blog des amis de Cuba en Lorraine
De temps en temps, des hommes viennent au monde pour éclairer de la lumière qu’ils irradient la terre qu’ils fouillent à leur passage et les siècles de son histoire. Deux d’entre eux : Antonio Maceo, Général dont le courage, la fermeté de principes et la grande capacité de direction lors de nos guerres d’indépendance contre le joug colonial espagnol lui ont valu l’appellatif de « Titan de bronze » et Ché Guevara l’éternel guérillero des causes justes. Le hasard a voulu qu’ils soient nés un 14 juin mais avec 83 ans de différence.
Ils avaient tous les deux une volonté à toute épreuve, un courage extraordinaire et un sens profond de la dignité et de l’humanisme. Tous deux ont mis leurs vies au service d’une cause juste et noble et leur œuvre a transcendé le jour où des balles ont fauché leurs vies.
Notre Héros National José Marti, qui a dirigé notre dernière guerre d’indépendance du 19e
siècle contre le joug colonial espagnol a dit d’Antonio Maceo qu’il y avait autant de force dans son esprit que dans son bras. Avec la clairvoyance de tout patriote, il a su que l’indépendance de Cuba ne pourrait être obtenue qu’avec le courage du peuple. Il a lancé une mise en garde, dès les premiers moments, contre les dangers que représentait la puissante nation qui se dressait déjà dans le Nord du continent.
Dans sa lettre écrite au Colonel Federico Pérez le 14 juillet 1896, il a signalé que « La Liberté s’obtient avec la machette bien aiguisée: l’on ne la demande pas ; mendier des droits est propre aux lâches incapables de les exercer ».
« Je n’attends rien non plus des Etats-uniens, nous devons tous confier à nos efforts. Il est mieux de monter ou de tomber sans leur aide, que contracter des dettes de gratitude envers un voisin si puissant ».
Homme fidèle à ses principes, en particulier au principe de l’unité indispensable au sein de l’armée indépendantiste, il a su combattre toute attaque contre ses supérieurs et contre ses compagnons d’armes . Il a reproché, sans ambages à Enrique Trujillo, les injures proférées contre José Marti et contre le Parti Révolutionnaire Cubain, injures qu’il a qualifiées de « crimes de lèse patrie » et il a démenti catégoriquement les bruits répandus au sujet de présumées contradictions avec le General Maximo Gomez. Il a signalé que « Toute l’armée a confiance implicitement dans son patriotisme et dans son habileté militaire ».
Le leader historique de la Révolution Cubaine, Fidel Castro a dit de Ché Guevara « Ce n’est que dans le monde dont il a rêvé, pour lequel il a vécu et pour lequel il a lutté qu’il y a suffisamment d’espace pour lui.
Né à Rosario, en Argentine, le 14 juin 1928, le Ché a connu de près la misère, l’humiliation et l’injustice dans lesquelles était plongée la majorité de la population dans notre continent et il a consacré sa vie à les combattre.
Il a été témoin exceptionnel du renversement du gouvernement démocratique du Guatemala et il y a appris que l’on ne peut faire aucune concession à l’ennemi de nos peuples.
Ses idéaux l’ont amené à se joindre à l’épopée du yacht Granma où, sous la direction de Fidel Castro, ont germé les graines plantées par Antonio Maceo et qui ont porté des fruits : l’indépendance définitive de Cuba. Seule cette action héroïque suffirait pour que le Ché entre dans l’histoire comme un des grands patriotes de la région, mais il y avait aussi trop d’oppression encore dans le reste du monde pour que sa soif de justice s’apaise et elle l’a conduit en Afrique et après en Bolivie où il est entré, finalement, dans l’immortalité.
Quand ses restes ont été rapatriés à Cuba et ils ont été déposés dans le Mémorial de la Ville de Santa Clara, Fidel Castro a relevé : « Plus il y aura des abus, de l’égoïsme, de l’aliénation ; plus il y aura la discrimination d’indiens, de minorités ethniques, de femmes, d’immigrants ; plus les enfants qui sont victimes de l’exploitation sexuelle ou qui ont obligés de travailler seront nombreux ; plus il y aura l’analphabétisme, l’insalubrité et l’abandon, plus son sens humaniste se fera remarquer.
Maceo et le Ché ne se reposent pas, ils restent vigilants dans ce monde bouleversé. Ils incarnent parfaitement la phrase qu’a dite notre Héros National José Marti en se référant au Titan de bronze : « le guerrier qui n’a pas dormi de toute la nuit en cherchant des chemins à la Patrie ».
RHC