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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 19:25

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John Brown


Traduit par Manuel Talens


Face au Venezuela et à la révolution bolivarienne, tous les média espagnols sont d’extrême droite. La haine de classe et le racisme colonial que Franco avait exercé contre les classes populaires de notre pays sont exportés directement vers le Venezuela.

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La lumpen-oligarchie du quotidien El País, incapable d’accepter l’accès à la vie politique des exclus, qui est la principale caractéristique de la démocratie, ose ainsi parler de « lumpen chaviste ». La droite espagnole dans toutes ses formes – la droite de la droite, le centre droit et la gauche de la droite – a de l’expérience dans la « correction » des résultats des élections : nous souffrons encore les résultats de la « correction » qui eut lieu en 1936, la dernière fois  que les majorités sociales aspirèrent à l’hégémonie politique en Espagne.

 

Le Venezuela – de même que Cuba – est pour eux une exception insupportable à la règle selon laquelle la majorité sociale des travailleurs ne devrait pas exercer l’hégémonie sociale et politique, mais plutôt les puissants, les riches, les maîtres. La révolution vénézuélienne est ainsi intimement liée aux processus sociaux et politiques espagnols : il suffit de voir comment le président Maduro a répondu aux interférences éhontées du ministre espagnol des Affaires étrangères en lui disant qu’il ferait mieux de « s’occuper de ses 25% de chômeurs ». Il y a un seul détail cette déclaration du président Maduro  avec lequel je suis en désaccord : le taux de chômage en Espagne est déjà près de 27%... Aujourd’hui à l’Assemblée nationale vénézuélienne on a pris comme exemple de la régression sociale qu'aurait signifié le triomphe de Capriles ce que le Parti Populaire est en train d’accomplir en Espagne : l’appauvrissement, le chômage, les évictions des logements.

 

Aujourd’hui, la haine de classe déclenchée au Venezuela par la droite est dirigée de préférence contre les CDI (centres de diagnostic complet), qui jouissent de la coopération généreuse et efficace des médecins cubains, contre les supermarchés subventionnés et contre le siège du PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela) et ses membres. Deux des personnes assassinées par la foule de droite défendaient un CDI, d’autres se trouvaient dans des sièges du parti de la majorité chaviste.

 

La haine de l’oligarchie prend pour cibles les réussites des plus pauvres, les symboles de la solidarité cubaine, les responsables d’un pouvoir électoral qui a organisé des élections non frauduleuses et a permis que les groupes populaires ne disparaissent de la scène politique comme cela arrivait dans le régime bipartisan alternant précédent. L’oligarchie détruit ce qu’elle ne supporte pas, les symboles de la dignité des pauvres et de la distribution de la richesse, les symboles d’une démocratie enracinée dans les classes populaires.

 

La perte d’environ 600.000 votes par le chavisme ouvre une situation extrêmement dangereuse. La Révolution bolivarienne a réussi à ne jamais recourir à la terreur révolutionnaire par deux moyens : la distribution de la richesse pétrolière, qui a empêché une expropriation massive de l’oligarchie, et le financement des programmes sociaux ambitieux et des victoires électorales fortes et incontestables. La guillotine et la terreur ont été remplacés dans le Venezuela bolivarien par des scrutins propres et transparents qui rendaient et rendent possible que les aspirations des pauvres se traduisent en actions du gouvernement.

 

La renonciation à la violence révolutionnaire et à l’expropriation de l’oligarchie, la tentative de fonder une répartition social-démocrate radicale de la richesse sur un mouvement social révolutionnaire, mais essentiellement pacifique et fortement orienté vers les processus électoraux, sont des caractéristiques qui constituent à la fois la force et la faiblesse du processus bolivarien.

 

Il ne faut pas oublier qu’un aspect fondamental du « socialisme du XXIe siècle » est la tentative de s’éloigner du socialisme du XXe siècle et des modèles despotiques de type soviétique : socialisme et démocratie sont aujourd’hui à nouveau inséparables. Les démocraties révolutionnaires latino-américaines ont certainement été la réponse la plus efficace à l’anticommunisme des années 80. Cet élément démocratique est précieux et indispensable, mais il n’est pas incompatible avec la nécessité d’un ancrage de la démocratie révolutionnaire dans des relations sociales transformées.

 

Le Programme de la Patrie du président Chavez, assumé par Maduro, inclut des éléments importants qui vont dans ce sens : il s’agissait – et il s’agit – de créer des situations sociales et économiques autant que possible irréversibles. Il faut changer les relations de propriété, mais aussi les relations d'appropriation réelle de la richesse et des moyens communs de production. Alors que la révolution bolivarienne a déjà réalisé des acquis sociaux si importants que même le candidat Capriles s’est engagé – du bout des lèvres – à les garder, toutes ces réalisations sont malheureusement réversibles si les relations hégémoniques de production restent capitalistes.

