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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 14:48

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 11:10

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du 17 au 21 avril 2012

Face au silence de la grande presse nord-américaine et internationale sur l’affaire des cinq Cubains prisonniers politiques aux États-Unis depuis le 12 septembre 1998.
Après des années d’un procès injuste, les recours judiciaires étant pratiquement épuisés.

Fort d’une solidarité internationale qui rassemble, entre autres, 10 prix Nobels, des centaines d’intellectuels, des religieux, des parlements, des assemblées, plus de 300 groupes de solidarité dans le monde entier…

le Comité international pour la liberté des Cinq organise 5 journées de dénonciation et d’information pour faire connaître l’affaire des Cinq – systématiquement passée sous silence – au peuple nord-américain, et exiger que le président Obama use du droit que lui donne la Constitution des États-Unis pour

Libérer les Cinq Cubain tout de suite !

Le Comité international appelle toutes les organisations solidaires à se joindre à ces journées dans leur pays respectif et à soutenir les 5 journées de manifestation à Washington.

Plusieurs personnalités internationales seront présentes à Washington, et d’autres ont envoyé des messages de soutien. (Voir liste sur le site)

REJOIGNEZ LA LISTE DE SOUTIEN ! FAITES SIGNER LES PERSONNALITÉS FRANÇAISES AMIES DE CUBA ET DE LA JUSTICE

Le programme prévoit :

· Distribution d’informations au Congrès et au Sénat,
· Projection du documentaire de Saul Landau Que le véritable terroriste se mette debout ! dans plusieurs universités,
· Création d’un nouveau Comité dans un quartier populaire de Washington,
· Exposition des caricatures de Gerardo Hernandez,
· Conférence sur la politique agressive des États-Unis pendant plus de 50 ans avec plusieurs personnalités internationales, dont Salim Lamrani,
· Rencontre avec des religieux de diverses congrégations,
· Manifestation devant la Maison-Blanche : organisation du rallye : Voyage de la liberté pour les Cinq Cubains avec le soutien de camarades syndicalistes portoricains qui ont fourni 5 bus,

• Collage de 1 000 affiches Obama Give me five ! à des emplacements stratégiques de Washington, et distribution de tracts dans la rue

• Publication de messages dans des revues et des journaux locaux.
Financement : Le Comité a besoin de votre soutien financier

Ces actions ont été financées avec les fonds du Comité et avec les dons de Comités dans le monde et de personnes solidaires. Mais nous sommes encore loin du compte !

Seulement les frais de publicité (affiches, tracts, bulletins, publications dans les journaux, les bus…) se montent à 35 500 dollars.

Pour la réussite de ces journées,

Vous pouvez apporter votre soutien financier en entrant dans la page web du Comité www.thecuban5.org , entrer dans la fenêtre DONAR. Les dons peuvent être faits à travers de PayPal ou directement au compte bancaire du Comité aux États-Unis.

Important : à cause du blocus, en aucun cas vous ne devez utiliser les mots “Cuba ou “Cubain”

Nom du compte bancaire : International Committee
Numéro du compte : Account no. 012228718
Banque : Bank of the West
Adresse : 11100 San Pablo Ave.
El Cerrito, CA 94530
EEUU
Clé Bancaire : Routing no. 121100782 (or IBAN)
SWIFT : BWSTUS66

Merci à tous pour votre soutien.

Le Comité publie quotidiennement des informations sur les Cinq et sur l’organisation de ces journées : www.thecuban5.org

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 22:38

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Yannick Vely - Parismatch.com

Le 10 octobre dernier, nous vous évoquions le combat mené par les proches de René Gonzalez pour que ce dernier puisse retourner à Cuba après avoir passé treize années derrière les barreaux aux Etats-Unis. Ex-membre des «Cuban Five» - agents secrets du régime castriste infiltrés aux Etats-Unis et condamnés à de lourdes peines de prison pour espionnage -, l’homme ne pouvait revoir sa femme Olga Salanueva, arrêtée en Floride et déportée à Cuba en 2000. Lui est toujours contraint à passer trois années supplémentaires de probation sur le sol américain, alors que son épouse, elle, ne pouvait obtenir de visa.

La mobilisation n’a jamais faibli.

Le 19 mars dernier, le juge Joan Lenard a approuvé la motion présentée par l’avocat de René Gonzalez et ce dernier, aujourd’hui âgé de 55 ans, a été autorisé à passer deux semaines à La Havane pour des raisons humanitaires. Il a ainsi pu se rendre au chevet de son frère, atteint d’un cancer des poumons et se reposer enfin auprès des siens. L’engagement pris auprès de la justice américaine a été respecté par les autorités cubaines et l’ancien espion a dû repartir aux Etats-Unis, vendredi. «Le peuple cubain ne faiblira pas dans son effort visant à ramener définitivement dans leur patrie René et ses quatre frères, animé de l'inébranlable certitude qu'ils finiront par rentrer», a expliqué le gouvernement cubain dans un communiqué.

Né à Chicago en en 1956, René Gonzalez Sehwerert n’a pas le profil d’un «James Bond». Fils d’un travailleur en Sidérurgie et d’une mère au foyer retournés en famille à Cuba en 1961, il est entré dans l’armée cubaine en 1974 et participera à la mission internationaliste en Angola de 1977 à 1979. Attiré depuis sa jeunesse par la mécanique, il suit une formation dans une école d’aviation et devient en 1985 chef d’escadrille et instructeur de vol. En 1990, René Gonzalez part aux Etats-Unis pour infiltrer «différentes organisations contre-révolutionnaires qui utilisent le territoire nord-américain pour planifier et réaliser des actions terroristes et des provocations constantes contre notre pays», explique le site de l’ambassade de Cuba en France. Il est rejoint aux Etats-Unis par son épouse et sa fille aînée, Irma. Le couple aura alors une seconde fille, Ivette, quelques mois avant l’arrestation de René, en septembre 1998.

Un échange possible

Condamnés à de lourdes peines de prison pour espionnage, le sort des cinq membres du groupe appelé «The Wasp Network» - René Gonzalez Sehwerert, Ramon Labanino Salazar, Gerardo Hernandez Nordelo; Fernando Gonzalez Llort et Antonio Guerrero Rodriguez - suscite toujours de violentes polémiques, aux Etats-Unis comme à Cuba. Lors de leur procès à Miami en 2001, la justice américaine a démontré que les agents cubains avaient infiltré un groupe d’exilés cubains pour obtenir un emploi à la base aérienne de Key West Naval Station et ce afin de renseigner La Havane sur les opérations en cours. Le 24 février 1996, deux avions de sauvetage étaient abattus dans l’espace aérien international, tuant quatre citoyens américains. Les condamnations furent exemplaires : deux fois la prison à vie pour le leader du groupe, Gerardo Hernandez, jugé coupable de conspiration pour meurtre, la prison à vie pour Ramon Labanino et Antonio Guerrero, 19 ans pour Fernando Gonzalez et 15 ans pour René Gonzalez.

Si Cuba a admis que les cinq hommes étaient bien des agents du renseignement extérieurs, La Havane a toujours nié leur implication dans les faits du 24 février 1996. Selon le régime castriste, ils avaient été envoyés aux Etats-Unis pour intégrer la communauté des exilés cubains de Miami, afin de surveiller les agissements de l’anti-communiste Luis Posada Carriles, coupable selon lui d’avoir organisé plusieurs attentats terroristes sur le sol cubain. Depuis son élection, Barack Obama a assoupli le blocus économique contre l’île, mais les tensions entre les deux pays subsistent. L’affaire des «Cuban Five» reste une cicatrice profonde dans les relations diplomatiques et un révélateur du chemin qui reste à accomplir. Pour la Républicaine Ileana Ros-Lehtinen, d’origine cubaine, Gonzalez «a du sang américain sur les mains» et il faut continuer à le surveiller activement, et ce malgré le fait qu’il ait purgé une grande partie de sa peine… Les appels à la libération de plusieurs prix Nobel n’ont jamais réussi à infléchir la position américaine, même si des réductions de peine ont été accordées. Il reste toujours l’espoir d’un échange de prisonniers, après la condamnation en mars dernier pour quinze ans de prison d’Alan Gross, un «mercenaire» du Maryland, convaincu d’espionnage par la justice cubaine, ce qu’il a toujours farouchement nié. Ce dernier a d’ailleurs solennellement demandé au président cubain Raul Castro de l'autoriser à se rendre temporairement aux Etats-Unis au chevet de sa mère atteinte elle aussi d'un cancer.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 10:33

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Premier message :
 
Antonio Guerrero est transféré au pénitencier d’Oklahoma.
 
