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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 19:25

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John Brown


Traduit par Manuel Talens


Face au Venezuela et à la révolution bolivarienne, tous les média espagnols sont d’extrême droite. La haine de classe et le racisme colonial que Franco avait exercé contre les classes populaires de notre pays sont exportés directement vers le Venezuela.

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La lumpen-oligarchie du quotidien El País, incapable d’accepter l’accès à la vie politique des exclus, qui est la principale caractéristique de la démocratie, ose ainsi parler de « lumpen chaviste ». La droite espagnole dans toutes ses formes – la droite de la droite, le centre droit et la gauche de la droite – a de l’expérience dans la « correction » des résultats des élections : nous souffrons encore les résultats de la « correction » qui eut lieu en 1936, la dernière fois  que les majorités sociales aspirèrent à l’hégémonie politique en Espagne.

 

Le Venezuela – de même que Cuba – est pour eux une exception insupportable à la règle selon laquelle la majorité sociale des travailleurs ne devrait pas exercer l’hégémonie sociale et politique, mais plutôt les puissants, les riches, les maîtres. La révolution vénézuélienne est ainsi intimement liée aux processus sociaux et politiques espagnols : il suffit de voir comment le président Maduro a répondu aux interférences éhontées du ministre espagnol des Affaires étrangères en lui disant qu’il ferait mieux de « s’occuper de ses 25% de chômeurs ». Il y a un seul détail cette déclaration du président Maduro  avec lequel je suis en désaccord : le taux de chômage en Espagne est déjà près de 27%... Aujourd’hui à l’Assemblée nationale vénézuélienne on a pris comme exemple de la régression sociale qu'aurait signifié le triomphe de Capriles ce que le Parti Populaire est en train d’accomplir en Espagne : l’appauvrissement, le chômage, les évictions des logements.

 

Aujourd’hui, la haine de classe déclenchée au Venezuela par la droite est dirigée de préférence contre les CDI (centres de diagnostic complet), qui jouissent de la coopération généreuse et efficace des médecins cubains, contre les supermarchés subventionnés et contre le siège du PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela) et ses membres. Deux des personnes assassinées par la foule de droite défendaient un CDI, d’autres se trouvaient dans des sièges du parti de la majorité chaviste.

 

La haine de l’oligarchie prend pour cibles les réussites des plus pauvres, les symboles de la solidarité cubaine, les responsables d’un pouvoir électoral qui a organisé des élections non frauduleuses et a permis que les groupes populaires ne disparaissent de la scène politique comme cela arrivait dans le régime bipartisan alternant précédent. L’oligarchie détruit ce qu’elle ne supporte pas, les symboles de la dignité des pauvres et de la distribution de la richesse, les symboles d’une démocratie enracinée dans les classes populaires.

 

La perte d’environ 600.000 votes par le chavisme ouvre une situation extrêmement dangereuse. La Révolution bolivarienne a réussi à ne jamais recourir à la terreur révolutionnaire par deux moyens : la distribution de la richesse pétrolière, qui a empêché une expropriation massive de l’oligarchie, et le financement des programmes sociaux ambitieux et des victoires électorales fortes et incontestables. La guillotine et la terreur ont été remplacés dans le Venezuela bolivarien par des scrutins propres et transparents qui rendaient et rendent possible que les aspirations des pauvres se traduisent en actions du gouvernement.

 

La renonciation à la violence révolutionnaire et à l’expropriation de l’oligarchie, la tentative de fonder une répartition social-démocrate radicale de la richesse sur un mouvement social révolutionnaire, mais essentiellement pacifique et fortement orienté vers les processus électoraux, sont des caractéristiques qui constituent à la fois la force et la faiblesse du processus bolivarien.

 

Il ne faut pas oublier qu’un aspect fondamental du « socialisme du XXIe siècle » est la tentative de s’éloigner du socialisme du XXe siècle et des modèles despotiques de type soviétique : socialisme et démocratie sont aujourd’hui à nouveau inséparables. Les démocraties révolutionnaires latino-américaines ont certainement été la réponse la plus efficace à l’anticommunisme des années 80. Cet élément démocratique est précieux et indispensable, mais il n’est pas incompatible avec la nécessité d’un ancrage de la démocratie révolutionnaire dans des relations sociales transformées.

 

Le Programme de la Patrie du président Chavez, assumé par Maduro, inclut des éléments importants qui vont dans ce sens : il s’agissait – et il s’agit – de créer des situations sociales et économiques autant que possible irréversibles. Il faut changer les relations de propriété, mais aussi les relations d'appropriation réelle de la richesse et des moyens communs de production. Alors que la révolution bolivarienne a déjà réalisé des acquis sociaux si importants que même le candidat Capriles s’est engagé – du bout des lèvres – à les garder, toutes ces réalisations sont malheureusement réversibles si les relations hégémoniques de production restent capitalistes.

 

Seul un changement dans la constitution matérielle catalysé par les mouvements sociaux permettrait que la démocratie socialiste fonctionne comme en Europe ou aux USA... mais en sens inverse. Il est absolument nécessaire qu’un changement électoral ne permette pas que la base matérielle change, que même si la droite gagne les élections elle ne puisse pas changer l’essentiel. Exactement comme cela arrive chez nous, en Espagne, où la gauche se voit forcée à pratiquer une politique de droite. La révolution bolivarienne sera parfaitement consolidée lorsque les changements aux élections ne toucheront que des questions mineures, sans que les acquis démocratiques et sociaux, l’accès libre et égalitaire de tous à la richesse et aux moyens communs de production soient en danger à chaque processus électoral. Ce n’est que dans ces conditions qu’on sera sûr qu'ils NE REVIENDRONT PAS.

 



 



Merci à Tlaxcala
Source: http://iohannesmaurus.blogspot.com.es/2013/04/venezuela-elecciones-y-reversibilidad.html
Date de parution de l'article original: 17/04/2013
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9522

 
 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 12:11

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Chroniques vénézuéliennes. Jean Ortiz décrypte les résultats serrés de l'élection présidentielle de dimanche. Ainsi donc c'est désormais Washington qui déciderait de l'écart nécessaire pour valider une élection? Nous le savions déjà: la CIA et le Pentagone sont, pour l'Amérique latine, les meilleurs instruments de dépouillement...

Les Etats-Unis, par des "audits" militaires en 1954 (Guatemala), 1961 (Cuba), 1965 (République Dominicaine),  1981-1988 (Nicaragua), 1989 (Panama), contre des gouvernements légitimes, souverains, ont montré à quel point ils étaient soucieux de démocratie électorale. Les GIS, les "Marines", savent se convertir en efficaces scrutateurs lorsque les intérêts de "l'empire" sont menacés.

En 2002, la Maison Blanche reconnut en quelques minutes le président fantoche (Pedro Carmona) issu du coup d'Etat contre un président élu: Hugo Chavez. "Pedro l'éphémère" était  de surcroît président du Medef local, Fedecamaras, la meilleure agence électorale du pays... A l'époque, pour Washington et le fasciste Aznar (à la manoeuvre avec sa fondation FAES), pour toutes les droites et quelques brebis égarées, il n'y avait pas "abus de pouvoir" mais "rétablissement de la démocratie"... comme plus tard au Honduras du président Zelaya.

Le même processus serait-il en marche aujourd'hui au Venezuela ?

50,75% des voix ne suffiraient pas pour être élu? Prétexte pour tenter une revanche sur 15 ans de défaites politiques, électorales, démocratiques !! Depuis 15 ans, l'opposition vénézuélienne, qui va de l'ultra droite à trois partis affiliés à l'Internationale Socialiste, hurle à la fraude à toutes les élections, sans apporter aucune preuve tangible. Elle sait que derrière la prétendue "défense de la démocratie", se cache en fait une stratégie globale de déstabilisation contre un régime anti-néolibéral, anti-impérialiste...
50,75% des voix pour Nicolas Maduro ! L'écart est faible mais bien réel. Que dire alors de la victoire d'Aznar aux législatives espagnoles du 3 mars 1996 avec 37,6% des voix? de celle de Clinton en novembre 1992 avec 43% des voix?

Stratégie irresponsable de l'opposition

Par la violence (déjà 7 morts), l'opposition vénézuélienne cherche à transformer une défaite en "victoire volée par les chavistes". Stratégie irresponsable. Des groupes ultras ont incendié des locaux du PSUV, des dispensaires, saboté des installations électriques, agressé des dirigeants chavistes...Que se passerait-il si le président Maduro et les chavistes perdaient leur sang froid? La droite ne peut supporter, ici comme ailleurs, que l'on porte atteinte à ses intérêts de classe.

Les factieux ne passeront pas mais ils veulent donner une image chaotique du Venezuela. Ils peuvent compter sur nos "grands" médias et nos politiciens de droite (et de quelques venus d'ailleurs), aux ordres de "l'empire", pour leur emboîter le pas. Ils confondent sciemment liberté de la presse et libre entreprise, démocratie et démocratie de marché... sans scrupules, et quelles qu'en soient les conséquences, pourvu que les intérêts des classes dominantes soient protégés. Opposition, oui, subversion, non, a mis en garde hier le président Maduro. Les factieux, encouragés par l'attitude de l'ultra-libéral (travesti en social-démocrate) Henrique Capriles, entendront-ils raison?

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 10:27

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La victoire de Maduro est celle de la patrie



Communiqué du Parti communiste vénézuelien

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Dans la seconde élection présidentielle en un peu moins de six mois, s'est imposée au Vénézuéla la candidature des forces populaires et progressistes, rassemblées dans le Grand pôle patriotique. A cette occasion, la victoire est revenue à Nicolas Maduro, vice-président de la République jusqu'à la mort du président Chavez le 5 mars dernier, et qui fut nommé personnellement par lui comme son successeur avant de se soumettre aux opérations dont il ne se remit jamais.



La différence pour Maduro est la plus infime obtenue par l'alliance bolivarienne depuis le premier triomphe de Chavez en 1998 : 51% contre 49%, un peu plus de 230 000 voix, dans une élection à laquelle participe près de 79% des 18,9 millions de citoyens habilités à exercer leur droit de vote.



Les hauts niveaux de participation lors de ces élections, ont mis de niveau en évidence à la face du monde toute la vigueur de la démocratie vénézuélienne. Il faut rappeler qu'en octobre, quand Chavez était réélu, la participation avait dépassé les 80%. (…)



Tout de suite après l'annonce officielle, une fête populaire a explosé dans les rues du centre de Caracas et dans les quartiers populaires, célébrant le triomphe du candidat du Grand pôle patriotique, une grande alliance dont font partie 14 partis politiques et de nombreuses organisations sociales, culturelles, syndicales et communales.

 

 

Les deux partis les plus importants de l'alliance sont le Parti socialiste unifié du Vénézuela (PCV) que dirigeait Chavez et auquel appartient Maduro, et le Parti communiste du Vénézuéla, premier parti à avoir soutenu Chavez en 1998 et premier de nouveau qui a annoncé formellement la candidature de Maduro après sa XII ème Conférence nationale organisée le 10 mars dernier, cinq jours à peine après la mort de Chavez.



La droite tente de créer un climat qui nous conduit à la guerre civile



Le Bureau politique du Parti communiste du Vénézuéla (PCV), tout en analysant la journée électorale d'hier au Vénézuéla, a mis en garde le peuple contre le fait que la droite fasciste nationale et internationale, de mèche avec l'impérialisme, tentent de tendre une embuscade au peuple et au processus démocratique en créant un cadre qui nous conduise à une Guerre civile.