 

Seul un changement dans la constitution matérielle catalysé par les mouvements sociaux permettrait que la démocratie socialiste fonctionne comme en Europe ou aux USA... mais en sens inverse. Il est absolument nécessaire qu’un changement électoral ne permette pas que la base matérielle change, que même si la droite gagne les élections elle ne puisse pas changer l’essentiel. Exactement comme cela arrive chez nous, en Espagne, où la gauche se voit forcée à pratiquer une politique de droite. La révolution bolivarienne sera parfaitement consolidée lorsque les changements aux élections ne toucheront que des questions mineures, sans que les acquis démocratiques et sociaux, l’accès libre et égalitaire de tous à la richesse et aux moyens communs de production soient en danger à chaque processus électoral. Ce n’est que dans ces conditions qu’on sera sûr qu'ils NE REVIENDRONT PAS.

 



 



Merci à Tlaxcala
Source: http://iohannesmaurus.blogspot.com.es/2013/04/venezuela-elecciones-y-reversibilidad.html
Date de parution de l'article original: 17/04/2013
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9522

 
 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 12:11

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Chroniques vénézuéliennes. Jean Ortiz décrypte les résultats serrés de l'élection présidentielle de dimanche. Ainsi donc c'est désormais Washington qui déciderait de l'écart nécessaire pour valider une élection? Nous le savions déjà: la CIA et le Pentagone sont, pour l'Amérique latine, les meilleurs instruments de dépouillement...

Les Etats-Unis, par des "audits" militaires en 1954 (Guatemala), 1961 (Cuba), 1965 (République Dominicaine),  1981-1988 (Nicaragua), 1989 (Panama), contre des gouvernements légitimes, souverains, ont montré à quel point ils étaient soucieux de démocratie électorale. Les GIS, les "Marines", savent se convertir en efficaces scrutateurs lorsque les intérêts de "l'empire" sont menacés.

En 2002, la Maison Blanche reconnut en quelques minutes le président fantoche (Pedro Carmona) issu du coup d'Etat contre un président élu: Hugo Chavez. "Pedro l'éphémère" était  de surcroît président du Medef local, Fedecamaras, la meilleure agence électorale du pays... A l'époque, pour Washington et le fasciste Aznar (à la manoeuvre avec sa fondation FAES), pour toutes les droites et quelques brebis égarées, il n'y avait pas "abus de pouvoir" mais "rétablissement de la démocratie"... comme plus tard au Honduras du président Zelaya.

Le même processus serait-il en marche aujourd'hui au Venezuela ?

50,75% des voix ne suffiraient pas pour être élu? Prétexte pour tenter une revanche sur 15 ans de défaites politiques, électorales, démocratiques !! Depuis 15 ans, l'opposition vénézuélienne, qui va de l'ultra droite à trois partis affiliés à l'Internationale Socialiste, hurle à la fraude à toutes les élections, sans apporter aucune preuve tangible. Elle sait que derrière la prétendue "défense de la démocratie", se cache en fait une stratégie globale de déstabilisation contre un régime anti-néolibéral, anti-impérialiste...
50,75% des voix pour Nicolas Maduro ! L'écart est faible mais bien réel. Que dire alors de la victoire d'Aznar aux législatives espagnoles du 3 mars 1996 avec 37,6% des voix? de celle de Clinton en novembre 1992 avec 43% des voix?

Stratégie irresponsable de l'opposition

Par la violence (déjà 7 morts), l'opposition vénézuélienne cherche à transformer une défaite en "victoire volée par les chavistes". Stratégie irresponsable. Des groupes ultras ont incendié des locaux du PSUV, des dispensaires, saboté des installations électriques, agressé des dirigeants chavistes...Que se passerait-il si le président Maduro et les chavistes perdaient leur sang froid? La droite ne peut supporter, ici comme ailleurs, que l'on porte atteinte à ses intérêts de classe.

Les factieux ne passeront pas mais ils veulent donner une image chaotique du Venezuela. Ils peuvent compter sur nos "grands" médias et nos politiciens de droite (et de quelques venus d'ailleurs), aux ordres de "l'empire", pour leur emboîter le pas. Ils confondent sciemment liberté de la presse et libre entreprise, démocratie et démocratie de marché... sans scrupules, et quelles qu'en soient les conséquences, pourvu que les intérêts des classes dominantes soient protégés. Opposition, oui, subversion, non, a mis en garde hier le président Maduro. Les factieux, encouragés par l'attitude de l'ultra-libéral (travesti en social-démocrate) Henrique Capriles, entendront-ils raison?

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 10:27

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La victoire de Maduro est celle de la patrie



Communiqué du Parti communiste vénézuelien

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Dans la seconde élection présidentielle en un peu moins de six mois, s'est imposée au Vénézuéla la candidature des forces populaires et progressistes, rassemblées dans le Grand pôle patriotique. A cette occasion, la victoire est revenue à Nicolas Maduro, vice-président de la République jusqu'à la mort du président Chavez le 5 mars dernier, et qui fut nommé personnellement par lui comme son successeur avant de se soumettre aux opérations dont il ne se remit jamais.



La différence pour Maduro est la plus infime obtenue par l'alliance bolivarienne depuis le premier triomphe de Chavez en 1998 : 51% contre 49%, un peu plus de 230 000 voix, dans une élection à laquelle participe près de 79% des 18,9 millions de citoyens habilités à exercer leur droit de vote.



