blog des amis de Cuba en Lorraine
Salim Lamrani sera parmi nous en Moselle samedi 3 octobre pour une soirée débat ainsi que José Fort, journaliste du journal l'humanité et Charly Bouhana, président de Cuba Si France.
D'ors et déjà réservez votre soirée, dans peu de temps nous donnerons plus d'informations.
Par Salim Lamnrani. Publié aux éditions Estrella. Paru le 1er septembre et présenté et dédicacé par l’auteur dans la Fête de l’Humanité à Paris les 11, 12 et 13 septembre.
Interview accordée par l’auteur aux émissions en français de Radio Havane Cuba
- Vous avez présenté dans le cadre de la Fête de l’Humanité » le livre « Cuba : ce que les médias ne vous diront jamais ». Qu’entendez-vous montrer et démontrer dans cet ouvrage ? »
« Cet ouvrage traite de l’image médiatique de Cuba en Occident. Cuba est un pays qui suscite beaucoup de controverses et de critiques en Europe Occidentale et tout particulièrement aux Etats-Unis. C’est un pays qui dispose d’une couverture médiatique qui est disproportionnée par rapport à sa taille. Les médias occidentaux sont unanimes pour stigmatiser Cuba et diaboliser ses dirigeants. En Occident les attaques sont virulentes, jamais nuancées et toujours à sens unique. Selon ces médias en question Cuba serait un enfer pour ses habitants et ses dirigeants, l’incarnation de Lucifer.
Par ailleurs, dans le reste du monde, les noms de Cuba et de Fidel Castro suscitent, au contraire, un engouement, une admiration, un respect. Cette réalité est notable en Amérique Latine et un peu partout dans le Tiers-Monde. Cuba jouit également d’un prestige au sein de la plupart des institutions internationales. Donc, le but de ce livre est d’expliquer pourquoi il existe un tel décalage entre l’image négative véhiculée par les médias occidentaux au sujet de Cuba et le prestige dont Cuba jouit à travers le monde. Dans cet ouvrage j’aborde les principales problématiques évoquées par les médias : la question des droits de l’homme, de l’opposition, la dissidence. Mais, d’un autre côté j’évoque les autres thèmes qui sont censurés par les médias tels que la question du terrorisme, des acquis sociaux et d’autres encore. Donc, le but de ce travail est de mettre un terme à cette censure et de tenter d’apporter une réponse à toutes les questions qui sont éludées par les médias occidentaux. Cet ouvrage essaye de dépeindre d’une manière un peu plus objective la réalité cubaine et d’apporter les outils nécessaires au lecteur pour pouvoir se forger sa propre opinion ».
- Que les médias étasuniens et plus particulièrement ceux de Miami déblatèrent contre Cuba c’est tout à fait habituel mais, qu’est-ce qui explique, à votre avis, pourquoi l’Europe et surtout la France, soient devenues depuis quelques années, une espèce de quartier général des médias anti-cubains ?
« C’est une question très intéressante. Malheureusement, l’Union Européenne -et la France en particulier- se sont montrées incapables d’adopter une vision et une politique indépendantes à l’égard de Cuba. Elle s’est transformée en quelque sorte en une espèce d’alliée docile des Etats-Unis. Le problème des médias en Occident c’est qu’ils appartiennent à de grands groupes économiques et financiers qui ont intérêt à ce que le système actuel néo-libéral reste en place. Ils n’ont, bien évidemment, aucune intention de présenter de manière objective la réalité d’un pays qui a choisi un modèle de développement différent de l’ordre économique monde – un modèle socialiste- . C’est la raison pour laquelle on essaye de diaboliser ce petit pays, n’ont pas en raison de supposées violations des droits de l’homme, mais, tout simplement à cause du système politique, économique et social qui a été choisi par la population. Les succès remportés par Cuba sont indéniables. Depuis la Banque Mondiale jusqu’aux Nations Unies, les institutions internationales sont unanimes pour reconnaître les succès, notamment sociaux, de Cuba. Ces médias qui appartiennent à des transnationales économiques et financières n’ont aucun intérêt à présenter cette réalité. Cela mettrait en cause l’ordre établi en Occident et les citoyens commenceraient à se poser des questions en prenant par exemple le domaine de l’éducation. Si un petit pays comme Cuba arrive à investir autant dans le système éducatif, un pays comme la France qui est la 5e puissance mondiale devrait en faire autant. N’ayons pas la prétention de vouloir faire mieux que Cuba mais essayons, au moins, d’en faire autant.