C'est ainsi que s'est exprimé Oscat Figuera, secrétaire général du Parti communiste, dénonçant l'atittude de l'opposition consistant à ne pas reconnaître les résultats des élections présidentielles :



« Nous souhaitons dénoncer Guillermo Aveledo, le candidat et toute son équipe, qui tentent de tendre une embuscade contre notre peuple et le processus démocratique vénézuélien, de la même façon qu'en avril 2002 ils firent partie des forces qui se sont révoltés contre le processus de transformation démocratique » a souligné Figuera.



Pour le PCV, il est important que le peuple vénézuélien ne perde pas de vue le caractère pseudo-démocratique, les tendances putschistes et déstabilisatrices de ceux qui mènent l'opposition :



« Nous le voyons bien dans le fait que le candidat de l'opposition ne reconnaisse pas les résultats alors qu'ils savent ce que sont les résultats, car si 54% des machines déjà contrôlées se révèlent tout à fait fiables, et eux-mêmes l'attestent, qu'espèrent-ils obtenir des 46% restants ? », a questionné le dirigeant communiste, s'exprimant en faveur du contrôle de 100% des bulletins de vote ou pièces justificatives réalisés par les vénézuéliens via le système automatisé.



Le Parti communiste a dénoncé une droite pro-impérialiste qui cherche à créer un climat de suspicion sur l'organe de contrôle des processus électoraux et des résultats publiés : « et se donner un temps pour faire monter cette exaspération au sein du peuple », a insisté Oscar Figuera.



Figuera a rappelé que Guillermo Aveledo, quelques jours auparavant, soulignait qu'il attendait du gouvernement qu'il respecte les résultats : « Ah, mais ils attendent que le gouvernement respecte les résultats, mais eux ne sont pas disposés à les respecter. Cela fait partie de cette attitude pseudo-démocratique, de ces putschistes qui avancent masqués qui l'ont déjà prouvé en avril 2002, car ce sont les mêmes acteurs, ils ne sont pas nouveaux. Ils sont restés dans l'impunité la plus totale ».



Le Parti communiste a exprimé son avis sur une attitude qui vise à nier définitivement les résultats électoraux :

 

« Ils ont un projet conspirateur, déstabilisateur visant à créer les conditions qui permettent de plonger le pays dans une confrontation fratricide ouverte et ils comptent en cela sur la main visible et invisible de l'impérialisme nord-américain et sur les noyaux de para-militaires qui semés dans notre pays par la droite vénézuélienne et internationale », a dénoncé Figuera.



Le Parti communiste a lancé un appel à ceux qui ont voté pour Nicolas Maduro et pour l'opposition :

 

« Agissons avec la maturité politique qu'exige le moment, rejetant toute forme de provocation et de projet visant à produire un climat d'affrontement, de déstabilisation et de crise générale qui rende ingouvernable la société vénézuélienne ».



Il a ajouté qu' « existent les mécanismes et les méthodes pour que les résultats soient à chaque fois plus transparents, avec l'immense participation de notre peuple, et nous ne laisserons pas faire, en tant que peuple, la manipulation, la provocation qui fait dérailler le processus politique vénézuélien de son cours naturel », a insisté Oscar Figuera.



Le dirigeant communiste a tenu à rendre compte du fait que face à la gravité de la situation : « Aujourd’hui, nous mettons garde nos cadres, dans tout le pays, afin qu'ils restent vigilants pour empêcher les agissements contre-révolutionnaires, anti-patriotiques et au service de l'impérialisme, cherchant à créer un climat qui nous conduise à une guerre civile ».



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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 16:46

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Posted 4 avril 2013 by cubanismo

Tanja Nijmeijer, la combattante internationaliste hollandaise qui fait partie des insurgés des FARC-EP en Colombie, également connue comme "Eillen" ou "Alexandra", et qui fait partie depuis plus de 11 ans de la guérilla la plus ancienne du continent américain, membre aujourd’hui de la commission de paix des Forces Armées révolutionnaires de Colombie qui mène des dialogues avec le gouvernement colombien, s’adresse au peuple européen depuis La Havane, à Cuba.

Habituée à porter son fusil et l’uniforme vert olive dans les forêts colombiennes, Tanja, dans son nouveau rôle à La Havane, aux côtés de ses camarades de la délégation de paix des FARC-EP au sein de laquelle tous font tout, nous a accordé un entretien en exclusivité pour l’Europe, au cours duquel elle nous a fait part de ses points de vue sur la crise économique que traverse le vieux continent et sur son avenir personnel en cas d’accord de paix en Colombie, et de son message pour les femmes et la communauté européenne appauvrie.

Nous reproduisons textuellement ses paroles.


Tanja, comme Européenne qui a décidé de s’intégrer à l’insurrection colombienne des FARC-EP, tu as participé à deux facettes de cette vie, d’abord comme guérillera de base, en combattant dans la jungle et les montagnes colombiennes, et maintenant, comme membre du groupe de dialogue à La Havane ; quelle expérience te laisse cela quand les Européens pensent que c’est un problème qui ne concerne que les Colombiens ?


Tanja Nijmeijer : Je pense que n’importe quel citoyen du monde a le droit et le devoir d’exprimer sa solidarité avec la lutte des peuples. Les Etats-Unis d’Amérique du Nord ont toujours montré une grande "solidarité" de classe, même avec des criminels de guerre comme Alvaro Uribe, et cela, sans que personne ne se scandalise. Il faut rééquilibrer la balance avec une véritable solidarité : celle qui ne peut pas s’exprimer avec des dollars ou une technologie de pointe, la solidarité morale et éthique avec la souffrance des autres.

Comment les Européens peuvent-ils contribuer à "sauver" ces actuels dialogues de paix qui ont tant d’ennemis ?


Tanja Nijmeijer : Pendant les longues années du « Plan Patriote », l’espace médiatique a été complètement fermé pour nous. Ils nous faisaient la guerre sur tous les flancs, non seulement avec bombes et mitraille, mais aussi à travers des médias. C’est une politique d’Etat d’endoctrinement massif ; peu à peu beaucoup de gens, surtout en zone urbaine où ils n’ont pas beaucoup de contact avec nous, ont fini par croire que nous, les guérilleros, sommes de terribles machines de guerre, que nous attaquons et massacrons les civiles sans respect pour personne, que nous agissons par intérêts personnels et sans idéaux - en somme, une caricature de terroristes au cœur de pierre.

Dans le fond, les ennemis des dialogues sont peu nombreux. La grande majorité des Colombiens sont fatigués du conflit et cherchent la paix, mais avec de la justice sociale. Les ennemis du dialogue sont ceux qui, d’une manière et d’une autre, tirent un juteux profit de la guerre. Nous devons leur montrer que ceux qui, comme nous, cherchons la paix, nous sommes beaucoup plus nombreux, et cela dans tous les espaces possibles. Je crois qu’il est important de réaliser en Europe un processus de sensibilisation destiné en premier lieu à une meilleure compréhension du conflit et des causes de la lutte armée en Colombie, Et en second lieu, à sensibiliser les gens sur le fait que la paix en Colombie nous concerne tous.

L’Union Européenne maintient-elle le statut d’ "organisation terroriste" aux FARC-EP ? Comment obtenir que cela change, pour faciliter le chemin de la paix en Colombie ?


Tanja Nijmeijer : Parfois je pense que la mémoire historique du vieux continent est une mémoire RAM (volatile). Pendant la deuxième guerre mondiale, les nazis appelaient "terroristes" ceux qui avaient le courage de se rebeller contre eux. En fait, c’était de là que vient réellement l’usage moderne du terme "terroriste". Les individus qui, comme nous, luttent contre la politique (économique) dominante, ont toujours été stigmatisés : auparavant ils parlaient de communistes, de rouges, de bandits, de racailles, les qualificatifs ne manquent pas. Et, dans la majorité des cas, l’histoire elle-même s’est chargée de révéler les véritables intentions derrière ces campagnes. Le seul fait que le gouvernement colombien vienne s’assoir, à La Havane, pour dialoguer avec nous ne démontre-t-il pas notre condition d’organisation politique ? Un dialogue de cette nature n’est possible qu’avec une organisation politique, avec des idées et des plans ; une organisation unifiée qui lutte pour un objectif politique commun.

Il est claire que cette liste noire d’organisations terroristes répond beaucoup plus aux intérêts économiques, géopolitiques des Etats et des transnationales (qui sont celles qui détiennent aujourd’hui le véritable pouvoir), qu’à la préoccupation humanitaire de maintenir la paix dans le monde. C’est donc au peuple, organisé et conscient de la juste cause qui nous motive, à exercer les pressions et actions nécessaires pour que ses dirigeants leur obéissent enfin.

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Les Européens pensent en général que la lutte armée fait partie du passé, spécialement dans le cas d’une Européenne. Quel message veux-tu transmettre aux personnes qui pensent ainsi ?


Tanja Nijmeijer : Depuis le contexte européen, il est très difficile de comprendre le conflit en Colombie et la nécessité de la lutte armée. Il faut comprendre que la classe politique, la classe dirigeante, n’a pas le même caractère dans tous les pays. En Colombie, le régime a été exceptionnellement sanglant et cruel, depuis sa création. L’époque de La Violencia, qui donne naissance à des groupes d’autodéfense paysans, par exemple, les constantes, et totalement d’actualité, exécutions de dirigeants politiques démocrates ou de la gauche, le génocide politique de plus de 5000 membres de l’Union Patriotique dans les années 80, etc…

Les FARC sont une organisation politique qui naît de ces groupes d’autodéfense paysans qui n’ont pas eu d’autre option que de prendre les armes pour préserver la vie et la dignité. C’est le premier point de notre plateforme de lutte : une solution politique au grave conflit que vit le pays. Les fusils sont notre garantie pour préserver nos vies, mais dès que nous saurons qu’il existe de réelles garanties pour notre participation politique, économique et sociale, ceux-ci perdront leur fonction.

Et quant à ma participation à cette lutte, il est plutôt étonnant que l’implication massive des EU dans cette guerre ne provoque pas autant de commentaires de la part des médias qui sont par contre tellement préoccupés par le fait que quelques internationalistes aient décidé de prendre parti pour les gens ordinaires dans n’importe quel coin du monde, contre l’agression des forces dominantes. Car je ne suis pas la seule, ni parmi les FARC, ni dans le monde. Pour moi, c’est un devoir moral. Ce qui n’est pas normal c’est de rester assis sans rien faire.

Quel est réellement ton travail dans la commission de paix des FARC-EP à la Havane ?


Tanja Nijmeijer : Étrangement, on ne pose jamais cette question à un autre membre de la Délégation de Paix. Nous sommes une équipe réellement trop petite pour réaliser toutes les tâches qui incombent à une mission comme la nôtre. Par conséquent, nous devons tous faire un peu de tout, les foncions sont très variées, depuis participer aux discussions à la Table de Négociations jusqu’à différentes tâches d’ordre technique. Nous apportons absolument tous des idées, destinées à trouver le chemin de la Paix avec la Justice Sociale.

Dans le cas où tu devrais retourner au combat dans les montagnes colombiennes, cette expérience changerait-elle ta façon d’agir ? Et si c’était le cas, quel serait le changement ?


Tanja Nijmeijer : Pour moi, aussi paradoxal que cela peut paraître, il n’y a pas tellement de différences entre le combat physique dans la jungle et le processus de dialogues à La Havane. Nous, les guérilleros, recevons une formation politico-militaire, il y a toujours ces deux facettes dans notre vie quotidienne. Il y a une chanson des FARC qui dit : "Avec fusil ou sans fusil/ comme ils veulent, nous nous battons/ Nous sommes préparés/pour dialoguer ou combattre ". Et c’est ainsi, dans le débat politique comme dans le combat, il y a des embuscades de part et d’autre, il y a des francs-tireurs, parfois une grenade tombe tout près, et tu dois réagir rapidement pour ne pas être blessé.