Les hauts niveaux de participation lors de ces élections, ont mis de niveau en évidence à la face du monde toute la vigueur de la démocratie vénézuélienne. Il faut rappeler qu'en octobre, quand Chavez était réélu, la participation avait dépassé les 80%. (…)



Tout de suite après l'annonce officielle, une fête populaire a explosé dans les rues du centre de Caracas et dans les quartiers populaires, célébrant le triomphe du candidat du Grand pôle patriotique, une grande alliance dont font partie 14 partis politiques et de nombreuses organisations sociales, culturelles, syndicales et communales.

 

 

Les deux partis les plus importants de l'alliance sont le Parti socialiste unifié du Vénézuela (PCV) que dirigeait Chavez et auquel appartient Maduro, et le Parti communiste du Vénézuéla, premier parti à avoir soutenu Chavez en 1998 et premier de nouveau qui a annoncé formellement la candidature de Maduro après sa XII ème Conférence nationale organisée le 10 mars dernier, cinq jours à peine après la mort de Chavez.



La droite tente de créer un climat qui nous conduit à la guerre civile



Le Bureau politique du Parti communiste du Vénézuéla (PCV), tout en analysant la journée électorale d'hier au Vénézuéla, a mis en garde le peuple contre le fait que la droite fasciste nationale et internationale, de mèche avec l'impérialisme, tentent de tendre une embuscade au peuple et au processus démocratique en créant un cadre qui nous conduise à une Guerre civile.



C'est ainsi que s'est exprimé Oscat Figuera, secrétaire général du Parti communiste, dénonçant l'atittude de l'opposition consistant à ne pas reconnaître les résultats des élections présidentielles :



« Nous souhaitons dénoncer Guillermo Aveledo, le candidat et toute son équipe, qui tentent de tendre une embuscade contre notre peuple et le processus démocratique vénézuélien, de la même façon qu'en avril 2002 ils firent partie des forces qui se sont révoltés contre le processus de transformation démocratique » a souligné Figuera.



Pour le PCV, il est important que le peuple vénézuélien ne perde pas de vue le caractère pseudo-démocratique, les tendances putschistes et déstabilisatrices de ceux qui mènent l'opposition :



« Nous le voyons bien dans le fait que le candidat de l'opposition ne reconnaisse pas les résultats alors qu'ils savent ce que sont les résultats, car si 54% des machines déjà contrôlées se révèlent tout à fait fiables, et eux-mêmes l'attestent, qu'espèrent-ils obtenir des 46% restants ? », a questionné le dirigeant communiste, s'exprimant en faveur du contrôle de 100% des bulletins de vote ou pièces justificatives réalisés par les vénézuéliens via le système automatisé.



Le Parti communiste a dénoncé une droite pro-impérialiste qui cherche à créer un climat de suspicion sur l'organe de contrôle des processus électoraux et des résultats publiés : « et se donner un temps pour faire monter cette exaspération au sein du peuple », a insisté Oscar Figuera.



Figuera a rappelé que Guillermo Aveledo, quelques jours auparavant, soulignait qu'il attendait du gouvernement qu'il respecte les résultats : « Ah, mais ils attendent que le gouvernement respecte les résultats, mais eux ne sont pas disposés à les respecter. Cela fait partie de cette attitude pseudo-démocratique, de ces putschistes qui avancent masqués qui l'ont déjà prouvé en avril 2002, car ce sont les mêmes acteurs, ils ne sont pas nouveaux. Ils sont restés dans l'impunité la plus totale ».



Le Parti communiste a exprimé son avis sur une attitude qui vise à nier définitivement les résultats électoraux :

 

« Ils ont un projet conspirateur, déstabilisateur visant à créer les conditions qui permettent de plonger le pays dans une confrontation fratricide ouverte et ils comptent en cela sur la main visible et invisible de l'impérialisme nord-américain et sur les noyaux de para-militaires qui semés dans notre pays par la droite vénézuélienne et internationale », a dénoncé Figuera.



Le Parti communiste a lancé un appel à ceux qui ont voté pour Nicolas Maduro et pour l'opposition :

 

« Agissons avec la maturité politique qu'exige le moment, rejetant toute forme de provocation et de projet visant à produire un climat d'affrontement, de déstabilisation et de crise générale qui rende ingouvernable la société vénézuélienne ».



Il a ajouté qu' « existent les mécanismes et les méthodes pour que les résultats soient à chaque fois plus transparents, avec l'immense participation de notre peuple, et nous ne laisserons pas faire, en tant que peuple, la manipulation, la provocation qui fait dérailler le processus politique vénézuélien de son cours naturel », a insisté Oscar Figuera.



Le dirigeant communiste a tenu à rendre compte du fait que face à la gravité de la situation : « Aujourd’hui, nous mettons garde nos cadres, dans tout le pays, afin qu'ils restent vigilants pour empêcher les agissements contre-révolutionnaires, anti-patriotiques et au service de l'impérialisme, cherchant à créer un climat qui nous conduise à une guerre civile ».



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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 16:46

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Posted 4 avril 2013 by cubanismo

Tanja Nijmeijer, la combattante internationaliste hollandaise qui fait partie des insurgés des FARC-EP en Colombie, également connue comme "Eillen" ou "Alexandra", et qui fait partie depuis plus de 11 ans de la guérilla la plus ancienne du continent américain, membre aujourd’hui de la commission de paix des Forces Armées révolutionnaires de Colombie qui mène des dialogues avec le gouvernement colombien, s’adresse au peuple européen depuis La Havane, à Cuba.

