blog des amis de Cuba en Lorraine
LA HAVANE - Le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, a promis lundi d'oeuvrer à "élever" le niveau des relations entre Cuba et l'Union européenne lors de la présidence espagnole de l'UE, alors que son homologue Bruno Rodriguez a réclamé la fin des "ingérences" de l'UE.
"C'est une visite qui (...) se déroule quasi à la veille de la future présidence de l'Union européenne (au premier semestre 2010) au cours de laquelle l'Espagne aimerait élever (le niveau) de la relation entre Cuba et l'UE", a déclaré M. Moratinos lors d'un entretien avec son homologue Bruno Rodriguez.
Le ministre cubain "a souligné qu'il ne sera possible d'avancer vers une pleine normalisation des relations entre Cuba et l'UE qu'après l'élimination de la position commune décidée unilatéralement et s'ingérant" dans les affaires cubaines, selon un communiqué officiel cubain.
Le gouvernement de Raul Castro souhaite que Madrid, son premier partenaire européen, plaide auprès des 26 autres pays de l'UE l'annulation de la position commune de 1996 qui lie la coopération au respect des droits et libertés sur l'île communiste.
Madrid avait déjà été en première ligne pour obtenir la levée des sanctions européennes et la reprise de la coopération entre Bruxelles et La Havane l'an dernier. Celle-ci était suspendue depuis 2003 en raison de l'arrestation de 75 militants cubains dont 54 restent sous les verrous.
M. Moratinos, qui effectue sa deuxième visite à Cuba depuis 2007, a ensuite été reçu pendant plus de deux heures par le président Raul Castro. Celui-ci lui a dit vouloir "continuer les réformes et les mesures afin d'améliorer l'économie cubaine", a rapporté M. Moratinos lors d'un point de presse.
Le ministre a assuré avoir abordé avec le frère et successeur de Fidel Castro "toutes les questions en suspens", dont celle des quatre agents des services secrets espagnols - chargés officiellement de surveiller des membres présumés du groupe terroriste basque ETA - expulsés de l'île en mai dernier.
Cette expulsion serait liée aux limogeages en mars du vice-président Carlos Lage et du ministre des Relations extérieures Felipe Perez Roque, qui auraient fait des confidences à un agent présumé des services espagnols, selon la presse espagnole.
M. Moratinos a également évoqué les difficultés des entrepreneurs étrangers dont les comptes bancaires cubains - des centaines de millions d'euros - sont bloqués depuis janvier en raison de la grave crise économique à Cuba, à court de devises.
Il a aussi abordé le cas de l'homme d'affaires espagnol Pedro Hermosilla détenu depuis un mois pour officiellement corruption.
Le ministre, qui repartait lundi soir, n'a pas rencontré de dissidents, un sujet irritant pour Cuba qui n'avait cependant fait aucun commentaire public après l'entretien le mois dernier entre des militants et un haut responsable du département d'Etat américain en visite à La Havane.
Une possible visite à Cuba cette année du chef du gouvernement espagnol Jose Luis Zapatero avait été évoquée fin 2008 par Madrid, qui n'a jamais donné suite à cette annonce.
(©AFP / 20 octobre 2009 03h29)