perdrait des privilèges avec les changements signalés ici comme nécessaires. Position très dangereuse, plus sûrement que les campagnes internationales contre Cuba ou les shows médiatiques que celle que l'on nomme la dissidence interne monte à tout moment à l'intention des spectateurs étrangers. Immobilisme est synonyme de conservatisme et le conservatisme est le contraire de la révolution. Si la révolution cessait de changer, elle cesserait d'être la révolution et perdrait le consensus d'approbation qui l'entretient aujourd'hui. À la longue, l'immobilisme favoriserait l'orientation des changements qu'il dit aujourd'hui combattre. Nous devons rester en alerte. Les changements fondamentaux que le peuple réclame et que la haute direction du pays a reconnus comme nécessaires devront se faire de manière très bien pensée, mais aussi avec la célérité que les circonstances exigent. 
José Ramón Fabelo Corzo

[1].
Ce texte a été publié à l'origine sous le titre “Cuba necesita cambios, aunque muchos menos de los necesita el resto del mundo” dans la revue argentine Sudestada, No. 89, juin 2010 (version électronique : http://www.revistasudestada.com.ar/web06/article.php3?id_article=695)

[2].
L'auteur est chercheur titulaire de l'Institut de philosophie de La Havane, professeur-chercheur titulaire de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université autonome de Puebla.

[3].
http://blogs.publico.es/dominiopublico/267/%C2%BFquien-cabe-en-el-mundo/ (NDT : Version française : http://www.legrandsoir.info/Qui-a-sa-place-sur-terre.html)

(*) José Ramón Fabelo Corzo (La Havane, 1956). Docteur en Sciences Philosophiques de l'Université d'Etat de Moscou (1984). Il est actuellement chercheur titulaire à l'Institut de philosophie de La Havane et professeur-chercheur titulaire de la faculté de Philosophie et Lettres de l'Université Autonome de Puebla. Il s'est consacré à l'étude de l'Axiologie, de la Pensée latino-américaine et de l'Esthétique.


Source en français : ARLAC

Source en espagnol : Suestada

Amérique Latine des Peuples

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Published by cuba si lorraine - dans Cuba
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