blog des amis de Cuba en Lorraine

Une des rencontres culturelles les plus importantes de la région s’ouvre ce jeudi ici, à La Havane : les Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain qui constitue, depuis 31 ans, une fenêtre au monde pour voir le développement de cette manifestation spirituelle de nos peuples.
Comme chacun sait, faire du cinéma c’est beaucoup plus qu’un art, le septième d’entre eux, selon les spécialistes, pour devenir un phénomène impressionnant de communication massive dans lequel coexistent les formes d’expression les plus diverses dont l’image, la parole et la musique.
En raison de son efficacité dans la transmission d’idées et de concepts, il devient un objet convoité des puissances dominantes et le meilleur exemple en est l’utilisation que fait actuellement l’empire étasunien de la méga-industrie d’Hollywood moyennant laquelle il essaie de modeler la pensée et l’imaginaire populaire conformément à ses intérêts.
Cependant, bien utilisée, la cinématographie est un instrument de libération précieux qui permet l’interrelation et la connaissance mutuelle des cultures, des histoires et des traditions, qui brise les barrières de la langue et des distances et nous démontre qu’aujourd’hui le monde n’est ni aussi grand ni aussi étranger qu’avant l’invention et le développement du cinéma.
C’est l’objectif de cette rencontre qui rassemble chaque année, ici, à La Havane, les meilleurs films de la région, dans un cadre complètement différent de l’ambiance de faste, de tapis rouges et de la foire des vanités et des spectacles ayant pour objectif de vider des cerveaux et des consciences pour les remplir de ferraille préfabriquée.
Cette année, 17 pays présentent 104 œuvres dont 20 films de fiction, 21 premiers films de réalisateurs, 24 documentaires et 25 dessins animés, 15 courts-métrages et 28 scénarios inédits.
L’Atelier « L’Esclavage au XXIe siècle » constituera un moment important dans le Festival. Il convoque des intellectuels, des artistes, des professeurs d’université et des hommes d’église à un débat sur ce fléau qui frappe de plein fouet 22 millions de personnes dont deux millions de garçons et de filles.
Le 10 décembre, les cinéastes, aux côtés de croyants des confessions les plus diverses prendront part à une rencontre oeucuménique qui demandera l’élimination de ce mal.
Les activités du Festival incluent le forum « L’Enfance et son Univers Audiovisuel » dédié à Anna Frank , l’adolescente victime de la terreur nazie qui, avec son journal, est devenue le doigt accusateur permanent contre toute forme de persécution pour des motifs de race, de croyance ou de statut social.
Outre les prix établis par le comité organisateur, les convoités « Corails », Radio Havane Cuba remettra le prix « Roque Dalton » au film reflétant le mieux la réalité sociale, politique et économique dans n’importe quel pays de l’Amérique Latine.
Radio Havane Cuba décerne ce prix depuis plus de 20 ans et en 2006, notre station a décidé de lui donner le nom de ce poète et martyr salvadorien.
Comme on peut le voir, le Festival du Nouveau Cinéma Latino-américain n’est pas une promenade de frivolités mais un engagement de ceux qui y participent à cette merveilleuse manière d’exprimer la vie, de transmettre l’émotion, la passion et la confiance dans le fait qu’un monde meilleur est possible si nous consacrons à sa construction ce que l’être humain a de meilleur et sa capacité extraordinaire de créer, de lutter et d’aimer.