blog des amis de Cuba en Lorraine
Irma Shewerert, 73 ans, ancienne syndicaliste , retraitée.
Matilde Córdoba
En Septembre 1998, Irma Shewerert allait à une réunion du Parti Communiste quand elle fut avisée que son fils avait été appréhendé à Miami. Cubaine de naissance et fille d'une mère Américaine, elle s’est sentie soulagée.
Cela faisait dix ans que René, dont le métier était d’être pilote et instructeur de vol, avait quitté Cuba pour les Etats-Unis. Depuis lors, il était considéré comme un traître dans l’ïle.
« J’ai toujours su qu’il ne pouvait être un traître à la Révolution. J’étais totalement convaincue de cela, mais je ne pouvais le dire à personne. C’est impossible, me disais-je, le caractère de René n’est pas comme ça. Je connaissais très bien ses sentiments. C’est très difficile pour un fils de tromper une mère » , raconte Irma en visite au Nicaragua.
René González Shewerert est l’un des « Cinq » . C’est ainsi qu’on les appelle à Cuba et dans les pays où leur histoire est connue. Lui et quatre autres agents de renseignement cubain s’installèrent aux Etats-Unis pour contrôler les activités de groupes et organisations qu’ils qualifiaient de terroristes.
Pour les Cubains, ces cinq hommes, « les Cinq », sont des héros. En Septembre 2008 ils ont été arrêtés par le FBI, accusés de conspiration, conspirations pour réaliser de l’espionnage et pour commettre des assassinats, entre autres délits, et ils furent condamnés après un jugement qui dura 18 mois à des peines de prison de durées différentes mais pas inférieures à dix ans.
Cinq hommes.
Les mères de ces Cubains leur ont rendu visite en prison une fois par an. En Avril dernier, Irma a vu René. Il était maigre. Plus vieux mais « la conscience tranquille et mentalement fort ». Il a été condamné à 15 ans de prison.
René a participé en tant que combattant international en Angola entre 1977 et 1979, comme Gerardo Hernández, pour qui Irma Shewerert a eu beaucoup de paroles d’affection et d’admiration.
Hernández est dessinateur caricaturiste, diplômé en relations politiques internationales, chauve et la barbe rasée – selon la photo du livret diffusé par le gouvernement Cubain – et c’est le seul dont la peine n’a pas été réduite il y a quelques années après l’audience consacrée à la révision des peines.
Antonio Guerrero, qu’Irma appelle Tony, est poète et peintre, mais son métier est d’être ingénieur en construction d’aérodromes. « Tony est une personne d’une grande noblesse. Il a appris à lire aux prisonniers » raconte Irma.
Selon Irma Shewerert, « Les Cinq » ont alphabétisé plusieurs prisonniers et n’ont pas de problèmes de santé. Ramón Lanañino, économiste, écrit aussi des poèmes, et Fernando González, licencié en relations politiques internationales et qui a reçu – Irma insiste – un diplôme d’or, sont les autres condamnés.
Le gouvernement des Etats-Unis les considère comme des espions. Tandis que Cuba déplore la pauvre couverture de ce cas réalisée par les médias de ce pays, les difficultés qu’ont les familles des «Cinq » à leurs rendre visite, et le traitement infligé aux Cubains, par comparaison avec les préférences dont bénéficient des condamnés d’autres nationalités, comme les agents de Saddam Hussein et les condamnés pour possession d’informations secrètes.
En Octobre, René González Shewerert sortira libre et devra passer trois ans en liberté conditionnelle.
Ensuite, il pourra revenir dans l’île. Mais le calvaire de sa mère ne s’achèvera que lorsque les quatre autres sortiront. Irma Shewerert dit que les familles des «Cinq » en sont devenues une seule.
Traduction : Alma
Source : http://www.elnuevodiario.com.ni/nacionales/111988-madre-cubana-no-de-sino-de-cinco-hijos