7 janvier 2012
 
Maruchi, sœur d’ Antonio Guerrero, l’un des Cinq militants anti-terroristes, a envoyé un message à tous ceux qui dans le monde ont été solidaires et demandent leur libération.
 
Le message dit ceci :
 
Chers amis,
 
Mon frère a été transféré de la prison de Florence hier vers le centre pénitentiaire d’ Oklahoma, où il se trouve maintenant, peut-être au « trou », comme chaque fois qu’il a eu auparavant à passer par cette prison de transit. Nous ne savons pas pas combien de jours il restera là et quel sera son sort, mais vous pouvez être sûrs qu’en dépit de tout il ne perdra pas l’inspiration pour  et apporter de l’amour à tous. Dés qu’il pourra avoir un contact avec nous, nous vous le dirons, vous qui nous accompagnez tous les jours afin de supporter cette injustice et garder l’espoir en son retour.
 
Merci à tous pour votre solidarité.
 
Affectueusement,
 
Maruchi
 
http://www.cubadebate.cu/noticias/2012/01/07/trasladan-a-antonio-guerrero-a-centro-penitenciario-de-oklahoma/
 
 
Deuxième message :
 
Antonio Guerrero est transféré à la prison de Marianna, en Floride.
 
12 janvier 2012
 
Ce matin nous avons reçu un message d’Antonio avec sa nouvelle adresse en prison. Finalement, il a été transféré depuis Florence, au Colorado, à la prison Fédérale de Marianna, en Floride. Antonio souhaite faire savoir  à tous qu’en ces jours d’isolement et de longs trajets en avion et sur les routes il a toujours été accompagné par votre solidarité. La lutte pour la liberté d’Antonio et de ses 4 compagnons durera jusqu’à sa seule issue acceptable : le retour des Cinq à Cuba.
 
Nouvelle adresse pour écrire à Antonio :
 
Antonio Guerrero
Reg. No: 58741-004
Quarters: APACHE A
Federal Correctional Institution
P.O. Box 7007
Marianna, FL 32447-7007
 
Voici le message d’Antonio:
 
Chers amis,
 
Maintenant, je suis dans ma prison finale, où sont encore très présents les pas de René vers la paix, le respect, l’amitié, et son temps consacré à l’étude et à l’exercice physique pour cela. Oui, il s’agit de la prion de moyenne sécurité de Marianna, en Floride.
 
Bref résumé de mon voyage :
 
Je suis parti le 5 au matin de Florence vers l’aéroport de Pueblo. Là, à notre surprise, nous attendait déjà l’avion qui venait d’Oklhoma pour le premier échange de prisonniers de cette zone du Colorado avec ceux qui devaient voyager jusqu’au Centre de Transit.
 
Nous avons volé vers la Californie. Je n’avais jamais volé aussi loin à l’Ouest. J’étais  « près » de Gerardo puisque, là, nous avons embarqué ceux qui sortaient de Victorville.
 
Ensuite ce fut un vol direct de plusieurs heures pour revenir au centre de ce territoire étendu, à savoir l’Oklahoma.
 
Rien de nouveau ne m’attendait là. J’étais sur la liste des premier qui descendent de l’avion, ceux qui vont au « trou ».
 
Déjà, on m’avait réservé la même cellule  que lors de mon dernier séjour en ce lieu. Oui, le même « lieu de retraite » où ont vu le jour plusieurs poèmes voici deux ans !
 
Cette fois , les « filles » qui distribuaient les médicaments ne m’ont rappelé personne. Je n’ai pas eu le temps ni les muses pour m’inspirer des vers. Je suis sorti d’Oklahoma mardi dernier, le 10 janvier.
 
Dans un autre longue traversée, nous avons volé vers Jacksonville. Là un bus nous a emmenés à une prison  de Tallahassee, où nous avons à peine passé quelques heures à « dormir ».
 
Le 11 janvier à 3 heures du matin nous étions en train de nous apprêter pour aller par la route vers notre destination finale. Cela m’a paru un voyage interminable lors d’une obscure matinée de pluies intenses.
 
Nous n’avons pas pu communiquer jusqu’à aujourd’hui, le 12 (il y a toujours un délai de 24 heures quand on va à une nouvelle prison).
 
Ah, j’ai failli oublier : cette fois, pour finir, je n’avais pas ma « caja negra » . Je m’en suis rendu compte alors que, comme je l’ai dit, elle m’a accompagné et m’accompagne toujours.
 
Plus tard, je vous donnerai mes premières impressions ici.
 
Cinq accolades.
 
¡Venceremos!

Tony Guerrero Rodríguez

Comité international pour la libération des Cinq :
http://www.thecuban5.org/wordpress
 
Poèmes en espagnol d’Antonio Guerrero, réalisés en 2010, lors de son dernier séjour au « trou »  d’Oklahoma.
http://www.sierramaestra.cu/cinco-heroes/7308?tmpl=component&print=1&layout=default&page=

 

Alma

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 10:20

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Un changement est possible dans les relations entre La Havane et Washington. Les Etats-Unis ont levé toutes les restrictions concernant les voyages des Cubains-américains vers l’Île et les transferts d’argent à destination des familles. Dans le même temps, le gouvernement cubain favorise l’établissement de petites entreprises privées. Cette réalité ouvre la voie au renforcement des liens entre les deux communautés, et plus précisément – comme l’a souligné un observateur – à « un afflux de capital des Etats-Unis vers Cuba ».

    Néanmoins, les cas d’Alan Gross d’un côté, arrêté le 3 décembre 2009, et des « Cinq Cubains » de l’autre, représentent un obstacle majeur à l’amélioration des relations.

Qui est Alan Gross ?

    Alan Gross est un citoyen étasunien originaire de Potomac au Maryland, de confession juive, âgée de 61 ans, qui travaille pour le gouvernement des Etats-Unis. Il est employé par la Development Alternative, Inc (DAI), un sous-traitant de l’Agence étasunienne pour le développement Internationale (USAID), qui dépend elle-même du Département d’Etat. En décembre 2009, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays avec un simple visa touristique – lors de ce qui constituait alors son cinquième voyage de l’année –, il a été arrêté à l’aéroport international de La Havane par les services de sécurité. Une enquête menée à son sujet avait permis d’établir des liens étroits entre lui et l’opposition interne au gouvernement cubain, à laquelle il distribuait des ordinateurs portables et des téléphones satellitaires, dans le cadre d’un programme du Département d’Etat de « promotion de la démocratie à Cuba[1] ».

Expert en technologie de communication de longue distance, Gross dispose d’une solide expérience dans ce domaine. Il a ainsi travaillé dans plus de cinquante nations et a ainsi mis en place des systèmes satellitaires de communication durant les interventions militaires étasuniennes en Irak et en Afghanistan pour échapper aux canaux contrôlés par les autorités locales[2].

La possession de téléphone satellitaire est rigoureusement interdite à Cuba pour des raisons de sécurité nationale. Par ailleurs, le secteur de la téléphonie étant un monopole d’Etat à Cuba, toute concurrence y est interdite[3].

Aide à la communauté juive de Cuba ?

    Le Département d’Etat étasunien, qui exige la libération du détenu, affirme que « Gross œuvre au développement international et s’est rendu à Cuba pour aider les membres de la communauté juive de La Havane à se connecter avec d’autres communautés juives à travers le monde ». Selon Washington, les activités de Gross étaient légitimes et n’ont pas violé la législation cubaine[4].

En octobre 2010, en marge de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies, Arturo Valenzuela, secrétaire d’Etat assistant pour les Affaires interaméricaines, s’est même entretenu avec Bruno Rodríguez, ministre cubain des Affaires étrangères, au sujet de Gross. Il s’agissait alors de la plus importante rencontre diplomatique entre représentants les deux nations depuis le début de l’ère Obama[5].

La famille d’Alan Gross a également certifié que ses fréquents voyages dans l’île étaient destinés à permettre à la communauté juive de La Havane d’obtenir un accès Internet pour pouvoir communiquer avec les Juifs du reste du monde[6]. Son avocat Peter J. Kahn a ratifié ces propos : « Son travail à Cuba n’avait rien à voir avec la politique, mais était simplement destiné à aider à améliorer la vie des membres de la petite, pacifique et non dissidente communauté juive de ce pays[7] ».