Quelle vision as-tu de la crise sociale, économique et politique que vit l’Europe ?


Tanja Nijmeijer : La crise était inévitable. C’est l’évolution d’un système qui se trouve déjà sur l’échafaud, condamné à une mort certaine, et de cela nous devrions tous prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard. C’est l’opportunité pour le peuple de réinventer une société plus juste et équitable. Je sais qu’en Europe, ce sont les plus pauvres qui paient les pots cassés, mais ils sont la majorité et ce sont eux - s’ils peuvent comprendre qu’ils ne sont pas différents des peuples du mal nommé tiers monde, sur le dos desquels ils vivent depuis trop longtemps - qui pourront changer le système.

Quelle est la sortie de cette crise ? Quel message envoies-tu à toutes les organisations, les dirigeants et le peuple en général, engagés dans la lutte pour améliorer le système de vie en Europe ?


Tanja Nijmeijer : Qu’ils ne se laissent jamais absorber ou aliéner par le système. Vous faites partie de ce grand groupe qui s’appelle citoyens du monde, et nous devons lutter tous ensemble. La crise ne peut ni ne doit se résoudre par des politiques expansionnistes qui tendent à améliorer de forme passagère le niveau de vie de la population d’un seul pays ou continent, aux dépens du pillage et de la soumission des autres. La seul solution durable c’est l’instauration d’un autre système, basé sur la solidarité et l’égalité de conditions pour tous les peuples.

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Si ces dialogues arrivaient à bon terme, que ferais-tu ? Tu resterais en Colombie pour avoir une vie politique légale, tu retournerais en Europe pour faire de la politique là-bas ou tu irais vivre tranquillement dans ton pays pour oublier toute ton histoire en Colombie ?


Tanja Nijmeijer : Vraiment, une telle décision ne me correspond pas. Je considère que si nous signons un accord de paix, si nous obtenons quelques garanties réelles pour implémenter une action politique, le véritable travail commence pour nous, comme mouvement politique. Et je serai là, disponible pour n’importe quelle tâche dont aurait besoin la Colombie. Mon engagement est avec le peuple colombien et il est inconditionnel et pour un temps indéfini.

Quel message donnes-tu aux femmes européennes qui luttent sur ce continent ?


Tanja Nijmeijer : En avant, ça vaut la peine. Vous n’êtes pas seules, nous vous appuyons et nous admirons vos efforts et votre courage. Les femmes ont beaucoup à apporter et tout à gagner à tous les niveaux de la lutte des peuples. Cela me fait toujours plaisir lorsque je vois dans le monde entier tant de femmes combatives, résolues, qui osent rompre les schémas. Mais la lutte n’est pas contre les hommes, mais avec eux, à égalité de condition. J’ai toujours voulue être à la hauteur de ces femmes courageuses pour qui j’ai une grande admiration et qui me donnent la force de continuer la lutte, comme par exemple Policarpa Salavarrieta, Manuelita Sáenz, Maria Cano, Olga Benario, les nombreuses résistantes de la seconde guerre mondiale, les internationalistes de la guerre civile espagnole, toutes les guérilleras des FARC, et tant d’autres…

Quelque chose que tu désires exprimer au peuple colombien et au monde en général ?


Tanja Nijmeijer : Avec la crise globale qui s’étend à toute l’humanité, nous sommes devant une menace éminente et grave. Le capitalisme est en déclin. Une bête blessée à mort est très dangereuse et le seul moyen de se sauver c’est de lui faire face tous ensemble pour lui donner le coup de grâce. Il y a presque deux siècles, Simon Bolívar disait : “ Unis, nous serons invincibles et nous mériterons le respect ; divisés et isolés nous périrons”. Et ce qu’il avait compris à l’époque devient aujourd’hui une urgente nécessité.

 

source: Le Grand Soir

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 14:30

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La ministre vénézuélienne des Services pénitentiaires, Iris Varela, a annoncé sur son compte Twitter l’expulsion d’un ressortissant français connu sous le nom de Frédéric Laurent Bouquet, le 29 décembre 2012.

M. Bouquet (photo) avait été arrêté à Caracas, le 18 juin 2009, avec trois ressortissants dominicains, en possession d’un arsenal. La police scientifique avait saisi dans l’appartement qu’il avait acquis 500 grammes d’explosifs C4, 14 fusils d’assaut dont 5 avec visée télescopique, 5 avec visée laser, et 1 avec silencieux, des câbles spéciaux, 11 détonateurs électroniques, 19 721 cartouches de différents calibres, 3 mitraillettes, 4 pistolets de différents calibres, 11 équipements radio, 3 talkies walkies et une base radio, 5 fusils de chasse calibre 12, 2 gilets pare-balles, 7 uniformes militaires, 8 grenades, 1 masque à gaz, 1 couteau de combat et 9 bouteilles de poudre à canon.

Durant son procès, M. Bouquet a admis avoir été formé en Israël et être un agent des services secrets militaires français (DGSE). Il a reconnu préparer un attentat pour assassiner le président constitutionnel Hugo Chavez.

M. Bouquet avait été condamné à 4 ans de prison ferme pour « détention illégale d’armes ». Il a purgé sa peine. Il a été extrait de sa cellule par ordonnance N° 096-12 du premier juge Yulismar Jaime, puis a été expulsé pour « atteinte à la sécurité nationale », en vertu de l’article 39 alinéa 4 de la Loi sur les migrations et les étrangers.

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Les autorités vénézuéliennes s’étaient jusqu’à présent abstenues de communiquer sur ce sujet. Les faits ont été confirmés par le porte-parole du quai d’Orsay, Philippe Lalliot. L’ambassade de France à Caracas a décliné tout commentaire.

De notre enquête nous pouvons conclure : (1) le président Nicolas Sarkozy a commandité l’assassinat de son homologue Hugo Chavez (2) l’opération fut un fiasco (3) la France a accordé des compensations substantielles pour étouffer cette affaire durant le mandat de M. Sarkozy.

 

  Source : link
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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 20:18

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Interview réalisée pour l’Iris


Par Christophe Ventura


La réélection de Hugo Chavez est non seulement symbolique de la dynamique de la gauche latino-américaine mais elle est aussi nécessaire à sa consolidation et à l’approfondissement de ses actions.

Interview réalisée pour l’Iris (Institut de Relations Internationales et Stratégiques)


Quels sont les principaux défis auxquels doit faire face Hugo Chávez, notamment en termes de sécurité ?

Il est clair qu’il s’agit d’un défi majeur pour Hugo Chávez et le gouvernement vénézuélien. Et ce, depuis maintenant plusieurs années puisque le Venezuela vit avec une insécurité structurelle qui n’est pas jugulée et qui évidemment pose des problèmes au pays.

On estime qu’entre 14 000 et 19 000 homicides sont commis au Venezuela chaque année –les chiffres sont discutés et divergent selon les sources–, ce qui en fait l’un des pays les plus touchés, juste derrière le Honduras.

Pendant assez longtemps, le gouvernement a misé sur la lutte contre la pauvreté – domaine où il a atteint d’importants résultats – comme moyen de contrer l’insécurité mais il n’avait pas pris la mesure de la mutation de la nature de cette dernière. L’insécurité est évidemment liée à la pauvreté mais également au développement des trafics et des gangs prenant part au commerce de la drogue. Le Venezuela est devenu l’un des théâtres d’opération de ce commerce dans la région. Il est victime, du fait de sa proximité avec la Colombie (principal producteur de cocaïne), de l’utilisation de son territoire par les narcotrafics comme voie de passage pour la production et l’intermédiation de la vente.

C’est bien sûr une lourde tâche de régler tout cela mais depuis maintenant un peu plus d’un an, le Venezuela a décidé de mettre en place une police nationale. C’est une première. Cela n’a jamais existé auparavant dans le pays. Quand on est en France, il est difficile d’imaginer une telle chose, mais jusqu’à présent, le Venezuela était un pays dans lequel la sécurité publique était assurée par des polices locales au nombre de 110 à 120 sur tout le territoire. Sans coordination nationale, elles constituaient autant de fiefs autonomes. Cette situation ne répondait pas du tout au défi de l’insécurité. De plus, l’existence d’une telle multiplicité de polices locales est très propice à la corruption. Le gouvernement vénézuélien a changé d’axe et a décidé de créer et de former une police nationale. Il a mis en place plusieurs structures : le Centre de formation policière (Cefopol), l’Université nationale expérimentale de la sécurité (UNES) et la Police nationale bolivarienne (PNB).

Les policiers devront à la fois répondre aux exigences des métiers de la police mais aussi à celles consistant à établir une certaine proximité avec les communautés, avec les quartiers. Il s’agit de construire un accompagnement social des politiques répressives, un travail préventif important. Les policiers ont également accès à une formation scolaire et universitaire en sciences sociales qui leur permet d’avoir une vision élargie des problèmes sociaux auxquels sont confrontés le Venezuela et, en particulier, les populations concernées par le crime, les trafics et les violences.

C’est une expérience assez novatrice qui débute, il est donc un peu tôt pour en tirer un bilan. En 2012, une première promotion de cette police nationale a émergé. Elle est constituée de 8 000 policiers répartis sur l’ensemble du pays. Ils sont en grande partie concentrés dans la capitale, Caracas.

Cependant, on en trouve également dans cinq Etats (le Venezuela est composé de 24 Etats) où se concentrent précisément de nombreux problèmes de trafics, comme par exemple dans l’Etat de Tachira qui est à la frontière colombienne. Un effectif de 8 000 agents est un bon début mais c’est encore peu pour couvrir l’immensité de ce territoire et gérer tous les problèmes de sécurité. Cette réforme structurelle va demander du temps. A cette étape, on peut confirmer qu’un processus est amorcé, qu’une impulsion est donnée. Il faudra suivre cela de près pour observer les résultats.

Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il s’agit d’une priorité absolue pour le gouvernement vénézuélien. Ce dernier a d’ailleurs indiqué que des résultats ont été obtenus sur cette année et demi dans des quartiers test où la police nationale a quasiment remplacé les polices locales. Plus précisément, ces dernières doivent pouvoir, à terme, être intégrées au sein de la police nationale, par la formation des agents aux nouvelles méthodes et approches.

 

Quid de la succession de Chávez ? Pensez-vous que l’on voit émerger la constitution d’un parti chaviste et l’institutionnalisation de la révolution bolivarienne ?

Tout d’abord, il faut rappeler que le président vénézuélien est là et bien là pour le moment. Il affirme d’ailleurs être guéri de son cancer. Mais cette question de l’après Chavez est désormais posée objectivement. Il est d’ailleurs le premier à en parler. 

Il s’agit de savoir s’il est possible de succéder à Hugo Chávez. Cela me paraît difficile car je pense qu’il a eu un rôle particulièrement singulier ces dix dernières années. Ce type de dirigeant politique, indépendamment de ce qu’on pense de son action, ne se reproduit pas à chaque génération. Ce qui arrivera après lui sera une continuité, tout en étant également quelque chose de différent par rapport à la période précédente. 

Aujourd’hui, on remarque clairement qu’il y a un certain nombre de cadres du Parti socialiste uni du Venezuela (parti de la majorité présidentielle) qui ont émergé et occupent des fonctions très importantes au sein de l’appareil d’Etat ou au sein de la vie économique ou médiatique vénézuélienne. En cas de nécessité, ils pourront assurer une continuité. 