Habituée à porter son fusil et l’uniforme vert olive dans les forêts colombiennes, Tanja, dans son nouveau rôle à La Havane, aux côtés de ses camarades de la délégation de paix des FARC-EP au sein de laquelle tous font tout, nous a accordé un entretien en exclusivité pour l’Europe, au cours duquel elle nous a fait part de ses points de vue sur la crise économique que traverse le vieux continent et sur son avenir personnel en cas d’accord de paix en Colombie, et de son message pour les femmes et la communauté européenne appauvrie.

Nous reproduisons textuellement ses paroles.


Tanja, comme Européenne qui a décidé de s’intégrer à l’insurrection colombienne des FARC-EP, tu as participé à deux facettes de cette vie, d’abord comme guérillera de base, en combattant dans la jungle et les montagnes colombiennes, et maintenant, comme membre du groupe de dialogue à La Havane ; quelle expérience te laisse cela quand les Européens pensent que c’est un problème qui ne concerne que les Colombiens ?


Tanja Nijmeijer : Je pense que n’importe quel citoyen du monde a le droit et le devoir d’exprimer sa solidarité avec la lutte des peuples. Les Etats-Unis d’Amérique du Nord ont toujours montré une grande "solidarité" de classe, même avec des criminels de guerre comme Alvaro Uribe, et cela, sans que personne ne se scandalise. Il faut rééquilibrer la balance avec une véritable solidarité : celle qui ne peut pas s’exprimer avec des dollars ou une technologie de pointe, la solidarité morale et éthique avec la souffrance des autres.

Comment les Européens peuvent-ils contribuer à "sauver" ces actuels dialogues de paix qui ont tant d’ennemis ?


Tanja Nijmeijer : Pendant les longues années du « Plan Patriote », l’espace médiatique a été complètement fermé pour nous. Ils nous faisaient la guerre sur tous les flancs, non seulement avec bombes et mitraille, mais aussi à travers des médias. C’est une politique d’Etat d’endoctrinement massif ; peu à peu beaucoup de gens, surtout en zone urbaine où ils n’ont pas beaucoup de contact avec nous, ont fini par croire que nous, les guérilleros, sommes de terribles machines de guerre, que nous attaquons et massacrons les civiles sans respect pour personne, que nous agissons par intérêts personnels et sans idéaux - en somme, une caricature de terroristes au cœur de pierre.

Dans le fond, les ennemis des dialogues sont peu nombreux. La grande majorité des Colombiens sont fatigués du conflit et cherchent la paix, mais avec de la justice sociale. Les ennemis du dialogue sont ceux qui, d’une manière et d’une autre, tirent un juteux profit de la guerre. Nous devons leur montrer que ceux qui, comme nous, cherchons la paix, nous sommes beaucoup plus nombreux, et cela dans tous les espaces possibles. Je crois qu’il est important de réaliser en Europe un processus de sensibilisation destiné en premier lieu à une meilleure compréhension du conflit et des causes de la lutte armée en Colombie, Et en second lieu, à sensibiliser les gens sur le fait que la paix en Colombie nous concerne tous.

L’Union Européenne maintient-elle le statut d’ "organisation terroriste" aux FARC-EP ? Comment obtenir que cela change, pour faciliter le chemin de la paix en Colombie ?


Tanja Nijmeijer : Parfois je pense que la mémoire historique du vieux continent est une mémoire RAM (volatile). Pendant la deuxième guerre mondiale, les nazis appelaient "terroristes" ceux qui avaient le courage de se rebeller contre eux. En fait, c’était de là que vient réellement l’usage moderne du terme "terroriste". Les individus qui, comme nous, luttent contre la politique (économique) dominante, ont toujours été stigmatisés : auparavant ils parlaient de communistes, de rouges, de bandits, de racailles, les qualificatifs ne manquent pas. Et, dans la majorité des cas, l’histoire elle-même s’est chargée de révéler les véritables intentions derrière ces campagnes. Le seul fait que le gouvernement colombien vienne s’assoir, à La Havane, pour dialoguer avec nous ne démontre-t-il pas notre condition d’organisation politique ? Un dialogue de cette nature n’est possible qu’avec une organisation politique, avec des idées et des plans ; une organisation unifiée qui lutte pour un objectif politique commun.

Il est claire que cette liste noire d’organisations terroristes répond beaucoup plus aux intérêts économiques, géopolitiques des Etats et des transnationales (qui sont celles qui détiennent aujourd’hui le véritable pouvoir), qu’à la préoccupation humanitaire de maintenir la paix dans le monde. C’est donc au peuple, organisé et conscient de la juste cause qui nous motive, à exercer les pressions et actions nécessaires pour que ses dirigeants leur obéissent enfin.

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Les Européens pensent en général que la lutte armée fait partie du passé, spécialement dans le cas d’une Européenne. Quel message veux-tu transmettre aux personnes qui pensent ainsi ?