Ce genre de question est soigneusement éludée par les médias occidentaux et c’est la raison pour laquelle, malheureusement, l’image médiatique de Cuba, en France et en Europe, est souvent tronquée et très différente de la réalité ».
- À travers l’histoire, les Etats-Unis se sont retrouvés face à deux grands écueils : Cuba 1959 et Amérique Latine 2009, l’Amérique Latine de l’ALBA, de l’UNASUR et autres- . Comment voyez-vous cette situation ?
« Vous avez raison de dresser un parallèle entre Cuba 1959 et l’Amérique Latine 2009 puisque on ne peut pas comprendre 2009 sans avoir 1959 à l’esprit. Si Cuba n’avait pas déclaré son indépendance véritable le 1er janvier 1959, je crois qu’il aurait été impossible de voir actuellement l’émergence de leaders progressistes partout en Amérique Latine. L’une des conséquences du triomphe de la Révolution Cubaine le 1er janvier 1959 est l’actuelle Révolution Politique et Sociale qui a lieu un peu partout sur le continent américain. Si Cuba n’avait pas non plus résisté à la terrible période spéciale, à partir de 1990, on n’aurait peur être sans doute pas un Hugo Chavez au pouvoir au Venezuela ; un Evo Morales en Bolivie et un Rafael Correa en Equateur. L’obsession que représente Cuba pour les Etats-Unis c’est, comme l’a déclaré la CIA dès le début et les documents étasuniens des années 60 déclassifiés le prouvent, c’est que Cuba représentait un bon exemple qui risquait de remettre en cause l’hégémonie des États-Unis sur le continent. C’est ce qui s’est effectivement passé et c’est la raison pour laquelle on essaye à tout prix de mettre un terme au processus révolutionnaire cubain même sous l’administration de Barack Obama. Au niveau de la rhétorique et au point de vue formel, Obama a un discours différent de celui de l’administration Bush, mais quand on regarde la réalité des faits et des actes, on découvre qu’il n’y a pas de changement. Obama n’est même pas revenu au statu quo atteint sous l’administration Clinton. Il serait donc temps que l’administration Obama ait un peu de cohérence entre ses déclarations médiatiques prônant un rapprochement, une ouverture, une solution du différend entre les deux pays alors que la réalité des faits qui montre que les sanctions économiques sont toujours en vigueur. Récemment une banque a été sévèrement sanctionnée pour avoir eu des rapports commerciaux avec Cuba en utilisant le dollar étasunien. Les sanctions décidées par Bush en 2004 ne sont pas formellement éliminées. Obama l’a déclaré mais dans la réalité des faits l’OFAC n’a pas émis de publication officielle mettant un terme à la restriction sur les voyages ».
- Si je vous demandais à inviter les lecteurs à lire votre livre, dans quels termes le feriez-vous ?
« L’important est d’essayer d’avoir une image objective de la réalité cubaine en partant des faits. Je ne peux raisonner qu’en termes de bases factuelles. Mon livre contient environ 700 notes de bas de page. Il est relativement bien documenté. Le but de cet ouvrage n’est pas de mettre un discours politique. Le discours politique ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse c’est plutôt de présenter les faits tels qu’ils sont et d’illustrer l’abîme qui existe entre cette image médiatique de la réalité cubaine et la véritable réalité de ce pays »
Fuentes: RHC, AIN, GRANMA, TRABAJADORES, JUVENTUD REBELDE, PL, REUTER, EFE, IPS, ANSA, AFP, XINHUA, TASS, DPA, AP.