Mais il est impossible de dire pour le moment comment cela va se passer : est-ce Chávez lui-même qui va en quelque sorte désigner celui qu’il pense pouvoir voir candidater aux prochaines élections présidentielles ? Est-ce le parti qui va faire une proposition ? Nous n’en savons rien mais il est probable que Chávez ait un rôle prépondérant dans ce processus.

Concernant l’institutionnalisation du processus de la « révolution bolivarienne », je pense qu’elle s’amorce lentement. Ce processus repose sur une articulation entre la construction de l’Etat vénézuélien et la mise en place d’une démocratie beaucoup plus locale qui se bâtit, elle, au travers de ce que l’on appelle là-bas « les Conseils communaux ». Ils constituent une expérience de démocratie localisée, de type participative, et construisent peu à peu une génération de citoyens engagés, responsabilisés qui s’articulent autour du pouvoir d’Etat. L’institutionnalisation se construira dans la dialectique qui opère entre ces deux dynamiques-là. 

Lorsqu’on parle du Venezuela, il faut toujours se souvenir que ce pays n’est pas la France ou un pays européen. Il faut savoir qu’il dispose d’un Etat embryonnaire qui n’existe même pas sur certaines zones du territoire. L’ambition de cette « Révolution bolivarienne » est justement de construire cet Etat et de lui donner une forte dimension sociale, de redistribution des richesses. 

En réalité, cette ambition s’affirme depuis ces dix dernières années, en particulier depuis 2003, lorsqu’ Hugo Chavez est sorti du coup d’Etat qu’il avait subi, puis de la grève pétrolière organisée par le patronat vénézuélien. C’est à partir de ce moment-là que Chávez a réellement mis en place les politiques dont on discute aujourd’hui. 

Mais de nouvelles doivent s’organiser. Elles concernent l’amélioration de la gestion concrète des politiques publiques et le contrôle de cette gestion pour lutter notamment contre les phénomènes de corruption. Chavez vient de nommer une nouvelle ministre de la présidence, Carmen Meléndez, dont la tâche sera de superviser le suivi et le contrôle des programmes du gouvernement. 

La vie politique du Venezuela s’intensifie et ce processus voit un nombre d’acteurs de plus en plus nombreux s’y associer. Il est difficile de dire exactement ce que ces derniers vont écrire comme futur pour leur pays, mais nous pouvons d’ores et déjà affirmer qu’ils vont l’écrire pendant et après Chávez. 

Le voyage d’observation que j’ai pu faire récemment sur place indique bien que l’on est dans un processus irréversible. 

 

La réélection d’Hugo Chávez est-elle symbolique de la dynamique de la gauche en Amérique latine ?

Absolument. Elle est non seulement symbolique de la dynamique de cette gauche latino-américaine mais elle est aussi nécessaire à sa consolidation et à l’approfondissement de ses actions.  C’est d’ailleurs pour cela qu’avant l’élection, le fait que l’ancien président brésilien Lula ait prononcé cette phrase forte « Ta victoire sera la nôtre » a bien indiqué le sens et la place du Venezuela dans le dispositif latino-américain aujourd’hui. 

Le pays est central dans le développement des gauches latino-américaines et dans celui des politiques économiques, sociales et internationales qui sont aujourd’hui mises en place dans la région. Le Venezuela est un élément clé dans la marche de cette dernière vers son indépendance et son autonomisation par rapport à la tutelle nord-américaine et dans la diversification de ses alliances vers le Sud, avec la Chine notamment.

Source : Mémoire de Luttes

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 19:54

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Traduit par Numancia Martínez Poggi

 

 

Camarade Simón Trinidad,

Frère, ta conviction révolutionnaire à l'épreuve de toutes les bassesses du capitalisme te permet de garder un attitude courageuse et digne, un engagement sérieux et solide en faveur de la cause des pauvres du monde.

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Pour cette raison tu es le symbole de nos prisonniers, ceux-là même qui subissent les mauvais traitements et la haine du système pour le simple fait d'être des militants farianos [des FARC], représentant la continuation de l'exemple de Manuel Marulanda et de Jacobo Arenas. Il n'est un secret pour personne que la cause réelle de ta condamnation c'est ton appartenance à notre organisation, et l'acharnement est d'autant plus fort que tu as eu l'intégrité de défendre, au risque de ta vie, les droits des dépossédés.

Quand on parle de la Grande Patrie, de Notre Amérique, de ses luttes pour l'indépendance et la démocratie populaire, il faut parler de l'héroïsme de ses meilleurs fils, dont tu fais partie, ainsi que Sonia et Iván Vargas, les Cinq combattants antiterroristes cubains et les Macheteros de Porto Rico, qui souffrent l'opprobre et les vengeances des Gringos, parce qu'ils sont assez courageux pour continuer de défendre publiquement les raisons de leur engagement, la paix avec justice sociale et la souveraineté.

C'est avec un saine fierté que les défenseurs des droits populaires ratifient ton inclusion dans l'équipe des FARC-Armée du Peuple qui participera au dialogue. Officiellement tu en fais partie. Les modalités de ta participation seront l'objet de discussion à la Table des conversations. La réalité impose de régler les causes de la guerre pour avancer sur les chemins de la paix. C'est là la tâche.

La paix est un étendard des opprimés et nous serons toujours avec ceux-ci. L'État colombien, ses différents gouvernements et la Maison Blanche sont les responsables de la violence qui accable la Colombie. Ils persistent en leur vaine illusion de nous vaincre militairement et de nous contraindre à nous incliner à la Table des négociations. Comme ils se trompent ! Cette erreur monumentale sera défaite par la mobilisation et la clameur pour la paix de tous les humbles de la patrie. Nous sommes la majorité.

Nous continuons de tisser les fils des résistances et des droits des dépossédés jusqu'à les rendre indestructibles dans la solidarité et dans la victoire.

Accompagnons les chanteurs et disons avec les poètes : « Frère, donne-moi ta main, allons chercher ensemble cette petite chose qui s'appelle liberté ».Voilà notre devise.

 

Montagnes de Colombie le 1er octobre 2012


État Major Central des FARC – Armée du Peuple

 


Merci à La Pluma
Source: http://www.es.lapluma.net/index.php?option=com_content&view=article&id=4184:carta-abierta-al-comandante-simon-trinidad&catid=119:proceso-de-paz&Itemid=493
Date de parution de l'article original: 16/10/2012
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=8386

 

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 19:45

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Carlos Aznárez et le Commandant Ricardo Téllez (Rodrigo Granda)

Carlos Aznárez


Traduit par Pascale Cognet


Edité par Fausto Giudice فاوستو جيوديشي

 


"Il est toujours dangereux de dialoguer sous le feu. Il y a un risque énorme à tenter de parler sous les balles et les bombardements."

 

A  quelques jours de l'ouverture des conversations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC, le Commandant  Ricardo Téllez (Rodrigo Granda) membre de la direction  de cette organisation de la guérilla, remarque  que “ la conviction qu’a le gouvernement de Juan Manuel Santos qu’il ne pouvait pas gagner la guerre rapidement,  l'a conduit à dialoguer”.
Téllez, connu également comme “le ministre des Affaires étrangères des FARC”, est dans la guérilla depuis 1980,  même s’il était entré en clandestinité bien plus tôt,  lorsqu’il militait au parti communiste de son pays. Il a reconnu qu’il y avait eu un moment très difficile dans les conversations exploratoires qui ont commencé en 2010, lorsqu’on a assassiné le commandant  Jorge Briceño (Mono Jojoy) et il en  a été de même lorsqu’Alfonso  Cano, référence suprême des FARC, est tombé au combat. "Là, nous avons du réfléchir pour prendre la décision  de continuer ou d’envoyer tout promener. Cependant, nous nous sommes rendus compte que l’objectif était la paix comme l’avait toujours préconisé notre Commandant Manuel Marulanda Vélez et nous avons décidé de continuer afin d’y parvenir." Pour Tellez, il ne fait aucun doute - il s’est exprimé dans ce sens à la Havane -, que si l’on parvient à des avancées dans le dialogue, cette fois les portes de la pacification pourraient s’ouvrir définitivement. Vidéos de l'entretien à la fin de l'article.

A-t-il été difficile d’arriver à l’étape actuelle ? Comment se sont déroulées les premières conversations exploratoires ?
 

Ce chemin n’a pas été simple, parce que nous venons d’une guerre assez dure, de huit ans  avec Monsieur Uribe et deux ans avec Juan Manuel Santos. Dès que le président Santos a pris ses fonctions, il a envoyé une lettre au Secrétariat des FARC, disant que ce nous proposions dans l’agenda de la Nouvelle Colombie bolivarienne pouvait être débattu, mais que les formes de lutte que nous utilisions étaient dommageables pour le pays. De toute façon, il reconnaissait l’existence d’un conflit en Colombie, ce qu’Uribe n’acceptait pas.

C’est à partir de ce moment qu’a commencé un échange épistolaire, qui a  abouti à une réunion en Colombie, suivie de rencontres dans d’autres régions hors de Colombie, pour finir à Cuba, par des réunions que nous avons qualifiées de «  discrètes et secrètes » pendant six mois, jusqu’à ce jour. 

 
Pendant longtemps, pour votre part, à la différence de  l’ELN, vous avez insisté pour que les conversations aient lieu en Colombie. Qu’estce qui vous a conduit à changer d’avis?
 

Rappelez-vous qu’il y a bien longtemps, sous le gouvernement Gaviria, nous avons dialogué à Caracas, puis à Mexico. Nous ne faisons pas du lieu une question de principes mais pour nous le plus important ce sont les fondements et la confiance pour envisager les dialogues.
 
Combien de temps vont durer les délibérations à Oslo?
 

A Oslo, il ne s’agit que de la mise en place de la table, nous y délibérerons deux ou trois jours au maximum, et ensuite nous discuterons à la Havane  de l’essentiel. Nous nous sommes également mis d’accord pour que d’autres réunions puissent avoir lieu dans d’autres pays [L’Argentine ou le Brésil ne sont pas exclus, NdR] en fonction du déroulement des discussions.


Quelles sont les raisons qui vous font penser que l’establishment  colombien a besoin en ce moment précisément d’envisager la paix?
 

Ils ont fait avancer de toutes leurs forces le Plan Colombie. L’idée était de nous exterminer en quatre ans, physiquement. C’est à dire de démontrer au monde que la guérilla pouvait être anéantie par cette voie militaire. Ces quatre premières années de Monsieur Uribe n’ont pas porté leurs fruits là où  il le prétendait. Il a obtenu quatre années supplémentaires grâce à sa réélection et 12  milliards de dollars de plus ont été investis dans la guerre en  Colombie. Il y a une présence usaméricaine, un personnel israélien et britannique et issu d’autres puissances impliquées dans la guerre contre le peuple colombien. Ils avaient parlé de "post-conflit" et il se trouve que l’on ne voit  nulle part la trace de ce qu’ils avaient évoqué. Nous avons une guérilla forte, bien équipée, qui évidemment a subi quelques coups durs mais qui a su s’adapter, avec beaucoup de facilité, aux nouvelles formes que prend la guerre en Colombie.
Le fait de ne pouvoir gagner la guerre rapidement a convaincu Monsieur Santos et ses protecteurs, les USA, qu’il valait mieux dialoguer. Pour notre part, nous sommes des adeptes de la paix et du dialogue. Alors nous avons pris les armes précisément parce que ces chemins nous avaient été barrés. Cela dit, l’establishment colombien pense développer au maximum toutes les politiques néolibérales, ils ont en effet 52 traités de libre échange signés avec différents pays du monde, une bonne quantité de projets agro-industriels et miniers, plus des projets énergétiques pour des millions. N’oublions pas que la Colombie est un des pays les plus riches du continent : nous avons de l’or, de l’argent, des émeraudes, sans oublier nos côtes sur les deux océans et la forêt amazonienne. Tous ces projets que les transnationales impulsent, rencontrent une résistance armée. A partir de là, nos ennemis déduisent qu’il vaut mieux régler ce conflit par la voie du dialogue. Ils craignent de plus que les conséquences de la crise vécues actuellement dans le monde, et tout particulièrement en Europe, puissent créer terreau qui permettrait à partir de l’expérience des FARC de donner naissance à d’autres guérillas sur le continent.
 