Tanja Nijmeijer : Depuis le contexte européen, il est très difficile de comprendre le conflit en Colombie et la nécessité de la lutte armée. Il faut comprendre que la classe politique, la classe dirigeante, n’a pas le même caractère dans tous les pays. En Colombie, le régime a été exceptionnellement sanglant et cruel, depuis sa création. L’époque de La Violencia, qui donne naissance à des groupes d’autodéfense paysans, par exemple, les constantes, et totalement d’actualité, exécutions de dirigeants politiques démocrates ou de la gauche, le génocide politique de plus de 5000 membres de l’Union Patriotique dans les années 80, etc…

Les FARC sont une organisation politique qui naît de ces groupes d’autodéfense paysans qui n’ont pas eu d’autre option que de prendre les armes pour préserver la vie et la dignité. C’est le premier point de notre plateforme de lutte : une solution politique au grave conflit que vit le pays. Les fusils sont notre garantie pour préserver nos vies, mais dès que nous saurons qu’il existe de réelles garanties pour notre participation politique, économique et sociale, ceux-ci perdront leur fonction.

Et quant à ma participation à cette lutte, il est plutôt étonnant que l’implication massive des EU dans cette guerre ne provoque pas autant de commentaires de la part des médias qui sont par contre tellement préoccupés par le fait que quelques internationalistes aient décidé de prendre parti pour les gens ordinaires dans n’importe quel coin du monde, contre l’agression des forces dominantes. Car je ne suis pas la seule, ni parmi les FARC, ni dans le monde. Pour moi, c’est un devoir moral. Ce qui n’est pas normal c’est de rester assis sans rien faire.

Quel est réellement ton travail dans la commission de paix des FARC-EP à la Havane ?


Tanja Nijmeijer : Étrangement, on ne pose jamais cette question à un autre membre de la Délégation de Paix. Nous sommes une équipe réellement trop petite pour réaliser toutes les tâches qui incombent à une mission comme la nôtre. Par conséquent, nous devons tous faire un peu de tout, les foncions sont très variées, depuis participer aux discussions à la Table de Négociations jusqu’à différentes tâches d’ordre technique. Nous apportons absolument tous des idées, destinées à trouver le chemin de la Paix avec la Justice Sociale.

Dans le cas où tu devrais retourner au combat dans les montagnes colombiennes, cette expérience changerait-elle ta façon d’agir ? Et si c’était le cas, quel serait le changement ?


Tanja Nijmeijer : Pour moi, aussi paradoxal que cela peut paraître, il n’y a pas tellement de différences entre le combat physique dans la jungle et le processus de dialogues à La Havane. Nous, les guérilleros, recevons une formation politico-militaire, il y a toujours ces deux facettes dans notre vie quotidienne. Il y a une chanson des FARC qui dit : "Avec fusil ou sans fusil/ comme ils veulent, nous nous battons/ Nous sommes préparés/pour dialoguer ou combattre ". Et c’est ainsi, dans le débat politique comme dans le combat, il y a des embuscades de part et d’autre, il y a des francs-tireurs, parfois une grenade tombe tout près, et tu dois réagir rapidement pour ne pas être blessé.

Quelle vision as-tu de la crise sociale, économique et politique que vit l’Europe ?


Tanja Nijmeijer : La crise était inévitable. C’est l’évolution d’un système qui se trouve déjà sur l’échafaud, condamné à une mort certaine, et de cela nous devrions tous prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard. C’est l’opportunité pour le peuple de réinventer une société plus juste et équitable. Je sais qu’en Europe, ce sont les plus pauvres qui paient les pots cassés, mais ils sont la majorité et ce sont eux - s’ils peuvent comprendre qu’ils ne sont pas différents des peuples du mal nommé tiers monde, sur le dos desquels ils vivent depuis trop longtemps - qui pourront changer le système.

Quelle est la sortie de cette crise ? Quel message envoies-tu à toutes les organisations, les dirigeants et le peuple en général, engagés dans la lutte pour améliorer le système de vie en Europe ?


Tanja Nijmeijer : Qu’ils ne se laissent jamais absorber ou aliéner par le système. Vous faites partie de ce grand groupe qui s’appelle citoyens du monde, et nous devons lutter tous ensemble. La crise ne peut ni ne doit se résoudre par des politiques expansionnistes qui tendent à améliorer de forme passagère le niveau de vie de la population d’un seul pays ou continent, aux dépens du pillage et de la soumission des autres. La seul solution durable c’est l’instauration d’un autre système, basé sur la solidarité et l’égalité de conditions pour tous les peuples.

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Si ces dialogues arrivaient à bon terme, que ferais-tu ? Tu resterais en Colombie pour avoir une vie politique légale, tu retournerais en Europe pour faire de la politique là-bas ou tu irais vivre tranquillement dans ton pays pour oublier toute ton histoire en Colombie ?


Tanja Nijmeijer : Vraiment, une telle décision ne me correspond pas. Je considère que si nous signons un accord de paix, si nous obtenons quelques garanties réelles pour implémenter une action politique, le véritable travail commence pour nous, comme mouvement politique. Et je serai là, disponible pour n’importe quelle tâche dont aurait besoin la Colombie. Mon engagement est avec le peuple colombien et il est inconditionnel et pour un temps indéfini.

Quel message donnes-tu aux femmes européennes qui luttent sur ce continent ?