    Gross avait assurément des contacts avec certains membres de la communauté juive à Cuba. Néanmoins, la version officielle des Etats-Unis et de la famille Gross est contredite par la communauté juive de La Havane elle-même. Celle-ci affirme en effet ne pas connaître Alan Gross et ne l’avoir jamais rencontré en dépit de ses cinq séjours à Cuba en 2009. Adela Dworin, présidente du Temple Beth Shalom a rejeté les affirmations de Washington : « C’est dommageable […]. Le plus triste est que l’on a voulu impliquer la communauté juive de Cuba, qui est totalement étrangère à cette affaire ».

De son côté, Mayra Levy, porte-parole du Centre Hébraïque Séfarade, a assuré ignorer qui était Gross et que ce dernier ne s’était jamais présenté à son institution. L’Agence étasunienne Associated Press note pour sa part que « les leaders de la communauté juive à Cuba ont rejeté […] tout lien avec Gross[8]9 ». De la même manière, l’Agence télégraphique juive précise que « les principaux groupes juifs à Cuba ont nié tout contact avec Alan Gross et toute connaissance de son programme[9] ».

Le révérend Odén Marichal, secrétaire du Conseil des Eglises de Cuba (CIC), qui regroupe les institutions religieuses chrétiennes ainsi que la communauté juive de Cuba, a ratifié cette position lors d’une réunion avec Peter Brennan, coordinateur des Affaires cubaines au Département d’Etat. A l’occasion de l’Assemblée générale des Eglises du Christ des Etats-Unis à Washington, en novembre 2010, le leader religieux a réfuté les allégations de Gross. « Nous avons été très clairs : la communauté juive de Cuba, qui est membre du Conseil des Eglises de Cuba, nous a affirmé cela : ‘Nous n’avons jamais eu aucune relation avec ce monsieur, il ne nous a jamais apporté le moindre équipement’. Ils ont nié toute relation avec Alan Gross[10] ».

En effet, la petite communauté juive cubaine, loin d’être isolée, est parfaitement intégrée à la société et entretient les meilleures relations avec les autorités politiques de l’île. Fidel Castro, même s’il se montre extrêmement critique à l’égard de la politique israélienne dans les territoires occupés, avait ainsi déclaré au journaliste étasunien Jeffrey Goldberg que « personne n’a[vait] autant été diffamé que les Juifs » dans l’histoire. « Ils ont été chassés de leur terre, persécutés et maltraités à travers le monde. Les Juifs ont eu une existence beaucoup plus dure que la nôtre. Il n’y a rien qui puisse être comparé à l’Holocauste », avait-il ajouté[11].

Le président cubain Raúl Castro a ainsi participé à la cérémonie religieuse de ‘Hanuca – Fête des Lumières – à la synagogue Shalom de La Havane en décembre 2010, laquelle a été transmise en direct à la télévision cubaine et a fait la une du quotidien Granma. Il en a profité pour saluer « la communauté hébraïque de Cuba et la fabuleuse histoire du peuple hébreu[12] ».

Par ailleurs, la communauté juive cubaine dispose de toutes les facilités technologiques nécessaires pour communiquer avec le reste du monde, grâce à l’aide fournie par d’autres entités juives internationales telles que le B’nai Brith and the Cuban Jewish Relief Project, le Canadian Jewish Congress (CJC), la World ORT, le Joint Distribution Committee (JDC) ou encore le United Jewish Committee (UJC), en accord avec les autorités cubaines[13].

Arturo López-Levy, secrétaire de B’nai Brith au sein de la Communauté juive cubaine entre 1999 et 2001 et actuellement professeur à l’Université de Denver, est également sceptique au sujet de la version étasunienne concernant Gross. A ce sujet, il tient les propos suivants :

« Gross n’a pas été arrêté parce qu’il est juif, ni en raison de ses prétendues activités d’aide technologique à la communauté juive cubaine, qui disposait déjà d’un laboratoire informatique, de courriers électroniques et d’accès à Internet avant son arrivée à La Havane.
[Les juifs de Cuba] ne se réunissent pas dans la synagogue pour conspirer avec l’opposition politique car cela mettrait en danger la coopération avec le gouvernement qui est nécessaire pour des activités tels que le programme d’émigration en Israël, le projet du Droit de naissance, par lequel de jeunes juifs cubains voyagent en Israël chaque année, ou pour traiter l’aide humanitaire. Pour protéger ce qui est le plus important, ils se tiennent le plus possible à l’écart de programmes d’ingérence politique étasuniens dans les affaires internes cubaines.
Gross s’est rendu à Cuba non pas pour travailler pour une quelconque organisation juive mais pour l’USAID[14] ».

De son côté, Wayne S. Smith, ambassadeur étasunien à Cuba entre 1979 et 1982 et directeur du Programme « Cuba » du Centre de Politique internationale de Washington, note que « Gross, en d’autres termes, était impliqué dans un programme dont les intentions sont clairement hostiles à Cuba puisque l’objectif n’est rien de moins qu’un changement de régime[15] ».

Activités illégales selon les autorités cubaines

    Du côté des autorités cubaines, la version officielle n’a guère convaincu et Gross est soupçonné d’activités d’espionnage et de subversion interne[16]. Ricardo Alarcón, président du Parlement cubain, a affirmé que le citoyen étasunien avait violé la législation du pays : « Il a violé les lois cubaines, la souveraineté nationale et a commis des délits qui, aux Etats-Unis, sont très sévèrement sanctionnés[17] ».

En effet, l’employé de l’USAID fournissait des équipements technologiques hautement sophistiqués. La distribution et l’utilisation de téléphones satellitaires sont réglementées à Cuba et il est interdit d’en importer sans autorisation. Par ailleurs, l’Article 11 de la Loi 88 cubaine stipule que « quiconque participe à la distribution de ressources financières, matérielles ou autre en provenance du gouvernement des Etats-Unis, ses agences, dépendances, représentants, fonctionnaires ou entités privées est passible d’une sanction allant de trois à huit ans de privation de liberté[18] ».

Cette rigueur n’est pas spécifique à la législation cubaine. En effet, la loi étasunienne prévoit des sanctions similaires pour ce type de délit. La Loi d’enregistrement des agents étrangers (Foreign Agents Registration Act) sanctionne tout agent non enregistré auprès des autorités qui « aux Etats-Unis sollicite, collecte, fournit ou dépense des contributions, prêts, argent, ou autre objet de valeur pour son propre intérêt » d’une peine de cinq ans de prison et d’une amende de 10 000 dollars[19].

La législation française sanctionne également ce type d’agissement. Selon l’Article 411-8 du Code pénal, « le fait d'exercer, pour le compte d'une puissance étrangère, d'une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou de leurs agents, une activité ayant pour but l'obtention ou la livraison de dispositifs, renseignements, procédés, objets, documents, données informatisées ou fichiers dont l'exploitation, la divulgation ou la réunion est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende[20] ».

Le 4 février 2011, le procureur de la République de Cuba a formellement accusé Alan Gross d’« actes contre l’intégrité et l’indépendance de la nation », et a requis une peine de vingt ans de prison. Le 12 mars 2011, Gross a finalement été condamné à une peine de quinze ans de prison, suite de son procès[21]. Son avocat Peter J. Kahn a regretté que son client soit « pris au milieu d’une longue dispute politique entre Cuba et les Etats-Unis[22] ».

Le New York Times rappelle que Gross « a été arrêté en décembre dernier lors d’un voyage à Cuba dans le cadre d’un programme semi-clandestin de l’USAID, service d’aide étrangère du Département d’Etat, destiné à ébranler le gouvernement cubain ». Le quotidien newyorkais souligne également que « les autorités américaines ont reconnu que M. Gross est entré à Cuba sans un visa en règle, et ont déclaré qu’il distribuait des téléphones satellitaires aux dissidents religieux[23] ».

Depuis 1992 et l’adoption de la loi Torricelli, les Etats-Unis admettent ouvertement que le but recherché à Cuba est un « changement de régime » et l’un des piliers de cette politique consiste à organiser, financer et équiper une opposition interne[24].

