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blog des amis de Cuba en Lorraine

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"Pendant ce temps, Sarkozy, qui ne rate jamais une bonne occasion..."


 Chronique de Jacques Lanctot sur canoe infos

 

Les petits pas
Bon, vous allez dire que je ne sais plus sur quel pied danser au sujet de l'arrivée à la Maison Blanche d'un gouvernement démocrate avec à sa tête un homme surprenant, Barack Obama.

Hier, j'émettais de sérieux doutes sur ses intentions de changer la nature même de l'empire. Mais peut-être que de petits pas en petits pas, on finira par avancer vraiment vers quelque chose qui ressemblerait à la paix.

Voici qu'on apprend que le Congrès vient de voter une loi qui autorise les Cubano-Américains à voyager une fois par année à Cuba pour y visiter un membre de leur famille et à y dépenser, tenez-vous bien, 179$ par jour pour un séjour maximum de 14 jours. Pas 180$, pas 200$, non, mais bien 179$. C'est-à-dire que Big Brother va compter les sous que vous avez sur vous avant votre départ, va vérifier vos cartes de crédit, va ouvrir vos valises, pour bien s'assurer que vous n'êtes pas un hors-la-loi.

Cette loi n'autorise pas les citoyens nord-américains ordinaires à voyager à Cuba. Pas du tout. Pas encore. Seulement les Cubano-Américains, soit les pères et mères, les grands-parents, les frères et sœurs, les enfants, les oncles et les neveux et nièces, qui peuvent prouver qu'ils ont des liens parentaux sur l'île cubaine. Quant aux autres, ils n'ont qu'à aller se faire bronzer au Mexique ou en République dominicaine. Et ceux qui osent malgré tout contourner la loi, en passant par Montréal ou Toronto, risquent fort bien de payer une amende assez salée s'ils se font prendre ou dénoncer après coup.

En 2004, l'ineffable Bush, pour plaire à son électorat de Floride, où prédominent toujours la droite pure et dure et la mafia qui faisait la loi avant la révolution à Cuba, avait resserré les conditions concernant les relations parentales et humanitaires avec Cuba. Il avait voté une loi qui restreignait encore davantage les voyages vers l'île et les envois d'argent. Un voyage une fois tous les trois ans seulement, et des dépenses de 50$ par jour pendant 14 jours. Oui oui, vous avez bien lu! Et cela, dans le pays qui se dit le plus libre du monde. Pas question que le tourisme profite au méchant régime communiste qui, après, va se targuer de bien soigner et éduquer sa population.

«On veut envoyer ainsi un message selon lequel le Congrès appuie un changement de politique envers Cuba», a expliqué José Serrano, un congressiste démocrate qui a déjà défendu des lois progressistes comme celle qui encourageait les citoyens des États-Unis à apprendre une seconde langue, en plus de l'anglais. Ce représentant du Bronx, né à Porto Rico, avait voté contre le Patriot Act qui faisait de tous les citoyens de la Terre des terroristes en puissance et il est un des trop peu nombreux législateurs à demander la fin du blocus contre Cuba.

Par la même occasion, la loi autorisera les entreprises étasuniennes à vendre des médicaments et de la nourriture à Cuba, sans que Cuba soit obligé de payer à l'avance la commande. Mais elle devra le faire au moment de la livraison, cependant. Pas question de faire crédit, «qui est pourtant l'essence même du capitalisme», ironise le même José Serrano qui aimerait voir Cuba bénéficier des mêmes facilités de crédit accordées aux autres pays. Après tout, une écrasante majorité de pays à l'ONU (sauf les États-Unis, Israël et une semi-colonie du Pacifique) a voté pour la 17e année consécutive contre le blocus honteux imposé par les États-Unis.

Tout n'est pas encore gagné. Cette loi devra maintenant recevoir l'assentiment du Sénat. Or, cette loi est loin de faire l'unanimité et la vieille garde s'active, même s'ils sont nombreux maintenant à reconnaître, même chez les républicains, que la politique de l'affrontement n'a rien donné et qu'elle n'est pas venue à bout de la volonté de résistance de ce petit peuple de 12 millions d'habitants.

Pendant ce temps, Sarkozy, qui ne rate jamais une bonne occasion et qui a un bon pif pour sentir la soupe chaude, a envoyé à La Havane un « émissaire spécial », Jack Lang, ancien ministre de la culture socialiste, pour explorer les possibilités de dégel. Le printemps, c'est pour bientôt après tout. Si les Étasuniens s'apprêtent à faire du commerce avec Cuba, pourquoi les Français ne pourraient-ils pas le faire, eux aussi ? Pour le grand bien de tout le monde.


Chronique de Jacques Lanctot sur : http://www2.canoe.com/infos/chroniques/jacqueslanctot/archives/2009/02/20090226-232806.html
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