Tanja Nijmeijer : En avant, ça vaut la peine. Vous n’êtes pas seules, nous vous appuyons et nous admirons vos efforts et votre courage. Les femmes ont beaucoup à apporter et tout à gagner à tous les niveaux de la lutte des peuples. Cela me fait toujours plaisir lorsque je vois dans le monde entier tant de femmes combatives, résolues, qui osent rompre les schémas. Mais la lutte n’est pas contre les hommes, mais avec eux, à égalité de condition. J’ai toujours voulue être à la hauteur de ces femmes courageuses pour qui j’ai une grande admiration et qui me donnent la force de continuer la lutte, comme par exemple Policarpa Salavarrieta, Manuelita Sáenz, Maria Cano, Olga Benario, les nombreuses résistantes de la seconde guerre mondiale, les internationalistes de la guerre civile espagnole, toutes les guérilleras des FARC, et tant d’autres…

Quelque chose que tu désires exprimer au peuple colombien et au monde en général ?


Tanja Nijmeijer : Avec la crise globale qui s’étend à toute l’humanité, nous sommes devant une menace éminente et grave. Le capitalisme est en déclin. Une bête blessée à mort est très dangereuse et le seul moyen de se sauver c’est de lui faire face tous ensemble pour lui donner le coup de grâce. Il y a presque deux siècles, Simon Bolívar disait : “ Unis, nous serons invincibles et nous mériterons le respect ; divisés et isolés nous périrons”. Et ce qu’il avait compris à l’époque devient aujourd’hui une urgente nécessité.

 

source: Le Grand Soir

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 14:30

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La ministre vénézuélienne des Services pénitentiaires, Iris Varela, a annoncé sur son compte Twitter l’expulsion d’un ressortissant français connu sous le nom de Frédéric Laurent Bouquet, le 29 décembre 2012.

M. Bouquet (photo) avait été arrêté à Caracas, le 18 juin 2009, avec trois ressortissants dominicains, en possession d’un arsenal. La police scientifique avait saisi dans l’appartement qu’il avait acquis 500 grammes d’explosifs C4, 14 fusils d’assaut dont 5 avec visée télescopique, 5 avec visée laser, et 1 avec silencieux, des câbles spéciaux, 11 détonateurs électroniques, 19 721 cartouches de différents calibres, 3 mitraillettes, 4 pistolets de différents calibres, 11 équipements radio, 3 talkies walkies et une base radio, 5 fusils de chasse calibre 12, 2 gilets pare-balles, 7 uniformes militaires, 8 grenades, 1 masque à gaz, 1 couteau de combat et 9 bouteilles de poudre à canon.

Durant son procès, M. Bouquet a admis avoir été formé en Israël et être un agent des services secrets militaires français (DGSE). Il a reconnu préparer un attentat pour assassiner le président constitutionnel Hugo Chavez.

M. Bouquet avait été condamné à 4 ans de prison ferme pour « détention illégale d’armes ». Il a purgé sa peine. Il a été extrait de sa cellule par ordonnance N° 096-12 du premier juge Yulismar Jaime, puis a été expulsé pour « atteinte à la sécurité nationale », en vertu de l’article 39 alinéa 4 de la Loi sur les migrations et les étrangers.

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Les autorités vénézuéliennes s’étaient jusqu’à présent abstenues de communiquer sur ce sujet. Les faits ont été confirmés par le porte-parole du quai d’Orsay, Philippe Lalliot. L’ambassade de France à Caracas a décliné tout commentaire.

De notre enquête nous pouvons conclure : (1) le président Nicolas Sarkozy a commandité l’assassinat de son homologue Hugo Chavez (2) l’opération fut un fiasco (3) la France a accordé des compensations substantielles pour étouffer cette affaire durant le mandat de M. Sarkozy.

 

  Source : link
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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 20:18

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Interview réalisée pour l’Iris


Par Christophe Ventura


La réélection de Hugo Chavez est non seulement symbolique de la dynamique de la gauche latino-américaine mais elle est aussi nécessaire à sa consolidation et à l’approfondissement de ses actions.

Interview réalisée pour l’Iris (Institut de Relations Internationales et Stratégiques)


Quels sont les principaux défis auxquels doit faire face Hugo Chávez, notamment en termes de sécurité ?

Il est clair qu’il s’agit d’un défi majeur pour Hugo Chávez et le gouvernement vénézuélien. Et ce, depuis maintenant plusieurs années puisque le Venezuela vit avec une insécurité structurelle qui n’est pas jugulée et qui évidemment pose des problèmes au pays.

On estime qu’entre 14 000 et 19 000 homicides sont commis au Venezuela chaque année –les chiffres sont discutés et divergent selon les sources–, ce qui en fait l’un des pays les plus touchés, juste derrière le Honduras.

Pendant assez longtemps, le gouvernement a misé sur la lutte contre la pauvreté – domaine où il a atteint d’importants résultats – comme moyen de contrer l’insécurité mais il n’avait pas pris la mesure de la mutation de la nature de cette dernière. L’insécurité est évidemment liée à la pauvreté mais également au développement des trafics et des gangs prenant part au commerce de la drogue. Le Venezuela est devenu l’un des théâtres d’opération de ce commerce dans la région. Il est victime, du fait de sa proximité avec la Colombie (principal producteur de cocaïne), de l’utilisation de son territoire par les narcotrafics comme voie de passage pour la production et l’intermédiation de la vente.

