blog des amis de Cuba en Lorraine
World . La jeune chanteuse, originaire de Praia, est en train de réinventer la musique îlienne. En témoigne le registre très riche de son nouvel album, Storia, Storia… Mayra Andrade serait-elle en train de devenir la nouvelle ambassadrice de la chanson capverdienne ? Originaire de Praia, à Sao Tiago, la plus grande île de l’archipel du Cap-Vert, la jeune chanteuse n’a pas l’expérience de son aînée et compatriote Cesaria Evora, dont la saudade a fait le tour du monde. Mais elle possède un vrai talent avec lequel il va falloir compter si l’on veut comprendre l’âme musicale du pays lusophone, situé à un jet de pierre des côtes du Sénégal.
Après Navega, Mayra Andrade sort son deuxième opus, Storia, Storia…, concentré de tendresse et de mélopées afro-portugaises au sein duquel elle évolue avec grâce. Un style velouté en lien avec la douceur de la culture capverdienne : « Il y a certainement une nostalgie dans l’allégresse et une certaine gaieté dans la tristesse, confie-t-elle. Cette dualité cohabite facilement. Ce n’est pas comme dans le fado, où la tristesse est toujours dramatique. »
Des styles musicaux spécifiques
À l’image des nombreuses îles qui composent sa géographie, le Cap-Vert est à l’origine de styles musicaux très variés. Le plus célèbre est la morna, laquelle mêle à la fois le fado portugais, les rythmes afros, le tango argentin et la saudade (où excelle Cesaria Evora). On trouve également la caladeira et ses intonations brésiliennes, mais aussi le funana dont les sonorités flirtent avec le zouk antillais.
L’univers de Mayra Andrade se situe dans l’héritage de tous ces courants, avec en plus, chez elle, la présence de la bossa, du jazz et même des rythmes cubains. Un cocktail particulièrement inventif qui fait la richesse du registre très feutré de la jeune chanteuse et apporte un souffle nouveau à la musique du Cap-Vert. Enregistré entre Paris, Rio, Sao Paulo et La Havane, son nouvel album repose sur l’idée de voyage, reflet de son parcours personnel. Née à Cuba, fille d’une mère travaillant dans la gestion des ressources humaines et d’un père militaire - « il a été un des plus jeunes combattants pour l’indépendance du Cap-Vert » -, belle-fille de diplomate, Mayra Andrade a beaucoup bougé entre le Sénégal, l’Angola et l’Allemagne.
des « histoires
de vies »
On ne s’étonne donc pas d’un album aux multiples influences, interprété en portugais (hormis le titre Mon carrousel chanté en français), résultat du métissage propre au Cap-Vert. Un disque où se croisent des « histoires de vies », dit-elle : « Dans le premier album, je parlais de la femme du pêcheur, de la fille de la campagne, du quotidien de la vie rurale, ainsi que de mon désir de chanter jusqu’à la fin. Là, j’évoque des histoires d’amour improbables, des récoltes qui ont du mal à venir à cause des sécheresses. On manque de beaucoup de choses et, pourtant, nous avons un amour assez inconditionnel pour ce pays. » Un pays jeune, souligne-t-elle : « Indépendant depuis 1975. Le pays est en train de s’inventer, de créer chaque jour son histoire. » C’est de tout cela que nous parlent les chansons de la belle Mayra Andrade.