blog des amis de Cuba en Lorraine
Après qu’aient été épuisés les recours aux instances judiciaires ordinaires d’appel aux Etats-Unis, le gouvernement de Cuba accentue la campagne qui cherche à obtenir la grâce du président Obama pour les cinq agents cubains emprisonnés dans ce pays depuis plus d’une décade.
« La pression de l’opinion publique est nécessaire pour que Obama soit réceptif et signe la libération de nos proches, dont l’unique délit à été de tenter d’éviter des actions terroristes contre notre pays” a dit Adriana Pérez, l’épouse de Gerardo […].
Elle a reconnu qu’une décision du chef du gouvernement [US] dans ce sens pourrait être plus difficile maintenant que son parti, le Parti Démocrate, a perdu la majorité parlementaire lors des élections de novembre. « Mais il conserve ses prérogatives constitutionnelles et pourrait accorder une grâce pour que nos proches reviennent à la maison”, a-t-elle avancé.
Elle a ajouté que le processus légal concernant l’affaire ne permettra pas la libération de « Los Cinco », comme on les appelle à Cuba et dans le monde entier, « bien qu’il existe suffisamment de preuves de leur innocence ». « L’administration d’Obama a été moins agressive (…). Nous espérons qu’elle se montre plus réceptive à notre appel », a-t-elle déclaré.
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Un recours en appel extraordinaire a été présenté en juin pour Gerardo Hernàndez, mais Adriana Pérez ne fonde guère d’espoir sur cette démarche qui explique que « C’est un processus légal qui ne nous garantit pas que nous obtiendrons la liberté de nos compañeros, bien qu’il y ait suffisamment de preuves de leur innocence ».
Le gouvernement de Cuba ne se montre pas non plus optimiste concernant cette instance; Pour Ricardo Alarcon, le président du parlement de l’île, un processus dans lequel « à une unique reprise un prisonnier a la possibilité de solliciter de cette même juge qui l’a condamné en première instance l’annulation du procès [qu’elle a dirigé] et la reconnaissance de son innocence » est « peu porteur d’espoir ».
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Alarcon n’a pas voulu évoquer la possibilité d’un échange entre les Cubains et Alan Gross, un Etatsunien qui est emprisonné à La Havane depuis un an [depuis le 3 décembre 2009,ndt] mais sans que des charges judiciaires concrètes lui aient encore été signifiées. « Ce sont deux affaires différentes », a-t-il affirmé.
« Je suppose qu’on l’informera des charges retenues contre lui en son temps» a-t-il déclaré, avant d’accuser Gross d’avoir violé la souveraineté nationale et d’avoir commis des délits très sévèrement punis aux Etats-Unis. Il a ensuite ajouté : « Son cas sera traité de manière adéquate conformément à nos lois, en respectant toute la règlementation».
Gross est un entrepreneur lié à l’USAID (l’Agence US pour le Développement International) qui selon les autorités cubaines devait principalement, entre autres projets, financer des groupes de la dissidence à l’intérieur du pays. Dans cette optique, elles accusent l’homme d’avoir introduit du matériel de communication satellitaire pour des opposants, ce que nie Washington. Une récente déclaration du département d’Etat (le ministère des Affaires Etrangères) des Etats-Unis a insisté sur le fait que Gross a voyagé à Cuba pour aider des membres de la communauté juive de ce pays à se connecter à d’autres communautés à travers le monde, et a considéré son arrestation comme un important obstacle à l’avancée d’un dialogue entre les deux pays.
Extraits d’un article de Patricia Grogg (trad. A. Arroyo)
LA HAVANE, 14 décembre 2010 (IPS)