C’est bien sûr une lourde tâche de régler tout cela mais depuis maintenant un peu plus d’un an, le Venezuela a décidé de mettre en place une police nationale. C’est une première. Cela n’a jamais existé auparavant dans le pays. Quand on est en France, il est difficile d’imaginer une telle chose, mais jusqu’à présent, le Venezuela était un pays dans lequel la sécurité publique était assurée par des polices locales au nombre de 110 à 120 sur tout le territoire. Sans coordination nationale, elles constituaient autant de fiefs autonomes. Cette situation ne répondait pas du tout au défi de l’insécurité. De plus, l’existence d’une telle multiplicité de polices locales est très propice à la corruption. Le gouvernement vénézuélien a changé d’axe et a décidé de créer et de former une police nationale. Il a mis en place plusieurs structures : le Centre de formation policière (Cefopol), l’Université nationale expérimentale de la sécurité (UNES) et la Police nationale bolivarienne (PNB).

Les policiers devront à la fois répondre aux exigences des métiers de la police mais aussi à celles consistant à établir une certaine proximité avec les communautés, avec les quartiers. Il s’agit de construire un accompagnement social des politiques répressives, un travail préventif important. Les policiers ont également accès à une formation scolaire et universitaire en sciences sociales qui leur permet d’avoir une vision élargie des problèmes sociaux auxquels sont confrontés le Venezuela et, en particulier, les populations concernées par le crime, les trafics et les violences.

C’est une expérience assez novatrice qui débute, il est donc un peu tôt pour en tirer un bilan. En 2012, une première promotion de cette police nationale a émergé. Elle est constituée de 8 000 policiers répartis sur l’ensemble du pays. Ils sont en grande partie concentrés dans la capitale, Caracas.

Cependant, on en trouve également dans cinq Etats (le Venezuela est composé de 24 Etats) où se concentrent précisément de nombreux problèmes de trafics, comme par exemple dans l’Etat de Tachira qui est à la frontière colombienne. Un effectif de 8 000 agents est un bon début mais c’est encore peu pour couvrir l’immensité de ce territoire et gérer tous les problèmes de sécurité. Cette réforme structurelle va demander du temps. A cette étape, on peut confirmer qu’un processus est amorcé, qu’une impulsion est donnée. Il faudra suivre cela de près pour observer les résultats.

Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il s’agit d’une priorité absolue pour le gouvernement vénézuélien. Ce dernier a d’ailleurs indiqué que des résultats ont été obtenus sur cette année et demi dans des quartiers test où la police nationale a quasiment remplacé les polices locales. Plus précisément, ces dernières doivent pouvoir, à terme, être intégrées au sein de la police nationale, par la formation des agents aux nouvelles méthodes et approches.

 

Quid de la succession de Chávez ? Pensez-vous que l’on voit émerger la constitution d’un parti chaviste et l’institutionnalisation de la révolution bolivarienne ?

Tout d’abord, il faut rappeler que le président vénézuélien est là et bien là pour le moment. Il affirme d’ailleurs être guéri de son cancer. Mais cette question de l’après Chavez est désormais posée objectivement. Il est d’ailleurs le premier à en parler. 

Il s’agit de savoir s’il est possible de succéder à Hugo Chávez. Cela me paraît difficile car je pense qu’il a eu un rôle particulièrement singulier ces dix dernières années. Ce type de dirigeant politique, indépendamment de ce qu’on pense de son action, ne se reproduit pas à chaque génération. Ce qui arrivera après lui sera une continuité, tout en étant également quelque chose de différent par rapport à la période précédente. 

Aujourd’hui, on remarque clairement qu’il y a un certain nombre de cadres du Parti socialiste uni du Venezuela (parti de la majorité présidentielle) qui ont émergé et occupent des fonctions très importantes au sein de l’appareil d’Etat ou au sein de la vie économique ou médiatique vénézuélienne. En cas de nécessité, ils pourront assurer une continuité. 

Mais il est impossible de dire pour le moment comment cela va se passer : est-ce Chávez lui-même qui va en quelque sorte désigner celui qu’il pense pouvoir voir candidater aux prochaines élections présidentielles ? Est-ce le parti qui va faire une proposition ? Nous n’en savons rien mais il est probable que Chávez ait un rôle prépondérant dans ce processus.

Concernant l’institutionnalisation du processus de la « révolution bolivarienne », je pense qu’elle s’amorce lentement. Ce processus repose sur une articulation entre la construction de l’Etat vénézuélien et la mise en place d’une démocratie beaucoup plus locale qui se bâtit, elle, au travers de ce que l’on appelle là-bas « les Conseils communaux ». Ils constituent une expérience de démocratie localisée, de type participative, et construisent peu à peu une génération de citoyens engagés, responsabilisés qui s’articulent autour du pouvoir d’Etat. L’institutionnalisation se construira dans la dialectique qui opère entre ces deux dynamiques-là. 

Lorsqu’on parle du Venezuela, il faut toujours se souvenir que ce pays n’est pas la France ou un pays européen. Il faut savoir qu’il dispose d’un Etat embryonnaire qui n’existe même pas sur certaines zones du territoire. L’ambition de cette « Révolution bolivarienne » est justement de construire cet Etat et de lui donner une forte dimension sociale, de redistribution des richesses. 