Cependant, Juan Manuel Santos insiste sur le fait que les FARC sont acculées, car les derniers coups les ont affaiblies et  c’est précisément pour cela  que vous venez à la table des  négociations.
 

Certainement pas. Un des principes de la guerre, c’est que l’on ne discute pas avec les vaincus. Si moi, je gagne la guerre et je soumets l’ennemi, pourquoi irai-je dialoguer ? Cela n’a aucun sens. Ces hypothèses sont le pur fruit de leur imagination, mais chaque jour, la réalité leur prouve qu’ils se trompent. La confrontation armée aujourd’hui peut encore durer  20 ou 30 ans de plus et cela les hauts commandements militaires le savent bien, ils l’ont dit au cours des réunions au Palais. C’est cela qui les a obligés à réfléchir sur la nécessité de trouver d’autres voies pour mettre fin à la guerre. Au regard de cette situation, nous nous sommes risqués à suggérer au gouvernement qu’il serait important de mettre fin au carnage généré par le conflit, notre intérêt est de construire la paix, mais une paix dans la dignité, la justice sociale, qui prendrait en compte les problèmes du peuple colombien.
Que demande expressément la guérilla?
 

La guérilla ne demande rien pour elle, nous n’attendons rien de l’establishment. Nous nous sommes mobilisés pour des raisons altruistes et pour que le pays et le continent puissent  vivre en paix.
Si ces 48 ans de lutte armée permanente permettent que nous nous acheminions vers une ouverture démocratique, que les façons de faire de la politique changent en Colombie et que l’on respecte les droits humains et l’intégrité des personnes, que notre pays s’inscrive dans la nouvelle réalité latino-américaine, afin de  contribuer à la paix nationale et dans le monde, je crois que  l’on aura  accompli une mission très importante. Il faut se souvenir que nous-mêmes à un moment donné, nous avons  voulu changer cette forme de lutte. Cela dit, si maintenant s’ouvraient les vannes  que l’on nous a fermées en 1964 et si l’on nous autorisait à aller sur la place publique en totale égalité avec les autres forces, nous serions disposés à le faire, mais nos ennemis doivent  être certains qu’ils ne vont pas dialoguer avec une guérilla vaincue. L’erreur des gouvernements colombiens successifs  a été de croire que chaque fois que s’amorçait la possibilité d’un dialogue, c’était dû à la déroute de l’insurrection. Voilà une stupidité et ils savent qu’actuellement c’est insoutenable pour eux.

Ne pensez-vous pas qu’il pourrait y avoir une autre façon d’envisager les choses? Je m’explique : Le président Santos envisage la possibilité de sa réélection très prochainement, et il sait, lui, que si ces conversations sont positives, il peut devenir un porte-drapeau de la paix et légitimer ainsi son désir de continuer à gouverner.
 

La paix a beaucoup de partisans et il est indubitable qu’en Colombie elle fait naître une ferveur extraordinaire. On sent la ferveur d’un véritable plébiscite international qui dynamisera ces dialogues. N’oublions pas que ce conflit est le plus long qu’ait connu l’hémisphère occidental. Il est évident que celui qui hissera les drapeaux de la paix en ce moment, peut aspirer  non seulement à être réélu mais aussi à rentrer dans l’histoire comme celui qui aura tout mis en œuvre pour que son peuple vive mieux. Voilà le défi  qui s’offre au Président. S’il veut œuvrer pour l’histoire, il a une véritable opportunité, mais l’establishment dans son ensemble doit se préparer  à faire quelques concessions que les FARC ont toujours réclamées parce qu’il y a  deux parties en jeu dont aucune n’est encore sortie victorieuse.
 
Quelle différence y-a-t-il entre ces conversations qui vont débuter et les précédentes qui ont eu lieu à d’autres moments de la confrontation?
 

Le Président bénéficie actuellement d’un soutien très important au niveau national et d’un contexte latino-américain différent de celui  qui existait  au cours des dialogues du Caguán. On voit en même temps qu’il y a un soutien plus fort de la part des USA pour éviter que la guerre ne continue en Colombie. N’oublions pas que ce sont eux qui ont été les appuis de cette guerre et s’ils cessent de mettre de l’huile sur le feu, on pourra certainement progresser aussi. On peut voir également que Monsieur Le Président intègre déjà le haut commandement militaire en faisant  participer aux conversations quelques officiers de haut rang. Il y a également des représentants des corporations économiques, qui savent qu’avec un effort et en tenant compte de tous les facteurs qui ont généré le conflit et en y apportant des solutions, on peut s’acheminer vers un processus de paix. Voilà pourquoi  nous considérons qu’il existe quelques différences qui nous permettent de miser sur  une chance plus importante que dans les occasions précédentes.
Il n’y avait pas de réelle volonté de paix dans aucun des processus antérieurs de la part du gouvernement colombien. Si Monsieur Santos compte brandir ce drapeau à des fins politiciennes, il devra en payer le coût historique devant le pays. Aujourd’hui, une chance se présente, pour notre part, nous, les  FARC, nous avons la volonté politique d’avancer, à partir du moment où cela se conçoit avec  sérieux et que l’on peut démontrer qu’il y a volonté de trouver une issue au conflit.
Pour ces conversations, nous avons fait savoir au gouvernement que nous venons à la table des négociations sans arrogance, et nous sommes prêts à mouiller la chemise en donnant notre force, notre énergie et nos idées mais tout en sachant que, lorsqu’il s’agit de régler un problème de cette envergure, c’est celui qui a le plus qui doit donner le plus.
Le gouvernement, l’Etat ont beaucoup à offrir au peuple colombien. Nous FARC, de notre côté, nous avons des idées  pour soutenir la construction  d’une Colombie digne, souveraine et en paix, mais là, celui qui a l’argent, c’est le gouvernement…
 
Quelle influence peut avoir dans ce contexte, le discours que profère Alvaro Uribe, en opposition à ces conversations?
 
Ce secteur est minoritaire, actuellement, il représente environ 18% de la population. C’est un discours totalement archaïque, rempli de haine, d’esprit de vengeance et de représailles. Ce sont des fanatiques de la guerre, mais cela ne nous préoccupe pas trop, en effet chaque jour davantage, le peuple colombien prend conscience de ce qu’ils ont été les promoteurs de cette violence. Avec Uribe, ces secteurs, qui sont extrêmement dangereux, se repositionnent. En soutenant les dialogues - c’est du moins ce qu’a dit le Département d’Etat- les USA montrent qu’ils prennent un peu leurs distances de Monsieur Uribe, et qui peut être mieux placé que les gringos pour donner ce signal ? Ils ont tous les dossiers  dont celui qui récapitule ce qu’a été Uribe depuis qu’il a débuté dans la politique
colombienne. Il figure  au 82ème rang de la liste [de narcotrafiquants, NdE] de la DEA.

Revenons au  cessez-le-feu : s’il ne se produisait pas, et si les actions militaires menées par le gouvernement Santos augmentent, ne pensez-vous pas ces conversations risquent d’être sérieusement compromises?

Il est toujours dangereux de dialoguer sous le feu. Il y a un risque énorme à tenter de dialoguer sous les balles et les bombardements. Nous ne sommes pas en train de réclamer un cessez-le-feu en ce moment, nous avons juste suggéré que nous devrions éviter au pays davantage de morts. Le gouvernement a répondu par la négative, ils vont poursuivre les bombardements et les opérations militaires. C’est donc une obligation pour la guérilla de se défendre. Nous avons insisté, pour notre part, sur notre volonté d’éviter plus de souffrance, mais, il semble que le gouvernement considère que de cette façon nous aurions un avantage militaire. Si ce n’était la tragédie que cela signifie pour le peuple colombien, cela prêterait à rire. Pourtant, il est indubitable que la vie de ses propres soldats n’a pas beaucoup d’importance pour l’establishment ; ainsi que celle du peuple  mise en danger par la guerre. Ils considèrent que le cessez-le-feu doit  être un aboutissement, et nous, nous pensons que la mobilisation permanente du peuple et la pression internationale également pourraient contribuer à l’arrêt de l’affrontement armé entre les deux parties,  sans donner l’avantage à l’une ou à l’autre.
Un autre sujet difficile, c’est la question du temps. Le Président Santos dit que si l’on ne tarde pas davantage, en juin ou juillet 2013, le conflit devrait déjà être résolu, alors que  selon Timochenko, le processus va être long.
 

Timochenko  l’a dit et il faudrait interpréter cela négativement. Rien que pour réussir maintenant à nous mettre d’accord sur un agenda, il nous a fallu deux ans. Cette guerre dure depuis 60 ans, pour cette raison, il nous semble que le Président s’avance un peu trop en disant cela et en considérant que le conflit peut se régler du jour au lendemain. La vie est beaucoup plus complexe que n’importe lequel des sujets que l’on propose dans l’agenda. Les meilleurs plans peuvent  échouer. Alors, nous allons regarder attentivement chaque point de l’agenda, construire petit à petit, sans pauses mais sans hâte, comme l’a dit un ex-président de la République. Il ne s’agit pas ici de courir le cent mètres   mais d’arriver à des accords et que le pays et le monde voient que cela vaut la peine de dialoguer. Nous ne sommes pas disposés à travailler contre la montre, nous ne sommes pas aux Jeux olympiques qui viennent de se terminer.  

Quel sens donnez-vous à l’expression, “laisser les armes”, qui figure dans l’accord cadre pour entamer les dialogues?
 

La phrase a plusieurs interprétations possibles. Nous avons dit que si les portes de la paix s’ouvrent, si l’on réalise de nombreux changements, si l’on respire un nouvel air, les armes, en fin de compte, ne sont que des bouts de ferraille, que l’on peut faire taire à un moment donné. Ce que l’on ne peut effacer, ce sont les idées que chaque combattant a en tête. Les armes, du moment qu’il n’y a pas d’hommes disposés à s’en servir, ne peuvent pas le faire  toutes seules. Elles servent pour défendre le peuple contre la tyrannie afin d’éviter l’esclavage. Ces armes ont permis  maintenant au pays d’entrevoir enfin la paix tant désirée.
 
 Vous avez pris les armes pour dénoncer un ordre injuste (c’est ce que disaient vos communiqués fondateurs). Qu’est-ce qui vous fait penser maintenant  qu’à cette table de négociations, vous pourrez obtenir ce qui vous a été refusé pendant toutes ces années d’insurrection armée ?
 