L’USAID, chargée de l’administration de cet plan, admet financer l’opposition cubaine, dans le cadre de ce programme. Selon l’Agence, pour l’année fiscale 2009, le montant de l’aide destinée aux dissidents cubains s’élevait à 15,62 millions de dollars. Au total, depuis 1996, 140 millions de dollars ont été alloués au programme destiné à renverser le gouvernement cubain. « La grande majorité de cette somme est destinée à des individus se trouvant à Cuba. Notre but est de maximiser le montant du soutien dont bénéficient les Cubains dans l’île[25] ».

L’organisation gouvernementale souligne également le point suivant : « Nous avons formé des centaines de journalistes sur une période de dix ans dont le travail est apparu dans de grands médias internationaux ». Ayant été formés et stipendiés par les Etats-Unis, ces derniers répondent ainsi aux intérêts de Washington, dont le but est un « changement de régime » dans l’île[26].

D’un point de vue juridique, cette réalité place de fait les dissidents qui acceptent les émoluments offerts par l’USAID dans la situation d’agents au service d’une puissance étrangère, ce qui constitue une grave violation du code pénal à Cuba. L’Agence est consciente de cette réalité et rappelle que « personne n’est obligé d’accepter ou de prendre part aux programmes du gouvernement des Etats-Unis[27] ».

Judy Gross, épouse d’Alan Gross, a été autorisée à lui rendre visite en prison pour la première fois en juillet 2010[28]. Elle en a profité pour faire parvenir un courrier au président cubain Raúl Castro. Elle a exprimé ses regrets et a fait part de ses excuses pour les actes de son mari. « Je reconnais aujourd’hui que le gouvernement cubain n’apprécie pas le genre de travail qu’Alan faisait à Cuba. Son intention n’a jamais été de porter atteinte à votre gouvernement[29] ».

Judy Gross accuse le Département d’Etat de ne pas avoir expliqué à son époux que ses activités étaient illégales à Cuba. « Si Alan avait su que quelque chose allait lui arriver à Cuba, il n’aurait pas fait cela. Je pense que l’on ne l’a pas clairement averti des risques encourus[30] ».

Une sortie de crise ?

    Gross a clairement enfreint la loi. Il n’y a pas de doute à ce sujet. D’un autre côté, il ne semble pas avoir porté de véritable préjudice et son incarcération ne bénéficie aucunement à Cuba. En revanche, sa libération pourrait grandement améliorer les relations entre Cuba et les Etats-Unis, surtout si dans le même temps il faisait amende honorable pour ses actes.

L’affaire Gross-USAID est à mettre en parallèle avec le sort des cinq agents cubains condamnés à de lourdes peines de prison aux Etats-Unis et incarcérés depuis 1998. Tout comme les Etats-Unis, qui ont indiqué qu’aucun changement substantiel ne pouvait intervenir tant qu’une solution ne serait pas trouvée à l’affaire Gross, les Cubains semblent également réticents à tout rapprochement tant que les Cinq resteront en prison. Suite à une série d’attentats à la bombe contre des centres touristiques à La Havane, ces derniers avaient été missionnés par le gouvernement cubain pour se rendre aux Etats-Unis afin de pénétrer les groupes terroristes anticastristes de Floride et recueillir des informations à leur sujet. L’idée était ensuite de faire parvenir ces informations au FBI afin qu’il puisse neutraliser ces groupes terroristes. Une rencontre de plusieurs jours a eu lieu en juin 1998 entre des représentants du FBI et les autorités cubaines à La Havane. Près de quarante-deux dossiers ont été remis au FBI. Les autorités cubaines ont ensuite espéré que les Etats-Unis agissent contre les terroristes. Les choses se passèrent différemment. Peu de temps après, le FBI a arrêté les cinq agents cubains. En d’autres termes, ceux qui avaient fourni les preuves, et non les terroristes, ont été mis en prison. Les Cinq ont été « jugés » et reconnus coupables, « jugés » car le procès était scandaleux. Le parquet ne disposait pas de véritables preuves. C’est la raison pour laquelle les Cinq ont été accusés de « conspiration » en vue de commettre des actes illégaux (chef d’accusation qui ne requiert pas de preuve, il suffit simplement de convaincre le jury). Ils ont également jugés à Miami où le sentiment anticastriste est tellement exacerbé (cf. cas d’Elian Gonzalez) qu’il était impossible de réunir un jury impartial. Les avocats de la défense ont demandé une délocalisation du procès mais, contre toute attente, celle-ci a été refusée.

Le cas de Gerardo Hernandez, accusé de « conspiration » d’assassinat – en rapport avec la destruction de deux avions de l’organisation anticastriste Brothers to the Rescue  en février 1996 par l’armée cubaine – et condamné à deux peines de prison à vie doublées de quinze ans, est sans doute le pire de tous. Le fait qu’aucune preuve démontrant son implication n’ait pu être présentée importait peu aux yeux du jury. Il se trouve aujourd’hui derrière les barreaux, la plupart du temps en isolement, et après toutes ces années il n’a pas été autorisé à voir sa femme une seule fois.

    Cette injustice contredit la réputation des Etats-Unis d’être au service de la loi. Une solution doit être trouvée. La détention de ces personnes, après tant d’années, sans véritable preuve au sujet d’un quelconque crime, si ce n’est le fait d’être des agents non enregistrés d’une puissance étrangère, est digne de l’époque de la Guerre Froide (pratique injustifiable même pour l’époque). Désormais, plus de deux décennies après la fin de la Guerre Froide, alors qu’une opportunité sans précédent d’instaurer une nouvelle relation entre Cuba et les Etats-Unis voit le jour, cette détention est moralement injustifiable et singulièrement contreproductive. Il est donc temps d’entreprendre un processus de révision de tous ces cas et de permettre à ces personnes de retrouver leurs familles. L’un d’entre eux, René González, a déjà été libéré après avoir purgé sa peine. Il doit encore purger une peine de trois ans de liberté conditionnelle. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il n’est pas autorisé à rentrer à Cuba pour rejoindre sa femme qu’il n’a pas vu depuis plus d’une décennie. Lui permettre de revenir à Cuba devrait sans doute être la première décision à prendre dans ce processus de réconciliation. A l’évidence, si les Etats-Unis décident d’agir en ce qui concerne les « Cinq Cubains », Cuba devra également libérer Alan Gross afin qu’il retrouve sa famille.

Il est à noter qu’Alan Gross lui-même a suggéré qu’une initiative. «  Suite au récent échange du soldat israélien, Gilat Shalit, contre 1 000 prisonniers palestiniens, Gross a clairement exprimé son souhait de voir les Etats-Unis et Cuba effectuer un geste similaire pour lui et les Cinq Cubains », a expliqué le rabbin David Shneyer, qui a rendu visite à Gross à La Havane[31].


*Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade). http://www.amazon.fr/Siege-Sanctions-Economiques-Etats-Unis-Contre/dp/2953128425/ref=sr_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1323515651&sr=1-2   
Contact : Salim.Lamrani@univ-mlv.fr ; lamranisalim@yahoo.fr

* Diplomate de profession, docteur de l’Université de George Washington, Wayne S. Smith est professeur à l’Université Johns Hopkins de Washington et directeur du Projet Cuba du Center for International Policy. De 1979 à 1982, il a servi à la tête de la Section d’Intérêts des Etats-Unis à Cuba. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur Cuba dont The Closest of Enemies (New York: W. W. Norton, 1987).

