Par Ángel Rodríguez Álvarez / redaccion@ahora.cu / Lundi, 08 Mars 2010 15:09
Dans l’énorme dossier de l’Agence Centrale d’Intelligence (CIA) relatif aux actions entreprises contre la Révolution cubaine, une place importante est occupée par la longue liste de tentatives d’élimination physique du Commandant en Chef Fidel Castro.
Pour y parvenir, les moyens les plus incroyables ont été imaginés. En plus de méthodes classiques et bien connues, il y en a d’autres quiparaissent dignes d’un film de science fiction.
C’est également un large éventail d’exécutants qui été mis en place, uné ventail dans lequel on trouve des officiers et des agents de la CIA spécialement entraînés pour tuer, mais aussi des militants de groupesterroristes recrutés à Miami et des tueurs professionnels de la maffia nord-américaine.
On annonce pour ce dimanche le premier épisode d’une série télévisée, «Celui qui doit vivre », qui offre un résumé de tous ces faits.
C’est très peu de temps après le triomphe révolutionnaire, le 11 décembre1959, que le colonel J. C. King, chef de la Division de la CIA pour l’Hémisphère Occidental, a présenté à Allen Dulles, le directeur de cet organisme d’intelligence, un mémorandum argumentant la nécessité d’éliminer Fidel Castro.
« Personne, parmi tous les proches de Fidel, ne possède une telle influence hypnotique sur les masses. De nombreuses personnes compétentes – affirmait l’informateur – soutiennent que l’élimination physique de Fidel accélérerait énormément la chute de l’actuel gouvernement ».
A partir de ce moment, l’Agence a commencé à étudier et a approuvé un nombre encore secret de nos jours de plans d’attentats. La commission sénatoriale nord-américaine chargée d’enquête n’en reconnaît qu’une trentaine mais la Sécurité cubaine possède les preuves de 638 de ces tentatives.
En août 1960, après plusieurs tentatives manquées, l’assassinat du leader cubain acquiert le niveau de « priorité urgente », car les membres les plus conservateurs de l’administration yankee estiment que la mort du Commandant en Chef est une condition nécessaire pour que puisse être lancée une agression armée, à cette date déjà planifiée, contre l’île antillaise.
C’est dans ces circonstances qu’ont été élaborés à toute vitesse plusieurs plans différents avec l’idée que « l’un d’entre eux devrait bien fonctionner ».
Le 16 août 1960, par exemple, un membre de la section Opérative de la Division de services médicaux de la CIA a donné à un fonctionnaire une boite de cigares de la marque que préférait Fidel, et lui a donné l’ordre de les imprégner d’une substance mortelle. Le spécialiste a déclaré plus tard que les propriétés du poison étaient telles que le seul fait de porter le cigare à la bouche serait suffisant pour lui causer la mort.
Il est bon de rappeler que l’avocat nord-américain qui aurait dû faire cadeau de cette boite de cigares au dirigeant cubain ignorait tout de ces intentions, mais qu’au dernier moment, il a décidé de lui faire cadeau d’une boite de havanes différente.
Au même moment, le colonel Edwards, chef du Bureau de Sécurité de la CIA avait établi des contacts avec des éléments de la pègre et des membres du syndicat du jeu qui avaient opéré à Cuba avant 1959.
Dans les documents déclassifiés de la commission sénatoriale nord- américaine qui a enquêté sur ce thème, il y a des noms qui se répètent, comme celui de John Rosselli, un gangster bien connu de Chicago, celui de Robert Maheu, un ex-agent du FBI très lié à des délinquants cubains établis en Floride ou encore ceux de Salvatore Giancana et de Santos Traficante, deux capos de la Cosa Nostra, pour n’en citer que quelques uns.
Il y eut de long débats entre eux. Certains étaient favorables à l’utilisation d’un poison. D’autres soutenaient l’idée qu’il valait mieux employer des pistolets ou des mitraillettes.
Cette dernière option rencontrait en fait une forte opposition, en raison des difficultés que présentait la recherche de personnes qui accepteraient de courir des risques aussi importants au moment de l’action. En effet, il s’agissait de mercenaires qui étaient désireux de survivre à l’opération pour pouvoir ensuite recevoir les sommes promises.
C’est la raison pour laquelle plusieurs tentatives de ce type n’ont abouti à rien.
On peut se rendre compte que l’assassinat de Fidel a été une préoccupation permanente des terroristes depuis 1959 jusqu’à nos jours.
N’oublions pas que Posada Carriles, gracié par l’ex-présidente panaméenne Mireya Moscoso et actuellement accusé seulement d’avoir menti aux officiers d’immigration sur son entrée illégale sur le territoire des États-Unis, avait été surpris au Panama alors qu’il se disposait à dynamiter l’amphithéâtre de l’Université au moment où Fidel y prendrait la parole devant un public de professeurs et d’étudiants.
Rien n’indique que les autorités des États-Unis aient renoncé au magnicide. Elles continuent à offrir leur protection aux terroristes tout en maintenant en prison ceux qui luttent contre ces criminelles conspirations. Tiré de l'ACN