Nous avons dit  que nous n’allons pas dialoguer pour qu’on nous fasse la Révolution par contrat. Il ne s’agit pas de faire la Révolution à une table de négociations. Nous prétendons qu’il y a ici deux parties qui s’opposent, avec des critères de nature antagonique. Nous disons également : vous nous avez obligés à prendre les armes, vous avez cherché par tous les moyens à nous éliminer et vous n’y avez pas réussi. L’essence même de la guerre, c’est de soumettre la volonté de lutte du rival, et cela non plus, l’État colombien n’y est  pas parvenu et il n’y parviendra pas. C’est pourquoi, nous disons au Président Santos : si vous faites une ouverture et si vous édifiez un nouveau pays, on peut faire taire les armes et chercher par d’autres voies à faire aboutir nos revendications. Nos fondateurs l’ont dit en 1964, nous voulions prendre le pouvoir par la voie pacifique, mais on nous a répondu par la violence. Comme nous sommes des révolutionnaires, d’une façon ou d’une autre, nous devons accomplir notre devoir, nous prenons les armes jusqu’à ce que nous obtenions des changements dans le pays. Si les changements s’amorcent,  alors nous participons à la politique, puisque les armes  n’ont aucun rôle à jouer dans ce domaine. Ce système colombien est si fermé, que cela fait honte, comparativement à d’autres pays du continent et du monde.
 Ailleurs, on n’assassine pas quelqu’un parce qu’il est contre telle ou telle position du gouvernement, ou parce qu’il réclame simplement le respect de la dignité humaine, ou la défense de la souveraineté du pays. Dans d’autres pays, on n’assassine pas des gens qui participent à une manifestation ou qui reprennent la terre. En Colombie, penser différemment de l’establishment a provoqué, lors de la première période de violence, 300.000 morts et pour la période que nous vivons, on dépasse déjà les 250.000 morts. Où a-t-on mené une guerre plus cruelle et plus barbare contre un peuple désarmé. Que n’a-t-on pas fait contre les FARC ces derniers temps ?  On a utilisé la  technologie de pointe la plus sophistiquée, les drones, les avions Super-Toucan, les ballons, tout le renseignement militaire de l’ennemi, les micro-puces, les bombes intelligentes dans le but de briser la volonté des gens qui luttent pour la liberté, la justice sociale et  une véritable démocratie.
 
Un des points cruciaux de l’accord cadre qui sera discuté lors des conversations, c’est le problème de la terre. Quelles sont les propositions des FARC pour régler la situation des paysans colombiens ?
 

 Nous nous sommes engagés sur l’honneur pour que quelques-uns des points  soient discutés à la table des négociations. Nous débuterons la discussion  par le problème de la terre et du développement agricole. C’est pour cela que pour le moment nous ne pouvons pas parler  de ce qui va être débattu à la table des discussions. En plus de recueillir  les avis des organisations agraires, paysannes, indigènes et afro-descendantes, il nous incombe de proposer une vision très concrète et nous avons des suggestions à faire. Les organisations liées aux problèmes ruraux devront participer aux discussions, mais en plus de cela, il faudra voir la question  de la santé, de l’éducation, du logement, de l’écologie et tout le problème de la terre.
 
 Allez-vous exiger la réforme agraire?
La Colombie est le seul pays d’Amérique Latine où il n’a jamais été  réalisé de réforme agraire. 87% des meilleures terres sont concentrées entre les mains de 4% de propriétaires. Les grandes haciendas de plus de 500 hectares se sont développées aux dépens des petits paysans. Le problème du latifundium en Colombie a été à l’origine des premières guérillas. Maintenant, nous subissons  l'offensive des transnationales qui veulent s’emparer des terres, avec des grands projets miniers et agro-industriels. Il faut tenir compte du fait que la terre, en ce moment, et au niveau mondial, a atteint des prix exorbitants.

 
Comment la société colombienne actuelle peut-elle participer aux conversations sur la paix?
 
Nous avons adopté  quelques principes pour le fonctionnement de la table. Les gens qui se trouvent dans le pays peuvent convoquer des forums, des assemblées, des rencontres, des rassemblements où pourra être débattu  par exemple le problème de la terre. On pourra également organiser  des rencontres nationales  où l’on pourra apporter et  réunir toutes les idées. Le problème de la terre en Colombie ne date pas d’hier, c’est un problème historique et les organisations paysannes, indigènes et afro-descendantes  se sont formées grâce à un parcours de lutte, il en est de même pour les FARC. Le 20 juillet 1974, les FARC ont  rendu public le programme agraire des guérilleros. Actuellement, nous actualisons tout cela et nous l’apportons à la table des négociations pour en débattre.
 
Mais le gouvernement Santos affirme qu’il commence déjà à s’occuper du  problème de la terre.  
 Le gouvernement   a intérêt à opérer quelques changements dans le domaine de la terre, car il est de son  intérêt de recentrer la question du capitalisme dans la campagne. Le problème est qu’il va lui falloir intégrer  les deux tiers de la Colombie qui représentent le pays des oubliés. Là, dans ce territoire se trouve la guérilla et il n’y pas trace de la présence de l’État. C’est la raison pour laquelle, nous devrons en débattre quand nous aborderons le sujet du développement agricole.
 
 Il y a également le problème  des zones de plantation de coca, et tout ce que cela implique au niveau de la monoculture.
 

 Les plantations de coca ne se trouvent pas uniquement dans  les zones de la guérilla mais dans pratiquement tout le pays. Dans l’accord cadre, il y a un point pour débattre du problème de la monoculture. Vous noterez que pendant le sommet de Carthagène  et le sommet Ibéro-américain qui va avoir lieu en Espagne, un des problèmes débattu est celui de la lutte contre le narcotrafic. En mars 1999, notre commandant Manuel Marulanda Vélez a  réalisé une étude sur la  commune de Cartagena del Chaira. Il l’a présentée à la première réunion  tenue sur les cultures illicites et la défense  de l’environnement à Caguán. Il s’agit d’un plan complet et valable pour toute l’Amérique Latine, à débattre à L’OEA et à l’ONU. Il est temps que le Département d’État US  voie qu’il y a une façon différente d’aborder le problème de la production et de la commercialisation des narcotiques dans le monde. Pour cela, la réponse répressive n’est pas suffisante car il s’agit d’un phénomène économique, politique, militaire et social. Cela  brasse  des fortunes immenses. Actuellement, 670 milliards de dollars circulent à travers le monde grâce aux narcotiques. Tout ce flot de billets irrigue le secteur financier des USA. 20 milliards sont reversés  en Amérique Latine, et la Colombie, dont on dit qu’elle exporte 80% de la cocaïne, reçoit 4,5 milliards de dollars. Qui fait le  plus grand commerce ? En dehors de cela, la coca est liée au problème des précurseurs chimiques, produits dans le premier monde. C’est lié au problème  des armements. Qui les fabrique? Ce sont eux  aussi, l' Occident, le premier monde.
Comme on le voit bien, ce sont des sujets très sérieux, et l’État s’est bien rendu compte que cette guerre, il l’a déjà perdue. A cause de cela, les autres pays voient comment ils abordent ce sujet et sur ce point les FARC ont aussi des propositions à faire pour envisager des solutions. C’est contradictoire, mais sur cet aspect, nous pouvons être les alliés des USA. Avec l’Europe aussi, dont la jeunese est frappée de plein fouet, et nous, nous payons le prix d’une guerre qui n’est pas la nôtre.
 
Imaginons que les conversations de paix aboutissent, moyennant des changements et  quelques concessions. Qu’advient-il des bases usaméricaines?
 

Il s’agit là d’un problème de souveraineté nationale et  nous nous sommes opposés par principe à ce qu’il y ait des bases militaires, avec des troupes étrangères en Colombie. Sous prétexte de lutte contre le narcotrafic, ils se sont installés là, livrant  par la suite la guerre contre-insurrectionnelle la plus dévastatrice. Nous, nous avons reçu les bombes. Aucun narcotrafiquant n’est mort à cause d’elles, alors qu’ils étaient supposés être la cible  de ces bases. Tout ce qu’il y a en Colombie en rapport avec ces bases sert à contrôler le continent sud-américain, voire même africain. Nous sommes fermement convaincus que ces bases, leurs conseillers et les troupes usaméricaines rendraient un grand service à la paix en quittant le territoire colombien.
 
Dans quelle mesure le résultat des élections usaméricaines peut-il influencer ces négociations?
 
On spécule beaucoup là-dessus, bien que les deux grands partis soient en accord sur la politique extérieure usaméricaine. Ils suggèrent que le candidat républicain est beaucoup plus dur qu’Obama, ou que celui-ci va changer de position, mais la réalité c’est qu’en politique étrangère, ils marchent comme un seul homme. On aimerait, mais ce sont des vœux pieux, que monsieur Obama  ait une façon différente de regarder l’Amérique latine. Qu’il se rende compte que ce blocus de Cuba est obsolète, et que lui, en tant que démocrate, devrait contribuer à le lever. Ou bien encore cette prison de Guantanamo qu’ils conservent et  qui devrait disparaître. La réalité, c’est qu’en politique extérieure, les USA ont chaque fois plus serré à la gorge l’Amérique Latine, c’est pour cette raison qu’ils sont isolés sur le continent.

Accordez-vous de l’importance aux changements qui se produisent sur le continent par rapport à l’intégration des pays?

Bien sûr, une nouvelle façon de faire de la diplomatie dans les pays latino-américains a vu le jour. Le fait que l’OEA ait perdu autant de prestige et que les organismes comme la CELAC et l’UNASUR aient pris de l’essor, sans  représentation en leur sein de gringos ou de Canadiens, signifie que leur politique extérieure pour l’Amérique latine a échoué. Pour les peuples, ils sont un danger, un monstre assoiffé de nos richesses naturelles.
 
Envisagez-vous de participer d’une façon ou d’une autre aux prochaines élections colombiennes?
 
Il est trop tôt pour en  parler. Nous n’avons pas encore mis en place la table des négociations. Nous pensons vingt-quatre heures sur vingt-quatre  à la façon dont nous allons relever le défi  de parvenir à   un accord final et de commencer  la construction  de la paix en Colombie. Nous ne sommes pas des politiciens de bureau, beaucoup de gens aiment bien cela, nous avons une autre façon de voir et de comprendre la politique. Le système électoral traditionnel ne nous séduit pas et encore moins sous la forme qu’il prend en Colombie, car pour arriver au parlement, si vous n’avez pas  un ou deux milliards de pesos, vous n’y accèderez pas. Imaginez que ceux qui y siègent, font pour la plupart d’entre eux l’objet d’une inculpation (il y en a même qui sont en prison) en effet,  la corruption  de ce parlement colombien est édifiante. Il en va de même avec les gouvernements locaux et les mairies. Les classes dirigeantes sont en effet toutes corrompues, et ont abusé d’un peuple qui est bon, simple et travailleur.
 
Pensez-vous  qu’il aurait mieux valu compter sur la présence de l’ELN à ces tables de négociations qui vont démarrer ?
 

Nous avons déjà fait une expérience avec eux dans la  Coordination de la Guérilla Simon Bolivar. A Tlaxcala, il y avait l’ELN, L’EPL et nous aussi. Malheureusement, cela n’a rien donné. Avec l’ELN, nous avions eu auparavant quelques désaccords, cela au moins c’est fini, et nous sommes sur la voie  d’un processus d’unité assez avancé. Nous démarrons ce processus avec le gouvernement séparément mais de toute façon, nous avons toujours dit que les portes sont ouvertes pour une union, mais l’ELN étant une organisation souveraine, ils peuvent faire leur propre expérience. Si dans l’avenir nous pouvons être d’accord, ce serait très intéressant que nous nous asseyons à la même table.
.Qu’en est-il de l’idée que vous avez émise de la participation de Simon Trinidad à la table des discussions?
 

