blog des amis de Cuba en Lorraine
Depuis plusieurs semaines Porto Rico brûle littéralement. En tout premier lieu à cause des manifestations et grèves qui ont suivi l’annonce du licenciement de près de 21 000 fonctionnaires, qui viendront joindre les rangs des chômeurs et pauvres qui ne cessent d’augmenter, mais aussi à la suite de l’explosion survenue dans les installations d’une Entreprise pétrolière transnationale. L’incendie qui n’a pa pu être contrôlé qu’au bout de 60 heures a provoqué un véritable désastre économique, social et environnemental.
Début octubre, le gouvernement colonial de Luis Fortuño avait annoncé que 16 970 employés publics se retrouveraient au chommage. Ils rejoindront les 4 000 qui ont perdu leurs emplois depuis le mois de mai.
La mesure destinée prétendument à réduire le déficit budgétaire qui dépasse les 3 milliards de dollars, cherche en réalité à affaiblir les entreprises d’état et à favoriser ainsi leur privatisation. Une première tentative a ciblé l’entreprise téléphonique et d’autres institutions.
Les protestations sociales sont, selon des experts, les plus grandes depuis les années 70 du siècle passé. Elles ont rassemblé plusieurs secteurs : syndicalistes, religieux, étudiants et travailleurs qui ont rejeté énergiquement cette mesure injuste.
Les manifestants ont surtout critiqué la façon inatendue et anarchique utilisée pour les licenciements. Des femmes enceintes, des mères célibataires, des handicapés physiques n’ayant d’autres moyens que leurs salaires ont été renvoyés sans la moindre considération.
Bien que les autorités aient annoncé que dans tous les cas des compensations économiques sont prévues, des voix comme celle de la juge Liana Fiol Matta, qui a appuyé une demande présentée devant la Cour Suprême, se sont levées contre cette mesure. Cependant la Cour a rejeté lundi ce recours en appel.
La juge a déclaré qu’un emploi n’est pas uniquement une source de biens matériels mais le mécanisme idéal pour aboutir à l’autoréalisation et fomenter la dignité de l’être humain, raison pour laquelle- a t-elle précisé- il est absurde de penser qu’avec une simple compensation économique, tardive en plus, les préjudices moraux et physiques causés par le licenciement peuvent être réparés.
Vendredi, l’explosion sociale provoquée par les mesures du gouvernement colonial est cependant passée à un second plan, le premier étant occupé par l’incendie gigantesque qui a détruit 21 des 40 entrepôts de combustibles de la Caribbean Petroleum Company, CAPECO, située dans la localité de Bayamón.
Apparemment les deux évenements n’ont rien à voir, mais des secteurs anexionistes, commencent, de façon opportuniste et sans aucune preuve concrète, à faire passer des commentaires insidieux sur une prétendue implication entre la protestation sociale et le désastre.
Ces personnes oublient le passé récent de cette firme pétrolière, propriété de l’Israélien Gad Zeevi, qui a financé entre autres sponsors, la campagne électorale de Fortuño.
Gad Zeevi, a fait fortune aux cotés de deux personajes kenyians accusés de corruption, d’affaires troubles, de blanchiment d’argent et d’autres délits, l’ex président Daniel Arap Moi et Nicholas Boiwott, l’un des hommes d’affaires les plus riches du Kenya.
À Porto Rico, la CAPECO a été responsable du versement de plus de 800 000 barils de pétrole dans les côtes de San Juan le 7 janvier 1994, qui a provoqué un désastre naturel dont le pays se résent encore. Gad Zeevi est arrivé à évader la sanction économique qui lui a été imposée et qui a été ensuite allegée par Zila María Calderón, qui ocupait alors le poste de gouverneur. Il s’est déclaré en faillite devant un tribunal de Delaware, aux États-Unis.
Ce désastre a coûté à Porto Rico et non pas à la CAPECO, 159 millions de dollars, un chiffre bien inférieur aux dégats réels.
Jusqu’à présent ni Gad Zeevi, ni son fils Ram, qui est le Gérent général de la compagnie, ne se sont prononcés sur le récent sinistre, mais l’on sait qu’ils n’ont pas remis aux autorités la déclaration sur la quantité de combustible stocké, ni sur les mesures de sécurité dans les installations.
Bien que les flammes de l’incendie se soient éteintes, avec la reprise des protestations sociales, cela va chauffer encore dans ce pays frère, l’un des vestiges les plus douloureux du colonialisme impéral dans Notre Amérique.
Fuentes: RHC, AIN, GRANMA, TRABAJADORES, JUVENTUD REBELDE, PL, REUTER, EFE, IPS, ANSA, AFP, XINHUA, TASS, DPA, AP.