Notes
________________________________________
[1] Jeff Franks, « Scenarios-U.S. Contractor Jailed in Cuba Still in Limbo », Reuters, 24 octobre 2010.
[2] Phillip J. Crowley, « Statement on Anniversary of Alan Gross’ Incarceration in Cuba », U.S. Department of State, 3 décembre 2010; Saul Landau, « The Alan Gross Case », Counterpunch, 30 juillet 2010. http://www.counterpunch.org/landau07302010.html (site consulté le 18 février 2011).
[3] Ibid.
[4] Phillip J. Crowley, « Statement on Anniversary of Alan Gross’ Incarceration in Cuba », op. cit
[5] Paul Haven, « U.S., Cuban Diplos Met About Jailed U.S. Man », The Associated Press, 18 octobre 2010.
[6] Anthony Broadle, « Exclusive: American Held in Cuba Expresses Regret to Raul Castro », Reuters, 24 octobre 2010.
[7] Juan O. Tamayo, « Pedirán 20 años de cárcel para Gross », El Nuevo Herald, 5 février 2011.
[8] Andrea Rodríguez, « Judíos niegan haber colaborado con Alan Gross », The Associated Press, 2 décembre 2010.
[9] Jewish Telegraphic Agency, « Cuba to Seek 20- Year Prison Term for Alan Gross », 6 février 2011.
[10] Andrea Rodríguez, « EEUU pide Iglesias de Cuba interesarse por contratista preso », The Associated Press, 2 décembre 2010.
[11] Jeffrey Goldberg, « Castro: ‘No One Has Been Slandered More Than the Jews’ », The Atlantic, 7 décembre 2010. http://www.theatlantic.com/international/archive/2010/09/castro-no-one-has-been-slandered-more-than-tthe-jews/62566/ (site consulté le 18 février 2011).
[12] The Associated Press, « Raúl Castro Celebrates Hanukkah With Cuban Jews »; Juan O. Tamayo, « Raul Castro asiste a fiesta de Janucá en sinagoga de La Habana », El Nuevo Herald, 6 décembre 2010.
[13] Comunidad Hebrea de Cuba, « Quienes ayudan ». http://www.chcuba.org/espanol/ayuda/quienes.htm (site consulté le 18 février 2011).
[14] Arturo López-Levy, « Freeing Alan Gross: First Do No Harm », Août 2010. http://www.thewashintonnote.com/archives/2010/08freeing_alan_gr/ (site consulté le 18 février 2011).
[15] Wayne S. Smith, « The Gross Case and the Inanity of U.S. Policy », Center for International Policy, Mars 2011. http://ciponline.org/pressroom/articles/030411_Smith_Intelligence_Brief_Gross.htm (site consulté le 18 février 2011).
[16] Paul Haven, « U.S. Officials Ask Cuba to Release Jailed American », The Associated Press, 19 février 2010.
[17] Andrea Rodriguez, « Contratista de EEUU violó soberanía de Cuba, dice alto dirigente », The Associated Press, 11 décembre 2010.
[18] Ley de protección de la independencia nacional y la economía de Cuba (LEY N˚. 88), Artículo 11.
[19] U.S. Code, Title 22, Chapter 11, Subchapter II, § 611, iii <<Definitions>>, § 618, a, 1 <<Violations; false statements and willful omissions>>.
[20] Code Penal, Partie legislative, Livre, Titre Ier, Chapitre I, Section 3, Article 411-8.
[21] William Booth, « Cuba Seeks 20 Year Jail term for Detained American », The Associated Press, 4 février 2011.
[22] Paul Haven « Cuba Seeks 20-Year Jail term for Detained American », The Associated Press, 4 février 2011.
[23] Ginger Thompson, « Wife of American Held in Cuba Pleads for His Release and Apologizes to Castro », The New York Times, 24 octobre 2010.
[24] Cuban Democracy Act, Titre XVII, Article1705, 1992.
[25] Along the Malecon, « Exclusive: Q & A with USAID », 25 octobre 2010. http://alongthemalecon.blogspot.com/2010/10/exclusive-q-with-usaid.html (site consulté le 26 octobre 2010); Tracey Eaton, « U.S. government aid to Cuba is the spotlight as contractor Alan Gross marks one year in a Cuban prison », El Nuevo Herald, 3 décembre 2010.
[26] Ibid.
[27] Ibid.
[28] Jessica Gresko, « U.S. Man Jailed in Cuba Can Call Home More Often », The Associated Press, 26 octobre 2010.
[29] Anthony Boadle, « Exclusive: American Held in Cuba Expresses Regret to Raul Castro », op. cit. ; Jeff Frank, « Factbox: Jailed U.S. Contractor, Sour U.S.-Cuba Relations », Reuters, 24 octobre 2010.
[30]Anthony Boadle, « Exclusive: American Held in Cuba Expresses Regret to Raul Castro », op. cit., EFE, « EEUU no negocia liberación de Alan Gross », 8 février 2011.
[31] Agence France Presse, « Contratista de EE UU en Cuba sugiere intercambio de espias », 8 novembre 2011.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 01:42

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Le 5 de chaque mois, téléphonez ou envoyez un fax, un courrier électronique ou un télégramme pour demander au Président Obama, de libérer les 5 Patriotes Cubains prisonniers aux USA pour vouloir défendre la vie.

l'ancien président et Prix Nobel Jimmy Carter:"Je crois que la rétention des cinq cubains n’a pas de sens, les tribunaux états-uniens et aussi les organisations de droits de l’homme dans le monde ont eu des doutes. Maintenant, ils en sont à 12 ans passés en prison et j’espère que dans un futur proche ils seront libérés afin de rentrer dans leurs foyers."

Dans un rapport émis le 13 Octobre 2010, Amnesty International a demandé au gouvernement américain de réviser le cas des Cinq et d'empêcher quelque injustice que ce soit, par le biais d’un processus d’indulgence ou autre moyen approprié.

Le Président Obama a des preuves plus que suffisantes de l’innocence des 5 Cubains, que ceux-ci n’ont jamais représenté une menace pour la sécurité nationale des USA, qu’ils n’étaient pas armés et que leur seul objectif était de surveiller des organisations terroristes siégeant à Miami, pour éviter la mort de gens innocents.

Faisant usage des facultés que lui confère la Constitution des États-Unis, en tant qu’avocat, en tant que père, fils, mari, personne décente, aimant la justice, comme Prix Nobel de la Paix, nous exigeons du Président Obama qu’il METTE FIN À CETTE COLOSSALE INJUSTICE ET QU’IL FASSE LIBÉRER DÈS MAINTENANT LES 5.

MESSAGE:

We ask President Obama as a lawyer, as a father, as a son, as a husband, as a decent justice loving person, and as a winner of the Nobel Peace Prize, to end this colossal injustice and to free the Cuban Five, imprisoned in the United States for defending their homeland.

(votre nom et pays)

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VOICI LES DIFFÉRENTES FORMES D’ENTRER EN CONTACT AVEC LA MAISON BLANCHE

Par téléphone: 001 202-456-1111

Par fax: 001 202 456-2461

Par courriel: via le site web HTTP://WWW.WHITEHOUSE.GOV/CONTACT

Instructions pour les personnes qui ne lisent pas l’anglais pour envoyer un courrier électronique au président Obama

Ne remplir que les questions comportant un astérisque (*)
Où est écrit First Name, écrivez votre prénom
Où est écrit Last Name, écrivez votre nom
Où est écrit E-mail, écrivez votre courrier électronique

IMPORTANT : « Type » n’a pas d’astérisque mais vous devez cliquer sur « Internacional » pour pouvoir continuer.

Où est écrit Country, vous devez écrire votre pays
Où est écrit Subject, choisissez "Foreign Policy"
Où est écrit Message, écrivez votre message sans dépasser les 2.500 caractères.

À la fin écrivez textuellement la phrase qui apparaît sur l’écran qui dit « type the two words », en laissant un espace entre les deux mots.

Pour envoyer un télégramme :

Président Barack Obama
The White House
1600 Pennsylvania Ave, NW
Washington, DC 20500
USA

 

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 00:58
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Frei BETTO

Les derniers soldats de la guerre froide”, le nouveau livre de Fernando Morais, édité en 2011 par la Companhia das Letras, aurait assurément suscité l’envie de Ian Fleming, l’auteur de la saga de l’agent 007, si celui-ci n’était pas mort en 1964, surtout parce qu’il illustre, une fois de plus, que la réalité peut dépasser la fiction.



Supposons qu’au coin de votre rue se trouve un bar où se rencontre une équipe de malfrats susceptibles de se livrer à des cambriolages dans le quartier. Comme mesure de prévention, vous faites en sorte d’infiltrer une taupe de façon à protéger les vôtres d’éventuels méfaits. La police, qui surveille la bande, identifie l’élément infiltré. Mais, au lieu d’arrêter les braqueurs, elle emprisonne la taupe...

 

C’est précisément ce qui s’est passé avec les cinq Cubains qui, sur les instructions des services du contre-espionnage de Cuba, ont infiltré des groupes anticastristes de Floride, responsables de 681 attentats terroristes contra Cuba, qui auront causé la mort de 3.478 personnes et des dommages irréparables à 2.099 autres.

 

Depuis septembre 1998, les citoyens cubains Antonio Guerrero, Fernando González, Gerardo Hernández et Ramón Labañino sont incarcérés aux USA. Le cinquième, René González, condamné à 15 ans, a obtenu sa liberté conditionnelle le 7 octobre dernier mais, en vertu de sa double nationalité (US et cubaine), se voit interdit de toute sortie du territoire US.