C’est un point que nous soumettons à la table du  dialogue. Il existe déjà des expériences, Mandela est resté 7 ans en prison et de là, il a réussi à avoir une influence importante pour mettre fin à l’A
apartheid. Simon est condamné pour des faits qui l’accusent mais tout le monde sait qu’il s’agit d’un montage et d’une vengeance seulement pour son appartenance aux FARC. Nous pensons qu’il doit  être à la table des discussions et nous nous battrons pour cela. Nous suggérons que les USA, pour réparer le si grand mal causé, ont le devoir de faciliter les choses, et ce serait une manière de le faire, en permettant sa présence aux négociations..
 
Quand on envisage ce type de négociations, certains mots-clé comme “réconciliation”, “réparation”, « commission de vérité” ressurgissent toujours. Qu’en pensez-vous par rapport au processus qui va débuter ?
 

Nous croyons qu’en Colombie, il peut y avoir un gouvernement de reconstruction et de réconciliation nationale. Cela peut se produire à un moment donné, cependant nous ne nous laissons pas abuser par des parlotes creuses et nous n’avons nul  besoin non plus de copier les autres. Ici, il  y a eu une guerre, si le gouvernement est politiquement disposé  à y mettre fin, nous y sommes prêts, nous pouvons même faire  des projets dans de nombreux domaines. Chaque conflit a ses particularités et le conflit colombien  particulièrement. Tous ces problèmes que vous posez, seront traités  tout au long des discussions au moment voulu.
 
Ces dernières années, plusieurs de vos camarades du Secrétariat sont morts au combat, suite à l’offensive de l’armée. Quelles répercussions ces morts ont-elles eu sur votre lutte ?
 
Les camarades tombés au combat restent  présents dans chaque action des femmes et des hommes des FARC. Dans chacun de nos camps, nous mettons leurs portraits et nous les évoquons  chaque soir pendant nos activités culturelles. Ils ont été nos guides, nos maîtres, ce sont des personnes uniques qui ont tout offert pour la paix en Colombie. Ce sont des hommes qui ne se sont jamais soumis et ont su voir au-delà de ce que nous voyons maintenant et dont l’image ne cessera  de grandir. Ce sont des véritables héros pour la Patrie. Il faudra à un moment donné, leur montrer de la reconnaissance comme ils le  méritent. Dans de nombreux pays dans le monde, il en a été ainsi, on poursuit les gens, on les emprisonne, on les dénigre,  et après, quand la situation change, il se trouve qu’ils étaient porteurs de la vérité historique, qu’ils ont donné toutes leurs forces pour changer la réalité d’humiliations que vivait leur pays.

A votre avis, comment vont réagir les femmes colombiennes par rapport à ces conversations de paix, ces femmes qui sont des mères, qui sont des filles de guérilleros comme vous ou encore ces autres femmes de la société colombienne qui ont subi la violence toutes ces années?
 

 Les femmes et le peuple entier, ont accueilli  cette information avec beaucoup de joie. La première enquête montre que 80% du peuple colombien est en faveur de la paix. Quand nous nous sommes réunis en février pour la première fois avec le gouvernement, ces derniers disaient  pratiquement que le pays voulait une guerre, qu’ils nous détestaient et nous, nous leur disions, non, Messieurs, c’est la paix qui prédomine en Colombie et  c’est vous qui avez une vision complètement faussée des choses. Maintenant, ils ont dû nous donner raison et si les choses marchent, cela va être encore plus fort, et de nouveaux acteurs s’intègreront, non seulement dans la société colombienne mais également de l’extérieur. Vous voyez que le Pape a soutenu les dialogues de paix, ainsi que les Nations unies ou l’Union Européenne, la présidente d’Argentine, Cristina Fernandez et celle du Brésil. Pourvu que ceux    d’entre nous qui ont la responsabilité de mener à bien ce processus, nous puissions accomplir la mission qu’on nous a confiée.
 
 Le socialisme est-il toujours votre objectif?
 
Évidemment, il s’agit du seul système qui peut sauver la planète. Nous nous sommes battus pour le socialisme, les armes à la main, parce qu’on ne nous a pas laissés le choix.

Nous nous acheminons, indéfectiblement, vers une prise du pouvoir par le peuple. Nous n’avons jamais caché cela. Soit on nous permettait de faire de la politique pour faire connaître nos idéaux et atteindre nos objectifs par la voie légale, soit on nous barrait la route avec violence  comme ils l’ont fait tout ce temps-là. Nous ne renions pas notre appartenance au socialisme. Ce sont les peuples qui font les révolutions et nous faisons partie du peuple. Nous pouvons essayer d’organiser militairement notre peuple mais nous pouvons tout aussi bien l’organiser politiquement. A condition que l’on respecte la vie de ces personnes que nous organisons politiquement. Ce que nous ne pouvons revivre, c’est l’histoire de l’Union Patriotique, le plus grand génocide d’Amérique Latine, avec cinq mille morts, alors que nous tentions d’ouvrir un espace politique. Le prix à payer a été particulièrement lourd pour un pays comme la Colombie.

 

 

Merci à Tlaxcala
Source et vidéos de l'entretien: http://www.resumenlatinoamericano.org/index.php?option=com_content&task=view&id=3253&Itemid=5&lang=fr
Date de parution de l'article original: 01/10/2012
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=8354

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 19:14
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Loic RAMIREZ


Suite à la capture au combat du journaliste français Roméo Langlois, les FARC posent la question du rôle des médias dans le conflit colombien

Il aura fallut presque 8 jours d’attente pour qu’enfin le secrétariat des Forces armées révolutionnaires de Colombie-armée du peuple (FARC-EP) annonce publiquement détenir le journaliste français Roméo Langlois. Publié par l’agence d’information Anncol (Agencia nacional nueva Colombia, Agence nationale nouvelle Colombie) sur leur site le 6 mai 2012, le communiqué confirme que M.Langlois est entre les mains d’unités du XV Front de la guérilla [1]. Celui-ci est fait prisonnier le 30 avril 2012 dans la province du Caqueta, dans le Sud du pays, lors d’un accrochage entre l’unité militaire qu’il accompagnait et les forces rebelles. Selon la plupart des témoignages, il semble avoir été blessé durant l’affrontement et s’est alors lui-même rendu aux insurgés [2]. Journaliste à France 24, Roméo Langlois a déjà réalisé des reportages sur le conflit colombien et est connu de la guérilla paysanne [3].

Extrait du communiqué :

« La détention en qualité de prisonnier de guerre du journaliste français Roméo Langlois par des unités du XV Front des FARC-EP met en lumière les choses suivantes :

1.Les journalistes que les forces armées colombiennes emmènent avec elles en opérations militaires ne respectent pas l’objectif impartial d’informer sur la réalité, sinon celui de manipuler celle-ci pour qu’elle serve le projet de guerre contre le peuple colombien.

2.Il est bon de se demander quelle aurait été la réaction des autorités colombiennes si un journaliste qui, avec une saine volonté d’informer, aurait accompagné des unités de guérilla et était ensuite capturé par l’armée régulière lors d’un combat. (…)

  • Roméo Langlois portait une tenue militaire de l’armée régulière en plein combat. Nous pensons que le minimum que l’on peut attendre pour la récupération de sa totale mobilité est l’ouverture d’un débat national et international sur la liberté d’informer » [4].
  • Dès la publication du communiqué la condamnation est unanime. « Les prisonniers ne sont, ne peuvent être et ne seront jamais des prisonniers de guerre » a déclaré le président Juan Manuel Santos [5]. Le ministre de la défense, Juan Carlos Pinzon, a pour sa part affirmé que les FARC « tentent de créer un exercice médiatique au lieu de libérer rapidement ce journaliste » [6].

La guérilla a en effet étonné le pays en exigeant que s’ouvre un débat autour de la liberté d’expression et sur le rôle des médias dans le conflit. « Une offense » selon le vice-président colombien Angelino Garzon, pour qui il ne peut y avoir de débat avec les “violeurs des droits humains” [7]. « Nous ne pouvons accepter qu’il soit (R.Langlois) prisonnier de guerre, car la seule arme qu’il avait était sa caméra, outil universel des journalistes » a-t-il poursuivi [8]. C’est là justement que se situe le débat. Pour celle que l’on considère la plus vieille guérilla du continent, la caméra est un acteur déterminant du conflit, comme l’indique le communiqué : « La conception contre-insurrectionnelle de l’état colombien vise à impliquer dans la guerre, en sa faveur, tout le monde, y compris la presse. Qu’une caméra puisse jouer le rôle d’une arme est corroboré par la manipulation médiatique quotidienne dans notre pays » [9]. Si comme le disait Mao l’insurgé « doit être au sein du peuple comme un poisson dans l’eau » il est de l’intérêt du gouvernement “d’assécher” totalement le milieu dans lequel se développe l’insurrection. En découle une guerre de l’information visant à nier toute essence politique de l’adversaire, résumant les FARC à n’être plus qu’une bande de “narco-terroristes” et ce surfant sur les années post 11 septembre 2001. David Galula, stratège français, l’a écrit dans son manuel de la contre-insurrection : « la victoire n’est pas la destruction des forces insurgées et de leur appareil politique dans une région donnée (...) La victoire est cela, plus la rupture définitive des liens entre l’insurgé et la population » [10].

Les mots prennent alors toute leur importance. Bien que la guérilla déclare en février 2012 renoncer aux enlèvements à des fins économiques, la capture du journaliste en plein combat est assimilé à une trahison vis à vis de cet engagement. Le dirigeant guérillero Ivan Marquez a personnellement répondu, dans une lettre, à la journaliste Maria Jimena sur ce point : « Timoleon Jimenez, notre commandant, a consulté tous les blocs et la vérité est qu’aucun ne détient des personnes avec cette intention (...) Vous dites ne pas nous croire lorsque nous annonçons la fin des rétentions économiques, de plus vous nous exigez encore et encore des gestes en direction de la paix, et pas un seul au gouvernement. Peut être s’est évaporé de votre mémoire le fait que nous ayons libéré unilatéralement 500 prisonniers de guerre capturés au combat, ne recevant de l’état aucune réciprocité » [11]. Devant la déferlante de critiques de la part de la communauté médiatique sur la libération de Langlois contre l’ouverture d’un débat, peu sont ceux qui y ont apporté un point de vue divergent. Le journaliste Jorge Enrique Botero est de cela. Dans une interview à Radio Nederland il s’est déclaré favorable au questionnement du traitement médiatique de la guerre, « durant cinq décennies les FARC ont été totalement vilipendées, déformées et manipulées au niveau médiatique, et maintenant elles considèrent qu’il est temps de mettre les choses sur la table » [12].

Comme un pied de nez à l’affaire, un journaliste colombien, Luis Ernesto Almario, exilé en Australie (c’est déjà un argument de débat) s’est prononcé pour un échange entre Roméo Langlois et le journaliste Joaquin Pérez Becerra, arrêté par Caracas en avril 2011 [13]et exigé par Bogota pour de supposés liens avec la guérilla. Proposition immédiatement refusé par le Ministre de la Défense.

Au niveau international ce débat aurait pourtant lieu d’être. Les Etats Unis, si prompts à défendre la “liberté” face aux “dictatures”, se sont payé le luxe d’interdire le journaliste franco-colombien Hernando Calvo Ospina de survol de son territoire. Une proscription qui a empêché celui-ci, par deux fois, de prendre l’avion, et ce récemment : le 6 mai 2012, un vol à destination de Cuba [14]. La France, si ce n’est lorsque l’un de ses ressortissant est retenu prisonnier (comme Ingrid Betancourt à l’époque, Roméo Langlois aujourd’hui) ne traite quasiment jamais de l’actualité du pays andin. La guérilla n’y est traitée que comme le résultat d’un folklore éternel issu des pays latino-américains, mêlant dans l’imaginaire narcotrafiquants et barbus avec fusil à l’épaule. Combien sont ils à connaître les racines de cette insurrection paysanne de plus de 50 ans ? Combien savent ce qu’il en a coûté à ces femmes et ces hommes en armes d’emprunter les voies démocratiques en 1985 sous le drapeau de l’Union Patriotique ? Combien, lorsque Roméo Langlois rentrera en France, se pencheront sur le sort des syndicalistes et dirigeants de gauche assassinés par les groupes paramilitaires ?