En réalité, cette ambition s’affirme depuis ces dix dernières années, en particulier depuis 2003, lorsqu’ Hugo Chavez est sorti du coup d’Etat qu’il avait subi, puis de la grève pétrolière organisée par le patronat vénézuélien. C’est à partir de ce moment-là que Chávez a réellement mis en place les politiques dont on discute aujourd’hui. 

Mais de nouvelles doivent s’organiser. Elles concernent l’amélioration de la gestion concrète des politiques publiques et le contrôle de cette gestion pour lutter notamment contre les phénomènes de corruption. Chavez vient de nommer une nouvelle ministre de la présidence, Carmen Meléndez, dont la tâche sera de superviser le suivi et le contrôle des programmes du gouvernement. 

La vie politique du Venezuela s’intensifie et ce processus voit un nombre d’acteurs de plus en plus nombreux s’y associer. Il est difficile de dire exactement ce que ces derniers vont écrire comme futur pour leur pays, mais nous pouvons d’ores et déjà affirmer qu’ils vont l’écrire pendant et après Chávez. 

Le voyage d’observation que j’ai pu faire récemment sur place indique bien que l’on est dans un processus irréversible. 

 

La réélection d’Hugo Chávez est-elle symbolique de la dynamique de la gauche en Amérique latine ?

Absolument. Elle est non seulement symbolique de la dynamique de cette gauche latino-américaine mais elle est aussi nécessaire à sa consolidation et à l’approfondissement de ses actions.  C’est d’ailleurs pour cela qu’avant l’élection, le fait que l’ancien président brésilien Lula ait prononcé cette phrase forte « Ta victoire sera la nôtre » a bien indiqué le sens et la place du Venezuela dans le dispositif latino-américain aujourd’hui. 

Le pays est central dans le développement des gauches latino-américaines et dans celui des politiques économiques, sociales et internationales qui sont aujourd’hui mises en place dans la région. Le Venezuela est un élément clé dans la marche de cette dernière vers son indépendance et son autonomisation par rapport à la tutelle nord-américaine et dans la diversification de ses alliances vers le Sud, avec la Chine notamment.

Source : Mémoire de Luttes

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Published by cuba si lorraine - dans Amérique Latine
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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 19:54

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Traduit par Numancia Martínez Poggi

 

 

Camarade Simón Trinidad,

Frère, ta conviction révolutionnaire à l'épreuve de toutes les bassesses du capitalisme te permet de garder un attitude courageuse et digne, un engagement sérieux et solide en faveur de la cause des pauvres du monde.

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Pour cette raison tu es le symbole de nos prisonniers, ceux-là même qui subissent les mauvais traitements et la haine du système pour le simple fait d'être des militants farianos [des FARC], représentant la continuation de l'exemple de Manuel Marulanda et de Jacobo Arenas. Il n'est un secret pour personne que la cause réelle de ta condamnation c'est ton appartenance à notre organisation, et l'acharnement est d'autant plus fort que tu as eu l'intégrité de défendre, au risque de ta vie, les droits des dépossédés.

Quand on parle de la Grande Patrie, de Notre Amérique, de ses luttes pour l'indépendance et la démocratie populaire, il faut parler de l'héroïsme de ses meilleurs fils, dont tu fais partie, ainsi que Sonia et Iván Vargas, les Cinq combattants antiterroristes cubains et les Macheteros de Porto Rico, qui souffrent l'opprobre et les vengeances des Gringos, parce qu'ils sont assez courageux pour continuer de défendre publiquement les raisons de leur engagement, la paix avec justice sociale et la souveraineté.

C'est avec un saine fierté que les défenseurs des droits populaires ratifient ton inclusion dans l'équipe des FARC-Armée du Peuple qui participera au dialogue. Officiellement tu en fais partie. Les modalités de ta participation seront l'objet de discussion à la Table des conversations. La réalité impose de régler les causes de la guerre pour avancer sur les chemins de la paix. C'est là la tâche.

La paix est un étendard des opprimés et nous serons toujours avec ceux-ci. L'État colombien, ses différents gouvernements et la Maison Blanche sont les responsables de la violence qui accable la Colombie. Ils persistent en leur vaine illusion de nous vaincre militairement et de nous contraindre à nous incliner à la Table des négociations. Comme ils se trompent ! Cette erreur monumentale sera défaite par la mobilisation et la clameur pour la paix de tous les humbles de la patrie. Nous sommes la majorité.

Nous continuons de tisser les fils des résistances et des droits des dépossédés jusqu'à les rendre indestructibles dans la solidarité et dans la victoire.

Accompagnons les chanteurs et disons avec les poètes : « Frère, donne-moi ta main, allons chercher ensemble cette petite chose qui s'appelle liberté ».Voilà notre devise.

 

Montagnes de Colombie le 1er octobre 2012


État Major Central des FARC – Armée du Peuple

 


Merci à La Pluma
Source: http://www.es.lapluma.net/index.php?option=com_content&view=article&id=4184:carta-abierta-al-comandante-simon-trinidad&catid=119:proceso-de-paz&Itemid=493
Date de parution de l'article original: 16/10/2012
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=8386