 

Les autres continuent à purger de très lourdes peines : Hernández a écopé d’une double perpétuité assortie de... 15 ans supplémentaires ! Il lui faudrait trois vies pour purger une sentence aussi absurde. Labañino, perpétuité plus 18 ans ; Guerrero, perpétuité plus 10 ans ; et Fernando, 19 ans.

 

Ces cinq constituaient le réseau Vespa, qui renseignait La Havane sur les activités et projets de terroristes qui, voyageant par avion et se faisant passer pour des touristes, ont commis des attentats à Cuba, se sont livrés à du trafic d’armes et ont fait sauter des bombes dans des hôtels à La Havane, ayant provoqué des morts et des bléssés.

Bush et Obama auraient du plutôt être reconnaissants au gouvernement cubain pour avoir débusqués des terroristes qui, en toute impunité, utilisent le territoire des USA pour perpétrer leurs méfaits contre l’ile socialiste des Caraïbes. Mais c’est précisément le contraire qui est arrivé, démontre le livre très documenté de Fernando Morais. Le FBI a arrêté les agents cubains, et continue à jouer les aveugles face aux activités de terroristes qui poursuivent leurs incursions aériennes clandestines sur le territoire cubain et des entrainements para-militaires dans les environs de Miami.

En 15 chapitres, le livre de Morais raconte la préparation suivie par les cinq agents au sein du contre-espionnage cubain, la saga du mercenaire salvadorien qui, payé par Miami, a posé cinq bombes dans des hôtels et restaurants de La Havane ; il dévoile le rôle de messager particulier de Gabriel García Márquez, entre Fidel et Bill Clinton ; les visites secrètes d’agents du FBI à La Havane, et la quantité de preuves qui leur ont été fournies, sur ordre de Fidel, quant aux activités des réseaux cubains anti-castristes à Miami.

 

"Les derniers soldats de la guerre froide ” s’appuie sur un exhaustif travail de recherche et de nombreux entretiens réalisées par l’auteur à Cuba, aux USA et au Brésil. Rédigé dans un style alerte, dépourvu de parti pris et de présupposés idéologiques, cet ouvrage illustre les raisons qui ont permis à Cuba de résister depuis plus de 50 ans en tant qu’unique pays socialiste de l’Occident : La Révolution et ses conquêtes sociales ont inculqué au peuple un sens de la souveraineté qui l’amène, dans un geste d’amour, à se mobiliser pour sa défense.

 

Il est difficile dans des pays capitalistes, pour ceux qui, grâce à la loterie biologique, sont nés dans des milieux sociaux ignorant la misère et la pauvreté, de comprendre pourquoi les Cubains ne se rebellent pas contre les autorités qui les gouvernent. Car, quand on vit dans un pays subissant depuis plus d’un demi-siècle un blocus de la part de la plus grande puissance militaire, économique et idéologique, distante d’à peine 140 km, on s’enorgueillit d’avoir su résister si longtemps au point de mériter les éloges du Pape Jean-Paul II lors de sa visite en 1998.

 

Dans plus de 100 pays dans le monde – y compris au Brésil – se trouvent des médecins et des professeurs cubains effectuant des services solidaires dans les zones les plus déshéritées. Le nombre de désertions est infime, au regard de la quantité de ces professionnels qui, une fois leur mission accomplie, s’en retournent à Cuba. Et la Révolution, comme c’est le cas aujourd’hui sous l’égide du gouvernement de Raúl Castro, cherche sans cesse à évoluer pour ne pas disparaître.

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Peut-être que ce panneau, située près de l’aéroport de La Havane et fréquemment cité par Fernando Morais, peut aider à comprendre la conscience civique d’un peuple qui aura lutté pour ne plus être une colonie, d’abord de l’Espagne puis des USA : "Cette nuit, 200 millions d’enfants dormiront dans les rues du monde. Aucun d’eux n’est cubain.”

 

Frei Betto

 

Source : http://www.adital.com.br/site/noticia.asp?lang=PT&cod=62...

 

Traduction : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6508

 

Traduit par Pedro da Nóbrega | Edité par Fausto Giudice

 

gal_4804-3173c.jpgOS ÚLTIMOS SOLDADOS DA GUERRA FRIA - A história dos agentes secretos infiltrados por Cuba em organizações de extrema direita dos Estados Unidos
Fernando Morais
Companhia das Letras, 2011, 416 páginas ISBN 9788535919349

Leia um trecho em pdf

URL de cet article 15499
http://www.legrandsoir.info/heros-condamnes-note-de-lecture-du-livre-os-ultimos-soldados-da-guerra-fria-de-fernando-morais.html
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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:21

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Le 28 septembre, près de Boston, un « aspirant djihadiste » qui voulait attaquer le Pentagone et le Congrès a été arrêté et inculpé. Diplômé de physique, M. Rezwan Ferdaus aurait acheté, en août dernier, un avion modèle réduit, le F-86 Sabre, qu’il comptait bourrer d’explosifs C-4 et téléguider contre les deux symboles du pouvoir américain. L’acte d’accusation indique qu’il voulait se procurer deux autres copies d’avions de chasse de moins de 2 m de long et 1,60 m de large, pour les utiliser comme « drones », avec le même dessein.

 

Curieusement, les agents du Federal Bureau of Investigation (FBI) qui l’ont arrêté, empêchant ce possible crime, n’ont été ni inquiétés ni incarcérés, et l’on ne parle pas de leur intenter un procès.

La réflexion qui précède peut paraître saugrenue, voire incompréhensible. Et pourtant…

 

Dans les années 1990, depuis Miami et dans une ombre tout à fait relative, un certain nombre de groupes anticastristes – Alpha 66, Omega 7, Parti unité nationale démocratique (PUND), etc. – organisent et mènent à bien d’incessantes infiltrations, attaques et attentats contre Cuba. La Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), la plus importante des organisations de l’exil, si elle les appuie, le fait en sous-main, soucieuse de préserver son statut d’organisation publique et « exclusivement politique ». Toutefois, dans le but d’accentuer la pression sur l’île, ce respectable cénacle va, à son tour, se doter d’une structure clandestine, le Front national cubain (FNC). Sa création se trame durant les congrès annuels de la FNCA tenus en 1992 à Naples (Floride) et en 1993 à Santo Domingo (République dominicaine). Une vingtaine de dirigeants participent à ces réunions, parmi lesquels Jorge Mas Canosa (alors président de la FNCA), Alberto Hernández, Luis Zuñiga Rey (qui dirigera le FNC), Horacio García, Roberto Martin Pérez, José Francisco « Pepe » Hernández (actuel président de la FNCA), Angel Alfonso Alemán, Guillermo Novo Sampol [1], etc.

 

L’un des membres du bureau directeur (la junta directiva), l’homme d’affaires José Antonio Llama Muñoz, apporte personnellement 1 471 840 dollars afin de financer les futures opérations. Pour ce faire, il crée une société paravent, la Nautical Sports Inc. et contracte un emprunt à l’International Financial Bank. Grâce à ces fonds, le groupe paramilitaire dispose bientôt d’un hélicoptère, de sept embarcations rapides, d’explosifs et… de dix modèles réduits d’avions télécommandés destinés à être utilisés contre des objectifs économiques cubains ou dans un attentat contre M. Fidel Castro.

C’est pour infiltrer ces groupes criminels et informer La Havane des opérations en préparation que cinq agents antiterroristes cubains – MM. Gerardo Hernández, Ramón Labañino, René González, Fernando González et Antonio Guerrero – se trouvaient, depuis le début des années 1990, à Miami.

 

On connaît la suite de l’histoire (au moins partiellement). Si les plans impliquant les dix mini-avions téléguidés ne furent jamais menés à bien, c’est à cause de la capture accidentelle, en 1997, du yacht La Esperanza (appartenant à M. Llama Muñoz), qui emmenait dans l’île de Margarita (Venezuela) un commando chargé d’assassiner M. Fidel Castro, à l’occasion d’un Sommet ibéro-américain. Soumis à une enquête et sous pression, les conspirateurs se débarrassèrent en hâte de ce matériel compromettant. En revanche, l’action préventive des « Cinq », agents « non déclarés » du gouvernement cubain, leur valut d’être arrêtés en 1998, puis condamnés, en décembre 2001, à Miami, par la juge Joan Lenard, pour « conspiration », à des peines défiant l’imagination (de quinze ans à deux perpétuités plus quinze ans). Pourtant, en 1999, alors qu’ils étaient déjà embastillés, M. Llama Muñoz, sans que son témoignage fasse se lever un sourcil, confirmera la légitimité de leur mission. Soumis à de sérieuses difficultés financières l’ayant mené à la faillite et se retournant contre ses amis de la FNCA, il porte plainte et, racontant le financement du terrorisme, évoque le rôle de son apport de fonds dans l’acquisition, entre autres, des fameux dix avions télécommandés.