Divulgué par l’agence d’information cubaine Prensa Latina, un communiqué des FARC, datant du 13 mai, annonce la prochaine libération de Roméo Langlois. Il termine par : « Une fois libre, le journaliste Langlois pourra terminer d’accomplir le rôle espéré par le gouvernement de Colombie, ses forces armées et ses grands médias. Du contraire, il pourra rester fidèle à sa conscience et se référer à la vérité ; si tel est le cas, il se peut que ceux qui aujourd’hui exigent sa libération immédiate s’acharnent sur lui jusqu’à le détruire complètement » [15].

Loïc Ramirez

[1] http://anncolprov.blogspot.fr/2012/05/el-secretariado-de-las-farc-ep-ahora.html

[2] http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120504.OBS4747/colombie-qu-est-il-arrive-a-romeo-langlois.html

[3] Voir son reportage : http://www.youtube.com/watch?v=J6A8uLhCvXo

[4] http://kaosenlared.net/america-latina/item/17396-el-secretariado-de-las-farc-ep-confirma-que-la-guerrilla-tiene-en-su-poder-el-reportero-francés.html

[5] http://www.eltiempo.com/justicia/polemica-por-condicion-que-impuso-farc-para-liberar-a-langlois_11742285-4

[6] http://www.eltiempo.com/justicia/farc-condiciona-la-liberacion-de-romeo-langlois-a-debate-sobre-derecho-a-informar_11736381-4

[7] http://www.caracol.com.co/noticias/actualidad/debate-propuesto-por-las-farc-es-un-atropello-a-la-libertad-de-expresion-vicepresidente/20120508/nota/1683977.aspx

[8] Ibid

[9] http://kaosenlared.net/america-latina/item/17396-el-secretariado-de-las-farc-ep-confirma-que-la-guerrilla-tiene-en-su-poder-el-reportero-francés.html

[10] Contre-insurrection, théorie et pratique, Dadivd Galula, Economica, 2008, page 115

[11] http://www.resistencia-colombia.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1287:ivan-marquezintegrante-del-secretariado-del-estado-mayor-central-de-las-farc-ep&catid=22&Itemid=37

[12] http://www.pacocol.org/index.php?option=com_content&task=view&id=12848

[13] Voir l’article sur http://www.legrandsoir.info/Les-amis-et-les-ennemis.html

[14] http://www.cubainformacion.tv/index.php/america-latina/43151-prohiben-volar-con-air-europa-a-hernando-calvo-ospina-

[15] http://www.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&task=view&id=506302&Itemid=11

 

URL de cet article 16709
http://www.legrandsoir.info/l-arme-mediatique.html
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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 22:57

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ACIN Asociación de Cabildos Indígenas del Norte del Cauca

 

Traduit par Pascale Cognet
Edité par Fausto Giudice فاوستو جيوديشي

Le journaliste français Roméo Langlois a disparu au cours d’un affrontement entre l’armée et la guérilla des FARC dans la zone de l’Unión Peneya, dans le département du Caquetá, où, selon la version officielle, se menait une opération antidrogues. Roméo a aussi parcouru le territoire du Cauca.

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Toujours accompagné de sa caméra vidéo, son précieux outil de travail, il a suivi les communautés indigènes, afrodescendantes et paysannes de ce territoire. Il a fait entendre la voix et fait connaître la présence de ceux qui n’ont pas eu la parole et ont été persécutés depuis des années. Il a rendu visibles leurs luttes, leurs douleurs et leurs projets de vie.

En 2008, avec la Garde indigène, il a parcouru les fractions d’ El Damian et de La Maria, sur le territoire de la réserve indigène de Tacueyó dans le nord du Cauca, alors que se déroulait un des nombreux affrontements qui ont eu lieu là, entre la guérilla et l’armée, au cours duquel un garde indigène fut assassiné. Il filmait les actions mortifères d’un côté et de l’autre, mais l’œil de sa caméra ne se contentait pas de montrer des faits qui sont devenus quotidiens et banals mais son objectif rendait visibles les actions en faveur de la défense de la vie menées par la Garde Indigène. Il montrait la volonté désespérée des autorités indigènes et l’exigence anxieuse de respect des habitantes et habitants des communautés qui ont été les témoins impuissants de l’absurdité de la guerre. Au milieu des balles et des bombes, Roméo Langlois, au-delà du sensationnalisme ou de la recherche du scoop ,n’a pas hésité à mettre son outil de travail au service de la communauté , pour montrer au monde les souffrances des victimes et les actions des véritables héros qui défendent la vie avec pour toute arme le dialogue et les bâtons de commandement. Roméo donna comme titre «Tant que brillera le soleil » à son documentaire qui révèle la lutte valeureuse pour la défense de la vie menée par la Garde indigène. Les images de ce documentaire, qui sont le reflet de cette inlassable lutte des peuples, ont fait le tour du monde.

En 2011, Roméo revint à nouveau dans les communautés du Cauca. Avec sa caméra, il parcourut les berges de la rivière Mondomo, qui délimité la municipalité de Santander de Quilichao et le hameau de Mondomo, avec la Garde indigène, les autorités et la communauté du conseil de Las Mercedes  et de la Laguna Siberia regroupés dans l’association des conseils Sat Tama Kiwe de Caldono, Cauca. Cette fois, l’œil de sa caméra s’est attaché à montrer les actions de défense intégrale de la Terre Mère. Actions réalisées par la communauté Nasa du Sat Tama Kiwe, qui de façon pacifique et déterminée, ont délogé les excavatrices et le parc de machines que la convoitise d’étrangers, à coup de mensonges et de tromperies, a amené sur le territoire indigène afin d’en extraire l’or qui gît dans ses entrailles.
 
C’est pour cette raison que, nous, communautés indigènes du Cauca, réaffirmons que Roméo Langlois a porté la parole des peuples grâce à ses images et conformément à son engagement éthique de dire la vérité, il a permis que la voix et la lutte infatigable pour la vie , se répandent et soient connues à travers divers espaces.
 
Aujourd’hui, nous sommes profondément inquiets de ne rien savoir de concret sur l’endroit où se trouve Roméo Langlois. Initialement, les médias officiels ont fait mention de sa disparition avec cinq hommes en uniforme. Cependant, Simone Bruno, journaliste, compagnon, ami de nos peuples et de Roméo, son camarade de travail a remis en cause cette version, affirmant que s’il avait disparu, on l’aurait retrouvé avec les 5 militaires également portés disparus. On présume que Roméo Langlois a pu être retenu par les FARC. Un soldat a mentionné qu’il était blessé au moment de sa disparition. Les versions fluctuent.
 
Pendant que le gouvernement colombien affirmait qu’on ne pouvait confirmer qu’il avait été séquestré par les FARC, le ministre français des Affaires Etrangères Alain Juppé disait que le journaliste était l’otage de la guérilla. Qu’en est-il maintenant de la situation réelle de Roméo ? A deux jours de la commémoration de la journée de la liberté de la presse, (le 3 mai a été proclamé journée mondiale de la liberté de la presse par l’Unesco) l’ironie du sort veut qu’on ait fait taire la voix de Roméo Langlois. Le 3 mai ne peut continuer à être la date de commémoration de la mort et du silence.
 
Cette date doit être un hommage aux nombreux journalistes qui à travers le monde, par décision professionnelle, conviction ou engagement éthique, comme Roméo, mettent en danger leur vie au service de l’accomplissement du devoir de faire connaître la vérité. Si Roméo a été capturé par les FARC  parce qu’il était avec un groupe de militaires, nous espérons qu’ils respecteront sa vie et prendront soin de lui. Mais surtout, qu’ils le remettent en liberté, parce que sa vie et son travail sont indispensables à la liberté des peuples. Nous offrons avec sincérité tout ce qui est en notre pouvoir pour  l’accompagner et l’aider.
 
De  la même façon, il est contradictoire et choquant au moment où l’on célèbre la journée internationale du travail que l’exigence digne de ce droit de ceux qui réclament la justice soit la cause de la mort. Daniel Aguirre, un homme simple et digne comme tous ceux qui luttent, coupeur de canne de la sucrerie du Cauca, a été assassiné  pour avoir simplement exigé le respect. Il était le secrétaire général du Syndicat national de coupeurs de canne (Sinalcorteros) et membre de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT). Daniel avait fondé le Sinalcorteros en 2005. Il dirigea la lutte des coupeurs de canne au cours de la grève historique de 2008 avec le Syndicat national des travailleurs de l’industrie alimentaire (Sinaltrainal) et la CUT Valle. Lutte que nous avons connue et accompagnée et dont le pays tout entier se souvient comme d’un exemple de dignité et de force. Parce qu’il en assumait le leadership, au cours de cette lutte pour sortir les coupeurs de canne de l’esclavage, Daniel avait été menacé à plusieurs reprises. Les pourvoyeurs de la mort  au service des  cupides lui ont ôté la vie parce qu’ils méprisent et craignent la dignité.
 
Nous, communautés indigènes du Cauca, rejetons, condamnons et n’acceptons pas que ceux qui font circuler la parole de la vie et  permettent de faire connaitre la vérité, soient maintenant les victimes de ce qu’ils ont dénoncé. On ne peut plus faire taire la vérité, on ne peut plus étouffer la parole de la vie en semant la mort. Notre décision de défendre  la vérité et la vie est ferme : nous exigeons le respect de l’intégrité et de la liberté de Roméo Langlois et nous réclamons justice pour l’assassinat de  Daniel Aguirre. Les promesses de paix ne peuvent être des mots vides et des actes contradictoires pendant que la mort sélective, préméditée au service d’intérêts puissants poursuit ses plans d’extermination afin de nous soumettre. On a assassiné Daniel,  comme toutes et tous les dirigeants, selon un agenda de la terreur dont le résultat doit être la soumission et la destruction de la mémoire de lutte pour la justice.
 
Roméo, nous t’accompagnons sur  ton chemin maintenant  comme une fois tu nous as accompagnés et tu as fait connaître notre chemlinement et notre lutte. Tu es un tisserand  pour la vérité et la vie, tu es un nœud de notre tissu. Tu as amplement mérité ce droit. Ton sort est le nôtre. Nous demandons aux esprits de la nature de te donner force et sagesse, nous demandons à la Terre Mère  de te ramener aux tiens sain et sauf.
 
Au moment  de diffuser ce communiqué, arrive la nouvelle qu’une femme  identifiée comme guérilléra  du 15 ème front des FARC  aurait contacté Noticias Uno  pour annoncer que Roméo était aux mains de cette organisation en qualité de prisonnier de guerre parce qu’il portait des vêtements militaires. Selon cette version, il a été pris en charge et se trouve en bonne santé. Pourvu que cette version soit avérée et que la vérité ne soit pas manipulée à des fins de guerre .Roméo est un journaliste qui défend  la vérité. Par respect pour son travail et par besoin de personnes comme  lui pour parvenir à la paix en Colombie, que la vérité soit faite, qu’on donne des preuves qu’il en est ainsi et qu’il soit libéré immédiatement !
Source : Tlaxcala

Trailer de Tant que brillera le soleil , de Roméo Langlois

 

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Published by cuba si lorraine - dans Amérique Latine
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