 

Revenant à l’arrestation, ces jours-ci, de M. Rezwan Ferdaus, on nous permettra donc d’élaborer un théorème – dit « Théorème Clinton-Bush-Obama » : « Lancer des modèles réduits d’avion bourrés d’explosifs sur des objectifs américains est un crime ; tenter de les empêcher d’atteindre des cibles cubaines est passible d’envoi dans un cul de basse-fosse ».

 

De son cul de basse-fosse de Marianna (Floride), l’un des « Cinq », M. René González, condamné à quinze années d’emprisonnement, sortira le 7 octobre prochain. Voici sept mois, son avocat a présenté une motion demandant à ce qu’il puisse immédiatement rentrer dans son pays, Cuba. Le 16 septembre, suivant à la lettre la réquisition de la procureure Caroline Heck Miller, qui représente le gouvernement des Etats-Unis, la juge Lenard a refusé, alléguant que si elle accède à cette demande, elle ne pourra pas « évaluer si le peuple étasunien est protégé des futurs crimes que le condamné pourrait commettre ». René sera donc obligé de vivre les trois prochaines années, en « liberté surveillée », sur le territoire américain.

 

On peut parler de cruauté gratuite : après quinze ans d’enfermement inique, il lui sera toujours impossible de vivre avec ses filles, Ivette et Irma, et surtout de voir enfin sa femme à qui, depuis onze ans, les autorités américaines refusent un visa pour le visiter. On peut aussi parler d’irresponsabilité : l’extrême droite cubaine de Miami, au sens viscéral du terme, hait les « Cinq ». Et n’a en rien renoncé à ses méthodes expéditives. En 2008, du fait de ses démêlées avec la FNCA, M. Llama Muñoz a été victime d’un attentat. Qu’il en ait réchappé n’ôte rien au danger – à plus forte raison s’agissant de René.

 

Source : Mémoire de luttes

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 22:46

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Guillermo Nova (*)

LA vie de son mari, Gerardo Hernandez, a tous les ingrédients d’un film : cet homme a laissé derrière lui sa famille et son travail et, en faisant usage d’une fausse identité, il a infiltré des groupes terroristes pour empêcher des actions violentes contre la population cubaine. Le Prix Nobel Gabriel Garcia Marquez remit une lettre de Fidel Castro au président Clinton pour l’informer des activités terroristes organisées depuis la Floride. Après avoir pris connaissance de l’affaire, le FBI décida d’arrêter cinq Cubains qui collectaient les renseignements sur ces groupes, comme Hermanos al Rescate (Frères à La Rescousse), et Gerardo fut condamné à deux peines à perpétuité.

Et pourtant, son affaire est aussi réelle que la vie elle-même. Adriana garde son sang froid quand elle explique l’affaire, mais sa voix tremble quand elle évoque l’homme qui se trouve derrière le héros. Au moment de nous séparer, elle me demande en souriant : « Si vous envoyez cette interview à un média nord-américain, pensez-vous qu’elle sera publiée ?

Pensez-vous que les peines infligées à vos maris sont un cadeau à la colonie anticastriste de la Floride?

Nous en sommes absolument persuadés, car aux États-Unis des espions avoués ont même été échangés ou expulsés du territoire, ou ont accompli des condamnations très inférieures à celles qui ont été infligées aux Cinq. Leurs condamnations n’avaient qu’un seul but : satisfaire les exigences des congressistes cubano-américains de la Floride qui ont toujours soutenu ces organisations assoiffées de sang qui voulaient que le gouvernement des États-Unis exerce des représailles contre eux.

Pourquoi ce deux poids deux mesures ?

Parce que ce procès est un procès nettement politique, parce qu’ils sont Cubains, parce qu’ils ont été jugés à Miami malgré la demande de changement de siège qui a été refusée par la cour. Cela explique à quel point cette arrestation n’avait pour but que de satisfaire les pressions de la communauté de Miami.

Si on considère qu’il s’agit bien d’un procès politique, pensez-vous qu’il devrait avoir une issue politique ?

Au début, nous avons espéré qu’à un moment ou à un autre, le système judiciaire nord-américain leur rendrait justice. En fait, depuis 13 ans, nous avons dû faire face à des chefs d’accusation sans preuves, à des jurés sous pression, à une presse payée pour diffuser des informations mensongères, entre autres choses. Et après 13 ans de bataille, nous avons épuisé tous les recours juridiques.

La défense de Gerardo Hernandez a sollicité un habeas corpus. Que demande-t-il concrètement?

Nous considérons comme une nouvelle preuve le fait que le gouvernement nord-américain ait payé les journalistes qui suivaient l’affaire afin qu’ils écrivent contre les Cinq, qu’ils enveniment plus qu’elle ne l’était l’atmosphère qui régnait à Miami, et qu’ils influencent le jury, ce qui a été dénoncé en 2006 par le New York Times.

De plus, la défense de Gerardo n’a pas disposé de tous les éléments techniques, comme les photos prises par le radar étasunien le jour de la destruction en vol des avionnettes de Hermanos al Rescate, en 1996. Celles-ci pourraient démontrer que Gerardo n’a eu aucun lien avec cet événement puisqu’il s’est produit dans les eaux nationales cubaines, après que Cuba ait envoyé 26 notes diplomatiques au gouvernement des États-Unis pour le mettre en garde sur le fait que les avionnettes de cette organisation violaient notre territoire.

Comment les différents gouvernements nord-américains ont-ils traité cette affaire?

Trois administrations se sont succédé : celle de Clinton qui les a inculpés, alors qu’elle aurait pu les expulser de son territoire ; ensuite vint celle de Bush où tout s’est endurci sur le plan juridique et politique. Il n’y a eu aucun type de rapprochement de points de vue, et ensuite l’administration d’Obama, qui n’a apporté aucune solution.

Avez-vous pu voir votre mari depuis 13 ans?

Pendant toutes ces années, le gouvernement des États-Unis nous a refusé systématiquement le visa, à Olga, l’épouse de René Gonzalez, et à moi, pour leur rendre visite, alors que la loi nous y autorise une fois par mois comme membre de la famille d’un prisonnier, et nous réclamons ce droit qui nous revient.

Aux États-Unis, on accuse le gouvernement cubain d’utiliser l’affaire des Cinq pour attiser le conflit bilatéral, ou bien pour cacher des problèmes internes

Le conflit entre Cuba et les États-Unis dure plus de 50 ans. C’est pour cela que nous avons fait la Révolution : parce que nous avions déjà un conflit avec eux. Mais ce qui doit être clair, c’est que ce ne sont pas les Cubains qui ont politisé l’affaire, mais la presse des États-Unis ou la jurisprudence nord-américaine. Nous n’avons pas attaqué les États-Unis, nous ne leur imposons pas de blocus, nous ne prenons pas de mesures contre leur peuple : Alors, qui organise une campagne médiatique ? Nous, les Cubains, la seule chose que nous voulons, c’est vivre en paix !

Votre mari est considéré comme un héros par le peuple cubain, comment vit-on le fait d’être la femme d’un héros ?

L’aspect personnel est le plus difficile pour nous ; du point de vue privé, ce sont les héros de nos vies. Pour moi, Gerardo est un homme doté de nombreuses qualités et de valeurs, dont je suis tombée amoureuse et que j’aime toujours, que je respecte profondément pour son engagement. Mais dans notre quotidien, la blessure est ouverte : être dans cette situation est extrêmement douloureux, avec des moments de grand désespoir qui vous ébranlent mais ne vous font pas céder.

D’où tirez-vous les forces ?

Je ne vous dirai que les forces coulent de source, mais il suffit de penser à eux : s’ils ont résisté aux conditions extrêmement difficiles de la prison, ne pas pouvoir nous voir pendant tant d’années, s’ils ont supporté les pressions, s’ils ont perdu une partie de leur jeunesse, comme ne va-t-on pas pouvoir le faire aussi ? De plus il y a un équilibre entre l’amour et l’engagement politique, non ce qui est banal ou superficiel mais nous partageons ce qu’ils ont fait, car ils ne sont pas différents des autres Cubains. Ici, on pourra critiquer ce qui ne nous plaît pas, mais le jour J, ce peuple se serre les coudes.

Pensez-vous au moment où vous serez réunis ?

Vous dire que non serait mentir, car c’est cette espérance qui nous fait vivre, ce qui nous permet de ne pas perdre espoir. Nous avons beaucoup de projets : d’abord tenter d’oublier tout ce que nous avons traversé, panser et soigner les blessures. Nous avons appris à donner de la valeur à d’autres choses, et nous savons que nous ne sommes pas seuls. Ce que nous avons fait nous a coûté cher, mais cela valait la peine. Pour eux, nous conservons vivant l’espoir qu’ils vont revenir parce qu’on ne peut pas nous voler le droit de rêver à un avenir meilleur. C’est pour cela que nous luttons tous les jours. (Tiré de La Republica)

(*) Journaliste espagnol.

 

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 22:38

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Monsieur le Président,

 

A l’occasion du dixième anniversaire de l’odieux attentat du 11 septembre 2001, votre pays vient de rendre un émouvant hommage aux victimes. Au nombre des 3034 personnes mortes ce jour là, s’est ajouté celui de nombreux sauveteurs intoxiqués au cours des opérations de secours.

Presque simultanément, pour le treizième anniversaire de l’arrestation des cinq cubains Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Fernando González, Ramón Labañino et René González, Cuba rendait un hommage aux victimes des attentats organisés par votre pays contre cette petite île.

Si le monde entier connaît et déplore la monstruosité des attentats du 11septembre 2001, combien de vos concitoyens, Monsieur le Président, savent que les attentats terroristes contre Cuba ont coûté la vie à 3478 Cubains et en ont paralysé à vie 2099 autres ? La plupart de ces agressions ont été préparées en Floride par l’extrême droite d’origine cubaine, et financées par la CIA.

Les cinq Cubains arrêtés en septembre 1998, soit trois ans presque jour pour jour avant la tragédie de New York, faisaient partie du réseau « Avispa » dont le but était justement de prévenir de tels attentats contre leur pays.

Plus les années passent et plus nous nous interrogeons sur le sens de l’arrestation des membres de ce réseau. Quelques mois auparavant, ils avaient appris que des attentats à la bombe se préparaient contre des avions de ligne cubains ou desservant Cuba à partir de pays d’Amérique Latine. Ces avions exploseraient à terre ou en plein vol. Un plan diabolique que Fidel Castro avait fait connaître au président Bill Clinton, par l’intermédiaire de l’écrivain Garcia Marquez. Le 6 mai 1998 Gabriel Garcia Marquez était en effet reçu à la Maison Blanche.

Le FBI de Sud Floride a dû bien jouer son rôle puisqu’aucun avion n’a explosé à cette époque… trop bien peut-être puisqu’en septembre de la même année son chef a été remplacé par Hector Pesquera. Cet homme fera arrêter les membres du réseau « Avispa » quelques jours à peine après sa nomination. C’est son fils qui a donné l’ordre, en août 2003, de passer à la broyeuse le dossier du terroriste Luis Posada Carriles, comme l’a révélé en 2006 la journaliste Ann Louise Bardach dans le Washington Post.

Quelles sont les véritables raisons de l’arrestation des Cubains?

Ils n’étaient pas espions. D’importantes personnalités de différents domaines de l’intelligence U.S. comme le colonel George Bucker, l’amiral Eugène Carroll, les généraux Edward Atkeson ou encore Charles Wilhelm ont déclaré qu’ils n’avaient eu accès, ni de près, ni de loin à une quelconque information à caractère stratégique.

Les espions véritables, eux, n’étaient d’ailleurs pas trop gênants, puisque certains, pris avec des documents considérables n’ont été condamnés qu’à des peines légères quand ils n’ont pas été carrément libérés sous caution.

C’est, par exemple, le cas de Leandro ARAGONCILLO, ancien Marine de l’armée U.S., qui espionnait tout en travaillant successivement pour Al Gore et Dick Cheney. 733 documents secrets en provenance de la Maison Blanche, du Pentagone, du Département de la Défense étaient en sa possession. Il a été condamné à dix ans de prison. Autre cas, celui de Khaled Abdel-Latif Dumeisi des services secrets de Saddam Hussein. Il infiltrait les exilés Irakiens aux Etats-Unis et a été condamné à 10 ans et dix mois de prison. Il y a aussi le cas de l’agent Lawrence A. Franklin, qui espionnait pour le compte d’Israël et qui a remis une quantité impressionnante de renseignements aux agents d’Israël Steve Rosen , Keith Weissman et Naor Gilon. Les deux premiers avaient pour couverture un travail à « l’American Israel Political Comittee », le plus grand groupe de lobby israélien à Washington. Lawrence A. Franklin a été condamné à un an de prison en 2006 avant d’être libéré sous caution. Il en a été de même pour les agents Steve Rosen et Keith Weissman. Nous pourrions continuer l’énumération !

Alors pourquoi l’arrestation d’un tel réseau antiterroriste, et des peines aussi lourdes ?

Ces hommes gênaient-ils ? Ont-ils été mis à l’écart car ils montraient du doigt les milieux de l’aviation au moment où les membres d’Al Qaida comme Zacarias Moussaoui, Mohamed Atta, Khalid Sheikh Mohammed, Nawaf Al-Hazmi, Khalid al-Midhar, Hani Hanjour, Ziad Samir Jarrah et une douzaine d’autres se préparaient pour leurs attentats du 11 septembre ? Ces terroristes se déplaçaient sans problème de visas, certains s’inscrivaient pour des cours de pilotage sans être inquiétés le moins du monde.

Le gouvernement des Etats-Unis serait-il complice de ces attentats de New York ? Ce serait monstrueux, mais on ne peut s’empêcher d’y penser, et l’histoire nous a appris à être prudents.

Dans la machiavélique « Opération Northwoods » montée par le Pentagone contre Cuba, on pouvait lire :

La réalisation de ces opérations implique nécessairement la mort de nombreux citoyens américains, civils et militaires. Mais c’est précisément leur coût humain qui en fait d’efficaces actions de manipulation. »

Heureusement le tout jeune Président J.F. Kennedy, et le Secrétaire de la défense MacNamara se sont opposés in extremis à ce plan.

Un jour, c’est sûr, la vérité éclatera au sujet de l’arrestation des membres du réseau « Avispa », comme nous saurons aussi ce qui s ‘est passé exactement le 11 septembre 2001.

En attendant, L’acharnement contre les cinq Cubains continue. Dernier exemple en date : le 16 septembre, la juge Joan Lenard s’est conformée à la demande du procureur Caroline Heck Miller en rejetant la demande de la défense de voir René Gonzalez regagner Cuba après sa libération du 7 octobre 2011. Caroline Heck Miller s’est déjà illustrée pour avoir refusé que Luis Posada Carriles soit jugé comme criminel. C’est elle aussi qui avait fait ajouter dans l’acte de sentence de René Gonzalez une clause selon laquelle une fois libéré, « il sera interdit à l’accusé de s’associer avec des individus ou des groupes terroristes, ou avec des membres d’organisations qui prônent la violence »

La raison de cette obligation pour René Gonzalez de rester trois ans aux Etats-Unis avant de pouvoir rejoindre Cuba prêterait à sourire si les conséquences n’étaient pas aussi dramatiques pour lui et pour sa famille: «la cour a besoin de temps pour voir, une fois libéré la conduite du condamné, et s’assurer qu’elle ne met pas en péril les Etats-Unis » !!!

 

Monsieur le Président Obama, une fois de plus nous vous demandons de faire preuve de justice, de rendre enfin aux cinq cubains Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Fernando González, Ramón Labañino, et René González la liberté dont ils n’auraient jamais dû être privée.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments humanistes les plus sincères.

 

Jacqueline Roussie

64360 Monein (France)

 

The White House

1600 Pennsylvania Avenue N.W.

Washington DC 20500

Copies à : Mesdames Michelle Obama, Nancy Pelosi, Hillary Clinton, Janet Napolitano Messieurs Harry Reid, Eric Holder, Pete Rouse, Donald Werrilli, John F. Kerry et M. l’Ambassadeur des USA en France.

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